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  • il y a 13 heures
Que vont changer les nouvelles règles sur les travailleurs détachés qui vont entrer en vigueur en Europe ? Après le vote du Parlement européen ce mardi, trois députés européens en débattent: Karima Delli ( Verts-ALE ), Guillaume Balas ( S et D ), et Patrick Le Hyaric ( GUE-GVN.) Débat animé par Jean-Jacques Régibier.

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00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le parlement européen de Strasbourg. Travailleurs
00:15détachés, nouvelles règles, ça va changer quoi ? On en parle avec vous Karim Adéli,
00:19vous êtes députée européenne verte, Allianz Libre Europe. Guillaume Ballas, vous êtes député
00:25européen bien sûr, socialiste et démocrate et Patrick Le Yaric, député européen, gauche unitaire
00:31européenne, gauche verte nordique. Merci à vous d'être autour de cette table. Alors accord entre
00:36le conseil et le parlement après deux ans de discussion en gros pour modifier les règles
00:42du détachement des travailleurs qui dataient d'il y a une vingtaine d'années maintenant. On rappelle
00:47qu'un travailleur détaché donc c'est un travailleur d'un pays européen qui part en mission temporaire
00:53dans un autre pays européen. Avant que vous donniez ce sentiment les uns et les autres sur ces
00:59nouvelles règles, qu'est-ce qui change concrètement Karim Adéli ? Alors très simplement c'est que
01:05dès le premier jour de la mission du travailleur détaché c'est qu'on a une harmonisation, une
01:10égalité, travail égal, salaire égal. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire que le travailleur
01:16détaché aura le même salaire que le travailleur local. On va aller plus loin parce qu'on va parler de
01:22rémunération. Donc on va prendre en compte les primes du 13e mois, les primes de risque, on aura
01:28aussi des questions de tickets restaurant, on aura aussi l'avancée sur les bonnes conditions de
01:33logement, des frais de transport. Donc on voit bien que ça a avancé. Deuxième grande avancée parce que
01:40c'est pas juste sur cette égalité qui moi je trouve que c'est une très grande avancée, c'est
01:44que les
01:45salariés notamment qui sont en mission dans les agences temporaires auront les mêmes droits que
01:51les locaux. Un exemple, je suis salarié espagnol dans Adéco, une agence intérimaire en Espagne et je
02:01suis envoyé en Belgique. Le travailleur détaché aura les mêmes droits que le travailleur intérimaire de
02:09belge. Donc vous voyez, c'est plutôt pas mal. Et ensuite, je crois qu'il faut vraiment vraiment
02:14mettre l'accent sur le fait que si un travailleur détaché aujourd'hui est faussement déclaré par
02:20l'employeur, c'est-à-dire qu'il n'est pas déclaré, et bien dans cette directive, il y a
02:23une première
02:24aussi, c'est qu'on protège le salarié et on sanctionne l'employeur qui n'a pas fait son travail
02:29de déclarer le salarié en tant que travailleur détaché. Alors ces règles s'appliquent à tous les
02:34secteurs d'activité, sauf, sauf le transport, exception considérable. Je vous propose qu'on en
02:39parle à part tout à l'heure, spécialement. Je voudrais tout de même votre sentiment, Guillaume
02:43Ballas également, sur ces nouvelles règles, avancées sociales réelles ou pas ?
02:48Ce sont des avancées. C'est-à-dire que quand on veut défendre les droits des travailleurs, il y a
02:54toujours deux options. C'est de considérer que parce qu'on n'a pas atteint l'idéal, il faut être
02:59contre
03:00toutes les avancées relatives, ou alors considérer que c'est parce qu'on a des avancées relatives qu'on
03:06peut aller vers l'idéal. Je crois qu'on a été beaucoup à considérer que là, même s'il y
03:11a beaucoup
03:11d'insuffisances, j'en prends une par exemple sur la sous-traitance qui n'est pas réellement incluse,
03:17on parlera du transport, Karima connaît parfaitement le sujet après, mais de cette exclusion du transport qui
03:21est dramatique, disons-le, très compliquée, mais surtout sur le reste, il n'y a que les avancées. C'est
03:27-à-dire
03:27que sur aucun point il n'y a un recul, il y a un moins aujourd'hui pour les salariés.
03:31À partir de ce moment-là, il faut soutenir. Est-ce que ça suffit à créer l'Europe sociale ?
03:35Sûrement pas. D'abord parce qu'on sait qu'il y a un problème sur les contrôles et que ça,
03:40ça n'est pas propre à cette directive, parce qu'il y a d'autres éléments aujourd'hui en
03:44termes de normes sociales minimales européennes qu'il faut faire progresser et qui n'existent
03:48pas, qu'il y a un pilier des droits socio-européens qui a été annoncé par Juncker, qui est vide
03:53absolument comme une enveloppe et donc qu'il faut aujourd'hui remplir. Mais il était
03:57très important de soutenir ces premières avancées. C'est un socle qui permet de légitimer
04:02les combats futurs.
04:03Patrick Léaric, votre sentiment à vous sur ces nouvelles règles ?
04:06Moi d'abord, je suis pour une règle. Je ne suis pas pour revenir à une situation antérieure
04:11où il n'y aurait plus de règles et où les gens seraient en concurrence encore plus les
04:15uns contre les autres. Donc il y a les avancées qui sont décrites là, qui sont extrêmement
04:20appréciables. On va vers le concept de travail égal, salaire égal. Et ça, c'est positif.
04:28Après, il y a un certain nombre de choses qu'avait demandé le Parlement européen qui ne sont
04:33pas inclus là. Par exemple, la dualité, la combinaison entre travailleurs détachés
04:39et liberté d'installation des services. Nous aurions souhaité que ceci puisse se faire.
04:44Il y a la question de la sous-traitance dont parle Guillaume. Mais en tout cas, il est
04:51incontestable qu'il y a des progrès. Et donc, nous soutenons.
04:56Alors, Karim Adéli, on va essayer d'imaginer ce qui va pouvoir découler quand même un peu
05:01concrètement de la mise en application de ces nouvelles règles qui doivent être introduites
05:06dans les législations des États sous un délai assez court.
05:09Deux ans. C'est-à-dire qu'avant 2020, tous les États membres seront en l'obligation
05:14d'appliquer cette nouvelle législation. Guillaume a mis en évidence une chose qui est importante,
05:22c'est la question des contrôles. Et il a totalement raison d'insister sur ça.
05:26C'est ça. Qui va contrôler ça ? 28 pays ?
05:28Il y a une volonté ici au Parlement européen, on l'a vu dans la commission emploi, c'est redit
05:33dans la commission transport, d'une fameuse agence européenne du travail.
05:39Des inspecteurs du travail européens.
05:41Il faut un corps européen d'inspecteurs. Parce qu'aujourd'hui, à l'heure actuelle,
05:44ce n'est plus une agence, c'est une autorité. Ce qui n'a pas les mêmes pouvoirs.
05:47Ça, c'est la première chose. Parce qu'une autorité n'a pas le pouvoir de sanction face aux abus.
05:53On voit que dans le texte, ça a été un peu réduit parce que c'était une espèce de plateforme,
05:57de forum, de coordination qui va s'échanger les informations.
06:01Mais à un moment, il va falloir trancher. Donc nous, parallèlement, ce qu'il va falloir qu'on fasse,
06:06qu'on pousse justement cette agence pour réellement sanctionner les employeurs
06:12qui ne respectent pas les règles. Donc on a deux ans pour le faire.
06:15Et durant l'année, il va falloir aussi, dans les négociations, commencer à pousser.
06:19Ça, c'est la première chose. La deuxième chose qu'il faut vraiment dire,
06:23c'est que, vous l'avez dit, le transport a été exclu.
06:26Moi, je voudrais revenir, c'est pourquoi le transport a été exclu.
06:29C'est la question que j'allais vous poser, effectivement.
06:32Voilà. Pourquoi le transport a été exclu ?
06:34Pourquoi est-ce que ça ne concerne pas les chauffeurs concrets ?
06:36Alors, c'est très simple. Il y a plusieurs raisons.
06:38Tout d'abord, la première chose, c'est que la commission a présenté,
06:41durant la discussion de la directrice des travailleurs détachés,
06:44elle a dit que les travailleurs détachés, ce sont des travailleurs très mobiles,
06:47qu'on ne sait pas contrôler. Donc comment on ne sait pas très bien les contrôler,
06:50au fait, on va les mettre de côté, on verra après.
06:54Première. En réalité, qu'est-ce qui se passe concrètement ?
06:57Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est qu'on voit bien qu'il y a des pays,
07:00aujourd'hui, qui doivent leur économie, grâce au secteur des transports,
07:05notamment des transports de marchandises à l'international.
07:08Par exemple, la Pologne et la Lituanie,
07:10leur économie locale est basée sur le transport de marchandises à l'international.
07:14Ça représente environ 90%.
07:16L'Espagne, pareil. Parce qu'ils n'ont pas, justement, comme nous, en France,
07:20justement, cette plus-value du transport interne.
07:24Donc, ces pays ont fait bloc pour faire quoi ?
07:27Pour dire, eh bien, nous, c'est la guerre des prix.
07:30Ce n'est pas la guerre des salariés, c'est la guerre des prix qui a gagné.
07:33Et donc, ils l'ont sorti sous le dos des salariés à bas coût.
07:38C'est ça qui est terrible.
07:39On va en reparler de cette question-là,
07:41puisque c'est effectivement une objection qui est soulevée.
07:43Guillaume balasse tout de même dumping social.
07:46Bon, c'est la tarte à la crème, si je puis dire.
07:48Un mot dont on entend parler, en tous les cas,
07:50dans le contexte européen depuis des années maintenant.
07:53Est-ce que, vraiment, vous pensez que ça va empêcher ce dumping ?
07:56C'est-à-dire, le fait de mettre les entreprises, on va dire, en concurrence,
08:00en diminuant la valeur du travail, c'était un peu ça.
08:03Est-ce que ces nouvelles mesures qui viennent d'être prises
08:05vont avoir un effet sur ce fameux dumping social ?
08:08C'est une avancée à partir du moment où c'est contrôlé.
08:11C'est-à-dire qu'aujourd'hui, qu'est-ce qui s'est passé ?
08:14On a pu le voir, notamment.
08:16Les pays, notamment, au niveau de protection sociale,
08:19ont baissé le coût du travail.
08:21Ça a été d'ailleurs un des éléments de la politique de Hollande,
08:24à l'époque, qui ne le disait pas.
08:26C'était que si vous voulez baisser le coût du travail,
08:28c'était aussi pour arriver à une certaine forme d'égalité
08:31entre le travailleur détaché et le travailleur français.
08:33On y est, puisqu'à un SMIC, un SMIC et demi,
08:35aujourd'hui, on est sur un niveau de prix équivalent.
08:38Mais c'est une catastrophe.
08:39C'est-à-dire qu'on était tous rentrés dans une logique de dumping social,
08:42en réalité, dans le moins 10 ans,
08:44où il fallait baisser le coût du travail,
08:47qui sont en fait, je le répète, des salaires différés,
08:51pour cela.
08:52Là, on peut estimer que ça va aider quand même
08:55à réduire un petit peu la voilure de cette concurrence.
08:58Mais ça, c'est dans les textes.
09:00La réalité aujourd'hui, nous connaissons bien le sujet,
09:03c'est que quand on va avoir des petits patrons de PME,
09:05ils vous expliquent qu'eux sont contrôlés alors qu'ils respectent la loi
09:08justement parce qu'ils la respectent et que ce n'est pas trop compliqué
09:10de les contrôler, mais que le voisin ne l'est pas.
09:12Pourquoi ? Parce que les inspecteurs du travail,
09:13ils n'ont pas les moyens.
09:14Et donc, là où je rejoins parfaitement Karima,
09:17on avait travaillé ensemble quand on avait causé
09:19des dumping social ensemble.
09:21C'est qu'il faut aujourd'hui des autorités européennes
09:25avec des pouvoirs d'agence pour pouvoir sanctionner,
09:29notamment les fraudeurs.
09:30Tant qu'on ne sanctionnera pas très lourdement sur le plan financier,
09:33moi je suis même sur le plan pénal,
09:34les fraudeurs, à partir de ce moment-là,
09:36je ne vois pas pourquoi ça s'arrêterait.
09:37Parce qu'un mot qui est très important,
09:40ce n'est pas l'Est contre l'Ouest
09:41ou ce n'est pas les travailleurs de l'Est
09:42contre les travailleurs de l'Ouest.
09:43Ceux qui organisent le dumping social aujourd'hui,
09:46c'est les grandes entreprises de l'Ouest.
09:48Je le rappelle,
09:49celles qui aujourd'hui vont créer des filiales dans ces pays
09:53pour ensuite ramener des salariés à Bakou
09:54pour concurrencer les salariés d'Europe de l'Ouest.
09:57Ce sont les grandes entreprises de l'Ouest.
09:59Et donc, il n'y a pas de clivage entre l'Est et l'Ouest.
10:01Il y a un clivage entre tous les salariés aujourd'hui
10:03et une petite minorité qui s'enrichit sur notre dos
10:05et qui l'exprime par le dumping social.
10:08Patrick Luiaric, votre point de vue là-dessus
10:09et notamment sur ces effets,
10:12moins de délocalisation, etc.
10:13Vous pensez que ça peut avoir amorcé en tous les cas
10:18cet effet-là ?
10:19D'abord, je suis d'accord avec ce que vient d'expliquer Guillaume Ballas.
10:23Là, c'est extrêmement important.
10:25On en a fait pendant toute une période,
10:27une sorte de césure entre l'Europe orientale et nous-mêmes.
10:34C'est un vieux principe du capitalisme
10:36qui met en concurrence les gens les uns contre les autres,
10:40les hommes contre les femmes,
10:41le travailleur qui vient d'ailleurs
10:43et le travailleur qui est dans l'entreprise depuis 20 ans.
10:48Donc, c'est une...
10:49On l'a entendu dans le Brexit, par exemple,
10:53dans la campagne du Brexit.
10:54Oui, c'est un vieux système
10:56qui vise à protéger les grands employeurs,
10:59les multinationales.
11:00Alors, est-ce que ça va supprimer le dumping social ?
11:04On ne peut pas le prédire à l'avance.
11:06En tout cas, une des questions qui est posée maintenant,
11:09c'est que ce soit convenablement transcrit dans le droit national,
11:13même amélioré.
11:14Il ne faudrait pas qu'ici,
11:16il y ait des dispositions qui soient prises
11:18ou, comme on vient de le voir il y a deux jours,
11:21à propos d'une autre loi dans le Parlement français
11:24sur le glyphosate,
11:26tout d'un coup...
11:26Ou au tergiver.
11:27Alors que nous, on vote trois ans ici,
11:29tout le monde est d'accord avec nous.
11:31Et on...
11:32On revient un peu là-dessus.
11:33Voilà, on allonge l'élastique
11:36ou on joue avec ça.
11:38Mais dans le droit national,
11:40on peut mettre des conditions supérieures.
11:43Alors, le ministère du Travail français,
11:47avec son corps d'inspecteur du travail,
11:50qui malheureusement est en diminution,
11:53il peut prendre des initiatives.
11:54Il peut d'abord augmenter le corps des inspecteurs du travail.
11:58Il peut augmenter le nombre de contrôles sur les chantiers.
12:02Ça s'est fait.
12:03Je sais que la précédente ministre du Travail
12:05avait organisé une série comme ça d'opérations coup de poing
12:09et on avait découvert des choses dont...
12:11Des choses ayant trait au logement, etc.
12:13Notamment sur les zones transfrontalières.
12:15Voilà, qui étaient inquiétantes.
12:18Donc, on ne peut pas dire à l'avance
12:19qu'on va supprimer le dumping social,
12:22mais en tout cas, on fait un pas,
12:24on crée des conditions
12:25pour au moins le ralentir,
12:29qu'il y en ait moins.
12:31Et évidemment, l'idéal est de le supprimer totalement
12:34parce que c'est une question politique de fond.
12:38Dumping social ou pas
12:39est une question politique de grande ampleur
12:42qui a à voir avec le type d'Europe qu'on construit.
12:45Soit c'est une Europe de l'harmonisation vers le haut,
12:48soit c'est toujours l'Europe de la guerre de tous contre tous.
12:51On va en parler, de ces effets politiques.
12:53Vous en avez tous parlé les uns les autres dès le départ,
12:55des effets politiques que peut avoir une nouvelle mesure,
13:00de nouvelles règles comme celle-ci.
13:01Simplement, on vient en transport routier avec vous
13:03ou est-ce que quand même,
13:04on ne va pas introduire en Europe
13:05une discrimination très claire
13:07entre les travailleurs des secteurs,
13:09bâtiments, etc.
13:10et les sous-travailleurs
13:12que vont être les conducteurs routiers,
13:17les gens de transport.
13:18Avec justement le fait d'exclure
13:20les transporteurs routiers,
13:22on crée des sous-salariés.
13:23On ne leur promet pas
13:25et on ne leur garantit pas
13:26ni les mêmes droits,
13:27ni les mêmes conditions de travail,
13:29ni juste de la protection sociale.
13:32Donc oui, on est en train de créer justement
13:34des salariés à double vitesse.
13:36Donc ce n'est pas possible.
13:37Donc nous, notre but,
13:38dès lundi prochain,
13:40c'est de montrer à quel point
13:42le mieux-disant social que nous avons gagné
13:44dans la directive générale
13:45doit s'appliquer de manière automatique
13:48dans la directive
13:50qui est spécifique aux transporteurs routiers.
13:53Il y a aussi parallèlement
13:55la proposition qui a été mise sur la table
13:58par la Commission
13:59qui a été une catastrophe
14:00parce que dans ce premier paquet
14:02social mobilité,
14:04nous avons la libéralisation du cabotage.
14:06Alors, pour bien expliquer
14:07qu'est-ce que c'est que ça,
14:09c'est que le cabotage,
14:10c'est une période de 7 jours
14:12où un transporteur part
14:14de son pays d'origine
14:16pour aller dans un pays d'accueil.
14:18Il a 7 jours pour faire 3 opérations
14:21déchargées et rechargées.
14:223 opérations durant 7 jours.
14:24Sachant que sur les 7 jours,
14:25en général,
14:26il prend 2 jours de repos.
14:29La proposition de la Commission,
14:30scandaleuse,
14:31c'est qu'elle dit
14:32on fait 5 jours,
14:34opération illimitée,
14:35et donc on enlève
14:36les 2 jours de repos
14:38et ensuite,
14:39on va avoir des salariés
14:41mais qui vont aller vite
14:43sur les routes
14:43parce qu'ils veulent rentabiliser
14:44le nombre d'opérations,
14:45ce qui est scandaleux.
14:46Donc, libéralisation du cabotage,
14:48la mise en application
14:49des travailleurs détachés
14:50qui ne commencent pas
14:51dès le premier jour,
14:52mais on va dire
14:52selon le premier jour,
14:54avec le retour à la maison.
14:56Parfois, certains diront
14:57il faut attendre 6 semaines,
14:588 semaines,
14:59ce qui est scandaleux.
15:01Ensuite, nous avons
15:01toutes les questions de contrôle.
15:03Le fameux tachygraphe.
15:04Aujourd'hui,
15:06la Commission a proposé
15:07un contrôle
15:09sur les routiers
15:10en disant 2034,
15:11on a le temps de voir
15:12fleurir le dumping social.
15:14Et la dernière chose
15:15qui est pour nous,
15:16c'est toutes les questions
15:17de temps de repos
15:18et temps de travail
15:18où on verra
15:19que certains diront
15:21dormir dans sa cabine,
15:23ce n'est pas un problème.
15:24C'est un domicile.
15:25Ce qui est un scandale.
15:26Pourquoi ?
15:27Parce qu'il y a l'arrêt
15:28de la Cour européenne
15:29de justice de mai dernier
15:30qui vient de sanctionner,
15:32qui dit très clairement
15:33non,
15:34les routiers ne peuvent pas
15:35dormir dans leur camion.
15:37Un mot,
15:37Guillaume,
15:37que faire pour protéger
15:41les transports et les transports
15:42qui constituent une part
15:43extrêmement importante
15:44des travailleurs
15:45qui circulent en Europe
15:46aujourd'hui ?
15:46J'aimerais dire un mot
15:47politique quand même
15:48parce qu'il y a un grand
15:49responsable de tout ça
15:50et il faut avoir
15:51quand même l'honnêteté
15:51de le dire.
15:52Il s'appelle Emmanuel Macron.
15:53Parce que quand Emmanuel Macron
15:55a pris comme idée
15:56de baisser de 24 à 12 mois,
15:58en 18 en réalité,
15:59c'était le nombre de mois
16:02autorisés pour les travailleurs
16:04détachés,
16:04qu'on autorisait
16:05ce nombre de mois-là,
16:07ce qui ne sert strictement
16:08à rien puisque la moyenne
16:11maximale autour de 3 mois
16:12aujourd'hui,
16:13donc ça n'a aucune incidence.
16:15Il a fallu qu'il trouve
16:16un accord au Conseil.
16:17Il l'avait annoncé,
16:18il l'avait dit,
16:18donc il fallait à tout prix
16:19qu'il l'obtienne.
16:19Ça ne servait à rien,
16:20mais il fallait qu'il l'obtienne.
16:21C'était un signal politique,
16:22comme on dit
16:23chez les communicants.
16:24Et donc le résultat,
16:25c'est qu'il a lâché
16:26sur les transports.
16:27Alors qu'il nous avait promis
16:28qu'il se battrait,
16:29il a lâché.
16:30Et il a finalement accepté
16:33ce que disaient Karima,
16:34Delhi tout à l'heure,
16:35c'est-à-dire de la part
16:35d'un certain nombre de pays
16:36qui aujourd'hui ont leur marché
16:38à l'extérieur en termes routiers.
16:40Il a accepté
16:42les revendications de ces pays
16:43qui menaçaient de bloquer
16:44autrement le passage
16:45de 24 à 12 mois.
16:46Je trouve ça gravissime,
16:48je le dis,
16:49parce que quand on vend
16:50une illusion,
16:51c'est-à-dire le passage
16:51de 24 à 12 mois
16:54contre quelque chose
16:55qui là est bien réel,
16:56c'est-à-dire le non-progrès
16:58et le fait qu'on ne lutte pas
17:00contre le dumping social
17:01dans les transports
17:02avec les conditions
17:03de semi-esclavage
17:03qui viennent d'être dites,
17:04je trouve ça gravissime.
17:05Qu'est-ce qu'on peut faire ?
17:06C'est très simple,
17:07ce qu'il faut faire.
17:07Il faut suivre les propositions,
17:08notamment de Karima Delhi
17:09et de tous ceux qui travaillent
17:10avec elle dans la commission
17:11de transport aujourd'hui.
17:13Il y a des propositions,
17:14notamment pour faire en sorte
17:15qu'il y ait un meilleur contrôle
17:15avec ce qu'on appelle
17:16les tachographes intelligentes,
17:17tu le sais mieux que moi.
17:18Il y a toutes les mesures sociales
17:21notamment qui doivent encadrer
17:23aujourd'hui les chauffeurs routiers,
17:25les règles qui font que non,
17:26une cabine,
17:27ça n'est pas un domicile,
17:28les stations sur les aires
17:30d'autoroutes
17:31qui doivent être régulées,
17:32etc.
17:33Tout cela,
17:33aujourd'hui,
17:33ça existe.
17:34Le Parlement fait des propositions
17:35sur le sujet,
17:36les forces progressistes
17:36font des propositions
17:37sur le sujet,
17:38donc il n'y a qu'à les mettre
17:39en application,
17:40elles ne sont pas maximalistes,
17:41elles ne tueront pas
17:41la liberté de commercer
17:42dans l'Union européenne
17:44aujourd'hui.
17:45C'est tout à fait faisable,
17:46c'est une question
17:46de volonté politique.
17:47On peut,
17:48il faut quoi.
17:49Vous diriez ça aussi.
17:50On peut le faire,
17:51il faut le faire.
17:52Oui, il faut absolument le faire
17:54parce que si on dérèglemente
17:57le transport par rail
17:58comme on est en train
17:59de le faire,
18:00on n'a pas avancé du tout
18:04sur le transport fret par rail
18:06et on dérèglemente,
18:07on continue de dérèglementer
18:09ou en tout cas laisser
18:10une situation de totale jungle
18:12quasiment dans le transport routier,
18:15on va aboutir
18:16à des situations
18:17où non seulement
18:17les travailleurs
18:18vont être épuisés,
18:19mais c'est de l'insécurité
18:21grandissante
18:21qu'on aura partout
18:22sur les routes.
18:23Alors les effets,
18:24un mot sur les effets politiques
18:25de cette nouvelle réglementation,
18:28est-ce que vous pensez
18:29que ça enlève tout de même
18:30un argument de poids,
18:31vous l'évoquiez tout à l'heure,
18:32Guillaume Ballas,
18:33à ceux qui dénonçaient justement,
18:35enfin qui avaient comme cheval de bataille
18:37en gros de dénoncer
18:37le domicile social
18:38au sein du E,
18:39qu'on appelait au protectionnisme,
18:40voire même
18:42à quitter l'Union européenne,
18:43est-ce que ça va avoir un effet,
18:45est-ce que vous allez vous appuyer
18:46sur une décision comme celle-ci,
18:48sur des nouvelles règles comme celle-ci,
18:49pour dire,
18:49attendez,
18:50l'Europe peut protéger
18:51et peut s'engager
18:52dans un processus
18:53de social,
18:56d'Europe sociale,
18:57on peut commencer
18:57à aller dans ce domaine-là,
18:59est-ce que vous allez vous en servir ?
19:00Oui,
19:00vous allez vous appuyer là-dessus ?
19:01Ben oui,
19:01parce que d'une manière,
19:02ça fait des années
19:03qu'on se sert de la directive
19:04des travailleurs détachés
19:06en disant que c'est la directive
19:07Bolkestein.
19:08À chaque fois,
19:08on fait...
19:09Bien sûr.
19:09À chaque fois,
19:10on dit...
19:10On ne connaît pas les sujets.
19:12La directive des travailleurs détachés
19:14a eu vraiment beaucoup
19:16de contournements
19:17de l'esprit du texte.
19:18Vous avez dit,
19:18c'était des situations
19:20temporaires
19:21qui venaient juste combler
19:22justement des marchés
19:24dans certains pays
19:25qui existaient.
19:26Donc, il va falloir renforcer,
19:28moi je le dis,
19:29le fait que le Parlement européen,
19:31c'est la voix des citoyens
19:32et des salariés.
19:33Nous avons fait des propositions
19:35mais nous les avons arrachées
19:36parce que ce qu'il ne faut pas oublier,
19:38c'est que le texte a été adopté
19:41mais 20 pour,
19:432 contre,
19:44la Pologne et la Hongrie
19:46et 4 se sont abstenus.
19:47Donc, ce sont des avancées
19:49qu'il va falloir porter.
19:50Maintenant,
19:51ce ne sera pas suffisant.
19:52Il faut donner aussi un horizon
19:53d'un modèle social
19:54de qu'est-ce que nous voulons demain,
19:56pour cette Europe sociale.
19:58Et la directrice des travailleurs détachés,
20:00elle fait un premier pas
20:01vers l'Europe sociale
20:02mais ce ne sera pas suffisant.
20:04Il faudra dessiner
20:04toute la feuille de route.
20:05Patrick Loyaric a dû le quitter
20:07lorsqu'il intervient,
20:08je crois,
20:09en session 1 mot également,
20:10Guillaume Ballas,
20:11là-dessus,
20:11sur la manière dont vous allez
20:13militer.
20:13Non, mais c'est simple.
20:14D'abord,
20:14il faut toujours prendre
20:16les choses à l'inverse.
20:17Est-ce que si la France
20:17sortait de l'Union européenne,
20:19ça mettrait fin aujourd'hui
20:19au doping social ?
20:20C'est-à-dire,
20:21s'il n'y a plus aucune règle,
20:22vous croyez que le patronat français,
20:24il va s'empêcher
20:25de continuer à construire
20:27sans règles communes,
20:28sans cadre européen du tout.
20:30Mais ça va être la fête
20:31pour le patronat français.
20:32Et donc,
20:33je pense qu'il y a une illusion
20:34aujourd'hui
20:35qui est de penser
20:35qu'on peut faire
20:36de la France
20:37une espèce d'île
20:39qui serait totalement protégée
20:40par rapport à ça.
20:40Et en plus,
20:41en pensant qu'il n'y a pas
20:42de conflit aujourd'hui
20:43de classe,
20:43je vais les appeler comme ça.
20:46Non,
20:46la France,
20:46elle n'est pas homogène.
20:47Il y a des intérêts divergents.
20:49Et encore une fois,
20:50ceux qui organisent aujourd'hui
20:51le plus ce dumping social,
20:52ce sont les très grandes entreprises
20:53de l'Ouest.
20:54Donc,
20:55la question qui se pose,
20:56si on veut défendre
20:57les droits des travailleurs,
20:58c'est quelle est la stratégie ?
20:59Et moi,
20:59je pense que la stratégie,
21:00elle est aujourd'hui
21:02internationaliste.
21:02C'est-à-dire que
21:03si on n'organise pas aujourd'hui
21:05les citoyens
21:06dans les diverses sociétés
21:07pour avoir montré
21:09qu'ils ont des objectifs
21:12convergents,
21:13la réalité,
21:13c'est qu'aujourd'hui,
21:14un travailleur polonais
21:15a le même intérêt
21:16qu'un travailleur français.
21:17Il a besoin d'harmonisation sociale,
21:19il a besoin de convergence,
21:20c'est-à-dire qu'on fasse progresser
21:21aujourd'hui les salaires à l'Est
21:23pour rattraper ceux de l'Ouest.
21:25Si on ne montre pas ça,
21:26on fera le plus beau cadeau
21:29au capitalisme,
21:30le plus ignoble.
21:31Et je ne comprends pas,
21:32moi je le dis,
21:33qu'on puisse voter
21:34contre des avancées concrètes
21:36des travailleurs
21:37au nom de
21:37je ne sais quel monde idéal,
21:40c'est facile,
21:41c'est de la posture politique
21:42et ça il faudra le dénoncer
21:43pendant les élections.
21:44C'est passé largement,
21:46disons,
21:46mais enfin il y a tout de même
21:47eu effectivement
21:47147 voix contre,
21:49je crois,
21:50et puis une cinquantaine
21:51qui ne se sont pas exprimées.
21:54Merci à vous en tout cas
21:56de toutes ces explications,
21:57de ces points de vue.
21:58Merci à vous
21:58qui nous avez suivis.
21:59A bientôt, au revoir.
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