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  • il y a 9 minutes
« Il est urgent de dépenser moins », martèle Sébastien Lecornu, présentant ainsi son budget. : « Une maîtrise des comptes publics qui réduira le déficit. Dans la copie proposée par le gouvernement, il est réduit à 4,7 % du PIB, contre 4,6 % suite au retrait de la suppression des douze jours fériés. Comme je l’ai déjà annoncé, dans tous les cas de figure, à la fin de la discussion budgétaire, ce déficit devra être à moins de 5 % du PIB ».

Le Premier ministre souhaite également encadrer optimisation fiscale et « créer une contribution exceptionnelle des grandes fortunes ». Au sujet de la réforme des retraites, « je proposerai au Parlement dès cet automne que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », affirme le Premier ministre. Cependant, « cette suspension doit permettre de faire mieux ». « L’assemblée voilait que je n’utilise plus le 49.3, je le fais, elle voulait débattre de la réforme des retraites, je le fais ».

Le décryptage du discours de politique générale de Sébastien Lecornu par nos journalistes politique Cyprien Caddeo et Florent Le Du.

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Transcription
00:00Sébastien Lecornu vient d'achever son discours de politique générale.
00:03Avant de parler des retraites, la première chose pour moi c'est d'insister sur cette fameuse rupture de méthode.
00:09Et là c'est assez marrant parce qu'en fait il est en train de réinventer le parlementarisme.
00:12C'est-à-dire qu'en fait il est en train d'expliquer, oui le gouvernement va proposer une loi
00:16et puis vous allez la discuter et la voter.
00:18C'est-à-dire en fait le fonctionnement normal des institutions.
00:21Ce qui veut dire en filigrane que ça n'a pas été le cas pendant 8 ans.
00:26Ce qui est le cas pendant 8 ans, le gouvernement a piétigné.
00:30Alors 2017-2022 ils avaient une majorité absolue.
00:32Donc effectivement le parlement votait mais votait de manière industrielle les lois de Macron.
00:37Les fameux députés Playmobil qu'on appelait.
00:39C'est-à-dire ceux qui vraiment faisaient qu'appuyer sur les boutons.
00:41Et c'était vraiment le fait majoritaire dans sa plus grande horreur de la cinquième.
00:45Mais depuis 2022 et qu'ils n'ont plus la majorité absolue, ils avaient conçu à faire pareil en fait.
00:49Avec les outils de la constitution, notamment le 49-3 qui avait permis, on se souvient d'Elisabeth Borne, de
00:54ses...
00:55Je ne sais plus combien elle en a fait.
00:5720 ? Un truc comme ça non ? De 49-3 ?
00:59Je ne l'ai plus en tête.
01:00Mais enfin elle avait passé...
01:02Chaque morceau du budget avait été passé par 49-3.
01:05Et de la réforme des retraites.
01:06Et la réforme des retraites évidemment.
01:08Donc voilà.
01:10J'aime bien ce...
01:12C'est une façon de renvoyer la balle aux parlementaires.
01:14Vous n'allez pas me censurer, je vous dis que vous allez pouvoir faire votre boulot.
01:16Donc vous n'êtes quand même pas des irresponsables.
01:18Alors les irresponsables c'est ceux qui ont empêché les parlementaires de faire leur travail depuis 8 ans.
01:21Mais là il y a une proposition...
01:23Bon là on voit...
01:23Je vais vous montrer un peu le moment.
01:25On voit les insoumis qui disent dehors.
01:27C'est Antoine Lomont qui est...
01:30Ah oui il parle de...
01:30Il répond à Laurent Wauquiez visiblement.
01:32Mais bref.
01:32Je ne sais pas ce qu'a dit Laurent Wauquiez mais il est applaudi par Eric Ciotti et une partie
01:36de l'extrême droite.
01:37D'accord.
01:38Bon bah très bien.
01:40Ce sera un autre sujet à ça.
01:41Les préfigurations de l'union des droites ce sera un autre sujet à traiter.
01:44Mais pour un autre stream restons sur le cornu.
01:47Donc déjà il y a cette volonté de dire mais je vous propose de travailler et de passer le budget.
01:52Donc enfin de voter le budget et de déballer du budget.
01:54Donc vous n'allez pas me censurer au préalable alors que vous avez la balle dans votre camp entre guillemets.
01:59La balle est à la chambre basse.
02:02Et puis au Sénat plus tard.
02:04Et puis donc il y a la fameuse question de va-t-il réussir à convaincre le parti socialiste de
02:08ne pas le censurer ?
02:11Ça paraît plutôt bien parti ?
02:13Oui.
02:15Il y a une image qui va sans doute rester.
02:19Alors qu'on oubliera si finalement dans deux heures les socialistes disent les conditions ne sont pas remplis.
02:24On dépose une notion de censure.
02:25Mais bon.
02:26Sinon s'ils ne le font pas l'image qui restera c'est celle de Sébastien Lecornu qui prononce les
02:34mots suspension de la réforme des retraites.
02:36Suivi du banc des députés socialistes qui applaudissent.
02:41Donc c'est que pour eux la condition, pour les parlementaires socialistes, la principale condition de non-censure du gouvernement
02:51Lecornu 2, c'était ça.
02:54C'était d'annoncer une suspension de la réforme des retraites.
02:57Visiblement, ils ont été contents de ce qu'ils ont entendu.
03:02Les autres conditions, on le rappelle, il y a un communiqué d'UPS qui a été publié quelques minutes avant
03:08la déclaration de politique générale.
03:10Donc il y avait cette demande de suspension.
03:13On va y revenir un peu plus longuement parce que c'est un peu moins clair que ça en a
03:17l'air.
03:18La question de la suspension, la question du 49-3, de renoncer au 49-3, ce qu'a refait Lecornu,
03:26avec la possibilité, donc ouvrant la possibilité de discuter de taxe Zuckman, d'autres choses.
03:32Il a clairement, enfin il a clairement, non, il ne l'a pas prononcé comme ça, mais on le comprend
03:38qu'il est contre, que Sébastien Lecornu est contre une taxe Zuckman.
03:43Mais ce n'était pas une condition sine qua non du PS.
03:48La troisième condition, on ne vous l'a pas dit tout à l'heure parce qu'elle est un petit
03:52peu floue, mais en gros, c'est avoir un peu plus de lest sur le déficit.
03:58Et il y a une petite phrase à un moment de Sébastien Lecornu qui parle de déficit.
04:04Il devra être à moins de 5% du PIB, c'est-à-dire qu'il propose 4,7.
04:09Mais bon, il y a une petite marge entre 4,7 et 5, ce qui semble être une volonté de
04:18cocher la troisième case du PS, c'est-à-dire avoir un tout petit peu de flexibilité là-dessus.
04:24Bon, donc on verra ce qu'ils en disent.
04:28En tout cas, Sébastien Lecornu avec une liste à remplir.
04:34Voilà, il a coché.
04:35C'est ça.
04:36Donc juste pour rappeler, la suspension de cette réforme, ça veut dire que là, à l'heure actuelle, la réforme
04:43s'appliquant progressivement depuis son adoption,
04:46ça veut dire qu'actuellement, la génération née en 1963 pouvait partir à 62 ans et 9 mois.
04:52D'accord ?
04:53Et donc, ceux qui étaient nés en 64 devaient partir à 63.
04:57Sauf que là, du coup, suspension, ceux qui sont nés en 64 pourront partir à 62 et 9 mois aussi.
05:04Et ainsi de suite, le rattrapage par trois mois par trimestre.
05:11Jusqu'à reprise de la réforme.
05:12Mais reprise de la réforme qui sera conditionnée à la présidentielle.
05:15Donc, ce qui veut dire que, bon, ça on le savait, que la retraite serait au cœur de toute façon
05:19de la présidentielle.
05:20La gauche ne manquera pas de le porter de toute façon.
05:24Et on sait qu'un candidat comme Édouard Philippe, lui, était pour la retraite en 68, si je ne me
05:28trompe pas.
05:29À un moment, en tout cas, 67, 67, ouais.
05:32Donc, de toute façon, il y aura discussion, il y aura une discussion, celui-là aussi pour la part de
05:35capitalisation.
05:36Bref, il n'y a pas que la question de l'âge de départ, évidemment.
05:40Il y a aussi la question des modalités de la réforme, enfin, du système des retraites lui-même.
05:44Donc, voilà, ça veut dire que c'est conditionnel à la présidentielle.
05:48Mais de toute façon, ce serait conditionnel à la présidentielle.
05:50On ne peut pas imaginer qu'il n'y ait pas des candidats qui proposent de l'abroger ou de
05:54la poursuivre ou de l'accélérer, etc. à la présidentielle.
05:57Donc, voilà.
05:58C'est ça. Alors, là où il y a une petite différence avec ce que demandait l'EPS, l'EPS
06:05demandait une suspension, je ne sais plus les termes exacts, mais complète et définitive.
06:11C'est quelque chose comme ça.
06:12Ce que ça voulait dire, c'est tout ce qui doit encore entrer en vigueur, et donc, c'est-à
06:17-dire une augmentation progressive de l'âge de départ et des années de cotisation.
06:24Mais si on prend l'âge de départ, donc jusqu'à 64.
06:30Donc, ça voulait dire, on arrête.
06:32Là, ce n'est pas exactement ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
06:35Il a dit, on suspend, entre guillemets, c'est-à-dire on décale, en fait.
06:41Ça va repartir en l'État, s'il ne se passe rien.
06:46Janvier 2028.
06:47Ça repartirait à partir de janvier 2028.
06:49Oui, mais janvier 2028, c'est précisément la date d'application du premier budget du prochain président.
06:56C'est ça.
06:56Enfin, de la prochaine législature, en l'occurrence.
06:59Donc, dans les faits, ça ne change pas forcément grand-chose.
07:03Après, ça veut dire quand même que la loi en vigueur sera toujours cette réforme des retraites 2023.
07:14Sébastien Lecornu a précisé que ça concernerait 3,5 millions de personnes.
07:19Ça ferait beaucoup, mais il faut vérifier.
07:23Auquel cas, le PS pourrait se prévaloir d'avoir aidé concrètement 3,5 millions de Français en ayant fait, en
07:35ayant donné cet ultimatum.
07:38Oui, ce sera leur argument.
07:39Parce que, bon, évidemment, tout ce qui se joue aussi, c'est...
07:41Après, qu'est-ce qu'ils gagnent, ces 3,5 millions ?
07:43C'est pas grand-chose non plus.
07:45Ce qui se joue aussi, c'est la dualité entre les socialistes et les insoumis, notamment.
07:51Les socialistes disent « Regardez votre position de l'inflexibilité des insoumis qui veulent absolument la démission de Macron ou
07:57la dissolution, même s'ils ne veulent pas la dissolution, mais ça peut être l'effet de leur censure répétée.
08:04»
08:04Ils n'obtiennent rien, en fait, au final, de concret pour les gens.
08:07C'est ça, c'est l'argument des socialistes.
08:09Ils disent « Regardez, nous, en négociant, on arrive à arracher les trucs. »
08:12Quand ils ont voulu négocier avec Bayrou, ils ont arraché que dalle, parce qu'ils avaient des lignes rouges qui
08:17se sont affaissées au fur et à mesure.
08:18Ils avaient dit d'abord « Pas retaillé au gouvernement ».
08:21Finalement, « Retaillé au gouvernement », ils se faisaient « Bon, OK, ça passe, mais pas de réforme des retraites.
08:25»
08:25Et je crois qu'ils étaient allés sur l'abrogation au début.
08:27Après, ils se faisaient « Bon, suspension, ça passe. Pas de suspension. Bon, conclave. Conclave, OK. »
08:31Le conclave n'aboutit sur rien.
08:32Et là, ils se sont mis à censurer.
08:33Et c'est là où ils ont rebasculé dans le camp de la censure.
08:35Et ce qui a conduit à la chute, au vote de confiance perdue de François Bayrou, notamment.
08:40Mais donc là, ils ont l'impression d'avoir obtenu un truc, puisque le cordon a plus lâché au PS
08:48que n'avait fait François Bayrou.
08:49Ça, on peut le dire, déjà, premièrement.
08:51Après, il y a le tag Zuckman, elle, l'est écartée. Il l'a redit.
08:55Et donc, il y a peut-être qu'on peut en parler, il y a les fameuses holdings.
09:00Donc, en gros, pas de tax Zuckman, mais alors, quand même, une volonté que les recettes,
09:05et je parle bien des recettes, pas des économies,
09:08les nouvelles recettes seraient quand même globalement réalisées par les plus riches,
09:13puisqu'on parle donc de prolonger un dispositif de taxation sur les entreprises avec des très, très hauts chiffres d
09:19'affaires.
09:20Donc, c'est un peu une taxe sur les super profits, c'est pas exactement ça.
09:23Mais bon, on est à peu près dans cette idée-là.
09:26Ensuite, il y aurait encore un impôt sur les plus riches.
09:29Je crois que c'est sur la...
09:30Je ne sais pas si c'est sur l'impôt sur le revenu, par contre.
09:32En gros, sur la...
09:33J'ai pas trop compris.
09:34J'ai vu qu'il y avait un impôt sur les...
09:35Il faudrait qu'on vérifie sur les plus riches, au-delà de la question des holdings.
09:40Je regardais ça, mais en tout cas, il y a la question des holdings.
09:42Donc, pourquoi, par exemple, Gabriel Zuckman, peut-être qu'on peut le mettre, d'ailleurs,
09:47le trade de...
09:48Le trade, j'ai un accent anglais incroyable.
09:50de Gabriel Zuckman, qui explique pourquoi c'est pas satisfaisant à ses yeux cette histoire de holding.
10:01C'est celui-là, je suppose.
10:03Voilà.
10:04C'est donc Zuckman qui dit, en gros, j'ai consulté le PLF, le projet de loi de finance,
10:09et tout a été fait pour épargner les milliardaires, dit-il.
10:14Pour résumer un petit peu, en fait, c'est une taxe de 2% sur le patrimoine des holdings.
10:24Donc, des holdings qui sont notamment créés pour échapper à certains impôts.
10:30Sauf que, donc, ça peut...
10:31Sur le papier, c'est intéressant.
10:32Ça veut dire que tout ce qu'il y aurait dans ces holdings qui sont mises là pour de l
10:38'optimisation fiscale,
10:39eh bien, ça ne servirait plus à rien, parce qu'on irait concrètement taxer...
10:44Alors, peut-être un peu moins qu'ailleurs, mais en tout cas, on irait taxer ce qu'il y a
10:49dedans.
10:50Sauf que ce que nous dit Gabriel Zuckman, c'est que dans le détail de ce texte, dans le PLF,
10:59eh bien, en fait, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas taxées, qui sont exonérées dans ce
11:06patrimoine des holdings.
11:08Donc, il donne quelques exemples.
11:10La taxe, par exemple, ne s'applique pas aux immeubles utilisés pour une activité quelconque.
11:15Donc, dans un holding, en plus, c'est une grande partie de ce qu'il y a dans les holdings,
11:21c'est du patrimoine immobilier.
11:24Donc, ça, hop, on enlève.
11:26Il y a aussi...
11:26Ça ne s'applique pas aux titres de participation.
11:28Si vous avez des actions qui sont dans une holding, vous les mettez dans une holding,
11:32comme ça, vous n'avez pas à payer de...
11:35Enfin, voilà, vous faites un montage qui vous permet d'échapper à des taxes.
11:39Ah, bon, on vous met 2%, mais non, c'est bon.
11:42Les actions ne rentrent pas dans cette taxation de 2%.
11:47Ça ne s'applique pas non plus aux investissements dans les fonds de capital,
11:51investissement, au placement dans les PME.
11:53Et en fait, Sébastien Lecornu l'a un peu dit à un moment,
11:55je n'ai plus exactement la phrase en tête, mais il dit,
11:58je ne veux pas taxer le patrimoine professionnel.
12:01Donc, c'est-à-dire que tout ce qui touche de près ou de loin
12:04à la sphère professionnelle, c'est-à-dire d'investir, d'avoir des actions,
12:16potentiellement, si on va plus loin, de bénéficier de dividendes,
12:21eh bien ça, c'est professionnel, donc on n'y touche pas.
12:24Et donc, au final, on ne touche pas non plus au patrimoine immobilier,
12:28donc qu'est-ce qu'il reste à un moment ?
12:30Gabriel Zuckman nous dit, il reste les voitures de sport et quelques trucs comme ça.
12:34Mais 95% de l'assiette qui serait touchée par Zuckman est exonérée de l'impôt Lecornu.
12:39C'est ce qu'il nous dit, ici.
12:41On voit, il dit que 95% de la fortune des milliardaires serait exonérée de cette impôt.
12:44De la fortune des milliardaires, oui.
12:45Oui, c'est ça. Et par rapport à ce que lui, ce que sa taxe ciblée, je suppose.
12:52Voilà. Et il dit, le gouvernement, on espère, 1 milliard d'euros de recettes de ça.
12:58Là où Zuckman chiffrait sa taxe à 25 milliards ?
13:02Enfin, il y avait 20 milliards, je crois que c'est ça.
13:04En tout cas, c'était hors de grandeur, en tout cas.
13:08Voilà.
13:09Juste parce que j'en avais parlé tout à l'heure.
13:10Même sur 1 milliard, on pense que c'est plutôt optimiste.
13:13Il y a le Haut Conseil des Finances Publiques qui s'est penché ce matin sur ce budget
13:18et qui trouve que cette estimation est optimiste.
13:22Oui, tout à fait.
13:23Alors, je voulais revenir sur ce que tout à l'heure j'ai dit qu'il y avait aussi une
13:26annonce
13:26concernant les impôts sur les plus riches.
13:29C'est assez flou, mais en gros, il a dit, je crois que c'est une phrase qu'on a
13:32peut-être
13:33loupée au moment où on streamait, le discours, c'était
13:36« Nous demanderons à créer une contribution exceptionnelle sur les grandes fortunes. »
13:40Voilà, qui n'est pas ça, en gros, de nous on parle.
13:44Donc, je ne sais pas à quoi ça fait référence, mais voilà.
13:49J'avais compris que c'était...
13:51Toi, tu pensais que c'était ça ?
13:51En gros, j'ai un doute là-dessus, mais...
13:53Il me semble qu'il l'a enchaîné, justement.
13:55C'est possible que ce soit ça.
13:56En tout cas, c'est assez décevant, si c'est ça.
14:03Et donc, est-ce que c'est toujours LR qui parle ?
14:06Voilà, la première chose à garder en tête, au passage, j'en profite, c'est moins sur
14:11les retraites, mais il a dit quelque chose quand même sur la Nouvelle-Calédonie aussi,
14:15donc la Kanaki Nouvelle-Calédonie, qui avait été listée parmi les urgences à traiter
14:22avec le budget, donc en gros, il y avait deux urgences, c'était le budget et la Kanaki,
14:26et il en a parlé, il a dit qu'il voulait faire rentrer les accords de Bougival dans la Constitution,
14:31accords de Bougival qui sont encore contestés par les indépendantistes sur l'archipel,
14:37notamment le FLNKS, et en plus, ça intervient à un moment où ils ont changé le ministre des Outre-mer.
14:44C'est-à-dire que le ministre des Outre-mer, c'était Manuel Valls, depuis François Bayrou,
14:49non pas qu'on soit fan de Manuel Valls ici, vous vous en doutez, mais Manuel Valls avait une bonne
14:53réputation
14:53en tant que ministre des Outre-mer, y compris les oppositions, y compris les indépendantistes ultramarins,
14:58trouvaient que c'était un interlocuteur intéressant, en tout cas respectueux, on va dire,
15:05et changé de ministre en cours de route alors qu'il était en train de renégocier les accords de Bougival,
15:09puisque le FLNKS était en désaccord avec ça.
15:14Changer de ministre à ce moment-là, c'est un message désastreux pour les Outre-mer,
15:19notamment pour la Kanaki, puisqu'il est remplacé par Naïma Mouchou,
15:23qui est une proche d'Edouard Chilippe, qui était dans Le Cornu 1, l'éphémère Le Cornu 1,
15:29qui était ministre de la Fonction publique pendant 14 heures,
15:31donc elle n'a même pas eu le temps de faire ses cartons et de voir son bureau,
15:33et maintenant il est aux Outre-mer, sachant qu'elle est députée du Val d'Oise,
15:36mais bon, ça, les limites, Manuel Valls, ce n'était pas Guadeloupe 1 non plus,
15:41mais il y a un autre problème qui énerve les ultramarins,
15:45c'est qu'il n'y a plus du tout d'ultramarins au gouvernement.
15:48Donc voilà, bref, le signal pour les...
15:50Première fois depuis 2002 ?
15:51Non, alors j'ai vérifié, en fait, il y avait déjà eu, c'est ce qu'on m'avait dit,
15:54mais en fait, j'ai vérifié, c'est déjà arrivé sous Macron deux fois,
15:58je crois que c'était sous Atal, je crois que c'est déjà arrivé.
16:01Il y en a eu tellement.
16:01Mais oui, il y a tellement de gouvernements qu'on s'y perd,
16:03mais en tout cas, ce n'est jamais un bon signe,
16:06et qui n'est pas d'ultramarins au ministère de l'Outre-mer,
16:09ça fait plusieurs fois que ça arrive.
16:10Je veux dire, Yael Brown-Pivet a été ministre de l'Outre-mer,
16:13Tarmanin l'a été aussi directement, il y a eu plein d'exemples.
16:16Mais tout ça pour dire que la Kanaki a été citée dans le discours,
16:21parce qu'on avait fait un peu pause à ce moment-là pour pouvoir commenter les retraites,
16:25mais il en a parlé, et donc il dit qu'il veut le rentrer dans la Constitution,
16:28mais encore une fois, l'accord n'a pas été encore accepté par tout le monde.
16:32Donc l'Outre-mer, on parait de le faire rentrer dans la Constitution,
16:34ça me parait un peu un objectif un peu rapide.
16:37Mais bon, voilà.
16:40Surtout après avoir changé de ministre en cours de négociation.
16:43Qu'est-ce qu'on peut dire de plus sur...
16:46Actuellement, pour info, ce sont les écologistes qui sont en train de prendre la parole.
16:49Si jamais il y a un truc, on basculera sur le direct.
16:52Peut-être redonner un petit point sur cette histoire de suspension des retraites,
16:58sans trop...
16:59N'essayant de ne pas trop vous embrouiller dessus,
17:03mais en fait, il y a quelques points sur lesquels il est resté assez flou.
17:09Et ce que comprennent certains...
17:11Je regardais une discussion, notamment interne, pour tout vous dire.
17:16Ce que comprennent certains de nos collègues de l'humanité,
17:19c'est qu'en fait, Sébastien Lecornu va pousser
17:23cette espèce de rapport de force avec le PS
17:25jusqu'au vote du budget.
17:28Un petit peu dans le sens,
17:30il y aura suspension des retraites qui sera inclue dans le budget.
17:33C'est-à-dire, vous votez le budget, on suspend la réforme.
17:36Vous ne le votez pas, il n'y a pas de suspension.
17:38C'est-à-dire que là, on était sur un rapport de force
17:42qui tenait sur la motion de censure uniquement.
17:45Et après, on verra bien ce qu'il en est.
17:49Oui, censurer, ça voudrait dire laisser la réforme s'appliquer.
17:53C'est ça le chantage.
17:54Alors, censurer déjà.
17:58C'est-à-dire, on censure, la réforme s'applique,
18:00mais ça, forcément.
18:02À côté de son chemin, quoi.
18:03Mais en plus, mettons que le PS décide de ne pas censurer,
18:08il n'y aurait pas...
18:09En tout cas, c'est ce qu'on peut comprendre,
18:12mais bon, ça reste à préciser.
18:13La suspension n'arriverait pas tout de suite,
18:15mais serait incluse dans le budget,
18:21dans le vote du budget ou du PLFSS.
18:23Oui, c'est-à-dire que le vote du budget conditionnerait
18:25la suspension de la réforme.
18:26Et donc, il y aura un nouveau chantage au PS,
18:31c'est-à-dire que si vous ne votez pas le budget,
18:32la suspension saute.
18:34Ça, il faudra vérifier, parce que je me demande
18:36si ce n'est pas le gouvernement qui peut mettre en pause l'application.
18:38Vu que l'exécutif exécute les lois,
18:40le gouvernement peut suspendre l'exécution d'une loi ?
18:43A priori, par décret, ils peuvent le faire.
18:47C'est ce que j'ai compris aussi du discours de Le Corneux.
18:50Mais en tout cas, que ce soit conditionné à la censure,
18:52enfin, le fait de ne pas se faire censurer,
18:53ça, c'est une certitude.
18:54Sur la question du budget, il faudrait vérifier.
18:55Effectivement, ce serait un peu un...
18:57Je n'ai pas de mot poli,
18:58mais ce serait effectivement un petit chantage supplémentaire.
19:03Mais en tout cas, là, il y a chantage à la censure.
19:05C'est-à-dire que concrètement, si vous censurez,
19:07effectivement, vous laissez la réforme s'appliquer.
19:09C'est ça.
19:10Et pour l'instant, les socialistes ne se sont pas prononcés,
19:13n'ont pas donné...
19:15Non, de toute façon, ils vont parler dans pas très longtemps.
19:19Juste, parce que j'ai une question qui est dans le chat.
19:21Alors, parce qu'on a parlé des motions de censure.
19:23Quelqu'un nous reparle des motions de destitution.
19:24Je crois que c'est Camara de Loutre, ici,
19:27qui nous dit...
19:28J'ai cru que les filles voulaient redéposer une motion de destitution.
19:32Est-ce que si...
19:34Est-ce qu'il y a censure du gouvernement ?
19:37Est-ce que la motion de destitution aura une chance d'être examinée ?
19:39Alors, je vais répondre de temps.
19:41La réponse est non, mais non deux fois.
19:43Non, pourquoi ?
19:44Parce que, premièrement,
19:45s'il y a censure, il y aura dissolution derrière.
19:47Donc, en disant qu'il n'y aura rien du tout au Parlement,
19:49il y aura juste l'Assemblée de 10 août.
19:51Et donc, il y aura élection, etc.
19:54Donc, si jamais il y aura une motion de destitution,
19:56elle sera déposée après les élections,
19:57avec la nouvelle législature.
20:00Ça nous amène à dans deux mois, quoi.
20:02Comme ça.
20:02Ça, c'est la première réponse.
20:03Et la deuxième réponse, c'est quand bien même
20:06il n'y a pas de censure,
20:07ou même quand bien même elle dépose dans deux mois,
20:09il faut se retirer de la tête
20:11qu'une motion de destitution peut passer au Parlement.
20:13Ça ne passera pas.
20:14Pour la simple et bonne raison...
20:15C'est pas ce que demande le camarade Loutre.
20:18Il demande s'il y a des chances d'être examiné.
20:20Oui, oui, pardon.
20:20Et pour l'instant, ce qui bloque,
20:21c'est que les membres RN du bureau de l'Assemblée nationale
20:25s'abstiennent, ne votent pas pour un examen.
20:29C'est ça, oui.
20:30Effectivement, tu as raison de le dire.
20:31C'est vrai que j'ai lu un peu vite.
20:33Bon, en tout cas, elle ne peut pas être adoptée
20:34parce qu'il faut deux tiers du Parlement,
20:36c'est-à-dire deux tiers de l'Assemblée plus le Sénat.
20:39Les sénateurs, il n'y a aucun monde
20:41où les sénateurs de droite destituent le président.
20:43Pour l'instant, après, des choses peuvent empirer.
20:45C'est encore des choses.
20:46Ça peut s'accélérer.
20:47S'ils renomment le cornu 3 après une censure, par exemple,
20:49peut-être qu'elle dépasse le droit,
20:50mais a priori, ce n'est pas trop l'option.
20:53Et donc, effectivement, la question,
20:57c'est est-ce qu'elle peut être examinée à l'Assemblée,
20:58ce qui serait déjà symboliquement fort.
21:00La première fois, le bureau avait voté pour l'examen
21:04de la motion de destitution des Insoumis.
21:06C'était après la nomination de Barnier, j'ai lu de mémoire.
21:09Et c'était la commission des lois qui avait bloqué.
21:11C'est la commission des lois où ils avaient dit
21:13non, par contre, ça a été discuté en commission,
21:16mais ça a été enterré en commission.
21:17Et donc, ça n'est jamais arrivé dans l'hémicycle.
21:19Considérer que les conditions de destitution
21:21d'un président de la République n'étaient pas réunies,
21:23que ça n'avait pas à être discuté dans l'hémicycle
21:25et que la commission suffisait.
21:27Mais ça avait été discuté en commission.
21:29Donc, il faut que le bureau l'accepte.
21:30Ensuite, que la commission accepte des lois.
21:33Et ensuite, ça va à l'Assemblée.
21:34Et après, il faut que l'Assemblée la vote
21:35et que le Sénat la vote pour que ce soit adopté.
21:37Donc, ça ne sera pas adopté.
21:38Macron ne sera pas destitué par le Parlement.
21:40Voilà, ça, c'est ce qu'il faut qu'on se mette en tête.
21:42Quand bien même, la discussion de l'émotion de destitution
21:44pour sa portée symbolique peut tout à fait être entendable
21:47d'un point de vue de vie démocratique, tout simplement.
21:51Et quelqu'un nous demande, c'est Monkispell qui demande
21:54est-ce qu'il va forcément dissoudre s'il y a censure ?
21:56Ce que je disais en début de vidéo, avant le début du discours
21:58de Sébastien Lecornu, c'est que Macron a dit en Conseil des ministres
22:03ce matin que la motion de censure valait motion de dissolution.
22:08Donc, en gros, s'il y a censure, il y a dissolution.
22:11Macron l'a annoncé, c'est assez clair.
22:12Donc, attendez-vous à, je ne sais pas si ça va être mercredi ou jeudi,
22:16mais admettons que ce soit jeudi, si jeudi, il y a censure
22:19et que Lecornu tombe, préparez-vous à une petite prise de parole
22:21de Macron à 20h qui annonce une dissolution
22:24et inscrivez-vous sur les listes électorales les plus proches de chez vous.

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