- il y a 10 heures
Le président français a émis l’hypothèse d’une reconnaissance de la Palestine, lors d’un entretien sur France 5, diffusé mercredi 9 avril. Une date en juin avait été évoquée par Emmanuel Macron. Mais alors que l'échéance approche, les contreparties et conditions s'accumulent et font perdre espoir. Emmanuel Macron est-il vraiment prêt à reconnaître un État palestinien ?
@CemilSanli est allé poser la question à l'Élysée et au quai d'Orsay.
ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/
📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr
✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite
📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
@CemilSanli est allé poser la question à l'Élysée et au quai d'Orsay.
ABONNEZ-VOUS à la chaîne de l'Humanité https://www.youtube.com/channel/UCar0yo-PpeMk51m116826pQ/
📰 Vous avez aimé cette vidéo ? Pour une info 100% libre et engagée, ABONNEZ-VOUS : https://abonnement.humanite.fr
✊ Nous ne sommes financés par AUCUN MILLIARDAIRE. Et nous en sommes fiers ! Pour nous accompagner face à des défis financiers constants, SOUTENEZ-NOUS : https://www.humanite.fr/donner-a-lhumanite
📣 L'HUMANITÉ C'EST AUSSI :
Un site : https://www.humanite.fr/
Une application : https://app.humanite.fr
Twitch : https://twitch.tv/lhumanitefr
Instagram : https://instagram.com/lhumanitefr
Threads : https://www.threads.net/@lhumanitefr
Twitter : https://x.com/humanite_fr
TikTok : https://tiktok.com/@lhumanitefr
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Salut tout le monde, salut à vous chez vous aussi, très content d'être avec vous ce soir, encore une
00:04fois.
00:05Bah ouais, c'est toujours plaisir de te voir, c'est l'entend.
00:06Bah ouais, c'est vrai, tous les mois on se dit ça et en fait on se revoit avec grand
00:09plaisir.
00:10Et tous les mois ça fait un mois, dis donc, c'est incroyable.
00:12Encore une fois, ce soir tu nous as concocté une chronique reportage aux Petits Oignons.
00:17Je lis exactement ce que tu fais.
00:18Exactement, parce que tu vas voir.
00:20J'ai pleuré, j'ai pleuré avec les Oignons, il y avait vraiment des oignons dans l'affaire.
00:22Et ce soir tu reviens, donc c'est un événement qui a marqué le mois d'avril.
00:26Effectivement, mais Jaline, alors en effet l'histoire commence, et vous le savez, par une déclaration faite par notre président
00:31Emmanuel Macron
00:32depuis l'avion présidentiel au micro de C'est à vous sur France 5.
00:35On se bat pour Gaza, le retour de la paix et de la sécurité, l'humanitaire et une solution politique.
00:43On doit aller vers une reconnaissance.
00:44Notre objectif c'est quelque part en juin, avec l'Arabie Saoudite, de présider cette conférence
00:48où on pourrait finaliser le mouvement de reconnaissance réciproque par plusieurs.
00:53Alors une déclaration qui a déclenché, vous l'avez vu, énormément de réactions durant le mois
00:57et ma préférée revenant à un certain Hugo Levant.
00:59Putain, ça y est, Macron là, il a dit, il faut reconnaître l'état palestinien.
01:05Magnifique, maintenant qu'il n'y en a plus.
01:08Putain, il est tout le temps en retard.
01:10Tout le temps en retard Macron.
01:12En deux semaines, il va dire, ce serait bien qu'on interdise ces huit.
01:15Ben oui.
01:17Ça vous a plu, je crois bien, non ?
01:19Très bonne émission, très bonne émission.
01:20J'adore Big Up, bien sûr, à Radio Nova, puis à l'ami Akim Oméry
01:23qui anime cette émission qui s'appelle La Riposte.
01:25En tout cas, boutade à part, l'humoriste ici souligne un fait,
01:29l'inhabitabilité de la bande de Gaza.
01:31Ce territoire, vous le savez, grand comme trois fois Paris environ,
01:34était déjà qualifié d'inhabitable par l'ONU en janvier dernier.
01:38Depuis, on estime à 80% environ des infrastructures civiles
01:41qui ont été complètement ou partiellement détruites,
01:43tandis que l'armée israélienne dit avoir transformé environ 30%
01:47de ce même territoire en, je cite, « zone de sécurité opérationnelle ».
01:50En parallèle de quoi, vous le savez toujours,
01:52la politique de colonisation active en Cisjordanie continue
01:56et le blocage de l'aide humanitaire à Gaza fait toujours des victimes.
02:01Le cauchemar se poursuit donc pour les Palestiniens et les Palestiniens.
02:03Dans ce contexte-ci, dramatique, l'annonce de Macron est donc forte.
02:06Mais si la phrase est inédite dans sa formulation,
02:09l'idée, elle, n'est pas nouvelle pour le président.
02:12En juillet 2017, dès quelques semaines après son arrivée à l'Élysée,
02:16il recevait Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne,
02:19donc à l'Élysée.
02:20À l'époque, il se disait déjà attaché à une solution, à deux États,
02:23mais refusait une reconnaissance unilatérale, pardon,
02:26qu'il jugeait contre-productive.
02:27Même position en décembre de la même année,
02:30lorsque Donald Trump reconnaissait Jérusalem comme capitale d'Israël,
02:34Macron s'y oppose à ce moment-là, mais sans passer à l'acte sur la reconnaissance.
02:37En 2021, rebelote, alors que 139 pays à ce moment-là,
02:41dont la Suède, dès 2014, c'est à noter, avait déjà franchi le pas,
02:46Macron déclare que la France est prête à reconnaître l'État palestinien,
02:50mais je cite toujours, au moment opportun qui donc tarde à venir.
02:54Une position flottante qu'il a renouvelée en 2024
02:56à l'occasion d'un entretien accordé à l'humanité.
02:59Aujourd'hui, sur les 147 pays qui ont officialisé
03:01leur reconnaissance d'un État palestinien,
03:0312 sont européens.
03:05On pense là à l'Espagne, à l'Irlande, à la Norvège, à la Slovénie,
03:08en 2024, après les attentats de fin 2023,
03:11ce qui contribue à augmenter la pression sur les derniers de la classe,
03:14comme la France par exemple.
03:15Alors, pour Alaa Abou Asira, l'ambassadrice de Palestine en France,
03:19l'impatience est aussi grande que les enjeux.
03:21Avec Aliénor Lyons à la caméra,
03:23je suis allée l'interviewer dans son bureau parisien de la mission de Palestine.
03:26La reconnaissance par la France de l'État de Palestine a beaucoup tardé,
03:31a énormément tardé.
03:33Et j'espère qu'avant juin même, avant juin, dans l'immédiat,
03:38la France reconnaîtrait l'État de Palestine.
03:40Parce que ça rendrait justice au peuple palestinien,
03:44qui est génocidé, qui est massacré, qui est dépossédé de sa terre.
03:49Et la France va contribuer par la reconnaissance
03:53dans la création d'un climat politique,
03:57d'une perspective politique qui nous rapprocherait tous
04:00de la finalité que nous cherchons tous, qui est la planète.
04:04Selon Agnès Levallois, vice-présidente de l'Institut de recherche
04:07d'études méditerranée et Moyen-Orient,
04:09Emmanuel Macron est pressé d'agir du fait de la dégradation de la situation à Gaza.
04:14Je suis allée tendre le micro de l'UMA devant Sciences Po, où elle enseigne.
04:17Alors ce que je considère, c'est que la dégradation de la situation
04:21dans la bande de Gaza a probablement poussé le président de la République
04:24à enfin aller vers cette reconnaissance de l'État palestinien.
04:28Et donc c'est peut-être en raison de la dégradation de cette situation
04:32qu'enfin cette question est prise à bras-le-corps, si je puis dire,
04:36par le président de la République pour permettre la reconnaissance de cet État.
04:39Donc cette annonce est faite par le président de la République.
04:41Est-ce que pour autant on va aller vers cette reconnaissance ?
04:45Pour moi, il y a encore un fort point d'interrogation
04:48en raison de la condition qui a été posée par le chef de l'État.
04:52La condition posée par le chef de l'État, ou plus précisément les conditions,
04:55forment une liste, vous allez le voir, plutôt exhaustive que Sophie Prima,
04:58la porte-parole du gouvernement que vous connaissez donc tous très bien ici,
05:01m'a rappelé ce lundi lors du point presse suivant le Conseil des ministres à l'Élysée.
05:05Les conditions qui sont aujourd'hui, j'allais dire, contemporaines,
05:10qui sont pour l'instant pas réunies,
05:11puisqu'il y a reconnaissance de l'État d'Israël par les voisins d'Israël
05:16pour assurer sa sécurité.
05:18Il y a d'ailleurs un cessez-le-feu immédiat
05:21et un respect du cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
05:24Il y a la libération des otages.
05:26Il y a la démilitarisation du Hamas.
05:30Il y a le renouveau de l'autorité palestinienne.
05:34Et pour reconnaître les deux États,
05:36il faut absolument que nous ayons ces conditions-là.
05:39Une liste de conditions précises qui apparaît quasi intenable d'ici juin,
05:44et même au-delà.
05:45Agnès Levallois et Allah Bouhassira nous rappellent alors un contexte important,
05:48l'initiative de paix arabes lors du sommet de 2002.
05:51On écoute.
05:52C'est que les pays arabes en 2002 ont adopté,
05:56ont reconnu l'État d'Israël,
05:58évidemment avec une contrepartie,
06:00qui est qu'Israël accepte un État palestinien.
06:02Israël a refusé cette proposition.
06:0656 pays islamiques ont adopté l'initiative arabe de paix.
06:10C'est 22 ans quand même.
06:11Il y a 22 ans, mais elle reste toujours le seul cadre possible
06:15pour rendre justice à tout le monde.
06:18Elle a été remise sur la table après le plan égyptien
06:21qui a été dans la foulée endossée par la Ligue arabe
06:25et l'organisation de la conférence islamique,
06:26il y a maintenant quelques semaines de cela,
06:28et qui à nouveau a été rejetée par Israël et les Américains et les États-Unis.
06:33Mais cette normalisation est conditionnée
06:36par la fin de l'occupation militaire israélienne
06:40et la colonisation israélienne
06:41et la signature d'un accord de paix définitif
06:44entre Israël et la Palestine d'abord.
06:47Trois secondes après,
06:49l'ensemble des pays islamiques
06:51sont prêts à normaliser leur relation avec Israël.
06:55On comprend donc que deux visions s'opposent
06:58pour résoudre le conflit et instaurer la paix au Moyen-Orient.
07:00Les uns réclament d'abord l'arrêt de la colonisation
07:03et de la fin de l'occupation des territoires palestiniens
07:05et les autres, à l'inverse,
07:07exigent en premier lieu la désactivation du Hamas.
07:10C'est aussi la priorité du président français,
07:12rappelé dans une série de tweets à la mi-avril.
07:15Mais pourquoi, c'est la question,
07:16pourquoi conditionner la paix dans cette région du monde
07:18au quasi seul désarmement du Hamas
07:20et non à l'arrêt du projet colonial d'Israël ?
07:23Projet colonial qui viole le droit international
07:25à l'inverse de la résistance armée du Hamas
07:27qui, elle, est autorisée par ce même droit international.
07:30Ce qui exclut évidemment le 7 octobre 2023
07:32qui visait là des civils.
07:33Ceci étant dit,
07:34n'y a-t-il pas là un faux semblant
07:36de la part du président Macron
07:37dans le projet de reconnaissance de la Palestine en juin ?
07:40Un déséquilibre ?
07:41Une horreur d'appréciation peut-être ?
07:42Ou un parti pris ?
07:44Pour espérer une réponse,
07:45tenir une réponse plutôt claire,
07:47je suis allé poser ma question
07:48assez franchement au ministère des Affaires étrangères.
07:50Alors, ma question est celle-ci.
07:51Exiger l'éviction du Hamas
07:53comme condition d'une reconnaissance mutuelle dans la région
07:56tout en rappelant à Israël
07:58le soutien de fait inconditionnel français
08:01pour sa sécurité,
08:02puisque sans jamais évoquer et dénoncer
08:04son projet colonial et l'action illégale qu'il mène,
08:06n'est-ce pas là l'illustration
08:07d'une position française en faveur d'Israël
08:10et déjà d'un aveu d'échec du président
08:11à reconnaître l'État palestinien en juin ?
08:14Alors, pour reprendre un peu le fil,
08:17parce que je comprends bien la question que vous posez,
08:21l'idée que j'ai exprimée dans mes propos liminaires,
08:26c'est simplement de dire,
08:27et ça c'est une position qui est constante
08:28de la part de la France,
08:29que la seule voie possible selon nous,
08:32c'est une solution politique
08:34et qui repose sur une solution à deux États.
08:36Bon, ça c'est une position qui est claire et constante
08:39de la part de la France.
08:42Et c'est l'idée qu'a exprimée
08:43le président de la République.
08:45Pour avoir une reconnaissance des deux États,
08:46il faut avoir d'une part une reconnaissance
08:48de l'État palestinien.
08:49Et ça, je pense que le président a toujours dit
08:50que la question n'était pas un tabou,
08:52il a toujours dit que cette reconnaissance
08:53devait intervenir au moment utile.
08:59Il galère, hein ?
09:00Il parle vraiment beaucoup pour...
09:02Alors, je vous avoue qu'au moment du montage
09:04de cette fréquence,
09:05j'étais devant mon ordinateur
09:06et j'étais vraiment en train d'hésiter
09:07entre couper simplement ce long tunnel
09:09de trois minutes qu'il me fait à ce moment-là
09:10pour ne pas répondre à ma question,
09:11ou alors laisser en accélérant un petit peu.
09:14Et j'avoue qu'on n'apprend pas grand-chose,
09:15mais au moins, c'est un peu drôle.
09:16Mais du coup, j'imagine qu'évidemment,
09:17tu l'as relancé ?
09:18Je l'ai relancé, bien sûr.
09:20Tu as fait ton travail de journaliste.
09:21Tout à fait, comme tu l'aurais fait à ma place,
09:22sans aucun doute.
09:23Mais si le monologue est ici aussi
09:25pour noyer tout tentif de relance
09:27et noyer le poisson,
09:28et que je n'ai plus le micro en main à ce moment-là,
09:30mon objectif reste d'avoir une réponse
09:32à notre question.
09:32Pourquoi ne pas conditionner la paix
09:35à l'arrêt du projet colonial d'Israël,
09:37donc au respect du droit international très attaché,
09:40la France est très attachée à ça ?
09:41Eh bien, restez-vous concentrés, on regarde.
09:43La question de gouvernance
09:45tenant au territoire palestinien.
09:46C'était pas vraiment ma question.
09:47C'était plutôt, là,
09:48je ne vais pas encore vous parler
09:49du projet colonial d'Israël.
09:51Parce que là, vous parlez de l'Arabie saoudite
09:54avec laquelle vous allez,
09:55la France va co-présider ce sommet en juin,
09:58mais l'Arabie saoudite dit clairement
09:59que sa condition de reconnaître l'État d'Israël aussi,
10:02c'est qu'Israël reconnaisse l'État palestinien,
10:04ce qui n'est pas prêt d'arriver.
10:05Donc il y a un bloc...
10:06Il y a un mouvement qui est enclenché,
10:09et en tout cas, il y a une discussion
10:11qui est ouverte,
10:12et nous espérons arriver
10:13à des résultats tangibles au mois de juin.
10:15Et pour le projet colonial,
10:16est-ce que la France le dénonce ?
10:18De toute façon, à partir du moment
10:19où on considère que la solution
10:21sur laquelle on doit arriver
10:22est une solution à deux États,
10:24vivant côte à côte,
10:25il y aura donc bien deux États.
10:27C'est l'objectif, en tout cas.
10:29Et le droit au retour des personnes réfugiées serait...
10:32Oui, non, mais ça, ce sont des choses qui existent.
10:34Et quand on parle de colonisation,
10:37la France l'a toujours condamnée,
10:38on a toujours condamné les colons violents.
10:40Enfin, ça fait partie, effectivement,
10:42de l'ensemble des déclarations qu'on a faites.
10:45Il a fallu que je souligne, vous l'avez vu,
10:47que dans leur solution viendrait à disparaître
10:49l'une des principales exigeantes
10:51de la résolution de l'ONU de 1948,
10:52à savoir le droit au retour des réfugiés palestiniens
10:54pour que le porte-parole du collègue d'Orsay,
10:56sans pressant de me couper la parole à ce moment-là,
10:58daigne prononcer le mot de colonisation,
11:01avec beaucoup de mal et surtout du goût des lèvres.
11:03Pour Simon Hassoun, porte-parole de Tzedek,
11:05un collectif de juifs et juifs décoloniaux,
11:07la solution portée par la France évacue la question politique.
11:11Avec Mathilde Trichet à la caméra,
11:12nous sommes allés à sa rencontre.
11:14On se met à réfléchir à l'agencement institutionnel
11:16que pourrait prendre la solution,
11:18mais sans penser à son contenu politique.
11:20Et par contenu politique,
11:22je veux parler de la question des droits du peuple palestinien,
11:26qui aujourd'hui sont niés et sont bafoués
11:28par la politique israélienne.
11:29Je parle évidemment de la question du droit au retour,
11:32qui est au socle de l'affirmation des revendications du peuple palestinien.
11:40Et c'est une manière de mettre un peu la charrue avant les bœufs
11:45et d'évacuer justement la question politique
11:50qui caractérise ce conflit, qui est un conflit colonial.
11:53Simon Hassoun va même plus loin dans sa critique de la solution à deux États,
11:56qui, selon lui, est tout bonnement impossible à cette heure.
12:00Quelle serait la portée réelle de cet État en matière de souveraineté ?
12:03Quelle serait la nature des relations avec l'État israélien ?
12:06Quid du partage des ressources ?
12:08Et on sait que les économies palestiniennes et israéliennes
12:11sont extrêmement imbriquées,
12:13d'autant plus dans le cadre de rapports sociaux coloniaux,
12:16de la question de l'espace aérien, de l'espace maritime.
12:19Ce qui fait dire à beaucoup de militants,
12:21y compris à nous, que dans les conditions actuelles,
12:24instituer un État palestinien est proprement impossible.
12:26Que l'on défende la solution à deux États séparés,
12:29ou celle à un État binational,
12:30comme le fait ici Tzedek, mais pas que lui.
12:32Ce qui est clair à cet instant,
12:34c'est que les conditions drastiques que s'impose la France
12:36pour reconnaître un État aux Palestiniens d'ici juin
12:38nous font aisément douter de l'issue du sommet de juin.
12:41Quant à Emmanuel Macron,
12:42il compte sur un effet d'entraînement derrière lui.
12:44Mais pour l'instant,
12:45c'est silence radio du côté des pays du G7,
12:46très attendu évidemment.
12:48En off ce lundi à l'Élysée,
12:49les proches conseillers du Président
12:50fuyaient la question qu'on leur posait.
12:52À ce jour,
12:53seuls les USA ont immédiatement exprimé leur refus
12:55de reconnaître un État palestinien dénonçant,
12:57je cite,
12:57« un alignement français sur le Hamas »,
12:59une habitude outrancière à la Trump.
13:02Pour conclure,
13:03on peut dire que la position d'Emmanuel Macron
13:04est critiquable,
13:06car trop peu claire sur le sujet.
13:07Le Président semble vouloir faire,
13:08encore une fois,
13:10du « un » en même temps,
13:11comme vous connaissez un peu son principe,
13:12et souhaite apparaître comme l'arbitre neutre,
13:15sans l'être,
13:15on l'a vu,
13:16dans une partie politique
13:17qui nécessite clarté et fermeté
13:19face à un génocide en cours.
13:21On est un des rares, je crois,
13:23États européens
13:24à en parler depuis des années et des années,
13:26sans franchir le pas.
13:27Pour moi,
13:27c'est beaucoup plus le signe
13:28d'une incapacité
13:30ou d'une absence forte de volonté
13:32de la France
13:34à aller dans cette direction,
13:36en sachant que c'est la seule chose à faire aujourd'hui.
13:39Il y a urgence.
13:40Aujourd'hui, il y a urgence.
13:42La question fondamentale,
13:44c'est l'occupation israélienne,
13:45c'est le maintien de cette occupation,
13:48c'est le maintien d'une politique
13:50de nettoyage ethnique.
13:52Le moment où on mettrait terme
13:53à cette politique,
13:55on mettrait terme à cette oppression
13:57et domination israélienne
13:59de peuples palestiniens,
14:01les fondements de la paix seront présents.
14:04En somme, là-bas,
14:06comme partout ailleurs,
14:06sans justice,
14:07jamais la paix.
14:08Merci beaucoup, Jimil,
14:10pour cette rubrique,
14:11effectivement,
14:12pour cette chronique-là.
14:13Effectivement,
14:14on a bien la sensation
14:14que potentiellement,
14:16il pourrait y avoir une reconnaissance
14:17dans deux mois,
14:17mais qui serait tellement vide
14:18de contenu de politique.
14:20C'est ça qu'on apprend.
14:20En fait,
14:20on pourrait légitimer
14:23sur le très long terme
14:24en disant,
14:25non, non, c'est bon,
14:25on a reconnu l'État palestinien,
14:28les enfermer encore plus
14:29dans ce qu'on appelle aujourd'hui
14:31des citoyens de seconde zone.
14:33Mais là,
14:33ce serait terrible,
14:34en fait.
14:34Ce serait la pire issue,
14:35je pense.
14:36Une reconnaissance,
14:37mais sans réflexion politique.
14:38Tout à fait.
14:39Là, comme le disait Simon Sédek,
14:41c'est mettre la charrue
14:42avant les bœufs.
14:42Il y a toutes ces questions
14:43très intéressantes
14:43sur cette solution
14:44à deux États,
14:45mais même si on s'attache
14:47à cette solution-là,
14:48on voit qu'elle va être
14:49difficilement mise en place
14:49d'ici,
14:50de joindre avec ces conditions.
14:51C'est vrai que ce qui est
14:52assez impressionnant aussi,
14:53là,
14:53c'est voir à quel point,
14:54même si on commence
14:55à avoir l'habitude,
14:56mais on le voit plus
14:56dans les médias,
14:57et là, c'est vrai que c'est intéressant
14:57de le voir avec les politiques,
14:58l'impossibilité vraiment totale
15:00de parler de colonisation,
15:01de dire le mot,
15:02juste colonisation
15:03et les réactions
15:04que provoque ce mot.
15:06C'est vraiment
15:06que ce soit de la gêne,
15:08de la colère,
15:08enfin vraiment,
15:09c'est...
15:09Et de mettre sans cesse
15:09le Hamas et l'État israélien
15:13sur le même plan d'égalité.
15:15Il y a quelqu'un dans le chat
15:16qui demande
15:16quand est-ce que va arriver
15:17Sandrine Rousseau.
15:18Elle est là,
15:19Sandrine Rousseau.
15:20Elle est là dans quelques instants.
15:21Merci beaucoup,
15:22Jemille.
15:22Merci de vous.
15:23À bientôt.