- il y a 3 semaines
Au sommaire de l'émission du mercredi 21 juin, Patrick le Hyaric, directeur de l'Humanité réagit aux sujets suivants : comment la gauche parlementaire va s'opposer aux reculs sociaux promis par Emmanuel Macron ; que penser du projet de réforme de l'UNEDIC ; l'inspection du travail, étranglée par un manque d'effectifs, ne peut plus assurer sa mission de protection des salariés ; Helmut Kohl et l'Europe ; Itinéraires d'Humanité : quand les artistes s'engage pour la défense du journal de Jaurès.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Générique
00:05Bonjour et bienvenue dans Regards sur l'actualité.
00:08Bonjour Patrick Leclerc.
00:09Bonjour.
00:10Alors on commence avec un retour sur la séquence électorale 2017.
00:14Marquée par une soif de renouveau démocratique à la présidentielle,
00:18elle se solde par un record d'abstention aux législatives.
00:21La République en marche rafle 355 sièges,
00:25tandis que la gauche de l'hémicycle est dépeuplée,
00:28même si le Parti communiste et la France insoumise résistent avec l'élection de 27 députés.
00:34Alors à votre avis Patrick, quelle devrait être la stratégie de la gauche
00:37pour s'opposer le plus efficacement possible aux reculs sociaux promis par Macron ?
00:43La question fondamentale qui est posée est d'abord d'expliquer le sens des contre-réformes qui vont être proposées.
00:53Et il y en a une série sur les enjeux sociaux et économiques.
00:57Et même sur les libertés, parce que l'inscription de l'état d'urgence dans la durée,
01:04même si peut-être ce ne sera pas dans la Constitution,
01:06pose un problème de rupture avec ce qu'était notre République jusqu'ici,
01:15c'est-à-dire l'équilibre entre sécurité et liberté.
01:17Et donc il faut beaucoup expliquer.
01:21Il y a des illusions qui vont tomber et créer les conditions de mouvement,
01:26de rassemblement pour empêcher ce qui peut l'être,
01:29mais surtout pour essayer d'infléchir ou d'inverser même un certain nombre de choix
01:36qui vont être mis sur la table dès les prochaines semaines,
01:41de telle sorte que le Parlement puisse quand même jouer son rôle.
01:46C'est-à-dire, je crois qu'il ne faut pas hésiter à aller voir le député de la République
01:52en marche
01:53ou le député de droite qui s'apprête à soutenir les ordonnances, par exemple, sur le travail.
02:02C'est cette mobilisation-là auprès des parlementaires qui ne sont pas de nos opinions
02:08qui permettra peut-être de les obliger à prendre en compte le fait que la campagne électorale est terminée,
02:18que le monde des bisounours, il est dans les rêves.
02:21Et dans la réalité, il y a des vrais gens qui sont aujourd'hui dans la souffrance
02:26et qui ne veulent pas des décisions qu'on leur appliquera, certes avec le sourire,
02:31mais qui aggravera leurs conditions de vie.
02:34Alors, vous espérez convaincre des gens de la République en marche
02:37de rejoindre les rangs, au moins au terme d'idées, de la gauche ?
02:40La question n'est pas de les convaincre.
02:42La question, ils sont élus, ils ont leurs options.
02:44La question est que tout ce peuple qui n'est pas venu s'exprimer
02:50à l'occasion des élections législatives,
02:52parce que certains ont considéré que les jeux étaient faits,
02:55mais d'autres ont considéré que leur abstention avait une motivation politique profonde.
03:01C'est-à-dire, ils ont suivi un peu ce qui leur a été dit en disant
03:06« ne jetez pas trop la pagaille en votant contre le président ».
03:11Et donc, peut-être certains ont été retenus.
03:14Mais tous ces gens-là, ils sont majoritaires dans le pays.
03:18Ils doivent faire savoir aux parlementaires et au gouvernement de la République en marche
03:24que ça ne leur convient pas.
03:27C'est autre chose qu'il faut faire.
03:29Et ça, ça ne veut pas dire qu'on va les convaincre.
03:32Je n'ai aucune illusion là-dessus.
03:35Alors, le projet de nationalisation de l'assurance chômage porté par le nouveau président
03:40soulève beaucoup de questions,
03:41notamment parce que le versement de l'indemnisation pourrait être interrompu
03:45par le refus de deux offres d'emploi.
03:47Certains imaginent déjà aussi des complémentaires chômage pour supplier le régime général,
03:53soit un revirement complet par rapport au système en place depuis la création de l'UNEDIC en 1958.
03:58Lundi 19 juin, une journée de mobilisation était organisée dans toute la France
04:02à l'appel de la CGT pour exiger une revalorisation des indemnités chômage
04:07et rappeler l'importance de leur financement par les cotisations sociales.
04:12On écoute deux représentants des chômeurs et précaires.
04:15Le risque, c'est à terme une privatisation des cotisations
04:19et une dégradation des conditions de remboursement et des conditions de couverture sociale.
04:24On fait comme si la cotisation sociale, c'était quelque part comme un impôt, comme un autre un petit peu,
04:32alors qu'en réalité, les patrons, quand ils payent ce qu'ils appellent les charges,
04:36ils payent pour la sécurité, ils payent pour la santé,
04:39ils payent pour que l'économie fonctionne normalement,
04:42sans bidonville, sans précarité énergétique.
04:49Mais on en est arrivé à un stade où le patronat est tellement puissant
04:53qu'en fait, il impose ses conditions comme il veut.
04:56Ce qui nous fait le plus peur aujourd'hui, c'est toutes les obligations
05:00qui vont faire en sorte que les gens vont être privés de Pôle emploi.
05:05Les justifications aussi, les gens doivent beaucoup se justifier,
05:09alors qu'il y a beaucoup d'offres aujourd'hui qui sont postées sur Pôle emploi
05:14et qui ne débouchent pas de sur du travail,
05:17puisque ce sont des offres pour se créer des viviers.
05:20On le sait bien, moi je suis recruteur dans une agence d'intérim
05:25et on a des annonces comme ça pour le cas où on a une demande.
05:29Alors contrairement à la réforme du Code du Travail,
05:32cet aspect du programme d'Emmanuel Macron a été assez peu commenté.
05:35Qu'est-ce que vous en pensez-vous ?
05:38C'est le principe même de la présentation des contre-réformes
05:44par l'actuel président de la République.
05:46C'est qu'à chaque fois, ça apparaît en principe de bon sens,
05:55ça s'est présenté avec le sourire et s'est présenté comme avantageux.
06:00Mais la vérité, elle est dans le fait qu'on s'engage là
06:07vers quelque chose d'extrêmement profond.
06:11De quoi s'agit-il ?
06:13Aujourd'hui, sur le salaire qu'on perçoit,
06:17on a un salaire brut,
06:20dans le salaire brut,
06:22il y a une part de ce salaire
06:25qui est une sorte d'épargne de sécurité
06:28pour le chômage, pour la retraite, pour la maladie.
06:33Ça c'est du côté salarié.
06:35Et du côté de l'employeur, c'est aussi la même chose.
06:38C'est-à-dire, l'employeur, il paye aussi de son côté
06:45une part de cotisation qui sert aussi à cette sécurité.
06:51Or, aujourd'hui, par un tour de passe-passe incroyable,
06:56on dit, mais...
06:57On comprend, on appelle ça d'ailleurs des charges.
07:00C'est passer du mot cotisation au mot charge.
07:02On comprend, vous avez des problèmes de charge.
07:05Et puis, on va améliorer votre salaire.
07:06On va supprimer cette charge que vous avez.
07:09Et donc, on va augmenter artificiellement votre salaire.
07:12Mais, en apparence, on augmente le salaire.
07:15Mais, en réalité, on diminue la sécurité de vie
07:19en cas d'accident, en cas de maladie, en cas de chômage,
07:21et surtout pour la retraite demain.
07:24Mais, dans le cas de la question qui est posée là,
07:29on va se trouver dans cette situation
07:32où on va assécher cela d'un côté.
07:36De l'autre côté, on va augmenter la contribution sociale généralisée
07:39pour les salariés et les retraités.
07:42Et au bout du bout,
07:44on va donc étatiser,
07:49prétendument étatiser,
07:52la couverture chômage
07:55pour, évidemment,
07:56un jour ou l'autre nous dire
07:58« mais l'État ne peut pas supporter tout ça »
08:00et il y a des recommandations européennes
08:03et des critères à respecter.
08:04Donc, il faut trouver un autre système.
08:07Et cet autre système sera celui
08:09soit de complémentaires privés
08:12pour le chômage.
08:14Donc, on va privatiser, y compris,
08:16l'assurance chômage elle-même,
08:18comme on veut privatiser l'assurance maladie.
08:21Donc, nos concitoyennes et nos concitoyens
08:24doivent bien comprendre
08:26qu'on est en train de sortir
08:27des acquis du Front populaire,
08:31mais surtout des acquis
08:32du Conseil national de la résistance,
08:34en modifiant notre droit social,
08:38mais on va le modifier
08:39au détriment des salariés.
08:41Parce que ce que ne payera pas le salarié,
08:44l'employeur aussi,
08:46ce sera défalqué.
08:47et lui, pour l'employeur,
08:50ça améliore sa sécurité,
08:51la sécurité des profits.
08:53Pas forcément la sécurité de l'entreprise,
08:55mais la sécurité des profits,
08:57parce qu'on va augmenter le taux de profit,
08:59c'est-à-dire ce que demande
09:00le grand patronat aujourd'hui,
09:02et ceci pour éviter la rémunération du travail.
09:06C'est-à-dire, il gagne sur deux tableaux.
09:08On lui défalque sa part de cotisation,
09:11et d'un autre côté, on dit,
09:12mais vous allez avoir des salariés
09:14qui vont moins revendiquer,
09:16parce qu'on va leur enlever
09:17cette partie-là
09:18qui va être inclue dans le salaire,
09:22qui va devenir du salaire net en augmentation.
09:25C'est un tour de passe-passe incroyable
09:28qui va se faire au détriment
09:29de tous les salariés de notre pays.
09:31Et ceci,
09:32il faut le faire connaître,
09:34et donc ça fait partie du travail
09:36que l'humanité,
09:39que les parlementaires,
09:41les élus de la gauche de transformation,
09:44et même au-delà de la gauche de transformation.
09:46Toute la gauche, je pense,
09:47parce qu'ils se revendiquent, j'imagine,
09:49du Front populaire
09:50et du Conseil national de la résistance.
09:52On a expliqué autour d'eux
09:54pour qu'on ne tombe pas dans ce piège.
09:57Toujours côté social,
09:58mardi 20 juin,
09:59les agents du ministère du Travail
10:02manifestaient contre les suppressions de postes.
10:04Entre 2009 et 2017,
10:07leurs effectifs ont en effet diminué de 20%.
10:09L'inspection du travail
10:11est particulièrement visée par ces coupes sombres.
10:13Dès l'entrée en fonction
10:15de la nouvelle ministre,
10:16Muriel Perricot,
10:17les agents ont tenté de l'alerter.
10:19Sans succès,
10:20comme ils nous l'expliquent.
10:21On nous a annoncé,
10:23notamment l'inspection du travail,
10:24des suppressions de sections,
10:26ce qui veut dire qu'en fait,
10:27on va redécouper la carte des villes
10:30et que donc chaque agent
10:31aura un territoire plus grand,
10:33donc plus d'entreprises à contrôler,
10:34et plus de salariés à assister.
10:37Ça ne marche plus.
10:38À l'inspection du travail,
10:39nous ne sommes plus en capacité
10:39de répondre aux usagers,
10:41nous ne sommes plus en capacité
10:42d'aller dans les contrôles
10:44et dans les entreprises
10:45pour les contrôler
10:47à hauteur des demandes
10:48qui sont effectuées.
10:49Nous ne sommes plus en capacité
10:50de dresser les procès-verbaux
10:52et de les transmettre au parc air
10:53et c'est l'impunité des délinquants patronaux
10:56qui règnent.
10:58On attaque vraiment les droits
10:59des salariés sur tous les plans,
11:01donc les règles changent,
11:02elles deviennent moins accessibles,
11:03on rend moins possible le contrôle
11:05et l'assistance des services
11:07de l'inspection du travail
11:08et on rend plus difficile
11:09l'accès aux prud'hommes,
11:10ce qui conduit à placer les salariés,
11:12c'est-à-dire la majorité de la population,
11:14dans un état d'assujettissement
11:15qui est inacceptable en démocratie.
11:17Il y a deux discours,
11:18il y a un discours officiel
11:19qui prône le dialogue et autres.
11:21Nous, on ne le voit pas,
11:23dans les instances, il n'a pas lieu,
11:24nous n'avons pas communication
11:25des documents ni des informations,
11:28il n'est pas possible de dialoguer
11:29avec aucun des encadrants
11:31à tout niveau hiérarchique que ce soit
11:32et au niveau de la ministre du Travail,
11:35il est clair qu'elle n'a toujours pas satisfait
11:37aux demandes de rendez-vous
11:39et encore aujourd'hui,
11:40je doute qu'aujourd'hui,
11:41elle nous reçoive
11:41et c'est bien dommage
11:43parce que pour un ministre du Travail,
11:44ce serait la moindre des choses
11:45que de recevoir ses agents
11:46et de défendre leur mission.
11:48Alors, le moins que l'on puisse dire,
11:50c'est que l'État ne donne pas
11:51le bon exemple en termes
11:52de négociation sociale directe
11:53avec ses agents.
11:54Est-ce que vous y voyez le signe
11:56d'une manière autoritaire de gouverner ?
11:58Non, mais ce n'est pas une question
12:00de négociation sociale,
12:02c'est une question de cohérence politique.
12:06On l'a appelée la ministre du Travail,
12:08mais en vérité,
12:10elle est la ministre de la destruction
12:11du droit du travail.
12:13Dès lors qu'on est ministre de ça,
12:15nous n'avons plus besoin
12:16d'inspecteurs du travail.
12:18Et évidemment,
12:19sur un fonds de réduction
12:21des crédits publics
12:22pour les missions publiques,
12:24bien évidemment,
12:25mais la cohérence de fonds,
12:26elle est là.
12:27Et on ne va pas pouvoir nous dire
12:29qu'on veut, par exemple,
12:31une modification de la directive
12:32des travailleurs détachés
12:34en supprimant des inspecteurs du travail.
12:36C'est exactement le contraire
12:37qu'il faudrait faire.
12:38Si on veut modifier la directive
12:40et mettre les travailleurs
12:42de l'Union européenne
12:43à égalité
12:45où qu'ils travaillent,
12:48où qu'ils exercent leur activité
12:49et contrôler l'ensemble
12:51de ces boîtes noires
12:52qui surexploitent aujourd'hui
12:53des travailleurs qu'on dit détachés,
12:55eh bien, il faudrait au contraire
12:57inventer un corps européen
12:58d'inspecteurs du travail.
13:00Donc, comme on ne veut rien faire
13:02de tout cela,
13:02comme la logique,
13:03c'est la concurrence de tous
13:05contre tous,
13:07comme c'est la guerre économique,
13:09eh bien, la logique
13:10n'est pas une logique de négociation,
13:13elle est une logique politique fondamentale
13:15et qui est une logique de cohérence
13:17qu'il faut absolument transformer.
13:19Et malheureusement,
13:20aujourd'hui, le rapport de force
13:23nécessite d'être modifié
13:25pour contrebattre
13:26des dispositions comme celle-là.
13:29On passe à l'homme de la semaine.
13:31C'est Helmut Kohl,
13:32l'ex-chancelier allemand.
13:34Il est mort vendredi 16 juin
13:35à l'âge de 87 ans.
13:36Les multiples hommages
13:38qui lui ont été rendus
13:39le présentent comme
13:40le grand architecte de l'Europe.
13:42Or, il avait imposé
13:43une construction de la zone euro
13:45aux conditions
13:46des grands groupes ouest-allemands
13:48à l'origine
13:49des équilibres européens actuels.
13:52Alors, Patrick, à votre avis,
13:53est-ce que la refondation
13:54du projet européen
13:55peut se passer
13:56d'un regard critique
13:57sur son histoire ?
13:58Oui, il n'y a pas
14:01de bilan
14:02de l'application
14:03des traités européens,
14:04notamment du traité
14:05de Maastricht
14:07et du traité
14:08qu'on a appelé
14:10par la suite
14:10le traité de Lisbonne
14:11et évidemment
14:12du traité budgétaire.
14:15Helmut Kohl,
14:16il s'est trouvé
14:17à un moment
14:17charnière de l'histoire,
14:19c'est-à-dire
14:19au basculement
14:21et la fin du soviétisme
14:23de toute cette partie
14:25de l'Europe orientale.
14:27et il a fait
14:30la réunification allemande
14:31mais il a fait
14:32la réunification allemande
14:34dans des conditions
14:35extrêmement dures
14:36puisqu'il a voulu
14:39égaliser d'emblée
14:40le marque de l'Est
14:42et le marque de l'Ouest
14:43et il a profité
14:46des institutions européennes,
14:48des fonds européens
14:49pour le faire,
14:51avec des dégâts considérables,
14:53notamment du côté
14:54de l'Est
14:55qui avait
14:56un retard de développement
14:58considérable.
14:59Ils avaient des droits sociaux,
15:00ils avaient des acquis sociaux
15:01mais ils avaient
15:01un retard de développement,
15:03un vieillissement
15:04de leur appareil
15:04de production
15:06mais il a fait
15:07à ces conditions
15:08aux conditions
15:10des « konzernes » allemands
15:11et il a fait financer ça
15:13par l'Union européenne.
15:15Et dans la foulée
15:16de cela,
15:17quasi simultanément,
15:21naît ce projet
15:22du traité de Maastricht
15:24et de la monnaie unique
15:25européenne.
15:26Et la monnaie unique
15:27européenne,
15:28à partir du moment
15:29où il était en train
15:30de régler cette réunification,
15:32dont la réunification monétaire,
15:34et à partir des traditions
15:36allemandes
15:37où déjà la Banque fédérale
15:38allemande était autonome
15:40par rapport au pouvoir politique,
15:42il a exigé,
15:43il a obtenu
15:44de François Mitterrand
15:45une banque centrale européenne
15:48qui était le décalque
15:50à Francfort
15:50de la Banque fédérale allemande
15:53et une monnaie
15:54qui est devenue
15:55une monnaie unique
15:56et non pas commune,
15:57qui a été l'euro,
15:58est une monnaie unique,
16:00mais une monnaie
16:02indexée
16:03à ses conditions
16:05parce qu'il faisait
16:06la réunification
16:07à ses conditions,
16:08indexée sur le marque allemand.
16:10Enfin,
16:10beaucoup plus indexée
16:11sur le marque allemand
16:12que le franc français
16:14et même la lire italienne.
16:16On n'était pas
16:16dans un panier de monnaies
16:18avec une moyenne
16:20de la valeur des monnaies.
16:21C'est-à-dire,
16:22au moment où il faisait ça
16:25et au moment où il disait
16:26je fais une grande œuvre
16:28civilisatrice
16:29puisqu'on est en train
16:30de mettre à bas
16:31ce qu'ils appelaient
16:32le communisme
16:33et que j'appelle moi
16:33le soviétisme,
16:35eh bien,
16:36il était dans une situation
16:38de rapport de force
16:40qui lui était favorable.
16:41Et les autorités françaises,
16:44je ne dis pas
16:44qu'elles n'ont pas
16:46porté la contradiction
16:47ou qu'elles n'ont pas défendu,
16:49je ne dis pas ça,
16:49mais à la fin,
16:51elles ont accepté
16:52ces conditions-là
16:53qui a continué
16:55à financer l'Allemagne
16:56qui aujourd'hui
16:57fait des excédents
16:58et qui se comporte
17:00toujours en impérialisme
17:02vis-à-vis notamment
17:03des pays du Sud
17:04puisque la fracture
17:05Nord-Sud
17:06s'élargit
17:07à cause de la valeur
17:08de cette monnaie unique
17:10indexée
17:10sur ce marque
17:11gérée par une banque centrale
17:14qui n'a de pouvoir
17:14à rendre
17:15à personne.
17:16Et évidemment,
17:17on a mis Chypre
17:18dans la difficulté,
17:19on a mis la Grèce
17:20dans la difficulté,
17:21puis on a mis
17:22le Portugal,
17:23l'Espagne
17:23et l'Italie
17:23aujourd'hui dans la difficulté.
17:25On élargit la fracture
17:27avec les pays du Sud
17:28et donc,
17:29il faut revoir tout cela.
17:30C'est-à-dire,
17:31non seulement,
17:31il faut un bilan critique
17:33de tout cela,
17:34mais il faut refonder cela
17:36parce que si on ne le refonde pas
17:37à partir de la participation citoyenne,
17:40eh bien,
17:40cette construction européenne,
17:42il lui arrivera
17:43exactement la même chose
17:44qui est arrivée au soviétisme,
17:46c'est-à-dire que non seulement
17:47elle va aller dans le mur,
17:48mais elle va s'écrouler,
17:49elle va s'effondrer.
17:50On termine avec notre page culture
17:52qui est consacrée
17:53à un événement exceptionnel.
17:55À l'initiative
17:56de la pianiste Sophie Partouche
17:57avec le concours
17:58du metteur en scène
17:59Jean-Daniel Sénézy,
18:00une soirée de partage culturel
18:02en soutien à notre journal
18:04est organisée samedi 24 juin
18:06à l'espace Némeyer,
18:08place du colonel Fabien.
18:09Elle sera ponctuée
18:10par une multitude
18:11d'interventions d'artistes
18:12de disciplines diverses
18:14parcourant les espaces
18:15de l'œuvre
18:16du grand architecte brésilien.
18:18Alors Patrick,
18:18vous pouvez nous en dire
18:19un peu plus
18:19sur cette soirée de samedi ?
18:21D'abord,
18:21c'est une initiative
18:23d'artistes,
18:26d'acteurs du monde culturel
18:29qui ont décidé
18:31depuis déjà
18:32de nombreux mois
18:32de créer un événement
18:36en soutien financier
18:38à l'humanité.
18:39parce qu'ils savent
18:41que l'humanité
18:42est un journal
18:43passeur de savoir
18:44et de culture,
18:45est un journal
18:46qui est un peu
18:48aujourd'hui
18:50devenu
18:50le symbole
18:52du pluralisme
18:53de l'information
18:54et du débat
18:55en France
18:56et ils sont
18:58évidemment préoccupés,
18:59ils ont raison
19:00de l'avenir
19:01de l'humanité
19:02qui a besoin
19:02de beaucoup d'argent
19:04pour éponger
19:05des dettes
19:06et pour faire
19:08son fonctionnement
19:10courant.
19:11Donc,
19:12la soirée,
19:13elle est ouverte
19:15à toutes celles
19:15et ceux
19:16qui veulent y venir.
19:17On a déjà
19:17un peu plus
19:19de 60 créateurs,
19:21artistes
19:22de toute discipline
19:24qui soutiennent
19:25l'initiative.
19:26Une vingtaine
19:26d'entre eux
19:27seront présents
19:28physiquement
19:28et ils ont
19:30eux aussi
19:30le loisir
19:31de se produire
19:33ou de produire
19:33quelque chose.
19:34Soit un bout
19:35de film,
19:36soit de lire
19:36un texte,
19:37soit de faire
19:39quelques accords
19:42de musique
19:43de leur choix,
19:44soit de lire
19:45des poèmes,
19:46soit de dire
19:47quelques mots
19:49et dans une déambulation
19:51dans l'espace
19:52de l'œuvre
19:53d'Oscar Niemeyer
19:54où nous allons
19:55combiner à la fois
19:56la géographie
19:58de cette œuvre
19:59et puis
20:00la géographie
20:01culturelle
20:02à partir
20:02de la musique
20:04essentiellement
20:05au départ
20:05mais qui
20:06maintenant
20:06va s'enrichir
20:07d'autres disciplines.
20:09Et donc
20:10moi j'invite
20:11à venir
20:11pour rencontrer
20:13évidemment ces artistes,
20:14pour passer
20:15un moment agréable,
20:16pour se cultiver,
20:17pour se changer
20:18vraisemblablement
20:18les idées
20:19et en même temps
20:21c'est le point
20:22de départ
20:23d'une nouvelle campagne
20:24de collecte
20:26de dons,
20:27de prêts
20:27et d'argent
20:28pour notre journal
20:29qui risque
20:30puisque si
20:31on n'arrive
20:32pas à avoir
20:33plus de moyens
20:34de passer
20:36un été
20:37extrêmement difficile
20:38puisque
20:38je ne peux pas
20:40dire publiquement
20:41la totalité
20:43de notre situation
20:44à cause
20:45des aigles
20:46qui nous regardent
20:47mais je peux dire
20:49qu'elle est très difficile,
20:51je peux dire
20:52qu'on a besoin
20:52à nouveau
20:53de soutien financier
20:54extrêmement importants.
20:57samedi
20:58je vais relancer
20:59des initiatives
21:01en ce sens
21:02parce que
21:04l'humanité
21:05peut être menacée
21:07assez rapidement
21:09si à nouveau
21:10nous ne trouvons pas
21:12quelques moyens
21:14financiers supplémentaires
21:15et ceci
21:15avant la fin
21:16du mois d'août
21:17le mois de juin
21:18est déjà difficile
21:19je pense pouvoir
21:20le régler
21:22dans les deux ou trois jours
21:23qui viennent
21:23mais ma perspective
21:24pour le 31 août
21:26elle reste
21:28compliquée
21:28l'équation
21:29reste compliquée
21:30donc c'est un
21:30c'est une initiative
21:33originale
21:34culturelle
21:35mais c'est une initiative
21:36surtout
21:37de soutien
21:38et c'est un message
21:39que nous donnons
21:40à l'extérieur
21:42à toute une
21:43série de gens
21:45qui nous regardent
21:45qu'il s'agisse
21:46des pouvoirs publics
21:47qu'il s'agisse
21:47des médias
21:49en général
21:50qu'il s'agisse
21:53de
21:56de
21:57de gens
21:57qui évoluent
21:59dans le secteur
22:00privé
22:01qui sont attachés
22:02au pluralisme
22:02de la presse
22:03qui voient bien
22:04les dangers
22:05qui ont tenu
22:06d'exister
22:07dans notre pays
22:07c'est vrai que le cycle
22:08des élections
22:09est terminé
22:10mais ce n'est pas
22:11parce que le cycle
22:11des élections
22:12est terminé
22:13et que nous avons
22:14évité le pire
22:15qu'il ne faut pas croire
22:16que tout ceci
22:17ne remine pas
22:18dans la société
22:19et pour empêcher
22:21ce populisme
22:22de droite
22:22et cet extrémisme
22:23de droite
22:24de continuer à monter
22:25pour aider
22:26au partage
22:27des savoirs
22:28et de la culture
22:28pour aider
22:29à la confrontation
22:30démocratique
22:31au pluralisme
22:32des idées
22:33dans notre pays
22:34tout le monde
22:35sait très bien
22:36qu'il faut
22:37aider
22:38il faut créer
22:39les conditions
22:39pour aider
22:40l'humanité
22:41à survivre
22:42parce que la différence
22:43entre nous
22:44et la multitude
22:45des autres
22:45aujourd'hui
22:46c'est que nous ne sommes pas
22:47et nous ne serons pas
22:48adossés à un groupe
22:49industriel et financier
22:50nous ne vivons
22:51que grâce
22:52à des initiatives
22:53comme celle-là
22:54et à l'engagement
22:56de nos lectrices
22:56et de nos lecteurs
22:57par conséquent
22:58venez-y samedi
22:59et par la suite
23:02créer les conditions
23:03d'un beau succès
23:06d'un beau rassemblement
23:07fraternel
23:08culturel
23:09et citoyen
23:10de la fête
23:10de l'humanité
23:11dès la première
23:12quinzaine de septembre
23:14on y sera
23:15merci Patrick Le Yari
23:16merci bien
23:16on se retrouve
23:17très bientôt
23:18pour un nouveau numéro
23:19de Regards sur l'actualité
23:20Générique
23:22Générique