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  • il y a 11 minutes
Ce lundi 28 septembre, Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a abordé l’intervention de Christine Lagarde au Parlement européen, les perspectives liées à la présentation du budget, ainsi que la nouvelle hausse des rendements obligataires aux États-Unis, dans l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou à écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et pendant ce temps, c'est une journée très riche.
00:05Christine Lagarde s'exprime devant le Parlement européen.
00:08Claire Dissot est avec nous, responsable des études macro du groupe AXA.
00:11Bonjour Claire.
00:12Bonjour.
00:13Donc Christine Lagarde devant le Parlement européen,
00:16en ces temps de remonter des taux obligataires,
00:18on en est où là ?
00:18Le 10 ans français est à 4,76, le 10 ans allemand à 3,64.
00:22Christine Lagarde a expliqué, c'était il y a quelques minutes,
00:25que pour garantir que l'inflation se stabilise à l'objectif de 2%,
00:30les taux ont été relevés,
00:32mais même si l'inflation est plus élevée
00:34et qu'elle le sera peut-être un peu plus à l'avenir,
00:36aucun signe pour l'instant ne montre qu'elle s'installe durablement.
00:40Si vous m'avez compris, je me suis mal fait comprendre en quelque sorte.
00:43Comment vous interprétez ces propos de Christine Lagarde ?
00:46Le message de la BCE est très clair,
00:48et celui de Christine Lagarde est le même que celui qui a été donné en septembre
00:52à la réunion de la BCE.
00:55Donc le message reste inchangé,
00:56c'est-à-dire que les risques sur l'inflation restent à la hausse,
01:00et c'est dû évidemment aux effets des prix de l'énergie.
01:03Par contre, on ne voit pas d'effet de second tour,
01:06c'est-à-dire on ne voit pas de cercle vicieux
01:07entre la hausse des prix et une accélération des salaires
01:10qui mettrait en jeu la stabilité des prix sur le moyen terme.
01:14Donc ça veut dire que Christine Lagarde envoie toujours le message
01:17qu'on a affaire à un cycle de resserrement monétaire mesuré,
01:20ce qu'on appelle mesuré,
01:21c'est-à-dire qu'on doit juguler les effets indirects de l'inflation
01:25par les prix de l'énergie,
01:27et aussi mettre en garde contre les effets de second tour,
01:31c'est-à-dire qu'on attend encore une à deux hausses de taux dans notre scénario.
01:35Donc ça n'est pas un cycle qui devrait gérer une hausse incontrôlée de l'inflation
01:41et faire ralentir la croissance.
01:42Donc rien de nouveau là-dessus.
01:45– Christine Lagarde qui effectivement dit,
01:47et là c'est clair,
01:48les salaires ne montrent pas de réponse matérielle à l'impasse énergétique.
01:51Autrement dit, il n'y a pas d'effet de second tour,
01:53vous l'avez bien résumé effectivement.
01:54Pas de gros impact d'ailleurs des propos de Christine Lagarde sur le marché cet après-midi.
01:57On a toujours ce 10 ans français à 4,75.
01:59L'écart de taux entre la France et l'Allemagne,
02:01à l'instant, 111 points de base d'écart de taux.
02:04Et c'est dans ce contexte que jeudi,
02:06le gouvernement détaillera sa proposition de budget.
02:08On sent qu'il marchera sur des oeufs le gouvernement face au marché obligataire jeudi.
02:11– Oui, alors on a un budget qui fixe un objectif de déficit à 5% du PIB.
02:17Donc c'est déjà la cinquième année qu'on sera au-dessus de 5% du PIB ou à 5
02:22% du PIB.
02:22Donc c'est un budget qui est peu ambitieux,
02:25qui est un budget qui essaye de réduire le déficit
02:28à partir d'une tendance qui aurait dérivé beaucoup plus sans mesure corrective.
02:33Mais l'ambition n'est pas là
02:34et les objectifs de croissance sont à 1% pour le gouvernement,
02:38ce qui est très optimiste par rapport à une prévision pour 2027
02:41de 0,5% par la Banque de France.
02:44Donc un budget d'austérité, mais toute relative.
02:49Et du coup, le focus pour les investisseurs étrangers ou domestiques d'ailleurs,
02:54c'est de voir coller le processus politique
02:56qui va permettre de mettre en oeuvre ces mesures.
02:59Et là, il reste beaucoup d'incertitudes.
03:01de quelle manière on va passer le budget
03:03et quelles sont les conséquences sur une dérive éventuelle
03:07par rapport à cet objectif de 5%.
03:11Claire, 5%, ça nous amène directement à ce qui se passe
03:14du côté des marchés obligataires américains.
03:16On a l'ensemble de la courbe de taux américaine
03:20qui est désormais au-dessus de ce niveau symbolique.
03:22Et des taux réels, on peut dire qu'on va ajuster de l'inflation quand même.
03:25Ben oui, mais on reste quand même sur des taux au plus haut depuis 18 ans.
03:29Est-ce que c'est encore tenable longtemps, cette affaire ?
03:32Ce qui est intéressant de voir, c'est que c'est depuis le début de la guerre en Iran
03:35qu'on a vu une hausse des taux longs qui est tirée par les taux réels.
03:39Et c'est le cas à la fois aux États-Unis, mais aussi en Allemagne,
03:42mais aussi au Royaume-Uni.
03:43Donc cette hausse des taux longs tirée par les taux réels,
03:46ça montre qu'il y a plusieurs ingrédients dans ce processus.
03:49C'est à la fois une réévaluation des perspectives de croissance,
03:53une réévaluation de la politique monétaire aussi.
03:56Donc on a une Fed qui est beaucoup plus au-quiche,
03:57qui a décidé de monter les taux et qui dit qu'elle a encore du travail à faire.
04:01Et en même temps, on a des perspectives de croissance à long terme
04:04qui sont plus positives et qui vont sans doute élever aussi le taux d'équilibre.
04:08Et le troisième facteur que j'ajouterais, ce sont les déficits publics
04:11qui sont évidemment très importants aux États-Unis,
04:13entre 6 et 7 % du PIB, donc quelque chose qui pèse sur les taux longs.
04:18Est-ce que ça va casser ? Pour l'instant, on n'a pas d'effet de données
04:25qui puissent vraiment briser ce cercle de hausse de taux long.
04:30Il faudrait des données beaucoup plus faibles.
04:32Et pour l'instant, la consommation tient grâce à l'effet de richesse par les actions.
04:36Donc on attend le chiffre de l'emploi en fin de semaine.
04:40Il semble être bon encore une nouvelle fois.
04:42Donc pour l'instant, on n'a pas de catalyseurs macro
04:45qui pourraient faire cesser cette hausse des taux longs.
04:49Il faudrait en fait un resserrement budgétaire
04:51ou un ralentissement brutal de l'économie avec un choc externe.
04:55Merci. Claire Dissot avec nous depuis le groupe Axe.
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