- il y a 37 minutes
Mercredi 30 septembre 2026, retrouvez Nicolas Pagès (co-fondateur et CEO, Satelia), Ariel Cohen (Cardiologue et Président, Fondation Cœur et Recherche) et Yannick Neuder (Député, Isère) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.
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00:08Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à
00:13l'avenir de la santé.
00:14A l'occasion de la journée mondiale du cœur, on s'intéresse à l'un des grands enjeux de santé
00:19publique en France, les maladies cardiovasculaires.
00:22Ces pathologies sont à l'origine de plus d'un million d'hospitalisations chaque année.
00:26Elles ont causé 136 000 décès en 2024, soit plus d'un décès sur cinq.
00:31Elles restent de ce fait la deuxième cause de mortalité en France, derrière les cancers.
00:36Et pourtant, une grande partie de ces maladies se développent silencieusement, parfois pendant des années.
00:41Hypertension, cholestérol, diabète, tabac, sédentarité, surpoids, les principaux facteurs de risque cardiovasculaire sont aujourd'hui bien identifiés.
00:49Mais sont-ils suffisamment dépistés et surtout suffisamment tôt ?
00:53Où en est-on réellement dans la prévention ? Quel levier faut-il encore renforcer du dépistage au suivi des
00:58patients ?
00:59Et comment évaluer l'efficacité de nos politiques de prévention ?
01:02On en parle avec nos deux invités, Yannick Neuder, cardiologue, député de l'ISER, ancien ministre de la Santé,
01:09à l'origine de la loi qui dote désormais la France d'une stratégie nationale de lutte contre les maladies
01:14cardio-neurovasculaires.
01:16Et le professeur Ariel Cohen est également sur ce plateau, cardiologue et président de la fondation Coeur et Recherche.
01:23Camille Riwal s'est intéressée à une maladie cardiaque encore méconnue et souvent diagnostiquée tardivement,
01:29en cause notamment de symptômes multiples qui peuvent être confondus avec ceux d'autres pathologies.
01:36Il s'agit de l'amylose cardiaque.
01:38Enfin, notre pépite santé s'intéresse au suivi des patients atteints d'insuffisance cardiaque.
01:44Comment repérer à distance une dégradation de leur état de santé ?
01:47Et peut-on intervenir plus tôt avant une éventuelle hospitalisation ?
01:51C'est l'objectif de Satellia qui a développé un dispositif de télésurveillance médicale.
02:01Bonjour à tous les deux, bienvenue dans Santé Futur.
02:03Bonjour.
02:04Professeur Cohen, je commence avec vous.
02:05La cardiologie a nettement progressé dans les traitements, l'imagerie et même les interventions.
02:10Comment expliquer que malgré ces progrès, la mortalité reste aussi élevée ?
02:16On a affaire à un problème de santé publique avec des maladies graves
02:23qui altèrent à la fois la qualité de vie et le pronostic.
02:29Un bouleversement lié aux approches médicamenteuses avec des progrès incommensurables.
02:36Et puis, le dispositif, les dilatations des artères, les stintes dans les artères
02:42et tout ce qui est procédure interventionnelle permettant de corriger un vice valvulaire ou autre.
02:48Mais malgré cela, ce sont des maladies du sujet âgé, polypathologiques.
02:55Il faut vraiment que vous imaginez que le paysage du patient cardiovasculaire,
03:00c'est la comorbidité, comme l'on dit, c'est-à-dire la présence d'une maladie rénale chronique,
03:05d'une maladie métabolique, d'une maladie neurologique.
03:09Et donc, tout cela fait que ces patients ont un taux de complications qui est élevé,
03:16qui reste élevé malgré les traitements.
03:18Et puis, il y a, vous l'avez très bien dit dans votre introduction,
03:21la part silencieuse de beaucoup de ces maladies qui peuvent tuer de façon silencieuse
03:25l'hypertension artérielle, parfois le diabète.
03:28L'hypertension peut-être est le meilleur exemple que l'on peut donner.
03:31Vous voyez, presque 17 millions de personnes qui ont une hypertension artérielle.
03:36La moitié ne le savent pas.
03:37Et parmi celles et ceux qui le savent, la moitié ne sont pas traitées de façon optimale.
03:41Et donc, tout cela finit par aboutir par un retentissement sur à la fois l'anatomie
03:47et la fonction du cœur.
03:49Et cela aboutit donc à une sur-morbid mortalité.
03:52Mais cela n'est pas inéluctable.
03:55Et Yannick Noderre, qu'est-ce qui nous empêche encore de mieux prévenir ces maladies ?
03:58Je crois que vous l'avez très bien dit dans vos propos introductifs.
04:01C'est-à-dire qu'on est dans la journée mondiale du cœur.
04:04Et cette journée mondiale du cœur, qui a été créée en 2000 par l'OMS,
04:07elle met un sujet en avant.
04:10C'est que ces pathologies cardiovasculaires dont vous avez rappelé l'impact,
04:14140 000 décès par an,
04:16dans 80% des cas, elles seraient évitables
04:19si on maîtrise les facteurs de risque, le tabagisme,
04:21l'hypertension artérielle, comme vient de le rappeler le professeur Ariel Cohen,
04:25le cholestérol et le diabète.
04:27Donc l'objectif pour moi, c'est cette prise de conscience collective
04:31qui doit être au niveau des politiques, des professionnels de santé,
04:34des usagers, des patients, des citoyens.
04:37C'était l'objectif de cette loi, cette loi cœur,
04:40qui a été votée à l'unanimité au mois de juillet au Parlement.
04:44Donc c'est assez rare pour le souligner.
04:46Et qui est une déclinaison du plan européen,
04:49que nous avions travaillé à l'échelon européen avec mes collègues ministres de la Santé.
04:53Et cette loi, elle est assez simple.
04:55C'est-à-dire que face à ce problème de santé publique,
04:59première cause, deuxième cause de mortalité en France,
05:02mais première cause de mortalité chez les femmes,
05:05est-ce que l'on dépiste suffisamment ?
05:07Est-ce qu'on fait suffisamment de prévention ?
05:09Naturellement, la réponse est non.
05:11Donc cette loi a pour but de caler, d'organiser dans le paysage
05:15ce dépistage des pathologies cardiovasculaires
05:19avec tout d'abord une sensibilisation des pouvoirs publics,
05:22des soignants et des professionnels de santé.
05:25Deuxièmement, c'est de permettre à tout professionnel de santé,
05:28et je trouve que l'exemple de l'hypertension artérielle
05:30est un excellent exemple,
05:32c'est de permettre aux pharmaciens, aux kinésithérapeutes
05:34de prendre l'attention.
05:36On a plus de 6 millions de Français
05:37qui ne savent pas qu'ils ont une hypertension artérielle.
05:40Le troisième point, c'est de pouvoir aller vers,
05:43c'est de pouvoir faire ce dépistage sur le lieu de travail,
05:46puisque globalement, de 18 à 65 ans,
05:49on passe une grande partie de sa journée au travail.
05:51Donc c'est de se dire, il faut qu'on puisse dépister sur les lieux de travail.
05:55Donc la loi permet que soit proposée à chaque salarié,
05:59quelle que soit la taille de l'entreprise,
06:02obligatoirement proposée, un dépistage.
06:04C'est un dépistage qui peut être organisé par la médecine du travail,
06:07par les professionnels de santé du territoire,
06:09par des associations agrées,
06:10ce qui permettra, en regard, d'éviter que les pathologies arrivent,
06:14de diminuer les arrêts maladie,
06:16et de permettre une meilleure productivité à l'entreprise.
06:19Et puis le dernier point, c'est une sensibilisation globale au niveau des enfants.
06:24C'est-à-dire, c'est la prévention dans les milieux scolaires.
06:27L'année suivant, le sixième anniversaire.
06:29Alors là, c'est un sujet...
06:30Notamment pour l'hypercholestérolémie.
06:31Voilà.
06:32Dans ces sujets-là, il y en a un qui est important,
06:35qui est une maladie qui est l'hypercholestérolémie familiale.
06:39On a 30 000 enfants en France qui sont porteurs de cette pathologie.
06:43Donc, ils ont un taux de cholestérol extrêmement élevé.
06:45Et ils font des pathologies que, normalement, on voit arriver vers les populations plus âgées.
06:50Ils font des infarctus, des AVC.
06:52Donc, l'idée, c'est de pouvoir dépister, à l'âge de 6 ans, ces enfants,
06:56pour pouvoir leur mettre un traitement et leur éviter, vers l'âge de 15-20 ans,
06:59de faire un AVC et un infarctus.
07:01Mais c'est surtout une mesure au niveau des écoles, des collèges, des lycées,
07:06sur la sédentarité, l'obésité.
07:08On a 20% de nos enfants qui sont obèses.
07:11C'est de les sensibiliser à la pratique sportive,
07:14à la bonne alimentation, à l'absence de sédentarité, le temps des écrans.
07:19Professeur, la prévention cardiovasculaire doit commencer dès l'enfance ?
07:22Ah oui, absolument.
07:23Je pense que le député Yannick Noderre a mis le point là où il fallait.
07:276 ans, ça correspond d'ailleurs au début de l'autorisation de traiter ces enfants
07:32par des médicaments très efficaces,
07:34qui vont permettre de réduire de façon drastique le risque cardiovasculaire.
07:38Oui, je crois qu'il faut vraiment penser à la prévention.
07:41Mais avec Yannick Noderre, nous avons beaucoup réfléchi
07:45à tenter de faire en sorte de ne pas stigmatiser.
07:48Vous voyez, prévenir et détecter, c'est bien,
07:51mais surtout, il ne faut pas culpabiliser.
07:52Alors, juste un chiffre pour que vous l'ayez en tête.
07:55Quand on regarde la définition de ce qu'on peut appeler
07:57la bonne santé cardiovasculaire,
07:59on en a beaucoup parlé avec Yannick Noderre,
08:047 à 11 % de la population française, hommes et femmes,
08:08seulement est en bonne santé.
08:09Qu'est-ce que c'est qu'une bonne santé ?
08:11C'est justement ce qui a été décrit,
08:13c'est-à-dire ne pas avoir de facteur de risque cardiovasculaire
08:15et être informé.
08:17Et donc, ça veut dire que 90 % de notre population française
08:21n'est pas en bonne santé cardiovasculaire.
08:23Et donc, prévenir, c'est informer, c'est mobiliser
08:27en essayant de faire en sorte de ne pas culpabiliser.
08:31Être en surpoids, c'est une maladie.
08:33Ça n'est pas juste un problème esthétique.
08:37Avoir une tendance au diabète ou du cholestérol,
08:41c'est une maladie qui se traite
08:42avec à la fois une approche hygiéno-diététique
08:45et des traitements médicamenteux efficaces.
08:48Et puis, nous sommes un peu terrorisés, nous les soignants,
08:51Yannick comme nous,
08:52par parfois des campagnes de désinformation
08:54sur le fait qu'il ne serait pas bon de faire cela
08:58ou il ne serait pas bon de prendre un médicament
09:00en prévention primaire,
09:02c'est-à-dire avant un événement cardiovasculaire.
09:04Mais c'est fondamental.
09:06C'est vraiment un point sur lequel il faut
09:08que nous arrivions à continuer encore et encore
09:11à mobiliser et à sensibiliser.
09:13Et surtout pas à culpabiliser.
09:15Dans l'imaginaire collectif,
09:17l'infarctus reste encore souvent associé
09:19à un homme d'âge mûr.
09:21Est-ce que le risque cardiovasculaire féminin
09:23reste sous-estimé ?
09:25Là encore, vous touchez du doigt
09:27un problème majeur d'en parler
09:29avec Yannick Noder il y a quelques minutes.
09:31Ensuite, il faut vous souvenir
09:33qu'à peu près 10% des infarctus de myocarde
09:35touchent des personnes âgées de moins de 50 ans.
09:38Et en particulier,
09:39celles et ceux qui ont ces facteurs de risque-là
09:42dont l'hypercholestéromie familiale.
09:44Et puis après, il y a un sujet
09:45sur lequel on pourrait vraiment passer plusieurs jours
09:48qui est le cœur de femme
09:49et la pathologie cardiovasculaire chez la femme.
09:52La première cause de mortalité chez les femmes,
09:54on a tendance à penser que c'est le cancer,
09:56mais la première cause de mortalité chez les femmes,
09:58c'est les pathologies cardiovasculaires.
10:00Donc là, il y a tous les problèmes.
10:02Il y a d'abord le problème de la méconnaissance des soignants
10:05qui ne se mobilisent pas suffisamment
10:07pour sensibiliser les femmes
10:10à un risque cardiovasculaire accru
10:12à tous les âges,
10:13aussi bien pour les ménopause précoces
10:16mais aussi pour la contraception
10:18mais également pour les grossesses compliquées.
10:20Par exemple, grossesses compliquées
10:21d'hypertension artérielle ou de diabète.
10:24Ce sont des femmes
10:26qui sont exposées à un sur-risque d'événements.
10:28Donc d'abord, il y a un problème de méconnaissance
10:30et puis après, il y a un problème aussi
10:32de méconnaissance par nos patientes
10:34qui ont tendance à minimiser les symptômes,
10:37à ne pas les décrire
10:39comme si cela faisait partie d'une vie
10:41d'une femme normale d'avoir une douleur
10:43à la poitrine justement
10:44qui devrait alerter sur l'infarctus
10:46ou d'avoir des symptômes
10:47qui évoquent une pathologie neurovasculaire aiguë
10:50comme un AVC.
10:51Et enfin, il y a un dernier problème
10:52qui est beaucoup plus inquiétant,
10:53c'est que lorsque la femme a présenté
10:57l'événement cardiovasculaire,
10:58infarctus ou accident vasculaire cérébral,
11:01elle n'est pas prise en charge
11:02de la même façon qu'un homme
11:04avec une sous-utilisation
11:06des thérapeutiques médicamenteuses
11:08et interventionnelles.
11:09Alors, ne croyez pas
11:10que nous soyons particulièrement bêtes
11:12dans le monde des soignants,
11:14mais cela vient d'un certain nombre,
11:17malheureusement, d'habitude
11:18qu'il faut absolument corriger.
11:20Et enfin, un dernier point,
11:22vous l'avez dit dans votre introduction,
11:24l'innovation et l'approche thérapeutique,
11:27il faut y veiller.
11:28Eh bien, les femmes sont sous-représentées
11:31dans les essais thérapeutiques
11:33et donc, en fait,
11:35on ne sait pas bien appliquer
11:37les bonnes règles aux bonnes personnes
11:39et donc, je pense que le député
11:42Ingrid Noderre l'a rappelé encore ce matin,
11:44c'est une mobilisation générale, vraiment,
11:47et on l'a mobilisé grâce à...
11:48Donc, si je comprends bien,
11:49le problème, ce n'est pas le dépistage
11:50chez les femmes,
11:51c'est la prise en charge ensuite.
11:52Alors, c'est les deux.
11:53C'est le dépistage.
11:54Rappelez quand même que chaque jour,
11:56c'est 200 femmes qui décèdent
11:57de pathologies cardiovasculaires
11:59quand il y en a à peu près 25
12:01qui décèdent de cancer du sein
12:02et une ou deux d'accidents de la route.
12:05Et alors, que prévoit votre loi ?
12:07Alors, la loi, elle prévoit
12:08un focus particulier chez les femmes
12:10où il sera naturellement proposé,
12:13sensibilisé que les pathologies cardiovasculaires,
12:16eh bien, ce n'est pas réservé aux hommes
12:18pour les raisons qui ont été dites
12:20par Ariel Cohen,
12:21notamment aux âges clés de la vie,
12:23c'est-à-dire que pendant la prise
12:25de stropes progestatifs, de pilules,
12:27pendant la grossesse,
12:28que quand on a un poids du bébé
12:30qui est particulièrement élevé,
12:32eh bien, il faut rechercher un diabète,
12:33un diabète gestationnel,
12:35une hypertension pendant la grossesse,
12:37ce sont des facteurs qui laissent présager
12:38que la femme, plus tard,
12:40aura ce type de pathologie.
12:42Et puis, c'est culturel.
12:44Moi, je consulte encore,
12:46je vois souvent des épouses
12:48qui prennent des rendez-vous
12:49pour leur mari,
12:50et je leur dis,
12:51et vous, vous avez fait votre bilan ?
12:53Ben non, elles n'ont pas prévu.
12:54C'est-à-dire que...
12:55C'est ancré.
12:55C'est ancré que, finalement,
12:57la femme est souvent un peu résumée,
12:59pardon, à des problématiques
13:01liées avec la gynécologie,
13:03et que non, la première cause
13:05de mortalité chez les femmes en France,
13:07c'est les pathologies cardiovasculaires.
13:09Donc, il y a une campagne
13:10qui a été lancée
13:11par la Société française de cardiologie,
13:14notamment, et la Fédération française.
13:15C'est, tu as vu ton gynéco,
13:17tu as vu ton cardio,
13:18parce que je crois
13:18que les deux éléments sont liés.
13:20Donc, on doit aussi informer
13:22la communauté soignante
13:24de cet intérêt
13:25à promouvoir le dépistage.
13:27La loi que j'ai fait voter
13:29et qui va rentrer en application,
13:31je l'ai bien vue
13:32sur les lieux professionnels,
13:33puisque je suis déjà allé tester
13:36son efficacité
13:37et la façon de se faire.
13:38On était sur une plateforme chimique.
13:41Eh bien, spontanément,
13:43les dépistages avaient l'impression
13:44de s'adresser plutôt
13:45aux ouvriers de la chimie.
13:47Quand on est passé
13:48dans la partie administrative,
13:50j'ai dit aux agents administratifs
13:52qui étaient plutôt féminins,
13:53en disant,
13:53est-ce que vous êtes allé au dépistage ?
13:55Elles ne se sentaient pas
13:56vraiment concernées.
13:57Elles y sont allées
13:58et j'ai vu des réactions
13:59assez étonnantes.
14:00Je me rappelle
14:00de cette secrétaire
14:02de 38 ans
14:03qui, finalement,
14:04s'est retrouvée
14:04avec des facteurs de risque
14:05et finalement à haut risque
14:06de pathologie cardiovasculaire.
14:08jamais elles n'auraient pensé
14:09qu'une campagne
14:10de dépistage
14:11entre guillemets
14:12pour éviter un AVC,
14:13un infarctus
14:14s'adressait pour elles.
14:15Yannick Noder,
14:16il y a un autre enjeu
14:16que vous voulez mettre
14:17beaucoup plus fortement
14:17sur la table.
14:18On va l'évoquer rapidement.
14:19c'est l'évaluation médico-économique
14:22de la prévention.
14:23Est-ce qu'on sous-évalue aujourd'hui
14:25le coût réel
14:25de ces maladies
14:26pour la société ?
14:27Je pense qu'on ne le fait
14:28pas correctement.
14:29On regarde les soins consommés.
14:31En France,
14:32on n'a aucune vision
14:32pluriannuelle à long terme.
14:34On fait chaque année
14:35le vote du budget
14:36sur une année
14:37et on sait très bien,
14:37et ça va commencer
14:38les débats budgétaires
14:39au Parlement
14:40d'ici quelques jours,
14:41mais on n'a aucune vision
14:42pluriannuelle.
14:43Et on sait très bien
14:44que chaque euro
14:45dépensé dans la prévention,
14:47on aura un retour
14:48sur investissement
14:49dans plusieurs années.
14:50Et je crois que
14:50ce qu'on ne fait pas actuellement,
14:52c'est de bien calculer
14:53vraiment les coûts.
14:55C'est-à-dire que naturellement,
14:56si on a bien dépisté
14:57un patient
14:58dans 80% des cas,
14:59on peut lui éviter
15:00l'infarctus ou l'AVC.
15:01L'AVC qui est la première cause
15:03de handicap acquis.
15:04Donc on voit bien
15:05que le patient n'est pas malade,
15:07le soignant est content
15:07et on a évité
15:08de consommer des soins.
15:09Mais il y a un deuxième volet,
15:11c'est que si ce patient
15:12malheureusement
15:12a fait cette pathologie,
15:14il aura un arrêt de travail,
15:15il aura des indemnités journalières
15:17qui auront un coût
15:18pour notre système de santé.
15:20Et puis le troisième point,
15:21c'est qu'au vu d'une entreprise,
15:22c'est pour ça qu'il y a
15:23une adhésion aussi
15:24du milieu professionnel
15:27des entrepreneurs
15:29et notamment du patronat,
15:32c'est qu'on a plutôt intérêt
15:34à avoir des patients salariés,
15:36des salariés patients
15:37en bonne santé
15:38puisque ça permet
15:39d'augmenter la productivité
15:41aussi du pays.
15:42Et je crois que nous avons
15:43des dépenses de santé
15:44qui augmentent spontanément
15:45de 4%.
15:46Donc on voit bien
15:46qu'il va falloir
15:47effectivement être
15:48le plus efficient possible
15:49mais face à l'emergence
15:50des maladies chroniques,
15:51on n'a pas parlé
15:52par exemple
15:53de la pathologie rénale
15:54mais c'est près
15:55de 6 millions
15:56de patients en France
15:57et c'est une des premières causes
15:59aussi,
15:59des dix premières causes
16:00de mortalité.
16:01Face au vieillissement
16:02de la population,
16:03l'augmentation
16:03des maladies chroniques
16:04avec par exemple
16:05la prévalence du diabète
16:07qui atteint 10%
16:08dans certaines régions,
16:09notamment l'outre-mer,
16:10il va falloir aussi
16:11qu'on ait davantage
16:12de richesses
16:13pour faire face
16:14à ces problèmes
16:14de santé.
16:15Donc économie
16:16sur le soin
16:17non dispensé,
16:18économie sur les indemnités
16:19journalières,
16:20augmentation globale
16:21de la productivité
16:22du pays
16:23pour faire face
16:23au vieillissement
16:24de la population
16:25et à l'émergence
16:26des maladies chroniques.
16:27Restez avec nous messieurs,
16:28on passe tout de suite
16:29à la chronique de Camille
16:30et vous allez pouvoir réagir.
16:35On vient de le voir
16:36mieux prévenir,
16:37c'est aussi mieux repéré
16:38et pour certaines maladies,
16:39le diagnostic peut encore
16:41prendre du temps.
16:42C'est notamment le cas
16:43de l'amylose cardiaque, Camille.
16:45Oui, on l'appelle aussi
16:46la maladie caméléon.
16:47Alors pourquoi ?
16:48Parce qu'elle peut se cacher
16:49derrière des symptômes
16:50qui peuvent paraître
16:50très bénins.
16:51Vous allez le voir
16:52dans le reportage
16:52qui va suivre.
16:53Alors comment la repérer plus tôt
16:55et surtout comment éviter
16:56une errance médicale
16:58avant le diagnostic ?
16:59Je me suis rendu
17:00à l'hôpital Henri-Mondor
17:01à Créteil
17:02où j'y ai rencontré
17:03le professeur Thibaut Damy
17:04qui est l'un des spécialistes
17:06de l'amylose cardiaque
17:06en France.
17:07J'y ai aussi rencontré
17:08des patients
17:09qui témoignent
17:10de leurs symptômes.
17:11Je vous propose
17:11de les écouter.
17:13J'ai eu une alerte en 2010.
17:15J'ai eu un doigt à ressaut.
17:16Je ne savais pas
17:17le pourquoi,
17:17du comment.
17:18La faute n'a pas de chance.
17:20Et à partir de 2019,
17:23alors là,
17:23la machine s'est emballée.
17:24j'ai subi
17:25l'opération
17:26des doigts à ressaut
17:28de tous mes doigts.
17:29OK,
17:30ça peut arriver.
17:32En parallèle,
17:33j'ai subi aussi
17:35six opérations,
17:37trois
17:37à chaque canal carpien
17:39de chaque main.
17:40Toujours en parallèle,
17:41en 2021,
17:43je me fais opérer
17:45d'un canal rachidien
17:47étroit.
17:48Deux ans après,
17:49je suis dans le même état
17:51que deux ans auparavant.
17:54Il n'y a pas eu
17:55un seul de ces médecins
17:56qui s'est dit
17:57tiens,
17:58qui a fait le lien.
17:59Et d'ailleurs,
18:00mon amylose
18:00a été détectée par hasard
18:02par ma cardiologue
18:03qui contrôlait
18:04mon cholestérol.
18:05Tous ceux
18:05qui m'ont opéré,
18:07c'était des médecins
18:08qui étaient des spécialistes,
18:09qui m'ont opéré
18:11même plusieurs fois.
18:12Donc,
18:12ils ne pouvaient pas dire
18:13que je ne savais pas.
18:14C'est le même
18:14qui m'a opéré
18:15deux fois le dos.
18:16Tout ça,
18:16mais pas une seule fois,
18:18ils ont fait le lien.
18:19L'amylose cardiaque
18:20à transthyrétine,
18:21qui est la maladie caméléon,
18:22va prendre plein
18:23de formes différentes
18:25avec des symptômes
18:26qui vont apparaître
18:27cinq à dix ans avant
18:28avec des atteintes
18:29des articulations,
18:30prothèses de hanche,
18:31prothèses de genou,
18:32des tendons
18:32qui vont donner
18:33des ruptures de tendons,
18:35des doigts à ressaut,
18:36des canaux carpiens
18:36et même des canaux lombaires
18:37et également la surdité.
18:39Et tous ces symptômes
18:40vont arriver
18:41cinq à dix ans
18:42avant l'atteinte cardiaque.
18:43Nous, cardiologues,
18:44on est à la fin de la maladie
18:45et on découvre les patients
18:46lorsque le cœur
18:47a été transformé en pierre.
18:49Et ce qui est vraiment
18:49dommage actuellement,
18:51c'est qu'on a des médicaments
18:52pour ralentir
18:53la progression de la maladie.
18:54Donc dès qu'on les met tôt,
18:55on est sûr
18:55de pouvoir sauver le cœur.
18:57Mais si on les met trop tard,
18:58c'est trop tard,
18:59le cœur est déjà en pierre
19:00et on n'a pas encore
19:01de médicaments
19:01pour retirer ces dépôts d'amylose,
19:03pour retirer cette pierre.
19:04Le problème actuellement,
19:05c'est que les patients
19:06vont avoir évidemment
19:07un canal carpien,
19:08un doigt à ressaut,
19:09un problème d'arthrose
19:10au niveau de la hanche,
19:11du genou,
19:11de canal lombaire
19:11et à chaque fois,
19:12donc ils vont être aiguillés
19:13vers un spécialiste
19:15de l'organe,
19:16mais voire même
19:16juste de la main,
19:17un spécialiste du genou,
19:18un spécialiste de l'hanche,
19:19un spécialiste du dos.
19:20Et en fait,
19:21chacun va regarder
19:22et opérer
19:23sur son petit fragment d'organe
19:25sans voir en fait
19:26l'ensemble de la maladie,
19:28qui est une maladie systémique
19:30qui touche en fait
19:30tous les organes
19:32parce que c'est une protéine
19:34qui circule dans le sang
19:35et qui se transforme en fébrile
19:37et qui va infiltrer les organes.
19:38Et donc c'est probablement
19:40le fait que notre médecine
19:41soit organisée en silo,
19:42qu'on a du mal
19:43à communiquer entre soignants,
19:45mais il faut améliorer les choses
19:47et c'est le but de cette campagne
19:48qui est fait
19:48avec toutes les sociétés savantes,
19:51rhumatologues,
19:51orthopédistes,
19:52chirurgiens d'un main,
19:53gériates,
19:54ORL et les cardiologues,
19:55toutes les sociétés savantes
19:57pour travailler enfin ensemble
19:58et avancer
19:59dans la reconnaissance
20:00de cette maladie
20:01qu'on a longtemps,
20:03comme nous les cardiologues,
20:04totalement sous-estimés
20:05et ignorés.
20:06Donc la campagne
20:07dont parle le professeur Thibaud Dami
20:09vient d'être lancée
20:10pour justement aider
20:11à alerter
20:11et repérer les signes
20:13qui doivent alerter
20:14sur l'amylose cardiaque.
20:15Les premières journées
20:16de dépistage
20:17seront lancées
20:17dès le 26 octobre
20:18dans plus de 50 hôpitaux.
20:19Donc la question
20:20que ça pose,
20:21et je me tourne
20:22vers le professeur
20:22Ariel Cohen,
20:23est-ce que c'est créer
20:24des ponts justement
20:25entre les spécialités
20:26qui permettent
20:27d'accélérer
20:27le dépistage
20:28et le diagnostic ?
20:30C'est une obsession
20:31pour nous,
20:32le parcours du patient
20:34et la prise en charge
20:35optimale
20:36d'un patient.
20:37Essayer de ne pas avoir
20:39par un seul bout
20:40de la lorniette
20:41un patient,
20:42ne pas le regarder
20:42au travers d'un symptôme
20:44ou d'un syndrome focal,
20:46mais plutôt de le prendre
20:47comme une entité globale,
20:48c'est un problème.
20:49Ça ne concerne pas
20:50seulement l'amylose,
20:51ça concerne toutes
20:52les interfaces
20:53des maladies systémiques
20:54avec un tropisme cardiaque
20:57parfois particulièrement délétère.
21:00Vous savez que dans
21:00beaucoup d'autres maladies,
21:02rares orphelines
21:03comme l'amylose,
21:04mais bien d'autres maladies
21:05dites fréquentes,
21:06il y a ce problème.
21:08Alors,
21:08comment faire face à cela ?
21:10Il faut vraiment
21:11que les soignants
21:12que nous sommes
21:13prennent cette habitude
21:15d'interroger,
21:17d'examiner
21:18et d'essayer
21:19d'avoir ce qu'on appelle
21:20nous des drapeaux rouges
21:22pour essayer de nous alerter
21:24sur un symptôme
21:25qui doit en faire recherche
21:26un autre.
21:27Juste en un mot,
21:28quand on regarde
21:29le cœur d'un patient,
21:30on a des moyens simples,
21:32l'électrocardiogramme
21:33qui vous est familier,
21:34l'échographie du cœur,
21:35là on peut presque
21:36évoquer de façon instantanée
21:38une amylose cardiaque
21:39que l'on peut évoquer
21:40puis après
21:40que l'on peut documenter
21:41quand il y a une discordance
21:43entre la taille
21:44des complexes
21:45de l'électrocardiogramme
21:46et le fait que le cœur
21:47apparaisse,
21:48comme l'a dit Thibault,
21:50hypertrophié,
21:50particulièrement
21:52musculaire
21:52entre guillemets
21:53alors que ça n'est que
21:54de l'infiltration
21:54d'une protéine
21:55qui va altérer
21:56la fonction du cœur.
21:58Donc en un mot,
21:58il faut arriver
21:59à mobiliser
22:00tous les acteurs
22:02de santé
22:03en pensant
22:04à ces diagnoses rares
22:06surtout que maintenant
22:07on a des traitements
22:08qui améliorent
22:09la qualité de vie
22:09et qui réduisent
22:10la mortalité.
22:11Rapidement,
22:12Yannick Noddard,
22:12vous avez 30 secondes.
22:13On ne trouve
22:15que ce qu'on cherche
22:16donc je crois
22:16qu'on a besoin
22:17de surinvestir
22:19le champ des pathologies
22:21cardiovasculaires.
22:21Ça vient d'être
22:22redit encore
22:23au niveau de l'Europe
22:25et je pense
22:25qu'il faut qu'on commence
22:26à faire des dépistages
22:27même dès l'âge
22:28de 35 ans.
22:29Donc en fait,
22:30il faut calibrer
22:31le risque d'un patient
22:32avec ces facteurs
22:33de risque
22:33dans une première intention
22:35qu'on vient de développer,
22:36dépister sa tension,
22:37son cholestérol,
22:38son diabète,
22:38les mauvaises habitudes
22:39de vie comme le tabagisme
22:40ou la sédentarité.
22:42Mais dans un deuxième temps,
22:43penser à l'échographie,
22:44c'est les parties
22:45immergées de l'iceberg
22:46et on pourra trouver
22:47des atteintes valvulaires,
22:48des atteintes du muscle.
22:49Donc je crois
22:50que c'est des examens
22:51qui doivent se démocratiser
22:52à terme.
22:53Merci beaucoup,
22:54merci beaucoup Camille
22:55pour ce chouette reportage.
22:57Merci à nos deux invités,
22:58le professeur Ariel Cohen,
23:00cardiologue,
23:00président de la fondation
23:01Coeur et Recherche.
23:02Et merci à vous,
23:03Yannick Noder,
23:04cardiologue,
23:04député de l'ISER,
23:05ancien ministre chargé
23:06de la santé
23:06et de l'accès aux soins.
23:08On passe à la pépite santé.
23:13On vient de parler
23:14de prévention
23:15et de dépistage
23:16mais pour les patients
23:17atteints d'une maladie chronique,
23:19un autre enjeu se pose,
23:20celui du suivi au quotidien.
23:22C'est notamment le cas
23:23dans l'insuffisance cardiaque
23:24où l'état d'un patient
23:25peut évoluer
23:26entre deux consultations.
23:27Comment alors assurer
23:28un suivi au-delà de l'hôpital
23:30et du cabinet médical ?
23:31C'est tout l'enjeu
23:32de la télésurveillance.
23:33Pour en parler,
23:34j'accueille Nicolas Pagès,
23:36médecin anesthésiste,
23:37réanimateur
23:38et cofondateur de Satellia.
23:40Satellia a développé
23:41un dispositif
23:42destiné aux patients
23:43atteints d'insuffisance cardiaque.
23:45Bonjour et bienvenue
23:46dans Santé Futur, Nicolas.
23:47Bonjour.
23:48Quel est aujourd'hui
23:49l'angle mort
23:50dans le suivi
23:50d'un patient insuffisant cardiaque
23:53une fois qu'il est rentré chez lui ?
23:54Je vous dirais
23:55que c'est quasiment
23:56le même angle mort
23:56que la plupart des maladies chroniques,
23:58c'est-à-dire qu'on a un système
23:59aujourd'hui qui est fait
24:00plutôt pour les maladies aigües
24:01qu'on appelle épisodiques.
24:02On a un problème,
24:03on va avoir le médecin
24:03ou on va à l'hôpital
24:04mais qui n'est pas forcément fait
24:07ou qui ne dispose pas forcément
24:08des outils
24:08pour suivre les patients
24:09atteints de maladies chroniques,
24:10insuffisants cardiaques
24:11ou autres
24:12puisque cela nécessite
24:13par définition
24:14un suivi relativement continu
24:16ou régulier
24:16tous les jours
24:17ou toutes les semaines
24:18afin de voir
24:19quand les patients
24:19vont avoir leur maladie chronique
24:21qui va s'aggraver.
24:23Et alors,
24:23quels sont les premiers signes
24:24qui doivent alerter
24:25sur une dégradation
24:27de son état ?
24:27Alors,
24:28si on parle
24:28des patients insuffisants cardiaques,
24:30il y a quatre principaux signes.
24:31Le premier,
24:32c'est l'essoufflement.
24:33Vous savez,
24:33dès qu'on est un peu âgé,
24:35la moyenne d'âge
24:36des patients
24:36que suis satélia,
24:37c'est 74 ans.
24:38On est souvent essoufflé
24:39dès qu'on marche un peu longtemps
24:40ou dès qu'on monte les escaliers.
24:42Ça,
24:42ce n'est pas forcément
24:43toujours quelque chose de normal,
24:44même quand on est âgé.
24:45Ensuite,
24:45la prise de poids,
24:46vous prenez un,
24:47deux,
24:47trois kilos dans la semaine.
24:48Alors,
24:49à moins que vous ayez fait
24:49un repas gargantuesque,
24:50c'est quelque chose
24:51qui doit vous alerter,
24:52ça veut dire que vous stockez l'eau.
24:53Le troisième signe,
24:54c'est parfois que vous avez
24:55les jambes ou les mollets gonflés,
24:57surtout en fin de journée.
24:58Ça ne veut pas dire
24:58que vous êtes un suivant cardiaque,
24:59mais ça nécessite
25:00que vous consultiez votre médecin.
25:02Et puis le dernier,
25:02qui est la fatigue,
25:04une fatigue relativement anormale
25:05est un signe.
25:06Donc,
25:06si vous avez une conjonction
25:07de deux de ces quatre signes
25:08ou plus,
25:09en effet,
25:10il convient d'en parler
25:10aux médecins généralistes.
25:11Et c'est précisément là
25:12qu'intervient la télésurveillance.
25:13Comment fonctionne cet atelier ?
25:15Alors,
25:15la télésurveillance,
25:16c'est un logiciel préventif
25:18qui a la qualification
25:19de dispositif médical
25:20et qui permet le suivi
25:21à distance des patients
25:23atteints d'insuffisance cardiaque.
25:24Comment ça marche ?
25:25On va poser des questions
25:26régulièrement aux patients
25:28sur son poids
25:29qui peut être remonté
25:30par une balance connectée
25:31ou par une balance classique.
25:33Est-ce qu'il tousse ?
25:34Est-ce qu'il est fatigué ?
25:35Est-ce qu'il a du mal à respirer
25:36à l'effort,
25:37au repos ou allongé ?
25:38Quelque chose d'assez spécifique
25:40de l'insuffisance cardiaque.
25:41Et ensuite,
25:41cet atelier est la seule solution
25:43actuellement à disposer
25:44d'un algorithme
25:45qui permet de faire
25:46de l'analyse du risque.
25:47On va prendre
25:48toutes ces informations-là
25:49et notamment
25:49la tendance
25:50de ces informations-là.
25:51Et on va dire
25:52le patient est risqué ou pas.
25:54Et le professionnel de santé,
25:56les cardiologues
25:56que vous avez reçus tout à l'heure
25:57ou les infirmières de cardiologie
25:59vont pouvoir regarder
26:01sur un dashboard,
26:03sur un espèce de centre de contrôle,
26:04plusieurs centaines de patients
26:05qui nécessitent,
26:06sur les 500 patients,
26:07qui sont les 2 ou 3
26:08qui nécessitent
26:09une intervention aujourd'hui.
26:09Et l'enjeu, j'imagine,
26:10c'est aussi de ne pas submerger
26:12les équipes
26:13sous une masse d'informations.
26:15Comment est-ce que vous distinguez
26:16les patients
26:17qui nécessitent réellement
26:18d'une intervention ?
26:19C'est toute la plus-value
26:20de l'algorithme.
26:21Cet algorithme,
26:21il a ce qu'on appelle
26:22une valeur prédictive négative.
26:23C'est un mot compliqué
26:24qui veut dire que
26:26quand le curseur
26:28est en zone verte,
26:29le patient est bien vert
26:29et n'a aucun risque
26:30ou quasiment aucun risque
26:31à 7 jours
26:32de s'aggraver.
26:34Et cet algorithme
26:36permet de différencier
26:36sur 500 ou 600 patients
26:38tous les jours
26:39ou toutes les semaines
26:39qui sont les 5 ou 10
26:41tous les jours
26:41qui nécessitent
26:42l'attention du médecin
26:42via une consultation
26:43ou une téléconsultation
26:44puisque je vous rappelle,
26:45on parle de patients
26:45qui sont suivis à domicile.
26:47Est-ce qu'on sait aujourd'hui
26:48combien d'hospitalisations
26:49la télésurveillance
26:50permet-elle d'éviter ?
26:52Est-ce que vous voulez
26:52le jouer ?
26:53On sait qu'en insuffisance cardiaque,
26:55il y a environ 1,5 à 2 millions
26:56de patients insuffisants cardiaques
26:57en France.
26:58On sait qu'à peu près
26:59150 à 180 000
27:00sont hospitalisés chaque année.
27:01Pour info,
27:02ça représente
27:02le trafic quotidien
27:05d'un aéroport
27:05comme au Roissy.
27:06Ce n'est pas rien
27:07comme nombre de patients
27:08et on estime
27:09qu'on peut éviter
27:09plusieurs milliers
27:10d'hospitalisations.
27:11Si on prend l'exemple
27:12de Satellia
27:12qui a sorti
27:13une grande étude scientifique
27:15l'année dernière,
27:16on a montré
27:16qu'on avait
27:17un number needed to treat,
27:18le nombre de patients
27:19à traiter.
27:20Tous les 10,5 patients,
27:21on évite un décès.
27:23Est-ce qu'on se dispose
27:24aujourd'hui
27:24d'une évaluation
27:25médico-économique
27:26de la télésurveillance
27:27s'agissant du coût
27:28pour le système de santé ?
27:29Exactement.
27:30Et donc Satellia
27:30est la première solution
27:31à avoir publié
27:32il y a 3 mois maintenant,
27:33début 2026,
27:35une évaluation
27:35médico-économique
27:36qui démontre
27:37ce qu'on appelle
27:37que nous sommes
27:38net zéro,
27:39c'est-à-dire que
27:41Satellia est rémunéré
27:42une soixantaine d'euros
27:42par mois
27:43par l'assurance maladie
27:43et les médecins
27:44qui en fait reçoivent
27:45les alertes
27:45puisque ce n'est pas
27:46Satellia qui gère,
27:47c'est les médecins
27:48qui gèrent ces alertes
27:49sont également rémunérés
27:50en moyenne une quarantaine d'euros
27:51et donc au mois numéro 2
27:53on a remboursé
27:53les frais du mois numéro 1,
27:54au mois numéro 3
27:55on a remboursé
27:56les frais du mois numéro 1 et 2,
27:57etc.
27:57jusqu'à 24 mois.
27:59Merci beaucoup,
28:00je suis navrée,
28:00on aurait pu en dire
28:01beaucoup plus
28:02mais c'est la fin
28:02de cette séquence.
28:03Merci beaucoup
28:04Nicolas Pagès,
28:05CEO de Satellia.
28:06Merci à Camille Rioual
28:08qui produit cette émission.
28:09A bientôt sur
28:10Bsmart for Change.