- il y a 10 heures
Le président du groupe Renaissance, Gabriel Attal, a déposé une motion de rejet sur son texte prévoyant d’autoriser le travail le 1er mai pour les salariés de commerces de proximité. Adopté grâce aux voix des LR et de l’extrême droite, le texte approuvé en juillet par le sénat, est dans les mains d’une commission mixte paritaire qui se réunira dès mardi mai, sans débat possible pour les députés. La CGT dénonce un « passage en force », qui « se paiera très cher », et le groupe GDR a proposé aux trois autres groupes de gauche de déposer une motion de censure ce lundi.
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00:00 Introduction
00:47 Que contient le texte
2:05 L'offensive de Attal
6:42 La réponse de la CGT et les débats à l'Assemblée
15:07 La gauche se rassemble vers la motion de censure ?
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NewsTranscription
00:01Allez bosser bande de feignasses, c'est ainsi que l'on pourrait résumer de façon à peine caricaturale
00:05une proposition de loi sénatoriale reprise par Gabriel Attal et son groupe Ensemble pour la République.
00:10Celle-ci vise malgré l'opposition de toutes les centrales syndicales à permettre aux directions
00:14de certaines entreprises de pousser leurs salariés à travailler le 1er mai,
00:17soit la journée internationale des travailleurs qui n'est justement pas, et on y reviendra, la fête du travail.
00:22Vendredi à l'Assemblée nationale, le texte devait être soumis au vote des députés
00:26mais pour éviter un débat périlleux et accélérer son adoption définitive,
00:28les macronistes ont détourné une procédure parlementaire.
00:31Énorme polémique qui pourrait aller jusqu'à la chute du gouvernement de Sébastien Lecornu
00:35alors qu'une motion de censure venue de la gauche pourrait être déposée.
00:38On va essayer d'y voir plus clair avec Aurélien Sucher, chef du service politique.
00:41Salut Aurélien.
00:42Salut.
00:43Alors pourquoi cette proposition de loi a vu le jour et qu'est-ce qu'on y trouve ?
00:47Oui c'est un texte de loi de droite déjà adopté au Sénat qui est repris par Gabriel Attal
00:52et qui vise donc à autoriser, tu l'as dit, à travailler le jour de la fête internationale des travailleurs,
00:58le 1er mai.
00:59Alors ce que dit le texte c'est que c'est pour permettre aux boulangeries, aux pâtisseries,
01:04aux primeurs, aux boucheries, aux fleuristes, au cinéma, au théâtre.
01:07Au début ça devait être les commerces de bouche puis plus le débat avance plus on voit qu'il y
01:11a de gens concernés.
01:13Déjà l'an dernier la droite s'était indignée, on trouve rien d'ouvert, on laisse pas les boulangers travailler
01:17le 1er mai.
01:18Et les macronistes là vraiment ils ont un argumentaire qui vise à dire notre loi c'est une loi de
01:24liberté.
01:25Ça vise à permettre, à laisser la possibilité.
01:28C'est une loi de liberté.
01:29La gauche veut imposer le non-travail le 1er mai alors que nous nous voulons offrir le choix.
01:33Alors qu'on sait très bien qu'en entreprise avec le rapport de force qui existe entre l'employé et
01:39l'employeur,
01:39offrir le choix ça va durer 5 minutes.
01:42Même si la loi, on va en parler, prévoit des pseudo garde-fous en vrai.
01:47Quand c'est l'employeur qui décide d'embaucher, qui fixe le salaire, qui décide des congés,
01:52le bras de fer va tourner évidemment à son avantage.
01:55Donc Sophie Bina est vent debout.
01:56Gabriel Attal se met beaucoup en scène.
01:58Il y a eu de grosses polémiques.
02:00On peut peut-être regarder une vidéo de Gabriel Attal.
02:01Allons-y.
02:05Gabriel Attal, ancien Premier ministre et président du groupe
02:09Ensemble pour la République à l'Assemblée Nationale
02:10et aussi dirigeant de Renaissance, le parti présidentiel.
02:14Ouais, on l'écoute.
02:14Est-ce que vous saviez que les boulangers et les fleuristes
02:16n'avaient pas le droit d'ouvrir leur boutique le 1er mai ?
02:19Donc aujourd'hui on a une situation où un McDonald's peut ouvrir le 1er mai
02:22mais pas une boulangerie artisanale.
02:23C'est absurde, bonjour madame.
02:24Bonjour monsieur.
02:25De tradition, pas trop cuite s'il vous plaît.
02:27Très bien.
02:27Et pourtant ils demandent à pouvoir travailler le 1er mai.
02:30Alors le 10 avril prochain, à l'Assemblée Nationale, avec mon groupe parlementaire,
02:34on défend une loi de bon sens pour leur permettre d'ouvrir et de travailler le 1er mai.
02:39Si le 10 avril, notre loi est votée, ça veut dire que les boulangers et les fleuristes
02:43pourront travailler dès le 1er mai de cette année.
02:46On a fixé des règles claires.
02:47Ça sera sur la base du volontariat, toujours pour les salariés.
02:50Les payés seront payés double ce jour-là.
02:51On apporte juste une solution à ceux qui veulent bosser.
02:54Parce que le travail en France doit payer.
02:57Le problème, c'est qu'il y a des députés qui ne veulent pas de cette loi
02:59et qui veulent tout faire capoter.
03:01On va se battre en première ligne, mais j'ai besoin de vous pour en parler autour de vous,
03:04pour faire signer la pétition à vos proches, à vos commerçants,
03:07pour mettre la pression pour que ce texte puisse être adopté
03:10et que nos boulangers et nos fleuristes puissent travailler le 1er mai prochain.
03:13Je compte sur vous.
03:14Est-ce que vous...
03:15Voilà donc Gabriel Attal qui fait la promotion de sa loi.
03:19J'ajoute que par ailleurs, ce week-end est paru un sondage opinionné
03:24qui indique que 74% des Français seraient favorables au travail de certains salariés le 1er mai.
03:31Un sondage commandé par la Confédération des petits témoignages d'entreprise, il faut préciser.
03:35Et ces 74% seraient favorables, si c'est comme le dit Gabriel Attal,
03:39sur la base du volontariat, et payés double.
03:42Qu'est-ce qu'on oppose à cette liberté de travailler que brandit Gabriel Attal ?
03:48Ce qui est intéressant, c'est que Gabriel Attal dit que le travail doit payer.
03:51Quand il s'agit d'augmenter le SMIC, d'augmenter les salaires,
03:53il n'y a jamais personne du côté de la Macronie.
03:55Par contre, quand il s'agit d'attaquer le 1er mai, qui est un jour férié,
03:58qui est un jour de lutte historique devenu jour férié,
04:01là, il y a du monde pour l'attaquer.
04:02Donc ça, c'est assez intéressant.
04:03Et sur le sondage, il faut toujours prendre des sondages avec des pincettes,
04:07mais il montre en tout cas, si l'État est une bonne photocopie de l'opinion,
04:11que le matraquage de la droite et de la Macronie,
04:14qui vise à dire qu'il y a un frein à la liberté le 1er mai,
04:17serait en train de fonctionner du point de vue de l'argumentaire.
04:19C'est pour ça que c'est important de rappeler ce qu'est le 1er mai
04:22et la réalité du travail en France.
04:25Parce que cette loi, elle est vécue par les syndicats
04:28vraiment comme une loi d'agression contre une journée historique de lutte.
04:31La Macronie, d'ailleurs, a fait des attaques contre le droit social
04:35et contre le Code du travail, une spécialité,
04:37depuis le début, avec les ordonnances pénicaux,
04:39à chaque fois qui visent à renforcer le pouvoir de l'employeur face à l'employé.
04:43Et quelque part, ça vient couronner un peu,
04:45c'est un peu leur cerise sur le gâteau antisocial qu'ils mettent en fin de mandat.
04:48C'est assez dingue.
04:49S'il y a 10 ans, au début du mandat Macron,
04:51on nous avait dit qu'ils allaient attaquer le 1er mai à la fin,
04:53on se serait dit « bon courage à eux ».
04:55Puis en fait, ils avancent, c'est le rouleau compresseur.
04:58Le 1er mai, c'est férié dans 163 pays.
05:01C'est une journée de lutte, je l'ai dit, devenue jour férié et chômé.
05:03Ça vient du 1er mai 1886 aux États-Unis.
05:06La police tire sur le cortège des premiers syndicats ouvriers.
05:09Et 3 ans plus tard, lors de la 2e internationale socialiste à Paris,
05:13ils décident d'en faire une journée de lutte, de défense des droits des travailleurs.
05:182 ans plus tard, en 1891, il y a même 9 morts à fourmis en France.
05:23Et donc ça devient vraiment un grand rendez-vous.
05:26Et c'est à partir de 1947 qu'en France, ça devient une journée fériée.
05:30Et depuis 1947, c'est une journée fériée et chômée.
05:34Et depuis, les Français se sont toujours débrouillés pour avoir du pain,
05:38pour offrir des fleurs et d'ailleurs pour offrir du muguet le 1er mai.
05:42Puisque c'est la fleur...
05:44Avant, je crois que c'était l'églantine, mais c'est le muguet désormais.
05:47C'est la fleur qui symbolise le 1er mai et la journée de lutte pour les droits des travailleurs.
05:52C'est une journée très militante, très politisée,
05:55avec toujours une grande manifestation prévue pour se mobiliser pour les droits des travailleurs
05:59et les droits des travailleurs qui reculent en France depuis des années.
06:02Donc voilà ce que c'est que le 1er mai.
06:04Il peut y avoir des jours dans l'année qui sont libérés du travail.
06:07Le 1er mai, d'ailleurs, on est payé, parce que c'était une journée payée.
06:11Avant, on travaillait le 1er mai, on était payé.
06:13Quand c'est devenu férié, on a gardé le salaire du 1er mai.
06:15On ne s'est pas fait retirer du salaire.
06:17Donc si des gens, demain, sont obligés d'aller travailler le 1er mai,
06:20quand ils disent qu'ils seront payés double,
06:21en fait, on est déjà payés à ne pas travailler.
06:23Donc je ne sais pas comment il va faire son calcul sur les payés double.
06:26Et on ajoute d'ailleurs qu'aujourd'hui, le 1er mai,
06:28les employeurs ont, eux, la possibilité de travailler.
06:31Par contre, pas leurs salariés, que c'est tout le problème.
06:33C'est aussi là qu'on se rend compte quels sont les métiers essentiels.
06:35C'est-à-dire qu'une entreprise sans ses salariés ne tourne pas.
06:38Et c'est ce qu'aussi censé rappeler le 1er mai.
06:40On va peut-être écouter Sophie Binet, la responsable de la CGT,
06:44qui s'exprimait juste avant le vote,
06:46en tout cas ce qui devait être un vote à l'Assemblée nationale.
06:48Et Aurélien, tu nous expliques ensuite tous les mécanismes
06:52qu'on a vus à l'œuvre ces derniers jours.
06:54Sophie Binet.
06:55Que viennent de faire les macronistes,
06:58la droite et l'extrême droite dans l'hémicycle ?
07:01Ils viennent de faire un 49-3 parlementaire.
07:06Ils viennent d'adopter une motion de rejet
07:11qui permet, sans débat à l'Assemblée nationale,
07:15de faire adopter cette proposition de loi de la honte
07:19en passant directement en commission mixte paritaire.
07:24C'est un coup de poignard dans le dos des millions de travailleuses et de travailleurs.
07:30C'est fouler au pied l'ensemble de notre histoire sociale.
07:35C'est ridiculiser la France au plan international.
07:40Parce que je le rappelle,
07:41cette journée du 1er mai,
07:42elle est fériée dans 163 pays du monde.
07:46C'est une journée internationale
07:48pour laquelle le combat a commencé ici, en France.
07:52Cette journée, elle a été lancée et enclenchée
07:55pour se battre pour la journée des 8 heures,
07:57pour la limitation du temps de travail,
07:59pour la dignité des ouvriers et des ouvrières.
08:01Elle a été gagnée dans le sang.
08:04Ce vote est très grave.
08:07Nous allons, j'appelle solennellement,
08:10le gouvernement,
08:12qui a encore toutes les cartes en main
08:14pour empêcher ce passage en forte,
08:17à prendre des dispositions
08:19pour empêcher que la CMP ne soit convoquée la semaine prochaine
08:22et que cette loi ne soit adoptée en force.
08:26Alors, on a entendu Sophie Binet, Aurélien,
08:28qui faisait à la fois le rappel historique
08:31de ce qu'est le 1er mai.
08:32Elle a aussi parlé de ce qui s'est passé
08:34à l'Assemblée nationale.
08:36Vendredi, il y a eu un débat houleux.
08:39Avant de te donner la parole,
08:40on peut montrer aussi quelques petits extraits
08:42à quel point ça a pu être houleux.
08:43On a des députés qui ont chanté la Marseillaise.
08:46Alors, merci Madame la Présidente.
08:49Merci Madame la Présidente.
08:51Et qu'est-ce qu'on fait là ?
08:53Nous aussi, on veut bien...
08:54Monsieur Viry.
08:55Merci beaucoup Madame la Présidente.
08:57À ce stade des débats,
08:59au-delà du bruit dans l'hémicycle,
09:02nous avons réussi à entendre
09:03Monsieur le Ministre dans sa déclaration préalable.
09:06Nous avons entendu Monsieur le rapporteur du texte.
09:08Nous avons entendu notre collègue expliquer
09:11les raisons de la motion de rejet.
09:13Et nous avons effectivement...
09:14Donc ça, c'est pour la Marseillaise.
09:17Et il y a même eu...
09:18Il y a même eu une internationale.
09:22...entreprise, c'est une demande des salariés.
09:25Et nous n'avons aucune leçon à recevoir
09:27de petits bourgeois diplômés de Sciences Po
09:31et qui rentreront ce soir dans leurs appartements osmaniens.
09:35Donnez des leçons à ceux qui représentent
09:38les Français qui travaillent.
09:40Vous les avez trahis.
09:41Vous prétendez représenter les syndicats.
09:44Nous représentons les salariés.
09:46Ils sont majoritairement pour ce texte.
09:49Et donc, la lutte finale, vous la perdrez.
09:53Et vous la perdez dans les urnes.
09:55Et ce texte, il passera parce que c'est une nécessité pour les Français.
09:59Nous voterons cette motion de...
10:01Alors, on a entendu la gauche répondre par une Marseillaise,
10:04par une internationale, à la droite et à l'extrême droite.
10:07Dans un débat, je l'ai dit, ou le à l'Assemblée nationale,
10:09où les macronistes, Sophie Binal l'a dit,
10:11ont fait adopter une motion de rejet contre leur propre texte
10:14pour qu'il aille directement en CMP,
10:15ce qui est la commission mixte paritaire.
10:17Est-ce que tu peux nous expliquer la manœuvre, Aurélien ?
10:19Oui, parce que c'est très technique comme ça.
10:22Alors, normalement, une motion de rejet,
10:23c'est quand un texte arrive dans l'hémicycle,
10:25quand une réforme, une loi arrive dans l'hémicycle,
10:27on peut déposer une motion de rejet.
10:29Et si cette motion de rejet est votée,
10:31ça empêche l'examen du texte.
10:32Et quand on vote une motion de rejet,
10:34normalement, c'est prévu pour...
10:35C'est quand on est contre ce texte,
10:37quand on est contre cette loi,
10:38qu'on ne veut pas qu'elle passe.
10:39Et là, ce qui s'est passé,
10:40c'est que les macronistes et la droite,
10:42eux-mêmes, ont voté la motion de rejet.
10:43C'est-à-dire que, symboliquement,
10:45enfin, politiquement, ils ont voté.
10:46Leur vote signifie qu'ils sont pour que le texte
10:49reparte au travail, soit repoussé.
10:52Alors, pourquoi est-ce qu'ils ont fait cette petite manœuvre ?
10:54C'est parce qu'en fait, il y a un effet pervers
10:56de la procédure accélérée.
10:58La procédure accélérée a été exceptionnelle au départ.
11:00Maintenant, c'est devenu la procédure presque lambda
11:02à l'Assemblée nationale.
11:03Et quand il y a une procédure accélérée
11:04pour que les réformes aillent plus vite,
11:07quand on vote une motion de rejet,
11:09ça part en commission mixte paritaire.
11:11Donc, normalement, quand on vote une motion de rejet,
11:13ça veut dire qu'il n'y a pas de majorité
11:14dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale
11:16pour que le texte passe.
11:17Donc, on s'en fichait avant que ça parte en CMP.
11:19Ça n'avait pas d'avenir.
11:20Sauf qu'aujourd'hui, quand ça part en CMP,
11:22enfin, depuis le début, quand ça part en CMP,
11:24il y a 7 sénateurs, 7 députés
11:26qui s'entendent sur le texte
11:28sans débat dans l'hémicycle,
11:29sans vote d'amendement dans l'hémicycle.
11:31Et c'est ce texte-là ensuite
11:32qui est soumis au vote de l'Assemblée nationale.
11:34Ce qui fait que des députés,
11:36donc les macronistes, là,
11:37se sont dit, si on vote la motion de rejet,
11:39ça permet d'éviter qu'il y ait un débat dans l'hémicycle.
11:41Et après, ça revient avec un texte
11:43qu'on vote sans débat et ça passe.
11:45Et il faut le rappeler, dans la CMP,
11:47la commission mixte paritaire,
11:48les macronistes alliés à la droite,
11:49ils sont largement majoritaires.
11:51C'est-à-dire qu'ils peuvent s'entendre ensemble
11:53pour faire adopter ce texte
11:55auquel ils sont tous les deux favorables
11:56dans les conditions beaucoup plus difficiles
11:57que, par exemple, nous pourrait le faire
11:59l'Assemblée nationale.
12:00En tout cas, ils ont un espace de discussion
12:02fermé, puisque c'est à huis clos.
12:04On a les débats que, plus tard,
12:06ils ne sont pas retransmis en direct
12:08dans cette commission mixte paritaire.
12:10Et surtout, il n'y a aucun travail de l'hémicycle
12:12parce que les députés ne sont pas seulement
12:13censés voter la loi,
12:14ils sont censés la faire.
12:15Ils sont censés faire un travail d'amendement,
12:17débattre et ajouter des garde-fous
12:19ou ajouter une fiscalité s'ils veulent,
12:22faire un travail vraiment d'écriture,
12:25de la loi qui, là, ne sera pas faite,
12:27puisque il n'y aura que sept députés
12:29qui vont avoir le stylo pour écrire la loi.
12:32Les autres, ils pourront juste la valider
12:33ou la repousser.
12:35Et donc, après avoir voté cette motion de rejet,
12:37on a quand même eu les macronistes
12:39qui sont allés dire à la presse
12:41que tout ça venait à cause
12:44de l'attitude de la gauche
12:46dans l'hémicycle,
12:47et notamment Prisca Tévenot,
12:49donc une députée bien connue,
12:50qui accuse la gauche, en gros,
12:53de tourner le dos aux travailleurs.
12:54On l'écoute.
12:57J'ai honte du spectacle donné ce matin
13:00dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale
13:01par cette gauche politique
13:04qui est complètement soumise
13:06à la France insoumise
13:06et qui, du coup,
13:07s'oppose maintenant officiellement
13:09aux travailleurs,
13:10à leurs demandes,
13:11à leurs revendications,
13:12à une volonté aujourd'hui
13:13de pouvoir progresser
13:15dans un certain nombre d'acquis,
13:16acquis qui seront contrôlés,
13:19réglementés et sécurisés.
13:21Alors là, Aurélien,
13:22on est chez Orwell, là.
13:24Oui, c'est un retournement magnifique.
13:25On a les macronistes qui nous disent
13:26que c'est eux qui défendent
13:28les droits des travailleurs
13:29en s'en prenant au 1er mai
13:31et que tout ça,
13:31c'est à cause de la gauche
13:32qui, elle, aurait tourné le dos
13:33aux travailleurs
13:34parce qu'elle est pour
13:35que les travailleurs ne travaillent pas
13:36un jour où ils ne sont pas censés travailler.
13:38C'est quoi ce bordel ?
13:39C'est du très beau judo orwellien,
13:41comme tu dis.
13:42C'était quoi le sondage
13:43dont tu parlais tout à l'heure ?
13:44C'était un sondage Opinion Way
13:46qui a été publié dans la tribune du dimanche
13:47et qui a été réalisé
13:49par la Confédération des petites
13:50et moyennes entreprises
13:51qui dit que 74% des Français
13:53seraient favorables
13:54à un travail du 1er mai
13:55à condition que les volontaires,
13:57uniquement les volontaires,
13:58soient payés double.
13:59Donc 64% des Français.
14:04J'aimerais bien savoir
14:04s'il y a un sondage
14:05qui a été fait
14:05pour les 1,5 million de travailleurs
14:07qui demain pourraient être appelés
14:08à travailler le 1er mai.
14:10Parce que là, ce qui se passe,
14:11c'est que visiblement,
14:12ces 1,5 million de personnes,
14:14on ne leur a pas demandé leur avis.
14:15Les syndicats qui représentent
14:17les travailleurs jusqu'à preuve du contraire,
14:18on ne leur a pas demandé leur avis.
14:20Ils le donnent, ils sont contre.
14:22Et les parlementaires, les députés,
14:23on ne leur a pas demandé leur avis non plus
14:24puisqu'on les empêche
14:25de débattre dans l'hémicycle.
14:27Donc c'est assez intéressant
14:28quand elle dit que la gauche
14:29se serait retournée contre les travailleurs.
14:30Parce que si demain,
14:31on allait voir les travailleurs
14:31pour leur demander
14:32qu'est-ce que vous préférez
14:33entre travailler le 1er mai
14:35ou une augmentation du SMIC,
14:36je le redis,
14:37une augmentation des salaires
14:38ou une sixième semaine
14:39de congés payés, etc.
14:41Je demande à voir
14:42qui sont véritablement
14:43les défenseurs des travailleurs
14:45dans ce pays,
14:45surtout venant de la part
14:46des macronistes
14:47qui ont vraiment renforcé
14:48les pouvoirs des patrons.
14:50Et du point de vue
14:51de la fiscalité aussi,
14:53ils n'ont servi que les patrons,
14:54ils n'ont pas du tout servi
14:56les Français
14:56qui perdent toujours plus
14:58d'ailleurs en service public
14:59et en déficit,
15:00enfin en baisse
15:01de la dépense publique.
15:03Donc à voir.
15:05Mais là, c'est du beau judo,
15:06Rolien.
15:07On a l'intersyndicale,
15:08on a entendu Sophie Binet,
15:09mais l'intersyndicale
15:09s'est aussi exprimée
15:10dans un communiqué
15:10dont je voulais une phrase
15:12parce qu'elle rajoute un argument
15:13à ce qu'on a déjà évoqué.
15:14L'ouverture de la dérogation
15:16au principe de repos
15:18rémunéré le 1er mai
15:18constitue une première brèche
15:19remettant en cause
15:20l'exceptionnalité
15:23de cette journée.
15:24En effet, l'histoire sociale
15:25nous montre qu'à chaque fois
15:26qu'un principe est entamé,
15:27les dérogations s'étendent
15:28progressivement
15:29jusqu'à devenir la règle
15:30qui écrit l'intersyndicale.
15:32Cette proposition de loi
15:34reprise par les macronistes,
15:35elle crée quand même
15:36un phénomène
15:37qu'on n'avait pas vu
15:37depuis un moment,
15:38c'est-à-dire de rassembler
15:39toute la gauche contre elle.
15:41Oui, tout à fait.
15:42C'est intéressant
15:43ce que dit l'intersyndicale
15:44parce que s'attaquer
15:45aux boulangeries,
15:47on pourrait se dire
15:47un peu benoîtement,
15:49bon, si c'est que les boulangeries,
15:50pourquoi pas ?
15:50Mais il faut savoir
15:50que les boulangeries
15:51qui ne sont pas seules d'ailleurs,
15:52mais les boulangeries
15:52ont toujours été
15:53une sorte de cheval de troie
15:55pour faire des dérogations.
15:56On commence par les boulangeries,
15:58on commence par dire
15:58il faut s'acheter du pain quand même
15:59et ensuite on se dit
16:00puisque les boulangeries sont ouvertes,
16:02si on ouvrait ça
16:02et puis si on ouvrait ça,
16:03si on ouvrait ça,
16:03ça a toujours été
16:04un haut lieu de lutte sociale
16:06les boulangeries
16:07même si ça n'a pas l'air comme ça.
16:09Et d'ailleurs,
16:09pendant la Commune de Paris,
16:10la révolution de 1871,
16:11une des premières mesures sociales
16:13de la Commune de Paris,
16:14c'est d'interdire le travail de nuit
16:15dans les boulangeries
16:16où les gens étaient soumis
16:17à des cadences infernales.
16:18Et on a réussi d'ailleurs
16:19en faisant ces réformes-là
16:21à toujours avoir du pain.
16:22Il y a toujours des gens
16:23qui travaillent
16:24et qui ont des horaires
16:25pénibles et difficiles
16:26en boulangerie
16:26mais il y a eu des améliorations
16:28des conditions de travail
16:29dans les boulangeries
16:29et ça reste,
16:30je le disais,
16:31le cheval de Troyes
16:32pour généraliser ensuite
16:33à l'ensemble de la société.
16:35Et les syndicats,
16:36pour venir à ce que je disais,
16:36ils sont vent debout,
16:37ils font bien monter la pression.
16:40Et l'ensemble des groupes de gauche.
16:41Et l'ensemble des groupes de gauche
16:42à tel point que là,
16:43ce qui est en train de se passer,
16:44c'est que le Premier ministre,
16:45Sébastien Lecornu,
16:46serait en train de reculer
16:47puisque Stéphane Peu
16:48qui est coprésident du groupe GDR
16:51à l'Assemblée nationale
16:52et chef de file
16:53des députés communistes,
16:54a proposé de déposer
16:55une motion de censure
16:56du gouvernement
16:57s'il y a passage en force
16:59sur cette loi du 1er mai.
17:00Et là, toute la gauche
17:01est d'accord.
17:02Et depuis, ce qui se passe,
17:03c'est qu'aujourd'hui,
17:04donc tu l'as dit tout à l'heure,
17:05Lecornu reçoit les syndicats.
17:07Je crois que c'est la première fois
17:07qu'ils sont reçus sur le sujet
17:09si je ne me trompe pas.
17:11Et Sébastien Lecornu,
17:12le Premier ministre,
17:13a dit qu'il ne passera pas en force,
17:14qu'il ne convoquera pas la CMP,
17:16la commission mixte paritaire
17:17qui permettrait de faire
17:18très très vite adopter la loi.
17:20On l'a entendu tout à l'heure,
17:21Gabriel Attal a dit
17:22qu'il voulait que la loi passe
17:23avant le 1er mai prochain
17:24et qu'elle soit appliquée
17:25dès le 1er mai qui arrive.
17:27Donc c'est-à-dire
17:28une réforme très très très rapide.
17:29On est le 13 avril aujourd'hui.
17:31Sébastien Lecornu,
17:32il y a des macronistes
17:33qui sont très fâchés contre lui
17:34maintenant qu'ils temporisent.
17:35Ah ça, on reprend langue
17:38avec Prisca Tévenot.
17:40Cette fois, c'est via un tweet
17:42d'un journaliste du Figaro,
17:43journaliste parlementaire du Figaro,
17:45Wally Bordas,
17:45qui nous apprend que
17:46sur la boucle Télégramme
17:47des députés macronistes,
17:48on réagit plutôt mal
17:49à la décision du gouvernement
17:50de ne pas convoquer cette CMP.
17:53Et Prisca Tévenot,
17:53très proche de Gabriel Attal,
17:55écrit
17:55« On a été ultra corporate
17:57en faisant tout lien,
17:59en faisant tout un lien
18:00avec le gouvernement. »
18:02Et là, il nous lâche
18:03pour tendre la main à Binet.
18:04Donc Sophie Binet,
18:05la numéro 1 de la CGT,
18:07crise en Macronie.
18:08Pourquoi tout ça est retombé
18:09sur Sébastien Lecornu ?
18:11Alors que c'était
18:12une proposition de loi initialement.
18:14Parce que c'est lui
18:14qui est Premier ministre,
18:15c'est lui qui est menacé
18:16par une motion de censure
18:18qui pourrait...
18:19Je ne sais pas
18:20si il pourrait être voté,
18:20mais qui pourrait être déposée
18:21et rassembler toute la gauche
18:22et il y aurait allié
18:22à chercher plus de voix
18:23pour faire tomber le gouvernement.
18:25Par ailleurs,
18:26Prisca Tévenot dit
18:27« On a été... »
18:28C'est assez magique de dire
18:29« On a été ultra corporate »
18:30pour parler du 1er mai,
18:31d'aller faire bosser
18:31des gens le 1er mai.
18:32Bon, passons.
18:35Effectivement, il y a un groupe
18:36renaissance à l'Assemblée nationale,
18:37mais ce n'est pas
18:37la seule force politique du pays.
18:38Il y a aussi la CGT
18:39et tous les syndicats,
18:40une intersyndicale
18:43qui est dans le rapport de force.
18:46Et le Cornu,
18:46il est obligé de composer avec.
18:48Toute politique, d'ailleurs,
18:49est un rapport de force.
18:50Et là, si le 13 avril,
18:52vous provoquez comme ça
18:53le monde du travail,
18:54les syndicats,
18:54à deux semaines du 1er mai,
18:56vous créez les conditions
18:56pour qu'il y ait...
18:57Si vous voulez qu'il y ait
18:583 millions de personnes
18:59dans la rue le 1er mai,
19:00c'est vraiment la meilleure méthode.
19:01Donc, le Cornu,
19:03qui est loin d'être un idiot,
19:05on s'est demandé
19:06comment il allait survivre
19:07politiquement il y a quelques mois.
19:08Il s'en est plutôt bien tiré,
19:10même si l'EPS l'a bien aidé.
19:13Le Cornu,
19:14il a tout intérêt
19:15à temporiser sur le sujet,
19:16éviter qu'il y ait
19:17des manifestations massives
19:18le 1er mai,
19:19et soit abandonner
19:20le texte de loi,
19:22c'est ce que veut la gauche,
19:23c'est ce que veulent les syndicats,
19:24soit, je ne suis pas là
19:25pour lui donner des conseils,
19:26mais soit le faire passer
19:28en juillot ou en août.
19:29C'est beaucoup plus facile.
19:30Alors là, il y a quand même
19:31une situation explosive.
19:32En ce moment,
19:32deux semaines avant le 1er mai,
19:34les prix de l'essence sont énormes.
19:35On sait que ça peut...
19:37Souvent, les prix de l'essence,
19:38ça alimente des colères
19:40et des révoltes populaires justifiées.
19:42Donc là, peut-être que le Cornu se dit
19:44que c'est le moment
19:44d'appuyer un petit peu
19:45sur la pédale de frein.
19:46Et j'ajoute à ça
19:47que dans ce fameux bloc
19:48de soutien au président de la République
19:50et au gouvernement,
19:51il y a le modem
19:52qui est de plus en plus réticent
19:54quand il voit
19:55comment cette loi est passée.
19:57Et ils accusent notamment
19:58Gabriel Attal
19:58d'avoir des ambitions présidentielles
20:01et de se servir de ce texte-là
20:02pour faire de la popole,
20:05de la petite politique,
20:06justement,
20:06pour essayer d'émerger
20:07sur ce sujet.
20:10Voilà, ça me laisse un peu
20:11sans voix.
20:12Mais bon,
20:12si c'est sa stratégie
20:13pour se présidentialiser,
20:15revenir sur attaquer
20:17un jour à jour
20:17qu'il fallait depuis 1947,
20:19si c'est ça,
20:19sa marque de modernité,
20:20de conquête politique,
20:23peut-être qu'il représente
20:23bien son camp,
20:24je ne sais pas.
20:25Et c'est un vrai débat
20:27qui génère
20:28un vrai clivage
20:29droite-gauche.
20:29On revient vraiment
20:30à ce que le macronisme
20:32avait voulu supprimer,
20:33c'est-à-dire le clivage
20:34entre la droite
20:36et la gauche.
20:37Maintenant,
20:37ils incarnent,
20:37de toute façon,
20:38on le sait depuis longtemps,
20:39une droite
20:40sans embâche,
20:41c'est clair,
20:42c'est net,
20:42ils sont de droite.
20:43Mais il y en a d'autres
20:44qui essaient de jouer,
20:44de brouiller les frontières
20:45entre la droite et la gauche.
20:47Et je vous le donne en mille,
20:48de quel côté ils se trouvent ?
20:49Eh bien,
20:50du côté de la droite
20:51et de qui je vous parle,
20:52je vous parle du Rassemblement national.
20:54au micro de France Inter,
20:56donc député du RN
20:57qui se range du côté
20:58de la proposition de loi.
21:01Jean-Philippe Tanguy,
21:02pour parler de cette proposition
21:04de loi défendue
21:05par le parti Renaissance
21:06qui vise à autoriser
21:07certains salariés,
21:08notamment ceux qui travaillent
21:09dans les commerces de bouche
21:10ou chez les fleuristes,
21:11à travailler le 1er mai.
21:13L'intégralité de la gauche
21:15et des syndicats s'y opposent.
21:17Vous y êtes favorable
21:19avec le bloc central
21:21et la droite.
21:22Vous êtes devenu libéral,
21:23Jean-Philippe Tanguy ?
21:24Non, pas du tout.
21:25En fait,
21:26ça se faisait avant.
21:26Il y a eu un changement
21:27de doctrine
21:28de l'inspection du travail
21:29qui a commencé
21:30à mettre des amendes
21:31aux boulangers
21:31et aux fleuristes,
21:32mais surtout aux boulangers
21:33alors que ça se faisait
21:34depuis toujours.
21:35Très rares amendes,
21:36pour dire la vérité.
21:37mais avant,
21:37il y en avait zéro.
21:38Donc ça a posé un problème.
21:40Écoutez,
21:40moi,
21:40quand j'étais serveur,
21:41tout le monde se battait
21:42pour travailler le 1er mai
21:43et d'être payé double.
21:44Et il y a 75%
21:45des salariés
21:46qui sont pour.
21:47Donc,
21:47ce blocage,
21:48de mon point de vue,
21:48est incompréhensible.
21:50Les syndicats
21:51feraient mieux
21:51de s'occuper
21:52de tous les jours fériés
21:53dans certaines conventions
21:54et branches
21:54qui ne sont pas payées.
21:55Par exemple,
21:55dans la restauration,
21:56dans l'hôtellerie,
21:57où il y a beaucoup
21:58de jours fériés
21:58qui ne sont pas payés.
21:59C'est marrant,
22:00on n'entend jamais
22:00les syndicats là-dessus.
22:01Jean-Philippe Tanguy.
22:03Voilà,
22:04Jean-Philippe Tanguy
22:06qui annonce
22:07que le Rassemblement
22:07national soutient
22:09ce texte.
22:10Encore l'arnaque sociale
22:11du RN ?
22:12Oui,
22:12complètement.
22:13Le RN qui fait croire
22:14qu'il est le défenseur
22:15de la France d'en bas,
22:17des travailleurs modestes.
22:19Là,
22:19il n'est pas en train
22:20de réclamer des hausses
22:21de salaire.
22:21D'ailleurs,
22:21quand il y a des hausses
22:22de salaire ou des hausses
22:22de SMIC proposées
22:23à l'Assemblée nationale
22:24par les groupes de gauche,
22:25le RN ne les vote pas.
22:27Il fait aussi du judo
22:29orwellien.
22:29J'étais en train de vérifier
22:30parce que j'avais un doute
22:31là,
22:31mais je crois que Jean-Marie Le Pen,
22:33historiquement,
22:33ce qui l'intéressait
22:34le 1er mai,
22:35ce n'est pas du tout
22:36la journée de lutte
22:37pour les droits des travailleurs,
22:38c'est plutôt de parler
22:39de Jeanne d'Arc.
22:39Jeanne au secours.
22:40Jeanne au secours revient.
22:42Voilà,
22:44ça résume assez bien
22:45le projet social du RN
22:46de s'intéresser à Jeanne d'Arc
22:48plutôt qu'au Muguet
22:49et aux droits des travailleurs
22:51le 1er mai.
22:53Et surtout,
22:53les déclarations
22:54de Jean-Philippe Tanguy
22:55montrent qu'il y avait
22:56à priori une majorité
22:56pour voter ce texte
22:58dans l'hémicycle
22:59de l'Assemblée nationale.
23:00Et pourtant,
23:01pour éviter le débat
23:02avec la gauche,
23:03c'est la quise de la gauche
23:03avait déposé
23:04de nombreux amendements,
23:05ils ont décidé
23:06donc d'envoyer ce texte
23:07en commission mixte paritaire.
23:08On aura la réponse
23:09après la publication
23:10de cette vidéo.
23:11Est-ce que la motion de censure
23:12sera déposée ?
23:13Est-ce que Sébastien Lecornu
23:14tombera ?
23:15En tout cas,
23:15nous,
23:16on espère vous voir nombreux
23:17dans les rues du 1er mai
23:18d'ici trois semaines.
23:19N'oubliez pas
23:20de vous abonner
23:21à notre chaîne YouTube,
23:22à nos journaux.
23:23À bientôt.
23:24À bientôt.