- il y a 14 heures
Présenté en Conseil des ministres par Sébastien Lecornu, le nouveau budget de l’État acte un tour de vis historique : 54 milliards d’euros d’économies. Au programme, une rigueur sur les dépenses publiques, un gel du point d'indice des fonctionnaires, des rabots massifs sur la santé, les retraites, les arrêts maladie et les APL. Et dans le même temps, rien contre les plus hauts patrimoines et les multinationales aux bénéfices record.
Décryptage avec Anthony Cortes, journaliste à l'Humanité, et le streamer RiboDansLaSauce.
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00:00 Le budget d'austérité de Sébastien Lecornu
06:03 Saignée sociale et cadeaux fiscaux
14:01 Les concessions faites au RN
19:35 Le gel du point d'indice et les salaires en chute
24:16 L'ultimatum de Sophie Binet au gouvernement
30:09 Un risque d'embrasement à l'automne ?
38:44 L'opinion bascule ?
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30:09 Un risque d'embrasement à l'automne ?
38:44 L'opinion bascule ?
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00:01C'est aujourd'hui que sera présenté le budget en conseil des ministres.
00:03Les conseils des ministres, ça tombe le mercredi.
00:05Et donc voilà, Lecornu, Sébastien Lecornu, notre cher Premier ministre,
00:08qui a survécu à la dernière séquence budgétaire, ce qui n'était pas gagné,
00:11présente son budget aujourd'hui.
00:13Alors le truc, c'est qu'on sait déjà à peu près ce qu'il y aura dans ce budget.
00:15Et comme on l'a dit au début, ça va être un budget d'austérité,
00:17un budget de saignée, en particulier sur les dépenses publiques,
00:20et un budget qui ne va pas chercher l'argent là où il est en termes de fiscalité,
00:23c'est-à-dire dans les poches des riches et des multinationales
00:26qui font des bénéfices records.
00:27C'est ça, et puis Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a annoncé la couleur.
00:31C'est 54 milliards d'euros d'économie qu'il va falloir aller chercher.
00:35Il le justifie, et c'est plutôt cynique, en disant que c'est pour éviter les sacrifices de demain.
00:39Bon, on prévoit des sacrifices aujourd'hui pour éviter les sacrifices demain.
00:43J'en suis pas sûr.
00:43Ça fait quand même 10 ans de macronisme aujourd'hui, 10 ans de budget austéritaire.
00:47Alors ça fait plus de 10 ans de budget austérité.
00:48Oui, bien sûr.
00:49Ça avait commencé sous Hollande, et en fait, ça avait déjà commencé sous Nicolas Sarkozy.
00:53On est à peu près dans cette méta-là depuis, je dirais, 2008,
00:55la crise économique de 2009 dans la zone euro, etc.
00:57Oui, c'est ça.
00:58Et là où c'est particulièrement injuste, quand on regarde le détail, on en reparlera.
01:02Mais c'est que ça va toucher particulièrement les populations les plus fragiles,
01:06les jeunes, les chômeurs, les personnes malades, les salariés,
01:11et une part des retraités.
01:12Alors après, toucher aux retraités les plus aisés, moi je ne suis pas contre.
01:15Mais là, ce n'est pas vraiment ce qui est prévu par le gouvernement.
01:19Donc voilà, un budget encore une fois injuste, et justifié encore une fois par un esprit,
01:25je mets encore des guillemets, de responsabilité, de raison, tout ça.
01:29Enfin bref, vous connaissez la vulgate néolibérale.
01:32Mais voilà, on va parler de ces différents choix-là,
01:36parce que dans un contexte social tendu il y a quelques mois de la présidentielle,
01:39ce n'est pas innocent forcément, et ça peut animer les débats politiques en général.
01:43Et oui, et d'ailleurs la séquence a déjà un petit peu commencé,
01:46mais on va rentrer un petit peu dans le dur aujourd'hui.
01:48Et bon, quand on regarde les dernières années,
01:50généralement on a pas mal parlé du budget au moment de la séquence budgétaire,
01:53notamment parce qu'il n'y a pas de majorité absolue à l'Assemblée.
01:55Du coup ce budget, s'il passe, ça ne sera pas 49-3.
01:58La question de la censure du PS ou du Rassemblement National va encore se poser.
02:01Même la question de la dissolution, même si a priori on ne parle pas trop trop là-dessus.
02:06Macron a dit dans son interview où c'était jeudi soir,
02:08si je ne dis pas de bêtises, sur France Télévisions et TF1,
02:11ou non c'est juste France 2, je me suis en plus exactement.
02:13Avant, il a dit qu'il n'y aura pas de dissolution, quoi qu'il arrive.
02:15Donc bon, on peut aussi se poser la question un peu plus politique,
02:17mais ça je pense qu'on en parlera un petit peu plus en profondeur
02:20dans deux, quatre, six semaines, dans une autre émission.
02:23Parce que là on va aussi se concentrer sur du coup les effets concrets,
02:26enfin pas les effets concrets, mais la réaction qu'il y a à ce budget austéritaire,
02:29en particulier du côté des fonctionnaires,
02:31avec cette grande manifestation qui a eu lieu hier,
02:34dans toute la France, manifestation à l'appel de tous les syndicats de fonctionnaires
02:38et les trois corps de la fonction publique étaient représentés.
02:41Je ne dis pas de bêtises, c'est fonction publique hospitalière,
02:44fonction publique d'État et fonction publique des collectivités territoriales.
02:47Ils étaient tous là, et tous les syndicats étaient là,
02:50et ils étaient prêts à dire, le budget ça dégage,
02:53on en a marre que les salaires stagnent,
02:55et quand un salaire stagne, vu qu'il y a de l'inflation,
02:57en vérité c'est comme si les salaires descendaient,
03:00les fonctionnaires sont trop mal payés dans ce pays,
03:01ils sont toujours attaqués par les budgets successifs,
03:04et donc du coup dans la rue, hier, il y avait quand même 300 000 personnes,
03:07300 000 personnes selon la CGT, 200 000 selon la police,
03:10et si je ne dis pas de bêtises, j'ai les chiffres juste ici,
03:12on était à, non je ne sais plus les chiffres,
03:1570 000 selon la CGT à Paris, juste à Paris,
03:18et 30 000, dont 800 pompiers selon la préfecture.
03:21Donc c'est pas mal pour une manif de rentrée,
03:23où c'est vraiment les fonctionnaires qui allaient manifester,
03:25ça fait quand même des beaux chiffres.
03:27Oui, c'est une belle affluence, et comme tu l'as dit,
03:29on l'explique aussi par l'unité du front syndical en cette rentrée,
03:33ce n'est pas toujours le cas, donc c'est bienvenu,
03:35et ça explique beaucoup de choses évidemment,
03:37et puis ça s'explique aussi, encore une fois,
03:39par les annonces de Sébastien Lecornu,
03:41parce que dans les annonces de Sébastien Lecornu,
03:42qu'est-ce qu'on trouve ?
03:43Encore une fois, le gel du point d'indice des fonctionnaires,
03:46et il y a un papier dans l'Humanité, pour être corpo,
03:49de Naïm Saki, qui explique justement
03:51que les fonctionnaires ont perdu 15% de pouvoir d'achat en 10 ans,
03:55avec le gel continu du point de salaire,
03:58à l'exception de 2022 et 2023,
04:01mais bon, ça n'est pas augmenté de beaucoup,
04:03mais on voit une paupérisation absolue des fonctionnaires
04:06dans l'indifférence générale,
04:09et en plus une forme de provocation aussi de l'exécutif et du gouvernement
04:11en appelant les fonctionnaires à la responsabilité,
04:14en les appelant, d'une certaine façon,
04:17à accepter leur sort sans vraiment broncher,
04:19donc ça explique aussi beaucoup de choses.
04:21Il y a les questions salariales,
04:22il y a aussi les questions de conditions de travail,
04:26et notamment d'insalubrité,
04:27d'un certain nombre de locaux
04:29dans lesquels sont nichés les services publics,
04:30je pense notamment à l'éducation,
04:33aux différents établissements scolaires que tu connais,
04:35tu pourras peut-être nous en parler.
04:37Voilà, tout ça s'explique.
04:39Ces chiffres-là, ils ne sortent pas de nulle part,
04:41300 000 personnes, c'est beaucoup,
04:43et ça s'explique.
04:43Oui, c'est qu'il y en a vraiment marre,
04:45et puis vraiment, c'est tout le temps exactement la même chose.
04:48Il n'y a rien qui va,
04:49le prix de la vie augmente de manière démentielle,
04:51les salaires stagnent,
04:52c'est la merde, pour le dire simplement,
04:54et vraiment, les propositions des gouvernements,
04:55c'est tout le temps exactement la même chose.
04:58Oh là là, il y a trop de déficit,
04:59donc il va falloir réduire la dépense publique,
05:01sans toucher à la fiscalité des riches,
05:02c'est ce qu'on disait.
05:03Donc je te propose de rentrer un tout petit peu plus dans le détail,
05:05avant de passer à l'aspect manifestation.
05:07On a quelques petits extraits, d'ailleurs,
05:08de la manif, des images des pompiers,
05:10qui étaient très présents,
05:11et des images qui ont été beaucoup relayées dans les médias,
05:13assez impressionnantes.
05:13Les pompiers qui sont vraiment mobilisés,
05:15qui ont été acclamés,
05:16qui ont chanté des lourdes marseillaises places de la République.
05:19On a aussi Sophie Binet,
05:20qui se prononce un petit peu sur le mouvement social,
05:22qui appelle à le poursuivre.
05:23Et puis on a aussi des extraits d'hommes et de femmes politiques,
05:25alors c'est surtout des hommes politiques.
05:27Voilà, on a Jean-Luc Mélenchon, par exemple, au hasard,
05:28et aussi, au hasard, Fabien Roussel.
05:30Voilà, donc pas de jaloux à mettre Roussel et Mélenchon en manif.
05:33Il se trouve que les deux ont été basés sur ce coup-là,
05:35donc on va y aller, quoi.
05:37Mais du coup, oui, avant de passer à la manifestation,
05:40qu'est-ce qu'il y avait dans ce budget ?
05:41Qu'est-ce qu'il y avait dans le budget ?
05:42Il y avait surtout de la réduction de dépenses publiques.
05:43Tu l'as dit, alors à la base,
05:45enfin, tu l'as dit, on part sur 54 milliards d'économies.
05:4754 milliards d'économies sur un budget de l'État,
05:51c'est beaucoup, c'est plus que les réductions,
05:53plus que les économies des années précédentes.
05:55À la base, on parlait de 30 milliards d'économies,
05:57on était censés partir là-dessus,
05:58et le corps nu a dit, non, non, non,
05:59on va partir plutôt sur 54 milliards,
06:02et ces 54 milliards, comment ils sont répartis ?
06:04Alors, déjà, premièrement,
06:05ça, on va y aller assez vite,
06:05parce qu'il n'y a pas grand-chose à dire,
06:07pour faire des économies,
06:08il y a deux manières de faire des économies.
06:09Tu réduis la dépense publique,
06:11ça fait des économies,
06:11ou alors tu augmentes la fiscalité,
06:13plus de rentrées d'argent,
06:14ce qui fait qu'à la fin, il y a moins de déficit.
06:16Ça revient au même, en fait.
06:17Ça revient exactement au même.
06:18Et bien, comme prévu,
06:19ils ont décidé de ne absolument pas toucher
06:21à la fiscalité,
06:22et notamment la fiscalité des plus riches
06:24et des multinationales.
06:25Et même, au contraire,
06:26il y avait une surtaxe sur les grandes entreprises,
06:28souvenez-vous,
06:29sur les séquences budgétaires précédentes,
06:31vu que vraiment,
06:32il n'y avait pas de majorité absolue à l'Assemblée,
06:34il s'est obligé de faire un tout petit peu
06:35de compromis avec la gauche,
06:36y compris avec le PS,
06:37qui a décidé de ne pas censurer pour ça.
06:39Et donc, il y avait une surtaxe
06:40sur le profit des entreprises.
06:41Et bien, ils ont décidé de raboter cette surtaxe
06:43à hauteur de 3 milliards d'euros.
06:44Donc, voilà,
06:45ils décident d'alléger fiscalement
06:47à hauteur de 3 milliards d'euros
06:49les entreprises,
06:49les entreprises qui font des bénéfices records.
06:51On parle de,
06:52je crois que c'est pour le CAC 40,
06:54le total des dividendes
06:55qui ont été versés au trimestre dernier,
06:56on est à 60 milliards d'euros de dividendes.
06:58Voilà, donc ils font quand même
06:59un cadeau fiscaux de 3 milliards.
07:00On ne sait pas trop pourquoi.
07:03Le pacte d'Utreil,
07:04donc le pacte d'Utreil,
07:05c'est une niche fiscale
07:07qui permet en fait
07:07de vesquiller totalement
07:08les droits de succession
07:09sur les entreprises.
07:10C'est censé être pour les petites entreprises familiales,
07:12mais absolument tout le monde s'en sert.
07:13C'était un petit peu en débat.
07:15Est-ce qu'on pourrait réformer
07:15un peu le pacte d'Utreil
07:16pour aller chercher des milliards
07:17sur les successions
07:18des grandes entreprises ?
07:19Et au final,
07:20le corps nu et ses sbires ont dit
07:21non, c'est hors de question.
07:22Donc, voilà, côté fiscalité,
07:24il n'y a rien d'autre à dire.
07:25Ils n'ont absolument pas été chercher l'argent.
07:27Là, on pouvait aller le chercher.
07:27Au contraire,
07:28ils continuent à faire des petits cadeaux
07:30aux grandes entreprises
07:31et à épargner les plus riches.
07:32Oui, c'est ça.
07:32Puis, il est hors de question aussi
07:33d'aller taxer davantage l'héritage.
07:35Ça, c'est faux.
07:36Et même au contraire,
07:37ils vont alléger la fiscalité
07:38du côté des donations.
07:40Et ça, ça va profiter évidemment
07:41à la petite portion de plus riches
07:44parce qu'aujourd'hui, en France,
07:45les donations ne sont pas si taxées.
07:47Je crois que c'est à partir
07:48de 200 000 euros qu'on est taxé, je crois.
07:51Les donations, c'est tous les 10 ans
07:52100 000 euros par enfant.
07:53Oui, c'est ça.
07:54Par parent, si je ne fais pas de bêtises.
07:55Donc, en vrai, il y a de la marge.
07:56Des gens qui ont des donations
07:58de leurs parents,
07:59il y en a, c'est assez répandu en réalité.
08:01On vit de plus en plus
08:01dans ce qui ressemble
08:02à une société d'héritiers
08:03du 19e siècle.
08:04On va lire Thomas Piketty là-dessus.
08:06Mais alors, du coup,
08:07pour ceux qui bénéficieraient
08:08de l'augmentation de ce plafond,
08:09c'est vraiment une petite partie
08:10en vérité de ceux
08:10qui bénéficient d'une donation.
08:11La plupart, avec les 100 000 euros
08:13tous les 10 ans,
08:14ils sont vraiment, vraiment larges.
08:15Donc, effectivement,
08:15c'est vraiment axé
08:16sur une petite partie,
08:17y compris de ceux
08:18qui reçoivent des donations.
08:19C'est ça.
08:20Et dans le même temps,
08:22dans ce budget,
08:23tu le disais,
08:24on va toucher aux plus pauvres.
08:25Par contre,
08:26avec là aussi
08:27un certain nombre
08:27de mesures particulières,
08:30il y a notamment des efforts
08:30sur les arrêts maladie.
08:31Je crois que c'est à hauteur
08:32de 2 milliards.
08:34Alors, je ne sais pas
08:35si le mécanisme
08:36a exactement été expliqué,
08:37mais en tout cas,
08:38le grand principe a été annoncé.
08:40Je ne sais pas si tu veux
08:41en dire un mot.
08:42Oui, alors je n'ai pas trop
08:42été dans les détails,
08:43mais effectivement,
08:43c'est le chiffre que j'avais.
08:44Ils veulent économiser 2 milliards
08:45sur les arrêts de travail.
08:46Donc, en gros,
08:46c'est fliqué de plus en plus
08:48pour que les gens prennent
08:49le moins possible
08:50d'arrêts de travail
08:50et surtout,
08:51pour des arrêts de travail courts,
08:52dans certaines conditions,
08:53arrêter de les rembourser.
08:54Alors, ils ont déjà fait
08:55des politiques comme ça
08:56par le passé,
08:56mais ils veulent aller
08:57encore plus loin.
08:58En gros, les arrêts de travail,
08:59les travailleurs malades,
09:00ça coûte trop cher
09:01et ils veulent économiser
09:022 milliards là-dessus.
09:04Ils veulent économiser
09:042 milliards là-dessus,
09:05mais aussi 2 milliards
09:05sur le remboursement
09:06des transports sanitaires,
09:07des soins dentaires
09:08et des médicaments.
09:08Donc, au total,
09:09sur la santé des Français,
09:11ils veulent déjà économiser
09:114 milliards.
09:14Bon, c'est beaucoup, quoi.
09:15C'est beaucoup.
09:18dans les entreprises, quoi.
09:18Donc, vraiment,
09:19c'est hallucinant, quoi.
09:20Et attends, juste petit air à tout,
09:21mais j'ai dit tous les 10 ans
09:22pour les donations,
09:22c'est tous les 15 ans.
09:23Je me suis trompé.
09:23Merci, Jean-Just.
09:25Heureusement que vous êtes précis.
09:26Oui, merci le chat pour ça.
09:28Donc, oui, il y a ça,
09:29mais on peut faire, voilà,
09:31on peut faire un petit récapitulatif
09:34des baisses directes
09:35en termes du budget.
09:36Sur les retraites,
09:37comme tu disais,
09:37ils veulent aller chercher
09:386 milliards sur les retraites,
09:39mais c'est sur tous les retraités.
09:41Voilà, notamment en gelant,
09:43justement, un peu comme
09:44le gel du pont d'indice
09:45des fonctionnaires,
09:45ils veulent geler les retraites,
09:46ne pas les indexer sur l'inflation,
09:47ce qui fait que quand tu as
09:48une bonne retraite,
09:50en vrai, ça va,
09:51c'est assez absorbable.
09:52Quand tu es au minimum vieillesse,
09:53du coup, ça fait que tu t'appauvris
09:54de manière assez conséquente, quoi.
09:57Donc, voilà, les 6 milliards,
09:58ce n'est pas sur les retraites aisées,
09:59c'est sur toutes les retraites.
10:00Donc, vraiment, du coup,
10:01c'est une mesure de droite
10:02qui appauvrit principalement
10:03les plus précaires.
10:04Donc, 6 milliards par rapport à ça.
10:05Ils veulent baisser de 2,5 milliards
10:07le budget du ministère du Travail.
10:09Donc, a priori,
10:10ça va se répercuter plutôt
10:12sur les travailleurs.
10:13Et on a aussi l'Agence
10:14de la transition écologique.
10:15Voilà, ils rabotent
10:16à hauteur de 300 millions d'euros,
10:17sachant que c'est déjà
10:18un petit budget.
10:19Donc, l'écologie, toujours,
10:20c'est ce qui part quasiment en premier.
10:21Et aussi, quelque chose
10:22qui est peut-être plus
10:22de l'ordre du symbolique,
10:2347 millions en mois
10:24pour l'audiovisuel public,
10:25ce qui est, en vérité,
10:26une réponse à l'appel de pied
10:27de l'extrême droite
10:28des Charles-Alonc et compagnie
10:29qui veulent privatiser
10:30l'audiovisuel public.
10:31Oui, c'est ça.
10:31C'est ça.
10:32Et la liste, elle est interminable,
10:34parce que c'est vrai
10:34qu'on pourrait passer,
10:35je pense, la journée
10:35à énumérer les différents
10:37postes d'économie prévus.
10:40Mais, par exemple,
10:40on peut citer aussi
10:41100 millions de coupes
10:42avec la réforme
10:43des ruptures conventionnelles aussi,
10:44qui va toucher
10:45les travailleurs
10:47qui aspirent à sortir
10:49d'un environnement
10:50parfois toxique au travail.
10:51Mais bon, là,
10:52ils seront empêchés.
10:54Il y a aussi un recentrage
10:55qui est prévu
10:55de l'allocation
10:56de rentrée scolaire.
10:57Alors, ça, ça n'a pas été
10:58clairement explicité.
10:59Mais bon, on peut imaginer
11:00que ça va faire forcément
11:01là aussi,
11:02comme on dit,
11:02les familles les plus précaires.
11:05Il faut dire qu'il y en a marre
11:06que les pauvres achètent
11:07des écrans plats
11:08avec leurs allocations
11:09de rentrée scolaire.
11:10C'est ça.
11:10Normalement, c'est bon,
11:10ça va 5 minutes, ça.
11:12Et puis, il y a le gel aussi
11:13des APL,
11:14parce qu'on avait parlé
11:15en 2017
11:17de la baisse de 5 euros.
11:18Ensuite, il y a eu
11:20toute une série de gels
11:21des APL,
11:22donc les aides au logement,
11:23dont bénéficient
11:24en particulier
11:25les étudiants.
11:26Pas seulement, d'ailleurs,
11:27mais en particulier.
11:29Là, il va y avoir
11:30un nouveau gel,
11:31alors que les étudiants
11:33n'ont jamais,
11:33enfin les jeunes,
11:34en général,
11:35n'ont jamais été
11:36aussi précaires,
11:37aussi pauvres.
11:37On le voit
11:37dans les files d'attente,
11:38parfois,
11:40dans les distributions alimentaires.
11:42Les loyers explosent,
11:44augmentent.
11:45La limitation de l'explosion
11:47des loyers,
11:47évidemment,
11:48ne fonctionne pas.
11:49Et puis, en plus,
11:50encore plus cynique,
11:50je crois que c'était l'UNEF
11:51qui le rappelait,
11:52les loyers du CRUS augmentent.
11:54Donc, en fait,
11:54on a un État
11:55qui bloque les aides,
11:57mais par contre,
11:58qui ne bloque pas
11:58l'augmentation des loyers
11:59de ses propres établissements.
12:00Donc, voilà,
12:01on est face à un budget
12:03parfaitement cynique.
12:04Oui, de fou.
12:05Sur les APL et le logement,
12:06c'est intéressant
12:06parce qu'il y a un argument
12:07qui est plutôt un argument de droite,
12:08mais qui n'est pas, en vrai,
12:09qui n'est pas un argument idiot.
12:10c'est de dire
12:11les APL,
12:12c'est de l'argent public
12:12qui aide à financer le logement.
12:14Le problème,
12:14c'est que ça peut participer
12:16à une augmentation
12:16du prix des loyers
12:17parce que les propriétaires,
12:18ils se disent,
12:18bon, les gens peuvent avoir
12:19des APL,
12:20du coup,
12:20je vais ajuster mon loyer
12:22par rapport à ça
12:22et on peut même,
12:23on peut presque considérer ça
12:25comme un transfert
12:26d'argent public
12:27vers la poche
12:28des propriétaires immobiliers
12:29qui font du locatif.
12:30Donc, c'est un argument
12:31qui n'est pas totalement idiot,
12:32mais à ce moment-là,
12:32s'ils étaient conséquents,
12:34ce qu'il faudrait,
12:35c'est geler les APL,
12:35ok,
12:36mais on gèle aussi
12:37les loyers.
12:38Et là, ok, d'accord,
12:39les loyers n'augmentent pas,
12:40les APL sont gelés,
12:41ça veut dire qu'on va limiter,
12:42en gros,
12:44on va ajuster un petit peu
12:45pour limiter la part
12:46du salaire des Français
12:47qui part dans le logement.
12:48Ok, mais là,
12:49c'est pas le cas.
12:49À partir du moment
12:49où tu gèles les APL
12:50sans toucher au loyer,
12:51c'est vraiment
12:52un approvisionnement des Français
12:53et encore une fois,
12:54des Français les plus précaires.
12:55J'ai une petite infographie
12:56qui est juste là,
12:58voilà,
12:58de Alternatives économiques
12:59qui fait du très, très bon travail
13:00sur toutes les questions économiques.
13:02En gros,
13:05c'est les plus pauvres,
13:06puis après les 10% suivants,
13:07les 10% suivants.
13:08À droite, c'est les riches,
13:09à gauche, c'est les pauvres.
13:10Donc, ça veut dire
13:11que parmi les 10% des Français
13:12les plus pauvres,
13:1254% touchent des APL
13:14et parmi les 10% des Français
13:15les plus riches,
13:16seulement 1,4%.
13:17Et quand on regarde,
13:18là, à partir du 6e décile,
13:20en gros,
13:20pour les 50% des Français
13:22les plus aisés,
13:23c'est maximum,
13:23grand max,
13:245% des Français
13:25qui bénéficient d'APL
13:26alors que dès qu'on va
13:27chez les 20,
13:2830% des plus pauvres,
13:30c'est beaucoup de Français
13:31qui touchent les APL.
13:32Donc, geler les APL,
13:34c'est vraiment
13:34s'en prendre
13:35au plus précaire,
13:36au plus pauvre.
13:36Et plus on est pauvre,
13:38plus on subit ce gel des APL.
13:39C'est ça, vraiment,
13:40c'est proportionnel.
13:41Complètement.
13:41J'en parlais avec le président
13:42de la Confédération nationale
13:43du logement.
13:44Il me disait,
13:44mais pour exemple,
13:45par exemple,
13:46il me disait,
13:46vous prenez un foyer
13:47où c'est un couple.
13:49Imaginons un couple,
13:50chacun gagne le SMIC,
13:51vous n'aurez pas le droit
13:52aux APL
13:53parce que limite,
13:53vous gagnez trop.
13:54Donc, ça explique aussi,
13:55ça montre un petit peu
13:56quel public est visé
13:58par cette réforme
13:59et va en bâtir.
14:01Et puis, il y a un autre point aussi,
14:02je ne sais pas si tu avais prévu
14:03d'en parler,
14:04mais sur les étrangers,
14:05notamment avec une carence
14:08pour certaines prestations
14:09prévues par les étrangers.
14:10Et ça, ça permettrait
14:11d'économiser des milliards,
14:13mais surtout qui mettrait
14:14dans une situation
14:15de grande difficulté
14:16un certain nombre de personnes.
14:18Alors là, il va falloir
14:18voir la réaction de la gauche,
14:20évidemment.
14:20Alors, elle a déjà
14:22largement réagi
14:23et ça a motivé aussi
14:25certaines formations
14:26à vouloir censurer
14:27le gouvernement.
14:28Et puis, si ça passe,
14:29il va falloir aussi surveiller...
14:29C'est une formation,
14:30c'est pas sur le PS ?
14:31Tu pourrais censurer
14:32pour cette raison ?
14:32Oui, oui, oui.
14:33Boris Vallot a dit
14:34qu'il y avait quand même
14:35de grandes chances.
14:36Donc, Boris Vallot
14:36qui est président du groupe PS...
14:38On parlera un petit peu plus tard.
14:39On parlera un petit peu plus tard.
14:39Censure, dissolution,
14:40on finira là-dessus.
14:41Voilà.
14:41Mais oui,
14:42et donc je disais,
14:42il va falloir aussi
14:43aller surveiller ensuite
14:44du côté du Conseil constitutionnel
14:46si ça passe,
14:46parce que c'est une mesure
14:49assez fragile juridiquement,
14:51comme on a pu le voir
14:52notamment à l'époque
14:52de la loi immigration,
14:54parce que ça avait déjà été tenté,
14:59et puis c'est la logique
14:59de la préférence nationale
15:00qui est la grande mesure phare
15:02du RN et du FN
15:03avant le Rassemblement national
15:03depuis toujours quasiment.
15:05C'est-à-dire que des Français,
15:06enfin pas des Français,
15:07mais des gens qui sont en France
15:08en situation régulière par ailleurs,
15:09qui travaillent en France,
15:10qui participent à l'État
15:11via leur cotisation par le travail,
15:13via leur consommation via la TVA,
15:15eh bien,
15:16ils n'ont pas certaines prestations de l'État,
15:17alors qu'ils cotisent
15:18tout autant qu'un Français
15:19que pour l'État.
15:19Donc c'est vraiment
15:20une mesure d'injustice sociale
15:21et une mesure raciste et xénophobe.
15:23C'est le principe
15:24de la préférence nationale
15:26et c'est le grand principe
15:27défendu par l'extrême droite
15:28depuis tout le temps.
15:28Donc on peut analyser ça
15:29et on va utiliser précisément ça.
15:31C'est aussi une réponse,
15:33encore une fois,
15:33pour changer,
15:34de Sébastien Lecornu,
15:35des Macronistes
15:36et de l'extrême centre
15:37aux appels de pieds
15:37de l'extrême droite.
15:38Ils essaient de se les mettre
15:39un peu dans la poche
15:40en faisant passer
15:40deux, trois petites mesures
15:41d'extrême droite
15:41pour le RN,
15:42pour tenter aussi
15:43de vesquiller la censure
15:44et parce que c'est totalement
15:45compatible avec leur vision
15:46du monde de droite.
15:47On rappelle que dans l'extrême droite,
15:48il y a droite.
15:48Bon,
15:49parce que c'est les deux faces
15:50d'une même pièce,
15:50c'est plus complexe que ça
15:52mais quand même,
15:52ils sont un peu cousins
15:53sur les bords.
15:55Complètement.
15:56Alors on va atterrir
15:56sur la manif.
16:00Dernière petite chose avant.
16:01Histoire d'être un peu précis
16:02sur ce budget
16:03et d'où vient
16:04ces 54 milliards d'économies.
16:06Là, on a fait
16:06toute une liste d'économies.
16:07On n'arrive pas à 54 milliards
16:08mais parce que le grand principe
16:09qui anime ce budget
16:10et en termes de réduction
16:12de la dépense,
16:12c'est plutôt ça
16:13qui va faire les chiffres.
16:15C'est tout simplement
16:16le gel du budget de l'État.
16:17De la même manière
16:17qu'il y a le gel du point d'indice
16:18des fonctionnaires,
16:20le gel des APL,
16:20ce genre de choses,
16:21ils veulent dire
16:21on gèle le budget de l'État
16:23et ça en fait,
16:23c'est de la politique d'austérité
16:25alors que ce n'est pas
16:25une réduction à proprement parler.
16:27Bon, je n'ai pas été très précis
16:28sur l'histoire de 54 milliards
16:29mais peu importe.
16:29En gros, il y a à peu près
16:302% d'inflation en 2026
16:33et en 2027,
16:33ça risque d'être
16:34à peu près la même chose.
16:35Et donc si tu gèles
16:36le budget de l'État,
16:36ça veut dire que c'est une baisse
16:38en réalité concrète
16:39des budgets de tous les ministères
16:41sans exception.
16:42Et donc ça en fait,
16:43pour avoir la philosophie
16:45austéritaire de ce budget,
16:45il faut bien comprendre
16:46qu'à la racine de tout ça,
16:47déjà il y a la logique
16:48de gel du budget de l'État
16:49qui est de fait
16:50une baisse de toutes les dépenses
16:52de l'État
16:53de manière générale.
16:54Donc je voulais finir
16:55un peu là-dessus.
16:55Maintenant oui,
16:56on peut passer à la manif
16:57et surtout aux fonctionnaires
16:59qui sont du coup
17:00parmi les premiers perdants
17:01aussi de ce budget.
17:02Et je rebondis,
17:03tu parlais de l'État.
17:05On ne passe pas à la manif
17:06tout de suite.
17:08Rapidement,
17:09je fais une petite parenthèse
17:09mais ça me fait penser
17:10aux collectivités
17:11parce que les collectivités
17:12sont un pilier aussi
17:14des pouvoirs publics,
17:15de l'action publique
17:15plutôt en France.
17:17Et puis là aussi,
17:18il va y avoir des coupes.
17:19Et là où c'est intéressant,
17:20c'est que Sébastien Lecornu,
17:21il a soigné sa communication
17:23vis-à-vis des collectivités
17:24en fait en disant
17:25voilà ce qui va vous rester
17:26plutôt que voilà
17:27ce qu'on va vous enlever.
17:28En fait,
17:28il a annoncé notamment
17:29une progression.
17:30Alors je cite,
17:30une progression des ressources
17:31au niveau de l'inflation.
17:34Donc ça serait réévalué
17:35à 1,8%.
17:36Ce n'est pas grand-chose
17:37mais bon,
17:37au moins il a communiqué là-dessus
17:38en espérant contenter les élus.
17:41Sauf que quand on gratte
17:42un tout petit peu le vernis
17:44et il y a un papier
17:46sur le site de l'Humanité
17:46de Stéphane Guérard
17:47donc je vous conseille
17:48d'aller le lire
17:49qui explique que voilà
17:50derrière on voit des coupes
17:51notamment du côté
17:52de la transition écologique
17:54avec le gel immédiat
17:56qui a été décrété cet été
17:57mais qui va faire partie
17:58de ce budget-là
17:59de 40 millions de crédits
18:00pour rénover
18:01les bâtiments scolaires
18:02alors que ça fait partie
18:03quand même des motifs
18:04de mobilisation des lycées
18:05notamment,
18:06pas seulement
18:06mais on sait que dans les écoles
18:08c'est des passoires thermiques
18:10absolues
18:10on l'a vu cet été
18:12avec la canicule
18:13et puis en plus
18:15la suppression
18:16notamment de 160 millions d'euros
18:17du fonds vert
18:18qui aide les collectivités
18:20dans la transition écologique
18:21et puis on peut même ajouter
18:23500 millions
18:24du côté des régions
18:27alors que c'est censé soutenir
18:28la formation professionnelle.
18:29Bref,
18:30il y a des coupes un peu
18:31à tous les étages
18:31mais malgré tout
18:32la communication du gouvernement
18:33c'est non,
18:34on ne va pas tant vous déshabiller
18:35alors que les collectivités
18:37sont largement,
18:37largement,
18:38largement habituées
18:38malheureusement
18:39à compenser
18:39les coupes de l'État.
18:41Et oui,
18:41après de toute façon
18:42c'est un peu tout le truc
18:42on ne parle que du budget de l'État
18:43mais le budget de l'État
18:44est lié au budget de la sécurité sociale
18:46notamment avec ces fameux
18:47versements de la TVA
18:48vers la Sécu
18:49alors que c'est censé financer l'État
18:50et pareil en fait
18:51le budget de l'État
18:52et des collectivités territoriales
18:53est intimement lié
18:54au budget de l'État
18:55parce qu'en fait
18:55pour beaucoup
18:56c'est l'État
18:57qui fait des versements
18:58aux collectivités territoriales.
18:59Donc quand tu fais des coupes
19:00dans le budget de l'État
19:00ça se répercute
19:01à la fois sur la Sécu
19:02et à la fois sur les collectivités territoriales.
19:04Je fais une petite correction
19:06parce que j'ai été moi aussi
19:07là imprécis.
19:08Sur la formation professionnelle
19:09et du côté des régions
19:10en fait c'est 500 millions d'euros
19:11qui ont été ajoutés
19:12mais ça se passe
19:14après avoir enlevé
19:16un demi milliard
19:17l'an passé.
19:18Donc en fait
19:19il n'y a pas
19:20une progression des ressources
19:22comme le Cornu l'annonce.
19:24Là pour le coup
19:24on est sur une balance à égalité
19:25mais malgré tout
19:26on est sur de l'austérité
19:28quand on prend
19:29toutes les années à venir
19:30et qu'on fait
19:31toutes les années passées
19:32et qu'on fait le bilan
19:33de l'action Macron.
19:34De toute façon
19:34en vrai justement
19:35on va passer
19:36à cette fameuse manifestation
19:37et aux fonctionnaires
19:39tous ceux qui travaillent
19:39dans la fonction publique
19:40typiquement
19:41ils se rendent compte très bien
19:42que leur salaire baisse
19:43enfin leur pouvoir d'achat
19:44baisse en tout cas
19:44à minima
19:46et que leurs conditions de travail
19:47sont mauvaises
19:48et qu'ils ne sont absolument pas
19:49chouchoutés par le gouvernement
19:50contrairement à ce qu'ils veulent
19:51parfois tenter de dire.
19:54Et donc effectivement
19:56la grande mesure
19:57qui fait que les fonctionnaires
19:58étaient dans la rue hier
19:59on en a déjà parlé
20:00mais c'est quand même
20:01effectivement
20:01le gel du point d'indice
20:03pour la troisième année consécutive
20:05alors on pourrait se dire
20:05ah c'est la troisième année consécutive
20:06mais c'est bien pire que ça
20:07parce qu'en fait
20:08de 2010 à 2016
20:09puis de 2017 à 2022
20:11il y avait déjà
20:11un gel du point d'indice
20:13donc bon
20:14en fait il y a eu deux années
20:15depuis 2010 à peu près
20:15où le point d'indice
20:17a été dégelé
20:18donc le point d'indice
20:19en gros c'est le
20:19c'est le barème qui s'applique
20:21pour calculer les salaires
20:21des fonctionnaires
20:22ce qui veut dire que
20:23sur une quinzaine d'années
20:24les salaires des fonctionnaires
20:25ont stagné
20:26sauf qu'en une quinzaine d'années
20:27le prix de la vie a augmenté
20:29bon déjà par rapport au carburant
20:30ok
20:31même quand on regarde
20:32tout simplement l'inflation
20:32en une quinzaine d'années
20:33si on a 2-3% d'inflation
20:354% d'inflation moyenne
20:36en 15 ans
20:37ça fait vite une augmentation
20:38de je sais pas
20:3950% quelque chose comme ça
20:4050% du prix du coût de la vie
20:42en une quinzaine d'années
20:44sachant que les salaires
20:44des fonctionnaires
20:45ont stagné
20:45pendant tout ce temps là
20:46c'est vraiment une précarisation
20:49de tous les fonctionnaires
20:50et en particulier
20:50comme pour les APL
20:51comme pour absolument
20:52tous les sujets
20:52pour les fonctionnaires
20:54les plus précaires
20:55ceux qui sont payés
20:55à peu près au SMIC
20:56et bien aujourd'hui
20:57il y a certains fonctionnaires
20:58vu comment le point d'indice
20:59est bas
21:00qui en réalité
21:01sont quasiment payés
21:01moins que le SMIC
21:02en termes de SMIC horaire
21:04ce qui est quand même fou
21:05parce que le SMIC
21:05est censé être un salaire minimal
21:06et déjà vivre avec un SMIC
21:08en France
21:08dans la France de Macron
21:10en BIC 2026
21:10c'est déjà une grosse galère
21:12donc pour les fonctionnaires
21:13de la fonction publique
21:15territoriale
21:15ou ceux qui sont vraiment
21:17qui font des métiers
21:18qui sont pas très bien payés
21:18ça devient vraiment
21:19très très précaire
21:20même si le statut de fonctionnaire
21:22a la réputation
21:23où ça va
21:23c'est mieux qu'être salarié
21:24il y a la sécurité de l'emploi
21:25ouais bon bah
21:25quand t'es payé moins que le SMIC
21:26laisse tomber quoi
21:27c'est un enfer
21:28ouais puis on en revient
21:29à cette donnée là
21:29des fonctionnaires
21:30qui ont perdu 15%
21:31de pouvoir d'achat
21:31en 10 ans déjà
21:33ça me dit quelque chose
21:34et puis ça se répercute
21:35forcément sur une forme
21:37de malaise
21:38en tout cas
21:38sur les conditions
21:39sur comment on vit
21:40nos missions
21:41et puis comment on se sent
21:42bien ou pas au travail
21:43et d'ailleurs là aussi
21:44il y a une donnée
21:45qui est plutôt parlante
21:47la part des fonctionnaires
21:48absents au moins un jour
21:49pour raison de santé
21:50durant la semaine de référence
21:52est désormais similaire
21:53à ceux du secteur privé
21:54alors que
21:54normalement le malaise au travail
21:55est bien plus important
21:56dans le secteur privé
21:57mais voilà
21:57le secteur public
21:58depuis quelques temps
22:00est en train de rattraper
22:01ce retard
22:03et c'est malheureux
22:04ouais
22:04c'est fou ça quand même
22:05mais après en fait
22:06tout ça c'est aussi lié
22:07à ces
22:08moi ça me fait penser
22:09à ces histoires
22:10de new public management
22:10dont on parle assez souvent
22:11donc c'était des méthodes
22:12de management
22:13de la fonction publique
22:14qui a été mis en place
22:15par Margaret Thatcher
22:16au Royaume-Uni
22:16au début des années 80
22:18en fait c'est cette logique
22:19qu'il faut gérer
22:20les fonctionnaires
22:21comme on fait dans le privé
22:22il faut qu'il n'y ait
22:23aucune différence
22:24et donc effectivement
22:24là on est en train
22:25d'arriver au bout
22:25de ce chemin là
22:26c'est à dire que
22:27le mal être au travail
22:28comme tu viens très bien
22:29de le dire
22:29des fonctionnaires
22:30c'est pareil que dans le privé
22:31au final
22:32donc c'est une espèce
22:33de discours de droite
22:33qui consiste à dire
22:34qu'en fait
22:35ça va les fonctionnaires
22:35ils sont bien tranquilles
22:37ça va ils ont la sécurité
22:38de l'emploi
22:38ils sont payés
22:40à rien foutre
22:41de leur journée
22:41je sais pas quoi
22:42quand tu regardes les faits
22:43c'est absolument faux
22:44aujourd'hui être fonctionnaire
22:45ou travailler dans le privé
22:46en fait c'est la même chose
22:47et c'est normal
22:48parce qu'en fait
22:48tout ça c'est des travailleurs
22:49exploités finalement
22:51en vrai ça sert à rien
22:52d'y passer par quatre chemins
22:53oui et puis les français
22:54ne s'y trompent pas aussi
22:55parce qu'on parle de ceux
22:56qui sont déjà fonctionnaires
22:57mais ceux qui pourraient
22:59vouloir l'être
23:00bien souvent
23:02n'y vont pas
23:03parce qu'en fait
23:03ils savent très bien
23:04que les conditions de travail
23:06sont absolument déplorables
23:07et d'ailleurs
23:08je crois que c'est 11%
23:09des postes
23:10proposés en concours
23:11qui ne sont pas
23:12qui ne sont pas pourvus
23:13parce que justement
23:13il n'y a pas assez de candidats
23:14donc voilà
23:15chez les profs
23:16moi j'en sais quelque chose
23:17j'ai des profs de maths
23:17maths et français
23:18juste ils n'arrivent pas
23:19à avoir des profs
23:20point à la ligne quoi
23:20c'est ça
23:21et d'ailleurs c'est ce que disent
23:22les lycéens aussi
23:23on en parlera
23:24on en parlera tout à l'heure
23:25mais on voit que
23:26derrière cette austérité
23:27qui n'est pas qu'un slogan
23:28il y a tout un effet
23:29en chaîne
23:30tout un effet en cascade
23:31et c'est d'ailleurs
23:32ce qu'a dit Sophie Binet
23:34à la manifestation
23:35tout à fait
23:35très bien
23:36on va pouvoir enchaîner
23:36sur cet extrait
23:37alors pareil
23:37dans les résolutions
23:38qu'on a eues de début d'année
23:39on s'est rendu compte
23:40après un an de ribaud dans l'humain
23:41que quand même
23:42les moments qu'on préférait nous
23:44en stream
23:44qu'on trouvait être
23:45les plus intéressants
23:46c'était pas les moments de React
23:47parce que React à deux
23:48sur un plateau comme ça
23:48c'est pas là où on est
23:49le plus à l'aise
23:50je trouve que c'est pas
23:50le plus intéressant
23:51donc essayer de moins fonctionner
23:52par réaction de petits extraits
23:54qu'on a mis de côté
23:54et vraiment essayer de discuter
23:56au maximum
23:56et de faire ça sous forme
23:57de discussion
23:58bon là ça reste assez technique
23:59parce qu'on parle du budget
24:00et c'est un sujet un peu technique
24:01voilà dans la deuxième partie
24:02enfin sur la fin
24:04ça serait peut-être
24:04un petit peu plus de la discussion
24:05et on réfléchira notamment
24:06où est-ce qu'on va
24:07avec ce mouvement social
24:08est-ce que c'est pas le début
24:09d'un automne social
24:13inflammable
24:14ça c'est ce qu'on verra après
24:15et on essaiera d'en discuter
24:16peut-être un peu plus
24:16avec vous le chat
24:17mais avant on va quand même regarder
24:18effectivement Sophie Binet
24:19qui était là
24:20et qui parle de la mobilisation
24:22d'hier du 29
24:23on rappelle 300 000
24:24on va reprendre les chiffres
24:25de la CGT
24:25les chiffres de la préfecture
24:26et de la police
24:26nous on s'en fout
24:27on est de gauche
24:28donc on prend les chiffres
24:29de la CGT
24:30300 000 personnes
24:31ont manifesté hier
24:32c'est beaucoup
24:32dans 70 000 à Paris
24:33et 800 pompiers
24:34dans le cortège parisien
24:35donc c'est vraiment
24:36vraiment bien
24:36pour ce genre de manifestation
24:37voyons ce que Sophie Binet
24:39secrétaire nationale
24:40c'est général ou national ?
24:41nationale je crois
24:42secrétaire nationale
24:43de la CGT
24:44avait à dire
24:45bon c'est la chef de la CGT
24:46vous la connaissez
24:46le gouvernement a 48 heures
24:48pour revoir en profondeur
24:51son projet de budget
24:52général d'accord
24:52premièrement
24:53il n'est pas question
24:54que dans ce budget
24:55il baisse le salaire
24:57des fonctionnaires
24:58le salaire des agents publics
25:00doit augmenter
25:01qui était au front cet été ?
25:04les pompiers
25:04les hospitaliers
25:06pendant qu'Emmanuel Macron
25:07était sur son jet ski
25:08pas possible
25:09qu'ils soient remerciés
25:11avec une baisse
25:11de leur salaire
25:12alors que depuis 10 ans
25:13avec le gel du point d'indice
25:15les salaires des fonctionnaires
25:16ont déjà baissé
25:17de 20%
25:18deuxième chose
25:19il faut des moyens
25:21pour nos services publics
25:22il faut des moyens
25:23pour les lycées
25:24les universités
25:25nos hôpitaux
25:26il faut des moyens
25:27on voit déjà un peu
25:28de convergence des luttes
25:29entre les manifs lycéennes
25:30et la manif d'hier
25:31même dans la bouche
25:31de Sophie Binet
25:32secrétaire générale
25:33du coup et pas nationale
25:34de la CGT
25:34effectivement
25:35on sent que c'est en train
25:37de se fissurer
25:37on sent qu'il y a
25:38une colère qui monte
25:40et c'est pas uniquement
25:40les fonctionnaires
25:41et y compris Sophie Binet
25:42dans son discours
25:43elle parle des lycées
25:44et c'est bien normal
25:45il y a un peu de convergence
25:46des luttes finalement
25:46et puis surtout les lycées
25:48on voit que les profs
25:50sont aussi parfois
25:51souvent aux côtés
25:52des élèves
25:54et l'école
25:54c'est un service public
25:55donc du coup
25:55les deux se rejoignent
25:56de manière assez naturelle
25:57pour préparer l'avenir
25:58pour anticiper
26:00et lutter contre
26:00le réchauffement climatique
26:02pour éviter
26:02qu'on revive un été
26:04comme celui
26:04que nous avons déjà vécu
26:06et j'adresse une alerte
26:08très claire
26:08au gouvernement
26:09pas question
26:10qu'il fasse
26:11encore une fois
26:12les poches
26:13des travailleurs
26:13et des travailleuses
26:14pas question
26:15qu'encore une fois
26:16on impose
26:17des reculs
26:18aux retraités
26:19aux locataires
26:20aux fonctionnaires
26:21aux familles
26:21aux travailleurs
26:22et aux travailleuses
26:23il faut prendre l'argent
26:25là où il est
26:26dans les poches
26:26des milliardaires
26:27et dans les poches
26:28des grandes entreprises
26:29c'est vrai ça
26:35moi j'aime bien
26:35quand ils font des ultimatums
26:36comme ça en manif
26:37ça me fait toujours
26:37assez plaisir
26:38mais sinon quoi
26:39sinon c'est la grève générale
26:41allez on go
26:42et bien sinon
26:43nous prendrons
26:44toutes nos responsabilités
26:45jusqu'à ce que
26:46nos revendications
26:47soient entendues
26:51bien sûr
26:52la mobilisation
26:52doit continuer
26:53jusqu'à ce que
26:54nos revendications
26:55soient entendues
26:56c'est pas possible
26:57qu'en France
26:58les fonctionnaires
26:59aient 20%
27:00de baisse
27:00de pouvoir d'achat
27:01en 10 ans
27:02de macronisme
27:03qui était au front
27:04cet été
27:04pour sauver des vies
27:05c'est les pompiers
27:06les soignantes
27:07et les soignants
27:07les fonctionnaires
27:08pendant qu'Emmanuel Macron
27:09pavanait sur son jet ski
27:10et voilà comment on les remercie
27:12en baissant leur salaire
27:13aujourd'hui
27:14nous attendons
27:15un geste clair
27:16et fort du gouvernement
27:17il faut augmenter
27:19les salaires
27:20des fonctionnaires
27:20il faut des moyens
27:22pour nos services publics
27:23et il faut renoncer
27:25à tous les reculs
27:26que le gouvernement
27:27veut imposer
27:27aux travailleurs
27:28et aux travailleuses
27:29dans ce budget
27:31ce projet de budget
27:32du gouvernement
27:33est dangereux
27:34il nous mène
27:35à 200 km heure
27:36dans le mur
27:36de la récession
27:37il ne prépare pas
27:38les enjeux d'avenir
27:39et donc oui
27:41nous resterons mobilisés
27:42tant que ce budget
27:43n'aura pas été modifié
27:45en profondeur
27:45il faut arrêter
27:46de se moquer du monde
27:47ce budget est dangereux
27:49pour le pays
27:49le message
27:50de la mobilisation
27:52doit être entendue
27:53bon let's go
27:54voilà
27:55simple, efficace
27:56droite au but
27:57très bien
27:58très bien
27:58alors quand même
27:59je la trouve un peu
27:59de mauvaise foi
28:00par contre Sophie Minet
28:00il faut que je le dise
28:01elle dit oui
28:02c'est pas un budget
28:02qui prépare l'avenir
28:03Macron a dit exactement
28:04le contraire jeudi soir
28:05parce qu'il y a une augmentation
28:06du budget de l'armée
28:07et Macron il explique bien
28:08qu'en fait
28:09bah ouais
28:09c'est une saignée
28:10c'est un peu compliqué
28:11pour les français
28:12l'essence est hors de prix
28:13on peut plus vivre
28:14mais en fait
28:15il augmente le budget de l'armée
28:15et c'est comme ça
28:16qu'on doit se préparer
28:17à l'avenir
28:22d'ignement quoi
28:23non non non
28:23on s'en fiche
28:24c'est la guerre
28:27non mais ce qui est intéressant
28:27dans le discours
28:28de Sophie Minet
28:29c'est qu'il y a vraiment
28:30cette volonté
28:30de créer des convergences
28:31alors évidemment
28:31c'est pas nouveau
28:32mais malgré tout
28:33il y a une façon
28:34de faire dialoguer
28:36disons les différentes situations
28:37que ce soit
28:38les fonctionnaires
28:39de tel ou tel secteur
28:41mais aussi les conditions
28:42des services publics
28:44tout simplement
28:45parce que par exemple
28:45si on parle de
28:46tu disais tout à l'heure
28:47il y a des convergences
28:48notamment avec les lycéens
28:49si on met d'un côté
28:51ce qui se passe
28:52dans les établissements scolaires
28:54que ce soit en termes
28:54de conditions de travail
28:55que ce soit en termes
28:56d'insalubrité des établissements
28:57et de l'autre côté
28:58même chose
28:59du côté des hôpitaux
29:00des maternités etc
29:01en fait on est face
29:02à la même situation
29:03et c'est à dire que par exemple
29:05là on entendait à Saint-Denis
29:06mais pas seulement
29:07un peu partout en France
29:09des élèves qui se plaignaient
29:10de conditions indignes
29:12avec de l'eau parfois
29:14qui n'est pas potable
29:15c'est à bagnolet je pense
29:16c'est à bagnolet exactement
29:18mais aussi voilà
29:19des passoires thermiques etc
29:20dans les hôpitaux
29:21c'était un syndicat
29:23qui le disait
29:23dans l'Humain encore hier
29:2560% des hôpitaux
29:27sont considérés
29:29comme vétustes
29:30donc voilà
29:31en fait on est face
29:31à une ruine absolue
29:33du secteur public
29:35et des fonctionnaires
29:36aussi dans le même temps
29:36et donc d'où cet appel
29:38à la mobilisation générale
29:39qui a l'air d'être
29:40d'être entendu
29:41et ce qui est intéressant
29:42c'est de se poser la question
29:43aussi de la suite
29:44parce que là on le disait
29:44plus de 300 000 personnes
29:45dans toute la France
29:46c'était le premier appel
29:48on est fin septembre
29:50voilà
29:51qu'est-ce que ça va être
29:52dans les mois à venir
29:53parce que
29:54évidemment
29:55à ce cortège là
29:56de fonctionnaires
29:57peut se greffer
29:57tout un certain nombre
29:58de citoyens
29:59qu'ils soient
30:00des usagers
30:00des services publics
30:01ou simplement
30:02des citoyens
30:03au-delà de ça
30:04en colère
30:04parce que leur pouvoir d'achat
30:06est grévé
30:07et que d'autres sont épargnés
30:09et on peut peut-être
30:10même se poser la question
30:10est-ce que les salariés
30:11du privé
30:12vont finir par se joindre
30:13dans un mouvement
30:13de manière générale
30:14qui serait juste
30:15contre la vie chère
30:16contre l'augmentation
30:16du prix de l'assurance
30:17etc
30:18c'est pas forcément impossible
30:19en tout cas ça pose
30:20une fondation
30:21ça pose une base
30:21pour cette rentrée sociale
30:23et il y a quand même
30:23cette date du 17 octobre
30:25avec les gilets jaunes
30:25bon on sait pas exactement
30:26comment ça va se passer
30:27mais il y a une petite rumeur
30:28quand même là
30:28en France
30:29il y a un ras-le-bol qui monte
30:30et voilà
30:31c'est peut-être que le début
30:32imaginons que
30:33ce mouvement social là
30:34tienne s'amplifier un petit peu
30:35jusqu'au 17 octobre
30:36ça peut créer aussi
30:36les conditions
30:37d'un 17 octobre
30:38qui sera un samedi d'ailleurs
30:39donc hors des mouvements syndicaux
30:40si jamais il y a effectivement
30:41un mouvement social
30:42qui arrive
30:44il peut se passer des choses
30:46il peut se passer des choses
30:46en tout cas voilà
30:48Sophie Binet
30:48est dans sa position
30:49de secrétaire générale
30:50de la CGT
30:50elle a appelé à continuer
30:51le mouvement
30:51amplifier le mouvement
30:52et aller chercher
30:53des convergences
30:53la question qu'on se pose
30:54à chaque fois
30:55qu'il y a ce genre de moment
30:56c'est bon
30:57est-ce que ça va marcher
30:58et c'est vrai qu'on a tendance
30:59parfois être un petit peu
31:00désespéré
31:00parce que
31:01il y a eu la réforme des retraites
31:02où là il y avait des millions
31:03de personnes dans la rue
31:04je crois au pic des manifestants
31:05contre la réforme des retraites
31:06on était à peu près
31:063 millions de manifestants
31:07dans toute la France
31:08donc 10 fois plus que là
31:09mais c'était pas que
31:11les fonctionnaires
31:11et c'était pas que
31:11la fonction publique
31:12évidemment
31:13et pour quel résultat
31:15bon je pense que Macron
31:16il a un peu serré les fesses
31:17à certains moments quand même
31:18c'est un gros mouvement social
31:19mais en tout cas
31:20il n'a pas du tout lâché de l'aise
31:21il a passé sa réforme
31:22au forceps
31:24son gouvernement a failli
31:25c'est le gouvernement
31:25d'Elisabeth Borne
31:26à l'époque souvenez-vous
31:28il a failli se faire censurer
31:29ce gouvernement
31:29à 7 voix près
31:30la réforme a été passée
31:31au 49,3
31:32alors que 90% des actifs
31:34étaient contre la réforme
31:35bon est-ce que ça a un peu
31:36endormi les travailleurs
31:37je sais pas
31:37mais en tout cas
31:38il y a un côté un petit peu désespérant
31:39mais bon c'était 2023
31:40c'était il y a bientôt 4 ans
31:41et là il y a quand même quelque chose
31:43c'est cette augmentation
31:44du prix de l'essence
31:45là vraiment on est dans une crise
31:47assez massive
31:47avec évidemment la fermeture
31:48des droits d'hormuz
31:49mais comme Macron ne fait rien
31:50pour contenir l'augmentation
31:51des prix
31:52par exemple en allant taxer
31:54ou en encadrant les marges
31:55des affineurs
31:55ce genre de choses
31:56du coup à un moment donné
31:57la colère elle monte
31:58elle monte et monte
31:58et là il y a eu
31:59des telles raisons structurelles
32:00hors de simples décisions gouvernementales
32:02qui viennent s'ajouter
32:03à ce genre de manifestations
32:04qui sont liées au budget
32:05et directement au gouvernement
32:06que là je trouve
32:07qu'il y a quand même
32:07tous les ingrédients
32:08pour qu'il y ait un mouvement social
32:09qui finisse par éclater
32:10et bon on verra
32:12comment ça se passe
32:13appeler à la révolution
32:14de derrière son micro
32:15sur twitch.tv
32:15c'est un truc
32:16parfois j'ai un peu
32:17une gêne par rapport à ça
32:18mais quand même
32:19ça fait longtemps
32:20qu'on n'a pas eu
32:20de gros moments
32:21de mouvement social
32:21est-ce que là
32:22les étoiles ne sont pas alignées
32:23pour que ça pète un peu
32:25on peut se poser la question
32:26en tout cas
32:27les planètes sont
32:29bien plus alignées
32:29que l'année dernière
32:30l'année dernière
32:31souvenez-vous
32:32il y avait le mouvement
32:32bloquant tout
32:33alors même chose
32:34en fait quelque part
32:35on se disait
32:35est-ce que ça va être
32:36une rentrée sociale explosive
32:39est-ce que les gilets jaunes
32:40ne vont pas revenir
32:42aussi sur le devant de la scène
32:43bon finalement
32:44il s'était passé
32:46pas grand chose
32:46il y avait eu quelques défilés
32:47mais je veux dire
32:48ça n'avait pas beaucoup
32:48flopesque du septembre
32:49on peut le dire
32:50moi j'y étais
32:50j'en attendais beaucoup
32:51c'était flopesque
32:52c'était que les gauchistes
32:53habituels
32:54mais sans les syndicats
32:54donc c'était encore
32:55moins bien
32:55qu'une manif syndicale
32:56qui était content
32:56de se retrouver
32:56c'était la rentrée
32:57mais là il y a un contexte
32:59largement différent
33:00c'est-à-dire qu'en plus
33:01l'année dernière
33:01je ne sais pas si
33:02vous vous souvenez
33:03mais ce qui avait calmé
33:04aussi la grogne
33:04c'était que le Gornu
33:05avait annoncé
33:05ne plus recourir au 49-3
33:07donc en fait
33:08il avait amené
33:08d'une certaine façon
33:10une forme d'espoir
33:11que le jeu parlementaire
33:12pouvait faire bouger les choses
33:13on était dans une vision
33:14très électoraliste
33:16mais très institutionnelle
33:16oui exactement
33:17et puis en plus
33:17on sortait de plusieurs mois
33:19d'instabilité
33:20je crois que les français
33:20en avaient un peu marre aussi
33:23et puis là
33:23ce qui est différent
33:24cette année
33:24c'est que les conditions de vie
33:25sont bien plus déplorables
33:27elle l'était déjà
33:28l'année dernière évidemment
33:29mais là on est sur
33:29un cumul quand même
33:31de difficultés
33:31qui fait que la colère
33:33ne peut que s'exprimer
33:34dans toutes les couches
33:35de la population
33:36et ce qui est fou
33:36c'est que de l'autre côté
33:38il y a aussi le gouvernement
33:39qui n'a pas changé son logiciel
33:40qui n'a pas changé son discours
33:42qui est toujours dans ses appels
33:43à la responsabilité
33:44et à la raison
33:45et puis qui est toujours
33:46en train de vouloir
33:46épargner les plus riches
33:47encore une fois
33:48ça fait la dixième fois
33:49qu'on le dit
33:49mais c'est essentiel aussi
33:52donc voilà
33:52il y a quand même
33:53beaucoup d'éléments
33:54qui peuvent faire penser
33:56que ça va prendre
33:58une ampleur
33:58bien plus importante
33:59que l'année dernière
34:00et même qu'avant encore
34:02oui tout à fait
34:03et puis aussi le truc
34:04où c'est la fin de Macron
34:05est-ce qu'il n'y a pas un côté
34:07où la France
34:08les français énervés
34:09ont envie d'un petit
34:09baroude d'honneur
34:10une dernière
34:11pour Manu Max
34:11où c'est bon là
34:12il y a eu les gilets jaunes
34:13la réforme des retraites
34:14est-ce qu'on n'irait pas
34:14une dernière fois
34:15sachant que le corps nu
34:16représente à la perfection
34:17ce qui déplaît
34:18dans le macronisme
34:19cette espèce de déconnexion
34:20cette espèce d'arrogance
34:21et effectivement
34:21tu l'as très bien dit
34:22il n'y a pas toute la séquence
34:24et pas tout ce cafouillage
34:25institutionnel
34:26à l'Assemblée nationale
34:27qui vient aller
34:28prendre l'espace médiatique
34:29là c'est le corps nu
34:29qui arrive
34:30il compte nous mettre
34:31la même doute
34:31qu'il nous a mis l'année dernière
34:32et ça c'est ce qui les plaît
34:33beaucoup avec le macronisme
34:34et c'est ce qui échauffe
34:35les esprits aussi
34:36ils disent tout le temps
34:37la même chose
34:37ils s'en foutent
34:38ils sont déconnectés
34:39ils y vont toujours plus fort
34:40contre les travailleurs
34:41et normalement
34:41ça va 5 minutes
34:42il n'y a pas eu
34:43des manifs contre Macron
34:44en 2017
34:45les gilets jaunes
34:45ça arrivait au bout de
34:46un an et demi de Macron
34:48ultra arrogant
34:48et là on retrouve
34:49un peu l'esprit
34:50originel du macronisme
34:51on nous fout un le corps nu
34:52qui avance tête baissée
34:53et qui s'en fout de tout
34:54ça ne donne pas envie
34:55de ne pas manifester
34:56et puis surtout
34:57il n'y a pas grand chose
34:58c'est du macronisme
35:00à l'ancienne
35:00et donc du coup
35:01pourquoi pas aller faire
35:02des solutions à l'ancienne
35:03c'est-à-dire aller dans la rue
35:04et puis voilà
35:05grève, blocage, manif sauvage
35:07j'ai envie de dire
35:07complètement
35:08mais l'esprit originel
35:09du macronisme
35:09tu fais bien de le décret
35:11on le retrouve aussi
35:12dans la répression
35:12des différents mouvements
35:14et ça c'est ce qu'il va falloir
35:15aussi surveiller
35:15parce que c'est ça aussi
35:17qui peut affaiblir
35:18voire éteindre
35:19le mouvement social
35:21qu'il soit lycéen
35:22qu'il soit celui des fonctionnaires
35:24des ouvriers en général
35:27voilà
35:27là on voit
35:28que le pouvoir
35:29est en train
35:29de montrer les muscles
35:31il y a des images
35:32qui circulent
35:33un petit peu partout
35:34qui sont
35:34aussi
35:35c'est pas un hasard
35:36un hasard
35:37c'est fait aussi
35:38pour choquer
35:39et interpeller
35:39et peut-être refroidir
35:41aussi
35:41ceux qui voudront
35:42aller dans les rues
35:43et manifester
35:44et d'ailleurs
35:44après le mouvement
35:45des Gilets jaunes
35:45c'était souvent ça
35:46c'était aussi pour ça
35:47que ça prenait
35:49moins
35:49alors jusqu'en 2023
35:51ça a pris
35:51mais pendant le mouvement
35:52des Gilets jaunes
35:53entre 2018 et 2023
35:54il y avait quand même
35:55une forme de réticence
35:56à aller dans les rues
35:58dans les cortèges
35:59d'aller lever le point
36:01parce qu'en fait
36:02on savait très bien
36:02qu'on pouvait
36:03se faire matraquer
36:05voire plus
36:06donc il va falloir aussi
36:07surveiller de ce côté-là
36:08ce que seront
36:09les consignes policières
36:11disons
36:11et les pratiques
36:13on a un petit aperçu
36:14avec deux trois trucs
36:15qui se sont passés
36:15du côté des manifs lycéennes
36:16et franchement
36:17pareil ça nous rappelle
36:18les heures les plus sombres
36:19du macronisme
36:19en termes de répression
36:20j'ai envie de dire
36:20ces images terribles
36:21qu'on avait eues
36:22alors c'était au début
36:22de Macron
36:22je ne sais plus exactement
36:23mais c'était des lycéens
36:24de Mante-la-Jolie
36:25d'ailleurs
36:25ici ça représente
36:26pour le 78
36:26et pour Mante-la-Jolie
36:28voilà s'il y a des mantais
36:29dans le chat
36:29on est ensemble
36:31donc c'était près du lycée
36:31Saint-Exupéry
36:32et Jean-Rostand de Mante-la-Jolie
36:33pour ceux qui veulent les détails
36:34c'est un endroit que je connais bien
36:35et donc il y avait
36:36ces fameuses images
36:36absolument terribles
36:37de 60 gamins
36:39agenouillés par terre
36:40les mains derrière la tête
36:40on serait cru
36:41c'était des images
36:42dignes d'un cartel
36:43avec les policiers
36:44qui se baladent comme ça
36:45hyper autoritaires
36:46et cette phrase
36:47cette phrase
36:47qui a résonné
36:48pendant très longtemps
36:49voilà une classe
36:50qui se tient sage
36:51et vraiment
36:52les images étaient répugnantes
36:53et immondes
36:54à tel point que David Dufresne
36:55quand il a fait son documentaire
36:56sur les violences policières
36:57dans les gilets jaunes
36:57il a appelé son documentaire
36:58voilà un pays qui se tient sage
37:00et donc là
37:00il y a des manifs lycéennes
37:01il y a une répression
37:03qui est assez forte
37:04on ne va pas se mentir
37:04ça rappelle un peu aussi
37:06voilà
37:06moi je trouve qu'il y a
37:07comme une vibe
37:08voilà 2018, 2019, 2017
37:10même
37:10une vibe early Macron
37:13donc on verra
37:13il ne faut pas faire
37:14des analyses politiques
37:15à la vibe non plus
37:16mais quand on parle
37:17d'un truc comme
37:17le mouvement social
37:18en vérité
37:18il y a un truc un peu chaotique
37:20on ne sait pas
37:20parfois on ne sait pas
37:21exactement de quelle manière
37:22ça émerge
37:22de manière précise
37:23il y a une forme parfois
37:24de spontanéité
37:25dans la mise en action
37:26des différents français
37:27donc en vrai
37:28je ne sais pas
37:29s'il y a une petite odeur
37:30de révolution dans l'air
37:31c'est peut-être
37:31qu'il faut quand même
37:32la sentir
37:33et que ce n'est pas
37:33juste du doigt mouillé
37:34oui complètement
37:35non mais c'est important
37:36je pense d'observer
37:37ce rapport de force
37:38qui va s'installer
37:39tout mouvement social
37:40évidemment s'installe
37:41sur un rapport de force
37:42et quand on voit
37:43que le pouvoir
37:44montre les dents
37:45c'est qu'il craint
37:45ce mouvement-là
37:47forcément
37:47et puis je voyais
37:48un message de Salva Graaf
37:49dans le chat
37:50qui disait
37:50un jeune
37:50c'est apparemment
37:51pris un LBD dans l'oeil
37:51oui
37:52et puis c'est pas
37:52c'est pas qu'un seul cas
37:53enfin je veux dire
37:54les images
37:54elles se sont enchaînées
37:56ces derniers jours
37:56on en parlera tout à l'heure
37:57avec nos invités
37:58mais oui
37:59notamment ce fait-là
38:00avec un lycéen
38:00qui s'est pris en LBD
38:02à bout portant
38:02enfin c'est pas
38:03c'est pas un accident
38:04parce qu'il était à 25 mètres
38:06c'est vraiment
38:07une volonté de blessé
38:09mais aussi d'humilier
38:10parce que tu parlais
38:11de ce qui s'était passé
38:11avec ces lycéens
38:12il y a quelques années
38:14mais là les images
38:14qu'on a pu constater
38:15elles s'y rapprochent aussi
38:17enfin je veux dire
38:18avec des jeunes
38:18qui sont pratiquement
38:19tabassés au sol
38:20enfin voilà
38:21il y a une violence
38:23de l'État
38:25qui dit quelque chose
38:26d'une crainte je pense
38:27oui on est d'accord
38:28alors aussi
38:29je propose qu'on finisse
38:30un peu là-dessus
38:31parce qu'on va devoir
38:31pas tarder à terminer
38:32cette séquence
38:33voilà
38:33il faut qu'on soit
38:33un peu plus cadré
38:34parce qu'on a des invités
38:34qui arrivent à 11h
38:35et une chronique
38:36une carte blanche
38:37d'Anthony juste après
38:38à midi
38:39oui à midi
38:40j'étais déjà 11h40
38:41j'ai eu peur
38:41parce que je me suis décalé
38:43d'une heure
38:43je me suis décalé d'une heure
38:45donc il y avait les pompiers
38:46aussi qui étaient très présents
38:46dans ce cortège
38:47et c'est assez rare
38:48de voir des gros cortèges
38:49de pompiers comme ça
38:50ce qui veut dire
38:51que peut-être
38:51effectivement
38:52il y a des gens
38:52qui se joignent au mouvement
38:53d'une manière plus visible
38:54et d'une manière plus forte
38:55que d'habitude
38:56notamment ce cortège de pompiers
38:57donc regardez
38:57c'est des images
38:58qui sont assez belles
39:00800 pompiers
39:01dans le cortège parisien
39:01c'est pas tous les jours
39:02qu'on voit ça
39:03et les pompiers
39:04c'est pas un corps de métier
39:05qui est classiquement
39:08associé au mouvement
39:09de social de fonctionnaires
39:11notamment certains français
39:12qui ont une sensibilité
39:13parfois plutôt de droite
39:14qui aiment pas trop
39:14les fonctionnaires
39:15qui trouvent que les manufs
39:16comme ça
39:16la CGT
39:17c'est un truc de prof
39:18là privilégié
39:19ils ont pas sa vie là
39:19des pompiers généralement
39:20et je trouve que ces images là
39:22elles sont intéressantes
39:22aussi pour cette raison
39:23ça montre une forme aussi
39:24de convergence de lutte
39:25en tout cas une image
39:26qu'on a de ce mouvement social
39:28qui est pas tout à fait
39:28la même que d'habitude
39:29et qui moi je trouve
39:30qu'il y a un petit quelque chose
39:30de gilet jaunesse
39:31là dedans aussi
39:32je sais pas
39:32quand on regarde ça
39:34place de la république
39:36les pompiers ici
39:38qui chantent une marseillaise
39:39bon c'est pas
39:41la manif CGT
39:42où ça boit des mojitos
39:43à un euro
39:44et ça mange des merguez
39:45habituel
39:45on est pas là
39:46dans l'image d'épinal
39:47des manifs de gauchistes
39:49et syndicales
39:49vous voyez ce que je veux dire
39:50donc ça pour moi
39:51c'est un signal aussi
39:52qui est assez intéressant
39:53est-ce qu'il est pas en train
39:53de se passer un truc
39:54quand on voit ces images là
39:55on déplaise à certains gauchistes
39:57qui trouvent que
39:57chanter la marseillaise en manif
39:58c'est un truc de facho
39:59mais bon c'est peut-être aussi
40:00que le mouvement social
40:02traditionnel
40:02s'élargit un petit peu
40:03déborde les cadres syndicales
40:06syndicaux
40:06bon après ils sont dans
40:07la fonction publique aussi
40:08les pompiers évidemment
40:09mais on va dire
40:09dépasse le cadre
40:11gauchiste classique
40:12et puis je vois un message
40:13du tchat
40:13si vous voyez que je regarde
40:14vers le bas
40:15c'est pas que je m'endors
40:16c'est que je regarde le tchat
40:17qui est là maintenant
40:18mais le fou du train
40:19qui dit les flics
40:20se sont tenus sages
40:21face à eux
40:21et ça c'est vrai
40:22et puis ça dit aussi
40:24quelque chose
40:25d'à quel point ça peut
40:26représenter un atout
40:26d'avoir les pompiers
40:28en tête de cortège ou pas
40:29alors là je crois
40:29qu'ils étaient à peu près
40:30en tête de cortège
40:31mais je veux dire
40:32il y a une bataille de l'image
40:33aussi dans ce genre
40:34de rapport de force
40:35autour d'une mobilisation sociale
40:36si on voit une répression
40:37absolue
40:39une violence folle
40:40vis-à-vis de manifestants
40:41en particulier des pompiers
40:43les pompiers
40:44qui sont quand même
40:44particulièrement
40:45particulièrement populaires
40:46auprès des français
40:47comme je le disais
40:47auprès de tous les français
40:48pas que de gauche
40:49exactement
40:50là il peut y avoir
40:51quelque chose
40:51qui peut basculer
40:52donc en fait
40:52soit ça va
40:55obliger
40:55disons plutôt
40:56les forces de l'ordre
40:57à quoi que j'aime pas
40:58cette formule
40:59les keufs
41:01les chiens de garde du pouvoir
41:04à se tenir sage
41:05et à rester tranquille
41:06et à respecter
41:07les mobilisations
41:09soit ça pète
41:10et puis là
41:10ça peut basculer aussi
41:11du coup dans le mouvement social
41:12parce qu'il y aura
41:13une bataille de l'image
41:14il y aura une bataille
41:14de la popularité
41:15de l'opinion
41:17et voilà
41:17donc je pense que
41:18c'est très intéressant
41:19de les voir là
41:20de les voir applaudis
41:22et d'être mis en valeur
41:24aussi par la gauche
41:24parce qu'encore une fois
41:25un est présidentiel
41:26donc c'est
41:27il ne rejoint pas
41:28n'importe quel mouvement
41:28je veux dire
41:29c'est pas juste une marche
41:29pour aller se promener
41:30de république à nation
41:31oui voilà
41:34alors je vois
41:34plusieurs choses intéressantes
41:35dans le chat
41:35il y a deux trucs
41:36que j'ai envie de répondre
41:37alors déjà Pépita
41:37bonjour
41:38salut
41:38comment ça va
41:39qui nous dit
41:40il bug le chat
41:41il y a quelques années
41:42les pompiers
41:42se faisaient gazer
41:43comme les autres
41:43et c'est vrai
41:43que moi j'ai des souvenirs
41:44de manifestations
41:45c'était au moment
41:46de la réforme de la traite
41:46si je ne dis pas de bêtises
41:47c'était en hiver
41:48et je me souviens
41:48de fin de manif
41:50ça devait être à Opéra
41:52ou Saint-Laz
41:52je ne me souviens plus
41:53dans ce coin là
41:54et les pompiers
41:54ils n'étaient pas là
41:56pour rigoler
41:57je me souviens très bien
41:58et ils se sont pris
41:58la répression
41:59comme un cortège de têtes
42:05en début de mouvement
42:07où pour le coup
42:08la manif s'est plutôt
42:09bien passé
42:09entre guillemets
42:11bon bah là
42:11ils n'en sont pas encore
42:12à taper sur les pompiers
42:13mais peut-être que ça va aller
42:14de ce côté là
42:15et là encore une fois
42:15j'ai envie de faire une analogie
42:16avec les gilets jaunes
42:17en 2018
42:17les gilets jaunes
42:18première manif
42:19plutôt sur les ronds-fonds
42:19pas encore à Paris
42:20il y avait des gilets jaunes
42:21qui chantaient
42:21policiers avec nous
42:23bon ok
42:23au bout de deux semaines
42:24c'était en mode
42:25la police veut nous abattre
42:25qu'est-ce que c'est que ça
42:27le roi
42:27le roi de l'émicron premier
42:28envoie sa garde royale
42:30abattre les sans-culottes
42:31c'était vraiment ça
42:33en deux semaines
42:34il y a eu un basculement
42:35de ce côté là
42:35sur le rapport
42:36au maintien de l'ordre
42:37sur le rapport à la police
42:38et aux violences policières
42:38de la part de gilets jaunes
42:39qui pourtant de base
42:41pour leur écrasante majorité
42:42était plutôt respectueux
42:43de la police
42:44à la fois c'était pas
42:45les gauchistes de manifs
42:46habituels
42:46donc moi je peux pas m'empêcher
42:47de voir cette petite analogie
42:49quand je vois les pompiers
42:49se mêler à ça
42:50et ça me mène à ma deuxième
42:54réponse au chat
42:55si quelqu'un a dit
42:55ouais mais les pompiers
42:56sont quand même maxi de droite
42:57y compris dans ces manifs là
42:58Herf la Marseillaise
42:59en manifestation
43:00on peut aussi voir ça
43:01justement comme le signe
43:02d'un émergissement
43:02et voilà
43:04des gens plutôt de droite
43:05qui manifestent avec la CGT
43:06et les fonctionnaires
43:07bah tant mieux alors
43:08ça veut dire qu'on va gagner
43:09non ?
43:09je réjouissez vous
43:10je sais pas
43:11ou alors vraiment
43:11vous êtes là
43:12en train de vous dire
43:13j'ai envie de gatekeep
43:14ma manifestation
43:15à la base on chantait
43:16international
43:16je suis un bon gauchiste
43:17moi je suis pas de cet avis là
43:18à un moment donné
43:19quand l'éruption révolutionnaire
43:20éclate
43:20y'a pas de révolution parfaite
43:21relire Lénine
43:23voilà
43:24puis on peut avoir
43:25tout un débat aussi
43:25sur l'utilisation de la Marseillaise
43:26est-ce que c'est de gauche
43:27ou est-ce que c'est de droite
43:28d'ailleurs ça pourrait être intéressant
43:29de faire un stream là-dessus
43:29sur les codes de droite ou de gauche
43:31ou une chronique
43:33sur la Marseillaise en manif
43:33ça pourrait
43:34mais c'est un débat hyper intéressant
43:36qu'on tranchera pas là
43:37mais en tout cas moi je pense pas
43:38que parce qu'ils chantent
43:39la Marseillaise
43:39c'est des énormes droits
43:40c'est juste des
43:42français en collègue
43:43prenez n'importe quel français
43:44dépolitisé
43:44ok qui a un peu plus de droite
43:46parce qu'il a gobé
43:47le discours libéral
43:48il va chanter la Marseillaise
43:49mais pas dans un esprit
43:49droitard non plus
43:50mais pour moi c'est un atout
43:54on est d'accord
43:54je dis pas que oui
43:55comme tu dis qu'ils vont
43:56lever le poing
43:57et chanter l'international
43:58et qu'on les retrouvera
43:59à la fête de l'Huma
43:59dans un stand et tout
44:01mais il faut tout
44:02pour faire un bon
44:02voilà c'est ça
44:03puis on avance vers 2027
44:05il faut réunir
44:05parce que sinon
44:06c'est bien de s'arrêter
44:08à 32%
44:08mais c'est pas comme ça
44:10qu'on va y avoir
44:10le but c'est de faire second tour
44:11tout à fait
44:12puis moi j'ai fait des moments
44:14de mouvement social
44:14notamment avec les gilets jaunes
44:15ou pendant la réforme de retraite
44:16où ça cramait littéralement
44:17des portraits d'Emmanuel Macron
44:19place de la Concorde
44:20face à l'Assemblée Nationale
44:21c'était bien révolutionnaire
44:22bien gauchiste
44:23et ça chantait
44:24des lourdes marseillaises
44:25comme si on était en 1789
44:26ou peut-être 90, 91
44:28peut-être fait une petite inexactitude
44:29mais voilà
44:30il y a aussi
44:32renoué avec cette tradition
44:33révolutionnaire
44:34mais vraiment à l'ancienne
44:35en mode première république
44:35cette marseillaise là
44:36elle existe encore
44:37dans le coeur de beaucoup de français
44:38qui ne sont pas les gauchistes
44:39habituels
44:39mais qui sont les bienvenus
44:40parce qu'à un moment donné
44:41il faut savoir ce qu'on veut
44:42dans la vie et dans la lutte
44:43voilà
44:44complètement
44:45ok
44:45je regardais s'il y avait des messages
44:46sur lesquels on pouvait réagir
44:47sur la fin
44:48oui sur les lycéens
44:50et Bali qui chante
44:51et Bali Bagayoko
44:51qui chante la Marseillaise
44:52c'était basé
44:53c'est qui ?
44:54c'est Ulysse
44:55bah oui
44:56voilà par exemple
44:56et c'est un beau pied de nez
44:58en plus
44:58justement
44:59dans ce moment là
45:01où les réacs
45:02et conservateurs de tout ordre
45:04pointent à la fois
45:05Bali Bagayoko
45:06maire de Saint-Denis
45:07comme un prétendu
45:08maire antirépublicain
45:09qui n'est évidemment pas
45:10bien le contraire
45:11et aussi ces lycéens
45:12qui sont montrés
45:12par toute cette réacosphère
45:14comme illégitime
45:15à se rebeller
45:17et puis souvent
45:17le message
45:18c'est qu'ils restent sages
45:21notamment en les renvoyant
45:22à leur couleur de peau
45:23pour certains
45:24bah là ils chantent
45:25la Marseillaise
45:25avec un maire qui dérange
45:27là le message
45:28il est beau
45:29et si on couple ça
45:30en deux jours
45:31à cette Marseillaise
45:31à la Marseillaise des Pompiers
45:33dans un cortège syndical
45:35avec tous les syndicats
45:36et les forces de gauche
45:37moi la Marseillaise
45:38ne me dérange pas
45:39pareil
45:39tout pareil
45:41bon en vrai
45:41je te propose
45:42de ne pas regarder
45:43les deux derniers extraits
45:44parce que bon
45:44les politicards
45:45qui viennent dans les mouvements sociaux
45:46ça va 5 minutes
45:48parce qu'on avait un petit bout
45:49de Mélenchon
45:49un petit bout de Roussel
45:50qui disaient les termes
45:51mais en vrai
45:51je pense qu'on a à peu près
45:52fait le tour du sujet
45:53là on voulait parler
45:54du mouvement social
45:55donc en fait
45:55ne pas parler de candidats
45:56de la présidentielle
45:56à l'occasion d'un mouvement social
45:57est-ce que ça ne serait pas
45:58plus mal quelque part
46:00donc je pense qu'on n'a pas
46:01fait le tour du sujet
46:03évidemment
46:03mais je pense qu'on va
46:04s'arrêter là pour cette fréquence
46:05comme ça ça nous laisse le temps
46:06de faire notre petite carte blanche
46:07notre nouvelle chronique
46:08en tout cas voilà
46:09en conclusion je dirais
46:11qui sème le vent
46:12récolte la tempête
46:13qui sème l'austérité
46:14récolte le mouvement social
46:15donc on va voir jusqu'où ça va aller
46:16mais il se peut qu'on ait
46:17un automne mouvementé
46:19en tout cas on l'espère ici
46:20parce qu'évidemment
46:20on est de gauche quoi
46:21et puis on est à l'humanité
46:22et journal communiste quand même
46:23voilà
46:23n'oublions pas
46:24et abonnez-vous bien sûr
46:25et abonnez-vous bien sûr
46:26et lâchez des subs
46:28des subs
46:28et là je le dis pour la voie
46:29des YouTube
46:29je le dis droit dans les yeux
46:30à la caméra
46:31abonnez-vous
46:32likez, partagez
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46:34à l'humanité
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46:38Fabien Guay
46:39directement sur Instagram
46:40ok ?
46:40voilà