- il y a 7 minutes
Alors que Tel-Aviv souhaite créer des « zones de sécurité » et une zone tampon au sein même du territoire libanais, son armée a été surprise par les combats menés par le mouvement islamiste du Hezbollah. Elle révise depuis ses objectifs alors que tous les villages frontaliers sont détruits. Pierre Barbancey, grand reporter, envoyé spécial au Liban pour l'Humanité, témoigne au micro de Théo Bourrieau.
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NewsTranscription
00:01Comment vivent les Libanais et les Libanaises depuis le début de la guerre illégale déclenchée par les États-Unis et
00:06Israël ?
00:07Surtout, comment comprendre la stratégie de Benyamin Netanyahou contre le Liban ?
00:11Pour répondre à toutes ces questions, donc Pierre Barbancey, grand reporter au Service Monde et actuellement au Liban, en direct
00:16de Beyrouth.
00:17Pierre, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de l'ambiance en ce moment à Beyrouth, dans
00:23la capitale libanaise ?
00:26Quelle est l'ambiance ? Qu'est-ce que te disent les gens que tu croises, avec qui tu discutes
00:30?
00:33Oui, comme tu l'as dit, je suis dans la capitale libanaise, mais en fait je reviens de plusieurs jours
00:38dans le sud du Liban,
00:40qui est attaqué par Israël, où il y a de nombreux combats qui ont eu lieu.
00:45Pour répondre à ta question, pour parler d'abord de la capitale libanaise,
00:50c'est vrai qu'il y a plus d'un million de réfugiés maintenant au Liban, de déplacés en fait
00:55au Liban,
00:56donc une partie se retrouve ici aussi dans la capitale,
01:00ils sont dans des écoles, dans des gymnases, des endroits qui ont été aménagés,
01:05et puis surtout, surtout, la capitale Beyrouth est en réalité attaquée tous les jours par l'aviation israélienne.
01:12Alors évidemment, c'est plutôt la banlieue au sud, c'est-à-dire les quartiers chiites,
01:15on reviendra sur cette question, je pense, tout à l'heure, mais c'est un climat toute la journée,
01:22quand on n'entend pas les drones, on entend les avions de chasse israéliens qui survolent la capitale,
01:27et quand ils survolent, on sait que ce n'est pas pour faire coucou aux habitants,
01:31mais plutôt pour leur balancer quelques missiles,
01:33et encore quelques minutes avant que tu prennes l'antenne,
01:37on a entendu également un gros boom, qui est visiblement une frappe qui a été opérée dans la banlieue au
01:43sud de Beyrouth.
01:44Et puis, de temps en temps, les pilotes aussi s'amusent à passer le mur du son
01:49pour rappeler à la population libanaise qu'ils sont là, qu'ils sont sur surveillance,
01:53et que les Israéliens pourraient faire ce qu'ils veulent.
01:58Donc, évidemment que ça ne ferait pas une ambiance extraordinaire dans le pays,
02:03mais malheureusement, je dirais, les Libanais sont habitués.
02:07Ce n'est pas la première fois que ça se passe,
02:08et plusieurs fois, j'ai pu rencontrer, encore du reportage des familles,
02:12ou plusieurs générations, racontent leurs déplacements, leurs maisons détruites, etc.
02:17Et donc, ils se refont très rapidement, les Libanais se refont très rapidement une normalité,
02:24en espérant évidemment que ça se termine vite,
02:27et qu'ils puissent retrouver leur vie d'avant,
02:31mais au fur et à mesure des années, leur vie d'avant est toujours une vie d'avant.
02:35Tu veux dire que là, en ce moment, à Beyrouth, finalement, la vie continue presque,
02:39les gens sont tellement habitués, malheureusement, comme tu disais,
02:42que la vie continue sans cours, où il y a quand même des moments...
02:46Tu dis qu'il y a plein de gens dans la gymnase, etc.
02:49Est-ce que, par exemple, il y a beaucoup d'immeubles effondrés ?
02:51Je pense que les gens peut-être voient les images, mais toi, qu'est-ce que tu as vu ?
02:55Non, des images effondrées, on en voit surtout dans la banlieue sud.
02:59Le reste de la ville est relativement moins touchée,
03:02encore que ça arrive aussi à des endroits vraiment très peuplés qui peuvent être touchés.
03:08C'est particulièrement, encore une fois, cette banlieue sud,
03:10comme ça, elle était en 2024, comme ça, elle était en 2006,
03:14et comme ça l'est régulièrement.
03:16Mais encore une fois, les gens ont tellement l'habitude que ça en est presque à pleurer.
03:20Tu le disais, tu reviens tout juste d'un reportage dans le sud,
03:24du Liban, tu es notamment dans le village de Ebel El-Saki.
03:27Alors, je le montre quand même pour les gens,
03:30je ne suis pas sûr que tout le monde voit très bien.
03:33Donc, c'est ce village ici, et donc, tu vois la carte, là, sur ton...
03:37Ça va être tout petit, mais...
03:40Ça va être tout petit, mais vraiment, je me rapproche.
03:42Donc, Ebel El-Saki, c'est ici, donc c'est là que tu as fait ton reportage,
03:44et d'après ce que j'ai lu, parce que j'ai eu la chance de lire en avance ton
03:49reportage,
03:50Maria Kuhn, c'est ça, et Kiam, ici, c'est dans cette zone-là que tu as fait ton reportage.
03:54C'est bien ça ?
03:55Oui, c'est-à-dire pas à Riam même, justement,
03:57parce qu'il y a des combats très intenses qui ont lieu,
03:58et puis on ne peut absolument pas en approcher.
04:01Mais c'est surtout ces villages Ebel El-Saki,
04:05et puis tous les villages qui sont vers la frontière, un petit peu plus au sud,
04:09qui en fait, qui entourent Riam.
04:10Et j'ai voulu me rendre là-bas d'abord, parce qu'en 2024, malheureusement, j'avais déjà fait,
04:15et puis en 2006 aussi, mais en 2024, j'avais fait les autres villages plus à l'ouest,
04:21donc vers la frontière israélienne,
04:24notamment après, juste à la fin de la guerre,
04:26j'avais pu voir toutes les destructions qui avaient été occasionnées par l'armée israélienne.
04:30Et quand je dis destruction, c'est-à-dire, c'est faire imploser les maisons.
04:33Les maisons étaient par terre.
04:34C'était la volonté de créer une espèce de nomad's land, en fait.
04:39Et c'est un peu ce qui est en train de se repasser là.
04:42Alors, Israël a un drôle de jeu, en réalité.
04:45D'abord, parce que dans des zones comme ça, ça tape, ça bombarde.
04:51Il y a des avions, il y a des drones, il y a de l'artillerie, il y a des
04:56canons anti-chars.
04:58Et comme le Hezbollah pratique une tactique de guérilla contre l'armée israélienne,
05:05ça donne, voilà, là, vous n'entendez pas, mais on vient d'entendre encore une frappe
05:10qui vient d'avoir lieu sur Beyrouth.
05:14L'armée israélienne veut aussi créer un climat dans la population.
05:20Et notamment, elle veut créer un climat anti-chiite,
05:24puisque dans la vision israélienne, tous les chiites sont censés supporter, soutenir le Hezbollah.
05:31Et donc, dans leur acception, tous les juifs seraient censés soutenir Israël.
05:36Bon, évidemment, ça n'est pas comme ça, mais ça crée quand même une espèce de climat,
05:43d'autant plus qu'ils envoient des ordres dans les villages.
05:46Parce que dans ces zones-là, ce sont des villages, il y a quelques villages chiites,
05:52il y a des villages druzes et des villages chrétiens, et quelques petits villages sunnites.
05:59Et donc, en gros, les Israéliens disent, non, mais vous, les chrétiens, on ne va pas vous toucher,
06:05mais il ne faut que personne n'entre dans votre village.
06:08Donc, ils envoient des ordres, des messages, et puis même, dans le village que j'ai pu visiter,
06:14ils ont détruit les réseaux hydrauliques et les réseaux des égouts,
06:19qui desserrent aussi le village chiite d'un côté.
06:22Et donc, pour faire dire aux habitants, vous voyez, s'il n'y avait pas les chiites,
06:25tout ça ne vous arriverait pas.
06:27Et donc, ils essaient de créer ce climat, très certainement, pour essayer de faire fuir les chiites,
06:32et puis, pour instaurer des zones dites de sécurité dans ce sud du Liban,
06:39où il n'y aurait que des populations sous haute surveillance,
06:42puisqu'Israël va en tant que créer 18 postes d'observation dans les zones de sécurité qu'elle fait.
06:48Je pense qu'elle a avancé maintenant d'à peu près 8 km dans la profondeur libanaise.
06:54Alors, tout ça, évidemment, je parlais de la capitale libanaise tout à l'heure,
06:58dans les villages, c'est quand même pire, parce que d'abord, ce sont des villages isolés,
07:03d'autant plus que c'est dans les montagnes, il y a des vallons, des vallées,
07:06n'importe quel bruit se répercute de manière décuplée,
07:09donc ce qui crée une ambiance encore pire,
07:12et on a toujours du mal à savoir d'où viennent les tirs,
07:14et que quand on a un peu l'habitude, d'abord, qu'on sait si c'est un départ
07:18ou si c'est une arrivée d'obus ou de missiles,
07:23mais c'est toujours très délicat, et donc c'est toujours être sur le qui-livre.
07:27En plus, ces villages sont susceptibles, évidemment,
07:32de se retrouver au milieu des affrontements entre l'armée israélienne
07:36et les combattants du Hezbollah,
07:39comme c'est arrivé dans le village de Klaïa, par exemple,
07:42et pour forcer les villages à suivre la politique israélienne,
07:47Israël n'hésite pas, par exemple, dans ce village de Klaïa dont je parle,
07:51le prêtre a été tué, alors qu'il se trouvait dans une maison,
07:55a été tué avec deux coups de canon d'un charme israélien.
07:59En gros, c'était un peu un avertissement,
08:01puisque ce même prêtre avait dit deux jours auparavant,
08:03il n'est pas question d'obéir, il disait ça à ses oies, comme on dit,
08:09il disait aux habitants de Klaïa,
08:10il n'est pas question de partir comme le réclament les Israéliens,
08:12il nous faut résister pour défendre notre terre,
08:15même si notre résistance se fait sans les armes,
08:17et pacifiquement.
08:17Deux jours après, ce prêtre a été tué, tout simplement.
08:21J'essaie, en fur et à mesure que tu nous donnes des noms,
08:24d'essayer de les trouver sur la carte.
08:26Des fois, j'y arrive, des fois, je n'y arrive pas,
08:27mais Klaïa, je l'avais trouvé.
08:30Tu disais juste avant que l'armée israélienne demandait,
08:34notamment aux villages à majorité chrétienne ou à majorité druze,
08:38de refuser le moindre soutien aux chiites.
08:45Est-ce que c'est quelque chose qui est fait, qui est accepté par ces villages-là ?
08:48Ou au contraire, comme tu commençais à le dire,
08:50il y a aussi une forme de résistance des communautés chrétiennes,
08:54des communautés druzes, de ne pas collaborer,
08:57le mot est forcément un petit peu difficile,
08:59mais de collaborer avec l'armée israélienne.
09:01Non, il n'est pas difficile, mais il est réel.
09:02Il est réel, bon, alors on peut le dire.
09:04De collaborer avec l'armée israélienne pour débusquer
09:07et pour faire souffrir le plus possible les villages à majorité chrétienne.
09:14Alors, dans la grande majorité, la réalité, ce que j'ai pu constater,
09:18c'est que les habitants et les villages ne veulent pas obtempérer.
09:22À part les villages où il y a une majorité des forces libanaises,
09:25c'est-à-dire l'extrême droite libanaises chrétienne,
09:28celle de Samir Jaja,
09:30ceux-là, eux, c'est avec un grand plaisir qu'ils obtempèrent.
09:33Ils n'avaient peut-être même pas attendu Israël pour...
09:37Je ne pense pas, c'est dans les villages, c'est un petit peu plus compliqué.
09:40Mais dans certains villages, effectivement,
09:42certains ne voulaient pas suivre ces ordres-là,
09:46mais il y a aussi des questions de sécurité,
09:47parce qu'ils connaissent les Israéliens depuis des décennies,
09:51puisque je rappelle quand même qu'Israël était déjà intervenu
09:54une première fois en 1948, quand même, au Liban,
09:58notamment en provoquant un massacre dans le village de Houla,
10:00qui est un village frontalier,
10:03qui est un village frontalier en 1977, en 1978,
10:08en 1980 et en 82, ils ont carrément envahi,
10:11ils sont montés jusqu'à Beyrouth,
10:12et après, ils sont restés jusqu'en 2000,
10:15en mettant en place une armée de collaboration
10:17qui était l'armée du Liban Sud,
10:21dirigée par un Libanais.
10:23Donc oui, le bon collaboration a tout son sens,
10:27il n'a pas été inventé, ça dit bien ce que ça veut dire.
10:32Donc je disais, il y a des villages qui voudraient
10:35ne pas suivre les ordres, mais ils ont effectivement très peur
10:39soit d'être ciblés par l'armée israélienne,
10:43soit carrément d'être occupés,
10:45voire d'avoir leur maison qui soit détruite.
10:49Donc ceux-là ont mis en place une espèce de barrage filtrant
10:52à l'entrée et à la sortie de la ville
10:56avec une espèce de police municipale
10:58qui n'en est pas une,
10:59mais c'est juste pour marquer un semblant d'autorité,
11:02ou d'autres ont refusé tout simplement,
11:06notamment la ville de la Sabillée,
11:08où le maire a décidé, le maire Druze,
11:10a décidé d'accueillir 25 familles chiites
11:13qui viennent de la ville de Khiam,
11:15et puis dans un autre village
11:17où il y a une majorité sunnite,
11:20eux carrément ont fait savoir
11:21qu'il n'était pas question pour eux
11:23de suivre les ordres des Israéliens.
11:25On trouve d'ailleurs dans ce village
11:27beaucoup de communistes et d'hommes
11:30qui ont combattu dans les années 70
11:33avec les Palestiniens contre Israël au Liban
11:35pendant l'occupation israélienne,
11:37dont certains se sont retrouvés en prison
11:39dans cette fameuse ville de Khiam,
11:42et donc pour eux,
11:43même s'ils n'ont pas les mêmes idées que le Hezbollah,
11:46notamment sur la nature de la société,
11:49ils comprennent très bien
11:50que la résistance aussi est à fait
11:51et qu'eux ne peuvent pas empêcher
11:53les gens de résister.
11:55Tu disais que dans certains villages,
11:57évidemment, il y avait la peur,
11:58mais il y avait aussi des fois de la colère.
11:59Tu dis dans ton papier
12:01que ton arrivée dans un de ces villages
12:02a provoqué la colère de certains habitants.
12:05Est-ce que tu peux nous raconter
12:06un petit peu cette scène ?
12:07Alors, ça peut paraître anecdotique,
12:08mais je crois que ça dit aussi
12:10beaucoup de choses sur la situation.
12:11Donc, est-ce que tu peux nous raconter
12:12ce moment,
12:14et surtout, pourquoi ils étaient en colère
12:16de te voir arriver,
12:17toi, journaliste français,
12:18dans leur village ?
12:21Ils étaient en colère, encore une fois,
12:23parce que ce village,
12:24cette petite ville, d'ailleurs,
12:25de Marjayoun,
12:27il se trouve en face de Khiam,
12:29en fait, qui est à l'est de Khiam,
12:32mais c'est séparé par un vallon.
12:34Donc, à vol d'oiseau,
12:35c'est vraiment très court.
12:37Ce n'est même pas un kilomètre.
12:39Et effectivement,
12:41comme je raconte dans le reportage
12:42qu'on publiera demain,
12:44dans l'UMA de demain,
12:45d'abord, pour se rendre là-bas...
12:47Dès ce soir, sur le site internet.
12:48Tu oublies toujours internet, Pierre.
12:51Oui, oui, pardon.
12:54Et j'ai besoin du papier, moi.
12:56Je sais bien, je sais bien.
12:58Oui, bon.
13:00Effectivement,
13:01mais même pour se rendre
13:01dans cette petite ville
13:04de Marjayoun,
13:05c'est déjà très compliqué,
13:05parce qu'on est complètement
13:06à découvert face à Ariane.
13:09Et qu'en plus,
13:10dans la période où j'y étais, moi,
13:12il y avait énormément de brume.
13:14Donc, on avait du mal
13:15à distinguer les choses.
13:16On avait du mal,
13:16y compris à distinguer vraiment Khiam,
13:18même si ce n'était pas très, très loin.
13:20Et donc, en fait,
13:20le fait de ne pas vraiment
13:24discerner ce qui se passe
13:25ou ce qu'il y a derrière
13:27rajoute, en fait, à l'attention.
13:30Donc, déjà,
13:30arriver dans ce village,
13:31c'était un petit peu...
13:32Ce n'était pas insurmontable.
13:34Mais, bon, voilà,
13:34il y avait quelques risques.
13:37Mais surtout,
13:38les gens étaient en colère
13:41parce que pour eux,
13:42faire des photos,
13:44ça pourrait déplaire aussi
13:45aux Israéliens.
13:46Ça pourrait être des photos
13:48qui pourraient servir
13:49à la résistance,
13:51au Hezbollah.
13:52Et donc,
13:52si les Israéliens
13:54s'apercevaient de ça,
13:56notamment grâce
13:57aux réseaux sociaux
13:58et grâce à Internet,
14:00parce qu'ils ont du mal
14:00à trouver l'humain
14:01sur papier,
14:04ils ont peur
14:06qu'il y ait une répression
14:10qui se fasse
14:10de la part des Israéliens.
14:12Et donc,
14:13ils se sont un peu pris
14:14la tête,
14:15comme on dit,
14:16entre eux,
14:16pour savoir
14:17si on nous laissait
14:19arriver dans la ville
14:20et faire des interviews
14:21ou pas.
14:22Et donc,
14:22c'est le Mokhtar,
14:23c'est-à-dire un peu le...
14:25Ce n'est pas le maire,
14:26le Mokhtar,
14:26mais c'est un peu celui
14:27qui s'occupe
14:27un peu des affaires courantes
14:28et pas seulement administratives.
14:31Le Mokhtar du coin,
14:32un jeune gars de 46 ans
14:33qui nous a permis
14:35de faire notre travail.
14:37Et une fois que tu as pu
14:39rentrer dans ce village,
14:41j'imagine que tu as commencé
14:42aussi à discuter
14:42avec la population.
14:43Est-ce que quand tu commences
14:44à discuter avec eux,
14:45à lancer des interviews,
14:46est-ce qu'ils comprennent aussi,
14:47toi, ton travail de journaliste
14:49et pourquoi c'est important
14:50que tu puisses écrire
14:52ce qu'ils te disent,
14:53montrer ce qu'ils te disent,
14:55montrer des photos, etc.
14:56Est-ce qu'ils comprennent ça
14:57ou est-ce que les discussions
14:59étaient difficiles aussi ?
15:01Non, non, non,
15:03ils comprennent bien.
15:04C'est le seul truc
15:05qu'il y avait,
15:06c'était qu'ils avaient peur
15:07que ce soit utilisé
15:08d'une autre manière.
15:10Mais autrement,
15:11non, non,
15:11ils comprennent très bien.
15:13Et moi,
15:13je me suis évertué,
15:15je pense que c'est
15:16parce que c'est aussi du bas,
15:18je me suis évertué
15:19à essayer de comprendre
15:20des choses
15:20et pas simplement
15:22à en rester sur l'affect,
15:24sur la question humanitaire.
15:27bien sûr,
15:27il y a les souffrances,
15:28bien sûr,
15:28il faut les dire,
15:29bien sûr,
15:29il faut en parler,
15:30mais il faut aussi
15:31essayer de comprendre
15:33l'état d'esprit
15:35d'une situation
15:36qui est une situation
15:37avant tout politique,
15:38en fait,
15:39en réalité.
15:40Et donc,
15:40pour essayer
15:41de démener des choses,
15:43c'est comme ça
15:43que je me suis aperçu
15:45que les Israéliens
15:46ne faisaient pas simplement
15:47la guerre contre le Hezbollah,
15:49c'est un prétexte,
15:50en réalité,
15:51le Hezbollah,
15:52d'abord,
15:53parce qu'encore une fois,
15:53ils ont toujours lornier
15:57sur le sud du Liban.
16:00Je rappelle dans le papier
16:02que dès 1919,
16:05Chaim Wetzmann,
16:07qui était un des chefs
16:07sionistes,
16:08de projet sioniste,
16:09donc deux ans tellement
16:10après la déclaration Balfour,
16:13où les Britanniques
16:15reconnaissaient
16:15l'installation
16:17d'un foyer national juif
16:18en Palestine,
16:19deux ans après seulement,
16:21Wetzmann commençait à parler
16:22déjà du flambe d'Italie
16:24et d'une frontière
16:25pour le foyer national
16:26qui montrait jusque-là,
16:27et tous les dirigeants
16:28sionistes par la suite
16:28en ont parlé,
16:29y compris Ben Gurion,
16:31etc.,
16:31et c'est exactement
16:32ce qu'ils ont fait
16:32dès 1948.
16:34Donc,
16:35c'est d'abord
16:35une question politique.
16:36Et donc,
16:37je voulais essayer
16:37de comprendre
16:38à quoi mènent
16:39ce que font les Israéliens.
16:41Et donc,
16:42c'est là où je me suis aperçu
16:43qu'effectivement,
16:44d'abord,
16:45ils essaient
16:45de diviser les populations,
16:47puisque quand on leur dit
16:49« si vous accueillez des chiites,
16:51vous allez vous prendre
16:52des missiles
16:53sur le toit »,
16:55évidemment que ça divise
16:56les gens,
16:56quoi qu'on fasse,
16:57il y a des gens
16:58qui vont dire
16:58« ben non,
16:59il ne faut pas les accueillir ».
17:00Et même si c'est minoritaire,
17:03ça va créer,
17:03de toute façon,
17:04au sein de la communauté
17:06originelle,
17:06ça va créer aussi
17:07des tensions.
17:08Donc,
17:09ça empêche
17:10toute unité,
17:11en réalité,
17:12du peuple libanais.
17:14Et donc,
17:14il y a cette volonté-là
17:15qui est aussi
17:17qui se double
17:19ou qui se triple
17:19d'une volonté israélienne,
17:22en réalité,
17:23de faire retomber
17:25le Moyen-Orient
17:26dans une division
17:27des pays
17:28qui ne seraient plus
17:29des pays
17:29des États-nations
17:30comme on les connaît
17:31aujourd'hui,
17:32même s'ils sont
17:33évidemment hérités
17:34aussi de la suite
17:35de l'Empire Ottoman
17:36et des accords
17:37saix-pico,
17:38etc.,
17:39etc.,
17:40du début
17:40du XXe siècle.
17:42Mais les Israéliens
17:43voudraient qu'il y ait
17:44des États
17:44qui soient des États
17:45confessionnels
17:46ou des États
17:46communautaires
17:47qui seraient évidemment
17:47des petits États.
17:49Et en faisant ça,
17:50notamment au Liban,
17:51qui est quand même
17:51le maillon faible,
17:54d'une certaine manière,
17:55puisque la politique
17:56au Liban
17:57est une politique
17:58confessionnelle,
17:59puisque le Premier ministre
18:01est sunnite,
18:01doit être sunnite,
18:03le président de la République
18:04doit être chrétien-marronnite
18:06et le président du Parlement
18:07doit être chiite.
18:08Donc,
18:08toute la division
18:09se fait de cette manière-là.
18:10Donc,
18:10c'est très facile
18:11d'appuyer dessus
18:12pour aller plus fort.
18:13Ça l'est d'autant plus
18:15que cette guerre
18:18qui est menée
18:19par Israël,
18:20qu'ils voulaient,
18:21parce que là,
18:22ils ont dit
18:22que c'est le Hezbollah
18:23qui avait tiré.
18:24Oui,
18:24le Hezbollah
18:24a tiré le 2 mars,
18:26mais il y a eu
18:27la guerre en 2024.
18:28Il y a eu
18:28un cessez-le-feu
18:29qui a été instauré
18:30le 27 novembre 2024,
18:33sous l'égide,
18:33d'ailleurs,
18:34de la France
18:34et des États-Unis,
18:35qui n'a jamais été
18:36respecté par Israël,
18:38puisque même
18:39la finule,
18:40c'est-à-dire la force
18:41des Nations Unies
18:42qui est installée au Liban
18:43depuis les années 70,
18:46elle-même a dit
18:47qu'il y avait
18:47des milliers de fois
18:48où Israël
18:49a violé
18:50le cessez-le-feu
18:51depuis novembre 2024.
18:53Il a violé
18:54le cessez-le-feu aussi,
18:55notamment,
18:55parce qu'ils mettaient
18:57déjà en place
18:58ce qu'ils utilisent
18:58actuellement,
18:59c'est-à-dire qu'ils ont mis
19:00en place
19:01cinq postes
19:01d'observation militaire,
19:03que j'avais pu voir
19:04l'année dernière
19:05en territoire libanais,
19:07donc en violation totale
19:08du cessez-le-feu,
19:09et ces cinq postes
19:10d'observation
19:11sont disséminés
19:11dans le sud
19:12de telle manière
19:13vers la frontière,
19:14enfin côté libanais
19:15mais sur la frontière,
19:16qui a permis
19:17à une avancée rapide
19:18des troupes israéliennes
19:20cette fois-ci
19:20depuis les 2 mars,
19:22puisqu'il y avait
19:22en soutien
19:23ces postes
19:24d'observation.
19:25Et c'est pour ça
19:26que la deuxième phase
19:27de la guerre
19:27qui a été entamée
19:28il y a plusieurs jours
19:29maintenant
19:29est plus compliquée
19:31pour les Israéliens,
19:31d'abord parce que
19:32le terrain n'est plus le même,
19:34parce qu'à la frontière,
19:35le début,
19:35à la frontière,
19:36c'est quand même
19:36un terrain relativement plat,
19:38même si c'est des plateaux,
19:40mais après là,
19:41c'est plutôt dans les vallons,
19:42les vallées,
19:43d'où la nécessité
19:44qu'ils avaient
19:44de prendre la ville de Riam,
19:45qui est à 800 mètres d'altitude,
19:47et la ville de Taïbé
19:48qui se trouve
19:49à peu près à la même hauteur,
19:50un petit peu plus à l'ouest,
19:52donc dans un cadre
19:52de stratégie militaire.
19:54Mais là,
19:54ils ont eu
19:55beaucoup plus de mal.
19:57Ce qui était intéressant
19:58aussi à noter,
19:58c'est que
19:59tous ceux que j'ai pu,
20:01tous les gens
20:02que j'ai pu voir
20:03et les spécialistes
20:04que j'ai pu rencontrer
20:05disent tous
20:06qu'Israël,
20:06en fait,
20:07a été étonné
20:08de la résistance
20:09du Hezbollah
20:10et pensait que le Hezbollah
20:11a pris l'assassinat
20:12d'Hassadrassala,
20:13le frontière général,
20:15puis un certain nombre
20:16de dirigeants politiques
20:17et militaires
20:18de cette organisation,
20:20et puis la guerre
20:21de 2024,
20:22pensait que le Hezbollah
20:23était sous les rotules
20:24et en réalité,
20:26le Hezbollah a changé,
20:28non seulement
20:28a su reconstituer
20:29ses forces
20:30de manière assez secrète,
20:32je pense qu'il n'avait pas
20:33utilisé toutes les armes
20:34dont ils avaient
20:35à disposition
20:36en 2024,
20:38notamment parce que
20:39les Iraniens ne voulaient
20:39pas qu'ils les utilisent,
20:40qu'ils les utilisent
20:42cette fois
20:42et qu'ils ont aussi
20:43changé leur stratégie,
20:45c'est-à-dire qu'ils ne
20:45se comportent plus
20:46sur le terrain
20:47comme une armée,
20:48mais plutôt
20:49comme des groupes
20:50de guérillas
20:51et donc ils attaquent
20:52à trois ou quatre,
20:52ils attaquent
20:53des rassemblements
20:54de soldats,
20:55ils attaquent
20:57des chars israéliens
20:58avec des tactiques
20:59éprouvées,
21:00c'est-à-dire que
21:01deux combattants
21:02vont tirer au RPG
21:03sur un char
21:05et le troisième arrive
21:06avec ce qu'on appelle
21:07un cornet,
21:07qui est une arme russe
21:08qui va transpercer
21:11le blindage
21:12de ces chars
21:14et donc c'est assez efficace
21:15et donc plusieurs chars
21:16ont déjà été neutralisés
21:17de cette manière-là.
21:18Et donc Israël a été
21:19très très étonné,
21:20c'est pour ça que ça a ralenti
21:22leur progression,
21:23puisque l'idée du Hezbollah
21:24visiblement
21:25n'est pas de les arrêter
21:26parce qu'ils savent
21:26qu'ils ne le peuvent pas,
21:27mais en tout cas
21:28de les ralentir,
21:29de les harceler en permanence
21:30et de leur montrer
21:31que rester tout le temps,
21:33ça sera vraiment
21:33très très compliqué.
21:35Et on a appris
21:36aujourd'hui
21:37que l'État-major israélien
21:39dit maintenant
21:39que pour l'instant
21:40ils vont quasiment
21:42en rester là,
21:43mais en réalité,
21:45parce que leur objectif politique
21:47n'est pas atteint,
21:47leur objectif politique
21:48est le désarmement total
21:50du Hezbollah.
21:51C'est la manipulation
21:52qui avait été faite
21:53après la guerre de 2024,
21:55notamment avec l'installation
21:56d'un nouveau gouvernement
21:58libanais
21:58avec à sa tête
22:00le premier ministre
22:00Nawaf Salam
22:02et que ça,
22:03ça ne fonctionne pas
22:04pour une bonne raison,
22:05c'est qu'Israël
22:06a voulu jouer
22:07sur les deux tableaux,
22:08a fait pression
22:09sur le Liban
22:09et que les États-Unis aussi
22:11pour qu'il n'y ait pas
22:12une véritable armée libanaise
22:14parce que l'armée libanaise
22:15aujourd'hui
22:17serait incapable
22:17de faire front,
22:19mais donc
22:20les gens,
22:21y compris des gens
22:21qui ne sont pas spécialement
22:22pro Hezbollah
22:23que j'ai pu rencontrer,
22:24y compris des gens
22:25qui se sont réfugiés
22:26à Beyrouth
22:27en disant
22:28« Ok, s'ils ne veulent pas
22:29le Hezbollah,
22:29d'accord,
22:30mais qui va nous défendre ? »
22:32Et donc,
22:33ils ont perdu
22:33ce jeu politique-là
22:34pour l'instant.
22:35Tu as évoqué tout à l'heure
22:36la FIUL,
22:37donc la force d'intervention
22:39de l'ONU
22:39sur la frontière au Liban.
22:41Elle fait quoi en ce moment ?
22:43Elle est où ?
22:43Est-ce qu'elle est
22:43complètement spectatrice ?
22:45Est-ce qu'elle s'est retirée
22:46de la frontière ?
22:49Non, non,
22:49pour l'instant,
22:50la FIUL ne s'est pas retirée
22:51de la frontière.
22:51Elle est dans plusieurs points
22:54dans le sud du Liban,
22:56mais les casques bleus,
22:57vous le savez,
22:58n'ont pas le droit
22:58d'aller à l'engagement,
22:59n'ont pas le droit
23:00d'aller combattre,
23:02mais pourtant,
23:02ils ont déjà été visés
23:04par l'armée israélienne,
23:05puisque trois casques bleus
23:07ont déjà été tués
23:07à la fin mars,
23:09trois casques bleus
23:10ont été tués,
23:11trois Indonésiens.
23:12Il y a aussi
23:13des combats
23:14qui se déroulent
23:14à proximité
23:15des bases
23:17de la FIUL,
23:18des casques bleus,
23:19des troupes
23:20de l'ONU,
23:21et donc ça met aussi
23:22en danger,
23:22évidemment,
23:23ces hommes
23:23qui ont du mal
23:25à accomplir leur mission.
23:26J'ai pu les croiser
23:27quand j'étais
23:28à Eben-Essay,
23:30on a vu
23:31deux véhicules blindés
23:32de l'ONU,
23:34c'est blanc
23:34avec les lettres noirs
23:35avec les UN,
23:36les United Nations,
23:37on a pu les voir passer.
23:39Ils servent aussi
23:39beaucoup
23:41d'escorte
23:41quand des populations
23:43veulent partir
23:44ou quand il y a
23:45un certain déplacement
23:46qui doit se faire,
23:47par exemple,
23:48quand il y a
23:48des convois
23:49de ravitaillement
23:50qui doivent atteindre
23:51des villages
23:52pour que la population
23:53ne soit pas coupée
23:54et puisse être ravitaillée,
23:56c'est les gens
23:57de la FIUL,
23:57les militaires de la FIUL
23:58qui les accompagnent
23:59en espérant évidemment
24:00que la protection
24:01des Nations Unies
24:02puisse encore servir
24:04à quelque chose
24:04quand on voit
24:05qu'Israël ne respecte
24:06pas tellement
24:06les Nations Unies.
24:08Je fais une toute
24:08petite parenthèse,
24:09Pierre,
24:10on vient d'avoir
24:10un raid de Mathieu Burgalassi,
24:12donc plein de gens
24:12qui sont arrivés
24:13sur le live,
24:14donc bonjour
24:15à toutes et à tous,
24:15bienvenue.
24:16On est en plein
24:17émission,
24:18l'international,
24:18donc on fait un petit peu
24:19le tour de ce qu'il se passe
24:21dans le monde
24:21et on est actuellement
24:22avec Pierre Barbancet
24:23qui est en direct
24:24de Beyrouth au Liban
24:25et qui nous parle
24:27de ce qui se passe
24:29au Liban,
24:29évidemment.
24:29Il revient tout juste
24:30de reportage
24:31du sud du Liban,
24:32donc c'est de ça
24:33dont on est en train
24:33de parler.
24:35Bienvenue à tout le monde
24:35et merci pour le raid.
24:38Peut-être dernière question
24:40avant qu'on passe
24:41au prochain sujet,
24:42Pierre,
24:43tu le disais,
24:44tu parlais du fleuve Litani,
24:45tu parlais de Ria,
24:46en ce moment,
24:47qui est bombardé,
24:48où l'armée israélienne
24:50va s'arrêter,
24:51selon toi.
24:52Donc là,
24:52tu nous as dit
24:52que déjà avec les postes
24:54avancés,
24:55on va dire,
24:55à la frontière,
24:56mais côté libanais,
24:57en fait,
24:58ils se sont déjà
24:59emparés de la zone
25:00frontalière avec le Liban,
25:01que là,
25:02ils commencent à aller
25:03plus au nord,
25:03mais qui sont confrontés
25:05à un terrain différent,
25:06notamment un peu plus
25:07vallonné,
25:07plus montagneux.
25:08Est-ce que l'objectif,
25:09c'est d'aller jusqu'au fleuve Litani,
25:11dont tu nous parlais,
25:11qui est l'objectif
25:13du projet sionniste
25:14quasiment dès le départ,
25:15où ils en sont
25:16et où jusqu'où
25:18pourrait aller
25:19l'armée israélienne ?
25:21Alors,
25:23je ne sais pas,
25:24ni un spécialiste militaire
25:25dit complètement
25:25dans le secret des dieux,
25:26ça va être un petit peu compliqué.
25:28Je pense,
25:29dans ce qui était prévu,
25:30de ce que,
25:31me disait
25:33Dabi Awada,
25:34qui est un spécialiste
25:36libanais
25:37des stratégies politiques
25:38et militaires
25:39d'Israël,
25:45Israël,
25:45au départ,
25:46voulait prendre
25:4618 kilomètres
25:47à l'intérieur
25:48des terres libanaises,
25:50c'est-à-dire créer
25:51des zones de sécurité
25:52et après,
25:53une zone tampon.
25:54Et dans cette zone,
25:55alors,
25:55ils ont un peu changé
25:56leur fusil d'épaule,
25:57visiblement,
25:57avec ce qu'ils ont rencontré
25:59sur le terrain,
25:59ce que j'expliquais
26:00tout à l'heure.
26:01Donc,
26:01il y a une zone numéro 1
26:02qui a été créée,
26:03qui est à peu près
26:04sur 5 kilomètres
26:05en profondeur
26:06en territoire libanais,
26:07quand on part
26:08de la frontière,
26:10en fait,
26:11c'est la ligne
26:11de débarcation
26:11entre le Liban
26:13et Israël,
26:13parce que je rappelle
26:14qu'il n'y a pas
26:14et de traité de paix
26:16entre le Liban
26:17et Israël.
26:18Donc,
26:19c'est une zone de sécurité
26:19dans laquelle
26:22Nabi Awad
26:23dit que les Israéliens
26:25parlent de zone de la mort,
26:27parce que c'est une zone
26:28où ils ne veulent plus personne,
26:30aucun être humain.
26:31C'est pour ça
26:32qu'ils détruisent tout
26:33et qu'ils vont empêcher,
26:34parce que ce sont des zones
26:35qui se trouvent
26:36face à deux villages
26:38israéliens de l'autre côté,
26:40Métoula
26:42et Kiryat Shmona,
26:44et donc,
26:44ils entendent
26:45qu'il n'y ait plus personne
26:46pour le bien-être
26:47de ces populations
26:49de l'autre côté,
26:50et peu importe
26:51que les Libanais,
26:52eux,
26:52soient tués
26:53ou soient contraints
26:54de partir.
26:55Donc,
26:55il y a cette première zone
26:56de 5 km.
26:57Il semblerait
26:58qu'ils avancent encore
26:59de 3 ou 4 km
27:00dans une zone numéro 2,
27:02peut-être qu'ils vont
27:03s'arrêter là pour l'instant,
27:04mais s'arrêter là,
27:04c'est sur les zones de sécurité,
27:06mais après,
27:06ils ont clairement dit
27:07depuis le début
27:08et Israël Katz,
27:09le ministre israélien
27:10de la Défense
27:11l'a encore redit
27:12il y a quelques jours,
27:14c'est de faire
27:14une zone tampon
27:15au moins
27:16qui va jusqu'au Litanie.
27:18C'est-à-dire que
27:18la zone tampon,
27:19c'est le grand truc
27:20des Israéliens maintenant,
27:22puisque cette zone tampon,
27:23ils veulent aussi en créer une
27:24en territoire israélien,
27:27en territoire,
27:27pardon,
27:28en territoire syrien,
27:29en bas du plateau du Golan,
27:31dont ils occupent
27:32une partie,
27:33mais vous savez
27:33qu'à la chute
27:34de Bachar el-Assad
27:36en décembre 2024,
27:37l'armée israélienne
27:38a avancé
27:39encore plus
27:40son territoire syrien
27:40et entend maintenant créer,
27:42donc j'ai pu aussi
27:42les voir sur place
27:44là-bas
27:44quand je me suis rendu
27:46quelques semaines plus tard
27:47là-bas en Syrie,
27:50et donc ils entendent créer
27:51cette zone tampon,
27:53mais à Gaza,
27:55c'est exactement
27:55ce qu'ils sont en train
27:56de faire aussi,
27:57puisque 52%
27:59de la bande de Gaza
28:00est encore occupée
28:01par l'armée israélienne
28:02et qui entend faire aussi
28:03une zone tampon
28:03par rapport
28:04à son propre territoire.
28:07Et donc,
28:08en fait,
28:08ce à quoi on assiste
28:10au Liban sud aujourd'hui,
28:12c'est un petit peu,
28:13toute proportion gardée,
28:14c'est un petit peu
28:15ce qui se passe à Gaza,
28:16en tout cas sur les destructions
28:18des habitations
28:19et sur la volonté
28:20de faire
28:21ces zones-là,
28:22ces zones mortes
28:24en quelque sorte.
28:26Et donc,
28:26voilà,
28:27de quelle manière
28:27après cette zone tampon,
28:29ils vont la faire
28:30appliquer,
28:31il faut dire,
28:31mais ça devient peut-être
28:32un peu compliqué
28:33pour ceux qui nous écoutent,
28:36qui avaient une résolution
28:38de l'ONU,
28:38la 1701,
28:39qui prévoyait,
28:41il y a eu deux résolutions
28:42de l'ONU,
28:43qui prévoyaient
28:43le désarmement
28:44du Hezbollah
28:45et le retrait
28:46des troupes
28:47du Hezbollah
28:47au nord du fleuve
28:48d'Italie,
28:49justement.
28:49Donc,
28:50ce fleuve d'Italie
28:50qui décidément
28:52était une sorte
28:52de frontière.
28:53Donc,
28:55il est évident
28:56que ça ne correspond
28:56plus à rien
28:57parce que même
28:58au nord du fleuve d'Italie,
28:59avec des missiles
29:00de long porté,
29:01Israël peut être atteint
29:02et comme Israël
29:04de toute façon
29:04ne respecte rien
29:05puisque depuis des années,
29:07j'ai parlé du cessez-le-feu
29:08de novembre 2024
29:09tout à l'heure
29:10qui n'a pas été respecté
29:11par Israël,
29:11mais Israël ne respecte
29:12jamais même
29:13l'espace aérien
29:17libanais.
29:18Donc,
29:19en fait,
29:20ce qu'ils veulent,
29:20c'est une modification politique,
29:23un désarmement
29:24total du Liban,
29:25mais un Liban
29:26qui serait aussi
29:27sans défense,
29:28en réalité,
29:29encore une fois,
29:29parce que l'armée libanaise
29:31est incapable
29:31de réellement défendre.
29:33L'armée libanaise
29:35dépend,
29:36pour l'armement,
29:39dépend beaucoup
29:40des Américains
29:40puisqu'à un moment donné,
29:42les Français
29:42devaient fournir
29:43des armes,
29:45la France devait fournir
29:45des armes
29:46et le financement
29:47a été fait
29:48par un pays du Golfe.
29:50Tout ça s'est interrompu
29:51sans qu'on sache trop
29:52pourquoi.
29:53Et donc,
29:53les Américains
29:54empêcheront
29:55l'armée libanaise
29:56d'utiliser ces armes
29:57contre Israël,
29:58c'est évident.
29:59Ce qu'ils veulent,
30:00en réalité,
30:00ce sont des pays
30:01totalement désarmés,
30:02totalement à la merci
30:04d'Israël,
30:04et en tout cas,
30:05ne pas faire de bruit,
30:06ne pas déranger
30:08Israël dans ce qu'il est
30:08en train d'accomplir.
30:09Et donc,
30:10ça,
30:10ça va être une phase
30:11qui va être beaucoup
30:11plus compliquée
30:13politiquement.
30:14Les manœuvres en cours,
30:15il devait y avoir
30:15des élections
30:16qui étaient prévues
30:16au mois de mai,
30:17des élections législatives
30:18prévues au mois de mai
30:19au Liban.
30:20Ces élections
30:21ont été reculées
30:23de deux ans.
30:25Je pense que
30:25ceux qui ont fait
30:26ce calcul,
30:27pensaient que deux ans,
30:28ça allait permettre
30:29l'effondrement total,
30:30voire la disparition
30:32du Hezbollah.
30:33Et en réalité,
30:34c'est exactement
30:35le contraire
30:35qui est en train
30:37d'arriver.
30:38C'est-à-dire qu'il n'arrive
30:39pas à faire la démonstration
30:40que l'Hezbollah
30:41est responsable de tout,
30:42et il n'arrive pas
30:43à faire la démonstration
30:44qu'il faut absolument
30:45que le Hezbollah
30:45soit désarmé.
30:46Donc,
30:46ça devient un petit peu
30:47plus compliqué.
30:49Alors,
30:50il faut faire attention
30:51aussi à ce qu'on dit,
30:53etc.
30:53Mais,
30:55entre l'assassinat
30:56de Hassan d'Astral,
30:59et aujourd'hui,
31:00il y a eu
31:02un affaiblissement
31:03effectivement du Hezbollah,
31:04mais on voit
31:05que cette organisation
31:06est loin d'être morte.
31:08Et puis,
31:08on voit aussi
31:08qu'il y a la guerre
31:10en Iran qui se passe
31:11et le Hezbollah
31:11est très lié à l'Iran.
31:12et des informations
31:14que j'ai pu recevoir
31:15hier,
31:16il semblerait que l'Iran
31:18veuille absolument
31:20lier la guerre en Iran
31:21avec la guerre
31:22qui se passe
31:22au sud du Libran.
31:24Et donc,
31:24dans ce qui est en train
31:25de se passer,
31:26et vous voyez bien
31:27combien les Américains
31:29ont beaucoup de mal
31:30en ce moment,
31:30à avancer,
31:31en tout cas,
31:31à terminer cette guerre,
31:34Israël est impliqué
31:34aussi dedans,
31:35et lier ces deux fronts,
31:36c'est-à-dire qu'il n'y aura
31:37pas résolution de l'un
31:38sans résolution de l'autre.
31:40Et donc,
31:40dans les jours prochains,
31:41on verra comment les choses
31:42vont avancer
31:43et sur le plan militaire
31:44et sur le plan politique.
31:46Parce qu'en plus,
31:46on rappelle que
31:47l'ultimatum de Donald Trump,
31:49normalement,
31:50c'est jusqu'à ce soir,
31:51où il a menacé
31:52de détruire complètement l'Iran.
31:54Mais bon,
31:54c'est toujours difficile
31:55de suivre les déclarations
31:57de Donald Trump.
31:58On ne sait jamais trop,
31:58trop à quoi s'en tenir.
31:59Mais en tout cas,
32:00effectivement,
32:01dans les prochains jours,
32:03montrent des avancées notables,
32:04mais on ne sait pas encore
32:05lesquelles.
32:06Merci beaucoup.