00:08Philippe Martinez, je voudrais d'abord vous interroger sur deux dossiers brûlants des derniers mois,
00:16la question des migrants qui est sous et l'associance propre aux frontières de notre continent
00:22et puis la crise grecque qui a marqué toute l'actualité de l'été.
00:25Est-ce que cela n'incarne pas au fond d'un côté l'humanité et de l'autre la violence
00:32sociale qui pèse sur l'Europe aujourd'hui
00:34et comment le premier syndicat français y réagit ?
00:37Cette rentrée, mais j'allais dire pour ce qui concerne les réfugiés, ce n'est pas un sujet nouveau.
00:44Ça fait déjà plusieurs années que cette question est posée.
00:49Pour mémoire, l'année dernière, 3500 personnes, femmes, hommes, enfants sont mortes en traversant la Méditerranée.
01:02La CGT a déjà depuis plus longtemps s'est exprimé sur le sujet autour de deux questions qui nous semblent
01:11essentielles.
01:11La première, c'est, et la France y a contribué, on a expliqué au peuple qu'en envoyant des bombes
01:20sur la tête, on allait les sauver.
01:22Eh bien, tous les peuples qui reçoivent des bombes sur la tête s'en vont et ne restent pas en
01:29dessous des bombes.
01:29Et la France, avec les autres pays européens et les Etats-Unis, ont une lourde responsabilité en laissant croire qu
01:41'on allait mettre de la démocratie, améliorer la situation des peuples en les bombardant.
01:48Et le deuxième aspect, c'est qu'à chaque fois qu'un peuple a voulu se libérer du joug de
01:56la dictature, plus de démocratie, eh bien, nos gouvernements ont vu ça d'un mauvais œil.
02:04La démocratie, quand les intérêts économiques sont présents, eh bien, elle fait peur.
02:11Voilà. Et c'est les gouvernements successifs. Il faut se rappeler que l'ancienne ministre de l'Intérieur, ils aiment
02:19bien à droite avoir des surnoms, MAM, avait proposé à Ben Ali, voyant les manifestations, d'envoyer les gardes mobiles
02:27français,
02:27parce qu'en France, on avait l'habitude de mater les manifestants. C'est ça, c'est à partir de
02:34ça qu'il faut remonter. Oui, oui, on peut la siffler.
02:38Et donc, la CGT, sur ses valeurs pacifistes, oui, la guerre ne règle rien. C'est toujours la solution diplomatique,
02:50la discussion qui permet d'avancer.
02:53Et donc, on ne peut être qu'inquiète qu'en lundi, on va envoyer des avions bombardés, surveillés, puis bombardés
03:03les peuples du Moyen-Orient et du Proche-Orient.
03:07Donc ça, c'est important. La deuxième chose, c'est qu'il faut aussi parler de la crise, crise économique,
03:12parce qu'évidemment, les conséquences de politiques post-coloniales,
03:18on ne peut les appeler que comme ça, où on s'occupe de piller les richesses des peuples et puis
03:26de ne pas les aider à investir, de ne pas les aider à s'éduquer,
03:29eh bien, ça a ses conséquences-là aussi. Alors effectivement, aujourd'hui, il faut agir. Il faut agir. Il aura
03:37quand même fallu des images effroyables.
03:41C'est incroyable. Et vous voyez de quoi je parle pour que nos gouvernants réagissent. Mais ils réagissent avec beaucoup,
03:51beaucoup, beaucoup de prudence.
03:54Quand on dit qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, quand on dit qu'on veut
03:59mettre des quotas, quand on dit même pour certains,
04:02oui, mais ça dépend de la nationalité, ça dépend de la religion, c'est un scandale. C'est un scandale.
04:09Il faut accueillir les réfugiés.
04:13Et donc, la CGT, eh bien, elle a dénoncé cette situation et une nouvelle fois, parce que la CGT, on
04:23parle et on fait,
04:24je veux saluer, saluer et vous, on pourra les applaudir, l'initiative de nos camarades de l'énergie et de
04:32la CCAS
04:33qui vont permettre d'accueillir ces migrants avec le soutien des salariés à partir des activités sociales
04:40qui sont, vous le savez, souvent critiquées. Mais voilà, la CGT, c'est ça, la solidarité à la CGT.
04:51Alors évidemment, quand on parle, j'ai évoqué les questions de pratique démocratique.
04:57Et la Grèce, c'est un beau symbole des limites de la conception de la démocratie, des milieux financiers,
05:08des institutions européennes et de ceux qui nous gouvernent.
05:12Quand un peuple décide démocratiquement, certains ont de gros discours sur le manque de démocratie
05:21dans certaines parties du monde, mais quand un peuple décide démocratiquement
05:25du gouvernement qu'il a choisi, il est contesté. Parce que ce gouvernement dit
05:31l'austérité, il y en a marre, on peut faire autre chose.
05:36Mais quand ce même gouvernement consulte son peuple, c'est ça la démocratie,
05:41consulter les citoyens, et on lui dit non, il ne faut pas consulter les citoyens,
05:45c'est nous qui décidons. Et quand ce gouvernement dit
05:50on fait le référendum et que le peuple s'exprime, on dit le référendum, on s'en fout,
05:54on fera ce qu'on voudra. Je pense que la CGT, parce que c'est ce qu'on vit tous
05:59les jours
05:59dans les entreprises, la CGT ne doit rien lâcher sur les questions de la démocratie.
06:05Oui, il faut demander l'avis des peuples, oui, il faut demander l'avis des salariés
06:09dans les entreprises. On doit porter ce message plus fort.
06:13Et donc, évidemment, la CGT, mais avec d'autres, Marc pourra le confirmer,
06:19être aux côtés des citoyens et des salariés grecs.
06:22Je pense qu'il y a besoin qu'il y ait un mouvement social plus fort.
06:26Ce n'est pas un soutien pour un soutien, c'est parce qu'on se reconnaît
06:30dans les problématiques du peuple grec, tant en matière d'austérité
06:33qu'en matière de démocratie. Donc il faut qu'on affirme de plus en plus ce soutien.
06:38Et une des bonnes façons, c'est d'exiger de la démocratie
06:41dans nos entreprises.
06:44Merci.