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"Tous les peuples qui reçoivent des bombes sur la tête s’en vont". Pour le Secrétaire général de la CGT « La guerre ne règle rien, la France, les autres pays européens et les États-Unis ont une lourde responsabilité en laissant croire qu'on peut installer la démocratie et améliorer la situation des peuples en les bombardant. "L'année dernière, 3500 personnes, femmes, hommes et enfants sont morts en traversant la Méditerranée" a-t-il rappelé. Philippe Martinez a également répondu aux questions de Patrick Appel-Muller, directeur de la rédaction de l'Humanité, sur la Grèce et la journée du 23 septembre. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:08Philippe Martinez, je voudrais d'abord vous interroger sur deux dossiers brûlants des derniers mois,
00:16la question des migrants qui est sous et l'associance propre aux frontières de notre continent
00:22et puis la crise grecque qui a marqué toute l'actualité de l'été.
00:25Est-ce que cela n'incarne pas au fond d'un côté l'humanité et de l'autre la violence
00:32sociale qui pèse sur l'Europe aujourd'hui
00:34et comment le premier syndicat français y réagit ?
00:37Cette rentrée, mais j'allais dire pour ce qui concerne les réfugiés, ce n'est pas un sujet nouveau.
00:44Ça fait déjà plusieurs années que cette question est posée.
00:49Pour mémoire, l'année dernière, 3500 personnes, femmes, hommes, enfants sont mortes en traversant la Méditerranée.
01:02La CGT a déjà depuis plus longtemps s'est exprimé sur le sujet autour de deux questions qui nous semblent
01:11essentielles.
01:11La première, c'est, et la France y a contribué, on a expliqué au peuple qu'en envoyant des bombes
01:20sur la tête, on allait les sauver.
01:22Eh bien, tous les peuples qui reçoivent des bombes sur la tête s'en vont et ne restent pas en
01:29dessous des bombes.
01:29Et la France, avec les autres pays européens et les Etats-Unis, ont une lourde responsabilité en laissant croire qu
01:41'on allait mettre de la démocratie, améliorer la situation des peuples en les bombardant.
01:48Et le deuxième aspect, c'est qu'à chaque fois qu'un peuple a voulu se libérer du joug de
01:56la dictature, plus de démocratie, eh bien, nos gouvernements ont vu ça d'un mauvais œil.
02:04La démocratie, quand les intérêts économiques sont présents, eh bien, elle fait peur.
02:11Voilà. Et c'est les gouvernements successifs. Il faut se rappeler que l'ancienne ministre de l'Intérieur, ils aiment
02:19bien à droite avoir des surnoms, MAM, avait proposé à Ben Ali, voyant les manifestations, d'envoyer les gardes mobiles
02:27français,
02:27parce qu'en France, on avait l'habitude de mater les manifestants. C'est ça, c'est à partir de
02:34ça qu'il faut remonter. Oui, oui, on peut la siffler.
02:38Et donc, la CGT, sur ses valeurs pacifistes, oui, la guerre ne règle rien. C'est toujours la solution diplomatique,
02:50la discussion qui permet d'avancer.
02:53Et donc, on ne peut être qu'inquiète qu'en lundi, on va envoyer des avions bombardés, surveillés, puis bombardés
03:03les peuples du Moyen-Orient et du Proche-Orient.
03:07Donc ça, c'est important. La deuxième chose, c'est qu'il faut aussi parler de la crise, crise économique,
03:12parce qu'évidemment, les conséquences de politiques post-coloniales,
03:18on ne peut les appeler que comme ça, où on s'occupe de piller les richesses des peuples et puis
03:26de ne pas les aider à investir, de ne pas les aider à s'éduquer,
03:29eh bien, ça a ses conséquences-là aussi. Alors effectivement, aujourd'hui, il faut agir. Il faut agir. Il aura
03:37quand même fallu des images effroyables.
03:41C'est incroyable. Et vous voyez de quoi je parle pour que nos gouvernants réagissent. Mais ils réagissent avec beaucoup,
03:51beaucoup, beaucoup de prudence.
03:54Quand on dit qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, quand on dit qu'on veut
03:59mettre des quotas, quand on dit même pour certains,
04:02oui, mais ça dépend de la nationalité, ça dépend de la religion, c'est un scandale. C'est un scandale.
04:09Il faut accueillir les réfugiés.
04:13Et donc, la CGT, eh bien, elle a dénoncé cette situation et une nouvelle fois, parce que la CGT, on
04:23parle et on fait,
04:24je veux saluer, saluer et vous, on pourra les applaudir, l'initiative de nos camarades de l'énergie et de
04:32la CCAS
04:33qui vont permettre d'accueillir ces migrants avec le soutien des salariés à partir des activités sociales
04:40qui sont, vous le savez, souvent critiquées. Mais voilà, la CGT, c'est ça, la solidarité à la CGT.
04:51Alors évidemment, quand on parle, j'ai évoqué les questions de pratique démocratique.
04:57Et la Grèce, c'est un beau symbole des limites de la conception de la démocratie, des milieux financiers,
05:08des institutions européennes et de ceux qui nous gouvernent.
05:12Quand un peuple décide démocratiquement, certains ont de gros discours sur le manque de démocratie
05:21dans certaines parties du monde, mais quand un peuple décide démocratiquement
05:25du gouvernement qu'il a choisi, il est contesté. Parce que ce gouvernement dit
05:31l'austérité, il y en a marre, on peut faire autre chose.
05:36Mais quand ce même gouvernement consulte son peuple, c'est ça la démocratie,
05:41consulter les citoyens, et on lui dit non, il ne faut pas consulter les citoyens,
05:45c'est nous qui décidons. Et quand ce gouvernement dit
05:50on fait le référendum et que le peuple s'exprime, on dit le référendum, on s'en fout,
05:54on fera ce qu'on voudra. Je pense que la CGT, parce que c'est ce qu'on vit tous
05:59les jours
05:59dans les entreprises, la CGT ne doit rien lâcher sur les questions de la démocratie.
06:05Oui, il faut demander l'avis des peuples, oui, il faut demander l'avis des salariés
06:09dans les entreprises. On doit porter ce message plus fort.
06:13Et donc, évidemment, la CGT, mais avec d'autres, Marc pourra le confirmer,
06:19être aux côtés des citoyens et des salariés grecs.
06:22Je pense qu'il y a besoin qu'il y ait un mouvement social plus fort.
06:26Ce n'est pas un soutien pour un soutien, c'est parce qu'on se reconnaît
06:30dans les problématiques du peuple grec, tant en matière d'austérité
06:33qu'en matière de démocratie. Donc il faut qu'on affirme de plus en plus ce soutien.
06:38Et une des bonnes façons, c'est d'exiger de la démocratie
06:41dans nos entreprises.
06:44Merci.

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