- il y a 26 minutes
En cette fin d'année 2020, l'Humanité vous propose de découvrir sa sélection vidéo réalisée par l'équipe Web de votre journal. Une année marquée par le grand mouvement social qui s'est opposé au projet de réforme des retraites, la lutte des personnels soignants pour sauver l'hôpital public, l'élan de solidarité lié à la crise sanitaire et sociale et bien d'autres...
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NewsTranscription
00:04Musique
00:17On a décidé de s'associer maintenant à tout mouvement qui irait dans le même sens que nous,
00:21qui voudrait montrer un lien social entre toutes ces professions qui ne veulent pas de cette réforme.
00:34La réforme de retraite, c'est une réforme qui vise à prendre en compte toute la carrière,
00:39y compris les périodes de temps partiel, les périodes de bas salaire, les périodes d'interruption d'activité.
00:45Donc ça veut dire que tous ces temps très précaires de travail,
00:48tous ceux qui ont les carrières les plus précaires, ça va être répercuté complètement dans le niveau de pension qui
00:54sera calculé à la fin.
00:55Donc évidemment, comme c'est les femmes aujourd'hui qui ont les carrières les plus précaires,
00:59c'est celles qui vont prendre le plus, qui vont être les premières victimes de cette réforme de retraite.
01:05Musique
01:21D'abord, nous allons devoir travailler de 62 à 64 ans, c'est-à-dire deux ans de plus, pour
01:25pouvoir toucher une retraite à taux plein.
01:27Ensuite, nos cotisations vont doubler, elles vont passer de 14 à 28%.
01:32Et donc, ça, ça va donc alourdir les charges et notamment des petits cabinets.
01:37C'est une remise en question de la défense, principalement dans les territoires, et donc de l'accès à la
01:45justice.
01:45C'est donc la mort programmée de très nombreux petits cabinets.
01:49On est là ! On est là ! Même si Macron ne peut pas, nous, on est là !
01:56Vous voyez aujourd'hui la mobilisation des professeurs, on n'est pas quand même des milliers de débiles à ne
02:01pas comprendre ce qu'on nous raconte.
02:02Non, on s'informe, on va sur les médias indépendants, on lit les rapports des économistes, etc.
02:09Et nous, on a bien compris qu'on allait y perdre. De toute façon, c'est pas difficile.
02:13Moi, je perds 1 000 euros par mois sur ma future retraite.
02:16C'est pas une grève d'égoïsme, c'est pas une grève de corporatisme.
02:18C'est une lutte de l'ensemble de la classe ouvrière de France contre cette réforme inique et dégueulasse
02:23qui vise à nous faire travailler tous plus longtemps avec des pensions plus basses
02:26et qui vise à aussi faire en sorte qu'on soit obligé d'avoir recours à des boîtes privées.
02:32Comme AXA qui en fait la pub, vos retraites vont baisser, achetez nos produits.
02:36Comme BlackRock, il nous oppose la légitimité de l'élection.
02:42Non, mais c'est un mensonge absolu.
02:44Jamais Macron a dit « vous aurez des retraites plus basses et vous travaillerez 10 ans de plus ».
02:48C'est faux, c'est un mensonge.
02:50Je pense qu'il faut que l'obstination du gouvernement cesse.
02:53On lui avait vendu dans un beau paquet cadeau l'idée d'un système universel de retraite par points.
02:59Une fois déballé, on s'aperçoit que le système en question ne fonctionne pas du tout.
03:04Il se délite de toutes parts.
03:05Donc arrêtons les dégâts tant qu'il est encore temps.
03:08Il n'y a pas de République sans idée de justice sociale, disait Jaurès.
03:11C'est ce que nous portons en tant que syndicat.
03:23Il est assez inadmissible que d'un gouvernement qui a décidé la baisse totalement démagogique
03:29de 1 euro de la redevance de l'audiovisuel, c'est-à-dire 1 euro sur l'année.
03:34C'est 25 millions en moins et on nous demande 20 millions d'économies à Radio France.
03:38C'est-à-dire que cette mesure démagogique peut être directement reliée au fait que l'on s'abre à
03:43Radio France.
03:44Je voulais la mauvaise, seulement la mauvaise, c'est ce que je veux.
03:52Je ne veux pas favoriser la justiça, je ne veux pas benevolence, je veux la mauvaise.
03:58Ou ils provent que j'ai commis un crime et me punent de vérité, ou ils reconnaissent que j'ai
04:05fait une farsa juridique pour me prender.
04:07Ici, on est au siège de la Fondation Armée du Salut, dans le 20e arrondissement.
04:12Et on est derrière le siège, il y a une épicerie sociale qui était ouverte jusqu'alors
04:17et qui a fermé avec le confinement du Covid, enfin lié au Covid-19.
04:21Et donc nous, on a récupéré ces locaux pour monter un dispositif de distribution alimentaire.
04:26On récupère des paniers repas et des livraisons tous les matins
04:28et on va livrer environ 1 400 personnes par jour, donc 2 800 repas par jour.
04:39Ce qui est assez nouveau, c'est qu'on envoie aussi des denrées directement
04:42dans tout un tas de centres d'hébergement sociaux qui sont gérés par le SAMUS social ou d'autres structures.
04:48C'est un des bénéfices de la crise.
04:51Il y a un rapprochement très sérieux qui s'est opéré entre les différentes associations
04:55pour faire en sorte que le moins de denrées soient perdues.
04:59Donc on récupère tout ce qu'on peut et puis on assure des livraisons.
05:01Plus de 120 familles accueillies, on a fini un peu tard.
05:05On s'attend à avoir aussi beaucoup de monde aujourd'hui.
05:08Est-ce qu'il y a des questions ?
05:09Non !
05:10Il est midi 40, on va commencer.
05:13Bonne distribution à tout le monde.
05:14Le déclic, c'est de se dire qu'il y avait des dons alimentaires
05:17et il n'y avait pas forcément assez de personnes au début pour distribuer
05:20ou en tout cas que prêter main forte, ça pouvait être utile.
05:23Je suis impressionné par la structure qui est capable de grandir,
05:28d'ouvrir un site de distribution en une semaine dès qu'il y en a eu besoin.
05:32Je suis impressionné par l'organisation.
05:33Je comprends qu'on puisse débloquer autant d'argent aux entreprises.
05:37Mais ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on n'a pas pensé
05:39d'abord plutôt à ceux qui font aujourd'hui les beaux jours de ces grandes entreprises.
05:43Parce que sans jeu, sans ces petits gens, ces entreprises ne fonctionneraient pas.
05:56Les familles qui vivent ici, ce sont des familles qui travaillent.
06:00Ce sont des familles, malheureusement, qui ne gagnent pas bien leur vie
06:03parce qu'elles ne sont pas payées à la hauteur de ce qu'elles devraient être.
06:06Avec des gens qui clairement se retrouvent face à une crise sanitaire.
06:10Cette crise sanitaire, elle va toucher tout le monde, mais pas de la même manière.
06:13Se rajoute dans ces territoires la crise sociale.
06:21On sert environ 350 à 400 personnes par jour.
06:27Beaucoup de migrants, beaucoup de SDF.
06:31On donne entre 70 à 80 familles.
06:36Cela nous engage aussi à préparer des paquets de familles
06:40qui sont beaucoup plus consistants.
06:45Ce sont des gens qui n'ont jamais pensé que dans leur vie,
06:48ils arriveraient à cette situation, à venir gonfler les rangs des SDF
06:51ou des personnes en grande, grande difficulté.
06:54Ce sont des gens qui travaillaient jusqu'à il n'y a pas si longtemps que ça,
06:57à mi-temps, peu importe.
06:58Mais ils avaient toujours quelque chose dans le frigo.
07:00Ils arrivaient à s'en sortir.
07:02Aujourd'hui, ils sont venus, ils font la queue.
07:04Et on voit dans leur regard, on voit dans leurs gestes
07:07qu'ils sont peinés de venir et qu'ils n'ont pas d'autre choix que de venir.
07:13On a une période qui est difficile.
07:14On a beaucoup de gens qui n'étaient pas tout à fait dans la pauvreté
07:18et qui tombent dans la pauvreté avec les baisses de revenus
07:21liées à la crise sociale qu'on a en ce moment.
07:24Et c'est vrai qu'on a aussi, comme souvent dans ce quartier,
07:28de très beaux élans de solidarité.
07:30Et il me paraît important de les saluer et de redire aussi,
07:35pour regarder les caricatures qu'il y a eu sur le 18e arrondissement
07:38et sur la Goutte d'Or, que ce quartier, cet arrondissement,
07:41valent beaucoup mieux que ce que certains se plaisent à en dire
07:44sur les écrans de télévision très régulièrement.
07:58Vous êtes venu aujourd'hui sur cette distribution de manière totalement naturelle
08:02et vous l'avez déjà fait avant de manière très discrète.
08:05Pourquoi ?
08:06Moi, d'abord parce qu'on traverse une période un peu délicate, compliquée.
08:12On découvre tous.
08:13Et j'ai cherché aussi à mon niveau comment je pouvais participer,
08:17comment donner aussi un sens à ma vie dans cette espèce de parenthèse
08:20où finalement on se sent assez inutile.
08:23Et très vite, je me suis tourné vers l'associatif.
08:27Et cette distribution de repas gratuits aux gens qui vivent dans ce quartier
08:31du 18e arrondissement, ça me semble une démarche tout à fait naturelle.
08:34La distribution alimentaire, là aujourd'hui, c'est notre dernier jour, malheureusement,
08:38mais c'est aussi le 68e jour.
08:40Donc ça fait déjà un petit moment qu'on a commencé.
08:43Donc aujourd'hui, on pousse un cri d'alarme vraiment aux politiques, aux responsables.
08:49On les appelle à l'aide, on leur demande de réagir.
08:52Les gens dans la rue ont faim.
08:53C'est la pauvreté qui change, c'est un visage nouveau.
08:56Alors moi, je le découvre aussi parce que je suis nouvelle dans l'association.
08:59Je vois la pauvreté, je vois la faim,
09:03mais je vois surtout des personnes de notre âge, de ma génération,
09:06qui perdent leur travail.
09:08J'ai l'impression que c'est quelque chose d'énorme qui s'ouvre.
09:10C'est une fente énorme.
09:11En été 2017, j'étais en garde à vue tous les 15 jours.
09:14La garde à vue était une maroutine.
09:16J'ai fait 11 gardes à vue.
09:17Il y a eu 5 perquisitions.
09:18Il y a eu 2500 personnes qui sont venues jusqu'ici.
09:20J'ai été contrôlé pendant deux ans autour de mon domicile.
09:27Je suis toujours mis en examen depuis trois ans.
09:31J'ai reçu le rapport de la police.
09:34Ils ont mis la voiture de mes parents sous balise GPS.
09:37Ils ont mis mes voitures sous balise GPS.
09:39Ils ont mis mes téléphones comptables sous écoute.
09:41Ils ont appelé tous mes clients pour les dissuader de m'acheter mes produits.
09:44Ils ont dit « Attention, vos chèques, ça va vous en porter des problèmes. »
09:46Tous mes clients ont été convoqués depuis l'année 2013,
09:48toutes les personnes qui m'ont fait des chèques.
09:51Ils m'ont mis la pression pour que je ferme ma gueule.
09:54Et tout ça pour arriver à quoi ?
09:56À ce que je sois relaxé.
09:58C'est pour ça que dans ce procès,
10:00ce relax, ce n'est pas la relax de Cédric Ayron.
10:02C'est la condamnation de l'État.
10:09Moi, j'ai plus de 30 ans d'ancienneté.
10:11Je touche 950 euros net par mois.
10:14Au début, on a été presque des héros, comme ils ont dit.
10:18Maintenant, on est redevenus des héros.
10:20Donc, vous avouerez que pour vivre, c'est un peu compliqué.
10:33Je pense que vous l'avez reconnu, c'est Bernie Sanders.
10:35Je vais rentrer dans le local de Bernie Sanders ici, qui est à Auckland.
10:39Auckland, c'est une grande ville de Californie, la 8e de Californie.
10:43Et juste à côté de San Francisco, ça a été la ville de Jack London,
10:47c'était la ville des Black Panthers.
10:49Donc, on se rend direct d'ici.
10:50Et on parlera avec des militants, les militants de la campagne de Bernie Sanders
10:54et Luxe Suprême, des militants qui parlent français.
10:57Il y a bien une trentaine de personnes qui sont à pied d'œuvre, là, aujourd'hui,
11:02en train de refaire le point sur les listes électorales, sur les bureaux,
11:08sur un peu la stratégie digitale.
11:12Et puis aussi sur le porte-à-porte.
11:14On a ici le planning du porte-à-porte, quartier par quartier.
11:17Là, en septembre 2020, ça fera 4 ans que j'ai changé de vie.
11:23Et tu faisais quoi, avant ?
11:25J'étais sage-femme, à l'hôpital de La Fontaine, à Saint-Denis.
11:30Pendant combien de temps ?
11:3113 ans.
11:32L'hôpital public ne représentait plus vraiment mes convictions,
11:36dans le sens où, depuis qu'on est à la tarification à l'acte,
11:40en fait, c'est pas le soin qui est valorisé, mais vraiment l'acte.
11:44Et il faut que l'hôpital soit rentable.
11:46Et pour moi, c'était incompatible.
11:49Et du coup, au début, je m'énervais une heure par jour,
11:52après deux heures par jour, et après toute la journée.
11:55Et moi, j'avais vraiment fait ce métier pour être en équipe,
11:59pas pour être toute seule dans mon cabinet.
12:02Donc, comme l'hôpital ne me convenait plus,
12:04j'ai réfléchi à ce que je pouvais faire d'autre.
12:08Et nourrir des gens, ça me plaisait bien.
12:11Et du coup, je me suis tournée vers le maraîchage.
12:21Je crois qu'il y a aussi un engagement,
12:24par-delà les opinions que l'on peut avoir dans les grands votes nationaux,
12:29que l'on se qualifie de droite ou de gauche.
12:31Il y a tout simplement l'aspiration à retrouver une ville saine, propre,
12:37dont les élus seraient irréprochables,
12:39et pas en permanence sous les fourches codines de la justice.
12:43On va vous raconter ce qu'il se passe au CAV,
12:46chez nous sous les urgences, au lieu de ma présence,
12:50des heures sur un bancard, un voile à l'UNESA.
12:53L'hôpital d'Avo, on n'en veut pas, on n'en veut plus.
12:56On a goûté là pendant quelques semaines à quelque chose
12:59qu'on aimerait avoir tout le temps,
13:01des moyens, des lits, une reconnaissance,
13:06un peu plus concrète maintenant que des paroles et puis des applaudissements.
13:09Donc là, on voudrait vraiment que l'hôpital de demain
13:12ne soit pas celui qu'on a connu avant cette période de crise.
13:14On veut vraiment un changement.
13:15Qu'on nous refuse ce simple moyen d'accueillir nos patients,
13:19ça n'est plus de toléré.
13:20Donc là, il va falloir changer de braquet sur ce fameux Ségur de la santé
13:24et faire des propositions claires en termes de refinancement de l'hôpital public
13:29parce qu'il y a des retards monstrueux.
13:31En économisant tous les ans, un milliard par-ci, un milliard et demi par-là,
13:34c'est 6 milliards qu'il faut nous redonner sur l'investissement à l'hôpital.
13:37C'est 6 milliards qu'il faut nous redonner aussi pour les 300 euros pour les salariés.
13:43Et puis, il faut embaucher et réouvrir des lits en tout.
13:46C'est en urgence un collectif de 15 milliards qu'il faut débloquer.
13:52On est épuisé, fatigué.
13:57On a vécu, on a fait que notre travail, mais on est au bout du boulot
14:02parce qu'on a fait avec tout ce qu'on avait.
14:04On n'avait pas de moyens, on a fait avec le peu de moyens,
14:07que ce soit du matériel, que ce soit avec le personnel.
14:13C'est bien que l'État ait dit que c'était des héros,
14:15mais maintenant, il faut passer aux choses concrètes,
14:17c'est-à-dire investissement massif dans les salaires,
14:20notamment des infirmières, des aides-soignantes,
14:22une réorganisation de l'hôpital qui ne gère plus le manque de lits,
14:26qui est toujours des lits d'avance,
14:28parce qu'on voit bien que quand il y a une épidémie, c'est très important,
14:31qu'il revoit la gouvernance, peut-être moins administrative,
14:34moins technocratique,
14:35et avec plus de professionnels de santé dans les décisions de l'hôpital.
14:45Ça a été un vrai chamboulement,
14:47c'était une bombe atomique à l'hôpital.
14:52Il y a eu beaucoup de changements,
14:54beaucoup d'adaptations à faire au niveau de toutes les équipes,
14:57autant administratives que soignantes.
15:00Cette fresque rend hommage, en effet,
15:04aux victimes des violences policières,
15:06condamne aussi les violences policières,
15:08de certains policiers.
15:09Je précise, les violences policières ne sont pas à mettre au crédit
15:15de tous les policiers, de loin de là.
15:16Mais on le sait très bien,
15:18et je ne suis pas le seul à le dire d'ailleurs,
15:20même des responsables de vos plus hauts sommets de l'État
15:23reconnaissent qu'il y a au sein de la police nationale
15:28des policiers qui font preuve de violence
15:31jusqu'à, je dirais, tuer des personnes.
15:34Et c'est malheureusement le cas pour beaucoup d'affaires
15:36qui ne sont pas encore, au moment où je vous parle, élucidées.
15:39La question, c'est quelle est la place de la police dans nos sociétés ?
15:44Quand, par exemple, les policiers estiment,
15:47parfois à raison, être le dernier rempart de la République,
15:51ça pose question.
15:53Et avant tout pour la République.
15:55C'est vraiment ça, le dernier rempart de la République ?
15:58C'est vraiment ça, le dernier service public ?
16:01La police ?
16:02Ce n'est pas la poste ?
16:04Ce n'est pas la santé ?
16:06Et on voit bien comment ça résonne
16:10dans cette période extrêmement difficile et trouble
16:13autour des libertés qui sont assiégées,
16:17qui prennent des coups de butoir, etc.
16:20Donc le film, il parle de ça.
16:22Il parle profondément de la démocratie.
16:26Tous ensemble, tous ensemble, ouais !
16:30Tous ensemble, tous ensemble, ouais !
16:40Qu'est-ce qu'il lui a reproché ?
16:42D'avoir exigé d'une entreprise
16:45qu'elle protège ses salariés il y a trois mois,
16:49au moment où il n'y avait pas de masque.
16:51Et donc le gouvernement jouait là-dessus.
16:54Et on voit que depuis lundi, le masque est obligatoire.
16:56Il avait raison, il faut se féliciter
16:58qu'il y ait des inspecteurs du travail.
17:00Il n'y en a pas assez d'ailleurs,
17:01eh bien, qu'ils fassent leur travail
17:02et qu'ils fassent tout simplement respecter les lois
17:06et en la matière, respecter la santé des salariés.
17:23C'est aussi un moyen de venir en aide à ces enfants
17:28qui sont ou seront malheureusement en situation de difficulté.
17:33À midi, on a appris par la direction
17:36que les services des urgences de l'Hôtel Dieu
17:38allaient fermer le mercredi
17:40et que nous étions la dernière équipe de nuit à travailler
17:43et qu'à 7h du matin, le service des urgences était fermé.
17:46Les arrêts maladie tombent tous les jours.
17:50Il y a des collègues qui démissionnent.
17:51C'est la première fois qu'on voit des démissions aussi rapides.
17:55Enfin, c'est des prises de décision.
17:57C'est un mécontentement en règle générale.
18:01Je pense que tout le monde est fatigué du mal-être, en fait, de l'hôpital.
18:07Sur ma pancarte, nous avons écrit
18:10« L'école pleure, mais n'a pas peur ».
18:12Je suis enseignante et malgré le chagrin,
18:14malgré l'émotion qui m'étreint depuis 2-3 jours,
18:20là, je me dis « Ben non, il faut continuer.
18:21Il faut continuer à aborder ces sujets-là avec les élèves.
18:24Moi, je suis enseignante de français en lycée. »
18:26Et j'aborde tous les sujets qui sont un peu, justement, difficiles,
18:30comme la tolérance, les intégrismes, même le féminisme.
18:34Je leur explique quelle est l'histoire de ces...
18:38Enfin, le fondement, en fait, de ces inégalités, parfois,
18:41le fondement de ces heurts.
18:42Et je pense que c'est important.
18:43Toute parole doit être dite, doit être prononcée,
18:48parce que c'est comme ça qu'on apprend à vivre ensemble.
18:50Et je pense que c'est les valeurs de la République, c'est ça, L'école.
18:53Dans cet hôpital, malgré tous nos efforts,
18:57toute notre bienveillance, toute notre capacité,
18:59c'est un superbe hôpital ici.
19:01Les conditions de travail sont pénibles, parfois dangereuses, on le sait.
19:06Mais le pire, c'est la façon dont on accueille les patients maintenant.
19:10Les durées d'attente, les brancards agglutinés.
19:13Moi, je travaille aux urgences la moitié de mon temps.
19:17Le personnel soignant qui se bat la nuit, vraiment seul, pour trouver des lits.
19:22Ça n'a pas changé.
19:23Et donc, j'ai vraiment beaucoup de regrets.
19:25Je pense que je serai utile ailleurs, mais je fais partie des gens qui vont partir.
19:29Malgré les paroles qui semblaient être apaisantes d'Emmanuel Macron,
19:33on voit que derrière, le préfet Lallemand cherche la confrontation
19:36et s'attaque directement à un cortège pacifique avec une manifestation déclarée.
19:41Oui, c'est dangereux aujourd'hui.
19:42On voit des projectiles, des fonctionnaires de police, qui nous arrivent directement dessus.
19:45Ils arrivent devant, ils arrivent derrière.
19:47Je pense qu'il y a une volonté de violence manifeste.
19:50On songe à des moments de manifestation qui ont conduit à des violences extrêmes dans l'histoire de France.
19:55Et je crois que c'est à ça qu'on assiste aujourd'hui.
19:57Ils ne supportent pas la victoire symbolique et politique qu'on a obtenue sur la loi sécurité globale.
20:02Ils ne supportent pas de ne plus avoir le pouvoir et ce renversement qu'on est en train de faire.
20:08Mais on va continuer.
20:11On créera liberté, liberté, parce que c'est de ça dont il s'agit en France aujourd'hui.
20:15C'est la liberté qui est en danger.
20:17Regardez, ça devient vraiment dangereux, mais on continuera à défendre nos libertés.
20:22Moi, je me suis engagé dans la police nationale pour défendre les libertés individuelles et l'intérêt général.
20:27Et aujourd'hui, les libertés individuelles sont de plus en plus oppressées par la police,
20:30pas par les policiers eux-mêmes, mais par les ordres qu'ils reçoivent.
20:33Et il y a certains comportements qui se sentent libérés,
20:35comme on a pu voir dans l'affaire avec Michel qui s'était tabassé pour policier.
20:39Donc moi, je ne veux plus être associé à cet uniforme, je ne veux plus porter cet uniforme.
20:43Le dernier pare-feu qu'il y avait pour un contrôle citoyen de la police, c'était de pouvoir filmer.
20:47Et ce film, dorénavant, ne va plus être possible,
20:50parce que ce sera la loi, va engendrer de l'arbitraire et du subjectif.
20:53Il va falloir définir si, oui ou non, les gens qui filment les policiers le font dans un but de
20:57nuire,
20:57ce qui est complètement impossible, à moins d'être un dame Irma.
21:01D'autant plus que cette loi ne vise pas du tout à protéger les policiers,
21:04parce qu'il y a déjà des lois qui existent quand des gens sont menacés ou harcelés sur les réseaux
21:08sociaux,
21:09voire menacés de mort.
21:10Ce sont des peines qui vont de 2 à 5 ans de prison.
21:12Si en 2022, on y va sans porter un espoir,
21:16sans montrer qu'il est possible de changer radicalement nos vies
21:20et de rompre avec ce système,
21:22eh bien, on n'arrivera pas à convaincre les électeurs,
21:25notamment les électeurs de gauche, de retourner aux urnes.
21:28Il faut véritablement avoir un programme de rupture
21:31et montrer que c'est possible en même temps.
21:34C'est ce que nous, nous espérons pouvoir porter lors des prochaines échéances,
21:37parce que l'élection présidentielle, elle sert à ça.
21:40Elle ouvre un débat sur le pays pour les grandes transformations apportées
21:44pour notre pays dans les 5 ans qui viennent.