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  • il y a 20 heures
Après le passage du président français devant le Parlement européen, trois eurodéputé.e.s réagissent. Avec Michèle Rivasi ( Verts-ALE ), Marie-Pierre Vieu ( GUE-GVN ), et Jean-Paul Denanot ( S et D.) Débat animé par Jean-Jacques Régibier, journaliste.

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Transcription
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg, Emmanuel Macron et l'Europe, quoi de neuf
00:17?
00:17C'est la question qu'on va se poser. Le président de la République française s'est exprimé ce matin
00:22devant le Parlement européen,
00:23mardi, dans le but, d'après ce qui avait été dit, de relancer un peu la dynamique européenne mise à
00:29mal, mal en point à l'heure actuelle.
00:31Qu'avez-vous retenu de ce qu'il a dit ? Qu'en pensez-vous ? On en parle avec
00:35vous, Michel Rivasi, bonjour.
00:37Bonjour.
00:37Vous êtes députée européenne des Verts, Alliance Libre Europe.
00:40Marie-Pier Vieux, vous êtes députée européenne également de la gauche unidaire européenne, gauche vert nordique.
00:45Et Jean-Paul Denano, vous êtes députée européenne, socialiste et démocrate.
00:49Merci à vous d'être autour de cette table pour un exercice qui va être un peu long et un
00:55peu complexe.
00:57J'allais dire d'abord, est-ce que vous pourriez nous faire part de votre appréciation un peu globale ?
01:01On l'entrera dans les détails, bien sûr, après. Est-ce que vous avez entendu des choses nouvelles de la
01:06part du président de la République française ?
01:08Est-ce qu'il vous a convaincu ou pas ? Dans quel état d'esprit, j'allais dire, est-ce
01:12que vous êtes sorti de cette séquence, Michel Rivasi ?
01:16Écoutez, je l'ai trouvé très brillant sur le plan discussion, oralité, etc.
01:24Mais quand vous connaissez les dossiers et que vous voyez la réalité, je me dis,
01:29mais alors c'est un menteur brillant, incroyable,
01:33qui peut très bien convaincre des gens qui ne connaissent pas vraiment la réalité française
01:38et ils se disent, bon, ben voilà, il va relancer l'Europe.
01:42Très bien, moi aussi je suis pour relancer l'Europe.
01:44Mais sur quelle base ?
01:45Et vous voyez que là, ce qui m'inquiète, c'est à la fois sa formation vis-à-vis de
01:52l'ENA,
01:52où il maîtrise bien le verbe,
01:55mais nous qui sommes politiques depuis longtemps,
01:57le verbe c'est très bien,
01:59mais concrètement, qu'est-ce qu'il fait en France ?
02:02Et qu'est-ce qu'il veut développer en Europe ?
02:04Et donc, quand on va parler de la transition énergétique,
02:08de ce qu'il fait sur le climat,
02:10quand il dit, il faut une Europe qui protège,
02:13mais l'Europe qui protège qui et comment ?
02:16Qui protège ?
02:17Alors c'est vrai que les grands groupes,
02:19quand on dit que Macron est un président de riches,
02:22et pour les riches,
02:23on voit la réalité de l'Europe à l'heure actuelle.
02:25Le grand libéralisme européen favorise qui ?
02:28Les multinationales, les gens qui ont de l'argent, etc.
02:31Et il y a une paupérisation qui est de plus en plus forte.
02:34D'ailleurs, il n'a jamais employé le terme de chômage,
02:37il n'a jamais employé le terme de travailleur précaire.
02:41Vous voyez ça ?
02:42C'est tout un monde qui l'ignore.
02:44Mais par contre, on est pro-européen,
02:46il faut être pro-européen,
02:47avec des grandes valeurs, etc.
02:50Les grandes valeurs, les grands principes,
02:52le passage obligé des valeurs européennes.
02:55Exactement.
02:55Et vous savez, vous allez n'importe où dans le monde,
02:58tout le monde vous parle.
02:58Mais je suis pour la démocratie.
03:00Tout le monde est pour la démocratie.
03:01Mais comment ?
03:02Avec qui ?
03:03Vous voyez ?
03:03Comment on l'organise ?
03:05Ça, il n'y avait rien de précis.
03:07Et la grosse critique qu'on fait en France
03:09sur le fait qu'il est très autoritaire,
03:11d'ailleurs, à un moment,
03:12il a parlé de l'autorité de la démocratie.
03:15Vous voyez, il ne faut pas que la démocratie soit molle,
03:18sinon ça va à la mort de la démocratie.
03:19Mais il faut réinstaurer l'autorité de la démocratie.
03:22Eh bien, il représente tout à fait ça.
03:24C'est l'autorité du président de la République française
03:27sur la Ve République.
03:29Un député a dit la démocratie purement napoléonienne.
03:31Ça a été dit.
03:32On va en reparler dans quelques instants.
03:34Jean-Paul Delano, votre réaction comme ça,
03:37de but en blanc, j'allais dire, on continue.
03:38Oui, elle est assez conforme à celle de Michel.
03:40C'est-à-dire que la démocratie,
03:43j'ai été élu par le peuple,
03:45donc c'est moi qui commande.
03:46Je dis ce qu'il faut faire et tout le monde exécute.
03:49Je crois qu'il y a une façon de faire
03:51qui n'est plus acceptable aujourd'hui.
03:53Et Emmanuel Macron en a fait encore la preuve aujourd'hui.
03:55Alors au travers d'un discours très habile,
03:58très polissé, très bien construit,
04:00très bien interprété, j'ai envie de dire,
04:02parce que c'est aussi un acteur, quoi.
04:03Il y a des choses comme le son.
04:05Et à partir de là,
04:07on cherche derrière ce discours,
04:09on cherche les points concrets,
04:10on cherche les avancées.
04:12Pour moi, il n'y en a pas eu.
04:13C'est un discours qu'on connaît depuis longtemps.
04:15C'est un discours très général.
04:16Heureusement qu'il y a eu après
04:18les questions des députés
04:20qui lui ont permis
04:22de rentrer un peu plus dans les sujets.
04:24Et il a répondu à sa façon,
04:26d'ailleurs, sur ces sujets-là.
04:28Sur le sujet de l'immigration, par exemple,
04:29qui est un sujet prégnant aujourd'hui en France.
04:31On va revenir sur ces points un peu de détails,
04:32effectivement, abordés par les députés.
04:34Il y a un discours très polissé,
04:37très classique, très énarque,
04:38j'ai envie de dire, quoi.
04:40Et puis derrière,
04:42on ne sait pas trop ce qui se passe, quoi.
04:43C'est ça, notre problème.
04:45Marie-Pierre, vous, alors vous,
04:47votre réaction brute, j'allais dire,
04:49de coffrage, comme vous dites ?
04:51Moi, je trouve qu'on a eu trois temps,
04:52Macron, cette semaine,
04:54et qu'il faut peut-être les agencer
04:55les uns après les autres.
04:56Il y a eu d'abord le perno, à midi,
04:59pour parler...
05:00Pas l'alcool, hein.
05:02Non, non, non, le journaliste.
05:04Le journaliste de Téphane.
05:05Pour s'adresser vraiment
05:07à ce qu'il doit penser
05:08comme étant la France profonde.
05:10Il y a eu ensuite l'interview
05:12avec Bourdin-Plenel,
05:14où là, on est arrivé au réseau intermédiaire,
05:16à la partie mouvement social,
05:18à la gauche aussi, d'une certaine manière.
05:20Et aujourd'hui, il y a eu l'Europe.
05:22Et donc, je trouve quand même
05:23qu'il y a un redéploiement de Macron,
05:25qui est bien huilé.
05:27Il y a une stratégie, quoi.
05:28C'est quelqu'un qui réfléchit,
05:29qui est offensif.
05:29Je pense que pour lui,
05:31la meilleure défense, c'est l'attaque.
05:33Et ce qui est paradoxal,
05:34quand on l'entend ce matin,
05:35c'est quand même le paradoxe
05:38entre ce président tout-puissant
05:40qui intervient,
05:41qui choisit ses mots,
05:43qui fait effet tribune,
05:44qui est très applaudi,
05:45que beaucoup d'Européens découvrent
05:48et voient comme quelqu'un de très brillant,
05:51et la réalité sociale
05:53et de ses décisions politiques
05:54dans la France même.
05:55C'est Macron qui est quand même
05:58au centre d'une polémique
06:00sur l'intervention en Syrie,
06:02en tout état de cause,
06:03au moins sur le débat
06:04qu'il y a eu autour de cette intervention,
06:06plutôt le non-débat.
06:07C'est également quand même,
06:08ce matin, il ne faut pas l'oublier,
06:09aux portes du Parlement européen,
06:10une manifestation interdite de cheminots
06:13qui n'est pas arrivée
06:14à vivre à l'intérieur de l'hémicycle.
06:16Donc, je pense qu'il faut voir tout ça.
06:19On va parvenir, effectivement,
06:22sur la partie,
06:24on l'a effleuré il y a quelques secondes,
06:25sur la partie discours général
06:27des principes européens,
06:28ce qu'il a dit,
06:29son discours initial.
06:31Effectivement, c'est les questions
06:32plutôt que lui ont posées les députés
06:34qui ont fait qu'il a été obligé
06:36tout de même de rentrer
06:37dans des choses un peu concrètes.
06:39On va repasser,
06:40vous en parliez il y a deux secondes,
06:41on va revenir là-dessus
06:42sur la question de la Syrie
06:43en deux petites secondes,
06:44puisque c'est votre groupe,
06:46notamment par l'intermédiaire
06:48de Patrick Luiaric
06:48qui lui a posé cette question.
06:51Qu'est-ce que vous en avez pensé
06:52de ce qu'il a dit, justement,
06:54sur ce qui a été largement critiqué
06:55tout de même,
06:56non seulement en France,
06:57mais également à l'étranger,
06:58à savoir cette décision de frappe française
07:02sans l'aval de l'Europe.
07:03L'Europe n'existe pas.
07:03Sans l'Europe, mais sans l'ONU.
07:05N'existe pas, sans l'ONU.
07:06Voilà.
07:06Donc, il n'y a plus du tout.
07:08Les instances internationales
07:09sont carrément niées.
07:10Voilà.
07:10Qui rentrent dans ce qu'on appelle
07:12une logique guerrière en même temps.
07:14Je pense qu'il a bien paré le coup.
07:16Je pense qu'il a bien paré le coup
07:17au moins à deux niveaux,
07:19me semble-t-il, politiques.
07:21Le premier, c'est le déficit
07:23de politique européenne
07:24sur les questions extérieures
07:25et la difficulté qu'on a à peser,
07:27justement, sur des questions
07:29comme celle-là.
07:29Ça peut être aussi sur la Palestine
07:31ou d'autres dossiers.
07:33Et la deuxième chose,
07:34c'est qu'il a joué également
07:37l'émoi d'une opinion.
07:39C'est-à-dire que personne ne peut nier
07:41qu'en Syrie, il y a des crimes.
07:43Des crimes organisés.
07:44Et que tout le monde veut mettre fin,
07:46justement, à ces crimes-là.
07:48Et donc, quand il a notamment répondu
07:50à Florian Philippot sur la question,
07:53il a surjoué l'émotion
07:54pour justement pallier
07:57au manquement politique
07:58et démocratique
07:58qui étaient les siens.
08:00Donc, il est confronté à une question,
08:02mais je trouve qu'il a bien,
08:03bien, dans le débat de ce matin.
08:05Alors, émotion pour émotion,
08:06le président de votre groupe,
08:09Philippe Lambert,
08:10lui aussi,
08:11j'ai rebondi sur ce que vient de dire
08:13Marie-Pierre Vieux,
08:15il a parlé, lui,
08:15émotion pour émotion,
08:16les ventes d'armes
08:17à l'Arabie Saoudite, etc.,
08:18qui permettent aujourd'hui
08:20d'aller frapper les populations civiles
08:22et massacrer les populations civiles
08:26au Yémen.
08:26On les oublie
08:27dans une affaire comme celle-ci.
08:29On n'en parle pas.
08:30On n'en parle pas
08:31parce qu'on n'est que
08:32sur l'aspect,
08:33comme vous avez dit,
08:34émotionnel.
08:35En même temps,
08:36moi, je trouve que là,
08:37on est dans la caricature
08:39de la guerre propre.
08:40Parce que, moi,
08:42j'ai le sentiment
08:42que ça a été préparé
08:43depuis très longtemps.
08:45La France,
08:46elle ne pouvait pas agir seule.
08:48Qu'avec les Américains,
08:49Trump n'a pas vraiment
08:50une cote internationale très forte,
08:52donc on choisit les Anglais.
08:54Et là,
08:55la première chose qu'on dit,
08:57ça n'a fait aucune victime.
08:58Alors, pourquoi on l'a fait ?
09:00On sent qu'on a bombardé
09:03trois sites.
09:04Alors, moi,
09:04j'attends les preuves
09:05que c'est bien des sites
09:06où on fabriquait
09:09les armes chimiques.
09:11On n'avait même pas
09:12la confirmation
09:14que c'était bien
09:15une attaque chimique.
09:16Alors, on a eu des images,
09:17mais moi, vous savez,
09:18je me méfie de tout.
09:19Même des images.
09:20Bon, c'est quand on veut
09:21faire quelque chose.
09:21On a eu des précédents, quoi.
09:22D'ailleurs,
09:23certains l'ont rappelé
09:24ce matin.
09:24Sur l'Irak, etc.
09:26Sur l'Irak,
09:26sur la Libye, etc.
09:27On sait maintenant.
09:29Et là,
09:30c'est vraiment
09:31pour montrer,
09:31vous voyez,
09:32ces muscles.
09:33En disant,
09:34on attaque
09:36la Syrie
09:37par Bachar Al-Assad.
09:39Regardez tous
09:39ces enfants qui meurent.
09:40Donc, on joue
09:41énormément sur l'émotionnel.
09:43On se passe
09:44du Conseil de sécurité
09:44de l'ONU.
09:45Mais demain,
09:46si c'est la Russie
09:47qui le fait
09:47ou d'autres pays,
09:48il va dire,
09:48mais pourquoi la France
09:49et l'Angleterre
09:50et les États-Unis
09:51l'ont fait ?
09:51Donc, on va le faire.
09:52Donc, c'est quand même
09:53des précédents
09:54qui sont très graves,
09:55je trouve,
09:55d'un point de vue
09:55démocratique.
09:56Donc, lui,
09:57il joue là-dedans
09:58en disant,
10:00il y a un traité international
10:01qu'on a ratifié,
10:03etc.
10:03et qui interdit
10:04l'utilisation
10:05des armes chimiques.
10:06Mais en même temps,
10:07il a dit,
10:08mais ce n'est pas
10:08contre Bachar Al-Assad.
10:11Donc, je trouve
10:12que c'est vraiment
10:13quelque chose
10:14qui est du type,
10:15on ne va pas
10:16les laisser faire,
10:16on ne va pas laisser faire
10:17la Russie,
10:18Bachar Al-Assad,
10:19etc.
10:20On sent sa dent
10:21contre la Russie,
10:22quand même,
10:22très clairement.
10:23Ce matin,
10:24on sentait que
10:24c'était quand même
10:26plutôt la Russie.
10:26Oui, mais c'est une stratégie
10:28à plus long terme
10:29pour reprendre
10:30les marchés
10:31quand il va falloir
10:32reconstruire la Syrie.
10:33Moi, je sens que
10:34ce n'est pas sincère.
10:36Il joue sur l'émotionnel,
10:38mais il n'y a pas
10:38une sincérité
10:39en disant
10:40c'est un scandale
10:41ce qui se fait.
10:43La Russie,
10:43qui est complice
10:44de Bachar Al-Assad
10:45en utilisant ses armes,
10:47vous n'allez pas me dire
10:47que la Russie
10:48n'est pas au courant
10:49de ce qui s'est passé.
10:51D'ailleurs,
10:51ils disent non,
10:52on n'a pas utilisé
10:53d'armes chimiques
10:53comme s'ils n'étaient
10:54pas sur le terrain.
10:55Vous voyez,
10:56tout ça,
10:56ça m'a gêné.
10:57Et le seul parlementaire
10:59qui a osé attaquer
11:01notre président,
11:02Emmanuel Macron,
11:03ça a été
11:04Philippe Lambert,
11:05qui est vice-président
11:06du groupe,
11:07parce qu'il a essayé
11:08de taper là
11:09où ça fait mal.
11:09C'est pour ça
11:10qu'il a très mal réagi
11:12à Emmanuel Macron.
11:13Il a dit
11:14qu'il disait
11:14des bêtises,
11:15etc.
11:15parce qu'il a
11:17attaqué sur
11:18les principes
11:18de la République
11:19qui sont la liberté,
11:20l'égalité
11:20et la fraternité
11:21en disant
11:22regardez,
11:23vous me tenez
11:23des beaux discours
11:24mais quand on regarde
11:25concrètement
11:26ce qui se fait en France,
11:28vous voyez,
11:28sur la liberté
11:30avec cette politique
11:31d'urgence
11:32où tous les gens
11:34sont fichés,
11:35enfin,
11:35ou ceux qui sont fichés
11:36à l'arrivée,
11:36sur ces points
11:37qui sont importants.
11:37Et ça,
11:38ça lui a fait très mal
11:39et donc il a réagi
11:41de façon très violente.
11:42Et c'est là
11:43où on voit son caractère
11:44quand même.
11:44Tant que c'est lissé,
11:45vous voyez,
11:46quand on n'est que
11:46dans le discours,
11:47ça manque.
11:47Mais tant que,
11:48si on l'attaque,
11:49alors là,
11:49c'est du type
11:50je te lance
11:51de gifle
11:51et terminé.
11:54Jean-Pierre,
11:55un peu cette réaction
11:56de la façon
11:58dont il met en place
12:00cette espèce
12:00de mode
12:01de discours
12:02et d'explication
12:04spécifiquement
12:04à propos de la Syrie.
12:05Moi,
12:06je trouve qu'il a été
12:06assez habile
12:07pour ramener
12:08le problème syrien
12:09à la question
12:10de la défense européenne.
12:11C'était ça,
12:13sa façon
12:14de traiter
12:14la question.
12:15en fait,
12:16parce qu'effectivement,
12:18la situation
12:18à Syrie
12:19est extrêmement complexe.
12:20La situation
12:20au Moyen-Orient
12:21de manière générale,
12:22si on voulait
12:23parler de ce débat-là,
12:25on n'aurait pas
12:25assez de la journée.
12:26Donc,
12:26c'est extrêmement complexe
12:28et il y a
12:30un certain nombre
12:31de choses
12:31qui sont loin
12:32d'être claires
12:33dans ce qui se passe.
12:34Je ne suis même pas sûr
12:35que les politiques
12:37qui interviennent
12:37sachent exactement
12:38ce qui se passe.
12:40Donc,
12:40je pense que,
12:41bon,
12:42ils ont des conseillers,
12:42etc.
12:44Moi,
12:44j'aurais aimé,
12:45avant qu'il y ait ces frappes,
12:47qu'on ait la certitude
12:48d'une attaque chimique.
12:49Parce que,
12:50tant qu'on n'a pas la certitude,
12:51on a malheureusement
12:52des exemples historiques
12:53qui ont montré
12:57qu'il y avait Maldon.
12:58Donc,
12:59il faut faire
12:59très attention à ça.
13:00En tout cas,
13:00s'il y avait attaque chimique,
13:03il fallait effectivement réagir.
13:04Mais s'il n'y avait pas
13:05attaque chimique,
13:06et ça,
13:06c'est le risque
13:06qui a pris,
13:07s'il n'y avait pas
13:08attaque chimique,
13:08on prenait un risque
13:10d'accentuer le conflit.
13:12Or,
13:13ce conflit,
13:14il va bien falloir
13:14le régler un jour ou l'autre.
13:16Il va falloir,
13:16on ne pourra pas le régler
13:18que par des attaques.
13:19Il faudra aussi le régler
13:20par la diplomatie.
13:22par la rencontre,
13:23par la discussion
13:24entre les uns et les autres,
13:26y compris avec la Russie.
13:27Parce qu'aujourd'hui,
13:28la Russie joue un rôle clé
13:29dans ce secteur-là.
13:30Donc,
13:31si on n'est pas capable
13:31de parler avec tout le monde,
13:32effectivement,
13:33on n'y arrivera pas.
13:34Et ce n'est pas les frappes,
13:35même ciblées,
13:36même sans faire de victimes,
13:38qui vont régler la question.
13:39Alors,
13:40autre point
13:40qui a été abordé
13:41par les députés,
13:43qui est revenu,
13:44encore une fois,
13:45dans le cadre de
13:46revenons réels,
13:47au-delà des grands principes,
13:49etc.
13:50Revenons réels,
13:51et disons ce qu'est ce réel,
13:51c'était le cas,
13:52par exemple,
13:53des migrations et des migrants.
13:55Parce que plusieurs députés
13:56sont intervenus sur ce point,
13:57en disant,
13:57mais attendez,
13:58c'est joli ce que vous dites,
14:00mais la réalité,
14:01à l'heure actuelle,
14:01de la manière dont,
14:02par exemple,
14:03se comporte la France
14:04vis-à-vis des migrants,
14:05on est en plein dedans,
14:06puisqu'on est en discussion
14:08sur la loi là-dessus,
14:10et la manière
14:11dont sont traités
14:12les gens qui,
14:13notamment à la frontière
14:14avec l'Italie en France,
14:16sont envoyés dans les tribunaux
14:17parce qu'ils ont osé aider
14:18ou donner un peu à manger
14:19ou héberger
14:20quelques migrants.
14:22Là,
14:22on a quand même
14:22le réel
14:23contre les principes.
14:26Qu'est-ce que vous en avez pensé
14:27aussi,
14:27de la manière,
14:29Marie-Piervieux,
14:30dont il aborde
14:32ces questions
14:32des migrations
14:33qui,
14:33évidemment,
14:34on le dit ici,
14:35sans arrêt,
14:35est une question centrale
14:36aujourd'hui en Europe ?
14:39J'en ai pensé
14:39qu'il a été rattrapé
14:41par les faits.
14:42Je crois que c'est lui
14:42qui, à un moment,
14:43a parlé d'autorité
14:44de la démocratie.
14:46J'ai bien aimé
14:47la terminologie.
14:49On est quand même...
14:50Ce qui lui a été
14:50renvoyé au visage,
14:51c'est la politique
14:52répressive
14:53concernant la France
14:54avec le fait
14:55qu'aujourd'hui,
14:56on est l'un des pays
14:56de l'Union européenne
14:57qui expulse
14:58ça le plus.
14:59Donc,
15:00je trouve que ça,
15:02c'est venu très fortement.
15:03Je ne l'ai pas entendu
15:04apporter des solutions
15:07à la hauteur de cela.
15:09Plus généralement,
15:10je trouve qu'il n'a répondu
15:12sur aucun sujet social.
15:14C'est-à-dire qu'on ne lui a pas dit
15:16quand même répression
15:17de Notre-Dame-des-Landes.
15:20On ne lui a pas dit
15:21pas un mot sur les étudiants.
15:23Quand même,
15:24voyons bien qu'aujourd'hui,
15:25avec 20 facs en grève
15:26et un peu plus,
15:27on est face à un système
15:28répressif qu'on n'a jamais connu,
15:30y compris sous Pinsquois,
15:32on a eu toutes ces questions
15:33qui ont été absentes.
15:36Moi, sur la question
15:37de la migration
15:39plus particulièrement,
15:41je ne sais pas comment
15:42vous l'avez vu,
15:44j'ai trouvé qu'il a voulu garder
15:46la dimension droit de l'homme
15:49de la France terre d'accueil
15:51et de l'ouverture des frontières,
15:53mais en même temps
15:54que précisément sur ce point-là,
15:57il ne s'en sort pas
15:57par une argumentation.
15:59Et donc,
16:00il est confronté
16:00aux méfaits de sa propre politique.
16:02Michel Rivasi,
16:03votre réaction aussi
16:04par rapport à cette question,
16:06encore une fois,
16:06qu'on aborde,
16:07et à juste titre,
16:08très souvent,
16:09et qu'il y a une grande question européenne.
16:11Écoutez,
16:12là,
16:12c'était typiquement
16:14un endroit
16:15où on voyait
16:16qu'il montait
16:17de A jusqu'à Z.
16:18Écoutez,
16:19je suis allée à Menton
16:20il y a à peine 15 jours
16:22pour contrôler
16:24ce qui se passait
16:24à la frontière
16:25entre Vintimille et Menton.
16:27Quand on est allé
16:28à la police des frontières,
16:30on a discuté
16:31avec les policiers
16:33et les gendarmes.
16:34Et là,
16:34ils m'ont dit,
16:35on a des ordres.
16:36Il y avait des mineurs.
16:38Et on a vu
16:38qu'ils trafiquaient
16:40les dates de naissance
16:41des mineurs.
16:41Vous voyez,
16:42ils étaient nés
16:42en 2002,
16:43on mettait 2000.
16:45Comme ça,
16:45au moins,
16:45ils étaient majeurs,
16:46on pouvait les renvoyer.
16:48On a même vu
16:49un papier,
16:50puisqu'on est allé
16:51à 6h30 du matin
16:52pour contrôler
16:53les trains
16:54qui venaient
16:54de Vintimille
16:54jusqu'à Menton,
16:56il y avait marqué
16:56si à la presse,
16:57surtout ne renvoyez pas
16:58les gens de l'autre côté.
17:00Donc,
17:01ça,
17:02ce n'est pas les policiers
17:03tout seuls
17:03qui décident.
17:04C'est une politique
17:05gouvernementale.
17:06Et alors,
17:07là,
17:07on a un discours,
17:08il faut revoir
17:09la migration,
17:11on doit avoir
17:12la solidarité.
17:14Rien n'est dit
17:16sur
17:16la Hongrie,
17:17la Pologne,
17:18la Bulgarie,
17:19pour dire
17:19mais comment se fait-il
17:21que ces pays-là
17:21n'acceptent pas
17:22le quota
17:23qui avait été décidé
17:24pour une fois
17:25par la Commission européenne.
17:26C'est-à-dire que,
17:27là,
17:28il ne voulait pas
17:29attaquer
17:29M. Juncker
17:30puisque M. Juncker,
17:32qui est président
17:32de la Commission,
17:33est d'accord
17:34pour ses consultations citoyennes.
17:35Donc,
17:35on n'attaque surtout pas
17:37M. Juncker
17:38pour lui dire
17:39il fallait faire respecter
17:40les quotas
17:41que vous avez fixés.
17:42Et il y a des pays
17:43européens à l'heure actuelle
17:44qui ne les respectent pas.
17:45et pourtant,
17:46ils touchent
17:46les fonds structurels
17:47de l'Europe.
17:48Parce que vous ne pouvez pas dire
17:49on respecte les valeurs,
17:51on est pour la démocratie.
17:52Vous avez des pays
17:53qui ne les respectent pas
17:54et vous acceptez
17:55qu'ils touchent
17:5612 milliards d'euros,
17:57par exemple,
17:58comme la Pologne.
17:58Ça, c'est un premier élément.
18:00Et le deuxième élément,
18:01c'est qu'on voit
18:02au niveau, par exemple,
18:03des mineurs
18:04que normalement,
18:05on a des lois
18:06qui disent que c'est,
18:07par exemple,
18:08au Conseil départemental
18:09d'accepter ces mineurs
18:11pour les mettre en foyer,
18:11les former, etc.
18:13Là, moi,
18:13j'ai eu la preuve,
18:14c'est que les mineurs,
18:15hop,
18:15on les renvoie
18:16comme s'ils étaient des adultes
18:17et surtout,
18:18on ne veut pas accepter
18:18de les recevoir.
18:20On n'applique pas la loi,
18:21clairement.
18:22Le Préfet des Alpes-Maritimes,
18:24il a été condamné
18:25quatre fois
18:26pour envoyer
18:26le non-respect des lois.
18:28Donc, monsieur Macron,
18:30vous êtes en contradiction directe.
18:32Et la loi,
18:33à l'heure actuelle,
18:34la loi sur l'asile
18:36et l'immigration,
18:37on voit bien
18:37qu'on veut réduire,
18:39par exemple,
18:40le temps
18:41pour demander
18:41une demande d'asile.
18:43Et là,
18:43il dit le contraire
18:44en disant,
18:45mais en France,
18:46il faut qu'on s'améliore,
18:47etc.
18:48On fait tout mal,
18:49on a qu'une âge du monde,
18:50en intégromale.
18:52l'OFRA est l'organisme
18:54et qui va pouvoir
18:55accepter les demandeurs d'asile.
18:57Et moi,
18:57sur le terrain,
18:58j'ai vu
18:58qu'on n'informait
18:59même pas les migrants
19:00qui pouvaient demander
19:01la demande d'asile
19:02en France.
19:03Donc,
19:03c'est exactement
19:05ce que disait Philippe Blanc,
19:06on fait complètement
19:06l'inverse
19:07de ce qui est dit.
19:08Alors que
19:08c'est un vrai problème,
19:10l'immigration,
19:11qui touche
19:12tous les pays européens
19:13et du monde.
19:14Vous voyez,
19:14je reviens du Kenya
19:15et quand je vois
19:16le Kenya,
19:17l'Ouganda
19:17et l'Éthiopie,
19:19ils acceptent
19:20plus de migrants
19:21que tout ce qui a accepté
19:22l'Europe.
19:23Et donc,
19:23ça,
19:23on n'en parle pas
19:24de ces pays européens.
19:24Et les pays du Moyen-Orient aussi.
19:26Et les pays du Moyen-Orient.
19:28Donc,
19:28c'est vrai
19:29que c'est un vrai problème.
19:30C'est vrai
19:30qu'il faut revoir
19:32le droit d'asile.
19:34Il faut instaurer
19:35des voies légales
19:36d'immigration
19:36parce que sinon,
19:37vous développez
19:38les passeurs,
19:38etc.
19:39Il faut vraiment
19:40qu'on change
19:41notre logiciel,
19:42si vous voulez,
19:42par rapport à la migration.
19:44parce que sinon,
19:45on ne s'en sortira pas.
19:45On fait une Europe forteresse.
19:47Eh bien là,
19:48il a contribué
19:49par ce discours
19:50à fabriquer
19:51une Europe forteresse.
19:52Vous l'avez vu évoluer
19:53sur cette question ?
19:54Vous avez vu
19:54des points d'évolution
19:55sur cette question
19:56de l'immigration ?
19:57Jean-Pierre de l'évolution.
19:58Il sait
19:58qu'il est accusé
19:59en France
19:59de ne pas jouer
20:01le jeu
20:01de la migration.
20:02Donc,
20:03il a essayé
20:03de trouver
20:04des voies de contournement.
20:05Les voies de contournement,
20:06il en a trouvé
20:08deux de mon point de vue.
20:10La première,
20:11c'est de rappeler
20:12qu'il faut changer du blain.
20:13Et là,
20:14on ne peut qu'être d'accord
20:15avec cette proposition-là,
20:16bien entendu.
20:17Et puis,
20:18la deuxième,
20:18c'est une nouvelle invention
20:20qu'il a amenée
20:21sur la table.
20:22C'est la création
20:22d'un nouveau fonds européen
20:24auprès des collectivités
20:26pour accueillir les migrants.
20:27Il faut être content
20:28à Vitry de savoir
20:29qu'ils utiliseront le fonds.
20:30C'est quand même
20:31une façon
20:31de taper en touche extraordinaire.
20:33C'est-à-dire que moi,
20:34l'État,
20:34je ne sais pas faire,
20:35mais l'Europe
20:36va trouver de l'argent
20:37pour donner
20:37aux collectivités locales
20:39qui, elles,
20:39vont accueillir les migrants,
20:40vont non seulement
20:42les accueillir,
20:43mais en plus,
20:44les insérer
20:45dans la vie active,
20:46etc.
20:47Donc,
20:47il y a une façon
20:48très détournée
20:50de traiter cette question-là
20:51qui est une question
20:52majeure,
20:53effectivement.
20:54Moi,
20:54je ne suis pas au Kenya
20:56ni ailleurs,
20:57mais je sais bien,
20:58je connais le Burkina Faso,
21:00je sais bien
21:01qu'en Afrique,
21:02la problématique
21:03devient extrêmement compliquée.
21:05Donc,
21:05voilà,
21:06il a une façon
21:07très habile,
21:08quand même,
21:08il faut le dire,
21:09de taper un touche
21:09et de trouver
21:11des solutions
21:12qui ne sont pas
21:13des solutions directes
21:14pour la France.
21:14Et puis après,
21:15on dirait que c'est
21:15la faute à l'Europe,
21:16puisque, regardez,
21:17s'il n'y a pas ces fonds européens,
21:19c'est la faute à l'Europe,
21:20si on n'est pas capable
21:20de les intégrer.
21:22Autre point,
21:24qui est revenu,
21:25qui a été soulevé
21:26par un certain nombre
21:27de députés,
21:27la politique commerciale,
21:29évidemment,
21:29c'est l'actualité,
21:30puisque ça a été
21:30un des grands points
21:31qui a été débattu,
21:33qui a donné lieu
21:34cette année,
21:35cette saison,
21:36plus exactement,
21:36à beaucoup de mobilisations,
21:39non seulement en France,
21:40mais dans toute l'Europe,
21:41à cause du débat
21:43sur le CETA.
21:44Là aussi,
21:44est-ce que vous avez trouvé
21:45qu'il apportait
21:46quelque chose de nouveau,
21:47ou est-ce que
21:48ce n'était pas un peu,
21:49quand même,
21:49circulé,
21:50il n'y a pas grand-chose
21:50à voir ?
21:51Comment vous l'avez entendu
21:52sur cette question
21:53des accords internationaux,
21:54qui, évidemment,
21:56ont des ramifications
21:57dans un grand nombre
21:59de questions
22:00sociales,
22:02environnementales,
22:02agricoles,
22:03etc.
22:03C'est ça.
22:04Le problème,
22:05il est encore
22:05qu'il y a ce qu'il peut dire
22:07aujourd'hui,
22:08il y a ce qu'il peut faire,
22:09y compris avec le Premier ministre
22:10canadien du côté de la France.
22:13Il y a l'accord de libre-échange
22:15avec l'Amérique latine,
22:16le Mercosur,
22:17qui est en train
22:17de se mettre en place.
22:18On voit quand même
22:20la difficulté des paysans
22:22et notamment
22:23de l'agriculture paysanne
22:24qui sont directement confrontés,
22:26que ce soit de notre côté
22:27ou du côté d'Amérique latine.
22:30Il y a quand même,
22:31si on regarde
22:32juste le rétroviseur arrière,
22:34la proposition
22:35de loi Chassaigne
22:37pour augmenter
22:37les retraites agricoles
22:38de 75%
22:39à 85% du SMIC,
22:42qui est retoquée,
22:43faute de moyens,
22:44entre nous soit dit.
22:46Il a été quand même
22:48au passage d'ailleurs,
22:50même si Macron a dit
22:51qu'il fallait plus taxer
22:52les paradis fiscaux
22:54pour l'heure,
22:56les propositions
22:57dont on accouche
22:58au niveau européen
22:58sont vraiment
22:59en deçà
23:00des possibilités.
23:02Donc je trouve
23:03que là encore,
23:05Emmanuel Macron
23:06tient un discours
23:07qui peut après être
23:08solidaire.
23:09Il vous dira à l'envie,
23:10je suis contre
23:11le dumping social.
23:13mais ceci dit,
23:14dans chacune
23:14de ses politiques,
23:16il accompagne,
23:17voire il accélère
23:18un mouvement.
23:20Je voudrais juste
23:21ajouter quelque chose
23:22sur les services publics
23:23quand même,
23:23parce que même si
23:24ce n'est pas directement
23:25lié au traité
23:25de libre-échange,
23:26c'est dans ce panel-là.
23:28Regardons bien
23:29quand même
23:30qu'aujourd'hui même,
23:31il nous parle
23:31de solidarité,
23:33il nous parle
23:34d'écologie,
23:34même s'il ne le dit
23:35pas trop.
23:37Et on est quand même
23:38le jour
23:39où on met en place
23:40la filialisation
23:41du fret en France.
23:43On est en train
23:44d'être en plein
23:45mouvement des cheminots
23:47avec quand même
23:48derrière ça
23:48un tout routier.
23:50Et j'ai Michel
23:51face à moi,
23:52sur les barrages
23:53hydroélectriques,
23:54on a toutes les concessions
23:56au privé,
23:57alors même
23:57que ce n'est pas
23:58la manière de fonctionner
23:59de l'ensemble
24:00des autres pays membres.
24:01Donc quand même,
24:02on est vraiment
24:03sur la concurrence
24:04libre et non foncée.
24:06et pas simplement
24:07d'ailleurs
24:08avec quelqu'un
24:09qui subit.
24:11Mais c'est aussi,
24:12et je m'en arrêterai là,
24:13ce qui m'a aussi
24:15titillée ce matin,
24:16c'est que ce n'est pas
24:16simplement le premier
24:17de la classe
24:19et le suiviste
24:20zélé,
24:21Emmanuel Macron,
24:21c'est qu'il veut
24:22prendre le leadership
24:23de la parole européenne.
24:24Et je crois
24:25que dans son positionnement,
24:26il y a quand même
24:27quelque part l'idée,
24:29générationnellement,
24:31maintenant,
24:32de par la synthèse
24:33que j'arrive
24:34à faire en France,
24:35c'est moi
24:36qui vais diriger
24:38l'Europe demain.
24:39C'est vrai que
24:39de services publics,
24:42il n'en a pas été
24:42du tout question
24:43à aucun moment
24:44ce matin
24:45dans ce qu'il a pu dire
24:46et dans ses propositions.
24:46Il est dans le libéralisme
24:48le plus total.
24:49Mais écoutez,
24:50moi je trouve
24:51que l'histoire
24:51quand même
24:52du libre-échange,
24:53c'est vraiment là
24:54le double discours.
24:55Tu voyez,
24:56quand il dit
24:56il faut créer
24:57une Europe qui protège,
24:59moi je sais,
24:59je me bagarre là-dessus,
25:01une Europe qui protège
25:02les citoyens.
25:03Pas une Europe
25:04qui protège
25:05les multinationales.
25:07Mais lui,
25:08quand il dit,
25:09parce que je l'ai noté,
25:10il faut que le commerce
25:11soit cohérent
25:12avec une politique
25:13sur le climat,
25:15sur une politique
25:15sanitaire environnementale.
25:17Quand on a vu
25:18le CETA,
25:20il y a plein de gens
25:20en France
25:21qui ont dit,
25:22notamment Nicolas Hulot,
25:23qui disait
25:23je veux savoir
25:24si c'est cohérent
25:25avec le climat.
25:25Ils ont fait une étude
25:26et ça montre
25:27que ce n'est pas
25:27en cohérence
25:28avec le climat.
25:29Le CETA a été accepté.
25:31Le Mercosur,
25:32c'est la même chose.
25:32quand on dit
25:33qu'il faut que ce soit
25:34cohérent
25:34avec les normes sanitaires,
25:35on sait très bien
25:36que les Canadiens,
25:37que ce soit au niveau
25:38de l'élevage,
25:39au niveau de la culture,
25:40on n'a absolument
25:41pas les mêmes normes.
25:42Eux,
25:42ils utilisent énormément
25:43d'OGM,
25:44nous on n'en veut pas
25:44en Europe,
25:45mais ils nous disent
25:46« Ah mais on va contrôler
25:47la viande. »
25:48Non mais attendez,
25:49on va la contrôler
25:50comment ?
25:51Comment on va savoir
25:52si cette viande
25:52a été nourrie
25:53avec des antibiotiques,
25:54etc.
25:55Il faudrait faire
25:56vraiment des mesures
25:57de façon très importante.
25:58Donc là,
25:59c'est qu'encore
26:00que du discours.
26:01Si on est pour
26:02le libre-échange,
26:03automatiquement,
26:04ça va aller à l'encontre
26:05des éleveurs français.
26:06Ça va aller à l'encontre
26:07d'une agriculture.
26:08Parce que la France
26:09est un des pays
26:09où l'agriculture
26:10est la plus importante.
26:11Donc s'il y a
26:12des libres-échanges
26:13avec des pays
26:14où l'agriculture
26:15et l'élevage
26:16sont très importants,
26:17ça va pénaliser.
26:18Alors nous,
26:19on est pour quelque chose
26:19de qualité,
26:20quelque chose
26:21où c'est lié
26:21à l'emploi,
26:22etc.
26:23Donc ça,
26:24vous voyez ce qui m'inquiète,
26:25c'est que je me dis
26:26tous les pays
26:27de l'Europe
26:28qui l'écoutent.
26:29C'est vrai
26:30qu'il fait très à l'aise,
26:33il répond à toutes
26:34les questions
26:34et les gens
26:35ne savent pas
26:36ce qu'il y a derrière.
26:37Entre le libre-échange
26:38et,
26:39soi-disant,
26:40protéger l'Europe,
26:41c'est pour ça
26:41que je vous dis
26:42qu'il va protéger
26:43qui et comment ?
26:44Si on est pour le Mercosur,
26:46ça va être la même chose.
26:48Et donc,
26:48si les agriculteurs
26:49ne se rebellent pas,
26:50parce que dans les agriculteurs,
26:51quand même,
26:51on a la FNSEA
26:52qui commence à tilter
26:54en se disant
26:55mais si on accepte ça,
26:57eh bien,
26:57c'est nous
26:58qui allons être pénalisés.
27:00Mais voilà,
27:00moi,
27:01c'est quelqu'un
27:01qui me fait très très peur
27:03parce que
27:04c'est vraiment
27:05l'acteur typique
27:06qui est en train
27:07de tromper
27:08tout son auditoire.
27:09et comme ce que tu dis,
27:12il voudra être le leader,
27:13mais c'est quelle Europe
27:14qui veut nous développer ?
27:15Moi qui suis très pro-européenne,
27:17qui veut protéger le climat,
27:19etc.,
27:19je me dis
27:20avec des gens comme ça,
27:21mais c'est
27:22c'est l'ouverture
27:23la plus totale,
27:24c'est la destruction
27:25de l'industrie,
27:26c'est la destruction
27:27de notre agriculture,
27:28parce que
27:29la compétitivité,
27:31si on ne protège pas
27:32l'euro par rapport
27:33à des taxes,
27:33il a quand même parlé
27:34de la taxe carbone,
27:35eh bien,
27:36on ne va jamais s'aligner
27:37sur le salaire
27:38des Chinois
27:39ou sur le salaire
27:40des Éthiopiens,
27:41ce n'est pas ça
27:42qu'on veut, nous.
27:43Voilà.
27:43Vous diriez ça,
27:44Jean-Paul Delano,
27:46vous voyez qu'il n'y a
27:47que ce position,
27:48enfin,
27:49l'exercice auquel
27:49il s'est livré,
27:50c'était bien ça,
27:51en réalité,
27:51c'était bien le but.
27:52En tout cas,
27:52il ne protège pas
27:53les agriculteurs,
27:54ça c'est clair.
27:55Donc,
27:56l'agriculture
27:57est toujours
27:58la variable,
27:59justement,
27:59dans tous les accords
28:00internationaux.
28:01Et donc,
28:01c'est extrêmement grave
28:02ce qui se passe là,
28:03et je crois que
28:04ce n'est pas responsable
28:05de sa part,
28:06parce que finalement,
28:07il a laissé partir
28:08le CETA,
28:10sur la viande bovine
28:11notamment,
28:1270 000 tonnes
28:14projetées
28:14pour le Mercosur
28:15qui s'ajouteront
28:17aux tonnes
28:19en provenance
28:20de la Nouvelle-Zélande
28:21et en provenance
28:22de l'Australie
28:22très bientôt.
28:23Ça va faire
28:24300 000 tonnes
28:24de bovine
28:25qui vont arriver
28:26sur le marché
28:28européen,
28:29particulièrement
28:29sur le marché français.
28:30Je peux vous dire
28:31que ça va faire
28:32du dégât
28:32dans les chaumières
28:33et dans les fermes.
28:34Donc là,
28:35c'est de l'irresponsabilité
28:37par rapport à cela.
28:38Alors,
28:39ça ne veut pas dire
28:39qu'il ne faut pas faire
28:39de commerce
28:40avec les autres,
28:41mais ça veut dire
28:42que pour le coup,
28:43il faut se protéger.
28:44Et donc,
28:45le président de la République
28:46doit protéger
28:48ses agriculteurs
28:49et je pense que
28:50de ce côté-là,
28:51il faillit
28:51à sa mission.
28:53Écoutez,
28:54je vous remercie
28:54beaucoup pour ces réactions
28:56à chaud.
28:56Ça vient de se dérouler
28:58il y a quelques minutes
28:59que le débat
29:00s'est terminé
29:01ici au Parlement européen.
29:02Bien sûr,
29:03on reviendra régulièrement
29:04sur toutes ces questions
29:05parce que là,
29:06on s'aperçoit bien
29:06que quelque chose
29:07est parti tout de même.
29:08On est à un an
29:09des élections européennes
29:11maintenant
29:12et on avait bien
29:13l'impression
29:13qu'on rôdait
29:14des arguments
29:15ce matin également.
29:16Il a même dit
29:17qu'il était
29:17en campagne électorale.
29:18Voilà, c'est ça.
29:19Ce n'est pas tout à fait faux.
29:20Voilà,
29:20et qu'on rôdait
29:21des arguments.
29:23Le président de la République
29:24apprenait à répliquer.
29:25Il l'a déjà fait
29:26mais il apprenait
29:26à répliquer.
29:27Effectivement,
29:28c'est ce que vous disiez
29:28tout à l'heure.
29:29On est dans un exercice
29:30qui se poursuit
29:31et qui s'accélère même
29:33puisque depuis le début
29:34de la semaine,
29:35on peut dire
29:35que ça va assez rapidement.
29:37C'est une vraie stratégie
29:37de com'.
29:38Voilà.
29:39Merci à vous.
29:39Merci à vous
29:40qui nous avez suivis
29:41et puis ne manquez pas
29:46l'humanité.fr.
29:47Au revoir.
29:48Merci.

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