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  • il y a 14 heures
Samedi 10 octobre 2026, retrouvez Géraldine Farjot (Directrice innovation, Institut du cerveau), Cécile Campagne (Directrice directrice de la valorisation et des partenariats industriels, Institut Curie) et Gabriel Makdah (CEO, Eclipse Neurotech) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.

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00:07Bonjour à tous et à tous, bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à l
00:12'avenir de la santé.
00:13Et aujourd'hui, une émission spéciale depuis l'événement Santé Futur.
00:17Autour d'un défi de taille, peut-on vraiment accélérer le passage de la découverte scientifique aux patients ?
00:22Les outils pour accélérer la R&D se multiplient.
00:25Il y a nouveau modèle pré-clinique, données de santé ou encore partenariat avec l'industrie.
00:31Et pourtant, entre une découverte prometteuse et son arrivée jusqu'aux patients, le développement se compte toujours en années.
00:37Alors, qu'est-ce qui reste incompressible ? Et à l'inverse, où peut-on encore gagner du temps ?
00:41C'est ce que nous allons voir avec Cécile Campagne, directrice de la valorisation et des partenariats industriels de l
00:47'Institut Curie,
00:48et Géraldine Fargeau, directrice innovation de l'Institut du cerveau.
00:52Et puis, dans la Pépite Santé, nous irons à la rencontre d'Eclipse Neurotech.
00:57Cette start-up développe une interface cerveau-machine destinée à restaurer la parole et l'autonomie numérique de personnes atteintes
01:05de paralysie sévère.
01:06Son cofondateur et CEO, Gabriel Magda, sera mon invité.
01:14Bonjour à toutes les deux, bienvenue dans Santé Futur, ravie de vous recevoir.
01:17Merci beaucoup.
01:17Est-ce qu'on peut commencer rapidement par une présentation un peu plus en détail ?
01:22Bonjour, Cécile Campagne, je suis directrice de la valorisation et des partenariats industriels à l'Institut Curie.
01:27L'Institut Curie est une fondation reconnue d'utilité publique,
01:30qui rassemble un centre de recherche de renommée internationale et des hôpitaux situés à Paris, Orsay et Saint-Cloud.
01:38Géraldine.
01:39Je suis Géraldine Fargeau, la directrice d'innovation de l'Institut du cerveau, qui est aussi une fondation reconnue d
01:44'utilité publique,
01:45qui est en partenariat avec cinq organismes publics, donc l'Inserm, le CNRS, la PHP et Sorbonne Université,
01:54donc quatre, pardon, et la fondation Institut du cerveau, ça fait cinq partenaires,
01:59qui se sont regroupés autour de ce projet de recherche translationnelle sur le cerveau, ses pathologies, sa compréhension.
02:08Géraldine Fargeau, allons directement au cœur du sujet.
02:10Entre une découverte et son arrivée jusqu'au patient, où se joue aujourd'hui le temps long ?
02:16Entre une découverte issue de la recherche fondamentale et une arrivée jusqu'au patient,
02:24déjà l'arrivée au patient ne peut pas se faire avec un seul acteur académique.
02:29En général, ça va impliquer plusieurs partenaires, dont des industries qui vont amener le produit sur le marché,
02:36d'où l'intérêt de nos missions avec Cécile, qui sont de faire ce lien entre la recherche fondamentale,
02:47la détection d'innovations qui peuvent en émerger, et la création de partenariats,
02:52ou l'émergence de projets d'entreprises qui arriveront.
02:57Le temps long se situe à tous les étages.
03:03Il peut être au niveau déjà de la recherche, voire même de la détection des innovations,
03:09et de la volonté de les amener à autre chose qu'un sujet de recherche,
03:15mais un projet de thérapie, ce qui ne va pas de soi forcément.
03:20Ça demande d'avoir des organisations qui sont structurées pour accompagner ces développements-là,
03:27soit en interne, c'est ce que l'on fait, nous, à travers des unités d'innovation,
03:32par exemple, qui sont dédiées à faire avancer les projets de recherche vers des innovations concrètes,
03:39et qui vont aussi favoriser le partenariat avec les industries,
03:45qui seront possiblement les futurs développeurs,
03:49ceux qui vont réaliser le chemin du développement industriel,
03:53des essais cliniques qui permettront de valider les concepts,
03:59ou via la création de start-up, parfois, c'est le chemin le plus efficace.
04:07On va pouvoir y revenir plus en détail.
04:09Cécile Campagne, le plus difficile commence après la découverte scientifique ?
04:13Alors, à la fois après, mais aussi dans le changement des mentalités,
04:17qui honnêtement est en cours, et c'est vrai que dans un endroit comme l'Institut Curie,
04:21où médecins et chercheurs se côtoient régulièrement,
04:24on a beaucoup plus facilement cette conscience que,
04:29même en étant dans un laboratoire de recherche fondamentale,
04:32il y a quelque part un patient au bout qui pourrait bénéficier d'une nouvelle thérapie,
04:37d'une nouvelle modalité diagnostique.
04:39Et donc finalement, ça, ça facilite quand même l'acculturation et cette idée de transférer
04:44ce qui vient du laboratoire vers l'industrie pour que ça atteigne le patient.
04:49Mais c'est vrai que nous, on a commencé par beaucoup de pédagogie,
04:53beaucoup de formation de nos collaborateurs pour leur expliquer
04:57comment on passait d'une découverte au marché,
05:02et puis aussi de faire réaliser aux gens qu'on peut avoir une découverte formidable,
05:07qui n'intéresse pas le marché.
05:08Et ça, c'est quelque chose qui est très dur à entendre,
05:10parce qu'un chercheur peut être depuis 20 ans sur un sujet,
05:14que ce sujet scientifiquement soit formidable, technologiquement soit formidable,
05:18mais qu'en face, il n'y a pas de...
05:20Parce qu'il ne profitera pas au plus grand nombre ?
05:21Exactement.
05:22Ou par exemple, si on prend un test qui marche déjà extrêmement bien,
05:27qui est sur le marché, et qu'on l'améliore de quelques pourcents.
05:30Si ce test marche déjà à 95%, monté à 95,5%,
05:36ce n'est pas forcément intéressant, à moins qu'il soit moins coûteux,
05:39à moins qu'il soit avec une détection plus précoce de la maladie.
05:42Il faut qu'il y ait un avantage compétitif par rapport à l'existant,
05:46et ça, ce n'est pas une manière naturelle de penser dans le monde académique.
05:49Et c'est vrai que nos équipes sont aussi là pour amener ce regard
05:53que les chercheurs ne connaissent pas forcément,
05:56et les mettre un peu face à la réalité.
05:58Donc ils bénéficient aussi de formation ?
06:00Exactement.
06:01Pour acquérir quel type de compétences ?
06:03Cette réalité de questions marché,
06:06quand ils souhaitent rentrer dans un programme entrepreneurial,
06:09là, il y en a carrément un coaching vraiment très régulier des équipes,
06:13parce qu'être chercheur et être entrepreneur,
06:16ce ne sont pas les mêmes questions.
06:18Les temps sont différents, les questions sont différentes.
06:21Il y a aussi, en général, l'acceptation que pour monter une entreprise,
06:24il va falloir une équipe,
06:25il va falloir des gens qui sont business en face des gens scientifiques.
06:30Et donc, ça, ce n'est pas forcément des gens qu'ils ont dans leur propre réseau.
06:33Donc, on va leur faire rencontrer des mentors,
06:35on va leur faire rencontrer des CIO potentiels
06:37pour que, en fait, cette équipe se crée
06:40et qu'on puisse aller jusqu'à la création de l'entreprise.
06:43Géraldine Fargeau, l'Institut du cerveau,
06:45cherche précisément à dérisquer les premières étapes
06:48et à faire monter les projets en maturité.
06:51Qu'est-ce qui sépare encore une bonne découverte d'un candidat prêt à entrer en clinique ?
06:55Alors, c'est marrant parce qu'on a exactement la même activité.
06:57Donc, ce que décrit Cécile, c'est qu'on a exactement les mêmes activités
07:01sous d'autres noms.
07:02Parfois, on a cette activité, par exemple, d'accompagnement
07:06à la création d'entreprises sous le nom d'un startup studio
07:09qu'on appelle Neural.
07:09Mais c'est le même processus d'accompagnement
07:14sur la neurologie, bien sûr, versus le cancer là-bas.
07:19Et donc, ce qui sépare la recherche d'une innovation,
07:25c'est ce chemin industriel.
07:27Alors, moi, je le connais parce que j'ai vécu ça.
07:29J'ai travaillé 20 ans avant d'arriver à l'Institut du cerveau
07:32dans l'industrie, dans des grandes pharmas et dans des biotech.
07:36Donc, je connais ce chemin vers le médicament.
07:40Et quand on part d'une innovation issue de la recherche,
07:45c'est vrai que le chemin est très long.
07:47Par contre, on a quand même un gros avantage
07:48dans ces instituts académiques et qui est,
07:50quand je suis arrivé là, qui était un peu ce qui m'a...
07:53L'effet waouh, c'est cette recherche translationnelle
07:56qui est difficilement accessible aux industriels.
07:59En tout cas, c'est compliqué pour un industriel
08:01d'avoir accès à vraiment les données sources
08:05issues des patients, voire prendre la problématique
08:08de l'angle médical pour remonter à la recherche
08:13et ensuite faire ce chemin de découverte
08:16de nouvelles thérapies possibles.
08:18Et c'est là-dessus que sont basés nos deux instituts
08:22dans leur conception, chacun dans notre domaine,
08:26donc l'oncologie et la neurologie.
08:28Et ça permet d'avoir des approches originales,
08:33en tout cas transformantes, je pense,
08:37possiblement transformantes.
08:38C'est toujours un challenge ensuite de faire
08:40l'étape industrielle, mais c'est là où la recherche
08:44partenariale prend toute sa force.
08:47C'est-à-dire que les industries viennent chez nous
08:49chercher l'accès à ces ressources, ces données,
08:53ces savoir-faire qui sont développés dans des équipes
08:56de recherche. Alors, nos équipes de recherche
08:58sont toutes co-dirigées, presque toutes co-dirigées
09:02par un chercheur fondamental et des chercheurs
09:05et des médecins de l'hôpital.
09:08Donc ça, ça crée une force qu'on ne trouve pas partout,
09:14qu'on ne trouve pas dans tous les instituts de recherche.
09:16Cécile, ils sont trop simplifiés, bien sûr.
09:18À quel moment savez-vous qu'une découverte
09:20peut réellement devenir une innovation ?
09:24C'est très compliqué et en général, on a des choses
09:29qui sont extrêmement amont dans les laboratoires.
09:34Et donc, il va y avoir effectivement toute une partie
09:37de dérisquage antérieur à la présentation du projet
09:41à un industriel.
09:43Donc ça, c'est ce qu'on appelle la phase de maturation.
09:45Et aujourd'hui, c'est vrai que cette phase,
09:48elle est complètement capitale.
09:50Et donc, on a la chance, c'est le cas aussi
09:53pour l'Institut du cerveau, d'avoir le label Carnot
09:57depuis des années.
09:59Et ça, ça nous permet d'avoir des financements propres.
10:02Est-ce que vous pourriez rappeler juste brièvement
10:04ce qu'est le label Carnot ?
10:05Le label Carnot, c'est un label d'excellence
10:08qui atteste des capacités de recherche partenariale
10:11publique-privé d'une institution académique
10:15par son expérience et son volume de contrat industriel.
10:20Et pardon, oui, qu'est-ce qu'il vous permet ?
10:22Et donc, notamment, ce label nous permet
10:25de mettre en place un fonds de preuve de concept
10:29et donc de pouvoir faire des expériences
10:33dédiées à une présentation
10:39qui soit compréhensible et acceptable pour l'industrie.
10:42C'est-à-dire que ce sont des financements
10:44qui ne sont pas des financements de recherche
10:45comme peuvent être les ANR, les ERC
10:48que là, les chercheurs vont chercher par ailleurs,
10:51mais vraiment se dire, OK,
10:54quelle expérience par rapport à ce qui existe
10:56déjà sur le marché, j'ai besoin de faire
10:58pour prouver que mon innovation est différenciante.
11:03Et donc ça, c'est vrai que ça nous a permis
11:06de vraiment augmenter la maturité
11:09de ce qui existe dans nos laboratoires
11:11et donc ensuite en le présentant à l'industrie industrielle
11:14qu'ils soient intéressés pour continuer
11:16le co-développement avec nous.
11:17Peut-être pour compléter la réponse,
11:19c'est ce qu'on fait, et je pense que vous faites aussi,
11:21quand un chercheur vient nous voir...
11:23Déjà, on essaye de savoir ce qui se fait
11:25dans l'Institut et d'avoir une vision assez globale
11:27des projets de recherche qui peuvent déboucher
11:30sur des potentielles innovations.
11:31et on essaye de beaucoup communiquer avec eux aussi
11:34pour être en lien avec nous
11:37et ne pas publier, par exemple,
11:38avant le dépôt d'un brevet.
11:40Donc on va avoir un gros travail
11:42de détection très précoce
11:43pour pouvoir protéger ce qui peut devenir une innovation,
11:47faire des études de brevetabilité
11:48et des études de marché.
11:50On fait les deux en même temps
11:51avant de déposer un brevet
11:52et de leur dire après, vous pouvez publier.
11:54Et à partir de là, on va effectivement dédier des fonds
11:58à la maturation de ces projets-là
12:00quand on a détecté qu'il y avait un marché,
12:02il y avait un brevet,
12:02il y avait des partenaires industriels
12:04qui pouvaient être intéressés.
12:05Oui, justement, ensuite, il faut choisir
12:07la licence, le partenariat industriel,
12:09la création d'entreprise.
12:10Comment est-ce qu'on décide de la bonne voie ?
12:14Alors ça, ça fait partie justement de l'étude marché.
12:17Ça fait aussi partie de l'aventure humaine
12:20qui va avoir lieu
12:21parce que quelle que soit la modalité de partenariat
12:25qu'on choisit,
12:25il va falloir que le porteur scientifique
12:29soit partant et suive cette stratégie.
12:31Et donc, quelqu'un qui a très envie
12:35de monter une start-up,
12:36si on lui dit de but en blanc,
12:38en fait, non, on va faire une collaboration
12:39avec un groupe existant,
12:41on peut être sûr que ça se passera mal.
12:44Par contre, il faut aussi être réaliste
12:45et le marché, l'étude de marché approfondie
12:47peut nous montrer que la voie start-up
12:49n'est pas du tout la bonne voie.
12:51Et donc, dans ce cas-là,
12:52il faut encore avec de la pédagogie
12:54l'amener à suivre la stratégie proposée.
12:57Et ça, ça me fait penser à un deuxième point,
13:00je pense, qui est très important
13:01et qui est commun à nos deux instituts,
13:02c'est que nos services de valorisation,
13:04d'innovation,
13:05puisque ça s'appelle comme ça à l'ICM,
13:07sont intégrés dans les instituts.
13:10C'est-à-dire qu'on est en proximité des équipes.
13:13Et donc, du coup,
13:15en fait, c'est vraiment le côté
13:17se croiser à la machine à café.
13:18Et donc, c'est pour ça
13:20qu'on peut avoir cette proximité,
13:21qu'on peut réorienter les projets
13:23avec les porteurs de projets régulièrement.
13:26Ce n'est pas, on va se voir tous les mois
13:28sur un Teams un peu impersonnel.
13:31Et donc ça, ça joue beaucoup
13:33pour les emmener,
13:35les faire participer à la stratégie
13:38qu'on monte avec eux,
13:39en leur donnant la réalité du marché
13:41et de ce qui est possible ou pas possible
13:44à intenter,
13:45parce que ça ne veut pas dire
13:46pas de start-up aujourd'hui,
13:47ça peut être une start-up demain,
13:48ça peut demander de pivoter,
13:49c'est possible,
13:50mais ça, il faut le co-construire
13:51en fait avec eux.
13:52Et ne pas fonctionner en silo.
13:53Exactement, pour qu'ils soient embarqués.
13:54Et ça, c'est une force
13:55d'être un service dans les instituts
13:58et pas à côté des instituts.
14:00C'est vrai, c'est très important.
14:00Et de développer une vraie relation
14:02de confiance avec eux.
14:03C'est-à-dire que
14:05ce n'est pas évident,
14:08cette relation entre eux.
14:10Il y a des chercheurs
14:11qui quand même n'ont pas
14:12une appétence énorme
14:13pour la recherche partenariale
14:14avec l'industrie.
14:15et ni pour créer des start-up.
14:17Pour autant, ils ont...
14:18Sur le business, finalement.
14:19Oui, et pour autant,
14:20certains de ces chercheurs
14:22développent vraiment
14:22des innovations
14:23qui sont applicables.
14:24Donc, ça implique
14:24de développer une relation
14:25de confiance
14:26et d'expliquer
14:27comment on peut travailler ensemble,
14:29comment on peut les aider
14:29à amener ces innovations
14:30parce que tous ont quand même
14:31envie que leurs innovations
14:32soient utiles
14:33sans se rendre forcément compte
14:34au départ
14:35que ça va passer
14:36par un chemin de ce type-là.
14:37Et ça demande
14:38de créer une relation de confiance,
14:40ce qu'on arrive à faire
14:40dans nos environnements
14:42en étant en proximité.
14:44Prenons un cas très concret.
14:47C'est une campagne
14:48Live RNA
14:49qui vient d'être distinguée
14:51au concours e-Lab.
14:52Le projet pourrait devenir
14:53la 35e start-up
14:55issue de Curie.
14:56Il y a une technologie
14:58des résultats pré-cliniques
14:59prometteurs.
15:00Une équipe
15:00et désormais un financement.
15:02quelles sont maintenant
15:03les étapes à franchir
15:04avant d'espérer
15:05entrer en clinique ?
15:07Il y aura encore
15:08des étapes pré-cliniques
15:10mais cette fois réglementaires
15:11avant de rentrer en clinique.
15:13On est effectivement
15:13très contents
15:14d'avoir un nouveau projet
15:15de start-up
15:16qui a été
15:17l'Oréa iLab
15:18au concours cette année.
15:20C'est une start-up
15:22qui a participé
15:23à notre programme
15:24d'accompagnement.
15:26Il y a eu la discussion
15:27sur la stratégie,
15:29avoir l'équipe
15:30avec ce lien
15:31entre un chercheur
15:32scientifique
15:33de l'Institut Curie
15:34et un CEO
15:36bio-entrepreneur
15:37pour s'occuper
15:39de la partie business.
15:41Là maintenant,
15:42c'est trouver
15:43leur propre financement
15:45externe
15:45ce qui leur permettra
15:47d'avoir une licence
15:48des technologies
15:49issues de l'Institut Curie
15:50pour en faire
15:51une exploitation exclusive
15:52et puis réussir
15:56à faire la partie
15:56pré-clinique réglementaire.
15:58Ensuite seulement,
15:59on peut passer
16:00à la phase 1
16:01des essais cliniques
16:02et entre ces deux étapes,
16:04là il faudra relever
16:05de nouveau de l'argent
16:06parce qu'il faut quand même
16:07se rendre compte
16:08de la réalité
16:09en biothérapie.
16:11Les montants demandés
16:13pour mettre en place
16:14une étude clinique
16:15sont quand même
16:16très différents
16:16de ce qu'on peut voir
16:18dans d'autres typologies
16:20de start-up
16:21où finalement
16:22un financement
16:23permet d'avoir
16:24un prototype.
16:25Le premier prototype
16:25peut être vendu
16:26donc faire rentrer
16:27de l'argent
16:27dans la start-up,
16:29là en fait
16:29sur de la biothérapie
16:31on est en cash burn
16:34donc on brûle
16:35de l'argent
16:36jusqu'au moment
16:37où le produit
16:38est sur le marché
16:39et où là
16:40du coup
16:40on peut retrouver
16:43ces billes
16:44pour les investisseurs.
16:45Mais ce développement
16:47dure des années
16:48et demande toujours
16:49plus d'argent
16:50puisque en phase 1
16:51on va avoir
16:52quelques dizaines
16:53de patients
16:53en phase 2
16:54quelques centaines
16:55et quand on doit
16:55être en phase 3
16:56donc les dernières étapes
16:57là on est
16:58à des centaines
16:59de milliers
17:02de patients
17:02et donc
17:04la note
17:04va avec
17:06cette augmentation
17:06en nombre
17:07et donc aujourd'hui
17:08par exemple
17:09à l'Institut Curie
17:11on a
17:12une entreprise
17:13qui est
17:14issue de
17:15donc la molécule
17:16est issue
17:16de la chimiothèque
17:17de l'Institut Curie
17:18c'est l'entreprise
17:19Abivax
17:19dont on entend
17:20beaucoup parler
17:20qui là
17:21a eu des résultats
17:22positifs
17:23en phase 3
17:23donc on arrive
17:25bientôt justement
17:26à cette phase
17:27de sortie
17:28mais ce qu'il faut voir
17:29c'est que
17:29le projet initial
17:31qui a donné naissance
17:32finalement à Abivax
17:33a commencé
17:34dans les années
17:362004-2005
17:37donc on est sur
17:38le temps long
17:38en biothérapie
17:39pour arriver à ça
17:40un autre exemple
17:41par exemple
17:41c'est la société
17:43Eglé Thérapeutics
17:44qu'on a cofondé
17:46au moment du Covid
17:47donc en 2020
17:48et qui aujourd'hui
17:50avec un essai clinique
17:51de phase 1
17:52et un essai clinique
17:53de phase 1-2
17:54dont une partie
17:55est réalisée
17:56à l'Institut Curie
17:56donc ça c'est aussi
17:57quelque chose
17:58qui est un peu spécifique
17:59de ces instituts
18:00avec à la fois
18:00de la recherche
18:01et un centre de soins
18:03c'est que
18:04quelque chose
18:05né dans les laboratoires
18:06peut faire
18:07ces essais cliniques
18:08et donc la boucle
18:09est un peu bouclée
18:10dans ces cas-là
18:10mais voilà
18:11ils sont allés
18:13assez vite
18:13finalement en clinique
18:142020-2025
18:16puisque l'essai
18:17a commencé l'année dernière
18:18donc 5 ans
18:18c'est plutôt court
18:19pour arriver en clinique
18:20mais il reste encore
18:21de nombreuses étapes
18:22avant que ce soit
18:23un produit sur le marché
18:24et ça il faut vraiment
18:25en avoir conscience
18:26y compris pour les chercheurs
18:28c'est que
18:31ils s'engagent
18:32dans un processus
18:32très long terme
18:33finalement
18:34pour voir un résultat
18:36de leur recherche
18:36vous avez un exemple
18:38un peu emblématique
18:39et similaire
18:40à l'Institut du cerveau
18:40alors on a
18:42on voulait parler
18:43de cet exemple
18:44un peu particulier
18:46de thérapie génique
18:47avec l'unité de Ginov
18:49donc ça c'est un cas particulier
18:52je dirais
18:52puisque c'est une unité
18:54qui a été issue
18:55de travaux
18:56de recherche académique
18:57initialement
18:58et qui a été
18:59structuré
19:00qui ont été
19:01structurés
19:01dans une unité
19:02d'innovation
19:03avec une mission
19:04qui sont développés
19:05des thérapies
19:05donc ça ça a été
19:06une volonté
19:09en centralisant
19:11beaucoup
19:11ces développements
19:12autour des maladies
19:13rares
19:13voire ultra rares
19:14puisque les thérapies géniques
19:15je dirais que c'est encore pire
19:16que les biothérapies
19:18anticorps
19:18en termes de coûts
19:21on compte
19:22les coûts de production
19:23à plusieurs centaines
19:24de milliers
19:24de dollars
19:26ou de dollars
19:26par patient
19:27pour juste une dose
19:28donc c'est pas tenable
19:30pour des pathologies
19:31qui touchent
19:32le grand nombre
19:33même si on a
19:34des projets
19:34qui pourraient
19:35adresser
19:36ces pathologies
19:37là
19:37on a choisi
19:37de se centrer
19:38sur les maladies
19:39rares et ultra rares
19:40d'origine génétique
19:41qui peuvent être
19:41corrigées
19:42par des thérapies
19:43géniques
19:43et l'unité
19:45de G9
19:45a développé
19:46une nouvelle
19:48génération
19:48de thérapies géniques
19:49qui permettent
19:51d'adresser
19:52des pathologies
19:54du cerveau
19:54mais par voie
19:55intraveineuse
19:56donc là
19:57on est en partenariat
19:58avec d'autres
19:59industriels
20:00qui ont développé
20:01les capsides
20:01et nous
20:02l'aspect
20:03application
20:05donc on a
20:06des preuves
20:06de concept
20:07dans plusieurs
20:08maladies
20:08dont des pathologies
20:10très graves
20:11qui touchent
20:11des enfants
20:11alors un nombre
20:12réduit d'enfants
20:13on parle d'une dizaine
20:15en France
20:15quelques centaines
20:16aux Etats-Unis
20:17c'est vraiment
20:17une maladie ultra rare
20:19mais qui est
20:21qui est mortelle
20:22les enfants n'atteignent
20:23pas l'âge adulte
20:24on a des preuves
20:25de concept
20:26chez l'animal
20:27et notamment
20:27le gros animal
20:28qui mime
20:29parfaitement
20:29la pathologie humaine
20:30que cette pathologie
20:32est réversée
20:33donc on a pour projet
20:35de structurer
20:36ces programmes
20:39de recherche
20:39autour d'une start-up
20:41pour aller
20:42faire le dernier chemin
20:43jusqu'aux essais cliniques
20:45et l'autre particularité
20:46de ce programme là
20:47c'est qu'il est
20:48beaucoup financé
20:49par des fondations
20:50ça c'est peut-être
20:50intéressant aussi
20:51de le noter
20:52des fondations
20:53créées par les associations
20:55de parents
20:56d'enfants touchés
20:57qui financent ces programmes
20:59et qui orientent
21:00la recherche en réalité
21:01puisque certains projets
21:02sur des maladies ultra rares
21:04ont été déclenchés
21:05par ces financements reçus
21:07et on nous demande
21:07de faire des travaux
21:08sur telle pathologie
21:10ce que l'on fait
21:11c'est ce qui permet de faire
21:12ce qu'un laboratoire
21:13de recherche
21:14seul ne pouvait pas
21:15forcément faire
21:17oui
21:17en fait
21:20les thérapies géniques
21:21coûtent très cher
21:22donc faire ce chemin
21:23jusqu'à la clinique
21:24c'est plusieurs millions
21:25juste pour même
21:26produire les doses
21:27et effectivement
21:28on a des fondations
21:30de patients
21:31qui nous supportent
21:32dans ce développement
21:34et qui seront
21:35possiblement même
21:36prêtes à investir
21:37dans la société
21:37donc c'est un modèle
21:38un peu particulier
21:39où le modèle économique
21:40final
21:41n'est pas
21:43très facile
21:44puisque c'est une pathologie
21:45ultra rare
21:46mais finalement
21:46avec la volonté
21:47de fondation
21:48et d'association
21:49de patients
21:49on arrive quand même
21:50à développer
21:51en académie
21:51au début
21:53ces projets-là
21:54et peut-être
21:55pour rebondir sur ça
21:55ça pose la question
21:58quand même
21:58de cette recherche
21:59d'impact
21:59au-delà
22:00pour nos fondations
22:01d'un impact patient
22:03quel que soit
22:04le nombre potentiel
22:05de patients
22:05au-delà
22:06d'un retour économique
22:07réel
22:08et je pense que
22:08ça fait partie
22:09de nos rôles
22:10et le fait d'être
22:11des fondations
22:12reconnues du type
22:12public
22:13nous permet d'avoir
22:14des donateurs
22:15et c'est aussi
22:16grâce à ça
22:17qu'on peut financer
22:18des choses en interne
22:19que d'autres ne peuvent pas
22:20se permettre de financer
22:21c'est la fin
22:21je suis navrée mesdames
22:22c'est déjà la fin
22:23de cette séquence
22:23c'est un beau mot
22:24pour la fin
22:24c'est vrai qu'on peut
22:26se permettre
22:26d'avoir des recherches
22:28dont l'objectif
22:28est l'impact
22:30et le marché
22:31n'est pas le premier paramètre
22:33merci beaucoup
22:34merci à toutes les deux
22:35Cécile Campagne
22:36directrice de la valorisation
22:37et des partenariats
22:38industriels
22:38de l'Institut Curie
22:39et Géraldine Fargeau
22:41directrice de l'innovation
22:42de l'Institut du cerveau
22:44à très bientôt
22:45sur Bsmart for Change
22:51permettre à des personnes
22:52atteintes de paralysse sévère
22:54de retrouver la parole
22:55et de communiquer
22:56à nouveau
22:56de façon autonome
22:57c'est l'objectif
22:58d'Eclipse Neurotech
23:00cette start-up
23:01développe une interface
23:02cerveau-machine
23:03capable de capter
23:04l'activité cérébrale
23:06et de la traduire
23:07en commande
23:07pour communiquer
23:08pour en parler
23:09je reçois
23:10Gabriel Magda
23:11médecin, chercheur
23:12et co-fondateur
23:13d'Eclipse Neurotech
23:14bonjour et bienvenue
23:16dans Santé Futur Gabriel
23:17bonjour Alex
23:18première question
23:19concrètement
23:20comment votre technologie
23:22pourrait-elle permettre
23:22à une personne paralysée
23:24de communiquer
23:26dans le cerveau
23:28toute commande qu'on fait
23:29tout mouvement qu'on fait
23:30est traduit en électricité
23:32c'est d'ailleurs
23:32cette électricité là
23:34qui donne
23:35la commande motrice
23:37pour les muscles de bouger
23:38l'implant
23:39vient se poser
23:40sur la membrane
23:40qui protège le cerveau
23:42et il enregistre
23:43l'activité électrique
23:44du cerveau
23:44cette activité électrique
23:46quand la personne
23:46pense à parler
23:48ou à bouger
23:48se modifie
23:49et c'est ces modifications
23:51là qu'on enregistre
23:52et après qu'on traduit
23:53en paroles
23:54en mouvements
23:55en contrôle
23:57d'un ordinateur
23:58votre implant
23:59a une particularité
24:00il est placé
24:01sur la membrane
24:02qui protège le cerveau
24:04sans pénétrer
24:05dans le tissu cérébral
24:07pourquoi avoir choisi
24:08cette approche ?
24:09il y a plusieurs manières
24:10dont on peut enrichir
24:11l'activité du cerveau
24:12soit on met des électrodes
24:14du coup
24:14comme des piques
24:16dans le tissu
24:17du cerveau directement
24:18c'est quelque chose
24:19qui engendre
24:20du saignement
24:21pour le cerveau
24:22la mort de neurones
24:23la chirurgie
24:24est plus difficile
24:25et aussi plus risquée
24:27soit on décide
24:28de mettre l'implant
24:29sur le cerveau
24:31ou encore mieux
24:32sur la membrane
24:32qui protège le cerveau
24:33le signal
24:34est plus difficile
24:35à décoder
24:36mais par contre
24:37il y a moins de risque chirurgical
24:38le cerveau
24:39n'est pas abîmé
24:40l'implant
24:41alors dure
24:42beaucoup plus longtemps
24:42et parce que
24:43on ne touche pas au cerveau
24:44on peut se permettre
24:45d'avoir un implant
24:46qui est d'une taille
24:47plus grande
24:47ce qui fait qu'on enregistre
24:49une zone plus grande
24:50du cerveau
24:51et des données
24:51qui sont aussi plus riches
24:53on l'a vu
24:54dans la séquence précédente
24:55avec nos deux invités
24:56pour qu'une innovation
24:57arrive jusqu'au patient
24:58il ne suffit pas
24:59qu'elle fonctionne
25:00techniquement
25:01vous posez d'ailleurs
25:02vous-même cette question
25:03comment mesure-t-on
25:04le succès
25:04d'une interface
25:06cerveau-machine ?
25:09beaucoup de personnes
25:11dans ce domaine-là
25:12parlent des implants
25:13cérébraux
25:14comme si c'est
25:16un téléphone
25:17avec le nombre d'électrodes
25:19et combien de bits
25:20par seconde
25:21on peut communiquer
25:22comme si c'était
25:24des paramètres
25:24qui sont importants
25:26pour le patient
25:28comment on définit
25:29si ça marche
25:31c'est en revenant
25:31aux choses
25:32qui sont très importantes
25:33pour le patient
25:34est-ce que la personne
25:35peut parler
25:35de manière intuitive
25:37est-ce qu'en parlant
25:38elle a aussi accès
25:39à l'émotion de la voix
25:40la tonalité de la voix
25:42une vitesse de communication
25:43aussi
25:43la vitesse de communication
25:44est-ce qu'elle est compatible
25:45avec une conversation
25:47c'est ces choses-là
25:48et puis il faut se rappeler
25:48qu'on est là
25:49pour servir les patients
25:50mais pour vous
25:51quel est le critère
25:51qui compte vraiment ?
25:54tous ces critères
25:55au final sont très importants
25:56la chose la plus importante
25:58c'est quand même
25:58de permettre à ces personnes-là
26:00de pouvoir avoir de nouveau
26:01des conversations
26:02avec les personnes autour d'eux
26:04de pouvoir exprimer
26:05leurs besoins
26:06de pouvoir
26:07si elles le souhaitent
26:08retravailler par exemple
26:09c'est leur permettre
26:10de faire des choses
26:11qu'elles ne pouvaient
26:12plus faire
26:13à cause de la maladie
26:15Vous participez
26:16à un programme
26:17de co-conception
26:18avec des personnes
26:19en situation de handicap
26:20pourquoi était-ce déterminant
26:23pour vous
26:23de les associer
26:24dès le départ ?
26:26Nous on est des médecins
26:28des ingénieurs
26:29des chercheurs
26:30on met sur une feuille
26:33ce qu'on pense
26:33est bien
26:35mais par contre
26:36ce que nous on pensait bien
26:38ça ne veut pas dire
26:38que c'est bien
26:39pour la personne
26:40qui va l'utiliser au final
26:41parce que ça
26:42c'est des personnes
26:43qui en certains cas
26:44ont eu une paralysie
26:46depuis des mois
26:47voire des années
26:48ils ont des habitudes
26:49qui sont différentes
26:50des nôtres
26:50ils ont des préférences
26:52qui sont différentes
26:53des nôtres
26:54et pour qu'on puisse
26:55leur être utile
26:56il faut les intégrer
26:57dans ce processus
26:57de création
26:58dès le début
26:59Est-ce que c'est ce qu'on appelle
27:00des patients experts ?
27:02C'est toute personne
27:04qui en souffre
27:05de telle maladie
27:08et
27:10ils ne sont pas formés
27:11en tant que tel
27:12pour vous aider
27:13Exactement
27:14c'est des personnes
27:14qui ne sont pas formées
27:15mais qui sont experts
27:17de la maladie
27:17parce qu'ils en vivent
27:19depuis des années
27:19Et enfin
27:20développer un implant
27:22cérébral
27:23c'est devoir franchir
27:24des étapes réglementaires
27:25cliniques
27:25financières
27:26aujourd'hui
27:27quelles sont
27:27les prochaines étapes
27:29pour vous
27:30pour vous rapprocher
27:30des patients ?
27:32Actuellement
27:33on a une étude
27:34qui est en cours
27:35de recrutement
27:37de patients
27:38qui est portée
27:39par les laboratoires
27:40académiques
27:41duquel
27:41nous sommes issus
27:43Cette étude
27:44a pour but
27:44de montrer
27:45que chez des personnes
27:47en situation
27:47de paralysie totale
27:48on arrive
27:49à décoder
27:50l'activité du cerveau
27:51en paroles
27:53en mots
27:53en phrases
27:55La prochaine étape
27:56c'est de venir
27:57modifier cette étude
27:59pour que les personnes
28:00puissent
28:00à leur domicile
28:01et seules
28:02de manière autonome
28:03contrôler
28:04l'ordinateur
28:05parler
28:06avec leurs proches
28:07de manière totalement autonome
28:10ça reste un défi
28:11bien sûr réglementaire
28:12parce qu'avec
28:14des dispositifs
28:15classe 3 implantables
28:18il faut
28:19s'assurer
28:20que c'est
28:20sécure
28:20pour le patient
28:22mais ça
28:22c'est la prochaine étape
28:23c'est quelque chose
28:24qui est très important
28:25pour les personnes
28:27concernées
28:28Merci beaucoup
28:29Merci Gabriel Magda
28:30cofondateur
28:31et CEO
28:32d'Eclipse Neurotech
28:33C'est la fin
28:34de cette émission
28:34Merci de nous avoir suivis
28:35sur Bsmart for Change

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