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Lors de ce rendez-vous hebdomadaire nous soumettons plusieurs sujets marquants de la semaine au directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, afin de recueillir ses réactions et analyses. Au sommaire de l'édition du jeudi 23 février : le Front national, migrants bienvenus à Barcelone, malaise à l'hôpital, Marie : agent d'entretien en lutte, Aubervilliers ville multiculturelle.
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00:05Bonjour et bienvenue dans Regards sur l'actualité.
00:08Bonjour Patrick Leyaric.
00:09Bonjour.
00:09Alors on commence tout de suite avec le chiffre.
00:121 sur 4, c'est le nombre de Français qui affirment leur intention de voter pour le Front National
00:16au premier tour de l'élection présidentielle le 23 avril prochain.
00:20Voici une carte.
00:22Dans toutes les régions, en bleu, Marine Le Pen arriverait en tête
00:25et dans celle en jaune, ce serait Emmanuel Macron.
00:27Une élection où la gauche risque d'être disqualifiée au second tour.
00:32Alors malgré toutes les précautions à prendre avec les sondages,
00:35l'alerte est bien réelle, comme vous le soulignez cette semaine dans votre éditorial de l'Humanité dimanche.
00:39Alors à votre avis, comment en est-on arrivé là ?
00:42Et comment éviter que le peuple de gauche ne puisse voter que par défaut au second tour ?
00:46L'alerte est préoccupante, très très inquiétante.
00:51On a créé les conditions maintenant depuis des années
00:55pour faire de Mme Le Pen le pivot de la vie politique française.
01:02Le système médiatique qu'il a propulsé,
01:07un certain nombre de sphères politiques également.
01:11Et l'objet de cela est de parvenir au résultat que nous connaissons aujourd'hui,
01:18c'est-à-dire de faire qu'elle soit au premier tour de l'élection présidentielle, en tête,
01:27de telle sorte que le choix, c'est celui qu'on nous propose aujourd'hui,
01:31soit nous choisissons Fillon, soit nous choisissons Macron.
01:34Et il n'y a plus d'alternative politique possible.
01:37Et dès lors qu'on est dans cette situation-là,
01:41c'est la gauche qu'on élimine,
01:43c'est les idées de gauche qu'on est en train d'éliminer,
01:45mais les candidats de gauche également.
01:49Et l'objet qu'il y a derrière ça,
01:52il faut bien comprendre,
01:53c'est qu'il y a des forces puissantes qui ne veulent pas d'alternative,
01:57qui ne veulent pas, même pas,
01:59de débat sur une possible alternative.
02:01Il faut voir par exemple que ce matin,
02:04on nous annonce que la Commission européenne
02:07donne des ordres aux candidats.
02:09On doit choisir une politique économique
02:13conforme aux orientations de la Commission européenne.
02:16Et donc, tout ceci va dans le même sens.
02:18La cohérence de tout ça,
02:19c'est qu'on est en train de placer le peuple,
02:23les citoyens,
02:24ceux qui vivent des souffrances sociales terribles,
02:29les jeunes qui n'ont pas d'avenir
02:32ou qui sont aujourd'hui en difficulté.
02:35Eh bien, on les met contre un mur.
02:37On les met dans un véritable piège.
02:40Oui, ils n'auront pas le droit
02:42à un vrai débat démocratique contradictoire
02:45sur des options contradictoires.
02:47Et on leur dit d'avance
02:50qu'il ne sert à rien de choisir
02:52l'un des deux candidats de la gauche aujourd'hui.
02:56C'est dans ce piège-là qu'on tente d'enfermer les gens.
02:58Et c'est pour cela qu'il faut discuter partout,
03:01dans les usines, dans les bureaux,
03:03dans les écoles, dans la rue, dans les quartiers,
03:08de telle sorte qu'on réfléchisse à cette situation
03:10qui est en train de se produire devant nous,
03:14c'est-à-dire le choix entre le retour à une droite
03:22extrémisée, à une droite qui est quand même l'héritière
03:25de ce qu'on a connu de pire dans notre pays
03:28et de quel on s'était défait.
03:30C'est ça qu'on nous propose.
03:33Et des politiques aujourd'hui
03:36conformes au canon de la mondialisation capitaliste.
03:40Et c'est en ce sens-là
03:42qu'il faut agir aujourd'hui
03:44sur le débat politique
03:45de telle sorte que les candidats de gauche
03:49progressent, parce que la gauche est trop faible aujourd'hui,
03:51et qu'on essaye d'examiner la possibilité
03:55de se rassembler,
03:58soit à l'élection présidentielle,
03:59ce qui reste difficile,
04:01mais au moins qu'il puisse y avoir ce débat,
04:05et en tout cas créer les conditions
04:06d'une majorité au Parlement,
04:08parce que dans certains cas de figure,
04:11on peut se trouver,
04:12à la suite de l'élection présidentielle
04:15ou des élections législatives cet été,
04:17dans une crise institutionnelle assez grave.
04:19On se rend maintenant en Espagne,
04:21où une vague bleue de bien meilleur augure
04:23a envahi Barcelone samedi dernier.
04:25Une marée humaine exigeait l'accueil des réfugiés
04:27au cri de « plus d'excuses,
04:29accueillons maintenant,
04:31assez de morts, ouvrons les frontières ».
04:33Les manifestants entendaient rappeler au gouvernement
04:35ses engagements envers l'Union européenne.
04:37L'Espagne devait recevoir, à partir de 2015,
04:40quelques 16 000 candidats à l'asile
04:42déjà admis dans d'autres pays,
04:43mais seuls 1 100 sont arrivés jusqu'à présent.
04:46Alors la France ne tient pas davantage
04:47ses engagements.
04:48Sur les 30 700 réfugiés que les gouvernements
04:51s'étaient engagés l'an dernier à accueillir
04:53sur le territoire d'ici fin 2017,
04:56un peu plus de 1 000 seulement
04:57ont effectivement rejoint notre pays.
04:59Alors comment faire entendre aux décideurs politiques
05:01que cette immigration n'est pas une charge,
05:03mais une chance,
05:04voire même un facteur de croissance économique,
05:06comme on peut le voir en Suède par exemple ?
05:08D'abord, la première question,
05:10c'est qu'il y a des gens aujourd'hui
05:13qui sont contraints de fuir la misère et la guerre.
05:16Et donc, il faut les accueillir.
05:18L'Union européenne doit les accueillir
05:20comme certaines institutions s'y sont engagées,
05:23pas toutes,
05:24mais aussi les États-Unis doivent en recueillir.
05:29Parce que les États-Unis,
05:31ils portent la responsabilité de la situation
05:33à partir du moment où ils ont été détruire l'Irak
05:36dans les conditions où cela a été fait.
05:38Alors, ils ont un président aujourd'hui
05:40qui refuse tout ça,
05:41mais il faut,
05:42et c'est bien ce qui s'est passé en Espagne
05:45avec cette manifestation,
05:48c'est bien aussi ce qui se passe chez nous,
05:50parce que chez nous,
05:51les populations accueillent de manière généreuse
05:54du plus petit village à la plus grande ville,
05:57ils accueillent ces réfugiés dans la solidarité.
06:01Il y a des gestes de solidarité incroyables.
06:04Donc, il y a la question de les accueillir,
06:08de leur permettre pour les enfants d'aller à l'école,
06:11pour eux-mêmes de se former,
06:12d'apprendre des langues
06:14et de créer les conditions
06:17de les insérer dans nos sociétés.
06:22Mais il ne faut pas faire que ça.
06:24Je crois qu'il y a deux choses urgentes à faire.
06:28C'est un combat sans merci
06:32pour faire prévaloir la diplomatie et la politique
06:35pour faire cesser les guerres,
06:36tout en faisant, évidemment,
06:39reculer et exterminer le terrorisme.
06:41Ça, c'est nécessaire.
06:43La seconde chose, c'est qu'il faut
06:48un plan de développement massif
06:53pour les pays méditerranéens du Maghreb, du Macrèche
06:56et l'ensemble du Proche et Moyen-Orient.
06:58Et il faudrait le commencer maintenant.
07:01Il y a des espaces de reconstruction
07:03à envahir maintenant,
07:07pour aider les gens à s'installer
07:10et sortir de la misère,
07:11car on ne fera pas reculer le terrorisme
07:14que par les bombes.
07:15On fera reculer le terrorisme
07:17par le mieux-être des populations.
07:19Donc la question qui est posée au fond,
07:21c'est une question profonde
07:23de solidarité internationale
07:26qui vise à un partage des richesses
07:28à l'échelle du monde aujourd'hui.
07:31Je crois que l'ONU,
07:32de ce point de vue,
07:33avec son nouveau président,
07:35a un rôle extrêmement important
07:36à jouer de ce côté,
07:38qu'on cesse de gâcher l'argent
07:40dans la course au surarmement
07:42qui est reparti,
07:43que cet argent,
07:43il aille plutôt dans le développement,
07:45tout en faisant les efforts nécessaires
07:48pour ce co-développement indispensable.
07:51Alors évidemment,
07:53je connais les obstacles.
07:54Je ne suis pas naïf.
07:56Je sais bien que tous ceux
07:57qui dirigent le monde
07:58ne sont pas de ces opinions-là.
08:01Et en tout cas,
08:01ils ne sont pas dans ces actes-là.
08:03Mais je crois que c'est les populations,
08:07c'est les peuples
08:08qui devraient se donner la main,
08:10y compris quand nous accueillons
08:12des réfugiés ici,
08:14des gens de grande qualité.
08:16Il faudrait parler avec eux,
08:19établir avec eux
08:20des plans de discussion,
08:25de solidarité,
08:26qu'ils en parlent
08:28dans leur famille là-bas,
08:29de telle sorte qu'on crée
08:31à un grand réseau mondial
08:32pour influer sur les dirigeants
08:34de ce monde.
08:35Si les peuples ne reprennent pas
08:36leur destin en main,
08:37ça va être extrêmement difficile
08:39de s'en sortir.
08:40On revient en France
08:41avec une vague de suicides
08:42à l'hôpital Georges Pompidou
08:44qui révèle la politique désastreuse
08:45de la PHP
08:46dont le coût humain
08:47se paye cash.
08:49Un infirmier s'est donné la mort
08:50dans la nuit du 5 au 6 février dernier
08:52en se jetant du 8e étage
08:53de l'établissement.
08:54Il y a à peine un an,
08:55c'est un cardiologue
08:56qui se suicidait
08:57dans le même hôpital.
08:59Les représentants du personnel
09:00pointent une dégradation
09:01des conditions de travail,
09:02des horaires déstructurés,
09:04la diminution des moments
09:05d'échange humain
09:05dans les services
09:06qui entraînent fatigue,
09:08stress, souffrance, mal-être.
09:10Alors, comment on diguait
09:11cette politique de rentabilité
09:12à tout crin
09:13qui fait des hôpitaux,
09:14des usines à soins
09:15et qui broie les agents ?
09:17Moi, je crois
09:19qu'il faut
09:22avoir plus
09:24que des pensées
09:24pour celles et ceux
09:25qui travaillent aujourd'hui
09:27dans les hôpitaux.
09:28Quelles que soient
09:29les catégories,
09:32les aides-soignants,
09:33les infirmiers,
09:34les infirmières,
09:35les médecins,
09:36c'est un boulot
09:37très, très, très difficile
09:40physiquement,
09:41souvent,
09:42mais psychologiquement aussi.
09:44Il faut
09:45quand même voir
09:47qu'on côtoie
09:48tous les jours
09:50des maladies diverses,
09:51la détresse,
09:52voire la mort.
09:54Et donc,
09:56il faut revaloriser cela.
09:58Et on ne peut pas
10:00revaloriser leur travail
10:03en ayant une gestion,
10:05entre guillemets,
10:05comptable de la santé.
10:08La santé, c'est la vie,
10:09donc ça n'a rien à voir
10:10avec la comptabilité.
10:11Et donc,
10:12on ne peut pas décider
10:13dans des bureaux
10:14ou dans des conseils
10:15d'administration
10:16la suppression
10:18de 53 000 lits
10:19comme on l'a fait.
10:20D'autres,
10:21comme le candidat
10:22de la droite,
10:23M. Fillon,
10:24il propose
10:25de réduire
10:26de 20 milliards
10:27encore
10:28les dépenses
10:29de l'assurance maladie.
10:32On ne devrait même pas
10:33appeler ça des dépenses.
10:34C'est de l'investissement
10:35dans l'humain
10:36dont il s'agit.
10:37C'est-à-dire,
10:38c'est de notre santé
10:39qu'il s'agit.
10:40À un moment
10:41où il y a
10:42plus de risques sanitaires,
10:43c'est paradoxal
10:44ce que nous disons,
10:45la santé a fait
10:46des progrès considérables,
10:49mais on a
10:50de nouvelles maladies
10:51aujourd'hui.
10:52Il y a des crises,
10:53la crise écologique
10:54engendre
10:55des crises sanitaires,
10:56des problématiques nouvelles.
10:58On a inventé
10:59des moyens de lutte
11:00contre certaines maladies,
11:01mais on les a rendus
11:04aussi résistantes
11:06à ces mêmes moyens.
11:07Donc, c'est un travail
11:10sans fin.
11:11Et donc, il faut les reconnaître,
11:12mais ça ne peut pas
11:13se gérer comme ça.
11:14Donc, il faut,
11:15dans le cadre
11:16d'une autre cohérence
11:18politique et économique,
11:19dans le cadre
11:20d'une autre répartition
11:22de la richesse,
11:22et sûrement d'une autre
11:24manière de la produire aussi,
11:26investir beaucoup,
11:28dans la prévention,
11:29santé,
11:30ce qu'on ne fait pas
11:31suffisamment,
11:32mais aussi dans le traitement
11:34quand c'est nécessaire,
11:35et dans l'investissement
11:38et l'innovation recherche
11:39de telle sorte
11:41qu'on aille plus vite
11:43dans le traitement
11:44aujourd'hui
11:44d'un certain nombre
11:46de maladies
11:47et qu'on continue,
11:49on a l'air de se plaindre
11:50dans ce pays
11:51et d'ailleurs
11:51qu'on allonge
11:52la durée de vie.
11:53Je trouve plutôt
11:55que c'est une bonne
11:57nouvelle
11:57et donc,
11:58mais il faut affronter ça,
12:00il faut affronter
12:01cette sorte
12:02de révolution
12:04qui est à la fois
12:05une révolution médicale
12:06mais une révolution
12:07démographique possible
12:08aujourd'hui
12:09et y consacrer les moyens.
12:10C'est complètement
12:11à rebours
12:12des critères comptables
12:13qu'on veut nous
12:15imposer aujourd'hui.
12:16Pour élargir un peu
12:17la question,
12:18ne devrait-on pas
12:18penser sérieusement
12:20à revaloriser
12:20tous ces métiers
12:21à forte utilité sociale
12:22que sont ceux
12:23des soignants
12:24mais pas seulement
12:24ceux de l'éducation
12:25etc.
12:26Des gens souvent
12:28déconsidérés
12:29et même sous-payés
12:30alors qu'ils ont
12:31la charge de vie humaine
12:32ou de l'éducation
12:32des enfants ?
12:33Moi, je suis très attaché
12:35à cette notion-là
12:37de utilité sociale
12:39pour chacune
12:39et chacun d'entre nous
12:40quels que soient
12:41les métiers.
12:42Les métiers aujourd'hui
12:43sont dévalorisés
12:44parce qu'on considère
12:46qu'on le travaille
12:48au fond
12:49c'est secondaire
12:50par rapport
12:50à la rémunération
12:51du capital
12:52dans le système
12:53que nous connaissons
12:54aujourd'hui.
12:55Or, un des facteurs
12:56de mal-être
12:57pour des millions
12:59d'individus
12:59pour des millions
13:00de gens
13:01que nous côtoyons
13:02tous les jours
13:03c'est précisément
13:04le fait
13:05qu'ils ne se considèrent
13:07plus utiles.
13:08Un paysan
13:09si on ne le traite
13:10que par le biais
13:12de vous n'êtes
13:13qu'un pollueur
13:14ou on n'a pas
13:16à rémunérer
13:17votre travail
13:18son utilité sociale
13:19est en train
13:20de disparaître.
13:21Un enseignant
13:22la manière
13:22dont les enseignants
13:23sont traités
13:24aujourd'hui
13:24en dévalorisant
13:26l'école
13:26en faisant
13:27en permanence
13:28la chasse
13:30savoir
13:30s'ils font
13:31tant d'heures
13:31ou pas d'heures
13:32s'ils sont toujours
13:32en vacances
13:33toutes ces choses
13:35dont on entend
13:36parler aujourd'hui
13:37jusqu'aux assistés
13:39jusqu'au thème
13:40des assistés
13:40mais on ne parle
13:41jamais de celui
13:42qui a son argent
13:42dans le paradis fiscal
13:43évidemment
13:44lui n'est pas
13:45un assisté
13:45ou celui
13:46qui a bénéficié
13:47de tous les cadeaux
13:48qui ont été faits
13:49depuis le quinquennat
13:50et donc
13:50un problème
13:52pour chacune
13:53et chacun d'entre nous
13:54pour se sentir bien
13:56il faut se sentir
13:58utile au collectif
13:59c'est comme ça
13:59qu'on fera société
14:00ensemble.
14:01On passe à la femme
14:02de la semaine
14:03il s'agit de Marie
14:04agent d'entretien
14:05en lutte pour son emploi
14:06alors Marie est une salariée
14:07du nettoyage
14:08travaillant depuis 2009
14:09en contrat à durée indéterminée
14:11au centre des finances publiques
14:13de Paris 11ème
14:13à l'occasion
14:14du nouveau marché public
14:16prétextant qu'elle était
14:17en situation irrégulière
14:18alors que son titre de séjour
14:20était tout simplement
14:21en train d'être renouvelé
14:22la nouvelle entreprise
14:24sous-traitante
14:24refuse de la réemployer
14:26appuyée par les syndicats
14:28et les élus communistes
14:29de la mairie du 11ème
14:30tous ses collègues
14:31sont entrés en grève
14:32lundi 20 février
14:33il compte bien
14:34poursuivre le mouvement
14:35jusqu'à ce que
14:36cette mère de famille
14:36retrouve son travail
14:38on écoute Marie
14:40je travaille à Caveniac
14:42depuis 2009
14:44après j'ai un souci
14:47de papier
14:49après jusqu'à
14:50on a changé
14:51une société
14:52qui s'appelle
14:53Nova Sol
14:54il est venu
14:55après je lui ai montré
14:57mon contrat de CDI
14:58avec mon attestation
15:00de dépôt
15:01il a dit
15:01madame
15:02non non non non
15:03je ne te prends pas
15:04laisse laisse
15:06laisse laisse
15:07il a pris le chiffon
15:08laisse
15:09tu vas régler ton problème
15:11même de moi
15:13ta place
15:14il est là
15:15après
15:15je m'ai arrêté
15:16on est parti
15:18même pas un mois
15:19ça a duré
15:20on a réglé le problème
15:22il a dit
15:23que je ne prends pas
15:24je n'ai pas dit
15:24que ta place
15:26il est là
15:26il a menti
15:28après jusqu'à maintenant
15:29on est là
15:30hier
15:31il y a quelqu'un
15:32qui est venu
15:33il m'a dit
15:34qu'on prend
15:35on prend mais
15:36on ne garde pas ici
15:38on va garder ailleurs
15:40j'ai dit non
15:41moi depuis 2009
15:42j'ai travaillé
15:43à Caveniac
15:44au troisième
15:44ma place c'est au troisième
15:46je n'irai nulle part
15:48et alors aujourd'hui
15:49depuis le mois de janvier
15:50du coup
15:51vous n'êtes pas payé
15:52depuis janvier
15:53il n'a pas me payé
15:55même je travaillais
15:56trois jours
15:56du janvier
15:57je n'ai pas me payé
15:59jusqu'à maintenant
16:00alors vous vivez comment
16:01sans salaire ?
16:02je travaille le matin
16:03ça n'appartient pas à ici
16:05il n'y a que 500
16:06tant que mon loyer
16:07c'est 600 euros
16:09je paye le 500
16:10je lui dis
16:11à un locateur
16:14que j'ai un souci
16:15je ne travaille pas
16:16le soir
16:16après on est là
16:17je suis parti
16:18chez un assistant social
16:19il m'a dit
16:20qu'il va traiter
16:21mon dossier
16:21jusqu'à maintenant
16:22je n'ai pas eu
16:23une réponse
16:24alors aujourd'hui
16:25vous avez vos papiers
16:26vous êtes tout à fait
16:27en règle
16:28vos camarades
16:29de la CGT
16:30demandent votre réintégration
16:31est-ce que ça vous a fait plaisir
16:33cette solidarité ?
16:34ouais
16:34ça me fait plaisir
16:35avec les gens
16:37des ménages
16:37on est 7
16:38ils soutiennent moi
16:39ça me fait plaisir
16:41et CGT
16:43syndicat
16:43ça me soutient
16:45et vous espérez
16:46que vous allez gagner
16:46qu'est-ce que vous espérez
16:47maintenant ?
16:48j'espère
16:49on va y aller
16:50jusqu'au bout
16:51si on a gagné
16:52si on n'a pas gagné
16:53mais on va jusqu'au bout
16:55c'est quoi au bout ?
16:57jusqu'à
16:57il me prend
16:59alors Patrick
16:59que vous évoque
17:00ce témoignage
17:01à l'heure où
17:02l'externalisation
17:02d'un grand nombre
17:03de services
17:04dans les entreprises
17:04et les administrations
17:06fragilise des salariés ?
17:07d'abord
17:08c'est très émouvant
17:11secondement
17:12s'il y a
17:13l'externalisation
17:14comme on la connaît
17:15de plus en plus
17:16c'est précisément
17:17parce qu'on
17:18compresse
17:19de plus en plus
17:20l'économie
17:21des entreprises
17:22aujourd'hui
17:23et donc
17:24on externalise
17:25pour avoir
17:26du travail
17:27de la main d'oeuvre
17:28entre guillemets
17:30à bon marché
17:30en tout cas
17:31moins cher
17:32que si
17:32ils étaient au statut
17:33ma troisième remarque
17:35c'est que
17:36c'est formidable
17:37qu'il y a eu
17:39cette solidarité
17:40entre
17:41les élus
17:43les élus communistes
17:44essentiellement
17:45ses collègues
17:46de travail
17:47à la fois
17:47de l'entreprise
17:48mais aussi
17:50des finances publiques
17:51et donc ça
17:52c'est formidable
17:53et c'est
17:53la solidarité
17:54qui nous donne
17:55de la force
17:55et ma dernière remarque
17:56c'est que
17:59on est en train
18:00de voir
18:00dans ce cas là
18:01à quel point
18:02c'est important
18:03d'être syndiqué
18:04parce que
18:04être syndiqué
18:05c'est être relié
18:06à d'autres
18:07de constituer
18:09ensemble
18:09en se rassemblant
18:10une force
18:11et c'est ça
18:12qui permet
18:12de gagner
18:13et donc
18:13on ne peut
18:14que suggérer
18:15à chacune
18:16et chacun
18:16de ne pas écouter
18:17ceux qui veulent
18:19détruire aujourd'hui
18:20les syndicats
18:20mais de venir
18:23notamment
18:24à la CGT
18:25parce qu'on est sûr
18:26d'être défendu
18:27On termine
18:27avec notre page
18:28culture
18:29et pour cela
18:30on se rend maintenant
18:30à Aubervilliers
18:31dans cette ville
18:33multiculturelle
18:33il existe un trésor
18:35il est constitué
18:36de poèmes
18:36rédigés dans les langues
18:37maternelles des habitants
18:38et collectés
18:39avec le concours
18:40de la compagnie
18:40Les Souffleurs
18:41Commando Poétique
18:42cette troupe
18:43de performeurs
18:44originaire de région parisienne
18:45se produit désormais
18:46dans le monde entier
18:47alors le 21 février dernier
18:49c'était la journée
18:50des langues maternelles
18:51est-ce que vous pouvez
18:52nous dire un mot
18:52de cette initiative
18:53et surtout
18:54en quoi est-ce important
18:55à votre avis
18:56de valoriser
18:56les langues des pays
18:57d'origine
18:58de chacun des habitants
18:59d'un territoire
18:59Oui il y a depuis
19:01l'année 1999
19:03une journée mondiale
19:04des langues maternelles
19:06et en France
19:06il y a deux endroits
19:07qui les accueillent
19:08l'UNESCO
19:09qui en a été à l'origine
19:11et la ville
19:12d'Aubervilliers
19:14Aubervilliers
19:15c'est une ville
19:16de culture
19:17et des cultures
19:19une ville
19:19qui porte
19:20la culture
19:21et qui porte
19:21les cultures
19:22et c'est une ville
19:25qui fait
19:27ce mélange
19:29entre
19:31150
19:32ou 180
19:33nationalités
19:34qui
19:35viennent de
19:37partout
19:38dans le monde
19:39dans la rue
19:39à Aubervilliers
19:40on entend parler
19:42arabe
19:44bengali
19:45chinois
19:48et ça fait
19:50sa richesse
19:50parce que
19:52on vient de vivre
19:53une expérience
19:54là pendant le mois
19:55de décembre
19:55où mon amie
19:57la mère
19:57madame
19:58Myriam Derkawi
20:00a consulté
20:02les habitants
20:02sur un
20:03futur
20:04de la ville
20:05sur la ville
20:06après les années
20:072020
20:09et
20:09à la surprise
20:11de beaucoup
20:11de monde
20:12de beaucoup
20:12de monde
20:13il est venu
20:15dans
20:15toutes ces réunions
20:16qui toutes
20:17se sont réunies
20:18non pas dans
20:20des salles municipales
20:20ou dans
20:21les écoles
20:22comme d'habitude
20:22mais dans
20:23des lieux
20:24de patrimoine
20:25ou de culture
20:26de la ville
20:28et il est venu
20:29à peu près
20:3020 000 personnes
20:31dans
20:329 ou 10 réunions
20:34puisqu'on en a ajouté
20:35une
20:36et ce qui était
20:37incroyable
20:38c'est cette fraternité
20:39qui s'est dégagée
20:40mais une fraternité
20:42constructive
20:43les gens
20:43ils ont dit
20:44ce qu'ils avaient
20:45besoin de dire
20:46mais toujours
20:47dans la construction
20:48justement dans la construction
20:49de cette ville
20:50de demain
20:51qui est en plein
20:52mouvement
20:52aujourd'hui
20:53et donc
20:54cette richesse
20:55cette diversité
20:56évidemment
20:56nous la cultivons
20:58nous sommes à la fois
20:59des cultivateurs
21:00de culture
21:01et
21:03on a accueilli
21:05avec
21:05Myriam Derkawi
21:07et le premier adjoint
21:08Anthony Daguet
21:09le 21 février
21:11précisément
21:11le week-end dernier
21:13ce grand forum
21:15des langues maternelles
21:17qui est important
21:18parce que
21:19la langue maternelle
21:20c'est
21:24la langue
21:25qu'on parle
21:26au début
21:28et
21:29c'est du lieu
21:30d'où on vient
21:31aussi
21:31et donc
21:32on vient
21:32avec sa part
21:33de culture
21:34avec sa part
21:35d'histoire
21:35qu'on porte
21:36avec nous
21:37mais qu'on échange
21:38avec d'autres
21:39c'est totalement
21:40différent
21:40de l'uniformisation
21:41culturelle
21:42qu'on veut nous
21:43imposer
21:44aujourd'hui
21:44avec
21:45parler
21:46cette espèce
21:47d'english
21:48globish
21:49partout
21:49dans toutes les relations
21:51c'est autre chose
21:52que nous essayons
21:53de faire
21:53et donc
21:54il y aura
21:55des actes
21:57supplémentaires
21:58parce que
21:58nous allons
21:59continuer à être
22:00la ville
22:00qui va
22:01accueillir
22:02cela
22:03et
22:04il y a
22:05ce que vous dites
22:06nous allons faire
22:06un trésor
22:07municipal
22:09et mondial
22:10des langues
22:11maternelles
22:11pour porter
22:13la poésie
22:13nous
22:14faisons
22:15déjà
22:15un
22:17lieu
22:18patrimonial
22:19où
22:21on va
22:22recueillir
22:24la poésie
22:26venant du monde
22:27entier
22:27à partir
22:28des langues
22:29maternelles
22:29et on est
22:30en train
22:30d'envisager
22:31une maison
22:32de la culture
22:33et des langues
22:34maternelles
22:34où on va
22:36permettre
22:38l'enseignement
22:38de ces langues
22:39maternelles
22:40c'est à dire
22:40que
22:40quelqu'un qui viendra
22:42de tel ou tel
22:42contré
22:44de tel ou tel
22:45pays
22:45mais pas seulement
22:46les pays
22:46les contrés
22:47moi qui suis breton
22:47je sais à peu près
22:48de quoi je parle
22:49et bien on aidera
22:51à
22:53à la fois
22:53à l'enseignement
22:55et on aidera
22:55des gens
22:56à se cultiver
22:57à se connaître
22:58et à se reconnaître
22:59dans
23:00ce mélange
23:01et c'est ça
23:02qui permet
23:03de faire
23:03d'Aubervilliers
23:04cette ville
23:05très
23:08mixte
23:08multiculturelle
23:10et aussi fraternelle
23:11comme elle l'est
23:12aujourd'hui
23:12merci Patrick Leyaric
23:14on se retrouve
23:15très bientôt
23:16pour un nouveau
23:16numéro
23:17de regard
23:17sur l'actualité
23:18de l'actualité
23:26de l'actualité