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Migrations, évasion fiscale, perturbateurs endocriniens, régions ultramarines, siège unique.Trois eurodéputé(e)s font le bilan d'une saison parlementaire. Avec Michèle Rivasi (Verts-ALE), Isabelle Thomas (Socialistes et Démocrates) et Younous Omarjee (Gauche unitaire européenne-GVN) Débat animé par Jean-Jacques Régibier.

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00:11Bonjour à tous et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg,
00:15dernière session parlementaire avant l'été, au cours de laquelle d'ailleurs reviennent un
00:19certain nombre de sujets qui ont été des sujets importants au cours de l'année. Qu'est-ce qui a
00:25avancé au cours de cette saison ? Quels sont vos sujets de satisfaction ? Et qu'est-ce qui continue
00:30à ne pas aller ? On en parle avec vous. Michel Rivasi, vous êtes député Vert Alliance Libre Europe,
00:34Isabelle Thomas, vous êtes député socialiste et démocrate et Younous Omarji, vous êtes député
00:39gauche unitaire européenne, gauche verte nordique, je le dis très bien maintenant. Bonjour à tous,
00:44merci. On commence par l'actualité peut-être. Alors hier, ça ne concerne pas directement le
00:49Parlement européen, mais ça vous concerne quand même. Les États ont décidé des critères de
00:55définition des perturbateurs endocriniens, qui sont des pesticides notamment. Jusqu'à
01:00maintenant, la France, la Suède, je crois, et le Danemark trouvaient que ces critères ne
01:04protégeaient pas assez. En gros, qu'ils n'étaient pas bons pour la santé. Hier, la France est passée
01:10de l'autre côté, si on peut dire. Le ministre français, d'ailleurs Nicolas Hudeau, dit que ça va
01:16permettre d'interdire les substances dangereuses. Vous en pensez quoi ? On commence avec vous,
01:20Michel Rivasi. Écoutez, moi j'ai été déçue parce que c'est vrai que la France jouait un rôle
01:25leader avec le Danemark et la Suède, dans la mesure où la Commission, parce qu'il faut quand
01:29même rappeler aux gens deux choses, c'est que ces perturbateurs endocriniens, ça perturbe le
01:34fonctionnement hormonal des individus, et c'est à l'origine de cette épidémie de cancer qu'on peut
01:41observer en Europe, de l'obésité, du diabète, même d'une perte de conscience intellectuelle des
01:45enfants. Donc c'est très très grave. Bon. Et le problème de la fertilité. Donc il était très
01:51important de légiférer là-dessus. Et surtout, le boulot qu'avait la Commission, c'est d'établir des
01:56critères scientifiques. Je ne sais pas si vous vous rendez compte. Depuis 2013, elle devait le faire. On est
02:00en 2017. Il a fallu même saisir la Cour de justice européenne pour obliger la Commission à élaborer
02:05ces critères. Parce que la Commission faisait d'abord une étude d'impact économique. Voyez combien ça va
02:09coûter aux industriels pour interdire ? Bon. Hier, les États membres, donc, ont décidé, en complicité
02:19d'ailleurs avec la France, puisque la France a décidé de voter cette nouvelle définition. C'est ça. Mais
02:23alors, on n'est pas du tout satisfait. Pourquoi ? Parce que, un, c'est un flou artistique le plus
02:28total,
02:29à la fois sur les critères. Ils remettent en question les anciens critères. Vous savez, on avait sur les
02:34cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques. On avait les substances avérées, donc on est sûrs, présumées,
02:41suspectées. Alors que là, c'est un melting pot, où on va dire qu'il faut suffisamment de preuves pour
02:46dire que c'est un perturbateur endocrinien. Et puis, en plus, c'est encore mieux quand on a le mode
02:51d'action. Il y a beaucoup de substances qu'on connaît. On ne connaît pas le mode d'action,
02:54mais on connaît les effets. Et surtout, c'est qu'ils ont été soumis au lobby chimique des
03:00allemands, qui demandent une dérogation de substances qui sont des perturbateurs endocriniens
03:05pour tuer les insectes. Et ils disent, ah mais comme c'est pour tuer les insectes, on ne dira plus
03:10que
03:11c'est des perturbateurs endocriniens. Et puis, on est en train de renationaliser. Quand Nicolas Hediot a
03:17dit, on a obtenu une avancée. Mais c'est quoi l'avancée ? C'est de permettre à notre agence
03:21qui
03:21s'appelle l'ANSES d'interdire certaines substances, même si l'Europe ne le fait pas, à des fins domestiques.
03:27C'est-à-dire qu'on va interdire certains pesticides pour dire, ah mais si vous êtes jardinier ou si
03:32vous
03:32en mettez dans votre jardin, c'est interdit. Mais pas pour les agriculteurs. Et donc, on est en train de
03:37renationaliser des interdictions, ce qui pose problème parce que l'ANSES nous dit, mais il va falloir
03:43pas arrêter pour faire une expertise. Et puis, dans le cas du marché unique, ça va être très compliqué parce
03:48qu'on va importer des produits qui peuvent en contenir. On va pouvoir exporter. Mais donc, ça fait une...
03:54Ça ajoute de la concurrence, par exemple, entre cet état membre. Ça ajoute de la concurrence, ça ajoute de la
03:59confusion.
04:00Et ça veut dire qu'on va faire comme pour les OGM, c'est-à-dire qu'on renationalise et
04:05il n'y a plus d'harmonisation européenne.
04:07Donc moi, c'est vrai que je suis très déçu. Et je me dis, Nicolas Hulot, il n'a pas
04:12été à la hauteur de sa tâche parce que...
04:14Vous voyez, la France a souvent été leader. Regardez sur le bisphénol. La France disait, non, le bisphénol, c'est
04:19un perturbateur endocrinien, etc.
04:21Et ils ont obtenu Genkos au bout de 3-4 ans. Et maintenant, l'Europe le reconnaît. Et bien là,
04:26il fallait faire pareil sur une définition correcte.
04:29Peut-être avis, Isabelle Thomas ?
04:30Exactement le même que celui de Michel. C'est un recul. C'est un recul et c'est malheureusement pas
04:35le seul.
04:36Michel est notre porte-parole à tous. Donc je suis totalement d'accord.
04:42Nous étions 12 députés européens, Michel en faisait partie également, a demandé à la commission une définition des critères scientifiques
04:51et objectifs.
04:53Aujourd'hui, la position de Nicolas Hulot, elle est vraiment très décevante et très inquiétante pour l'avenir.
05:01Parce que dans les pesticides, il faut voir que le glyphosate sera autorisé.
05:07J'allais vous en parler du glyphosate.
05:08Et l'Allemagne a agi en ce sens. Donc, comme la presse le disait hier, il y a quand même
05:15une soumission pour le coup au lobby et en particulier à la position allemande sur le glyphosate.
05:21Ce n'est pas terminé. Un petit mot sur le glyphosate. J'allais vous poser la question sur le glyphosate.
05:24Il y a quand même une bataille qui a commencé avec une question à la commission qui sera poursuivre la
05:31rentrée, je l'espère en tout cas, c'est ce sur quoi on travaille, par une audition des agences qui
05:37ont finalement fait la décision.
05:40Et on voudrait que transparence soit faite sur leur position. Et si ce n'est pas satisfaisant, une commission d
05:47'enquête, en tout cas, moi, c'est ce que je préconise.
05:49Et je crois qu'on est nombreux. Donc, sur l'affaire du glyphosate, ce n'est qu'un début. L
05:54'affaire n'est pas terminée.
05:55C'est un début qui dure depuis un moment quand même.
05:56Oui. Et ce que je voulais dire maintenant, il faut qu'on se focalise tous pour faire une objection du
06:00Parlement européen par rapport à la définition qu'ont votée les États membres.
06:05Parce que, d'après nos textes juridiques, la commission a outrepassé ses droits. Il est hors de question de faire
06:11une exemption comme ça, si vous voulez, sans...
06:14Ce n'est pas le boulot de la commission et ni des États membres. Donc, maintenant, il y a un
06:19acte juridique et d'objection à faire. Donc, la bataille n'est pas perdue.
06:23D'accord. Autre grand chantier européen, la lutte contre l'évasion fiscale, pratiquée par les grandes multinationales.
06:30Alors, là, le Parlement européen a adopté sa position sur l'euro. Alors, on va expliquer ce que c'est
06:35le reporting pays par pays.
06:36En gros, les grands groupes, les groupes dont les chiffres d'affaires, les grandes firmes dépassent 750 millions d'euros,
06:43doivent rendre public pays par pays.
06:45C'est une obligation d'informer et de rendre public. C'est ça le plus important. Parce que, jusqu'à
06:50présent, ils étaient obligés d'informer.
06:52Mais, les citoyens ne savaient pas ce qu'il y avait comme informations.
06:56C'est ça. Sur le nombre de salariés, leurs impôts, les bénéfices, etc.
07:02Sur les bénéfices réalisés, dans quel pays, et les impôts qu'ils payent.
07:07Donc, là, on verra bien. Déjà, on a quelques idées, malheureusement, de l'évasion ou de l'évitement.
07:13On dit... Alors, il y en a qui appellent ça l'optimisation. En réalité, il faut appeler un chat.
07:18Un chat, c'est de l'évitement. C'est-à-dire trouver les failles du système ou les pays qui
07:24font des ristournes sur tel ou tel facteur de la base de l'impôt
07:30pour payer le moins d'impôt possible. Et c'est le fameux exemple d'Apple avec ses 0,005%
07:37d'impôt sur les bénéfices payés en Irlande pour tous ces bénéfices réalisés.
07:42Alors, je reviens à ma question. Bon, ce qui a été voté, c'est une bonne chose qu'on puisse
07:47payer par payer le faire.
07:48Mais il y a un mais, quand même. Dites-nous, Michel Réveille.
07:52C'est le problème de la dérogation. C'est ça.
07:54C'est-à-dire, on va leur dire, OK, c'est ce qu'on appelle reporting pays par pays, l
07:59'activité, les impôts, les activités.
08:01Vous donnez, voilà, les informations sur le...
08:03Mais, sous couvert de secret commercial, et encore une fois, on a la directive sur le secret d'affaires, ça
08:08va être reporté d'année en année.
08:10Donc, ça veut dire que...
08:14Écoute, il y a aussi la clause, il y a eu un amendement qui est passé d'illimité.
08:18Donc, si on a ça, eh bien, ils vont se retrancher derrière le secret d'affaires.
08:21Il va falloir démontrer que ce n'est pas un secret d'affaires.
08:24Mais vous voyez que... Et ça, c'est à cause de qui ?
08:27C'est à cause des conservateurs.
08:29Vous voyez, d'un côté, ils disent, ah, mais l'évasion fiscale, 1000 milliards par an, quand même, ça représente.
08:34Et en ce moment, sur le plan européen, et en ce moment, sur le plan des États, on est en
08:38train de rogner le budget, vous voyez, sur les services publics, etc.
08:42Au moment, au moment des économies, etc.
08:43Et là, les PPE, eh bien, ils ont fait plaisir aux entreprises.
08:46Ce qui s'est passé sur le rapport de notre cher collègue Hugues Bayer, c'est une véritable bataille idéologique.
08:53Et le PPE a pris une responsabilité, de mon point de vue, extrêmement grave.
09:00Donc, c'est vrai que Hugues Bayer considère que la proposition et la raison constituent une avancée par rapport à
09:07ce qu'il y avait avant.
09:08Mais, je note qu'aussi bien Pervenche Béresse, du groupe socialiste, que Philippe Lambert, du groupe des Verts,
09:16ont eu des positions extrêmement dures vis-à-vis des conservateurs.
09:22Donc, cette bataille est une bataille idéologique, avec, là encore, le poids des lobbys industriels qui ont pesé considérablement.
09:34Ça aussi, c'est une bataille...
09:36Ça pose question, mais à chaque fois, et bon, alors, malheureusement, il est rare qu'on gagne tous les points.
09:41Mais c'est, là aussi, encore une fois, une bataille qu'on a initiée juste après l'affaire LuxLeaks.
09:48C'est ça.
09:49Qui a connu déjà plusieurs rapports sur les questions de définition de base fiscale unique au niveau européen,
09:58de reporting pays par pays, avec la commission d'enquête, puis la commission...
10:03Donc, là aussi, si je devais dire quel est peut-être le sujet qui a le plus avancé ces dernières
10:10années,
10:10je m'avance peut-être un peu, mais c'est peut-être la question de l'harmonisation fiscale,
10:14alors qu'en théorie, on n'a pas, ici, au Parlement, un pouvoir gigantesque en ce sujet.
10:20Mais ce qui a avancé, c'est la manière dont on en parle, peut-être ?
10:23Pas seulement, non, non, non, même les résultats.
10:24Même les résultats, mais bon, bien sûr, je confirme ce qui a été dit, c'est-à-dire qu'on
10:28a,
10:28à chaque fois, il y a un petit goût amer, parce qu'on n'a pas le dernier truc qui
10:33ferait que ce serait une vraie victoire,
10:34et c'est toujours un problème, mais quand même, cette affaire de, je pense,
10:39cette affaire d'harmonisation fiscale, en tout cas des grandes entreprises, et de fraude fiscale, avance.
10:44Et honnêtement, il n'y en a pas beaucoup qui avancent, donc...
10:47Mais oui, voilà, c'est ce que je veux dire, c'est quand même toujours recommencé, quoi, cette affaire.
10:53Alors, on sait bien que c'est l'enjeu énorme, bien entendu, c'est presque un enjeu central de société,
10:58un enjeu politique fondamental, quoi.
11:00Mais c'est un enjeu, quand même, d'équité, de solidarité.
11:02Vous voyez, les LuxLeaks, ils nous ont montré quoi ?
11:07350 multinationales faisaient de l'optimisation fiscale, vous voyez ce terme, optimisation,
11:11en fait, c'est de l'évitement, au Luxembourg.
11:14Vous voyez, Luxembourg, le pays de M. Juncker.
11:17Il y en a en France, je ne dis rien, mais il y en a en France.
11:21Mais certainement, il y a une histoire aussi liée qui a évité trois ans des impôts en France.
11:25Donc, un, il faut s'appuyer sur la commission, et moi, je tiens à rendre hommage quand même à notre
11:30commissaire Stagger,
11:31parce que c'est elle qui a quand même condamné Apple, parce qu'ils ne payaient pas suffisamment d'impôts
11:36au niveau de l'Irlande.
11:38Et là, elle a tapé.
11:39Elle tape en ce moment sur d'autres multinationales, notamment Google, en disant que c'est anormal que ces entreprises…
11:45Bon, ça, c'est bien.
11:47Mais nous, aujourd'hui même, vous voyez, c'était cette législation.
11:50Vous voyez, et là, il n'en manquait pas beaucoup.
11:53C'est ça, c'est ça.
11:53Et il y a eu un blocage, et c'est là où on voit…
11:55C'est toujours une petite avancée avec un petit recul, quoi.
11:57Aujourd'hui, on a un règlement qui est un peu un règlement passoire, avec des dérogations temporaires…
12:04C'est ça.
12:04… qui vont permettre, au final, aux experts de l'évasion fiscale de trouver les failles dans ce règlement.
12:13Mais il faut voir que le président Juncker sait qu'il est très attendu et très regardé sur cette question.
12:20Et c'est pourquoi, Isabelle a raison de noter que le président Juncker a sans doute laissé avancer ses commissaires
12:28dans un sens positif.
12:31Mais on voit bien que cela leur est très douloureux, très difficile, et qu'on avance vraiment à tâton quand
12:39il faut avancer très vite.
12:40Parce que ça porte un préjudice très lourd à toute l'image et à tout le projet européen.
12:50Enfin, cette évasion fiscale, je veux dire, c'est un peu du terrorisme financier.
12:55Il faut bien imaginer qu'une seule entreprise comme Apple, par exemple, je vous ai dit que je fais une
13:00obsession,
13:00mais une seule entreprise comme Apple, si elle payait ses impôts au taux le plus bas de l'Union européenne,
13:08à savoir, je crois que c'est aux alentours de 13%, ça serait l'équivalent de la contribution britannique.
13:13Oui, c'est ça.
13:13Donc, une seule entreprise, une seule entreprise.
13:16Donc, vous imaginez, si on arrivait simplement à faire payer les multinationales,
13:21non pas ce qu'elles doivent, puisque ce n'est pas du 13%,
13:24mais au taux le plus bas, on aurait vraiment eu de problèmes budgétaires.
13:29D'autant qu'il y a eu longtemps l'objection.
13:30Vous comprenez, cette histoire financière, c'est compliqué, c'est opaque, on a du mal.
13:34Mais ce n'est pas vrai, en réalité. Il faut dire qu'il n'y a rien de plus transparent
13:38que les comptes des grandes sociétés.
13:40On peut tout à fait...
13:41Bien sûr, elles le savent très bien.
13:43Et ensuite, quand on dit que cette Europe est une Europe des banques et des multinationales,
13:46on dit que vous êtes d'extrême-gauche.
13:48Mais on voit bien, quand on regarde ces dossiers, que c'est la réalité.
13:52Voilà, autre grande question posée à l'Europe, question centrale, j'allais dire, des dernières années,
13:58qui est revenue de nombreuses fois et qui revient encore, la question des migrations.
14:03On ne va pas reprendre toute cette question, parce qu'on a eu souvent l'occasion d'en parler,
14:07mais tout de même un mot, d'autant qu'elle est relancée par l'actualité,
14:09puisque l'Italie vient de redemander encore aux pays européens
14:12de bien vouloir consentir à accueillir les migrants,
14:16et pas les laisser simplement en Italie et en Grèce.
14:19Le Parlement européen avait voté d'ailleurs une résolution dans ce sens-là lors de la précédente session.
14:25Rappelons quand même que sur les 160 000 personnes qui auraient dû être accueillies,
14:29ce qui n'est quand même pas au niveau d'un continent de 500 millions de personnes,
14:32un chiffre extravagant, il y en a un peu plus de 10% pour l'instant qui l'ont été,
14:37et qui doivent l'être avant le mois de septembre, c'est-à-dire là, tout de suite.
14:40Qu'est-ce que vous préconisez pour qu'on...
14:43On a eu l'impression quand même, au cours peut-être des dernières semaines, des derniers mois,
14:47que cette question, on changeait de regard sur cette question de l'immigration.
14:51Qu'est-ce que vous en pensez ?
14:52Qu'est-ce qu'il faut pour que ça bouge un peu dans ce domaine-là ?
14:55Qu'est-ce que vous en pensez, Michèle Rivasi ?
14:58Sachant que pour l'instant, rien ne bouge beaucoup.
15:00Moi, je vois les derniers chiffres.
15:02100 000 migrants en mer Méditerranée depuis le début de l'année,
15:06non plus de 2 000 morts.
15:07C'est ça ?
15:08Voilà, ça c'est les chiffres.
15:09Maintenant, je suis allée à Lampedusa voir comment étaient accueillis les gens.
15:13J'ai vu qu'il y a quelques jours, le gouvernement a dit,
15:18puisque c'est comme ça, qu'il n'y a pas de solidarité européenne,
15:21on demande à ce que les autres pays ouvrent leur port.
15:24Mais moi, je pense que maintenant, il va falloir faire ça.
15:27Parce qu'il n'y a pas de raison que tous les migrants viennent en Italie.
15:30On laisse l'Italie toute seule en se débrouillant.
15:33Mais c'est plus simple que ça.
15:34Oui, mais justement, il faut que la solidarité joue sur les pays européens.
15:40La France devait accueillir 30 000 personnes.
15:42C'est quoi 30 000 personnes sur 60 millions d'habitants ?
15:45Même 66 millions.
15:46Eh bien, elle n'en a accueilli que 3 000 sur les 30 000.
15:52On a des pays comme la Hongrie, comme la République tchèque,
15:56comme je ne sais plus quel autre pays, la Pologne,
15:59qui ne veut pas accueillir à un moment.
16:01Je veux dire, soit on joue la solidarité, soit on joue l'Europe,
16:04on a quand même des leviers financiers avec les fonds structurels,
16:08en disant, soit vous acceptez ça, soit...
16:10Écoutez, alors, ça va choquer vous.
16:12Non, non, non, on se souvient, parce que c'est le débat qu'on avait tout à l'heure.
16:17Écoutez, il y a bien une responsabilité.
16:19On veut l'argent de l'Europe, on se développe, on a des infrastructures,
16:22Mais sur un sujet aussi grave et aussi concernant.
16:25Et là-dessus, sur la solidarité, accueillir 160 000 personnes,
16:28on n'est pas capable de le faire.
16:29Donc moi, je suis furieuse.
16:31Et en même temps, je trouve qu'on reporte le problème sur d'autres pays,
16:34que ce soit le Liban, que ce soit la Jordanie, la Turquie,
16:38qui accueille maintenant des millions de personnes en disant,
16:41« Cachez-moi tous ces migrants que je les saurais voir ».
16:45Je trouve que c'est quand même fou.
16:47En plus, quand je vois en Afrique, moi j'ai ma fille qui est dans l'humanitaire,
16:50elle est au Soudan, elle va en Ouganda.
16:55Il y a 400 000 personnes dans des camps.
16:58Et là, vous voyez, c'est des gens invisibles.
17:01Et nous, on n'est pas capable d'accueillir 160 000 personnes.
17:03Non, je trouve que c'est d'un égoïsme.
17:08Et c'est un manque de solidarité sur le plan européen.
17:11Alors que les citoyens européens, lorsqu'on leur montre ces images,
17:15lorsqu'on montre la souffrance de ces gens-là,
17:17qu'ils viennent avec des familles parce que c'est un lieu de guerre, écoutez, quand même...
17:21On va en dire un mot d'ailleurs de qui peut faire quelque chose dans ce cas-là.
17:25Il nous a margé, vous voulez réagir, oui.
17:26Oui, on est d'accord.
17:28Sur la question de l'ouverture des ports, c'est pas aussi simple que ça.
17:32Ce que les ONG disent, c'est que l'ouverture d'autres ports que ceux des ports italiens,
17:38c'est aussi rallonger la durée des traversées.
17:42Donc il faut voir de quels ports il s'agit.
17:45Parce que déjà, lorsqu'ils arrivent en Italie,
17:48ce sont des migrants qui sont dans des états d'épuisement total.
17:53Et on ne peut pas imaginer qu'on puisse encore rallonger des traversées
17:59de une heure ou deux vers d'autres ports.
18:02Donc il faut voir des solutions concrètes.
18:03Sauf s'ils sont dans un bateau.
18:05S'ils sont dans un bateau, tu peux très bien dire...
18:07S'ils ne sont pas dans un bateau, mais c'est ça.
18:08Tu vois, tu peux bien les amener à Marseille, tu peux bien les amener à Barcelone.
18:12Il faut partager, évidemment, l'effort.
18:16Immédiatement, une solidarité très forte vis-à-vis de l'Italie.
18:19L'Italie a accueilli, sur ces dernières années, près de 300 000 migrants.
18:25Donc c'est une charge extrêmement importante pour le reste.
18:30On est d'accord sur tout.
18:30Et la Grèce.
18:31Et la Grèce.
18:32Et la Grèce, avec ses premiers...
18:33On laisse finir.
18:34Je l'avais dit la dernière fois, je veux le redire aujourd'hui.
18:38Nous allons devoir tout repenser.
18:41Parce que nous sommes au début du début de ces questions et de ces problèmes migratoires.
18:46En 2100, un terrien sur trois sera africain.
18:50La population africaine va être multipliée par quatre en cent ans.
18:54On va passer de 1,2 milliard à 4,2 milliards sur le temps d'une vie.
19:01Donc, si nous ne changeons...
19:03Je suis désolé de revenir là-dessus.
19:04Bien sûr, bien sûr.
19:05Mais si nous ne changeons pas les agencements économiques mondiaux,
19:10et si l'Afrique n'est pas dans les possibilités de se développer,
19:15alors nous allons être face à un problème qui sera encore plus tragique qu'il ne l'est aujourd'hui.
19:25Donc, nous devons évidemment répondre à ces situations d'urgence,
19:30mais en même temps travailler aux solutions inscrites dans le temps et dans la durée.
19:36Parce que nous apportons des réponses,
19:39mais nous voyons que les semaines qui vont venir,
19:42c'est des dizaines et des dizaines de milliers de migrants supplémentaires
19:47qui vont arriver.
19:49Pas seulement du fait des crises au Moyen-Orient,
19:52mais du fait d'une situation épouvantable sur tout le continent africain.
19:57Actuellement, vous avez une migration qui se fait à l'intérieur du continent africain.
20:03Près de 70% de la migration est à l'intérieur du continent africain.
20:07Donc, c'est un problème d'une complexité inouïe,
20:11sans doute le défi le plus important auquel tous les pays sont confrontés.
20:16Nous sommes au début d'une révolution démographique,
20:19sans précédente dans l'histoire de l'humanité.
20:21La planète va passer de 7 milliards aujourd'hui
20:25à près de 12 milliards, peut-être même plus,
20:28en 100 ans, ce qui est rien.
20:32Donc voilà, et on est au début de tout cela.
20:35Isabelle Thomas, oui.
20:35Bon, je partage ce que dit Younous sur le fait que,
20:39effectivement, la réflexion, elle devra porter sur le long terme
20:43et sur le développement, c'est une évidence.
20:45Mais pour l'immédiat, deux, trois choses.
20:48La première, c'est qu'il faut dire aussi ce qui est positif.
20:52Le corps de garde-côte européen,
20:54qui a été créé par l'Union européenne ces dernières années,
20:57a renforcé considérablement le sauvetage italien,
21:02notamment, même si on a encore des chiffres catastrophiques,
21:06de péris en mer, du fait de ces phénomènes migratoires.
21:12Deuxièmement, on a un deuxième problème,
21:15qui est la question, effectivement, de la Grèce et de l'Italie.
21:18Pourquoi ? Parce que ça ne peut pas être la géographie.
21:21Or, la géographie joue un rôle physique dans le lieu d'arrivée des migrants,
21:26mais ça ne peut pas être la géographie qui fait la politique.
21:28Aujourd'hui, on a les accords de Dublin qui rendent responsables les États
21:32où arrivent les migrants, qui les rendent responsables de leur statut de réfugié, etc.
21:39Ça, ce n'est plus possible.
21:41Donc, refondre le système de Dublin.
21:43Troisièmement, il y a effectivement la relocalisation,
21:45parce que l'Europe n'a de sens,
21:47c'est vraiment ma conviction profonde,
21:50que si la solidarité s'exerce entre ces États et ces citoyens.
21:54Or, là, elle ne s'est pas exercée.
21:56Il faut dire les choses telles qu'elle ne s'est pas exercée.
21:59D'abord, le pire, c'est Visegrade, les pays de Visegrade.
22:03Ceux qui n'en veulent pas du tout.
22:04Ceux qui n'en veulent pas du tout.
22:04Alors, ils veulent bien, attention, tenez-vous bien attachés,
22:07ils les veulent bien s'ils sont chrétiens.
22:09C'est ça, oui.
22:10Donc, ça, c'est le premier problème.
22:11Le deuxième problème de ce non-accueil,
22:13c'est que ceux qui auraient dû prendre ces migrants,
22:17la plupart, même qui avaient dit qu'ils le feraient,
22:19n'ont pas été à la hauteur parce qu'ils sont tergiversés,
22:21parce que les administrations...
22:23Je ne sais pas pourquoi, toujours est-il que les chiffres
22:25ne sont pas à la hauteur.
22:26Moi, je pense maintenant, stop, voilà.
22:28Je ne sais pas s'il faut utiliser les fonds structurels, Michel.
22:32Je n'ai pas encore tranché, on en discutait avec Yunus.
22:33Ce que je sais, c'est qu'il faut des sanctions.
22:36On ne peut pas continuer à avoir des règles...
22:40Qui ne sont respectées par personne.
22:42Il n'y a pas de règle s'il n'y a pas de sanctions.
22:44Ça n'existe que dans un monde utopique.
22:46Les seules personnes, on n'a jamais vies.
22:48C'est qu'on maîtrise structurel.
22:50Non, on aurait d'autres sanctions.
22:51Sanctions contre les pays qui ne respectent pas.
22:54On a déjà fait partie des premiers à avoir dit
22:57que ces pays sont très consommateurs des fonds structurels.
23:01Et en même temps, ce sont dans ces pays
23:03qu'on voit reculer, pas seulement par rapport, d'ailleurs, aux migrants,
23:08mais qu'on voit reculer les droits fondamentaux,
23:12y compris vis-à-vis des femmes.
23:13Pas tous, mais dans un certain nombre de ces pays.
23:16Donc, ce que je constate,
23:19c'est que l'Union européenne sanctionne, aujourd'hui,
23:23lorsqu'on ne respecte pas ces fameux critères
23:26sur la dette et le déficit structurel.
23:29Comme si l'Europe, c'était ces valeurs-là, ces critères-là.
23:34Eh bien non, l'Europe, c'est d'abord des valeurs.
23:36Donc, ce que je dis, c'est que sanctionnons aussi
23:41pour le non-respect des droits fondamentaux.
23:43Et à ce moment-là, on va replacer la priorité sur les valeurs.
23:50Et je crois que c'est par ces sanctions
23:54qu'on pourra peut-être aider des pays comme la Hongrie
23:59ou d'autres pays à revenir à des positions plus internes.
24:02Je suis assez d'accord avec ça.
24:04J'avais déposé un amendement en ce sens,
24:05dans le rapport MFF sur la révision du cadre financier pluriannuel
24:09qui a été voté majoritairement.
24:12Vous allez garder la parole, Yous Omarji,
24:14sur les régions ultra-périphériques de l'Europe
24:17puisque vous allez en parler en session.
24:21Vous présentez un rapport pour une meilleure intégration,
24:23on va dire en quelques mots,
24:24de ces régions d'outre-mer au sein de l'Union européenne.
24:27La crise sociale en Guyane, par exemple, récemment,
24:29on a eu l'occasion d'en parler, nous a montré à quel point ces pays étaient en difficulté,
24:35ces régions.
24:36Qu'est-ce que peut faire l'Europe ?
24:38Qu'est-ce que vous proposez, là, tout de suite, à l'heure actuelle ?
24:40Je suis un peu énervé, en fait, parce que l'Europe,
24:44la Commission européenne, nous balade de stratégie en stratégie.
24:50Or, ce dont nous avons besoin aujourd'hui,
24:53c'est de mesures immédiates, de mesures concrètes,
24:57pour changer la situation.
24:59On doit se poser une question,
25:01pourquoi est-ce que tout cet investissement européen,
25:04qui est réel, qui existe, qui est important,
25:09ne porte pas des résultats à la hauteur des objectifs fixés au départ ?
25:16Donc, ma proposition est une proposition qui vise la performance des fonds européens
25:22en levant un certain nombre de freins et de verrous
25:27pour la meilleure mise en œuvre des politiques européennes.
25:31En fait, j'appelle à la cohérence des politiques communautaires,
25:35parce que vous avez d'un côté la politique de cohésion,
25:39qui fait beaucoup pour les régions les moins développées,
25:42et en particulier pour les régions ultra-périphériques.
25:45Mais de l'autre côté, vous avez la politique commerciale, par exemple,
25:50qui vient détruire les efforts qui sont réalisés.
25:55Vous avez d'un autre côté la politique des pêches,
25:58qui n'intègre pas les politiques agricoles.
26:03En général, on vend nos droits de pêche à des pays d'Amérique du Sud.
26:07C'est-à-dire que... Enfin, bref, c'est...
26:09Vous allez en parler.
26:11Non, non, c'est juste une petite part.
26:11Donc, l'idée, c'est de mettre en cohérence l'ensemble des politiques communautaires,
26:19appeler l'ensemble des commissaires européens
26:22à partager ce que j'appelle la culture RUP.
26:26D'accord.
26:26Donc, le président Juncker a fait un très beau discours lors du Forum des Rues.
26:31Eh bien, ce que je demande aujourd'hui à la Commission et à l'administration européenne,
26:36c'est tout simplement d'écouter le président.
26:40Et pour ce qui me concerne, je ne fais qu'apporter un soutien au président Juncker.
26:45Allez, un mot, donc, Isabelle Thomas, sur les régions ultra-périphériques de l'Europe.
26:49Vous apportez votre soutien au président Juncker, vous aussi ?
26:53Non, mais c'est une blague, hein ?
26:54Non, non, pas vraiment, en fait.
26:57Non, non, mais il est clair que, moi, je suis fatiguée,
27:00et aussi, puisque vous me posez la question comme ça,
27:03je suis fatiguée de...
27:04Que nous sommes agis énervés, vous vous êtes fatiguée ?
27:07Oui, je suis lasse, si vous voulez.
27:08Je suis lasse de ce fossé, de ce précipice entre la parole et les actes
27:13depuis le début de cette mandature.
27:16Oui, c'est des abysses, franchement.
27:18Alors, à chaque fois, on repart un peu requinqués,
27:21parce qu'on a l'impression que, ça y est, ils ont compris,
27:22et puis après, quand on passe au programme de travail de la commission,
27:26il n'y a rien dedans, quoi.
27:27Donc, c'est juste...
27:30Fatiguant.
27:31Moi, je voudrais qu'on fasse le lien, quand même,
27:32entre la migration et le développement.
27:35Oui, oui, oui.
27:35Parce que, ce que dit Yunus, ce que tu dis,
27:39c'est que, regardez la politique de la pêche.
27:42Hier, j'ai reçu l'ambassadeur du Maroc,
27:45sur le RIF, vous voyez, qui est la région au nord.
27:48Eh bien, là, il y a des accords de pêche,
27:51où il y a plein de bateaux, espagnols, français et autres,
27:54qui détruisent complètement les poissons,
27:58puisqu'ils les pêchent,
27:59pour, d'ailleurs, donner, sous forme de farine animale,
28:01à nos élevages, déjà, et que les gens, ils n'ont plus à bouffer.
28:05On va en Afrique.
28:06Moi, je suis vice-présidente des ACP, Afrique-Araïbe-Pacifique.
28:09Je vais au Sénégal.
28:10Qu'est-ce que je vois ?
28:11Du poulet qui vient des régions françaises ou du Brésil.
28:16Et là, les gens disent, on avait un élevage,
28:18c'est plus possible, ça coûte plus cher que ces poulets congelés.
28:21Donc, c'est par notre développement
28:23qu'on est en train de déstructurer ces pays-là.
28:26Parce que si vous n'avez plus d'agriculture dans ces pays,
28:28si vous n'avez plus d'élevage,
28:29eh bien, les gens, ils n'ont plus d'avenir,
28:31ils viennent en Europe.
28:32Donc, quand tu parles de cohérence,
28:34il y a l'application directe.
28:36On ne peut pas lutter contre la migration
28:38si, de l'autre côté, on est en train de détruire
28:41les entreprises, l'agriculture, dans ces pays africains.
28:45C'est pour ça que cette cohérence, elle est prioritaire.
28:47Et quand je vois qu'on dit,
28:49oh là là, on va investir dans les pays,
28:51mais qui y va dans ces pays ?
28:52C'est Veolia, c'est Vinci, c'est Buick,
28:54c'est les grosses entreprises.
28:55Qui se font de l'argent là-dessus ?
28:57En disant, c'est super parce qu'il y a l'Europe
28:59qui travaille en Afrique.
29:01Oui, mais on est en train de tout détruire.
29:03C'est dans la question de la piraterie maritime.
29:04C'est pareil.
29:05L'une de mes premières interventions au Parlement européen,
29:08en 2012, c'était sur la piraterie.
29:11On a dit une intervention monstrueuse d'un député européen.
29:14J'avais simplement dit,
29:16mais quand même, il faut se poser la question.
29:18Nous avons des navires de pêche
29:22qui ont vidé les eaux dans la corne est de l'Afrique,
29:27mais qui en ont fait surtout une poubelle.
29:29Vous avez des déchets de toute nature,
29:32y compris nucléaire.
29:33En Somalie, c'est terrible.
29:36Et vous avez enlevé les ressources alimentaires
29:39de base primaire à ces populations.
29:42Donc, ensuite, vous avez...
29:44Attention, Pascal, là-dessus,
29:45moi, je suis à la commission de la pêche,
29:46et je peux vous dire qu'on a beaucoup fait avancer
29:49autant sur les politiques commerciales, je partage,
29:51autant sur les accords de pêche.
29:54Ça a quand même beaucoup avancé.
29:56Là, maintenant, oui, ça a avancé.
29:57Oui, depuis cette mandature, c'est-à-dire que maintenant,
30:00par exemple, c'est un peu compliqué,
30:02mais sur les céphalopodes en Maroc, par exemple,
30:06il n'y a plus le droit pour les navires européens de pêcher
30:10parce qu'on considère que c'est un peu non seulement la protéine,
30:16mais surtout la substance.
30:19Et puis, en plus, ça a avec forte valeur ajoutée.
30:21Donc, il y a des choses qui avancent dans les accords de pêche.
30:24Bon, on est loin du but,
30:25mais il faut aussi parfois savoir souligner les évolutions,
30:29parce que...
30:29Dans l'océan 21.
30:30Et ça, ça vient du Parlement européen.
30:32Oui.
30:33Bon, un petit motif de satisfaction.
30:36Encore une dernière pour la route, une question.
30:38Vous n'allez pas y échapper.
30:39Le siège du Parlement européen doit-il quitter Strasbourg ?
30:45Bon, le serpent de mer refait surface.
30:47On parlait de la mer, on y revient.
30:49Qu'est-ce que vous en pensez, les uns et les autres ?
30:51Michel Rivazic, je sais que vous n'êtes pas d'accord dans vos groupes.
30:54Tous d'accord, en tous les cas.
30:55Écoutez, même moi, je suis un peu atypique dans mon groupe vert.
31:00Il y a eu un rapport de Barthistas qui a indiqué que si, à Strasbourg,
31:04on recevait l'Agence européenne des médicaments,
31:06plus l'autorité bancaire, ça pouvait donner sens.
31:09Bon, parce que, quand même, l'Agence européenne des médicaments...
31:12Échangeons parlement contre l'Agence européenne des médicaments.
31:14C'est 900 emplois, c'est 4 000 experts, c'est 30 000 réunions par an.
31:19Alors, c'est vrai que la ville de Strasbourg, il gagnerait.
31:22Parce que là, c'est vraiment des emplois financièrement.
31:24Maintenant, on a des traités.
31:27Je vois mal comment un président de la République peut dire
31:29qu'on supprime Strasbourg pour tous se concentrer à Bruxelles.
31:33Parce que c'est ça, le problème.
31:34C'est vrai que nous, en tant que parlementaires, on travaille souvent avec la Commission.
31:39Tout est rassemblé au niveau de Bruxelles.
31:41Mais je trouve que négocier un siège contre une agence,
31:46vous voyez, c'est un peu léger, quoi.
31:49Donc...
31:49Vous n'êtes pas trop pour, finalement.
31:51Je suis...
31:52Je me dis...
31:52Parce que vous êtes députée française, aussi.
31:54Il faut une alternative, mais en même temps,
31:57vu les textes, vu le côté symbolique,
32:01et ce que ça représente,
32:03je crois qu'on n'est pas prêts à le faire.
32:05Yannou, Samarji.
32:06Au train, on vous prend des choses.
32:09Alors, nous ne nous arrêtons pas en si bon chemin,
32:11et faisons le siège du Parlement européen à Berlin.
32:16C'est une proposition qui a effectivement intéressé beaucoup de monde.
32:20Moi, je pense que la symbolique est forte.
32:23C'est-à-dire que le siège de la démocratie,
32:28c'est le siège du Parlement.
32:31Et que le siège du Parlement,
32:33c'est-à-dire le symbole de la démocratie,
32:37doive rejoindre le siège de l'exécutif,
32:40je trouve ça un peu paradoxal.
32:41Est-ce que l'Union européenne,
32:42est-elle vraiment rentrée dans la logique
32:46de la Vème République française ?
32:47Personnellement, moi, qui suis extrêmement attachée
32:50aux valeurs parlementaires et anti-Vème République,
32:53je pense que s'il devait y avoir...
32:56Parce que ça peut se discuter,
32:57que la Commission, le Parlement et le Conseil
33:00soient les uns près des autres,
33:02parce que nous interagissons en permanence,
33:04les trilogues, les échanges, les autres...
33:06Bon, bref, c'est vrai qu'il y a un sens
33:08à ce que les choses ne soient pas trop éloignées.
33:10Mais en même temps, il y a d'une part la symbolique démocratique
33:13et il y a d'autre part le fait que,
33:15oui, l'Europe est grande.
33:17L'Europe est grande, et je suis désolée de le dire,
33:21mais les députés européens,
33:22quand ils ont postulé pour être députés européens,
33:25ils ont accepté d'aller une semaine par mois
33:28à Strasbourg.
33:29Et je suis désolée, s'ils voulaient être à la Commission,
33:32ils n'avaient qu'à passer le concours
33:33de la Commission européenne, c'est autre chose.
33:34Mais nous avons dit sérieusement.
33:36Sérieusement, au-delà de la boutade,
33:41j'ai un collègue qui est de Nouvelle-Calédonie
33:44et qui s'organise pour être aussi bien à Bruxelles
33:47et à Strasbourg, et pour assumer son mandat.
33:50Je veux rappeler que dans le traité,
33:52le siège du Parlement européen est à Strasbourg.
33:55Nous sommes des parlementaires français,
33:59nous avons aussi en préoccupation,
34:04les raisons qui ont fait que le siège du Parlement européen
34:08est en France et à Strasbourg.
34:12Et je crois, et je milite,
34:13pour que le siège du Parlement européen
34:15reste en France, reste à Strasbourg.
34:18Et je ne connais pas jusqu'à ce jour,
34:20mais on peut être étonné par l'audacieux président Macron,
34:23mais je ne connais pas encore de président de la République
34:26qui va accepter une modification du traité.
34:29Pour l'instant, il s'est bien gardé de dire quoi que ce soit.
34:31J'étais assez surpris.
34:32Je pense qu'on va en reparler pendant longtemps.
34:36Mais attention, cet été, il y a des décisions qui peuvent,
34:38enfin, en tout cas, il y a des décisions profondes
34:40qui peuvent être reprises.
34:40Ce que je trouve paradoxal, c'est que ce Parlement
34:41vient de rendre hommage à Edmund Kohl.
34:46Ça pourrait être aussi un mauvais symbole.
34:49Non, mais je veux dire, ça pourrait être le symbole
34:51que l'histoire, une page de l'histoire, est tournée aussi.
34:54D'autres pourraient l'interpréter comme ça.
34:55C'est l'histoire, enfin, reste l'histoire et ne s'efface pas comme ça.
34:59Oui, le problème, c'est que nous, on veut une autre Europe
35:03où le Parlement a plus de pouvoir que ce qu'on veut à l'heure actuelle
35:08et que ce n'est pas qu'aux États membres à gouverner.
35:11Voilà, donc c'est peut-être ça qu'il faut remettre en question
35:13plutôt que le siège.
35:14Merci à vous.
35:15Donc, on se retrouve, si j'ai bien compris,
35:17si je vous ai bien entendu, on se retrouve en septembre
35:19ici au Parlement européen à Strasbourg.
35:22À Strasbourg, à Strasbourg, absolument.
35:23Merci à vous, bonnes vacances à vous,
35:25bonnes vacances également à ceux qui nous avez suivis
35:28et bien sûr, à la rentrée au mois de septembre.
35:31Au revoir.

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