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Lors de ce rendez-vous hebdomadaire nous soumettons plusieurs sujets marquants de la semaine au directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, afin de recueillir ses réactions et analyses. Au sommaire de l'édition du vendredi 31 mars : la Guyane, les retraites, le "vote utile", la guerre au Yémen et un musée en exil pour la Palestine.
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00:02Générique
00:06Bonjour et bienvenue dans Regards sur l'actualité.
00:08Bonjour Patrick Le Yariq.
00:09Bonjour.
00:10Alors on commence tout de suite avec le chiffre de la semaine.
00:15973, c'est l'indicatif d'un département français qui fait la une de l'actualité.
00:19Vous l'aurez deviné, il s'agit de la Guyane.
00:22Abandonné par la République, ce territoire est sinistré.
00:25Le chômage y touche 23% de la population active, soit plus du double que sur l'ensemble du territoire
00:30français.
00:31Et les jeunes sont particulièrement impactés puisque 44% des 15-24 ans n'ont pas de travail.
00:37Le taux de pauvreté y est de 44,3% en Guyane contre 14% pour la France entière.
00:44Une situation qui, associée aux carences des services publics, génère insécurité et délinquance
00:50et a conduit les habitants à manifester leur exaspération en descendant massivement dans les rues mardi dernier
00:57pour réclamer un engagement fort de l'État.
01:00Alors que la base de Kourou et la fusée Ariane font la fierté de la France,
01:04comment expliquer que les gouvernements successifs aient autant délaissé la population guyanaise ?
01:08Et à votre avis, Patrick, qu'est-ce qu'on pourrait faire de manière urgente pour remédier à cette situation
01:13?
01:13La Guyane, en vérité, c'est le révélateur d'une réalité augmentée, celle de la crise en général,
01:22celle de la crise de notre République, celle des inégalités.
01:25Et c'est vrai qu'il y a ce contraste saisissant entre le nec plus ultra de la technologie,
01:33l'endroit où on lance des fusées qui nous permettent d'aller découvrir d'autres planètes,
01:40et à côté des gens qui sont dans la difficulté, qui sont démunis,
01:45la moitié de la population qui est sous le seuil de pauvreté.
01:49On a là du minerai, d'or, et des gens qui n'ont pas d'argent.
01:56On a des richesses incommensurables, des richesses du sous-sol, la forêt,
02:01possiblement le tourisme, et malgré cela, on se trouve dans cette situation extrêmement difficile.
02:06On leur avait promis un certain nombre de choses.
02:09On avait notamment fait ce qu'on appelle un pacte d'avenir.
02:14Manifestement, c'est resté un chiffon de papier.
02:17C'est le chiffon des souvenirs, puisque rien n'a été fait concrètement.
02:21Donc il faut prendre en considération, maintenant, ce qui est réclamé là,
02:27comme dans tous les territoires dits d'outre-mer,
02:30car ce n'est qu'une réplique des mouvements qui ont eu lieu ces derniers temps,
02:35où les poètes avaient réclamé le partage, le commun.
02:42Et justement, si on revenait à la culture de ces peuples,
02:50la culture notamment du peuple guyanais, qui est celui du partage des richesses,
02:54on ne peut pas vivre dans un endroit qui est ce contraste qui fait tant de mal aux gens.
03:02Et donc, il faut investir massivement, et c'est possible.
03:06Il faut, par exemple, rapidement une centaine d'écoles élémentaires.
03:10Il faut investir dans les services publics.
03:12Il faut apporter des réponses à l'enjeu de l'insécurité,
03:17parce que si l'insécurité perdure, ils ne développeront pas leur tourisme, par exemple.
03:21Il faut cesser de piller les forêts, et au contraire, valoriser les forêts,
03:26qui peut être une richesse de demain.
03:29Il faut permettre aux jeunes d'accéder à des formations,
03:34parce que la base de courroux elle-même,
03:37ce qu'on pourrait développer autour de la base de courroux,
03:40pourrait permettre aujourd'hui à des jeunes d'accéder à des métiers extrêmement intéressants,
03:47à des métiers valorisants,
03:48et qui pourraient être la fierté de ce peuple,
03:52comme serait la fierté de notre République pour chacune et chacun d'entre nous.
03:58Et il faut imaginer vraisemblablement des solutions de partage,
04:03des solutions de coopération, autres, avec le Brésil,
04:07de telle sorte qu'on fasse en sorte que,
04:11tout en étant dans la République française,
04:13c'est-à-dire non pas des Français à part,
04:17mais des Français partie-prenant réellement de notre République,
04:21en coopération avec d'autres territoires,
04:24notamment, je crois, le gouvernement brésilien,
04:27pour des systèmes de coopération nouveaux,
04:31et qui permettraient de sortir la Guyane,
04:35et au-delà de la Guyane,
04:38tous ces peuples, des difficultés aujourd'hui qui les assaillent.
04:41Il faut maintenant les écouter réellement,
04:44et aller de l'avant,
04:45et non pas continuer à faire des promesses en lendemain.
04:48Le 30 mars, à l'appel de neuf organisations syndicales et associatives,
04:53les retraités étaient mobilisés dans toute la France
04:55pour alerter sur la dégradation de leur niveau de vie.
04:58Parmi les 15,6 millions de retraités que compte notre pays,
05:01près de 2 millions vivent avec des revenus en dessous du seuil de pauvreté.
05:05Parmi les plus touchés, on trouve principalement les femmes,
05:08pour qui les pensions sont globalement inférieures de 40% à celles des hommes.
05:12Alors, à l'heure où les citoyens de la France vont décider
05:15de qui dirigera le pays dans les 5 ans à venir,
05:18les retraités tenaient à faire entendre leur voix et leurs revendications.
05:22On les écoute.
05:22J'ai 37 ans et demi dans la fonction publique, j'étais facteur,
05:26et aujourd'hui j'ai 1229 euros exactement pour vivre.
05:30Donc une fois que j'ai payé mon loyer,
05:32que j'ai payé mes charges quotidiennes comme tout le monde,
05:35il me reste 200 euros pour vivre.
05:371% de plus sur les salaires,
05:39c'est 2 milliards de plus par la protection sociale,
05:42et c'est 100 000 chômeurs en moins.
05:43Et si on avait eu seulement le maintien du pouvoir d'achat,
05:47eh bien aujourd'hui j'aurais une retraite à 1700-1800 euros.
05:50Alors, comme le confirme le témoignage de Pierre,
05:53manifestement, à l'âge de la retraite,
05:54les inégalités se font de plus en plus criantes
05:57entre les plus aisés et ceux nombreux qui sombrent dans la pauvreté.
06:00Alors, quel devrait être selon vous le rôle de l'État
06:02pour assurer à tous les retraités les moyens de vivre dignement ?
06:06Je crois que Pierre Benoît pose la bonne question,
06:11c'est-à-dire celle d'une autre cohérence.
06:13C'est-à-dire que c'est vrai que si on augmente la rémunération du travail,
06:18on va augmenter les recettes de la sécurité sociale.
06:23Donc on va améliorer la protection sociale
06:25et on va pouvoir améliorer les retraites.
06:27Si on se lance dans un plan de reconquête industrielle
06:32et de développement numérique
06:33et de transition environnementale
06:36qui vont créer des emplois à nouveau,
06:38on va améliorer encore considérablement
06:40les recettes des caisses de sécurité sociale.
06:42Si on allait vers la justice
06:44et on ne prenait pas toujours dans la poche des mêmes,
06:47c'est-à-dire ceux qui ont déjà peu,
06:50et on faisait contribuer les revenus,
06:53ce qu'on appelle les revenus du capital,
06:55au même niveau que ce que contribuent aujourd'hui les salaires,
07:00eh bien on n'aurait pas de déficit des caisses de protection sociale
07:04ni de déficit des caisses de retraite.
07:06Et on pourrait revenir à la retraite à 60 ans,
07:10comme nous le préconisons,
07:11car on ne peut pas dire qu'aujourd'hui,
07:16même si les conditions de travail s'améliorent en apparence,
07:21on n'est pas au siècle dernier,
07:23mais les conditions des vies
07:26combinées aux conditions de travail,
07:28avec les temps de transport,
07:30avec l'intensification du travail,
07:32avec le stress,
07:34avec toutes les difficultés qu'il y a autour,
07:37nous conduisent à réclamer une réduction
07:41de la durée du travail dans la semaine,
07:43mais dans sa vie également,
07:45de telle sorte qu'on puisse faire autre chose,
07:47car une personne qui prend sa retraite à 60 ans aujourd'hui
07:51est très utile à la société,
07:53au sens où elle transmet des savoirs,
07:56au sens où elle va développer des activités associatives,
07:59des activités culturelles,
08:01même des activités éducatives,
08:03et donc ceci n'est jamais considéré,
08:05dans aucun chiffre dit du produit intérieur brut,
08:08mais ça peut participer d'un bonheur commun à construire.
08:11On passe maintenant à un sujet qui occupe tous les esprits,
08:14c'est bien sûr l'élection présidentielle,
08:16dont le premier tour a lieu maintenant dans moins d'un mois.
08:19Tandis que près de 40% des électeurs sont encore indécis,
08:22les injonctions au vote dit « utile » fusent de toutes parts.
08:26Pour contrer l'extrême droite,
08:27il s'agirait d'élire l'ancien ministre de l'économie de François Hollande,
08:30qui est aussi l'instigateur de la casse du droit du travail.
08:33Alors Patrick, comme vous le soulignez cette semaine
08:35dans votre éditorial de l'Humanité dimanche,
08:37ce vote utile est un vote futile,
08:39et il existe un candidat qui porte d'autres valeurs
08:42et propose des solutions pour une société plus juste.
08:44Mais comment faire alors pour redonner aux citoyens
08:47le désir de voter pour leurs véritables intérêts
08:49et leurs aspirations profondes ?
08:51D'abord, nous, nous souhaitons un débat argumenté,
08:56projet contre projet.
08:58S'il n'y a pas ce débat argumenté,
09:01on va continuer à être dans ce qui se passe depuis des semaines,
09:08où on a fait monter un épouvantail au milieu du champ,
09:13et pour conjurer le sort que pourrait provoquer cet épouvantail extrêmement dangereux,
09:21puisqu'il s'agit de l'extrême droite,
09:23on nous dit de loin en loin,
09:25mais choisissez le moindre mal.
09:28Choisissez ce fameux vote utile qui empêchera ça.
09:31Mais le vote utile qui empêcherait ça
09:36est un vote au fond qui peut permettre d'élire un candidat
09:43qui va prolonger ce qui se fait aujourd'hui en l'amplifiant,
09:48parce qu'il aura un mandat pour l'amplifier.
09:50Le président de la République, François Hollande,
09:52n'avait pas mandat pour faire ce qu'il a fait.
09:55Mais grâce à cette technique,
09:58on va créer les conditions pour que ce président de la République,
10:03s'il advenait qu'il soit président de la République,
10:06va en permanence se réclamer du mandat qu'il aura eu,
10:09pour casser encore plus le code du travail,
10:12pour supprimer l'impôt sur les fortunes,
10:16pour prendre encore plus d'argent dans la poche de ceux qui en ont peu.
10:21On vient de parler des retraites,
10:23mais le système de retraite par points
10:24est une machine infernale contre les plus petits,
10:28et surtout contre les femmes,
10:30parce que ce n'est pas un régime universel
10:33et ce n'est pas un régime qui permet l'égalité.
10:37Et il va être,
10:38d'ailleurs il a été demandé l'extrême motion à Mme Merkel,
10:42précisément parce qu'il donne des garanties,
10:45aujourd'hui au marché financier
10:47et aux puissances d'argent,
10:48qu'il va poursuivre cela.
10:50C'est pour ça qu'il est leur chouchou,
10:51et c'est pour ça qu'il est en promu.
10:53Et donc, la dynamique autour de Jean-Luc Mélenchon,
10:57qui est en train de se produire depuis maintenant,
10:59plusieurs jours en s'accélérant,
11:01cette dynamique qu'il faut la poursuivre,
11:03il faut l'amplifier,
11:05quoi que soient les éléments de discussion
11:08qui existent entre telle ou telle formation politique
11:12qui le soutiennent aujourd'hui,
11:13quel que soit son sentiment
11:14sur des méthodes qu'il a employées.
11:17Aujourd'hui, la question qui nous est posée,
11:19elle est tout autre.
11:20La question qui nous est posée aujourd'hui
11:22est une question d'intérêt général,
11:24c'est-à-dire celle de modifier
11:26le rapport de force idéologique politique
11:30et syndical, social,
11:32pour que ces idées-là prennent corps et montrent.
11:35Vous avez vu que Jean-Luc Mélenchon,
11:37il est considéré comme celui
11:38qui porte la question sociale,
11:40qui porte la question environnementale
11:42en les combinant l'une l'autre.
11:44Eh bien, c'est ce mouvement-là
11:46qu'il faut continuer d'amplifier aujourd'hui
11:48et de créer les conditions
11:50qui puissent être peut-être,
11:52dans le second tour,
11:55ceci n'est pas impossible.
11:56Il peut, dans quelques jours,
11:58peut-être doubler M. Fillon.
12:00Mais dire cela,
12:01ça veut dire qu'on créera des conditions
12:05pour avoir dans notre pays
12:07un socle de personnes,
12:09un mouvement qui dira nettement
12:13« Nous ne voulons plus des solutions
12:15de l'Union européenne
12:16qui nous emmène à la faillite.
12:18Nous ne voulons plus des solutions de droite,
12:21même portées par un homme plus jeune
12:24avec des dents blanches
12:25et un joli sourire
12:26et qui fait bien sur les magazines
12:28à papier glacé. »
12:30Ce n'est pas ça la question.
12:31La question n'est pas seulement
12:32le renouvellement des têtes,
12:34comme on dit.
12:35Si c'est d'autres têtes
12:36pour amplifier une politique
12:38qui nous a déjà emmenés dans l'impasse,
12:40eh bien, oui, ça conduira demain,
12:43non pas être un barrage
12:44contre l'extrême droite,
12:46mais ça amplifiera,
12:47dans quelques années,
12:48le vote pour l'extrême droite.
12:50Donc, aujourd'hui,
12:52il nous reste un certain nombre de jours
12:53pour discuter entre nous,
12:55pour avoir des débats
12:56dans les cages d'escalier,
12:57dans les usines,
12:58dans les bureaux,
12:59dans les écoles,
13:00dans la rue, partout,
13:01de telle sorte qu'on fasse monter
13:03cette dynamique
13:04et nul n'est besoin
13:06d'être d'accord
13:07avec l'entièreté du programme
13:10de Jean-Luc Mélenchon
13:11pour utiliser son bulletin de vote
13:14pour dire ce qu'on a sur le cœur
13:16et dire que nous,
13:18on ne veut pas que la gauche s'affaisse
13:20et, au contraire,
13:21nous voulons qu'elle s'unifie
13:23de telle sorte
13:25que demain,
13:27on dégage une perspective progressiste
13:30pour notre pays.
13:30mais authentiquement progressiste.
13:32Je vous propose maintenant
13:33de revenir sur une guerre
13:34oubliée des médias
13:35qui affame
13:36et tue chaque jour
13:37les civils au Yémen.
13:38Deux ans après l'intervention
13:40dans ce pays
13:40d'une coalition internationale
13:42soutenue par la France,
13:43Amnesty International
13:44dénonce la complaisance
13:46de notre pays
13:46qui ferme les yeux
13:47sur les exactions
13:48de son allié saoudien,
13:50maître d'œuvre
13:51d'une guerre à outrance
13:52menée avec les armes
13:53que leur vendent notamment
13:54les Français
13:54et les Américains.
13:56Jeudi dernier,
13:56l'ONG avait installé
13:57huit fausses pierres tombales
13:59portant l'inscription
13:59Les civils ne sont pas des cibles
14:01en arabe et en français
14:03devant le mur de la paix
14:05sur le champ de Mars
14:06à Paris.
14:06Une action spectaculaire
14:08visant à alerter l'opinion.
14:10Il faut savoir
14:10que le Yémen,
14:11déjà avant,
14:12a été le plus pauvre
14:13pays de la région.
14:14Alors,
14:15depuis le début
14:16de ce conflit armé
14:16il y a deux ans,
14:17la situation est devenue
14:19véritablement catastrophique
14:20pour eux.
14:20qu'on est face à 19 millions
14:24de personnes
14:24qui dépendent
14:25de l'aide humanitaire
14:26dans le pays,
14:26qui n'ont plus accès
14:27aux soins,
14:28à l'eau,
14:29à la nourriture,
14:31il n'y a plus de carburant,
14:35etc.
14:36Il y a 3 millions
14:37de personnes
14:38qui sont déplacées
14:39dans le pays,
14:40également.
14:40Et en plus,
14:43c'est les civils
14:45qui souffrent
14:45évidemment le plus
14:46dans ces conflits
14:47parce qu'ils se trouvent
14:47complètement coincés
14:48entre les différents
14:50partis au conflit
14:51qui se combattent.
14:52Donc,
14:52il y a des frappes aériennes,
14:54il y a des combats au sol
14:55entre les fractions
14:56pro et anti-houthis.
14:57Plus,
14:58la coalition menée
14:59par l'Arabie saoudite
15:00qui bombarde régulièrement
15:02les infrastructures civiles,
15:04les hôpitaux,
15:04les marchés,
15:05les écoles.
15:06Donc,
15:06on est face à 2 millions
15:07d'enfants
15:08qui n'ont plus été
15:09scolarisés
15:10depuis deux ans.
15:11Donc,
15:12on est face à une situation
15:13tellement grave
15:14qu'il y a eu
15:16une alerte
15:16sur une possible famine
15:18qui toucherait le pays.
15:19La communauté internationale
15:20ne donne clairement pas assez
15:21pour aider
15:23ces millions de personnes
15:24qui souffrent aujourd'hui
15:25au Yémen.
15:27Donc,
15:27voilà,
15:27ça c'est autre chose
15:28que la communauté internationale
15:29pourrait faire
15:30au lieu de vendre des armes.
15:32On sait qu'aujourd'hui,
15:32la Grande-Bretagne
15:33et les États-Unis
15:36investissent 10 fois plus d'argent
15:37dans la vente d'armes
15:38que dans l'aide humanitaire.
15:39Donc,
15:39on est face à un grand problème.
15:40On l'a compris,
15:42il y a un vrai problème.
15:43Et en quoi la politique française
15:45participe-t-elle
15:46à la course aux armements ?
15:47Et plus généralement,
15:48les questions liées à la défense
15:50et à ses grandes orientations
15:51sont-elles assez posées
15:52dans cette campagne électorale ?
15:53Oui, d'abord,
15:54moi, je crois qu'il faut remercier
15:55grandement
15:56la ministre internationale
15:58d'alerter là-dessus.
16:00Et nous,
16:00il faut que nous
16:02fassions connaître ceci.
16:04Car la situation du Yémen,
16:06elle passe totalement
16:08sous les radars.
16:08Personne n'en parle.
16:10Et donc,
16:10il faut parler de ces gens
16:12qui souffrent
16:13et qui sont victimes
16:14de la famine
16:15et des bombardements
16:16alors qu'ils sont
16:17innocents aujourd'hui.
16:19et ceci est fait
16:21malheureusement
16:22de connivence,
16:23peut-être pas voulu,
16:24mais de connivence,
16:25vous avez raison,
16:26avec les puissances occidentales
16:28qui fournissent
16:29l'armement
16:30à des pays
16:31peu recommandables,
16:32dont l'Arabie saoudite.
16:33Et la France
16:37doit donc arrêter
16:39cette fourniture
16:42d'armes
16:42de destruction
16:44d'innocents
16:46à l'Arabie saoudite
16:48qui utilise
16:49ces armes
16:49pour bombarder
16:52le Yémen.
16:53Et on en parle
16:53très peu
16:54alors que
16:54pour d'autres conflits,
16:56à juste titre d'ailleurs,
16:56on en parle beaucoup,
16:57mais là,
16:57on en parle très peu.
16:59Les questions de défense
17:01sont très peu
17:03dans la campagne électorale
17:05parce que
17:06j'ai l'impression
17:07que des gens
17:08sont honteux
17:08puisqu'on propose
17:11quand même
17:11d'augmenter
17:13les budgets militaires
17:14pour les faire atteindre
17:15en dépense
17:172%
17:18des richesses
17:18que nous produisons
17:19conformément
17:20aux règles
17:22de l'OTAN
17:23et maintenant
17:24des règles
17:24que promulguent
17:25les institutions
17:27européennes.
17:27Et l'enjeu
17:29n'est pas
17:30le surarmement,
17:31il y a du surarmement
17:32partout.
17:32Aux États-Unis,
17:34on est en train
17:34d'augmenter
17:35de plus de 50 milliards
17:36de dollars
17:37le budget militaire,
17:38d'autres également
17:39le font,
17:40les Russes le font,
17:41les Chinois le font.
17:42il est bien dommage
17:44qu'on entame
17:44ce siècle
17:45avec une nouvelle
17:46course aux armements
17:47qui est grosse
17:48de danger.
17:49C'est le contraire
17:49qu'il faudrait faire.
17:50C'est inventer
17:51au lieu de
17:54travailler à une Europe
17:55de la défense vieux,
17:56mieux vaudrait
17:57pousser une conférence
17:58pan-européenne
17:59pour le désarmement
18:00et la paix
18:01et de mettre
18:03à l'ordre du jour
18:04de l'Assemblée générale
18:05de l'Organisation
18:06des Nations Unies
18:06les conditions
18:07de réalisation
18:08de la paix
18:09partout dans le monde
18:10et dont le désarmement.
18:12le désarmement nucléaire
18:13et le désarmement
18:14d'autres armes
18:16de destruction
18:17notamment
18:17les armes chimiques
18:19les armes biologiques
18:20et que ces oeuvres
18:21de mort
18:22que sont les armes
18:24l'argent
18:24de ces oeuvres
18:25de mort
18:25soit transféré
18:27à des oeuvres
18:28de vie
18:29à commencer
18:30par donner à manger
18:31aux enfants du Yémen.
18:33Patrick,
18:33vous avez évoqué
18:34l'OTAN
18:36dans laquelle
18:37la France est de nouveau
18:38depuis Nicolas Sarkozy
18:39François Hollande
18:40n'a pas demandé
18:41à ce qu'on en sorte
18:42les prochains
18:42qu'est-ce qu'ils promettent
18:43à ce sujet ?
18:44L'OTAN aujourd'hui
18:45n'a plus de raison d'être.
18:47L'OTAN a été créée
18:50en opposition
18:51au pacte de Varsovie
18:52dans un autre temps
18:54dans un temps
18:54de guerre froide
18:55mais aujourd'hui
18:56pourquoi
18:57nous
18:58surarmons-nous ?
19:00Pourquoi maintenons-nous
19:01cette alliance militaire ?
19:03Contre quels ennemis
19:05réellement ?
19:06parce que
19:07le maintien de l'OTAN
19:10demandera une réplique
19:11d'autres pays.
19:12D'ailleurs,
19:13il y a des petits embryons
19:15de répliques
19:16de blocs militaires.
19:17Donc,
19:17il faut sortir de cela.
19:18Et le candidat
19:19qui propose aujourd'hui
19:20conformément
19:21à ce que nous avions dit
19:23au moment
19:23d'ailleurs
19:24du débat
19:25sur le projet
19:27de traité constitutionnel
19:28européen
19:29qui est devenu
19:29le traité de Lisbonne
19:30qui avait inscrit
19:32l'arrimage
19:32de l'Union européenne
19:34à l'OTAN
19:34c'est Jean-Luc Mélenchon.
19:37Nous disons
19:38que
19:38ce bloc militaire
19:42aujourd'hui
19:42ce bloc
19:43de surarmement
19:44aujourd'hui
19:44est devenu
19:45totalement inutile
19:46et obsolète.
19:48L'heure
19:48est à la diplomatie
19:49à la discussion
19:51pour régler
19:51les conflits
19:52qui existent
19:53dans le cadre
19:54de conférences
19:55peut-être une conférence
19:56régionale
19:57la conférence
19:58pan-européenne
19:59voire une conférence
20:00mondiale
20:00de désarmement
20:01et de paix.
20:02On termine
20:03avec une exposition
20:04magnifique
20:04qui se tient
20:05jusqu'à la fin
20:05du mois d'avril
20:06à l'Institut
20:07du Monde Arabe.
20:08Les œuvres
20:09qui y sont présentées
20:09sont les premières
20:10d'une collection
20:11qui préfigure
20:12celle d'un musée
20:13d'art moderne
20:13et contemporain
20:14en Palestine.
20:15Les artisans
20:16de ce beau projet
20:17sont Elias Sambard
20:18l'ambassadeur de Palestine
20:19à l'ONU
20:20et le plasticien
20:21Ernest Pignot-Ernest.
20:22Ce dernier
20:23renoue ici
20:23avec son engagement
20:24contre l'Apartheid
20:25en Afrique du Sud
20:26qu'il avait amené
20:27à initier
20:27un musée
20:28de l'exil
20:29jusqu'à l'abolition
20:30de la ségrégation
20:31en 1991.
20:32Il a porté
20:33une attention
20:33toute particulière
20:34au choix des œuvres
20:35toutes de très grande qualité
20:37et représentatives
20:38des courants essentiels
20:39de la création contemporaine
20:41de ces 50 dernières années.
20:42Nous avons eu
20:43le privilège
20:44d'effectuer
20:44une visite
20:45de l'exposition
20:45en compagnie
20:46d'Elias Sambard
20:47et de Leila Shahid
20:48la toute nouvelle présidente
20:50des Amis
20:50de l'Institut
20:51du Monde Arabe.
20:52On les écoute.
20:53C'est une initiative
20:56orientée
20:57et animée
20:58par le souci
21:00de donner
21:01à un peuple
21:02qui vit au niveau quotidien
21:04un véritable cauchemar
21:06un accès
21:08à des choses belles.
21:09Mais ce qui est important
21:10c'est que
21:11les jeunes palestiniens
21:12qui n'ont pas
21:13la possibilité
21:14de quitter
21:14les territoires occupés
21:15d'aller visiter
21:16des musées
21:17premièrement
21:18prennent connaissance
21:19de l'histoire
21:20de l'art
21:21en France
21:22en Europe
21:22et surtout
21:23sachent
21:24qu'il y a des artistes
21:25en Europe
21:25qui pensent à eux
21:26qui croient
21:27dans leur avenir
21:27et qui leur envoient
21:29à travers leur oeuvre
21:30une forme
21:31de soutien réel
21:32qu'uniquement
21:33des artistes
21:34peuvent faire
21:34puisque c'est leur art
21:35qu'ils donnent.
21:36Et je pense que
21:37cette tradition
21:38venant d'autres actions
21:40comme celle-là
21:40en Afrique du Sud
21:41et au Chili
21:42montre combien
21:43c'est aussi
21:44un acte universel
21:45de résistance culturelle
21:48pour le droit
21:50de tous les peuples
21:51à l'art.
21:51Alors Patrick
21:52je ne sais pas
21:52si vous avez vu
21:53cette exposition
21:54mais je vous la recommande
21:55et la question
21:56c'est quel peut être
21:57à votre avis
21:57le rôle de la culture
21:58pour lutter
21:59contre l'oppression
22:00d'un peuple ?
22:01L'art
22:02c'est le partage
22:03l'art
22:04c'est facteur
22:05d'émancipation
22:06et l'art
22:07est aussi
22:08facteur de paix
22:09et donc
22:10il faut remercier
22:11Ernest
22:13Pignon-Ernest
22:14Elias Sambar
22:16Leïla Chahid
22:18et l'Institut du monde arabe
22:19qui promeuvent ça
22:20car il est vrai
22:22que
22:24cette exposition
22:26et ce musée
22:26demain
22:27peuvent être
22:28des lieux
22:28de partage
22:29des lieux
22:30de rassemblement
22:31et des lieux
22:32où on va
22:34se cultiver
22:36et cultiver aussi
22:38le combat
22:39pour que
22:41les enfants
22:42palestiniens
22:43puissent
22:44accéder
22:45aux plus beaux
22:46qui existent
22:46à des œuvres
22:47d'artistes
22:48mais qui puissent
22:49dans ces lieux-là
22:50se rencontrer
22:51pour créer
22:52les conditions
22:53d'enfin
22:54de leur souveraineté
22:56politique
22:57de leur souveraineté
22:57économique
22:58de leur souveraineté
22:59populaire
23:00tout court
23:01avec leur terre
23:02leur état
23:04de telle sorte
23:05qu'ils ne restent pas
23:06dans la situation
23:07où ils se trouvent aujourd'hui
23:08et que des artistes
23:09s'engagent
23:10dans ce projet-là
23:11comme le dit
23:12Laila
23:14est une
23:16belle contribution
23:17parce que
23:18souvent
23:19ça a été le cas
23:20pour l'Afrique du Sud
23:21ça a été le cas
23:22pour d'autres combats
23:23même chez nous
23:24pendant des périodes
23:25parfois
23:26noires
23:28des artistes
23:29des jazzmans
23:30dans Paris
23:31dans certaines villes
23:33de France
23:33des musiciens
23:36des chanteurs
23:38des peintres
23:39des hommes
23:41et des femmes
23:42de théâtre
23:43des cinéastes
23:44ont produit
23:45des œuvres
23:45qui ont été
23:46souvent des actes
23:47de résistance
23:48et là
23:49ça participe
23:50des actes
23:50de résistance
23:51qui s'ajoutent
23:52à une multitude
23:52d'autres
23:53et à d'autres
23:53formes de résistance
23:54Merci Patrick Le Yarrick
23:56On se retrouve très bientôt
23:58pour un nouveau numéro
23:59de Regards sur l'actualité
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