- il y a 12 heures
Bruno Odent, auteur de «libérons l’Europe», montre comment la régression nationaliste qui émerge
si fortement en Italie, en Hongrie ou en Autriche et menace l’UE de dislocation, ne constitue, à y
regarder de plus près, que le couronnement d’un « modèle » en crise qui évolue déjà sur une pente
autoritaire et post démocratique. Le devoir de la gauche est d’y résister pour promouvoir un autre
modèle de coopération et de solidarité. Réalisation : Abrahim Saravaki
si fortement en Italie, en Hongrie ou en Autriche et menace l’UE de dislocation, ne constitue, à y
regarder de plus près, que le couronnement d’un « modèle » en crise qui évolue déjà sur une pente
autoritaire et post démocratique. Le devoir de la gauche est d’y résister pour promouvoir un autre
modèle de coopération et de solidarité. Réalisation : Abrahim Saravaki
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00:00Bonjour Bruno Dan, vous venez juste publier un livre sur l'Europe
00:07avec le titre de Libérons l'Europe aux éditions Croquants.
00:13De quoi est-il question quand vous proclamez Libérons l'Europe ?
00:18Est-ce que l'Europe est devenue une prison ?
00:21Est-ce que vous voulez libérer de qui et de quoi ?
00:25Non, bien sûr, l'Europe, fort heureusement,
00:29il y a encore des marges de manœuvre démocratique.
00:32Mais il ne faut pas s'y tromper, la situation de l'Europe est devenue extrêmement sérieuse
00:37et souvent sous-estimée à cause du fait qu'elle a été placée sous le carcan du traité de Maastricht
00:49par les différents gouvernements, puisque ce sont d'abord ces gouvernements qui sont responsables,
00:56puisque ça a été une construction intergouvernementale.
01:00Donc ils ont placé cette construction européenne sous l'égide des marchés financiers.
01:07Et c'est cela qui nous conduit aujourd'hui peu à peu vers le national-libéralisme.
01:15C'est ça qui est très préoccupant.
01:16Alors, l'UE souffre d'un double défaut de naissance.
01:21Le premier, ça a été cette construction, je viens d'évoquer, d'avoir placé cette construction,
01:26les différents gouvernements ont placé cette construction sous l'égide des marchés financiers.
01:31Et c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, on ne comprend pas sinon cette obsession à lutter contre l
01:38'inflation,
01:39cette obsession à l'austérité pour justement expliquer, pour justement réduire l'inflation.
01:49Et donc, pourquoi réduire l'inflation coûte que coûte ?
01:53Parce que l'inflation, c'est l'ennemi des rentiers, des gens qui placent, ou des entreprises qui placent leur
02:00argent sur les marchés financiers.
02:02En deuxième défaut de naissance, donc marché financier, premier défaut de naissance,
02:06deuxième défaut de naissance, il se laisse déduire du premier.
02:10Sur ces marchés, les plus influents, les plus puissants, c'était la classe dirigeante allemande.
02:18C'est elle qui avait le plus de force sur l'économique, etc.
02:23Et c'est elle qui a imposé son propre modèle, son modèle ordo-libéral.
02:29Je vais développer...
02:30Comme j'avais déjà un livre sur ce sujet.
02:32Je vais montrer en quoi ce modèle emmène l'Europe vers les funestes développements que l'on connaît aujourd'hui.
02:44C'est vrai de la politique, il s'agit d'ordolibéral, il s'agit de contrôler les choses de manière
02:52très stricte.
02:53La première des choses, c'est la politique monétaire.
02:57Elle doit être restrictive, empêcher le moindre risque d'inflation, je viens de l'évoquer.
03:03Elle doit veiller aussi au rationnement des dépenses publiques.
03:08C'est aussi pour ça que nous sommes dans une austérité permanente, si je puis dire.
03:13La fameuse austérité avec interdiction de dépasser 3% de déficit budgétaire.
03:22Et même aujourd'hui, c'est plus que ça.
03:25Aujourd'hui, il y a eu la ratification en 2012 du traité budgétaire européen.
03:30Aujourd'hui, il est interdit de dépasser 0,5% de déficit structurel.
03:38C'est un cadre extrêmement strict.
03:42Et puis la dernière des choses dans ces politiques ordolibérales, c'est que ces réformes-là, cet engagement, ce carcan
03:52de Maastricht,
03:54il doit être entouré, il doit être complété par des réformes structurelles.
03:59Ces réformes structurelles, c'est privatisation, réforme du code du travail, flexibilité des marchés du travail, etc.
04:08On en sait quelque chose ici en France, maintenant, avec ce que développe le président Macron.
04:16En fait, ce qu'on cherche à faire avec ce cadre ordolibéral, très strict, c'est de mettre l'Europe,
04:25de placer l'économie européenne sur une sorte de pilotage automatique,
04:32afin de le préserver, de quelque manière que ce soit, d'influence des citoyens, d'influence politique, qui pourrait être
04:45néfaste.
04:46Pilotage automatique par qui ?
04:49Pilotage automatique par les marchés, par les grandes entreprises, qui, elles, obtiennent exactement ce qu'elles veulent pour réaliser leur
05:04profit.
05:06C'est la garantie, cet ordolibéralisme, une espèce de garantie de vie éternelle au libéralisme.
05:15Alors, pour imposer ces orientations, ces désorientations extrêmement sévères, pour imposer ces orientations, on est sur une pente autoritaire.
05:25Certains appellent cela post-démocratique, mais c'est effectivement.
05:31Les évolutions qu'on note en France aujourd'hui sont teintées de post-démocratie.
05:38On est sur des évolutions que ne rayeraient pas, d'ailleurs, certains partis d'extrême droite.
05:46Il n'est qu'à voir les évolutions liberticides de la politique d'Emmanuel Macron dans les dernières périodes.
05:54Avec les deux, je ne reviens pas sur les... c'est un autre autre chose, un autre dossier,
05:58mais sur l'affrontement, le bras de fer entre Emmanuel Macron et les Gilets jaunes.
06:04Dans ces conditions, les nationalistes sont bien plus qu'un contre-modèle qui profiterait des dysfonctionnements du système.
06:14Ils tirent leur force de ce qu'ils constituent une sorte de couronnement.
06:20leur propre autoritarisme, leur propre... c'est... en gros, c'est ce vers quoi se dirigent les politiques officielles de
06:34la France, de l'Allemagne, etc.
06:36Ils sont... ils veulent placer l'Europe dans... et pour faire cela, ils multiplient les gouvernements de grandes coalitions,
06:45comme en Allemagne, le gouvernement de l'Union Nationale, ou comme en France, le gouvernement d'Emmanuel Macron,
06:49qui est une grande coalition à la française, ni droite ni gauche, je ne développe pas.
06:55Et d'ailleurs, si c'est... si les nationalistes ont entend le vent en poupe,
07:01c'est aussi parce que, bien sûr, de cette situation résulte que les classes dirigeantes de plusieurs pays européens,
07:15non des moindres, louchent avec de plus en plus d'insistance sur l'option, sur cette option nationale libérale.
07:24C'est-à-dire qu'on rajoute à cette concurrence entre les États, entre les citoyens, entre les travailleurs,
07:35on rajoute une... on rajoute un feuille supplémentaire.
07:39Et puis on voit jusqu'où même la dérive, en Hongrie, en Autriche, où il y a un gouvernement droite,
07:47extrême droite,
07:48ou en Italie, plus récemment, avec l'arrivée de Matteo Salvini, de la Ligue aux affaires.
07:57Tout cela est extrêmement dangereux, on le voit.
08:01Libérer l'Europe dans laquelle elle est enfermée, c'est aussi la libérer de cette menace nationaliste
08:10devenue ô combien concrète.
08:13Mais eux, ils disent que cette dislocation d'Europe...
08:19Eux, certains, certaines personnes.
08:21Oui, oui.
08:22Donc c'est varié, il y a dans toutes les tendances de droite, il y a même certains gauche,
08:28qu'ils disent que la dislocation d'Europe, ça nous ramène à cette nation qui était une période parfaite,
08:37et on décidait nous-mêmes quand on voulait, ce qu'on voulait, et ça nous permet, si on revient à
08:48cet état-là,
08:49de refaire l'Europe à notre manière, et certains un petit peu plus douces, si on peut dire,
09:01qu'il dit que chaque élément, il faut à renégocier et à mener de faire d'autres choses.
09:09Alors, quel est le danger de cette dislocation d'Europe qui est réclamée ?
09:16Alors, c'est, excusez-moi, mais c'est très important de revenir sur cette idée-là,
09:20parce que c'est vrai qu'il y a un certain nombre de gens qui se disent,
09:24bon, l'Europe va se disloquer, l'Europe est très malade, l'Europe... Bon, pourquoi pas ?
09:30Finalement, on ne pourra, effectivement, on ne pourrait que revenir en arrière aux états-nations,
09:37et donc avec le souvenir que, finalement, dans cette période des états-nations après-guerre,
09:43les choses n'allaient pas si mal, etc.
09:46Donc c'est une idée fausse, très fausse, mais je vais développer pourquoi,
09:51mais extrêmement pernicieuse, parce que, bon, effectivement,
09:57ça pourrait être une conséquence logique de ce qui se passe.
10:01On revient aux états-nations, et pourquoi pas,
10:04on pourrait envisager une reconquête progressiste à partir des états-nations.
10:10Il y a certains tribuns, de gauche même, qui évoquent cela.
10:14Sauf que, d'abord, il faudra se délivrer de l'emprise nationaliste,
10:20parce que si on laisse l'Europe se disloquer, il y aura une emprise des nationalistes,
10:25comme on le voit, notamment en Italie, en Autriche, en Hongrie, etc.
10:32Et l'histoire devrait pourtant nous enseigner
10:36qu'à chaque fois que les nationalistes ont pris le pouvoir,
10:41ça ne s'est pas forcément très bien passé pour les peuples européens,
10:46surtout au XXe siècle.
10:48Donc, on devrait prendre les choses avec des pincettes,
10:52avant de se laisser embarquer dans une telle aventure.
10:57Et puis, alors, ensuite, il faut regarder,
11:01on n'est plus dans la période d'après-guerre,
11:04on n'est plus dans les conditions de l'après-guerre.
11:11À cette époque-là, les États avaient effectivement
11:15une certaine plus grande capacité de résistance,
11:21de résilience, parce qu'il y avait moins d'interdépendance.
11:28Aujourd'hui, le terme le plus fort
11:32et qui correspond mieux à la réalité d'aujourd'hui,
11:36c'est l'interdépendance.
11:37Il suffit de regarder, peut-être qu'on le développera,
11:41la catastrophe que constitue le Brexit,
11:45le cauchemar que constitue le Brexit nationaliste britannique.
11:50Et puis, quand on regarde de près
11:52ce que font les nationalistes,
11:54déjà en Europe aujourd'hui,
11:56quand ils sont au pouvoir,
11:57parce qu'il y en a certains qui sont au pouvoir,
11:59les Salvini, Orban, Kurz, le chancelier autrichien,
12:04ils sont au service de logique, de concurrence
12:08et de compétition encore plus poussé
12:12que le modèle ordo-libéral classique européen.
12:20Par exemple, Orban, comme Salvini,
12:24ont mis en place une flat tax.
12:28Qu'est-ce que c'est que cette flat tax ?
12:30Flat tax, ça signifie la fin de l'impôt progressif.
12:35Il n'y a plus de progression,
12:37plus vous gagnez, plus vous payez d'impôts, etc.
12:39Il y a une progression en France,
12:41c'est le cas encore aujourd'hui.
12:43En Autriche, c'est terminé.
12:45En Autriche, c'est devenu,
12:46et en Italie,
12:48c'est devenu un implot proportionnel.
12:51C'est-à-dire que,
12:52quels que soient vos revenus,
12:54vous payez le même.
12:58En Autriche, ça doit être autour de 10-15%.
13:02Pareil en Italie.
13:04Mais, évidemment, c'est un impôt extrêmement injuste.
13:07Ceux qui se frottent les mains de cette flat tax,
13:10c'est évidemment les gros détenteurs de capitaux,
13:13les actionnaires, les gros actionnaires, etc.
13:15Donc, ça va plus loin encore
13:18qu'Emmanuel Macron lui-même
13:20n'a pas pratiqué une flat tax,
13:22mais il l'a concentré, si je puis dire,
13:26au niveau des actionnaires.
13:30Ce sont les revenus financiers
13:32qui sont taxés de la même façon,
13:39taxés de façon proportionnelle
13:40par une flat tax.
13:42Donc, il ne s'est pas aventuré au-delà.
13:47Et puis, par exemple,
13:49il y a eu cette introduction
13:51de la semaine de 60 heures.
13:54Imagine, la semaine de 60 heures en Autriche.
13:57C'est une semaine
13:59qui peut s'étendre sur 60 heures
14:03tout en maintenant
14:07à 40 heures
14:09la durée légale du travail autrichien.
14:12Ça permet,
14:13parce que c'est étalé sur le temps.
14:15C'est-à-dire que,
14:16pour répondre à ce besoin de flexibilité
14:19qu'exige le patronat autrichien,
14:20on a étendu la semaine à 60 heures.
14:23C'est-à-dire que,
14:24dans des périodes de fortes demandes,
14:27de fortes commandes,
14:29les salariés sont contraints
14:30de travailler en heures supplémentaires
14:32jusqu'à 60 heures,
14:33mais sans être payés en heures supplémentaires.
14:37Donc, les syndicats autrichiens
14:40ont réagi très fortement à cela,
14:42mais pas toujours pareil.
14:44Passer en force
14:45en faisant des surenchères,
14:48à chaque fois,
14:49dans la démagogie nationaliste.
14:51Parce que ça aussi,
14:52c'est très extrêmement dangereux,
14:54extrêmement préoccupant.
14:55Parce que Orban, par exemple,
14:57a introduit
15:01une loi
15:02qui permet,
15:03quand il était en difficulté
15:05sur le terrain économique et social,
15:08il a introduit une loi
15:09qui permet
15:10d'imposer
15:12des travaux d'utilité collective
15:14aux chômeurs,
15:16aux chômeurs de longue durée.
15:18Moyennant
15:18une indemnité dérisoire,
15:21les chômeurs doivent pouvoir
15:22travailler pour
15:24les villes,
15:26les villages,
15:27les communautés, etc.
15:29Cela visait
15:30particulièrement
15:31la communauté rome.
15:33Donc,
15:34une mesure
15:35dit,
15:35on est
15:36dans la,
15:38comment dire,
15:40en France,
15:41ce que le RN
15:42appelle
15:43la préférence nationale.
15:46Donc,
15:46tous ceux qui,
15:47vous imaginez,
15:49dans quel type
15:50de société
15:50on serait,
15:51dans quel type,
15:52dans quel cauchemar
15:53on serait
15:53si on avait
15:54une société
15:55où les gens
15:56qui se côtoient
15:57ne touchent pas,
15:59n'ont pas les mêmes droits.
16:00les mêmes droits,
16:00les mêmes salaires.
16:01Voilà.
16:02Donc,
16:03c'est,
16:03c'est,
16:05voilà,
16:06je,
16:07c'est une fuite
16:09en avant
16:10extrêmement,
16:11extrêmement grave.
16:12Cela n'empêche pas
16:12les mêmes,
16:14Orban,
16:15par exemple,
16:16d'être totalement
16:17intégrés,
16:18et très bien intégrés,
16:19au système
16:21de production
16:22des multinationales
16:23allemandes.
16:25là aussi,
16:26il joue,
16:26c'est pour ça
16:27qu'il faut être
16:27très très prudent
16:28avec la complexité
16:29européenne,
16:30il joue sur
16:31le forend,
16:34la monnaie locale,
16:35pour faire venir
16:37les
16:39Volkswagen,
16:41les grands groupes
16:43allemands
16:43sur son territoire,
16:45Audi,
16:47etc.,
16:47qui fabriquent,
16:49il y a,
16:49disons,
16:50il leur a fait
16:51un pont d'or,
16:52y compris
16:53sur le plan fiscal,
16:54en les attirant
16:55sur son territoire,
16:59il a,
17:00par exemple,
17:01fait une usine
17:03de moteurs,
17:05inaugurée
17:06il y a peu de temps,
17:07une usine de moteurs
17:09du groupe
17:10Volkswagen,
17:11pour le groupe
17:12Volkswagen,
17:13c'est parfait,
17:14le forend
17:15étant
17:16très dévalué
17:18par rapport
17:19à l'euro,
17:20ça ne coûte
17:21pas cher,
17:22et
17:23et ça permet
17:24aux multinationales
17:26allemandes
17:26d'avoir
17:28d'un manœuvre
17:29pas cher,
17:30de fabriquer
17:32à bas coût
17:32les pièces
17:34essentielles
17:35des automobiles,
17:38et donc
17:39d'obtenir
17:40un avantage
17:41de compétitivité
17:42très intéressant.
17:43Donc il est
17:44complètement intégré
17:45là-dedans,
17:46c'est pour ça
17:47que je parle
17:48de national-libéralisme.
17:50Donc avec
17:51cette situation
17:52que vous avez
17:53exposée,
17:53bien sûr,
17:54profondément
17:55dans le livre,
17:57alors quoi faire ?
18:01Cette situation,
18:02notre avenir,
18:03évidemment,
18:04on l'aura compris,
18:05ne peut pas passer
18:06par cette
18:06régression
18:08nationaliste.
18:08Donc il va falloir
18:10y résister,
18:11y résister,
18:13et promouvoir,
18:15mais la meilleure façon
18:17d'y résister,
18:18c'est aussi
18:18de promouvoir
18:19et de développer
18:21un autre système
18:22européen
18:23de coopération,
18:26de solidarité.
18:28Et je pense
18:28que ça,
18:29c'est un devoir,
18:30ce double aspect,
18:31cette résistance,
18:33et ce besoin
18:34de résistance,
18:35et ce besoin
18:36d'alternatives
18:37concrètes,
18:38précises,
18:39c'est un devoir
18:41pour la gauche,
18:42aujourd'hui.
18:43Celle-ci a tout
18:44à perdre,
18:45la gauche française,
18:47a tout à perdre
18:48à se laisser gagner
18:49par la démagogie
18:51consistant à essayer
18:52de capter
18:53d'une manière
18:54ou d'une autre
18:55le ressentiment
18:57des populations
18:57qui souffrent
18:59pour laisser entendre
19:00qu'une solution
19:02providentielle
19:04passerait par la dislocation
19:05de l'Europe.
19:06J'ai évoqué
19:07un instant
19:07dans la deuxième question
19:08que vous m'avez posée,
19:10en brandissant
19:11au besoin
19:12un plan B
19:13aux contours
19:14les plus flous.
19:16Ce n'est ni sérieux
19:17ni responsable,
19:19car cela joue
19:20dans la main
19:21des nationalistes,
19:23en légitimant
19:24de fait
19:24leur discours
19:26anti-européen,
19:28leur démagogie
19:30xénophobe,
19:32tout comme
19:32tout comme
19:33ça l'est
19:35irresponsable,
19:36quand il est suggéré
19:37qu'il faut
19:38d'une manière
19:39ou d'une autre
19:40limiter l'immigration,
19:41machin,
19:42etc.
19:43Et donc pointer
19:45de fait,
19:47légitimer
19:47un discours
19:48qui de fait
19:49pointe l'immigration
19:50comme un principal
19:51responsable
19:52de tous les maux
19:53européens.
19:53Il faut se garder
19:55de ce type
19:56de raccourcis
19:57mortifères
19:58pour l'Europe
19:59comme pour
20:00les nations
20:00et s'attacher
20:02à bien
20:02les nations
20:03qui la composent
20:04évidemment
20:04et s'attacher
20:05à bien
20:06appréhender
20:06toute la complexité
20:08des enjeux
20:09européens.
20:11La plus grande
20:12contradiction
20:13du moment
20:14est qu'il n'y a
20:15sans doute
20:15jamais eu
20:16autant besoin
20:18de coopération
20:19et de solidarité
20:20européenne
20:20alors même
20:21que l'Union
20:22européenne
20:22est si menacée.
20:24Et c'est
20:25je pense
20:26le courage
20:27politique
20:29qui
20:31s'incarne
20:32dans
20:34Yann Brossat
20:36et la liste
20:36qu'il conduit
20:37aux européennes
20:40de ne rien
20:42lâcher
20:42sur cet enjeu
20:44de classe.
20:45C'est un enjeu
20:46de classe
20:46au niveau européen,
20:47au niveau français
20:48et au niveau européen.
20:50La liste
20:51du PCF
20:51est constituée
20:52pour moitié
20:54d'ouvriers
20:54et d'employés
20:55cela ne doit rien
20:57au hasard.
20:58et elle est
20:59tournée
21:00vers la solidarité
21:02et les autres
21:02peuples européens
21:04contre la dictature
21:06des marchés,
21:07la dictature
21:07du carcan
21:08que j'ai développée
21:09au début
21:10de cet entretien
21:10des marchés
21:12financiers
21:12et des grandes
21:13entreprises
21:13et contre
21:15l'ordolibéralisme
21:16que nous éloquions
21:18également.
21:19Il y a un besoin
21:20de libérer
21:21l'Europe
21:22de ces vieux
21:23carcans
21:23et de rapprocher
21:24les peuples
21:24comme jamais
21:25je le disais
21:28comme affirmation
21:29d'une alternative
21:31sociale
21:32et environnementale
21:34sur le vôtre
21:34que l'on est
21:34face à l'offensive
21:36d'un certain
21:36Donald Trump.
21:39Ce Donald Trump
21:40c'est quand même
21:40le champion
21:41du monde
21:42du national-libéralisme
21:43aujourd'hui.
21:44Et on sait
21:44combien
21:45il dispose
21:46de relais
21:47au niveau européen
21:49parmi ses forces
21:50d'extrême droite
21:51y compris
21:52jusqu'au sein
21:53du rassemblement
21:54national français
21:55et on sait
21:57qu'il préférerait
21:59une Europe
22:00qui éclatait
22:01retrouver
22:03ces états-nations
22:04si on peut
22:05les appeler
22:05comme ça
22:07pour mieux
22:09traiter
22:09en bilatéral
22:11et en position
22:12de force
22:13avec eux.
22:15Dès maintenant
22:16sans attendre
22:19je pense
22:20qu'on peut changer
22:22les textes
22:23des traités
22:24sans toucher
22:25aux textes
22:26des traités
22:26puisque ces textes
22:28sont
22:30il faudrait
22:31des majorités
22:33qui n'existent pas
22:35pour l'instant
22:35en Europe
22:36donc améliorer
22:37on pourrait
22:38non pas améliorer
22:39sans changer
22:42les textes
22:43des traités
22:43on peut faire
22:44des choses
22:45on peut imposer
22:46des choses
22:47c'est des rapports
22:48de force
22:48qui feront
22:50cela
22:51et l'une
22:53des choses
22:53les plus urgentes
22:55c'est de combler
22:56les gigantesques
22:57déficits
22:58d'investissement
22:59dans notre pays
23:00et dans tout lieu
23:02on le voit bien
23:02un gigantesque déficit
23:04d'investissement
23:04on parlait
23:05des Gilets jaunes
23:05tout à l'heure
23:06des régions
23:08périphériques
23:09françaises
23:09qui souffrent
23:10de ces gigantesques
23:11déficits
23:11d'investissement
23:12y compris
23:13en termes
23:14de
23:15tous les pays
23:17souffrent
23:17jusqu'à
23:18l'Allemagne
23:19et il faudrait
23:21pour y arriver
23:23on aurait
23:24la possibilité
23:26de le faire
23:27il y a eu
23:29dans la dernière période
23:30pour faire
23:31suite à la crise
23:32à la crise
23:34de l'euro
23:36dans les années
23:382012
23:392013
23:39à la suite
23:40du krach financier
23:41de 2008
23:42il y a eu
23:44une intervention
23:45de la massive
23:46de la banque centrale
23:47européenne
23:48qui a prêté
23:49jusqu'à
23:503000 milliards
23:52d'euros
23:52dans la période
23:53entre 2015
23:54et 2018
23:553000 milliards
23:56d'euros
23:58pour
23:59des crédits
24:01à taux zéro
24:02crédits à taux zéro
24:03c'est merveilleux
24:04vous prêtez de l'argent
24:05mais vous ne devez pas
24:06plus que
24:06la somme
24:08qu'on vous a prêté
24:10c'est génial
24:11sur les marchés financiers
24:13c'est les marchés financiers
24:14qui ont bénéficié de ça
24:15ce sont les banques
24:16qui ont bénéficié de ça
24:18et qu'est-ce qu'ils en ont fait
24:20ils ont fait
24:20la plupart du temps
24:22beaucoup
24:22c'est parti
24:23cet argent
24:24ces crédits
24:25gratuits
24:26ils espéraient faire
24:28selon la fameuse théorie
24:30du ruissellement
24:30que ça viendrait
24:31jusqu'à l'économie réelle
24:32mais non
24:33c'est pas venu
24:34jusqu'à l'économie réelle
24:35c'est allé
24:36dans la spéculation
24:37et au risque
24:38de faire
24:39de nourrir
24:40une nouvelle bulle financière
24:41qui pourrait
24:42éclater
24:43là je vois
24:44il y a un économiste
24:45connu
24:46qui vient de publier
24:47un bouquin
24:47qui parle lui
24:48d'une menace imminente
24:50d'une nouvelle crise
24:51d'une nouvelle crise financière
24:53donc il faut faire
24:55toute autre chose
24:56cet argent
24:56la mobilisation de cet argent
24:58de ces crédits
24:58à taux zéro
24:59c'est possible
24:59ça s'est fait
25:00en contravention
25:03des politiques
25:04des traités
25:05ça s'est fait
25:06en contravention
25:07de ça
25:07mais il faut continuer
25:09d'être en contravention
25:10si je puis dire
25:10mais pour mettre
25:11cet argent
25:12gratuit
25:13cet argent
25:14ces crédits gratuits
25:15pour les mettre
25:16à disposition
25:17des immenses besoins
25:19qui apparaissent
25:20aujourd'hui en Europe
25:22il y a des immenses besoins
25:23au niveau environnemental
25:25si on veut vraiment
25:27lutter sérieusement
25:28contre le réchauffement climatique
25:29si on veut vraiment
25:30empêcher
25:31la hausse
25:33des températures
25:34il faut
25:35des investissements
25:36considérables
25:37et donc ces crédits
25:38à taux zéro
25:39de la banque centrale européenne
25:41pourraient servir
25:42à des services
25:44un réseau
25:44de services publics
25:45environnementaux
25:46qui permettraient
25:48de placer
25:49ce niveau
25:51de services publics
25:52environnementaux
25:53au niveau
25:55du défi
25:55auquel l'humanité
25:57est confrontée
25:57avec l'Europe
25:58et l'humanité
25:59sont confrontées
26:02voilà
26:03et sans parler
26:05des investissements
26:06sociaux
26:07puisque
26:08ce qui caractérise
26:10malheureusement
26:10l'Europe
26:11aujourd'hui
26:11France
26:12Allemagne
26:12comprise
26:13c'est
26:14des disparités
26:15sociales
26:16absolument colossales
26:18au lieu d'avoir
26:19un ascenseur social
26:21qui fonctionne
26:22on a un descendeur social
26:24depuis quelques années
26:26qui fonctionne
26:27et qui
26:28sous l'égide
26:31de ces réformes
26:32de flexibilisation
26:33du marché du travail
26:34etc.
26:35cette obsession
26:35voilà
26:36donc il y a là
26:38quelque chose
26:39il y a là
26:40un rapport de force
26:41à construire
26:42et c'est encore une fois
26:44tout à l'honneur
26:45de la liste
26:47conduite par
26:48Diane Bursa
26:49et ses colissiers
26:51de se battre
26:53sur ce terrain
26:54de classe
26:54là
26:56merci beaucoup
26:57Bruno Dan
26:58je rappelle
26:58le titre
26:59de votre dernier livre
27:00Libérons d'Europe
27:02aux éditions
27:04au camp
27:05merci
27:06merci
27:07merci
27:08merci
27:09merci