- il y a 13 heures
Lors de ce rendez-vous hebdomadaire nous soumettons plusieurs sujets marquants de la semaine au directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, afin de recueillir ses réactions et analyses. Au sommaire de l'édition du vendredi 10 mars : la famine dans la corne de l'Afrique, le droit au logement, la journée de mobilisation pour la défense du service public de la santé, les ATSEM en lutte pour leur statut, les femmes dans la révolution russe et solidarité pour Jamal Abu-Leil.
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00:00Générique
00:04Bonjour et bienvenue dans Regards sur l'actualité.
00:07Bonjour Patrick Puyari.
00:08Bonjour.
00:09Alors on commence tout de suite cette émission avec le chiffre dramatique de la semaine.
00:1520 millions, c'est le nombre de personnes menacées par la famine dans la corne de l'Afrique.
00:20En effet, l'état de famine est déclaré au Soudan du Sud depuis trois semaines déjà.
00:24Quant au Nigeria, à la Somalie et au Yémen, ils sont aujourd'hui gravement menacés.
00:30La vie de millions d'enfants, les premiers à mourir en cas de famine, est en péril.
00:34Alors les causes de ces catastrophes sont la sécheresse et bien sûr les guerres qui détruisent tout
00:39et déclenchent des mouvements massifs de population.
00:42On le sait, la fin, conséquence des conflits, est une arme de guerre et en aucun cas une fatalité.
00:48Alors ma question est un peu cynique.
00:50Quel serait l'intérêt des pays occidentaux à ce que cela cesse ?
00:53Nous vivons dans un monde commun.
00:56Tout ce qui se passe au sud de l'Union européenne, tout ce qui se passe de l'autre côté
01:03de la Méditerranée, nous concerne nos premiers chefs.
01:05La famine et la misère, comme les probables conséquences du réchauffement climatique là-bas, auront des conséquences évidemment sur ces
01:16gens qui seront de plus en plus en difficulté.
01:19Et c'est le cas aujourd'hui, mais auront des conséquences ici parce que ça provoquera forcément des mouvements de
01:27population.
01:27Les gens ne supporteront pas, il n'y a pas un être humain qui peut supporter d'être dans des
01:33conditions où il est à l'asphyxie ou à la quasi-agonie.
01:37Donc nos peuples, les peuples dits du Nord, nous avons tout intérêt à être solidaires, à réclamer un plan urgent
01:48qui permette aujourd'hui au minimum de satisfaire les besoins alimentaires de ces enfants,
01:55les besoins en eau de ces enfants.
01:58Et ensuite, il faut développer une coopération, une recherche là où c'est la cause de la sécheresse.
02:06Il faut examiner les conditions dans lesquelles on peut aujourd'hui trouver ou les aider à trouver de nouvelles plantes
02:16adaptées à leur tradition culinaire,
02:19de telle sorte qu'ils s'en sortent.
02:20D'autre part, il faut une diplomatie, il faut des actes pour ne pas laisser ces peuples s'entre-déchirer.
02:28Et troisièmement, on ne peut pas continuer les accords de libre-échange qu'on est en train de signer,
02:34qu'on est en train de préparer avec les pays d'Afrique de l'Ouest en ce moment même,
02:38qui conduiront à une domination de plus en plus grande des multinationales sur l'agriculture vivrière de ces peuples.
02:45Et cette agriculture vivrière, entre nous, soit dit, elle est en conflit avec nos propres cultures ici.
02:53Donc c'est totalement incohérent, c'est totalement absurde.
02:56C'est une autre cohérence, une cohérence progressiste qu'il faut mettre aujourd'hui dans les relations entre les pays,
03:02entre les peuples.
03:03Mais c'est au peuple et à nous d'abord de nous mobiliser pour qu'on se sorte de ces
03:07affres.
03:08Retour en France où, malgré la création il y a pile dix ans d'un droit au logement opposable,
03:144 millions de personnes sont sans abri ou sans domicile personnel.
03:18Le droit au logement opposable, le fameux DALO, permet aux personnes sans abri ou menacées d'expulsion qui en font
03:25la demande de bénéficier d'un logement décent.
03:28Il reste néanmoins très imparfaitement respecté, puisqu'il y a 58 000 personnes prioritaires DALO en attente de relogement en
03:35France,
03:36dont près de 40 000 en région parisienne.
03:38Depuis le 27 janvier 2017, c'est tout récent, la loi égalité et citoyenneté permet la réquisition des logements vacants
03:46par les préfets,
03:47ce qui pourrait permettre de reloger les prioritaires DALO, sachant que la France compte 2,9 millions de logements vacants,
03:54dont 300 000 en Ile-de-France et près de 100 000 à Paris.
03:57Alors, est-ce que les réquisitions constituent pour vous une solution de relogement satisfaisante ?
04:02Et de quelle manière, à votre avis, les pouvoirs publics pourraient aborder la question du logement de manière plus structurelle
04:08?
04:09La possibilité de réquisition, c'est déjà un premier pas positif sur lequel il faut s'appuyer.
04:17Mais on a toujours 30 000 enfants qui sont sans abri dans notre pays,
04:221 million de personnes qui n'ont pas leur logement personnel.
04:27Autrement dit, on viole notre propre constitution sur ce sujet,
04:33comme sur d'autres questions qui touchent à nos vies personnelles.
04:37Parce que le droit au logement est un droit constitutionnel.
04:42Une société, notre République française,
04:46elle devrait créer les conditions pour que chacune et chacun ait son toit.
04:52Et il faudra prendre ce sujet à bras-le-corps et en faire une priorité.
05:00Parce que pour résorber cette difficulté, cette contrainte qu'ont les gens aujourd'hui,
05:11il faut construire, il faut construire beaucoup.
05:13Moi, je ne sais pas techniquement combien de logements on peut construire par an,
05:18mais on voit bien, s'il faut offrir à 1 million de personnes un logement,
05:22il faut construire au moins pendant un quinquennat 200 000 logements dans l'année.
05:27Ce qui est peut-être beaucoup, je ne sais pas, mais en tout cas, il faut se donner cet objectif.
05:31D'autre part, il faut résorber tous les logements insalubres qu'on connaît.
05:37Il faut créer les conditions pour que des logements vides,
05:40il y a 300 000, je crois, logements vides non utilisés dans notre pays.
05:44Donc, il faut prendre les dispositions juridiques, économiques,
05:49pour les offrir, pour les rénover, vraisemblablement, les mettre en état,
05:53mais les proposer à un certain nombre de gens.
05:57Donc, autrement dit, il faut un vrai plan logement.
06:00Mais un plan logement qui permette à chacune et à chacun d'y accéder selon ses possibilités,
06:07selon ses moyens, c'est-à-dire ceux qui peuvent accéder à la propriété,
06:11il ne faut pas être contre, mais il faut créer les conditions pour qu'on construire le logement
06:16et qu'ils y accèdent avec des crédits à taux raisonnables et des prix raisonnables.
06:23Et il faut permettre la location de logement, mais pareil, à un prix extrêmement raisonnable,
06:29le prix du loyer aujourd'hui est trop important pour comparer aux revenus dont les gens
06:38et pour qu'ils aient un logement adapté au nombre de personnes dans la famille,
06:45au nombre d'enfants, etc.
06:46Donc, il y a un vaste chantier.
06:48Mais il faudrait le faire dans une perspective de transformation
06:55de la majorité, vraisemblablement, des logements que nous avons aujourd'hui.
07:01Il faut des logements économes en énergie.
07:05Et donc, pour cela, il faut rénover considérablement.
07:08Il faut faire un plan sur un certain nombre d'années,
07:11ville par ville, office par office, coopérative d'habitat par coopérative d'habitat,
07:16bailleur par bailleur, de telle sorte qu'on aide à la rénovation
07:21et donc à l'économie en énergie qui sera positive en général pour la société et le monde,
07:28mais qui sera également positive pour la famille qui se loge.
07:33Et en même temps, moi, personnellement, je suis pour inclure ça dans une ville
07:39beaucoup plus verte qu'elle ne l'est aujourd'hui.
07:42C'est qu'il faut d'abord répartir les logements sur les territoires.
07:45En même temps, il faut répartir l'emploi sur les territoires.
07:48Il y a un problème entre transport et logement aujourd'hui
07:51qui crée de la fatigue, qui crée du stress.
07:53Il faut modifier ça et il faut de la verdure.
07:56Il faudra utiliser demain les toits pour faire de l'énergie,
07:59pour faire des petites fermes agricoles.
08:02Il faudra faire à la place aujourd'hui d'une densité telle que nous l'avons.
08:09Il faudra inventer autre chose, de telle sorte qu'il y ait des jardins en commun,
08:14qu'il y ait une autre ville à inventer,
08:18qu'elles soient des grandes villes ou des petites villes,
08:21avec, oui, je suis pour des fermes à l'intérieur aujourd'hui des cités.
08:27C'est un projet de long terme, mais c'est vers cela qu'on devrait avancer,
08:33parce que ce serait bon pour la collectivité humaine
08:36et ce serait bon pour chacune et chacun des individus, dont les enfants.
08:40Je vous propose maintenant un retour sur la journée de mobilisation du 7 mars.
08:45À Paris, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé
08:48entre la place d'Enfer Rochereau et le ministère de la Santé.
08:52Une forte affluence à mettre en rapport avec le ras-le-bol des personnels de santé,
08:56fatigués de devoir toujours faire plus avec moins.
09:00Infirmiers, aides-soignants, assistantes sociales, éducateurs spécialisés
09:04avaient été rejoints par d'autres représentants des services publics
09:07pour dénoncer ensemble la dégradation de leurs conditions de travail,
09:12dont Catherine, infirmière en psychiatrie, témoigne.
09:15On l'écoute.
09:15Les premières infirmières, c'était des nonnes, c'est-à-dire qu'on ne les payait pas.
09:19On était là, on se donnait un don de soi, mais non, non, je veux dire,
09:22moi, j'aime mon métier, mais j'ai besoin d'être soutenue déjà financièrement.
09:26On n'est pas payés, moi, ça fait à peu près 20 ans que je travaille
09:29et je gagne 2 000 euros net par mois, c'est-à-dire qu'on me paye 41 euros par
09:34dimanche.
09:34C'est inadmissible, inadmissible, il faut revaloriser les salaires.
09:39Je pense que là, on est dans une grande souffrance.
09:42Alors, c'est vrai qu'à chaque fois, on demande du personnel,
09:44on ne parle jamais, jamais des salaires.
09:46Mais on est vraiment, on est sympa quand même dans le milieu hospitalier.
09:50Mais il y en a marre, donc oui, nous ne sommes pas des nonnes.
09:52Alors, on vient d'écouter Catherine, elle était parmi les nombreux manifestants.
09:56Quel pourrait être le poids de cette démonstration de force sur le gouvernement ?
10:00Et est-ce un message pour les candidats aux prochaines élections ?
10:04Vraisemblablement, et c'est tant mieux.
10:06Parce que la campagne qui se déroule aujourd'hui contre les agents publics,
10:11c'est-à-dire ceux et celles qui, chaque jour, nous servent,
10:16à la poste, à l'hôpital, dans la rue, avec les policiers,
10:24ceux qui balaillent la rue, qui sont des agents publics de la commune
10:30ou parfois du département,
10:32toute cette campagne-là est abominable,
10:37tendante à accréditer l'idée selon laquelle on ne peut plus aujourd'hui payer cela,
10:44ce n'est pas utile,
10:46et je ne parle pas de tous ceux qui les traitent de feignants
10:49et je ne sais, d'autres qualificatifs.
10:51Et donc, la question d'avoir des agents publics,
10:56d'avoir des fonctions publiques d'État,
10:59des fonctions publiques territoriales,
11:01c'est indispensable pour nos propres vies.
11:05Sans eux, nous ne vivrions pas
11:09avec la qualité de vie que nous connaissons aujourd'hui,
11:12mais l'économie ne fonctionnerait pas non plus.
11:14parce que c'est quand même bien le facteur qui poste le courrier de l'entreprise.
11:21C'est bien parce que la ville est propre
11:23que telle ou telle entreprise se trouve bien dans cette ville.
11:28C'est parce qu'il y a des gens qui nous conduisent dans des trames,
11:33dans des trains,
11:34qu'on peut se déplacer
11:36et que les villes ne sont pas asphyxiées de bouchons.
11:39Autrement dit, il faut faire cesser cette campagne.
11:41Et d'autre part, il faut arrêter de faire accréditer l'idée
11:46qu'un agent public est un chiffre à rayer sur un programme électoral.
11:51Tant qu'on raisonnera comme ça,
11:53on ne se trouvera dans une situation d'abord d'humiliation de la part de gens
11:59dont on ne reconnaît pas l'utilité du travail.
12:02Et d'autre part, on gripera la société.
12:05Il ne faut pas croire que la privatisation à outrance
12:08de faire de tout ça, de la marchandisation,
12:11il ne faut pas croire que ça nous mettra à l'abri,
12:15demain, d'accidents extrêmement graves,
12:17comme on l'a vu ailleurs.
12:19Par conséquent, le débat,
12:21il n'est pas un débat pour faire des soustractions.
12:25Le débat, il est le suivant.
12:29Quelles conditions créons-nous ?
12:31Quel débat aussi créons-nous avec les agents publics,
12:34avec les usagers, avec les élus locaux,
12:38pour améliorer les services publics,
12:41pour moderniser les services publics,
12:43pour démocratiser les services publics,
12:45de telle sorte qu'il soit une propriété citoyenne,
12:48c'est-à-dire qu'il y ait ce va-et-vient
12:50entre ceux qui assurent le service public,
12:53ceux qui en sont les usagers,
12:54et évidemment les élus,
12:56les élus locaux comme les élus nationaux,
12:57de telle sorte que ça fonctionne mieux.
13:00Mais je répète,
13:01un agent de services publics
13:03n'est pas un chiffre comme ça
13:05qu'il faudrait faire disparaître
13:07pour faire plaisir au marché financier,
13:09parce que le fonds, il est là.
13:10C'est que si on réduit les crédits publics
13:13pour diminuer le nombre d'agents publics,
13:15c'est pour une seule raison,
13:17c'est que face au marché financier,
13:20on se déplace,
13:22quand on est ministre de l'économie,
13:23pour dire, vous avez vu,
13:25j'en ai rayé tant,
13:26tant et donc mon pays est plus solvable,
13:29et donc inscrivez-moi,
13:31faites-moi des prêts,
13:32au taux que je vous demande.
13:33Eh bien ça, ce n'est pas la vie en société,
13:37ce n'est pas l'humanisme ou le progressisme
13:40tel qu'il faudrait aujourd'hui le développer
13:43dans une grande république comme la nôtre.
13:46La femme de la semaine, c'est Virginie.
13:48Elle exerce la profession d'ATSEM.
13:50Passionnée par son métier,
13:52cette jeune femme est agent territorial spécialisé
13:54des écoles maternelles ATSEM,
13:56donc dans une école d'Île-de-France,
13:58chargée d'assister la maîtresse
14:00pour accueillir les enfants et leurs parents.
14:03Elle aide à l'animation de la classe
14:04et prend en charge l'hygiène des jeunes élèves.
14:07Un rôle privilégié,
14:08qui l'amène parfois à accompagner des enfants
14:11en situation de handicap,
14:12à réaliser seul des ateliers
14:14et à évaluer les enfants.
14:16Autant de missions qui relèvent de la psychologie,
14:19de l'animation et du soin,
14:20mais que le statut actuel des ATSEM
14:22ne prend pas en compte.
14:24C'est pourquoi elles ont formé
14:26le collectif ATSEM de France,
14:28dont la principale revendication
14:29serait de devenir agents territoriaux
14:32de catégorie B,
14:33ceux qui acteraient la reconnaissance
14:35de leurs compétences.
14:36Apparemment, comme nous l'explique Virginie,
14:39ce n'est pas gagné.
14:40Donc vous avez porté ces revendications
14:42de salaire, de reconnaissance,
14:44surtout auprès de la ministre
14:46de la Fondation publique.
14:47Très récemment, il y a eu des manifestations.
14:50Qu'est-ce que vous avez obtenu comme avancée ?
14:53Alors ça dépend comment on veut voir les avancées.
14:55C'est vrai que ce que je trouve triste
14:57et ce qui a été retenu,
14:58c'est plutôt la pénibilité du travail.
15:01C'est le reclassement
15:03et le rôle flou de l'ATSEM.
15:06C'est vrai que ça,
15:07ce serait une belle avancée.
15:09Par contre, le reclassement,
15:11la pénibilité du travail,
15:12j'ai l'impression qu'il faut qu'on attende
15:14qu'on soit toutes cassées
15:15pour qu'on aille nous mettre
15:16au tri sélectif des mairies,
15:17qu'on nous reclasse.
15:21Quand on démarre un métier,
15:22ce n'est pas ça qu'on a envie de voir au bout.
15:24On a envie d'avoir plutôt
15:25les bonnes conditions de travail
15:26pour être là vraiment auprès des enfants
15:28et pas de se dire qu'il va falloir attendre
15:30peut-être un moment de sa carrière
15:32où on n'en peut plus,
15:33que là on va enfin nous écouter
15:34et qu'on va nous reclasser
15:36parce que le métier est d'une pénibilité.
15:38Mais ce n'est pas pour ça qu'on se bat.
15:40On se bat pour être reconnu,
15:41reconnu pour le travail qu'on fait.
15:42Et le travail qu'on fait,
15:43il est très riche, il est varié
15:45et on adore ce qu'on fait.
15:46Et on préfère être reconnu,
15:47en effet, en étant l'assistante du professeur
15:49que Madame Pipi.
15:50Voilà, tout le monde y gagne
15:52de toute façon parce que les enfants,
15:54c'est vraiment le rôle que l'on a.
15:55Alors ce métier est à 99% féminin
15:58et il est crucial
15:58car ces femmes ont en charge
16:00les jeunes enfants
16:01durant leurs premières années de scolarité
16:03qui, on le sait, sont déterminantes
16:05quant au rapport des élèves à l'école,
16:07donc à leur avenir.
16:08Alors comment expliquer
16:09qu'avec une telle responsabilité,
16:11elles soient si peu reconnues ?
16:13C'est vrai qu'il y a une part
16:16de soit de laisser aller,
16:20d'inconséquences,
16:21voire de mépris là-dedans.
16:23Parce que les ATSEM,
16:27c'est les compagnons,
16:30c'est les binômes
16:34de la maîtresse d'école,
16:36de l'institutrice.
16:38et elles ont à s'occuper
16:42physiquement parfois d'enfants,
16:44mais pas seulement.
16:46Le matin, quand le petit
16:48ou la petite,
16:50elle a passé une mauvaise nuit,
16:52elle a des soucis,
16:53il faut bien détecter
16:56comment l'insérer dans la journée
16:59avec les autres.
17:00quand tel autre a une petite maladie,
17:06qu'il n'est pas bien,
17:06pareil, il faut détecter.
17:08Donc, elles sont pluridisciplinaires
17:11dans leur fonction.
17:14Il faut être psychologue,
17:16il faut être un peu médecin,
17:17il faut être un peu éducatrice,
17:19il faut faire les soins
17:23quand c'est nécessaire, etc.
17:25Donc, ceci doit être reconnu.
17:28Et donc, il faudrait rapidement
17:31prendre les dispositions
17:34pour les insérer.
17:35Elles demandent la catégorie B
17:38de la fonction publique territoriale.
17:40Je ne connais pas techniquement
17:42ce qui correspond à leur fonction exacte,
17:45mais en tout cas,
17:45il faudrait faire droit rapidement
17:47à cette fonction
17:49et revaloriser le travail.
17:53Parce que ce sont de vraies éducatrices.
17:56C'est plus que des nounous encore.
17:59C'est celui ou celle
18:03qui complète un peu le travail
18:05de la maîtresse
18:06ou qui fait avec la maîtresse.
18:08On termine par une page d'histoire.
18:10On célèbre le centenaire
18:12de la révolution russe.
18:13Et ce que l'on oublie trop souvent,
18:15c'est que tout a commencé
18:16avec les femmes.
18:18Le 23 février 1917,
18:20du calendrier grégorien,
18:22date correspondant au 8 mars
18:23de notre calendrier,
18:25les femmes ouvrières et ménagères
18:27défilent paisiblement à Pétrograde,
18:29la capitale russe de l'époque.
18:31Elles réclament du pain,
18:33la paix et la république.
18:35Un grand nombre d'ouvriers
18:37se mettent en grève
18:38et se joignent au défilé.
18:39Cette grande manifestation pacifique
18:41marquera le début de la fin
18:43du règne de Nicolas II.
18:45Alors, ceci pose la question
18:46de l'effacement du rôle des femmes
18:48dans l'histoire.
18:49Est-ce qu'il y aurait un travail
18:50de réhabilitation de la gente féminine
18:52à faire ?
18:53Et si oui,
18:53qui peut ou doit le faire ?
18:54Est-ce les médias,
18:55l'école ou bien les hommes politiques ?
18:58Un peu tout le monde, je crois.
18:59C'est vrai qu'il serait utile
19:01que des historiennes,
19:04des historiens,
19:05des académiciens
19:09travaillent à réhabiliter
19:11le rôle qu'ont joué les femmes
19:14dans l'histoire humaine en général.
19:17Depuis l'Antiquité, parfois,
19:19où elles sont cachées,
19:23plus proches de nous,
19:24des grandes femmes comme
19:26Clara Zetkin, Louise Michel,
19:29dont on commence à connaître le nom,
19:31mais un peu mis également de côté,
19:35de grandes poétesses,
19:37de grandes écrivaines.
19:38Je vois, il y a un livre
19:42qui sort ces jours-ci
19:43sur la vie de Colette,
19:46mais les vies multiples,
19:48mais la vie diversifiée,
19:49y compris ses engagements de Colette,
19:52qui sont très peu connus, au fond.
19:54Et donc, oui,
19:56tout ceci devrait être montré
19:59un peu plus qu'on le montre aujourd'hui,
20:01parce que c'est une œuvre d'éducation
20:03de telle sorte que dans nos sociétés,
20:06patriarcales dans nos sociétés,
20:08où quand même,
20:09il y a bien trop souvent
20:13rendus visibles,
20:14non pas dans les rues,
20:15mais sur les écrans,
20:17des costumes gris
20:19et cravates tout aussi grises,
20:21avec des mines tout aussi sombres,
20:23ce serait une œuvre d'éducation,
20:29une œuvre qui nous permettrait
20:30vraisemblablement,
20:32non seulement de nous connaître mieux,
20:34mais de faire comprendre
20:36que dans les combats
20:38pour l'émancipation humaine,
20:39toujours les femmes ont pris
20:41une part extrêmement importante.
20:43Pas seulement quand elles ont eu
20:46des responsabilités politiques,
20:47je répète,
20:48quand elles ont été parfois
20:51des écrivaines,
20:52quand elles ont été des peintres,
20:56quand elles ont été des scientifiques,
21:00comme Marie Curie
21:01et d'autres encore,
21:02et donc tout ceci devrait être montré,
21:05et c'est une tâche
21:07dont la République
21:08s'honorerait de s'atteler.
21:10Patrick,
21:10c'est presque la fin de cette émission,
21:12ça devrait être la fin,
21:13mais il y a quelque chose
21:13qui m'intrigue depuis le début
21:15de l'émission,
21:15c'est que derrière vous,
21:17il y a une affiche dans votre bureau
21:18qui n'y était pas la semaine dernière.
21:20Est-ce que vous pouvez nous la montrer
21:21et nous dire un mot
21:22de la personne qui se trouve
21:24sur cette affiche ?
21:25Je vous présente
21:26un ami palestinien,
21:28Jamal Aboulail.
21:31C'est un ami,
21:32il est responsable
21:34des enfants
21:35dans le camp de Kalandia,
21:37en Palestine,
21:39et il est responsable
21:40de l'office
21:41des réfugiés palestiniens.
21:44Et avec notre association
21:47de jumelage
21:48entre les villes françaises
21:49et les villes palestiniennes,
21:52qu'a créé mon ami décédé
21:55depuis maintenant
21:56près de deux ans,
21:58Fernand Thuil,
22:00on a créé avec lui,
22:03on a quasiment jumelé
22:05tous les camps palestiniens,
22:07ceux qui sont à l'intérieur
22:08de la Palestine
22:09comme ceux qui sont
22:10à l'extérieur,
22:11au Liban,
22:12c'était le cas du camp syrien
22:14qui a été détruit
22:15par la guerre.
22:16On a fait ces jumelages
22:19pour aider
22:20les gens
22:21à vivre mieux
22:22pour apporter
22:23de l'éducation
22:25aux enfants.
22:26Parfois,
22:26on a fait des opérations
22:27incartables
22:29pour chaque enfant
22:30des camps
22:31de réfugiés
22:32il y a quelque temps
22:33de cela.
22:34Nous faisons
22:35avec la fête
22:35de l'humanité
22:36de la collecte
22:37d'instruments de musique
22:38que nous emmenons
22:39dans les camps.
22:41Nous initions
22:42avec nos amis
22:44en Palestine
22:47des enfants
22:48à la musique.
22:48Autrement dit,
22:50nous faisons
22:50beaucoup de choses.
22:52Mais voici
22:53que depuis
22:54bientôt un an,
22:56Jamal
22:57a été cueilli
22:59chez lui
22:59sans raison
23:01par l'armée
23:02israélienne.
23:05et il était
23:06mis en détention
23:07préventive
23:08et on vient
23:09de lui signifier
23:10dimanche dernier
23:12un changement
23:13de sa prison.
23:14On vient
23:14de le mettre
23:15au secret.
23:16Il était
23:17avec un journaliste
23:18palestinien,
23:19un ami journaliste
23:20palestinien
23:20qui lui aussi
23:21a été séparé
23:22de lui
23:23et a été mis
23:24dans une autre
23:24prison,
23:26Mohamed Kik.
23:27et depuis
23:30Jamal
23:30a décidé
23:32de se mettre
23:33en grève
23:33de la faim
23:34ce qui moi
23:35me préoccupe
23:36beaucoup.
23:37Et nous n'avons
23:39pas
23:40d'explication
23:41sur les motifs
23:42de son
23:43arrestation,
23:45de sa mise
23:46en détention
23:47provisoire
23:47qui est illégale
23:49au regard
23:50de la
23:50quatrième convention
23:52de Genève.
23:53et donc
23:54j'ai saisi
23:55les institutions
23:55européennes
23:56pour qu'elles
23:58demandent
23:58des explications
23:59sur les raisons
24:00de son incarcération
24:01et de créer
24:02les conditions
24:03de sa libération
24:04parce que je le considère
24:05comme un prisonnier
24:06politique.
24:07De surcroît,
24:08ceux qui nous disent
24:10qu'ils cherchent
24:10la paix
24:12nous mentent
24:13puisque
24:14avoir arrêté
24:16cet homme
24:16qui est
24:18responsable
24:19de l'office
24:19des réfugiés
24:21c'est exactement
24:22créer
24:22les conditions
24:23d'une déstabilisation
24:24dans les camps
24:25de réfugiés
24:27et avec
24:28des conséquences
24:29qu'on ne connaît pas
24:30à l'intérieur
24:31de la Palestine
24:31et peut-être aussi
24:32vis-à-vis des forces
24:33de l'armée israélienne.
24:35Par conséquent,
24:36nous avons décidé
24:37de lancer
24:39une campagne
24:40où on va
24:40populariser
24:41son visage
24:42et son nom
24:42avec des affiches
24:43avec des petites pancartes
24:45de telle sorte
24:46que son nom
24:47soit connu
24:47et qu'on libère
24:49sans délai
24:50que les autorités
24:51israéliennes
24:51libèrent
24:52sans délai
24:53Jamal
24:53car moi
24:55je connais
24:56personnellement
24:57cet homme
24:57qui est un homme
24:59généreux
25:00un homme cultivé
25:01un homme dévoué
25:03aux autres
25:03un homme qui est venu
25:05régulièrement
25:06ici à notre invitation
25:07au siège de l'humanité
25:08à la fête de l'humanité
25:09quasiment chaque fois
25:10et je ne peux pas
25:12supporter
25:12la situation
25:14qui est faite
25:14aujourd'hui
25:15et je vais le crier
25:16et nous allons
25:17être nombreux
25:18avec les maires
25:20des villes
25:20qui font
25:21les jumelages
25:22mais d'autres élus
25:23nous allons être nombreux
25:24à le crier
25:25de telle sorte
25:25qu'il y ait la liberté
25:27pour Jamal
25:28comme tous
25:28les prisonniers
25:29politiques
25:30palestiniens
25:31dont Marouane Barcouti
25:33Merci beaucoup Patrick Le Yarrick
25:34et si je puis me permettre
25:35juste un petit mot
25:36saluer aussi
25:37notre amie
25:38Isabelle Torjman
25:39on réhabilite les femmes
25:40c'était la compagne
25:41de Ferme en Tuiles
25:42que vous avez cité
25:43tout à l'heure
25:44et qui poursuit son action
25:45et qui est très peiné
25:46de ce que vous venez de dire
25:47Tout à fait
25:47Voilà c'est la fin
25:48de cette émission
25:49on se retrouve très bientôt
25:50pour un nouveau numéro
25:51de Regards sur l'actualité