00:00Quelles pourraient être les conséquences, dans le pire des cas, du refus d'association d'obéir à cette injonction ?
00:09Il est clair que pour une association locale qui exerce une sorte de délégation de services publics,
00:17notamment sur des missions d'hébergement et d'accompagnement de personnes sans-abri et de personnes migrantes,
00:23la pression de l'État peut être terrible localement.
00:27Une pression, j'allais dire, politique, c'est-à-dire une injonction de transmettre la liste des personnes qui sont
00:33hébergées,
00:34une injonction d'accueillir des fonctionnaires dans la structure d'hébergement et de décliner l'identité et des informations nominatives
00:43sur les personnes qui sont hébergées,
00:44avec des risques de sanctions financières, c'est-à-dire que ce sont des établissements qui sont tarifés par l
00:51'État,
00:51et qui sont pour la plupart financés à 100% par l'État.
00:54Donc l'État, du jour au lendemain, peut décider si un établissement refuse d'obtempérer, de réduire les financements,
01:03ou en tout cas de dire, écoutez, si telle personne sans papier, vous voulez continuer à l'héberger, vous le
01:08faites, mais sans financement de l'État.
01:10C'est ça le risque.
01:11Nous, on va utiliser toutes les voies de recours, recours gracieux, recours contentieux, on va se battre.
01:15Alors, c'est sûr qu'on n'est pas dans une situation, je dirais, dans un rapport de force favorable,
01:21c'est le gouvernement qui gouverne.
01:23On sait aussi qu'il y a une partie de l'opinion publique qui ne souhaite pas, je dirais, qu
01:28'on continue à accueillir dans l'hébergement des personnes
01:31qui ont des problématiques de titre de séjour, et c'est d'ailleurs pour ça que le gouvernement surfe sur
01:36cette partie de l'opinion publique
01:38pour engager des mesures qui, encore une fois, n'ont jamais été engagées à cette ampleur-là, dans le champ
01:45de la lutte contre l'exclusion.