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  • il y a 13 heures
Lors de ce rendez vous hebdomadaire nous soumettons plusieurs sujets marquants de la semaine au directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, afin de recueillir ses réactions et analyses. Au sommaire de l'édition du vendredi 3 février : les milliardaires du gouvernement Trump, Angela Davis à la "Marche des Femmes" du 21 janvier, les licenciements boursiers, le CETA et les 40 ans de Beaubourg.

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Transcription
00:05Bonjour et bienvenue dans ce troisième numéro de Regards sur l'actualité.
00:09Bonjour Patrick Leyaric.
00:10Bonjour.
00:11Alors on commence tout de suite cette émission avec le chiffre de la semaine, 50 milliards de dollars.
00:17C'est la fortune de Donald Trump et de 9 des membres de son gouvernement qui est le plus argenté
00:22de l'histoire américaine.
00:23Un président qui se prétendait la voix des oubliés mais qui va défendre les intérêts des super-riches et encourager
00:29la voracité sans limite des loups de Wall Street.
00:32Alors les premières mesures du nouveau président américain sont plutôt inquiétantes.
00:37Va-t-il servir d'épouvantail ou de modèle pour les pays européens lors de prochaines élections, Patrick Leyaric ?
00:43Ni modèle vraisemblablement ni épouvantail forcément.
00:47Cela va dépendre de la prise de conscience des citoyens dans l'Union européenne et au-delà de ça.
00:53Aux États-Unis d'abord où il y a déjà des mouvements contre ce qu'il dit et ce qu
00:59'il fait.
01:00Et puis ici même parce qu'on voit bien qu'il a désigné l'Union européenne aux côtés de la
01:05Chine comme étant son ennemi,
01:08comme il désigne le Mexique comme étant son ennemi, comme il désigne les Noirs comme étant son ennemi.
01:13Et ce qui est vrai dans ce que vous suggérez dans votre question, c'est qu'il y a des
01:20forces dans l'Union européenne qui s'inspirent de lui ou sont tentées de s'inspirer de lui.
01:27Ceux-ci se développent et c'est très inquiétant.
01:30Mais peut-être que raison de plus pour se solidariser, pour solidariser les salariés, le monde du travail et de
01:38la création,
01:39les retraités, les privés d'emploi de l'Union européenne sur une autre base, sur la base d'une refondation
01:46de la construction européenne actuelle.
01:48Parce qu'on ne peut pas suivre évidemment ce modèle qui exclut certaines catégories de la population et qui fait
01:56la part belle précisément aux hommes qui ont l'argent et aux femmes qui ont l'argent.
02:03Et c'est des tentatives qui existent par chez nous aussi.
02:07C'est-à-dire que jusque-là, les hommes politiques du conservatisme et de la droite étaient des mandataires des
02:17intérêts des puissances financières.
02:19Mais aux États-Unis, ce sont les puissances financières qui se sont installées dans les ministères et à la Maison
02:24-Blanche.
02:25Alors il est temps maintenant de découvrir la femme de la semaine.
02:27Il s'agit d'Angela Davis, infatigable militante féministe, figure du mouvement noir de libération des années 70.
02:35Elle a été deux fois candidate à la vice-présidence des États-Unis pour le Parti communiste.
02:40Et elle était à la marche des femmes organisée à Washington samedi 21 janvier.
02:45On l'écoute.
03:05Le struggle de sauver le planète, de stopper le changement climatique, de garantir l'accessibilité de la water,
03:16de la terre de la standing rock sioux, de Flint, Michigan, de la West Bank et de Gaza.
03:25The struggle to save our flora and fauna, to save the air, this is ground zero of the struggle for
03:37social justice.
03:40This is a women's march.
03:44And this women's march represents the promise of feminism as against the pernicious powers of state violence.
03:57An inclusive and intersectional feminism that calls upon all of us to join the resistance to racism,
04:19to Islamophobia, to anti-semitisme, to misogyny, to capitalists exploitation.
04:28Patrick Lelyaric, à l'heure où partout dans le monde les droits des femmes sont malmenés,
04:33y compris dans les plus grands pays comme les États-Unis, on vient de le voir,
04:36la France ou la Russie qui vient de légaliser les violences conjugales,
04:40considérez-vous comme Angela Davis que là où reculent les droits des femmes,
04:44c'est la démocratie qui fait un bond en arrière ?
04:46Oui, parfaitement.
04:48Elle a utilisé dans son discours un terme extrêmement important,
04:53qui peut-être n'est pas compris, mais c'est le fait que ces luttes-là,
05:00la lutte, la marche des femmes aux États-Unis était une lutte intersectionnelle.
05:04Autrement dit, elle dit que c'est universel en quelque sorte.
05:09C'est que dès lors qu'aujourd'hui, dans une société marquée par deux phénomènes,
05:16la concurrence libre, dite non faussée, mais elle est libre comme une loi de la jungle,
05:23et la montée d'un phénomène politico-religieux dans la société,
05:28on voit bien que ça sert le système.
05:31C'est-à-dire qu'on va utiliser le fait que les femmes ne seraient pas légales des hommes,
05:41c'est-à-dire qu'elles ne seraient pas des êtres humains comme les hommes,
05:44à la fois pour augmenter les discriminations et des sortes de ségrégations,
05:50mais en même temps pour alimenter ce système.
05:53Et donc, le fait qu'il y a cette marche avec ce contenu-là,
05:57c'est-à-dire un contenu qui est regroupant en quelque sorte,
06:00parce qu'il est à la fois féministe mais antiraciste,
06:04féministe mais aussi porteur des valeurs pour l'égalité,
06:09pour l'écologie, pour la liberté.
06:12Je crois que c'est un enjeu qui peut-être,
06:16je ne suis pas sûr de ce que je dis,
06:17mais peut-être qu'il est trop sous-estimé chez nous.
06:20Je crois que c'est un enjeu majeur pour toute notre humanité,
06:24c'est-à-dire ne pas laisser faire ce qui est en train de se passer
06:28dans l'Union européenne aujourd'hui,
06:30en Russie, aux États-Unis et puis dans d'autres endroits
06:34où les femmes non seulement sont bafouées, violentées, mises au rencard,
06:41mais elles sont considérées comme des sous-êtres humains.
06:48On ne peut pas laisser faire ça.
06:49C'est notre humanité en quelque sorte qui est en cause.
06:51Et de ce point de vue, ce qui est en train de naître là est très intéressant.
06:55On passe à la rubrique sociale.
06:57Alors pendant que les médias nous abreuvent du Penelope Gate
07:00et autres querelles politiciennes,
07:02les liquidations continuent.
07:04Deux exemples.
07:05Le groupe Vivarté, qui comprend l'âle aux chaussures, l'âle aux vêtements,
07:09André, Minelli, Nafnaf et bien d'autres,
07:12il multiplie les licenciements massifs,
07:14ainsi que les sessions d'enseignes, fusion, restructuration,
07:18fermeture de magasins et suppression de près de 800 emplois.
07:23Voici ce que souhaite Patrick Puy, le PDG Job Killer du groupe,
07:27à ses salariés pour l'année 2017.
07:29Notons au passage que le groupe Vivarté a touché 44 millions d'euros de l'État
07:34depuis 2014, dont 14 en 2016,
07:38au titre du Crédit d'impôt Compétitivité Emploi, le fameux CICE.
07:43Leur seul intérêt aujourd'hui, c'est de démanteler le groupe
07:46pour récupérer le plus de fonds
07:48et arriver à sortir de Vivarté avec les poches pleines.
07:51Autre exemple, à Amiens, l'usine Whirlpool,
07:54qui fabrique des machines à laver haut de gamme,
07:56annonce sa délocalisation vers la Pologne.
07:59Au-delà des 290 postes supprimés,
08:02cette fermeture menace des dizaines d'emplois
08:04chez le principal sous-traitant de l'usine, Prima, toujours à Amiens,
08:07et c'est également une très mauvaise nouvelle
08:09pour les 50 à 250 intérimaires
08:12qui avaient l'habitude de travailler chez Whirlpool.
08:14Alors, on pourrait hélas multiplier ces exemples.
08:17Face à cette recherche de rentabilité à tout crin,
08:20est-ce que les politiques ont la possibilité d'agir
08:23pour éviter la désindustrialisation du pays
08:25et la grave casse sociale que cela engendre ?
08:28Il faut avoir le courage de s'attaquer à ça maintenant.
08:32Ça fait 20 à 25 ans qu'on se trouve devant ces phénomènes,
08:37à la fois, soit des entreprises qui se développent par endettement,
08:42il y en a encore actuellement et des grosses,
08:44et au bout du bout de tout ça, c'est le cas de Vivart.
08:49Soit des entreprises qui jouent à l'intérieur de l'Union européenne
08:53la concurrence précisément, c'est-à-dire,
08:56ils délocalisent dans des lieux où ils considèrent
08:59qu'ils vont pouvoir augmenter leurs profits,
09:01mettant les salariés sur le carreau,
09:05et puis détruisant littéralement des territoires,
09:08ce qui est en train de se passer en Picardie et à Amiens particulièrement,
09:12et de ce point de vue, extrêmement inquiétant.
09:15On ne peut pas laisser faire.
09:16Alors, est-ce qu'ils ont le pouvoir ?
09:17Oui, c'est une question de volonté politique.
09:19Si on faisait des efforts pour harmoniser les rémunérations
09:24dans l'ensemble de l'Union européenne,
09:26ce serait le contraire de la concurrence.
09:28Si on ne donnait pas sans condition de l'argent du crédit impôt compétitivité,
09:35comme ils l'appellent si bien,
09:37dont on nous a dit que ça servait à maintenir l'emploi,
09:40on voit bien que c'est un funeste mensonge.
09:42Donc, au moins qu'il y ait le contrôle,
09:47qu'il y ait des obligations de résultats,
09:49mais dans le cas-là, il faut qu'ils remboursent.
09:51Et donc, il faut que l'Assemblée nationale
09:54prenne des dispositions pour empêcher les plans de licenciement
09:57dès lors qu'ils servent à augmenter les profits et la rémunération des actionnaires.
10:02Et au-delà de ça, il faut une visée bien plus importante.
10:06C'est ce qu'ont proposé cette semaine mes amis André Chassaigne et Pierre Laurent,
10:11qui ont déposé une proposition de loi sur les bureaux des deux assemblées,
10:15pour dire qu'il faut inventer ce qu'on pourrait appeler
10:18une nouvelle sécurité sociale,
10:21une sécurité sociale qui garantit un travail ou une activité à chacune et à chacun,
10:27et qui garantit en même temps une continuité de rémunération
10:31sans diminution, évidemment, de celle-ci, quelle que soit la période.
10:36On peut sortir de son travail pendant des mois, voire des années,
10:42pour avoir une activité.
10:44On peut faire de la solidarité.
10:45On peut développer des associations.
10:47On peut être élu.
10:48On peut être élu local.
10:49On peut s'occuper des autres.
10:51On peut aussi, on va devoir se former.
10:54La transition numérique, la transition environnementale
10:57va nous obliger à nous former
10:59parce qu'il va y avoir de nouveaux métiers.
11:01Donc, il faut qu'il y ait continuité de revenus.
11:03C'est une proposition tout à fait nouvelle,
11:08extrêmement révolutionnaire,
11:09et qui vise à ce qu'il y ait zéro chômeur dans notre pays.
11:12Alors, si les fermetures et les pillages d'usines
11:15dont on vient de parler sont le symbole de la mondialisation malheureuse,
11:19l'accord commercial entre l'Union européenne et le Canada
11:22en serait la consécration.
11:23Le fameux CETA impliquerait en effet
11:26la suppression de droits de douane,
11:28la déréglementation du commerce de biens et de services
11:31et le nivellement vers le bas
11:32des normes sociales, environnementales et alimentaires.
11:36Il est actuellement négocié très discrètement à Bruxelles
11:39sous l'influence des lobbies des multinationales.
11:41Alors, face à ce nouveau déni démocratique
11:44et malgré le peu d'entrain des médias à s'emparer du sujet,
11:47dans toute l'Europe, la résistance citoyenne
11:49et des parlementaires de gauche s'organisent.
11:51Alors, Patrick Le Yaric,
11:53qu'est-ce qui pourrait encore aujourd'hui
11:54arrêter ce fameux CETA ?
11:56D'abord, ce que vous avez dit.
11:58Le mouvement citoyen qui est en cours
12:01ici, dans l'Union européenne,
12:03mais aussi au Canada,
12:04avec les associations de consommateurs,
12:06les organisations syndicales,
12:08des forces politiques progressistes.
12:10D'autre part, il va y avoir un vote
12:13au Parlement européen
12:15dans quelques jours,
12:16le 15 février prochain.
12:19Et moi,
12:19quels que soient ses votes antérieurs,
12:23quels que soient ses opinions,
12:24j'engage chacune et chacun
12:26à interpeller les députés européens
12:29pour leur demander de ne pas voter ce texte.
12:33parce que ce texte,
12:35c'est un texte, comme vous l'avez dit,
12:36qui élimine les droits de douane,
12:38qui organise la dérégulation.
12:39Mais il va bien plus loin que cela.
12:42Parce qu'il faut savoir, par exemple,
12:45que dès lors qu'une assemblée locale
12:49ou notre assemblée nationale
12:51voudra voter un texte
12:54qui ne sera pas conforme
12:57au fond des orientations
12:59qu'il y a dans le traité avec le Canada,
13:03eh bien, il y a un organisme
13:04qui s'appelle un organisme
13:05de coopération réglementaire.
13:07Cela apparaît sympa comme cela
13:08à première vue.
13:09Mais cet organisme
13:11de coopération réglementaire
13:12qui est fait de juristes
13:14payés par les lobbies de chaque côté
13:17dira, lui,
13:19jusqu'où peut aller
13:20telle ou telle loi,
13:22telle ou telle décision
13:23que prend une collectivité locale
13:25ou l'Assemblée nationale.
13:26Autrement dit,
13:27il y aura a priori
13:29un contrôle sur la possibilité
13:32pour nos élus
13:32de voter tel ou tel texte.
13:35Dès lors qu'on aura un texte,
13:36par exemple,
13:37je viens de parler
13:37de la sécurité sociale professionnelle,
13:39il est bien évident
13:40que la sécurité sociale professionnelle
13:42est interdite
13:44par les multinationales
13:45qui, elles,
13:45veulent pouvoir utiliser
13:47la main-d'oeuvre
13:48où bon lui semble,
13:50quand bon lui semble,
13:51au prix qu'elle veut,
13:52au salaire qu'elle veut
13:53et aux conditions de travail
13:54qu'elle veut.
13:55Et donc,
13:56eh bien,
13:57on sera embêté.
13:59Une entreprise
14:00qui importera du gaz de schiste
14:02ou qui voudra produire ici
14:04du gaz de schiste,
14:05si on s'y oppose,
14:07eh bien, évidemment,
14:08on nous dira a priori.
14:09Et comme ça ne suffit pas,
14:11ils ont inventé
14:12quelque chose d'incroyable.
14:14C'est un tribunal
14:15international privé,
14:17ce tribunal international privé
14:19qui est au seul service
14:22des multinationales
14:23et qui pourra
14:26poursuivre
14:26une municipalité,
14:28une région,
14:29un département,
14:30l'État,
14:30notre État français,
14:31l'Union européenne elle-même,
14:33devant les tribunaux
14:35dès lors qu'elle considérera
14:37que c'est contraire
14:38au droit d'investissement.
14:41C'est-à-dire,
14:41on est en train d'inventer
14:43un droit nouveau
14:44qui n'est pas le droit humain,
14:46qui est le droit des affaires.
14:48Et donc,
14:49ceci est extrêmement grave.
14:51Et il y a un doute
14:54sur la compatibilité
14:58entre le droit
15:00que veut inventer
15:01cet accord
15:02de libre-échange
15:03avec le Canada
15:05et notre propre droit européen.
15:08Et c'est pour ça
15:08que nous avons demandé
15:10à plusieurs reprises
15:11que ce traité
15:12soit déféré,
15:14soit étudié
15:14par la Cour de justice européenne.
15:16Comme l'avait demandé
15:17d'ailleurs le président
15:18de la Wallonie,
15:19M. Magnette,
15:20quand il s'est battu
15:21il y a plusieurs semaines
15:23de cela.
15:23Et ceci nous est refusé
15:25puisque nous nous sommes trouvés
15:26en minorité
15:27au Parlement européen
15:28là-dessus.
15:29Mais comment se fait-il
15:31que tel ou tel individu
15:34qui ne respecte pas
15:36le droit,
15:37lui immédiatement
15:38il est en comparution immédiate,
15:40mais là on va permettre
15:42qu'un nouveau droit
15:44s'impose
15:44par-delà de notre droit
15:47européen
15:48et ceci
15:49sans discussion aucune.
15:51Donc il faut
15:52par tous les moyens
15:54dont on dispose
15:54faire échouer cela.
15:57Donc la prochaine étape
15:59c'est essayer
16:00d'obtenir une autre majorité
16:01au Parlement européen
16:02ce sera difficile,
16:03c'est pour ça
16:04qu'il faut se mobiliser
16:05et après
16:06il faudra étudier
16:08d'autres choses
16:08parce qu'il y a
16:10quelque chose aussi
16:11d'assez incroyable
16:13c'est que
16:14bien avant
16:15que les parlements nationaux
16:16pourront donner
16:16leur opinion
16:17pour savoir
16:18s'ils sont d'accord
16:19on va quand même
16:20appliquer l'accord
16:21on dit
16:22que c'est un accord
16:23provisoire.
16:24Donc on sait bien
16:25que le provisoire
16:26dans ces conditions-là
16:27va durer
16:28mais il va durer
16:29au détriment
16:30des populations
16:31au détriment
16:32des paysans
16:32au détriment
16:33de nos services publics
16:34au détriment
16:35de la qualité alimentaire
16:36au détriment
16:37de notre santé
16:38donc il ne faut pas
16:39absolument pas
16:40laisser faire ça.
16:41Pour terminer
16:41cette émission
16:42nous vous emmenons
16:43maintenant au musée
16:44il y a 40 ans
16:45le 31 janvier 1977
16:47le musée d'art moderne
16:48était inauguré
16:49à Paris
16:50décrié avant son ouverture
16:52Beaubourg
16:53est devenu
16:53un emblème
16:54de l'art moderne
16:55et contemporain
16:56qui a vu défiler
16:57plus de 102 millions
16:58de visiteurs
16:59on regarde tout de suite
17:00une archive
17:03le centre d'art
17:05et de culture
17:05Georges Pompidou
17:18un immense vaisseau
17:20fait de verre
17:22et de métal
17:23au service
17:24de l'art contemporain
17:25l'aboutissement
17:27d'une véritable
17:27épopée architecturale
17:29commencée par un concours
17:30international
17:31et signée
17:32Renzo Piano
17:33et Richard Rogers
17:35des milliers
17:36de mètres carrés
17:37consacrés à la culture
17:39édifice surprenant
17:40lorsqu'on le découvre
17:41pour la première fois
17:42puis peu à peu
17:43attachant
17:44la contestation
17:45souvent violente
17:46qui entoura le projet
17:47et sa réalisation
17:48ne saurait être
17:49l'arbre qui cache la forêt
17:50le centre existe
17:5220 000 personnes
17:53sont venues le constater
17:54au lendemain
17:55de l'inauguration
17:55ce sont ses visiteurs
17:57qui lui apporteront
17:58au fil des mois
17:59et des années
18:00sa véritable légitimité
18:02l'ambition de Georges Pompidou
18:04le fondateur de Beaubourg
18:05était de démocratiser
18:06l'accès à l'art
18:07et la culture
18:08alors est-ce que le pari
18:09à votre avis
18:10est réussi
18:10et aujourd'hui en France
18:12qui porte cette ambition ?
18:14Oui il semblerait
18:15que le pari
18:16est réussi
18:16c'est un beau lieu
18:19où viennent
18:20comme vous l'avez dit
18:21beaucoup de gens
18:22c'est à la fois
18:23un lieu de création
18:24c'est un lieu
18:26qui porte la connaissance
18:28qui porte les savoirs
18:29qui les met à la disposition
18:30d'un large public
18:32et cela dans
18:33les différentes disciplines
18:35de l'art
18:36et ceci donc
18:37est très intéressant
18:38et doit être valorisé
18:39même s'il est vrai
18:40qu'à l'époque
18:41le bâtiment lui-même
18:43a été discuté
18:44a été parfois moqué
18:46mais c'est une belle réalisation
18:48et un bel endroit
18:52pour se cultiver
18:54pour s'élever
18:55pour s'émanciper
18:56en quelque sorte
18:57et donc il faut le souvenir
18:59malheureusement
19:02son budget
19:03est trop
19:06rabougri
19:06trop limé
19:08comme d'ailleurs
19:09le budget de la culture
19:10et donc
19:10qui porte aujourd'hui
19:12une telle ambition
19:13malheureusement
19:14on ne le voit pas
19:17puisque
19:18mis à part
19:19les collectivités territoriales
19:20les communes
19:21particulièrement
19:22les communes
19:23où mes amis
19:24gèrent
19:25comme à Ivry
19:25comme à Aubervilliers
19:26comme à Saint-Denis
19:28comme
19:28il fut un temps
19:29au Blanc-Ménil
19:30où il y a eu
19:31sous la direction
19:32du maire
19:33à l'époque
19:36l'idée de créer
19:37un grand forum
19:38de rencontres
19:38etc
19:39mais dans un contexte
19:41d'austérité
19:42dans un contexte
19:42où on diminue
19:43les crédits publics
19:45et malheureusement
19:46bien souvent
19:46les crédits publics
19:48qu'on diminue
19:49sont ceux
19:50qui sont destinés
19:51à la culture
19:52donc au développement humain
19:53et ça
19:54il faut absolument
19:55combattre ça
19:56mais il y a pire
19:58je crois
19:59c'est que
20:00il y a une tendance
20:01aujourd'hui
20:02portée par un certain
20:03nombre de gens
20:05à non seulement
20:07marchandiser
20:08la culture
20:09mais
20:10à privatiser
20:12la culture
20:12il y a par exemple
20:14un rapport
20:15publié il y a quelques années
20:17qui est une partie
20:18du programme caché
20:20de monsieur Macron
20:20qui s'appelle
20:22le rapport
20:22juillet-lévis
20:25et
20:25c'est un rapport
20:27qui porte précisément
20:28là-dessus
20:28qui porte
20:29sur la société
20:30de l'immatériel
20:32où on le dit
20:33textuellement
20:34qu'il convient
20:35de traiter
20:36le capital
20:38humain
20:38de manière économique
20:40donc de traiter
20:42l'être humain
20:43mais aussi
20:44de traiter
20:45la création
20:47la création
20:47immatérielle
20:48l'art
20:49et la culture
20:49en
20:50la vendant
20:52comme
20:53on vend
20:54un musée
20:55à Abu Dhabi
20:56comme on vend
20:57telle ou telle collection
20:58à tel ou tel endroit
20:59mais
21:00au bout du compte
21:01c'est le contraire
21:02de Beaubourg
21:03ça
21:04conduit
21:05à ce que
21:06chacune et chacun
21:08quels que soient
21:08ses revenus
21:09ne peut pas
21:10y accéder
21:11ou ne pourra
21:11pas y accéder
21:12et donc il faudra
21:13combattre ça
21:13et je crois
21:14qu'un des grands
21:15enjeux
21:16d'avenir
21:17c'est précisément
21:18pour toutes
21:19les questions
21:20qu'on a abordées
21:21celle de l'émancipation
21:22des femmes
21:23celle de la question
21:24d'une sécurité
21:25dans l'emploi
21:26celle de l'éducation
21:27je crois que
21:28parmi les priorités
21:30qu'il faut se fixer
21:31c'est aider
21:33à développer
21:34l'aide
21:36à la connaissance
21:37à l'éducation
21:37à la formation
21:38et surtout
21:39l'accès à la culture
21:40je crois
21:41qu'il faut revenir
21:42à cela
21:42parce que plus
21:44on aura
21:44de gens
21:45qui auront accès
21:46à la culture
21:46qui seront cultivés
21:48et qui seront
21:49au fait
21:49dans des situations
21:50qui auront
21:51un imaginaire critique
21:53et bien mieux
21:54ça ira pour nous tous
21:55Patrick Lujaric
21:56merci
21:56merci beaucoup
21:57on se retrouve
21:58très bientôt
21:59pour un nouveau numéro
22:00de Regards sur l'actualité

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