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  • il y a 12 heures
Le groupe Amaury, propriétaire de L'Équipe a la triste responsabilité d'inaugurer un projet d'accord de performance collective (APC) en presse quotidienne nationale. Lors d'un CSE, ce lundi 8 juin, alors que les salariés sont toujours majoritairement en télétravail, la direction du groupe a demandé aux salariés de "faire des efforts" (baisse de salaires et augmentation du temps de travail) afin d'aider l'entreprise à traverser la crise qui secoue la presse.
L'Humanité a rencontré Denis Perez, éditeur et délégué syndical SNJ-CGT de L'Équipe, en visioconférence. Entretien.

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Transcription
00:00Bonjour Denis Pérez.
00:02Bonjour.
00:03Vous êtes éditeur et délégué syndical SNJ-CGT au journal L'Équipe
00:07et votre direction a opté pour un dispositif d'accord de performance collective, un APC,
00:12une première en presse quotidienne nationale.
00:15En effet, elle demande aux salariés des efforts, une baisse des salaires
00:19et une augmentation du temps de travail afin de traverser cette crise liée au Covid-19.
00:24En fait, elle demande aux salariés du groupe de financer eux-mêmes leur propre sauvegarde de l'emploi
00:29faute de quoi elle menace de supprimer une centaine de postes.
00:33Alors les informations qui nous étaient parvenues, on va dire par la coulisse,
00:37ont été en partie corrigées, c'est-à-dire qu'effectivement les chiffres qu'on avait entendus
00:44sur les réductions de salaires envisagées, un peu plus de 10%,
00:49et sur la suppression de 16 jours de RPT, c'est-à-dire quasiment le retour aux 39 heures,
00:56se sont avérées exactes, c'est exactement ce que la direction nous a mis sur la table tout à l
01:03'heure.
01:04En revanche, elle a abandonné, enfin pour l'instant en tout cas, l'idée de l'ultimatum au 30 juin,
01:12et pour l'instant, elle nous jure, c'est grand Dieu, qu'il n'y a qu'un seul projet
01:16dans la table,
01:16c'est ce projet d'accord, donc pour l'instant, le chiffre de 100 en suppression d'emploi reste fictif
01:23officiellement.
01:24Donc on a demandé donc si l'accord de performance collective,
01:28qu'on signerait prévoyant des réductions de salaires et une augmentation par contre du temps de travail,
01:36donc si jamais on signait cet accord, les salariés individuellement ont la possibilité de le refuser,
01:43mais dans ce cas-là, ils sont licenciés, et donc on a demandé si les gens qui refuseraient de se
01:49voir appliquer cet accord
01:51seraient remplacés en cas de licenciement, et on nous a dit, si on peut éviter de le faire, on évitera.
01:57Donc potentiellement, ça peut être effectivement 100 personnes qui refusent cet accord,
02:03et qui se retrouvent ensuite à la porte, et est-ce que la direction les remplacera ?
02:09Peut-être, peut-être pas.
02:11Donc le problème de l'emploi, il revient par ce biais-là.
02:17Et la situation des pigistes a été évoquée ?
02:21Eh bien non, enfin, nous on a posé la question,
02:24et apparemment, c'est un impensé de la stratégie de la direction,
02:29donc il faudra qu'on... j'espère qu'on aura plus de nouvelles là-dessus la semaine prochaine.
02:34Mais donc c'est mauvais signe, parce que ça veut dire que...
02:37y compris, ça a été impossible d'avoir une réponse sur...
02:40est-ce que du coup, ce qui est proposé au CDI officiel titulaire, à temps plein,
02:47est-ce que c'est la même chose qui va s'appliquer aux pigistes,
02:50qui officiellement sont des CDI, depuis notamment certaines décisions de justice récentes,
03:00la direction a bauté en touche et a dit, ben on en parlera plus tard.
03:04Voilà.
03:05Quelle est la situation économique de l'entreprise ?
03:08Il faut quand même se mettre dans la tête, qu'on sorte de trois années avec des réseaux,
03:14pour parler maintenant, tous les managers parlent de ça,
03:17parce qu'on va dire des résultats hors opérations exceptionnelles, hors coéquence exceptionnelle,
03:24des résultats, on va dire, en gros, des bénéfices.
03:26Ça fait trois ans que la SAS, l'équipe, a réussi à avoir un résultat positif,
03:34malgré la crise et malgré plein de choses.
03:35Donc on a fait beaucoup d'efforts, ça fait 2006, nos effectifs baissent en permanence,
03:41on a des plans sociaux très régulièrement, donc on a fait énormément d'efforts,
03:46on s'est réorganisé également, on est passé en rédaction unique,
03:50les salariés ont montré beaucoup de souplesse,
03:51et sont passés maintenant à une polyvalence assez extrême pour certains,
03:58et surtout à une augmentation de la charge de travail assez épouvantable.
04:02Bon, au moins, la bonne nouvelle, c'était que,
04:05même si la direction faisait très peu de publicité là-dessus,
04:07tu comprends mieux pourquoi,
04:09c'était que depuis trois ans, on avait quand même un résultat opérationnel,
04:15puisque c'est ça que ça veut dire, Résor, positif.
04:17Donc, dès le début de 2020, ça se passait encore,
04:22on était encore sur un rythme respectable,
04:27aussi bien en vente qu'en vente.
04:31Donc, évidemment, difficulté du point de vue des ventes,
04:36alors vous savez qu'en plus la crise chez Prestalis,
04:39c'est donc une grande difficulté à se faire distribuer en province,
04:43mais en plus, pour l'équipe, il faut bien réaliser que l'équipe a rendu ses lecteurs accros au sport
04:52de compétition.
04:53L'équipe, c'est avant tout du sport de compétition,
04:56c'est de son contenu.
04:57Or, évidemment, là, encore aujourd'hui où je vous parle,
05:00la compétition est quasiment au point mort.
05:04Il y a un peu de football qui a repris à l'étranger,
05:06mais c'est tout ce qui, d'habitude, fidélise l'électorat de l'équipe,
05:13la Ligue 1, la Ligue des champions,
05:16c'est un point mort.
05:18Il faudra attendre août pour que ça commence à reprendre.
05:20Donc, évidemment, quand M. Pelé, notre directeur général,
05:23nous parle des chiffres de vente actuels,
05:26il faut prendre ça avec beaucoup de pincettes.
05:29Et on y verra plus clair en août, en septembre,
05:32sur les possibilités d'une reprise de la diffusion de l'équipe.
05:35Et l'autre chose, et ça, il faut beaucoup là-dessus,
05:38en plus, c'est la publicité.
05:39C'est les ressources de publicité qui ont effectivement baissé.
05:43Ça, c'est indéniable.
05:45Mais le groupe fait des projections très négatives jusqu'en 2022.
05:50Donc, pour lui, en gros, pour la direction,
05:53ce qu'elle explique, c'est que les chiffres actuels,
05:56c'est une chose, mais qu'en plus, en fait,
05:58la pandémie de Covid-19 aura des effets pendant deux ans,
06:01à la fois sur la publicité,
06:03ça, on peut en partie les croire, effectivement,
06:06mais également sur la diffusion,
06:08ils imaginent repartir très mollement.
06:11Même quand, en août, on aura la Ligue des Champions en concentré,
06:15on aura le début de la Ligue 1,
06:18le discours qui nous est tenu est très négatif.
06:22Effectivement, peut-être qu'il y a quelques semaines,
06:24la direction s'est rendue compte que la pub en 2022
06:27sera forcément catastrophique.
06:29Peut-être qu'ils ont découvert un bout de cristal
06:31dans lequel ils ont vu ça.
06:32Mais est-ce que, donc, du coup,
06:34on en est vraiment à quelques semaines près,
06:36et alors que les gens sont encore, pour la plupart,
06:38en télétravail,
06:40commencent juste, c'est aujourd'hui le premier jour
06:42de retour au travail progressif,
06:43est-ce que c'est vraiment le moment
06:44de leur soumettre ce projet-là,
06:48en leur disant, de toute manière,
06:49ça va aller mal ?
06:50Ça va aller mal, et en plus,
06:52quel est le projet stratégique ?
06:54Donc, à l'issue de tout ça,
06:57ça, par contre, la réponse, elle est vide, quoi,
07:01parce qu'à part réduire les coûts,
07:04c'est tout ce qu'on nous propose.
07:05On nous fait comprendre maintenant
07:06qu'en fait, la révolution, la transformation numérique,
07:09c'est nécessaire, mais en même temps,
07:11l'argent qu'on peut récupérer est faible.
07:15Enfin, on peut récupérer peu d'argent.
07:18La publicité, elle s'écroule aussi sur...
07:20Enfin, elle baisse aussi sur le numérique.
07:23Donc, quel est le projet, du coup ?
07:26À la fin de l'histoire, là,
07:29c'est en 2024, après les Jeux Olympiques,
07:32quelle est la perspective ?
07:33Même avant, d'ailleurs.
07:34Quelle est la perspective,
07:35à part travailler plus pour gagner moins ?
07:38Alors, quels sont les chiffres de diffusion
07:39des différentes publications du groupe ?
07:41Je pense notamment à l'équipe Le Quotidien,
07:43son magazine,
07:45également Vélo, France Football,
07:47la chaîne de télé L'équipe 21,
07:49et son site web.
07:50La direction manipule beaucoup les chiffres.
07:52Et ce qui est sûr,
07:54c'est qu'on avait réussi à sortir la tête de l'eau
07:56et à dépasser, par exemple,
07:58le chiffre clé,
07:59c'est qu'on dépassait 80 000 quotidiens
08:04vendus en kiosque,
08:06en moyenne par jour.
08:08Donc, c'est une bonne performance.
08:10Et c'est surtout ça qui compte,
08:11parce que c'est ça qui ramène le plus d'argent
08:12à la direction, à la boîte.
08:16Voilà.
08:16Maintenant, effectivement,
08:17ces chiffres,
08:18ils peuvent être complètement bouleversés
08:20par la nouvelle donne.
08:22Et là, maintenant,
08:22on nous parle aujourd'hui
08:24de 20 000 exemplaires vendus.
08:28Mais encore une fois,
08:29le contexte, il est inédit,
08:31il est incroyable,
08:32il est très particulier.
08:33Forcément, il va se terminer.
08:36Après, il y a aussi
08:37l'inconnu prestatrice.
08:38Donc, c'est difficile
08:39de parler des chiffres d'audience.
08:40Par exemple, sur Internet,
08:43avant la crise,
08:43on parlait en milliards de pages vues,
08:46en millions de visiteurs uniques.
08:48On a un site qui cartonne,
08:50le site d'information en France
08:52qui est peut-être le plus lu
08:55et le plus fréquenté.
08:56Donc, on partait de très haut.
08:59Après, le problème d'Internet,
09:00par contre,
09:00c'est plus que c'est difficile
09:02à monnayer,
09:03surtout si la publicité nous lâche.
09:06C'est plus compliqué à monnayer.
09:07Mais tous ces chiffres-là,
09:08bon, on peut les délayer
09:10dans tous les sens.
09:11Ce qui est sûr,
09:11c'est que ces trois dernières années,
09:13on arrivait quand même
09:14à dégager une marge,
09:15on va dire,
09:15voilà,
09:16hors coût exceptionnel.
09:18Donc, c'est surtout ça qui compte.
09:20Et ensuite, après,
09:21effectivement,
09:21on rentre dans une période
09:22de ce parti.
09:22On est tout à fait d'accord avec ça.
09:24On est dans un groupe,
09:25le groupe Amorique,
09:26qui a plusieurs centaines
09:27de millions d'euros de trésorerie.
09:30Je répète,
09:30plusieurs centaines
09:31de millions d'euros de trésorerie.
09:33D'autant plus que vous êtes,
09:34on est en pleine crise
09:35de la distribution
09:36de la presse en France
09:38avec le conflit
09:39à Prestalis.
09:40et effectivement,
09:42l'équipe n'est plus distribuée
09:44et vendue en province.
09:45Donc, ce qui fausse complètement
09:47les chiffres
09:48et forcément,
09:52ça va repartir.
09:53On ne sait pas quand,
09:53mais ça va repartir.
09:54Les chiffres actuels,
09:56bien sûr,
09:56les chiffres actuels,
09:58nous avons eu l'exemplaire
09:59vendu.
10:01En même temps,
10:01c'est déjà bien.
10:02D'ailleurs,
10:03on avait même eu
10:04à un moment donné
10:04une augmentation des abonnements
10:06parce qu'il y a des gens
10:07qui s'étaient abonnés
10:08notamment pour consulter
10:10la version numérique.
10:12Voilà,
10:13donc,
10:14ces chiffres,
10:16c'est un contexte
10:17tout à fait exceptionnel
10:18et il faut vraiment tenir compte
10:20qu'après,
10:21comment va se terminer
10:23cette crise de Prestalis ?
10:25Comment est-ce qu'ensuite
10:26vont se distribuer
10:28les journaux en province ?
10:30Ça, effectivement,
10:30c'est une inconnue,
10:32mais alors soit,
10:33parce que forcément,
10:35l'équipe fait partie
10:36des éditeurs
10:37qui vont prendre
10:37des décisions
10:38structurantes
10:39à ce propos,
10:41donc soit l'équipe
10:41sait déjà
10:42qu'en gros,
10:43en province maintenant,
10:45il va y avoir
10:46beaucoup de zones
10:47sans journaux,
10:48sans quotidien
10:50en France,
10:50en province,
10:51soit il le sait,
10:52mais alors ça serait bien
10:53de le dire,
10:54soit il est comme nous
10:56à peu près,
10:57ils sont quand même
10:57un peu mieux informés
10:58que nous,
10:58soit ils attendent
10:59de voir comment
11:00ça va se passer,
11:03mais il y a
11:03cet inconnu-là
11:04qui est évidemment
11:05une clé
11:06parce que ça va
11:07effectivement coûter
11:08forcément plusieurs
11:08dizaines de millions
11:09d'euros
11:09au groupe à Maurice,
11:11on est d'accord,
11:12mais en tout cas,
11:13par rapport à la pandémie,
11:15là aussi,
11:16au moins par rapport
11:17à la diffusion,
11:18on peut quand même
11:19attendre des jours meilleurs.
11:21Voilà,
11:21pour la publicité,
11:22ça sera certes
11:22peut-être plus compliqué,
11:23forcément,
11:24mais pour les ventes,
11:26la diffusion,
11:27on peut attendre
11:28au moins quelques mois
11:29avant de paniquer
11:31parce qu'on pourrait
11:33comprendre
11:33que le groupe panique,
11:34que la direction
11:36de l'équipe panique
11:37si on était
11:37dans un groupe,
11:38vous voyez,
11:38un groupe un peu léger
11:40ou un groupe
11:41qui a déjà
11:41des problèmes économiques
11:42depuis très longtemps
11:43et qui a une trésorerie
11:45à sec
11:45et qui est très endettée,
11:46bon, là,
11:47on peut comprendre
11:47un mouvement de panique
11:48et la volonté
11:50de signer
11:51en quelques semaines
11:51un accord
11:52pour sauver
11:53ce qui peut l'être,
11:55mais c'est loin
11:56d'être le cas,
11:56c'est loin d'être le cas,
11:58on sort de trois exercices
12:00bénéficiaires,
12:00encore une fois,
12:01on est dans un groupe
12:02qui a une énorme
12:04trésorerie
12:04très importante
12:06qui est très peu endetté,
12:09donc il y a quand même
12:11un peu de temps devant lui,
12:13un peu de temps devant lui,
12:14voilà,
12:14c'est au moins
12:15ce qu'on demande
12:15au minimum.
12:16Alors,
12:16très peu d'APC,
12:18ces fameux accords
12:19de performance collective
12:20ont été signés
12:21en France
12:22depuis 2017,
12:24à peu près 350,
12:25ils portaient essentiellement
12:27sur le temps de travail
12:29et non pas
12:30sur une baisse
12:30des rénumérations.
12:32C'est une première
12:33en presse parisienne,
12:35alors comment
12:35ce chantage à l'emploi
12:36est-il vécu
12:37par les salariés
12:38qui retournent
12:39progressivement
12:39dans l'entreprise ?
12:40Là,
12:41pour l'instant,
12:41en fait,
12:41ils sont sidérés,
12:42déjà parce qu'en fait,
12:43pour l'instant,
12:43au jour d'aujourd'hui,
12:44on est lundi 8 juin,
12:45le retour dans l'entreprise,
12:48il ne concerne
12:49que quelques personnes,
12:50une poignée de personnes,
12:51beaucoup de gens
12:51sont encore en télétravail,
12:54certains sont encore
12:55en activité partielle,
12:57et c'est ça qui est fou
12:59quand même,
13:00c'est qu'on est encore
13:00en activité partielle
13:01dans un dispositif
13:02d'aide de l'État
13:05et ils apprennent ça
13:08devant leur écran,
13:11à côté de leur téléphone,
13:13forcément,
13:14avec beaucoup d'angoisse,
13:16beaucoup de peur,
13:17beaucoup de colère
13:17pour certains,
13:19beaucoup de crainte,
13:19beaucoup de questions.
13:21Donc, pour l'instant,
13:22on est encore un peu,
13:22je pense,
13:23dans une phase de sidération
13:24et de qu'est-ce qui nous arrive,
13:26comment ils peuvent
13:27nous faire ça maintenant,
13:28déjà.
13:29Je pense que la première question
13:30qui se pose pour pas mal de gens
13:31est comment est-ce qu'ils peuvent
13:32nous dire ça maintenant,
13:34après nous avoir félicité.
13:36Alors,
13:36ils maniaient un petit peu
13:37le chaud et le froid
13:38dans leurs communiqués.
13:39Il y avait des communiqués
13:40qui nous félicitaient
13:41de notre travail,
13:42de notre investissement,
13:43mais qui en même temps
13:44nous prévenaient que,
13:44bon,
13:45la rentrée serait compliquée.
13:46Enfin, c'est comme ça
13:47qu'on le comprenait.
13:48On avait l'impression
13:48que c'était à la rentrée,
13:49à la fin de la pandémie,
13:51que là,
13:52bon,
13:52on aurait des questions
13:54importantes à régler.
13:56Mais là,
13:56non,
13:57en fait,
13:57c'est,
13:58nous,
13:59on est encore un peu confinés,
14:00quoi.
14:01Ça va se faire progressivement,
14:02le retour au travail.
14:04Et ça sera le premier soir,
14:07le premier bouclage
14:08partiellement réalisé
14:09sur place,
14:10c'est ce soir.
14:11Donc, voilà.
14:12Donc,
14:12évidemment,
14:12il y a une impossibilité
14:15d'organiser
14:16des assemblées générales.
14:17Aux Parisiens,
14:17ils ont essayé
14:18d'en faire en visioconférence.
14:19Vous imaginez
14:20avoir plusieurs centaines
14:21de personnes
14:22en visioconférence,
14:23déjà faire un grignement
14:24à 30,
14:24c'est compliqué.
14:25Donc,
14:26forcément,
14:26la deuxième assemblée générale,
14:27elle a été compliquée.
14:29Dès qu'il a fallu
14:30commencer à demander
14:31l'avis aux uns et aux autres,
14:32forcément,
14:33quand vous êtes plus de 200,
14:34c'est très compliqué
14:35à organiser.
14:37Donc,
14:37voilà,
14:38c'est ce qui nous gêne un peu.
14:39C'est aussi,
14:40c'est qu'on a l'impression,
14:41tiens,
14:41c'est un peu bizarre.
14:42Ça tombe au moment
14:44où on a du mal
14:45à parler aux uns et aux autres.
14:46On le fait quand même,
14:47mais on le fait
14:49sur tout le monde,
14:50on téléphone,
14:50on parle WhatsApp,
14:51des choses comme ça.
14:53C'est un peu bizarre,
14:54mais voilà.
14:54Prestalys est dans une situation
14:56très difficile.
14:58Le Parisien risque de perdre
14:59ses éditions départementales.
15:01Pariteur fait en redressement judiciaire.
15:03Alors,
15:04est-ce que
15:05toutes ces attaques-là,
15:07extrêmement difficiles,
15:08qui mettent la presse parisienne,
15:11la presse quotidienne nationale
15:13dans une situation catastrophique,
15:15est-ce que ça ne mériterait pas
15:16une réaction commune
15:19et de porter plus haut,
15:22peut-être,
15:22le problème
15:23qui semble un petit peu
15:25contaminer
15:25toute la presse,
15:27toute la filière ?
15:28Nous,
15:29dans les syndicats,
15:30ça fait longtemps
15:31qu'on essaye
15:32de mettre sur pied
15:33des actions
15:36collectives
15:36qui recoupent
15:37l'ensemble des titres
15:38et qui font même de là,
15:39au-delà même
15:39de la presse cyclique.
15:42Mais,
15:43ça a du mal à prendre
15:44parce que
15:45chacun s'inquiète
15:46quand même,
15:47c'est un peu logique
15:48vu ce qu'il voit
15:50à côté,
15:51il s'inquiète quand même
15:52d'abord et avant tout
15:53de ses propres conditions
15:55de travail
15:55et puis,
15:56en étant de plus
15:57pressés,
15:58on a un tour
15:59de moins à moins de temps
16:00pour la réflexion globale,
16:03surtout qu'il manque
16:05le temps de s'informer,
16:06d'avoir les vraies informations
16:08et puis de trouver des solutions
16:11qui permettraient de remédier
16:13à l'ensemble de ces problèmes.
16:15Évidemment,
16:16plus on attend,
16:16il y a moins,
16:17on arrive à se regrouper
16:19et plus ces problèmes
16:20prennent de l'ampleur.
16:21Le problème aussi,
16:22c'est clairement
16:23l'interlocuteur politique.
16:25Là,
16:26il y a eu dernièrement
16:27une réunion
16:28qui a rassemblé
16:30beaucoup de monde
16:30avec le ministère
16:32et les réponses
16:33sont moyennement
16:35encourageantes.
16:37Là,
16:38on se demande vraiment
16:40que soit
16:41la prise de conscience
16:42est insuffisante
16:44au gouvernement
16:45sur le problème
16:46que ça représente
16:47parce que
16:47si tous les journaux,
16:50si les journaux
16:51finissent d'être imprimés,
16:52si on arrête
16:52d'imprimer les journaux,
16:53clairement,
16:53je m'imagine mal
16:54quand on va retrouver
16:56de l'argent
16:56pour se décrire
16:57des règles d'argent
16:58dignes de ce nom.
16:59C'est-à-dire
17:00avec assez de journalistes
17:01pour à la fois
17:02aller sur le terrain,
17:03faire des interlocuteurs,
17:05avoir un carnet d'adresse,
17:06le nourrir
17:07et tout simplement
17:09prendre le temps
17:10de discuter avec des gens
17:11pour récupérer
17:12des informations
17:13et en même temps
17:14derrière des gens
17:15pour la mettre en forme,
17:17pour essayer
17:18de vérifier
17:19certaines choses.
17:20À un moment donné,
17:21on va atteindre
17:22un niveau critique
17:23et c'est sûr
17:25que sans les revenus
17:26tirés de la vente
17:27ou de les journaux
17:30qui ont créé,
17:30c'est encore bizarre
17:31de dire ça aujourd'hui
17:32mais en 2020,
17:33c'est encore ça
17:34qui finit
17:36l'argent
17:36pour pouvoir payer
17:38des relations,
17:39pour payer
17:40donc des journalistes
17:41qui ramènent
17:41des informations.
17:42On risque
17:42de la mort du journalisme
17:43et on n'aura plus
17:44assez de journalistes
17:46pour pouvoir
17:46ramener
17:47des informations.
17:48On aura au mieux
17:48des gens
17:50qui seront enfermés
17:50dans un bureau
17:51en permanence
17:52à essayer
17:53de récupérer
17:54peut-être
17:54sur des compte
17:55Twitter,
17:56des communiqués,
17:58des choses comme ça
17:58et essayer
17:59de les mettre en forme
17:59le mieux possible.
18:00Ces rédactions
18:01seront chéties
18:03et le journaliste
18:05sera en train
18:05de mourir
18:06tout simplement.
18:07Donc,
18:07qu'est-ce qui fait
18:08que la prise de conscience
18:09est insuffisante
18:11et qu'on laisse
18:13ces choses
18:14d'année en année ?
18:16Ma foi,
18:17c'est la question
18:18à 100 euros
18:19à laquelle
18:20j'aimerais bien répondre
18:21et qu'on trouve
18:23quand même
18:23une solution
18:24d'atterrissage.
18:25Parce que là,
18:25l'idée,
18:25c'est quoi ?
18:26C'est que dans 4 ans,
18:27la presse écrite
18:28est émérée.
18:29Encore une fois,
18:30il faut peser
18:32quand même
18:33sous-peser
18:34ce que ça représente,
18:35ce que ça veut dire
18:36pour la vision
18:37de l'information
18:37et donc quelque part
18:39qu'on va mettre
18:39en haut
18:40de la démocratie.
18:42Merci Denis Pérez
18:44et l'humanité
18:44continuera à suivre
18:45l'actualité sociale
18:46de l'équipe.
18:47Au revoir.
18:48Au revoir.

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