- il y a 13 minutes
Après l'enlèvement de Maduro, Trump lorgne sur le Groenland. Anthony Cortes, journaliste politique à l'Humanité et le streamer RiboDansLaSauce récapitulent la situation et font un tour des réactions françaises.
00:00 Trump bouleverse l'ordre mondial
04:32 c'est quoi le "chavisme"
06:12 Le pétrole vénézuélien
09:50 L'idéologie Trumpiste
16:00 La réaction de Mélenchon
22:12 La soumission de la France
24:10 La réaction de Louis Sarkozy
31:50 Maintenant le Groenland ?
42:18 la réaction de Macron
46:00 la sensibilité des militaires français
50:00 Comment va réagir le congrès américain
59:20 l'humiliation de Macron
01:01:00 la jubilation de Trump
01:02:32 et le role de la Chine ?
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NewsTranscription
00:00:00Trump vient de bouleverser l'ordre mondial, à peu près tout le monde est en train de le dire.
00:00:03Franchement, il n'y a pas un observateur politique qui n'est pas en train de regarder ça avec énormément
00:00:07d'attention
00:00:07parce que Trump a acté le fait que le droit international, en fait, c'était un mirage.
00:00:14C'était des foutaises en attaquant le Venezuela, en bombardant Caracas et en kidnappant littéralement
00:00:18le président du Venezuela, Nicolas Maduro, qui est en prison à New York dès aujourd'hui, je crois.
00:00:24Il était au tribunal à New York hier.
00:00:25Et donc, du coup, de l'avis d'à peu près tous les observateurs, ça ouvre une nouvelle ère en
00:00:29termes de géopolitique.
00:00:31C'est un moment de bascule, on est passé à quelque chose d'autre.
00:00:34Et Trump, de toute manière, on a profité dans la foulée, a dit qu'il n'aurait pas à s
00:00:39'arrêter au Venezuela.
00:00:40Cuba était en ligne de mire.
00:00:41Le Groenland, on parle beaucoup du Groenland, il parle d'annexer le Groenland,
00:00:44alors que le Groenland appartient au Danemark, il fait partie de l'Union Européenne et de l'OTAN.
00:00:48Donc là, vraiment, il y a une petite musique qui est en train de monter, comme quoi ça va être
00:00:51la fin de l'OTAN, tout simplement.
00:00:52Ça peut être la fin de l'OTAN, en tout cas, ça peut vraiment être la fin de l'ordre
00:00:55international tel qu'il existe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand même.
00:00:58Donc voilà, un moment potentiellement historique dont on parle depuis déjà quelques jours.
00:01:03Mais bon, voilà, on ne pouvait pas ne pas parler de ça pour cette reprise de ribot dans l'humain,
00:01:07bien sûr.
00:01:08C'est ça, et puis c'est vrai que c'est un bouleversement absolu, c'est un choc.
00:01:11Donc c'est vrai que déjà, ces images-là, je vais montrer la lune de l'humain, mais Trump, preneur
00:01:15d'otage avec Maduro, les mains liées dans cet avion-là,
00:01:18avec ce fameux ensemble Nike qui s'arrache, paraît-il, sur l'Union Européenne.
00:01:22Oui, les modes, les mouvements comme ça, on ne les explique pas.
00:01:27Mais oui, un bouleversement absolu.
00:01:30Alors pourquoi, évidemment, c'est guidé par la volonté de mettre la main sur le pétrole vénézuélien.
00:01:37Et ce qui est intéressant, c'est que ça a l'air aussi complètement improvisé.
00:01:41Enfin, pas improvisé, en tout cas, c'est mené de longue date.
00:01:44Mais ce qui est improvisé, c'est les effets que ça a pu causer, en fait.
00:01:47Comment est-ce que les États-Unis vont gouverner ou pas le Venezuela à distance potentiellement ?
00:01:54Comment est-ce qu'on opère une éventuelle transition à la suite de ces terres chavistes et maduristes ?
00:02:02Ça, ça n'a pas complètement été pensé, on a l'impression.
00:02:04Ah oui, ben là, j'ai vu des articles, c'est Le Monde, je crois, qui a sorti un article
00:02:08là-dessus.
00:02:08Je l'ai lu ce matin dans le train en venant.
00:02:10Et c'est vrai qu'il y a un côté super improvisation.
00:02:13Il y a une certitude par rapport au Venezuela du côté états-unien.
00:02:17C'est tout simplement de dire, il y a du pétrole, il faut que les compagnies pétrolières viennent l'exploiter.
00:02:20Mais Trump a commencé à faire des grands discours en disant, maintenant, c'est nous qui allons contrôler le Venezuela.
00:02:25Il a parlé vraiment, je ne sais pas si c'est précisément le terme qu'il a utilisé.
00:02:28Mais en gros, il a décrit une mise sous tutelle du Venezuela, mais sans expliquer concrètement comment ça va être
00:02:32fait.
00:02:33Est-ce qu'il veut placer un pantin à la tête du Venezuela ?
00:02:36Pour l'instant, il ne peut pas vraiment le faire, parce que c'est encore la garde rapprochée de Maduro
00:02:40qui, là, pour l'instant, est officiellement au pouvoir au Venezuela.
00:02:42Donc c'est vrai qu'on plonge dans l'inconnu côté Venezuela.
00:02:44Il y a une chose qui est sûre, en tout cas, c'est qu'il est là pour le pétrole.
00:02:48Côté entreprises pétrolières, il y a un peu moins d'inconnus que sur le côté politique, à proprement parler.
00:02:52Et en tout cas, ça reste une démonstration de force.
00:02:54Et ça, l'effet, pour le coup, là, il y a un peu... l'effet, il est clair.
00:02:57Oui, complètement. C'est vrai que quand on regarde la composition actuelle encore des autorités vénézuéliennes, on voit encore des
00:03:04maduristes pur jus.
00:03:05D'abord, il y a Delcey Rodriguez, qui est la vice-présidente, qui, pour l'instant, est sur l'intérim,
00:03:11on va dire.
00:03:13Une chaviste convaincue, qui elle-même, d'ailleurs, était sur la liste des personnes sanctionnées par les États-Unis depuis
00:03:192018.
00:03:21Voilà, parce que les États-Unis avaient mis en place des sanctions qui touchaient le Venezuela.
00:03:25Le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, qui est lui-même un chaviste absolu, considéré comme le fort, vraiment du...
00:03:33Oui, c'est un chaviste de la première heure. Il était même là avant Maduro, quasiment.
00:03:36Complètement, de la première heure. D'ailleurs, les États-Unis avaient mis un petit peu à prix sa capture, enfin,
00:03:42avaient mis un prix en place.
00:03:44Je crois que c'était près de 21 millions, 25 millions de dollars, d'ailleurs, pour ceux qui obtiendraient sa
00:03:50capture.
00:03:50Et puis, voilà. Et puis, enfin, il y a le fils de Nicolas Maduro.
00:03:55Qui s'appelle Nicolas Maduro.
00:03:56Nicolas Maduro, c'est ça, exactement, qui est baptisé Nicolas Cito, surnommé Nicolas Cito, qui lui-même est député à
00:04:03l'Assemblée nationale,
00:04:03mais qui est toujours, toujours, voilà, dans les arcanes du pouvoir.
00:04:07Et donc, on voit que, finalement, même si Nicolas Maduro a été capturé avec sa femme, qui, voilà, qui, j
00:04:13'allais dire qu'il va comparaître,
00:04:14mais en fait, c'est déjà fait. C'était hier, donc, au tribunal à New York.
00:04:17On voit que l'appareil chaviste, l'appareil maduriste est toujours là, toujours présent.
00:04:22Et donc, on peut se demander comment la transition, potentiellement, peut être opérée.
00:04:26C'est vrai que ça n'a pas du tout été explicité par Trump.
00:04:29Et a priori, il n'a même pas vraiment de plan par rapport à ça.
00:04:31Je vois dans le chat, ouais, quelqu'un me demande, c'est quoi un chaviste ?
00:04:34Un chaviste, c'est le nom de Hugo Chavez, du coup, qui était le président du Venezuela,
00:04:37élu démocratiquement, je le rappelle, parce qu'il a tendance à beaucoup se faire traiter de dictateur dernièrement.
00:04:41Là, on parle de Chavez, pas de Maduro.
00:04:43Et donc, voilà, élu en 1999, si je ne dis pas de bêtises.
00:04:46Et donc, en gros, c'est un socialiste qui s'est fait élire sur la base de
00:04:51« on va nationaliser le pétrole vénézuélien pour que l'argent du pétrole ou du Venezuela revienne au vénézuélien. »
00:04:56Et en gros, il a tenté de bâtir un système socialiste en se basant en grande partie sur la rente
00:05:02pétrolière
00:05:03et en expropriant les entreprises américaines pour nationaliser le pétrole du Venezuela.
00:05:07Et donc, il a été au pouvoir pendant une dizaine d'années, quelque chose comme ça, je ne me souviens
00:05:10plus,
00:05:10jusqu'à sa mort.
00:05:11Et du coup, c'est Maduro, un de ses fidèles, qui a repris le pouvoir.
00:05:13Et à partir de là, il y a eu, petit à petit, une dérive autoritaire, tout un tas de choses.
00:05:18Donc, on ne va pas reparler maintenant.
00:05:19Ce n'est pas vraiment le sujet, en l'occurrence, puisque ça, il n'y a rien de nouveau.
00:05:22Là, le vrai sujet, c'est ce qu'a fait Trump au Venezuela.
00:05:24Mais voilà, du coup, Chavis, c'est partisan de Chavez.
00:05:26Et Maduro, c'est un chaviste.
00:05:28Du coup, même si, vrai chaviste considère que Maduro a un peu trahi les idéaux de Chavez.
00:05:32Ça, c'est un autre débat. Ce n'est pas de ça dont on va parler aujourd'hui.
00:05:34Voilà. Et puis, tu disais, Chavez, lui, a été élu démocratiquement.
00:05:38Maduro, là où la question se pose, était en 2024, cette élection face à Edmond de González-Sorrutia,
00:05:43où là, les résultats ont été contestés.
00:05:46Maduro s'est déclaré vainqueur et s'est maintenu au pouvoir.
00:05:49Un certain nombre de pays occidentaux, notamment, et d'ONG, ont contesté les résultats.
00:05:55Donc, l'adversaire de Maduro a dû s'exiler en Espagne, où il est toujours aujourd'hui, d'ailleurs.
00:06:02Et donc, voilà, le point de tension, le point de critique, là où on peut viser Maduro, c'est sur
00:06:07cette élection-là.
00:06:08Et c'est un levier sur lequel appuient aussi les États-Unis pour le déclarer.
00:06:13Et qu'en réalité, un prétexte, et ça, ça ne trompe à peu près personne,
00:06:16puisque ce qui dérangeait les États-Unis à la base, et c'est plus ou moins ce que Trump a
00:06:19dit dans sa conférence de presse,
00:06:20qu'a suivi, justement, le kidnapping de Maduro, c'est le pétrole.
00:06:25À la base, c'était notre pétrole, c'était nos infrastructures,
00:06:27parce que l'impérialisme économique américain fait que, oui, ils ont été au Venezuela pour essayer de capter un maximum
00:06:32de pétrole.
00:06:32Et donc, le problème, à la base, le truc qui pose problème à Trump,
00:06:37c'est le fait que Chavez, effectivement, ait nationalisé le pétrole vénézuélien en 99, quand il est arrivé au pouvoir.
00:06:41C'est ça qui lui pose problème.
00:06:42Alors, après, que ce soit plus ou moins démocratique, c'est un prétexte.
00:06:45Donc, je veux dire, il n'y aurait pas eu de dérive autoritaire.
00:06:49Peut-être, il serait probablement passé à peu près la même chose.
00:06:51– Oui, le but, c'est vraiment, comme tu le disais, de permettre aux entreprises américaines d'accéder au pétrole
00:06:56vénézuélien.
00:06:56Et d'ailleurs, ça y est, évidemment, Trump a obtenu gain de cause.
00:07:00Là, encore, je crois que c'était cette nuit, Trump a annoncé que le Venezuela allait remettre 50 millions de
00:07:05barils de pétrole aux États-Unis.
00:07:06– Oui, parce que c'est.
00:07:07– Voilà, enfin, on voit… Est-ce que c'était masqué ? Je ne suis pas sûr que c'était
00:07:11masqué.
00:07:12En tout cas, ça paraît tellement grossier que… Voilà, c'est évidemment le but poursuivi par Donald Trump.
00:07:18Et là, très clairement, on voit les résultats de cette drôle de manœuvre qui est contraire aux droits internationaux.
00:07:25Et ça, c'est intéressant. Enfin, c'est intéressant. Je pense qu'il faut insister encore une fois là-dessus.
00:07:28Parce que quand on regarde les débats dans l'espace médiatique et politique,
00:07:31souvent, on voit cette question-là de Maduro, dictateur ou pas.
00:07:35Mais en fait, ce n'est pas la question.
00:07:36– Oui, on s'en fiche. Là, ça n'a aucune pertinence dans le débat à ce moment-là.
00:07:39– La question, c'est est-ce que c'était contraire aux droits internationaux ?
00:07:42Et si oui, quelle précédence ça peut créer ?
00:07:44Et à quel point ça peut permettre des manœuvres du même type, du côté de la Russie, du côté de
00:07:48la Chine,
00:07:49de ces empires sur l'eurodour ?
00:07:51– Du côté des États-Unis qui pourraient aussi créer un précédent pour eux-mêmes.
00:07:53– Évidemment, oui, c'est vrai.
00:07:55– Parce qu'on parle souvent de « Oh là là, est-ce que la Chine va s'inspirer de
00:07:57Trump ? Est-ce que Poutine va s'inspirer de Trump ? »
00:07:59Mais je pense que la première personne qui va s'inspirer de Trump, c'est Trump lui-même.
00:08:02– C'est Trump lui-même, c'est clair.
00:08:03– Il y a ce côté où il teste, il voit jusqu'où il peut aller, et tant que ça
00:08:06passe, il continue, il en rajoute une couche même.
00:08:07Et là, c'est plutôt de ça dont on va parler aujourd'hui, plus que de la situation concrètement au
00:08:11Venezuela,
00:08:11sachant qu'il y a eu assez peu de reportages sur place pour prendre la température de la population vénézuélienne,
00:08:19etc.
00:08:19Ça commence à arriver, les reportages, mais c'est encore assez compliqué, j'ai l'impression, à analyser.
00:08:24En tout cas, là, sur quoi on va se concentrer plus tôt, c'est maintenant qu'il s'est passé
00:08:28ça,
00:08:28maintenant que ce moment de bascule s'est opéré, maintenant que Trump a dit au monde entier,
00:08:32et à l'Occident en particulier, le droit international, on s'en fout, ça n'existe pas vraiment,
00:08:37c'est la loi du plus fort, ça a toujours été ça, moi au moins je l'assume, qu'est
00:08:40-ce qui va se passer maintenant ?
00:08:42Et donc il y a plusieurs endroits sur lesquels Trump a dévié, on l'a dit tout à l'heure,
00:08:47je vais essayer de faire la liste, n'est pas en oublié, il y a Cuba, déjà premièrement,
00:08:51Cuba qui est l'ennemi des États-Unis depuis très très longtemps,
00:08:53et là il a dit, oh là là, Cuba est sur le point de tomber, il l'a dit il
00:08:56y a quelques jours,
00:08:58dans son avion, on va le regarder juste après ici, il y a le Groenland, ça on en parle beaucoup,
00:09:02on va pas mal parler de ça aussi aujourd'hui, on en parle beaucoup depuis quelques jours,
00:09:06il y a aussi la Colombie, où il a commencé à dire à la Colombie, faites gaffe à vous,
00:09:09et même le Mexique aussi, en se basant sur le narcotrafic, il y a trop de problèmes de cartel,
00:09:13de drogue au Mexique, donc on pourrait faire des opérations au Mexique aussi,
00:09:16donc ça fait quand même une belle liste, sans même parler de l'Iran, ça fait une belle liste potentielle
00:09:21de pays à bombarder, des pays dans lesquels faire des coups d'État,
00:09:24ou à minima des ingérences de l'ordre du militaire.
00:09:28C'est vrai qu'il y a la question des ressources, il y a la question du pétrole,
00:09:32il y a la question des terres rares, mais il y a aussi une question idéologique aussi,
00:09:35parce qu'il y a un certain nombre de pays, où la gauche est sur le retour,
00:09:39on reprend les rênes de certains pays, et là, enfin, Cuba c'est depuis un certain temps,
00:09:45évidemment c'est pas nouveau, mais...
00:09:46Oui, il en parle de l'Amérique du Sud.
00:09:47Mais voilà, là je parle de l'Amérique du Sud, et d'ailleurs, il y a une phrase de Ravier
00:09:52Milley,
00:09:52qui dit en gros que les forces qui se retrouvent dans l'idéologie trumpiste
00:09:59doivent justement mener une offensive contre les pays qui organisent un retour du wokisme,
00:10:03comme il l'appelle.
00:10:05Il dit le wokisme pour décrire la gauche de l'Amérique latine, ok, bon bah d'accord.
00:10:09Donc en fait, quand on voit Trump s'attaquer à Colombie, au Mexique, à Cuba, c'est clairement visé.
00:10:15C'est aussi une façon de mettre le drapeau et de sortir la gauche de ces pays-là aussi.
00:10:21Bah ouais, c'est un petit peu ça.
00:10:22Après, c'est pour ça que je trouve qu'il y a même presque un côté quasiment un peu gare
00:10:26froide,
00:10:26où ça fait genre les grands défenseurs du capitalisme et de l'ultralibéralisme,
00:10:29même quand on parle de Ravier Milley, Trump et toute cette extrême droite-là,
00:10:32eux vraiment, dans leur idéologie, c'est le laisser-faire absolu, l'État minimal,
00:10:36ils se réclament de l'anarco-capitalisme, Ravier Milley, c'est dire quoi.
00:10:39Ils veulent un État qui assure uniquement ce qu'ils appellent les fonctions régaliennes,
00:10:43c'est-à-dire armée, justice et encore police, quoi.
00:10:46Et c'est à peu près tout.
00:10:47Et donc il y a ce côté-là, il y a vraiment le camp du capitalisme le plus débridé,
00:10:51où ils se réclament de cette idéologie-là, versus des pays qui, plus socialistes,
00:10:56en tout cas qui sont désignés comme quasiment des racleurs communistes.
00:10:59Il y a un côté un petit peu gare froide, il y a un côté capitaliste versus socialiste
00:11:02qui est en train de remonter un petit peu, et là ça se voit pas mal.
00:11:06C'est exactement ça.
00:11:07J'ai retrouvé la phrase justement, alors Ravier Milley qui dit en gros,
00:11:10qui appelle les dirigeants du Salvador, du Paraguay et du Honduras
00:11:13à former un bloc autour de Donald Trump, pour affronter le cancer du socialisme.
00:11:18Ok, voilà, c'est ça.
00:11:19C'est ces différentes formes, qu'il s'agit du socialisme du 21e siècle, pardon,
00:11:24ou du wokisme.
00:11:25Ok.
00:11:25Donc voilà, il a mis le wokisme là-dedans.
00:11:27D'accord, c'est le socialisme et wokisme qui sont intimement liés de toute manière.
00:11:30Ça ferait un très beau nom de partis d'ailleurs.
00:11:33Après, W dans les noms de partis pour Wok, pourquoi pas ?
00:11:36Si, il y a le BSW en Allemagne, mais sinon c'est assez peu répandu.
00:11:39C'est un front original.
00:11:41Ok, mais ouais, c'est...
00:11:42C'est ce front-là qui est en train de se créer.
00:11:43C'est ce front-là qui est en train de se créer.
00:11:45Donc est-ce qu'il y a un front un peu plus socialiste justement qui va se créer contre
00:11:47ce front, on va dire, libertarien, je ne sais pas si on pourrait l'appeler comme ça,
00:11:51ultra-libéral, impérialiste ?
00:11:54Je ne sais pas, mais bon, ça serait peut-être pas mal, ça serait peut-être pas mal pour
00:11:57équilibrer un peu le monde à droite toute quoi.
00:11:59Donc ce que je propose, on a plein de petits extraits à regarder.
00:12:02On peut commencer déjà avec du Trump.
00:12:04Alors il y aura beaucoup d'extraits en anglais aujourd'hui, excusez-nous, mais parce que
00:12:07voilà, on prend les infos directement aux Etats-Unis.
00:12:10Donc là, on a un premier extrait de Trump à bord du Air Force One, donc son avion,
00:12:15le jet privé présidentiel, je ne sais pas si c'est jet privé le bon terme, en train
00:12:19de parler justement de Cuba.
00:12:20Donc on va commencer à parler un petit peu de Cuba, et après on passera sur le Groenland,
00:12:23parce que là le Groenland c'est vraiment archi brûlant l'actualité autour de ça.
00:12:27Il y a Macron encore au 20h, qui a 20h de France 2, qui a pris la parole hier pour
00:12:30ça,
00:12:30il y a eu un communiqué de plusieurs dirigeants européens, là vraiment on en parle beaucoup
00:12:34et tout ça est extrêmement inquiétant.
00:12:35Mais avant, on va parler aussi un peu de Cuba, en regardant notamment ce petit extrait.
00:12:39Donc je vais essayer de traduire en direct, on entend pas hyper bien, mais ça devrait
00:12:42le faire, je commence à être habitué à l'accent de Trump.
00:12:55Voilà, elle a dit, on commence à voir que Cuba est prêt à tomber, Cuba is ready to fall.
00:13:00Donc cette phrase, c'est quand même...
00:13:02Et ce qui est intéressant dans cet extrait, c'est lui.
00:13:03Je ne sais plus exactement qui c'est, mais c'est un genre de conseiller de Donald Trump,
00:13:07je crois que c'est un vieux néo-conservateur ultra-impérialiste de l'enfer, quoi.
00:13:10Et vraiment, quand il regarde Trump parler de Cuba de cette manière, et d'une manière
00:13:14aussi débridée, on le voit en train de le jubiler littéralement.
00:13:16Il se dit vraiment, ah ouais, enfin Cuba va tomber, c'est vrai que leurs socialistes
00:13:19vont mourir.
00:13:20On le voit jubiler comme ça, ça fait un peu froid dans le dos.
00:13:22Regardez-le, observez-le bien.
00:13:37Il dit que Cuba n'a plus de revenus, parce que Cuba avait tous ses revenus qui venaient
00:13:40du Venezuela.
00:13:47Cuba est littéralement prêt à tomber, et là on le revoit être tout excité comme
00:13:50ça.
00:13:57Justement, elle parle de Marco Rubio, après Marco Rubio c'est le, je ne sais plus, c'est
00:14:00quoi son rôle précisément, c'est quoi, c'est le secrétaire à la défense, un truc
00:14:03comme ça ?
00:14:04Oui, bon, en tout cas c'est un très proche conseiller de Trump dans tous les cas, et
00:14:08puis oui, oui, c'est vrai que c'est lui qui est plutôt à la manœuvre de la politique
00:14:10étrangère.
00:14:10Marco Rubio qui est d'origine cubaine en plus.
00:14:12Oui, c'est ça, qui est d'origine cubaine, et les Cubains qui se sont barrés au moment
00:14:15de la révolution, ce n'était pas le prolétariat, c'est la bourgeoisie cubaine qui faisait
00:14:19des affaires avec la bourgeoisie américaine.
00:14:21Et ouais, donc lui, Cuba, il aimerait bien, bien, bien voir tomber Cuba, le régime castriste,
00:14:26parce qu'effectivement, en tant que, il y a une grosse communauté de Cubains en Floride,
00:14:31et vraiment, Marco Rubio, ça représente ça, sachant qu'en plus, les Magas, ils sont
00:14:34pas mal basés en Floride aussi, il y avait Rand de Santis, le gouverneur de Floride,
00:14:38qui était un des anti-walks les plus aîlés, donc là il y a tout ce beau monde un peu
00:14:41qui se retrouve à Mar-a-Lago, la résidence de Trump, avec des Cubains, de la bourgeoisie
00:14:45cubaine ultra-anticommuniste, les pires anti-walks de l'univers, et Trump, dans sa résidence,
00:14:50qui chapeaute un peu tout ce beau monde-là, donc vraiment, c'est l'enfer, c'est bien
00:14:54l'enfer.
00:14:55Et on voit qu'avec ces manœuvres au Venezuela, c'était une sorte de coup de billard à plusieurs
00:15:00bandes, parce qu'en fait, en s'attaquant au Venezuela, en capturant Nicolas Maduro, le
00:15:05but, c'était aussi d'affaiblir Cuba, qui effectivement dépend du pétrole vénézuélien,
00:15:11notamment, enfin, donc, après, est-ce que Cuba est prêt à tomber à ce point ?
00:15:15J'en suis pas sûr, je pense qu'il s'avance énormément, en tout cas, l'information à
00:15:19retenir, c'est qu'au moins, en tout cas, à Cuba, pour l'instant, il n'y a pas de
00:15:22manœuvre
00:15:23militaire prévue, mais bon, c'est quand même assez inquiétant, enfin, c'est vraiment,
00:15:28on a l'impression qu'on n'en est qu'au début avec ce qui s'est passé au Venezuela.
00:15:32Ah, bah, a priori, on a l'air d'être plutôt au début, ouais, parce que, bon, c'est qu
00:15:37'il y a
00:15:37deux sujets qui s'entrechoquent à ce niveau-là, c'est le pétrole, la raison pour laquelle il était
00:15:42au Venezuela, et ce que ça signifie, effectivement, sur ce bouleversement de l'ordre mondial,
00:15:46quoi.
00:15:47Alors, juste, tu disais, on va profiter pour regarder cet extrait-là, je pense, tu disais,
00:15:50je suis pas sûr que Cuba soit prête à tomber tout de suite, et bien, il y a quelqu'un
00:15:53qui
00:15:53a l'air d'être de cet avis aussi, donc, on va regarder l'extrait maintenant, on parle
00:15:56de Cuba pour l'instant, et ce qui est assez amusant, donc, ce quelqu'un, vous le connaissez,
00:16:01c'est Jean-Luc Mélenchon, voilà, donc, Mélenchon a réagi, du coup, au propos sur Cuba,
00:16:04et bon, évidemment, Mélenchon qui est un grand admirateur, enfin, un grand admirateur,
00:16:07oui, qui est un admirateur plutôt de Fidel Castro et Che Guevara avant lui, quoi, de la
00:16:10révolution cubaine, bon, donc, c'est un socialiste, c'est un homme de gauche, logique, là-dessus,
00:16:14il était vraiment pas content par rapport à ça, et on voit dans son discours qu'il
00:16:18fait partie de ceux qui n'ont pas envie de se laisser faire par Trump, donc là, il parle
00:16:22de Cuba, il parle pas de la France, mais ce qui est assez amusant, c'est que le ton de
00:16:24son discours, ce côté on se laissera pas faire par ces crapules états-uniennes, on va
00:16:28le voir après, rejoindre le discours qu'on a pu entendre de certains généraux de l'armée
00:16:32française à propos du Groenland, et je te connais, je trouve ça assez intéressant
00:16:35que des généraux, des anciens, de l'état-major de l'OTAN, aient un ton, par rapport à
00:16:41Trump, qui rejoint vraiment celui de Jean-Luc Mélenchon, alors que franchement, c'est
00:16:44deux univers assez différents, il y a presque un côté où il est en train de mettre tout
00:16:47le monde d'accord, donc, voilà, je propose de regarder ça, le petit extrait sur Cuba,
00:16:52voilà.
00:16:54Mais voilà la situation de Cuba, comment ça peut aller bien ?
00:16:57Ça peut pas aller bien ? Les gens souffrent.
00:17:02Et dans la misère, tous les recours qui sont le produit de la misère apparaissent,
00:17:06en dépit d'un patriotisme extraordinaire, mais je suis prêt à prendre les paris, que
00:17:11si les Etats-Unis d'Amérique s'aventurent à aller faire la guerre à Cuba, ils vont tomber
00:17:16sur une population éduquée, organisée, disciplinée, qui leur brisera les reins.
00:17:22J'en suis certain.
00:17:23Le ton est quand même, voilà, il est pas là pour rigoler, quoi.
00:17:26Qui leur brisera les reins, parler comme ça de l'armée américaine, c'est qu'on
00:17:30revient à un moment quand même assez troublé, quoi.
00:17:32Complètement.
00:17:33Je l'espère, je le souhaite, je le veux.
00:17:36Parce que bon, on pourrait se dire, oui, c'est Mélenchon, il est là, il romantise
00:17:40le truc, etc.
00:17:41Mais Mélenchon, on parle pas non plus tous les jours comme ça, menace à demi-vot l'armée
00:17:45américaine.
00:17:46Et surtout, loin d'être seul à le faire, c'est ça qui est intéressant.
00:17:50Les problèmes de Cuba, c'est aux Cubains de les régler.
00:17:54Les problèmes de la Colombie, c'est aux Colombiens de les régler.
00:17:57Et ceux du Mexique d'eux-mêmes.
00:17:59Il faut accepter l'idée que les peuples sont responsables de leur histoire.
00:18:04Et nous le dire pour nous-mêmes, qui avons un président de la République qui n'en a rien
00:18:09à faire des résultats électoraux et qui, quand on enlève quelqu'un dans son palais,
00:18:13ça, on va dire qu'on est débarrassé d'un tyran.
00:18:16Pardon, s'il manque de tyrans à les mettre dans leur prison, on pourrait en proposer.
00:18:20On a une liste de nom.
00:18:24Ça suffit !
00:18:25Voilà, donc c'est l'ambiance qu'il y a en ce moment quand même.
00:18:28Une ambiance un petit peu particulière, mais bon.
00:18:30Mais c'est intéressant qu'ils mettent l'accent sur justement la souveraineté des peuples.
00:18:33Parce que c'est vrai que ceux qui volent au secours, enfin pas au secours,
00:18:37mais qui en tout cas qui louent l'action de Donald Trump, le font en disant
00:18:41mais c'est ce qu'attendait le peuple vénézuélien, c'est ce qu'attendrait le peuple cubain,
00:18:46les peuples colombiens, mexicains, etc.
00:18:49Non.
00:18:49Est-ce qu'on s'est vraiment intéressé à l'aspiration des peuples ?
00:18:53Est-ce qu'on leur a vraiment laissé l'occasion de régler leurs affaires eux-mêmes ?
00:18:58Non.
00:18:58Donc là, je trouve que cet appel-là à la souveraineté des peuples, déjà, il fait du bien.
00:19:03Déjà, il fait du bien.
00:19:04Et puis, après là, je m'attendais à ce qu'il parle des 60 ans de blocus que subit Cuba.
00:19:11Et pourtant, il y a quand même cette manœuvre-là américaine qui se prolonge depuis des décennies
00:19:17pour essayer d'affaiblir, voire de faire tomber le pays.
00:19:20Et il est toujours debout.
00:19:21Le pays est toujours communiste.
00:19:24Malgré la chute de l'URSS qui était un gros allié quand même.
00:19:27Exactement.
00:19:28Donc, il en faudra encore plus que ça, je pense, pour faire tomber Cuba, comme le dit Trump.
00:19:33Oui.
00:19:34Bah, du coup, là, l'attitude qu'a Mélenchon, ça concerne l'attitude d'un autre personnage politique français.
00:19:40Donc, on doit être obligé de parler.
00:19:41C'est Macron, quoi.
00:19:42Parce que Macron, le communiqué qu'il a fait suite au coup d'État organisé au Venezuela,
00:19:46c'était un communiqué où il n'a pas prononcé le mot « droit international » à un seul moment.
00:19:50Il n'a même pas parlé de l'Amérique, il n'a même pas parlé des États-Unis, il n
00:19:54'a pas parlé de Trump.
00:19:54Il n'a pas parlé de l'opération militaire qui venait de se passer, il a juste dit « Oh,
00:19:57changement de régime, j'espère que ça va être bien fait démocratiquement. »
00:20:01Et Maduro était un dictateur.
00:20:02Voilà, point à la ligne.
00:20:03Et donc, cette manière de s'écraser à ce point-là, c'est quand même ahurissant,
00:20:08sachant que Trump, là, partageait le communiqué d'Emmanuel Macron directement sur son compte, sur son réseau social « Truth
00:20:14Social ».
00:20:15Et donc, du coup, il a été adoubé par Trump dans une manœuvre presque un peu humiliante de dire «
00:20:19Regardez, Emmanuel Macron, c'est mon clébard, quoi, finalement. »
00:20:21Et en même temps, qui peut lui donner tort, quoi ?
00:20:23Qui peut lui donner tort ?
00:20:24C'était assez ridicule et c'était assez étonnant de voir que, d'abord, Emmanuel Macron a eu cette position
00:20:29-là, comme tu l'as résumé,
00:20:31et qui contredisait en plus celle de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud,
00:20:36qui, enfin, lui, le premier mot qu'il a eu, c'était de dire « Attention, droit international, etc. »
00:20:41Oui, il a dit les deux. Il a dit « Maduro, dictateur, bon débarras, mais quand même le droit international.
00:20:45»
00:20:45Mais au moins, il y avait le droit international.
00:20:46Mais voilà, au moins, il y avait à peu près… Les deux cases étaient cochées, quoi.
00:20:49C'est ça, c'est ça. Donc, Macron, lui, va plutôt vers le fait d'adouber la manœuvre trumpienne.
00:20:56Alors, il s'est repris le lendemain en disant « Au fait, finalement, en termes de droit international, on est
00:21:01quand même à côté de la plaque. »
00:21:02Mais entre-temps, voilà, Trump a eu l'adoubement qu'il attendait, alors qu'il aurait pu justement être largement
00:21:10isolé.
00:21:11Il s'est saisi de cette voie élyséenne pour dire « Regardez, finalement, c'est complètement légitime. Nous sommes du
00:21:17bon côté, quelque part, de l'histoire.
00:21:20Nous avons fait tomber un dictateur. Et la fin justifie les moyens. »
00:21:24Alors que c'était une voie qui n'était pas majoritaire, voire pas du tout portée au sein de l
00:21:30'Union européenne.
00:21:31C'est clairement parce que les communiqués des différents dirigeants européens et de l'Union européenne directement étaient relativement tiètes,
00:21:39quoi.
00:21:39Voilà, c'est un petit peu à l'image du communiqué de Jean-Noël Barraud, à dire « Bon, tant
00:21:43mieux, un dictateur tombe, on est content. Mais quand même, le droit international, c'est important. »
00:21:46Ça n'est pas plus long que ça. Déjà, c'était assez faiblard. Mais Macron a été à l'avant
00:21:50-garde de la soumission à Trump, finalement. Vraiment à l'avant-garde de la soumission à Trump.
00:21:54Et Macron est l'ensemble de ses troupes, d'ailleurs. Parce que je ne sais pas si tu as vu,
00:21:57si vous avez vu Gabriel Attal, le communiqué de Gabriel Attal, qui, pour le coup, sort les cotillons.
00:22:02Ça y est, on a sorti Maduro, un dictateur. Le peuple vénézuélien s'en félicite et point barre, quoi. Et
00:22:08on ne parle pas d'autre chose.
00:22:10Donc, il y a quand même une sorte de vassalisation, en tout cas de soumission face aux États-Unis.
00:22:15Et c'est quand même terrible, parce que ce qu'on attendrait de la voie de la France, c'est
00:22:17d'abord de parler de droit international, de prendre de la hauteur, examiner aussi les précédents que ça peut créer,
00:22:25à quel point ça peut ouvrir des boulevards à Trump et aux autres puissances, aux autres empires sur le retour.
00:22:31D'ailleurs, c'est une voie qui a été plutôt portée par Dominique de Villepin. Alors, Dominique de Villepin, je
00:22:35sais qu'il a une forme de hype étrange, parfois à gauche.
00:22:39On oublie que c'était un ministre qui a porté quand même des lois antisociales.
00:22:42Oui, oui, antisociales, qui a réprimé la révolte en banlieue au moment de l'affaire Zadimuna et qui a bien,
00:22:47bien traficoté dans la France-Afrique aussi.
00:22:49Exactement. Et on se demande aussi la couleur de ces affaires actuellement.
00:22:54Mais en tout cas, sur la diplomatie, il porte une voie qu'on attendrait normalement de la part de la
00:23:01France.
00:23:02C'est un petit peu de hauteur et de se centrer uniquement sur le droit.
00:23:08Oui, mais là, bon, après, il y a aussi un côté où Macron acte le fait que le droit international,
00:23:12bon, c'est un peu fini.
00:23:13Et puis, est-ce que ça a vraiment seulement déjà existé ?
00:23:15Avant de parler de ça, j'aimerais remercier Drackeos qui lance un raid sur la chaîne de l'UMA.
00:23:20Merci beaucoup. Merci beaucoup, Drackeos.
00:23:21Merci. N'hésitez pas à aller follow Drackeos.
00:23:24Voilà. Donc oui, je disais, le droit international.
00:23:26Macron, on dirait qu'il a un peu acté le fait qu'en fait, le droit international, effectivement, c'est
00:23:30un mirage, comme je disais juste avant.
00:23:32Donc, on peut se dire qu'il s'écrase devant les États-Unis, mais on peut aussi se dire qu
00:23:35'il acte le fait que c'est la loi du plus fort qui règne et que les plus forts, c
00:23:37'est les États-Unis.
00:23:38Et du coup, il n'a pas trop envie de se les mettre à dos.
00:23:40On pourrait voir ça comme ça.
00:23:42En tout cas, il a une position, finalement, qui, dans la droite française, est assez répandue.
00:23:46Après, il y en a dans la droite française qui, quand même, par héritage gaulliste, veulent ne pas être vassalisés
00:23:51aux États-Unis, etc.
00:23:52Il y a quand même une partie de la droite française qui ont l'air d'être plutôt sur une
00:23:56position macronienne, de dire « bah oui, c'est la loi du plus fort, qu'est-ce que vous croyez
00:23:59? »
00:24:00Voilà. Si Trump, c'est le plus fort, on veut être avec Trump.
00:24:03Il y a quelqu'un qui résume assez bien cette position, étonnamment, avec une certaine forme de lucidité, mais pas
00:24:08sans cynisme non plus, c'est Louis Sarkozy.
00:24:10Voilà. Face à Apolline de Malherbe, sur RMC, a parlé un petit peu de ça et j'ai sélectionné cet
00:24:15extrait.
00:24:15Parce que je trouve que, finalement, c'était assez représentatif de la position de la droite française et d'une
00:24:22bonne partie de la droite européenne.
00:24:23Que ce soit plus le centre-droite, traditionnellement libéral, ou même peut-être une partie de l'extrême droite, qui,
00:24:28eux, la loi du plus fort, de toute manière, c'est la base de leur idéologie.
00:24:31Donc, je te propose de regarder ça. Je trouve ça assez intéressant, étonnamment.
00:24:34Non, pas Louis ? Eh ben si. Eh ben si, voilà. Hop là.
00:24:37En plus, regardez, attention, il a un peu trop fait la fête à Noël et au Nouvel An, je crois.
00:24:40Il a la voix un peu enrouée. Je ne sais pas qu'il n'a pas des polypes aux cordes
00:24:43vocales, auquel cas, il faudrait qu'il aille chez un médecin ORL.
00:24:46Duro était un narco-dictateur parfaitement illégitime et insupportable en soi.
00:24:51Bon débat, tant mieux pour le Venezuela, tant mieux pour l'Amérique latine et tant mieux pour le monde.
00:24:55Le problème, Napolyte, n'est pas là. Le problème, c'est l'après.
00:24:58Hier, un régime est tombé de façon spectaculaire grâce à une brillante opération.
00:25:03On voit quand même, spectaculaire, une brillante opération.
00:25:06Donc, on voit quand même que, bon, ça ne le dérange pas trop, quoi.
00:25:08Non, il est fan.
00:25:08Ouais.
00:25:09Militaire, américaine. Aujourd'hui, la...
00:25:11Sachant qu'en plus, Louis Sarkozy, il a vécu en partie aux Etats-Unis, voilà, quoi.
00:25:14Et c'est quelqu'un qui est...
00:25:17Tout ce qui est un peu militaire, il aime bien ça, quoi.
00:25:19Je veux dire politique...
00:25:20Mais c'est loin d'être le seul comme ça, quoi.
00:25:22Parfois, Louis Sarkozy, on le prend parce qu'il dit n'importe quoi.
00:25:23Là, au contraire, je voulais mettre cet extrait parce que, pour une fois, là, il ne dit pas n'importe
00:25:26quoi.
00:25:26Sarkozy, Louis Sarkozy, il dit vraiment la position de sa famille politique.
00:25:30Mais il l'a dit avec plus de transparence que beaucoup d'autres, quoi.
00:25:32C'est certain. Ça vous rappelle quelque chose ?
00:25:34L'Afghanistan ? L'Irak ?
00:25:35Avec, évidemment, cette question, qu'est-ce qu'on fait du droit international ?
00:25:39Alors, il dit, et je le dis en le regrettant, enterré à jamais.
00:25:43Il n'y a plus que nous, Européens, à ne pas nous en rendre compte, à penser que nous vivons
00:25:47encore dans un monde régi par ces dictats.
00:25:50Le droit international...
00:25:52Des dictats pour le droit international ? Je ne l'avais pas relevé.
00:25:55Le dictat du droit. Bon, bah, ok.
00:25:57D'accord. Mais ça, ça rejoint aussi à un truc qu'avait dit Macron il y a quelques temps.
00:26:00Il avait dit, on est en train de basculer dans un monde de carnivores et on ne peut pas rester
00:26:04des herbivores dans un monde de carnivores.
00:26:05En parlant de la France et l'Union Européenne par rapport à la Chine de Xi Jinping et surtout les
00:26:10États-Unis de Donald Trump.
00:26:11C'est vrai que c'est d'une extrême lucidité, tristement.
00:26:14Mais plus personne ne saurait faire en dehors de l'Union Européenne au droit international.
00:26:19Et même l'ONU, quoi.
00:26:19Oui, voilà. Mais c'est vrai qu'on est dans une drôle d'ère, en fait, où quand on entend
00:26:25des pays, notamment, évidemment, des membres de l'Union Européenne,
00:26:27se référer au droit international, c'est comme une marque de faiblesse, en fait.
00:26:30Il y a un côté... En fait, vu qu'on n'a pas les moyens de répondre autrement dans cette
00:26:34loi de la France,
00:26:36cette espèce de jungle où la loi du plus fort régit tous les rapports de force, toutes les confrontations, etc.
00:26:43En fait, on s'agrippe à ces textes-là qui n'ont plus aucune valeur.
00:26:47Et c'est triste de donner le point à Louis Sarkozy, mais ça dit quelque chose aussi de l'évolution
00:26:52et de la situation et d'une époque.
00:26:54Oui, tout à fait. Alors je vois quelqu'un dire, Billy Bob Lafute, dire le droit international est mort à
00:26:58Gaza pour l'Occident.
00:26:59C'est vrai qu'en plus, on ne peut pas ignorer le fait que ça fait deux ans qu'on
00:27:03a un génocide à Gaza
00:27:04et que Netanyahou vraiment se torche le cul avec le droit international est sous mandat d'arrêt de la Cour
00:27:07pénale internationale
00:27:08et pourtant continue à faire absolument ce qu'il veut avec l'aval de la première puissance mondiale des États
00:27:13-Unis de Donald Trump
00:27:14qui voulait carrément lui construire une French Riviera, enfin pas une French Riviera, une Riviera tout court à Gaza,
00:27:19après avoir fait un déplacement forcé de population, ce qui a un cri contre l'humanité.
00:27:23Donc c'est vrai que ça a évidemment aussi préparé le terrain à bien faire comprendre à tout le monde
00:27:28que c'était de toute façon les États-Unis qui décidaient et que le droit international, c'était un petit
00:27:32peu de la décoration,
00:27:33quasiment de l'esthétique. Donc c'est vrai que ça n'a pas vu le voie aussi à la situation
00:27:36qu'on est en train de vivre en ce moment, évidemment.
00:27:38Complètement, mais je trouve que la comparaison avec Gaza, elle est pertinente.
00:27:40C'est vrai que ceux qui aujourd'hui disent attention au droit international sont ceux qui soutiennent Israël,
00:27:46qui, comme tu dis, se torche avec le droit international, qui les soutiennent, pas seulement par la voix, pas seulement
00:27:51par les mots,
00:27:51mais aussi par des livraisons d'armes. Donc voilà, on ne peut pas se désoler aujourd'hui, malheureusement,
00:27:57en tant que puissance française, européenne, du fait que Donald Trump abandonne le droit international.
00:28:02Ça y est, nous-mêmes, nous avons encouragé quelque part ce mouvement-là.
00:28:06Ça, c'est un constat malheureux, mais c'est la triste réalité.
00:28:11Bon, parlant de constat malheureux, hop là, je te propose de finir l'extrait de Louis Sarkozy,
00:28:14parce qu'à la fin, il dit quelque chose que je trouve intéressant aussi.
00:28:17Une fuite qui est très cliché, mais bon, on est dans ce cliché-là.
00:28:21Dire des choses clichés et bateaux, quand en face, on a Trump,
00:28:23qui est un espèce de cliché d'impérialiste américain, notamment Zinzin.
00:28:26Bon, ben, vraiment, voilà.
00:28:27C'est une belle et brève parenthèse de l'histoire humaine dans un monde qui demeure, encore et toujours, dominé
00:28:33par la force.
00:28:34Qu'est-ce qu'on va dire demain à la Chine, si elle veut faire la même chose avec Taïwan,
00:28:39ou Poutine avec Volodymyr Zelensky ?
00:28:43Enfin, Apolline, vous raisonnez comme une parfaite européenne à ce que je vois.
00:28:46Les Chinois ne se retiennent pas de capturer le chef d'État taïwanais par crainte du droit international.
00:28:52Ils se retiennent parce qu'ils ont peur de la force américaine.
00:28:55Et Poutine a déjà tenté d'éliminer Zelensky.
00:28:57Ce qui le freine, ce n'est pas les condamnations mielleuses de notre gauche.
00:29:02Les condamnations mielleuses de notre gauche.
00:29:04Ce qui est marrant, c'est qu'il passe de « le droit international », c'était une parenthèse,
00:29:06et la phrase d'après, il parle des condamnations mielleuses de la gauche.
00:29:10On voit qu'ils ne regrettent pas la forme du droit international.
00:29:13C'est extrêmement cynique.
00:29:14Mais encore une fois, c'est la position de la droite en France et de la droite en Europe actuellement,
00:29:18et des États-Unis.
00:29:20Le freine, c'est la résistance des Ukrainiens.
00:29:23Tant que nous, Européens, n'aurons pas compris cela, l'avenir restera dangereux.
00:29:27Parce que celui qui veut la paix, comme toujours, est celui qui prépare la guerre.
00:29:30Voilà, donc il finit la citation la plus clichée possible.
00:29:33Je vais la faire en latin, histoire d'être encore plus cliché.
00:29:35« Civis pacem, parabellum, si tu veux la paix, prépare la guerre. »
00:29:39Donc, c'est une façon de dire, c'est comme ça.
00:29:42C'est la loi du plus fort, mais si le plus fort, il est gentil, on va vivre dans un
00:29:44monde de gentils.
00:29:45C'est un peu l'idée.
00:29:46Mais est-ce que c'est vraiment ça ?
00:29:48Est-ce que c'est vraiment pour la paix qu'il fait ça, Trump ?
00:29:50Ça, je ne comprends pas.
00:29:51Il est en train d'appeler un nouvel équilibre géopolitique, un nouvel ordre mondial,
00:29:56le mot est lâché, qui serait un peu une espèce de Pax Romana, mais version Trump.
00:30:01Il y croit quand il dit ça ?
00:30:02Ou je n'arrive pas, je ne comprends pas.
00:30:05Non, mais évidemment que Trump ne prépare pas la paix, même s'il courtise largement le prix Nobel de la
00:30:13paix.
00:30:14Il l'attend avec impatience.
00:30:16Mais oui, cette analyse de Louis Sarkozy, comme tu dis, elle est claire.
00:30:20Je pense qu'elle montre à quel point les positions de la droite sont celles-ci.
00:30:25Mais oui, je le trouve malheureusement lucide.
00:30:27Je pense que, tristement, il a raison quand il dit, mais est-ce que c'est vraiment le droit international
00:30:32qui empêche la Chine de faire ceci ou cela ?
00:30:34Ou Moscou de capturer Volodymyr Zelensky ?
00:30:37Il a raison, là aussi, ils ont essayé dans les premiers jours de la guerre.
00:30:43Non, évidemment que ce n'est pas ça.
00:30:44C'est plutôt quels sont les muscles déployés en face par les adversaires, par les autres puissances, notamment américaines,
00:30:50qui restent la police du monde, tristement, même si là, c'est une police complètement folle.
00:30:57Une police, finalement.
00:30:59Une police qui, bon, les bavures, est-ce que ce n'est pas la règle, finalement ?
00:31:03C'est ça.
00:31:04Et donc, qu'est-ce qui régit le monde aujourd'hui ? Est-ce que c'est le droit international
00:31:07?
00:31:07Non, c'est la loi du plus fort, très clairement.
00:31:09Et c'est les moyens qui peuvent être déployés par telle ou telle puissance.
00:31:13Mais du coup, la question qui se pose, parce qu'on dit que c'est la loi du plus fort,
00:31:15très bien.
00:31:16Mais bon, là, les plus forts, c'est les États-Unis, militairement, c'est à peu près évident pour tout
00:31:19le monde.
00:31:19Donc, la question qui se pose, c'est est-ce que quelqu'un peut tenir la dragée haute militairement dans
00:31:23un rapport de force avec les États-Unis ?
00:31:25Parce que si ce n'est pas le cas, ça veut dire qu'il n'y a pas de...
00:31:27Ce n'est même pas qu'il y a un rapport de force qui maintient une certaine forme d'équilibre.
00:31:30Ça veut dire que les États-Unis contrôlent le monde, point à la ligne, point à la barre.
00:31:33Ce qui est un peu le cas, en vérité, depuis longtemps.
00:31:34Mais avant, il faisait semblant que ce n'était pas trop le cas.
00:31:37Et donc, cette question va se poser de manière très puissante et très vivace par rapport au Groenland.
00:31:43Parce que, bon, que l'impérialisme américain s'attaque à des pays au Moyen-Orient pour le pétrole ou en
00:31:49Amérique latine pour le pétrole,
00:31:50bon, on est habitués, on est vraiment, vraiment habitués.
00:31:53Mais là, le Groenland, ça partit au Danemark, un pays membre de l'Union européenne, premièrement, allié des États-Unis,
00:31:57évidemment.
00:31:58Et surtout, de l'OTAN, l'alliance transatlantique, qui est une alliance militaire autour des États-Unis, entre l'Europe
00:32:04et les États-Unis.
00:32:05Donc, ça veut dire que si Trump décide d'attaquer le Groenland, ou en tout cas, de tenter de s
00:32:11'emparer, peut-être militairement, du Groenland,
00:32:13alors que le Groenland fait partie de l'OTAN, déjà, premièrement, ça serait un bout de l'arcement fou,
00:32:18parce que ça voudrait dire que c'est la fin de l'OTAN, littéralement.
00:32:21Et surtout, le seul truc qui pourrait l'empêcher, c'est d'avoir une force militaire à peu près équivante
00:32:26aux États-Unis en face pour lui en empêcher,
00:32:27parce que sinon, qu'est-ce qui m'empêche de faire ça ?
00:32:29Et donc, je ne sais pas où je vais appartir de cette réflexion, mais du coup, vu que personne ne
00:32:35peut arrêter militairement les États-Unis,
00:32:37qu'est-ce qui l'empêche de prendre le Groenland ?
00:32:38Et je dis ça parce que dernièrement, ça date d'hier, hier soir, les États-Unis ont réaffirmé officiellement,
00:32:43je vais vous montrer ça juste là.
00:32:52C'était hier soir, la Maison-Blanche a officiellement dit qu'il n'excluait pas la piste militaire pour pouvoir
00:32:59s'emparer du Groenland.
00:33:01C'est quand même fou, quoi.
00:33:02Tu posais la question de qui peut empêcher ça, qui peut le stopper, qui peut essayer d'arrêter Trump dans
00:33:10ces visées-là ?
00:33:12Évidemment, personne. En tout cas, militairement, ce sera très compliqué.
00:33:15Ce qui est intéressant à noter, c'est que du côté des États-Unis, il y a quand même une
00:33:18mobilisation,
00:33:19en particulier parlementaire, pour essayer de mettre en place des contre-pouvoirs.
00:33:21Alors normalement, c'est le Congrès qui a les prérogatives militaires.
00:33:26Bon, Trump s'en fout complètement, là aussi.
00:33:27Il se fout du droit international, mais il se fout aussi des mécanismes nationaux, la Constitution américaine.
00:33:34Il y a un sénateur démocrate, le sénateur de l'Arizona, qui s'appelle Ruben Gallego,
00:33:38qui va déposer une résolution, justement pour obliger la Maison-Blanche à demander l'aval du Congrès,
00:33:42avant toute action qui concernerait justement la potentielle annexion du Groenland.
00:33:48Mais ce n'est pas déjà le cas ? Il n'est pas déjà obligé de le faire ?
00:33:51Normalement, il est censé le faire, mais voilà, ce qu'il veut faire, c'est vraiment totalement sécuriser la chose.
00:33:55Le Groenland en particulier ?
00:33:56Là, spécifiquement sur le Groenland, parce que pour toute opération militaire normalement, c'est censé être le cas.
00:34:00Mais là, spécifiquement sur le Groenland, c'est une façon de sécuriser la chose, mais c'est quand même une
00:34:03action très symbolique.
00:34:05Ça n'empêchera pas Trump, évidemment, de déployer les moyens qu'il veut pour essayer de mettre la main sur
00:34:10le Groenland.
00:34:11Et d'autant qu'en plus, en face, on a une Union européenne très faible.
00:34:15D'abord, il y a le Danemark et le Groenland, qui est une province liée au Danemark,
00:34:20qui est représenté d'ailleurs au Parlement, par le mandat noir, il y a une sorte d'autonomie accordée au
00:34:25Groenland.
00:34:26Évidemment, ils n'ont pas les moyens de répondre directement aux États-Unis.
00:34:31Les pays de l'Union européenne, évidemment, expriment leur solidarité.
00:34:34Ils essaient de montrer les dents, mais ils n'en ont pas énormément.
00:34:37Montrer les dents, ça dépend de qui.
00:34:39On en parle après.
00:34:40Et du côté de l'OTAN, évidemment, la situation est hautement complexe.
00:34:44Donc, en fait, on voit que les pays de l'Union européenne, les pays de l'OTAN n'ont qu
00:34:50'une chose à faire.
00:34:51C'est espérer, c'est croiser les doigts pour que Donald Trump revienne sur ses plans.
00:34:55Donald Trump, ça fait depuis 2019 qu'il exprime cette envie-là de mettre la main sur le Groenland.
00:35:00À l'époque, il disait qu'il voulait acheter le Groenland comme si c'était une entreprise.
00:35:07Ça avait été déjà proposé, je crois, dans les années 50 ou dans les années 60.
00:35:10Les États-Unis avaient proposé au Danemark de racheter éventuellement le Groenland.
00:35:13Parce que j'ai vu que le premier accord militaire qu'il y a eu entre les États-Unis et
00:35:17le Danemark au Groenland,
00:35:19c'était en 1941 par rapport aux nazis, pendant la Seconde Guerre mondiale littéralement.
00:35:23Donc, il y a une alliance militaire qui date d'il y a longtemps, à l'époque où le Danemark
00:35:29était allié en tout cas avec les États-Unis
00:35:32pour se battre contre l'Allemagne nazie.
00:35:34Donc, ça commence à remonter un petit peu.
00:35:35Et donc, c'est ça le pire.
00:35:36C'est qu'il y a déjà un accord militaire qui est très avantageux pour les États-Unis,
00:35:39qui ont des bases militaires au Groenland, qui ont le droit d'envoyer des troupes au Groenland
00:35:42et qui ont le droit d'être présents là.
00:35:44Mais ils se disent, c'est pas suffisant, moi je veux vraiment avoir le Groenland,
00:35:46parce qu'il y a à la fois cette espèce de volonté de puissance des États-Unis expansionniste, carrément.
00:35:51Et il y a aussi peut-être, encore une fois, des ressources naturelles au Groenland
00:35:54sur lesquelles Trump aimerait bien être la main.
00:35:55C'est peut-être pas uniquement une histoire militaire.
00:35:59Parce que le Groenland est un endroit stratégique par rapport à la Chine et par rapport à la Russie, premièrement.
00:36:03Mais il y a aussi, peut-être encore une fois, cet extractivisme qui fait qu'ils ont envie de prendre
00:36:07le Groenland.
00:36:08Parce que même s'ils peuvent y faire stationner des troupes américaines,
00:36:10ils ne peuvent pas forcément aller miner les métaux rares.
00:36:13Je ne sais plus trop ce qu'il y a là-bas.
00:36:15Non mais c'est ça, parce qu'en fait, c'est vrai que l'argument de Donald Trump,
00:36:17c'est de dire, face à la menace russe, le Groenland nous expose quelque part.
00:36:22Parce qu'il a eu cette phrase en disant, ils n'ont qu'un chien de traîneau, je ne sais
00:36:25pas si il l'a dit,
00:36:27mais voilà, du Trump pur jus.
00:36:28Mais non, ce qui l'intéresse, c'est évidemment les ressources du Groenland.
00:36:33Le Groenland, c'est une des rares régions inexploitées de la planète
00:36:37et qui a des réserves incroyables en terres rares.
00:36:41Et tristement aussi, la fonte des glaces offre des opportunités à ceux qui veulent exploiter ces terres.
00:36:46Donc en fait, l'Amérique trumpiste pense aussi à ça.
00:36:50Évidemment que plutôt que de contrer le dérèglement climatique,
00:36:54d'ailleurs, ils sont sortis des accords de Paris,
00:36:56ils convertissent ça en opportunité.
00:36:58Évidemment, ce sont des fins capitalistes.
00:37:00Ça, c'est marrant parce que ça fait un peu penser aussi à un espèce de bras de fer énergétique
00:37:04quasiment
00:37:04qu'il y a d'ores et déjà entre la Chine et les Etats-Unis.
00:37:07Mais avant de parler de ça, j'aimerais juste dire, il y a un train de la hype qui s
00:37:09'est lancé.
00:37:09Je n'avais pas vu de train de la hype.
00:37:11Partagez, merci à tous pour votre soutien et pour vos subs.
00:37:13Mais je tiens à vous rappeler, quand on a cette émission-là,
00:37:15allez plutôt sur la chaîne de l'Humanité, si vous le pouvez,
00:37:17pour participer au train de la hype.
00:37:19Parce que c'est mieux, comme ça, ça remporte de l'argent à l'Huma.
00:37:22Voilà, ça, moi, je ne sers pas à rien après, financièrement.
00:37:25Donc voilà, il reste une minute trente pour passer au niveau 3.
00:37:27Il manque quoi ? Il manque deux subs.
00:37:28Donc n'hésitez pas plus tôt sur la chaîne de l'Huma si possible.
00:37:30Voilà, je vois qu'il y a un sub qui a été offert.
00:37:31Merci beaucoup.
00:37:32Petit train de la hype niveau 5, je pense.
00:37:33Ça peut déjà être pas mal.
00:37:34Sans soi, si on n'a pas le niveau 5, franchement, c'est un peu mieux.
00:37:38Voilà, je disais ça.
00:37:39Mais OK, c'est intéressant, cette histoire.
00:37:40À cause de la fond des glaces, ça va être plus facile d'exploiter les ressources minières
00:37:44du Groenland.
00:37:45Et donc du coup, Trump se positionne aussi peut-être pour l'avenir par rapport aux Etats-Unis.
00:37:48Évidemment.
00:37:48En se disant, militairement, bon, on est déjà présent.
00:37:50Mais si c'était à nous, le Groenland, quand on sera sorti de la trajectoire à plus
00:37:54de 2 degrés, ça nous fera encore plus de ressources.
00:37:57Comme c'est quel cynisme et quel enfer quoi.
00:37:59Donc du coup, ça rejoint un truc.
00:38:00J'ai lu un article, je l'ai lu en live, je l'ai lu hier, je crois que c
00:38:02'était mardi.
00:38:03Un très très mal article de Mediapart de Romaric Gonin, que tu connais, on en avait
00:38:08déjà parlé. C'est un article sur Trump, un peu le même genre de thème que ce dont
00:38:13on parle. Et donc, il parle d'un truc qui est assez intéressant, c'est qu'il y a
00:38:16deux modèles un peu de capitalisme, mais deux modèles en tout cas productivistes.
00:38:20À la fois le modèle américain, où c'est sortir des accords de Paris, rien à foutre
00:38:24des énergies renouvelables, drill baby drill, comme disait Trump.
00:38:28Vraiment, le pétrole, les énergies fossiles.
00:38:31Et de l'autre côté, il y a le modèle de Xi Jinping, le modèle de la Chine, avec un
00:38:35développement massif du renouvelable.
00:38:36Alors même si c'est toujours les premiers producteurs d'énergie à base de charbon,
00:38:43c'est un peu en train de baisser. Et surtout, le renouvelable est en train de rattraper
00:38:46et même de dépasser les centrales à charbon.
00:38:49Donc lui, il veut se positionner pour l'avenir sur l'énergie électrique, sur
00:38:53les véhicules électriques, ce genre de choses, et sur la production d'énergie électrique.
00:38:57Là où Trump, lui, est sur un autre segment, on va dire, alors dans tous les cas, c'est
00:39:00pour leur intérêt économique personnel, on va dire, enfin pas personnel, mais de leur
00:39:03pays. Mais Trump, lui, il est sur autre chose. Il est en mode, non, non, moi, mon
00:39:07modèle économique, c'est l'extractivisme et c'est le pétrole. Et là, ce que tu dis
00:39:10par rapport à Groenland, ça rentre totalement dans ce qui était dit dans ce article de
00:39:13Romain Rigaud. Et pareil, le Venezuela aussi, c'est pour maintenir le prix du pétrole
00:39:18bas et se positionner par rapport à ça. Donc il y a un bras de fer, où même l'écologie
00:39:22devient une variable d'ajustement, où on a presque, pour des raisons un peu cyniques
00:39:25et de prédation économique. Donc la Chine, eux, vont plutôt aller dans le renouvelable
00:39:29et dans l'écologie pour préparer l'avenir en se disant que c'est un secteur porteur
00:39:32d'avenir. Là où Trump, lui, a une stratégie opposée de se dire, non, non, c'est moi
00:39:35qui décide quel sera le secteur porteur de toute manière. Et c'est dans les intérêts
00:39:38américains et dans mes intérêts de faire du pétrole à fond. C'est là qu'on voit
00:39:43qu'on n'a pas le cul sorti des ronces. C'est clair. C'est triste à pleurer.
00:39:48On est dans une période de bouleversement diplomatique, évidemment, mais aussi énergétique
00:39:54où on va assister à ce choc-là, ce choc qui se prépare. Et donc, évidemment,
00:39:59Trump, avec ses sorties, on le prend un peu pour un guignol bien souvent.
00:40:03Mais en fait, évidemment, il a de la suite dans les idées. Une sorte de planification
00:40:06cynique, en fait. On l'a vu sur ces questions énergétiques. Et ce qui est terrible,
00:40:11c'est qu'en fait, en face, on a une Union européenne et une OTAN complètement désarmée
00:40:15d'une certaine façon. Parce qu'on a entendu la chef du gouvernement d'Anois
00:40:20qui s'appelle Metteux Frédéric Seine, qui a menacé en disant
00:40:26si on laisse faire Trump et si Trump va au bout de son projet, c'est la fin de l
00:40:29'OTAN.
00:40:30Je ne suis pas sûr que ce soit une préoccupation qui anime Donald Trump,
00:40:34qui l'inquiète largement. Il s'en fiche. Et puis, d'ailleurs,
00:40:37ses plus proches conseillers répètent très souvent que personne ne peut arrêter
00:40:44les États-Unis. Et donc, en fait, les États-Unis sont les plus forts.
00:40:46Et donc, en fait, il n'y a que ça qui compte. Le reste, ce n'est pas très important.
00:40:49C'est surtout important, voire même tragiquement important, pour l'Union européenne,
00:40:54la fin de l'OTAN. Parce qu'en fait, on sort de décennies de dépendance
00:40:59aux États-Unis, à leur protection, donc à l'OTAN.
00:41:02Et si c'est la fin de l'OTAN, là, par contre, on est complètement nus, nous, Européens.
00:41:06On est complètement à poil, évidemment. Et pourtant, la histoire de Groenland,
00:41:10c'est en train vraiment d'appuyer sur cette tension-là.
00:41:11Et d'ailleurs, on va juste, on ne va peut-être pas lire le communiqué,
00:41:13mais il y a eu un communiqué, quand même, qui est sorti de la part de pas mal
00:41:16de dirigeants européens, quoi. Donc, le président Macron de France,
00:41:19c'est marrant comment c'est écrit, président Macron of France.
00:41:22Voilà, le chancelier Merz d'Allemagne.
00:41:25Giorgia Meloni, aussi, en Italie.
00:41:28Le premier ministre de Pologne.
00:41:30Espagnol.
00:41:32Royaume-Uni, bon, c'est pas l'Union européenne, mais bon,
00:41:33c'est la zone euro, on va dire, quand même.
00:41:35Enfin, c'est pas la zone, c'est l'Europe, quoi.
00:41:37Et aussi, le premier ministre,
00:41:39la première ministre danois, qui ont fait une déclaration
00:41:42commune pour dire, oh là là, la sécurité arctique
00:41:44reste une priorité pour l'Europe,
00:41:46et voilà, il ne faut pas que vous envahissiez
00:41:48le Danemark, quoi. Mais enfin, petit communiqué
00:41:49timide, alors qu'à côté, les Etats-Unis,
00:41:51ils disent, non, non, on va peut-être quand même l'envahir, quoi.
00:41:53Donc, c'est là qu'on voit un petit peu
00:41:55la différence aussi, même pas de style,
00:41:57mais si, la différence de style, qui reflète
00:42:00une réalité concrète, qui est la puissance
00:42:01militaire, en réalité.
00:42:03Les Etats-Unis, ils sont tout puissants,
00:42:05ils chient sur la terre entière, et à côté de ça, l'Europe font des petits
00:42:07communiqués en mode, bon, on s'est vu entre nous,
00:42:09et il ne faudrait pas le faire, quoi. Mais derrière,
00:42:12c'est inoffensif, un communiqué comme ça.
00:42:13D'autant plus, et ça nous mène à cet extrait suivant,
00:42:16que Macron, on va écouter, là, hier, sur France 2,
00:42:18il n'a pas l'air d'acter le fait
00:42:20qu'on rentre dans un rapport de force
00:42:22à minima diplomatique, même pas encore
00:42:23militaire, avec les Etats-Unis, quoi. Regardez ce qu'il a dit
00:42:25hier, au journal de France 2, alors c'est peut-être
00:42:28pour tenter d'être rassurant envers le peuple
00:42:30français, je ne sais pas, mais je veux dire, la réaction,
00:42:31il a l'air totalement déconnectée, quoi. Là où un Louis Sarkozy,
00:42:34on l'a vu tout à l'air, qui pourtant n'est pas forcément
00:42:35le couteau le plus aigusé du terroir, on va dire,
00:42:38quand même, mais voilà, il avait une forme de lucidité
00:42:39par rapport à ce basculement qu'on est en train
00:42:42de vivre. Macron, à côté de ça,
00:42:43voilà ce qu'il dit, quoi.
00:42:45Faites-vous toujours confiance à Donald Trump,
00:42:47après ses propos sur l'annexion du Groenland ?
00:42:50Il n'y a pas, pour moi, de scénario
00:42:52où les Etats-Unis d'Amérique
00:42:55seraient
00:42:56mis dans une situation de violer
00:42:58la souveraineté danoise. Cela
00:43:00n'existe pas. Et donc, je ne peux pas
00:43:02croire qu'il trahisse ses engagements
00:43:04à côté sur le Groenland. Donc,
00:43:06le Groenland est un territoire qui est
00:43:08sous souveraineté danoise, ça restera,
00:43:11et je sais que les Américains
00:43:12continueront d'avancer avec nous pour
00:43:14la paix et la sécurité en Europe.
00:43:15Ah bon ?
00:43:18Ça ressemble à de la méthode Coué, quand même.
00:43:20Ouais, bah ouais, ouais. Alors après, bon,
00:43:22peut-être que c'est pour rassurer les Français,
00:43:24comme je disais, mais quand même, là, ça ne va pas.
00:43:25Rassurer les Français de cette manière-là,
00:43:27les gens ne sont pas dupes, on voit bien ce qu'on a en face,
00:43:29on voit bien Trump, quoi. Et c'est justement ça qui est intéressant,
00:43:31avec cette histoire de Venezuela, c'est qu'il y a toujours
00:43:33un moment où on se dit Trump, il dit tout et son contraire.
00:43:35Il est dans une stratégie de l'outrance permanence.
00:43:38Donc là, on pourrait se dire, là, cette histoire de Groenland,
00:43:39c'est de l'outrance, voilà, c'est pour réussir, je sais pas,
00:43:41de noyer le poisson, bander les muscles,
00:43:43tester un peu les limites. Mais là,
00:43:45on voit que pour tester les limites, Trump,
00:43:47il ne se contente plus de faire des déclarations. Maintenant, il kidnappe des présidents, quoi.
00:43:50Oui, non, mais c'est ça.
00:43:51Je dirais un peu nerveusement, parce que genre, c'est tellement lunaire, quoi.
00:43:53Donc, à partir du moment où il a kidnappé Maduro,
00:43:55justement, c'est une façon de dire, hé, les Européens,
00:43:57là, tout le monde, vous pensez que je suis un guignolo,
00:43:59c'est que je fais ça pour l'outrance, et que c'est une stratégie de communication ?
00:44:02Pas du tout, quoi.
00:44:03Donc, que Macron répète,
00:44:05répète comme ça, bêtement,
00:44:06d'une manière super candide,
00:44:08non, non, non, il va pas le faire, quand même.
00:44:10C'est un territoire souverain européen. Oui, oui, justement,
00:44:13Trump vient de dire, vient de faire quelque chose,
00:44:15vient de kidnapper un président, pour te faire comprendre
00:44:17à toi, Macron, entre autres, qu'il était prêt à ce que
00:44:19les actes suivent les paroles, quoi.
00:44:21Et en face, on a ça, quoi, Macron.
00:44:22C'est terrible, mais est-ce qu'il ne reste pas
00:44:25plus que ça, en fait, à Emmanuel Macron
00:44:27et aux Européens, quelque part, pour faire face
00:44:28à cette offensive américaine et au projet
00:44:31américain, au projet impérialiste américain,
00:44:33que la méthode couée, en fait, parce que
00:44:35on se réfère à quoi ? Au droit international,
00:44:36on l'a déjà dit, ça marche pas. On se réfère à quoi ?
00:44:39À l'OTAN, peut-être à l'article 5,
00:44:41ce fameux article qui
00:44:43prévoit que, normalement, quand un pays
00:44:45de l'OTAN est attaqué,
00:44:47un pays membre de l'OTAN est censé
00:44:49lui... Il peut demander l'aide
00:44:51d'un autre pays de l'OTAN.
00:44:52Sauf que, si c'est un pays de l'OTAN qui nous attaque,
00:44:54on fait comment ? C'est ce qui est le cas
00:44:56avec les États-Unis. Donc, en fait,
00:44:58qu'est-ce qu'il reste d'autre ?
00:45:00Évidemment, il y a la possibilité de discuter avec
00:45:02les États-Unis, mais le problème, c'est que, comme tu l'as dit,
00:45:04Trump dit tout et son contraire. C'est très compliqué
00:45:06aussi de savoir vraiment
00:45:08où est la vérité, où est la raison.
00:45:11Ce matin, il y avait Jean-Noël Barraud,
00:45:13ministre des Affaires étrangères
00:45:15français, sur France Inter.
00:45:16Et là aussi,
00:45:18il a un peu le même discours qu'Emmanuel Macron,
00:45:20en disant, non, mais moi, j'ai au téléphone régulièrement
00:45:22la diplomatie américaine.
00:45:24Je peux vous dire qu'ils ont totalement écarté
00:45:26toute intervention militaire.
00:45:29Au Groenland, il disait ça, ce matin.
00:45:31Il y a un communiqué de la Maison Blanche hier,
00:45:32qui disait le contraire.
00:45:35Trump, pas Macron,
00:45:36il a parlé de... Dans les 60 jours,
00:45:38on va faire quelque chose par rapport au Groenland.
00:45:39Il a presque commencé à mettre un ultimatum de deux mois.
00:45:41Donc, vraiment, qu'est-ce qu'il faut croire ?
00:45:43Je ne sais pas.
00:45:44C'est ça.
00:45:44Donc, en fait, on est face à...
00:45:46Voilà, il y a une méthode quick qui est déployée,
00:45:48parce que c'est notre seule arme,
00:45:49tristement, en tant qu'Oubéen.
00:45:50Et oui, j'imagine que le but,
00:45:53c'est de rassurer les Français,
00:45:54de nous rassurer, de rassurer les Européens,
00:45:56et de se convaincre qu'on n'est pas si faible,
00:45:58alors que malheureusement...
00:45:59Après, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de moyens
00:46:02de contre-attaque, d'une certaine façon,
00:46:05mais bon, ils ne sont pas vraiment déployés.
00:46:07Il n'y a pas de défense européenne.
00:46:09Évidemment, s'il y a un choc, on n'est pas préparé.
00:46:12Donc, voilà, il ne reste plus que ça,
00:46:14se dire que non, tout ira bien.
00:46:16Mais bon, ça ne suffit pas toujours.
00:46:17C'est ce que Macron dit, en tout cas.
00:46:18Mais là, on va voir qu'il y a d'autres gens,
00:46:19notamment des généraux, des anciens haut-gradés
00:46:20de l'état-major de l'OTAN,
00:46:21donc on ne parle pas de monsieur et madame tout le monde,
00:46:23qui ont un discours pourtant bien différent de Macron.
00:46:25Mais c'est peut-être aussi la sensibilité
00:46:26des militaires européens fait qu'ils n'ont pas envie
00:46:27de se laisser phagociter par l'oncle Sam.
00:46:29C'est une espèce de fierté du militaire français,
00:46:33issue de la doctrine gaulliste,
00:46:39semblablement moins que des anciens haut-gradés.
00:46:41Donc, on va regarder ça.
00:46:41Mais juste avant, oui, apparemment,
00:46:43la deadline sur le Danemark a été réduite
00:46:44à 20 jours par Trump.
00:46:45Donc, voilà, de toute façon,
00:46:47all bets are rough, j'ai envie de dire,
00:46:48comme on dit en anglais.
00:46:50On avance dans l'inconnu,
00:46:51mais probablement qu'il va se passer quelque chose
00:46:52à ce niveau-là.
00:46:53Des généraux, alors oui, des généraux.
00:46:54Lui, c'est un général qui est assez médiatique.
00:46:57Apparemment, il est souvent sur LCI.
00:46:59Je ne sais plus comment il s'appelle,
00:47:00je ne sais plus comment.
00:47:01Le général Michel Yakovleff.
00:47:02Et ce qui est amusant, c'est que sur les réseaux sociaux,
00:47:04ça a beaucoup été repartagé.
00:47:06C'est pour ça que j'ai pris la version
00:47:06qui est sous-titrée en anglais.
00:47:07Ça a été beaucoup repartagé par des Américains
00:47:09pour dire, oh là là, regardez,
00:47:10les généraux en Europe,
00:47:11ils sont en train de se vénérer un petit peu.
00:47:13Et c'est vrai qu'on écoute le discours
00:47:15qu'il a sur LCI à 21h07
00:47:17face à Dariusz Rochemin.
00:47:20Bon, je vous laisse regarder,
00:47:21mais c'est assez impressionnant.
00:47:22C'est quand même assez impressionnant.
00:47:24Donc, le son est un peu dégueulasse, pardon,
00:47:25mais c'était pour avoir l'extrait en entier,
00:47:26sinon il y avait une version plus courte.
00:47:28On entend bien dans tous les cas.
00:47:29C'est la fin de l'OTAN.
00:47:34On n'a pas les moyens de faire la guerre aux Etats-Unis.
00:47:36Comme un enfant face à un parent toxique,
00:47:38on est pris par surprise.
00:47:39Ça, c'est clair.
00:47:41En revanche, ils voulaient le Groenland,
00:47:43on les met dehors de Rammstein, de Naples.
00:47:46Rammstein et Naples, c'est deux villes en Europe
00:47:48qui sont des grosses bases militaires
00:47:49où il y a des troupes américaines
00:47:50dans le cadre de l'OTAN, justement.
00:47:52Chez vous, vous n'avez plus un bâton.
00:47:53Qui les mettra dehors ?
00:47:54Nous.
00:47:55Vous croyez ça ?
00:47:56Vous croyez que les Italiens vont dire,
00:47:57allez, vous partez les bases d'Aviano, etc.
00:48:00Si l'OTAN s'arrête
00:48:01et que Trump nous parle comme ça,
00:48:04il est temps de parler aux avocats
00:48:06et de parler de divorce.
00:48:07Je veux dire, il faut qu'on arrête là.
00:48:09Alain Boué, c'est la fin de l'OTAN.
00:48:10Donc c'est quand même assez...
00:48:11Parce qu'on pourrait se dire,
00:48:11oui, c'est un général qui dit ça,
00:48:13puis c'est un général qui est beaucoup à la télévision, etc.
00:48:15Il y a une dizaine d'années,
00:48:16c'était le numéro 4, je crois, de l'OTAN.
00:48:17Alors, j'ai fait un petit peu mes recherches avant
00:48:20sur qui est ce monsieur.
00:48:21Donc, oui, général très haut gradé dans l'armée française.
00:48:24Et il était un peu le responsable Europe de l'OTAN, en gros,
00:48:27il y a quelques années.
00:48:28Il était dans le top 5 des personnes les plus importantes de l'OTAN.
00:48:33Et des paroles au pif, quoi.
00:48:34Donc on a quand même un ancien haut gradé de l'état-major de l'OTAN
00:48:36général d'armée de la France qui dit, mot pour mot,
00:48:39mais si ça continue, l'OTAN, c'est fini, en fait.
00:48:42Le Trump, ça dégage.
00:48:43L'OTAN, ça n'existera plus.
00:48:45Et les Américains, ils ne vont plus foutre un pied
00:48:46dans nos bases militaires en Europe, quoi.
00:48:48Donc c'est quand même...
00:48:49C'est fou, parce que l'OTAN, c'est justement ce qui a été créé
00:48:51à la sortie de la Seconde Guerre mondiale.
00:48:53Et quand on parle de cette espèce d'ordre mondial
00:48:55dans lequel on est depuis à peu près 1945,
00:48:57il se structure, en tout cas pour nous autres occidentaux,
00:48:59beaucoup autour de l'existence de l'OTAN, quoi.
00:49:01Donc là, ça veut dire qu'on sortirait d'une phase
00:49:03qui a été initiée il y a 80 ans, quoi.
00:49:05Mais c'est intéressant comme discours,
00:49:06parce qu'à la fois, il est évidemment réaliste,
00:49:08parce qu'il rappelle qu'on n'a pas les moyens
00:49:09de faire face à un choc contre les États-Unis, évidemment.
00:49:12Déjà, il n'existe pas de défense européenne.
00:49:14Et les défenses...
00:49:15Enfin, les armées européennes,
00:49:19même mises bout à bout,
00:49:20n'arriveront jamais à s'opposer aux États-Unis.
00:49:23Mais ils montrent que l'Union européenne peut,
00:49:25malgré tout...
00:49:26Enfin, plutôt, pas l'Union européenne, l'OTAN, pardon.
00:49:28Peut montrer les muscles face aux États-Unis.
00:49:31Il y a des moyens de...
00:49:32La partie de l'OTAN européenne,
00:49:33la partie européenne de l'OTAN.
00:49:34Voilà, c'est ça, exactement.
00:49:35D'ailleurs, dont il était responsable.
00:49:36Exactement.
00:49:36Donc, c'est intéressant.
00:49:38Ça veut dire qu'il existe des moyens d'action,
00:49:40des moyens de pression.
00:49:42Alors après, c'est un discours
00:49:42que ne portent pas du tout
00:49:43les chefs d'État de la partie européenne de l'OTAN.
00:49:47En fait, ils essaient quand même
00:49:49de se montrer bienveillant,
00:49:53mais en tout cas complaisant avec les États-Unis,
00:49:54en espérant les retenir,
00:49:56garder leur protection.
00:49:57Parce qu'évidemment, on ne sort pas, comme ça,
00:49:59de décennies de dépendance à l'OTAN et aux États-Unis
00:50:02par un claquement de doigts.
00:50:04Donc, voilà, c'est un discours
00:50:06qui est porté par un général.
00:50:08C'est un discours intéressant,
00:50:09mais qui est loin d'être celui porté majoritairement
00:50:13dans l'OTAN, au-delà des États-Unis.
00:50:15C'est un discours qui voulait se généraliser.
00:50:17Ça dépend, en tout cas, si Trump décide bel et bien
00:50:20de s'emparer du Groenland,
00:50:22bon, je pense que ce discours-là
00:50:23va être aussi de plus en plus populaire
00:50:25au sein de la population européenne.
00:50:27On parlait tout à l'heure,
00:50:28qu'est-ce qui se passe en interne aux États-Unis,
00:50:30côté Trump ?
00:50:31Est-ce qu'il va finir par, effectivement,
00:50:32être bloqué par le Congrès ?
00:50:34Donc, le Congrès, c'est Sénat plus Parlement américain.
00:50:37Chambre de représentants,
00:50:37qui est l'équivalent du Parlement,
00:50:39de l'Assemblée nationale,
00:50:40et le Sénat, qui est l'équivalent du Sénat.
00:50:41On appelle ça le Congrès.
00:50:42Donc, c'est le pouvoir législatif.
00:50:43Et donc, voilà, est-ce que, justement,
00:50:45le pouvoir législatif va pouvoir finir par freiner
00:50:48la dérive autoritaire trumpienne,
00:50:50expansionniste trumpienne ?
00:50:51C'est la question qui se pose.
00:50:52Et moi, franchement, je ne vois pas
00:50:53trop d'autres issues possibles.
00:50:55Qui peut arrêter Trump ?
00:50:56C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
00:50:58À part le peuple américain,
00:50:59s'il décide de le destituer
00:51:01ou d'activer des contre-pouvoirs,
00:51:04dont là, qu'il a réussi à un petit peu désactiver,
00:51:06s'il se prend une immense branlée au mid-terms,
00:51:08par exemple,
00:51:08les élections de mi-vanda législatives,
00:51:10peut-être que là, le Congrès pourra enfin bloquer
00:51:13ce genre de décision unilatérale
00:51:14de la part de Trump.
00:51:15Donc là, peut-être qu'il peut y avoir
00:51:16un changement de ce côté-là.
00:51:17Et c'est peut-être aussi pareil du côté de l'Europe.
00:51:19Si l'opinion change massivement,
00:51:21si quasiment l'intégralité des Européens
00:51:23se disent, là, c'est plus possible l'OTAN,
00:51:25il va falloir qu'on dégage de ça, etc.,
00:51:27ça pourrait aussi influer sur l'opinion publique
00:51:28et sur une certaine indépendance diplomatique
00:51:30et militaire de l'Europe
00:51:32par rapport aux États-Unis.
00:51:33Mais ça fait un peu ça
00:51:34quand on parle de géopolitique.
00:51:35Moi, ce n'est pas un sujet
00:51:35dans lequel je suis extrêmement bien formé,
00:51:37même si je me forme petit à petit.
00:51:39Mais souvent, on sépare un petit peu
00:51:39la politique intérieure de la géopolitique
00:51:41parce que c'est deux choses
00:51:43qui sont quand même assez différentes.
00:51:44Mais on a tendance à oublier
00:51:45les liens qu'il peut y avoir.
00:51:46C'est vrai que parfois, on se dit,
00:51:47mais je ne vois pas,
00:51:48à part l'escalade derrière,
00:51:49je ne vois pas qu'est-ce qui pourrait
00:51:50nous sortir de toute cette mouise.
00:51:51Il ne faut pas oublier
00:51:52qu'il y a des peuples
00:51:53qui vivent dans les pays.
00:51:54Et parfois, la guerre s'arrête aussi
00:51:55parce que le peuple décide
00:51:56de faire une révolution, par exemple,
00:51:59ou ce genre de choses.
00:52:00Bon, là, je ne pense pas
00:52:00que ça va arriver aux Etats-Unis.
00:52:01Mais voilà, tu vois ce que je veux dire.
00:52:03Peut-être qu'on se retrouve
00:52:04un peu dans cette situation
00:52:05à se dire, bon, ok,
00:52:06tout va très très mal.
00:52:07Donc là, peut-être regarder
00:52:08ce qui se passe à l'intérieur
00:52:09des différents blocs,
00:52:11les différents débouchés politiques intérieurs,
00:52:13comment ils pourraient influencer
00:52:14la suite des événements,
00:52:15surtout côté américain,
00:52:16mais aussi côté européen.
00:52:17Complètement.
00:52:18C'est vrai que l'opinion
00:52:19peut complètement basculer,
00:52:20je parle de l'opinion européenne,
00:52:22vers ce type de discours
00:52:23parce que cette manœuvre-là américaine,
00:52:27ces déclarations sur le Groenland,
00:52:30cette manœuvre au Venezuela
00:52:31et ces déclarations sur le Groenland,
00:52:33ça montre très clairement
00:52:34que les Etats-Unis
00:52:34ne sont plus nos alliés,
00:52:36d'une certaine façon,
00:52:36ou en tout cas,
00:52:37sont en passe de ne plus devenir
00:52:38et que Trump n'est pas seulement
00:52:41une sorte d'épouvantail abstrait
00:52:45ou une espèce d'amuseur public.
00:52:47Non, c'est un danger,
00:52:48très clairement,
00:52:48pour la souveraineté de l'Union européenne,
00:52:51des pays qui la constituent
00:52:52et de ses peuples.
00:52:54Et c'est là où je pense que,
00:52:56notamment, on va parler du ARN
00:52:59qui a commis, je pense,
00:53:00pour moi,
00:53:00une espèce d'erreur stratégique,
00:53:01disons,
00:53:02en se mettant dans les pas
00:53:04de Donald Trump,
00:53:04en le glorifiant d'une certaine façon.
00:53:07On se souvient de Jordan Bardella
00:53:08il y a quelques semaines.
00:53:09Évidemment, à quelle époque ?
00:53:10À quelle époque ?
00:53:11Il dit,
00:53:11mais où trouve-t-il toute cette énergie ?
00:53:13Et Roselyne Bachelot
00:53:14qui lui répond,
00:53:15mais comment c'est possible
00:53:17de se mettre à quatre pattes
00:53:18devant quelqu'un
00:53:19qui est l'ennemi de la France,
00:53:21en fait, quelque part ?
00:53:22Et à ce moment-là,
00:53:25cette conscience-là
00:53:26n'était pas complètement propagée
00:53:28dans l'opinion.
00:53:28Et là, je crois qu'avec
00:53:29ces différents épisodes,
00:53:30c'est quelque chose
00:53:31qui va enfin entrer dans les esprits
00:53:32et peut-être que l'opinion publique
00:53:35européenne va s'en saisir
00:53:37et peut-être se mobiliser.
00:53:38À voir.
00:53:39En tout cas,
00:53:40tous les soirs,
00:53:40il y a un général différent
00:53:42sur LCI,
00:53:42dire qu'il faut plus ou moins
00:53:43rentrer en guerre avec les États-Unis
00:53:44ou arrêter l'OTAN.
00:53:45Donc, je ne sais pas.
00:53:46Pour moi, c'est quand même
00:53:47un signal qui est très fort.
00:53:48On ne voit pas ça tous les jours.
00:53:49Je propose de regarder
00:53:50un autre général.
00:53:51C'était la veille de ce qu'on a montré.
00:53:52Donc, un général
00:53:52qui était peut-être
00:53:53un peu moins important
00:53:54et surtout qui n'était pas
00:53:54à l'État-major de l'OTAN
00:53:55et qui a un discours
00:53:56aussi un petit peu différent
00:53:57et presque encore plus violent.
00:53:58Je ne sais pas ce qui se passe,
00:53:59mais Dariusz Rochebin,
00:54:00tous les soirs,
00:54:01il y a un général différent
00:54:02qui dit des dengris comme ça.
00:54:04Quelle époque, effectivement ?
00:54:05Mon opinion,
00:54:06Qu'est-ce qu'on fait ?
00:54:07Non, ce qu'il faut faire.
00:54:08S'il est au Groenlande,
00:54:09moi, je dis que si on a des signes,
00:54:11il faut projeter des troupes là-bas.
00:54:13Et après,
00:54:13ils se battent contre les Américains ?
00:54:15Oui, mais les troupes,
00:54:16ils se battent contre les Américains ?
00:54:18Moi, éventuellement,
00:54:20oui, je pense qu'il faudrait
00:54:21se battre contre les Américains.
00:54:22Moi, je pense qu'il y a vraiment
00:54:23un truc de fierté militaire.
00:54:25Vraiment des généraux
00:54:26qui se disent,
00:54:27voilà, c'est l'espèce
00:54:27de nationalisme français,
00:54:29l'armée française, etc.
00:54:30où ils ont des réactions
00:54:31qui sont assez différentes
00:54:31de la sphère politique
00:54:33parce que je pense que ça passe
00:54:34très très très très mal
00:54:35auprès des militaires européens
00:54:37de manière générale.
00:54:38Parce que s'ils nous attaquent
00:54:40sur un territoire allié,
00:54:41à ce moment-là,
00:54:43il faut qu'ils passent
00:54:43pour les crapules historiques.
00:54:45Mon opinion,
00:54:46Qu'est-ce qu'on fait ?
00:54:47Pour les crapules historiques.
00:54:48C'est quand même assez...
00:54:49Il a dos d'enlever sa veste,
00:54:50il est chaud, il est bouillant.
00:54:52Va chercher ce FAMAS
00:54:53et puis bat-toi contre les GI.
00:54:55On en est là.
00:54:57Il y a un dernier truc
00:54:58que je voulais montrer,
00:54:59l'appareil, pour voir un petit peu
00:55:00le style Trump
00:55:00et à quel point, en fait,
00:55:01tout ça, c'est aussi une manière
00:55:02de tester à quel point
00:55:04l'Europe en particulier,
00:55:05mais pas que,
00:55:06sont ses larbins ou pas.
00:55:07Et donc là, hier,
00:55:08il avait fait une conférence de presse.
00:55:09Ce n'est pas une conférence de presse
00:55:10à proprement parler.
00:55:11Je crois qu'il s'adressait au...
00:55:12C'est un truc qui s'adressait
00:55:13aux républicains.
00:55:15Aux républicains américains.
00:55:16Et il a fait toute une espèce
00:55:17de tirade pour humilier,
00:55:19ni plus ni moins,
00:55:20Emmanuel Macron,
00:55:21ce fou de sa gueule,
00:55:22limité avec un accent français
00:55:22pour lui dire,
00:55:23regardez comment Emmanuel Macron,
00:55:24il s'est couché face à moi,
00:55:27il fait tout ce que je lui demande
00:55:28de faire,
00:55:28c'est vraiment mon clébard, quoi.
00:55:29Tout en rajoutant,
00:55:30je prends l'exemple d'Emmanuel Macron,
00:55:31mais ils sont tous pareils.
00:55:32Ils sont tous pareils,
00:55:33ils sont tous en train
00:55:33de me lécher les pieds, quoi.
00:55:35En vrai, quand il dit ça,
00:55:35on ne peut pas trop lui donner tort,
00:55:36mais il le dit avec une manière
00:55:38de parler,
00:55:39où vraiment,
00:55:39il y a cette volonté
00:55:40d'humiliation de Macron, quoi.
00:55:42Donc, la veille de cette déclaration,
00:55:43il partageait le communiqué
00:55:44officiel de Macron,
00:55:46qui ne condamnait
00:55:46absolument pas l'action américaine,
00:55:47pour dire,
00:55:47c'est bien, c'est bien,
00:55:54ça montre bien
00:55:55qu'il y a aussi cette volonté
00:55:56de tester jusqu'à quel point,
00:55:57là, on parle de la France,
00:55:58mais c'est le cas
00:55:58pour tous les pays d'Europe,
00:55:59c'est le cas pour à peu près
00:56:00tout l'Occident, en réalité,
00:56:02à quel point il peut se permettre
00:56:03de se montrer
00:56:04comme le seul chef à bord,
00:56:05parce que de toute façon,
00:56:06personne ne peut le stopper, quoi.
00:56:07Et si ça va passer
00:56:07par l'humiliation,
00:56:09eh bien, il y va,
00:56:09parce que c'est le style Trump.
00:56:10Vous allez voir
00:56:11que cet extrait en comparaison,
00:56:12Macron qui dit,
00:56:13mais non,
00:56:13je pense que les Américains
00:56:14vont respecter leur engagement
00:56:15et ne pas aller
00:56:16sur un territoire souverain danois.
00:56:18Oui, oui,
00:56:18le style Trump en face,
00:56:19c'est ça.
00:56:20Regardez.
00:56:22Alors, je vais traduire
00:56:23au fur et à mesure,
00:56:23mais ce n'est pas très important
00:56:24ce qu'il dit,
00:56:24juste le ton,
00:56:25vous allez tout de suite capter.
00:56:44Vraiment, il dit
00:56:45« Whatever you want, Donald, please ! »
00:56:46« Je ferai tout ce que tu veux,
00:56:48Donald, s'il te plaît. »
00:56:49Donc, il raconte une fausse histoire,
00:56:51c'est un immense mytho comme d'hab,
00:56:52où Trump aurait forcé Macron
00:56:54à augmenter le prix
00:56:56des médicaments en France,
00:56:57parce que du coup,
00:56:58le prix des médicaments en France
00:56:59serait trop bas
00:56:59par rapport au prix
00:57:00des médicaments aux Etats-Unis.
00:57:01Et donc, du coup,
00:57:02il invente une histoire
00:57:03comme quoi il aurait fait
00:57:04pression sur Macron
00:57:04et qu'en fait, direct,
00:57:06Macron aurait dit
00:57:06« Oh, d'accord,
00:57:07je ferai tout ce que tu veux
00:57:07que je te dise,
00:57:08tout ce que tu veux que je fasse.
00:57:09Tu me demandes
00:57:10d'augmenter le prix
00:57:10des médicaments en France.
00:57:11Oui, je le ferai, désolé, maître. »
00:57:14Oui, alors, je n'ai pas traduit,
00:57:14là, je viens de traduire le début,
00:57:15mais juste cette phrase-là,
00:57:16est-ce qu'il y a besoin
00:57:17d'en voir plus ?
00:57:18La manière dont il limite
00:57:19le président de la France,
00:57:21c'est humiliant, quoi.
00:57:22Vraiment, ça pourrait...
00:57:23Dans un monde un peu plus normal,
00:57:25ça serait un incident diplomatique
00:57:28vraiment important, quoi.
00:57:30« Ne dites pas à la population,
00:57:36s'il te plaît. »
00:57:40Chaque pays dit la même chose,
00:57:41« Non, on ne fera pas ça. »
00:57:44Certains le font avec impolitesse,
00:57:46d'autres le font plus poliment.
00:57:48Mais ils ont tous dit
00:57:49« Non, on ne le fera pas. »
00:57:53Et en...
00:57:55En moyenne, ça prend
00:57:56trois minutes et demie
00:57:58pour qu'eux...
00:58:04Pour qu'ils finissent par dire
00:58:05« Non, on serait honorés
00:58:06de quadrupler le prix
00:58:08de nos médicaments
00:58:08si vous nous le demandez,
00:58:10M. Trump, quoi. »
00:58:11« Soit je vous mets
00:58:22des frais douaniers sur la gueule,
00:58:24les pays européens,
00:58:24soit vous augmentez
00:58:25les prix de vos médicaments.
00:58:26Et apparemment,
00:58:26tous les leaders européens,
00:58:28dont Macron,
00:58:28qui l'a imité
00:58:29de manière humiliante,
00:58:31auraient fini très rapidement
00:58:32par dire « Ok,
00:58:32on fait ce que tu veux, Trump, quoi. »
00:58:34« Bang, deux days ago, right ? »
00:58:37« And we have now
00:58:39favorite nation. »
00:58:41« You think Biden could do that ? »
00:58:42« I don't think so. »
00:58:43« I think Biden never thought of it. »
00:58:46Parce qu'on parle souvent
00:58:47de la loi du plus fort
00:58:47qui est en train d'instaurer
00:58:48Trump par rapport
00:58:50aux actions militaires
00:58:51qu'il fait,
00:58:51sur l'aspect vraiment militaire.
00:58:53Mais là-dedans,
00:58:53c'est exactement le même truc.
00:58:55Il est là,
00:58:55il voit jusqu'où il peut aller.
00:58:57C'est-à-dire qu'il insulte
00:58:58quasiment,
00:58:59il se fout ouvertement
00:59:00de la gueule
00:59:00de manière humiliante
00:59:01de Macron
00:59:02pour voir la réaction.
00:59:03Mais en vérité,
00:59:04comme effectivement
00:59:04il a instauré
00:59:05la loi du plus fort
00:59:05et que Macron ait
00:59:06une chiffre molle
00:59:07à côté de ça,
00:59:07mais qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:59:09Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:59:09On peut juste continuer
00:59:10à se faire humilier
00:59:11par le président des Etats-Unis.
00:59:12Enfin, quand je dis « on »,
00:59:12c'est pas moi,
00:59:13je parle de Macron.
00:59:14Je me mets pas
00:59:14dans le même bateau de Macron.
00:59:16Je ne cède pas
00:59:16aux sirènes du nationalisme.
00:59:18Mais je veux dire,
00:59:18voilà quoi,
00:59:19Macron,
00:59:19à part se faire humilier,
00:59:21il peut rien faire.
00:59:21Il peut rien faire.
00:59:23C'est ça.
00:59:24Et puis là,
00:59:25il a compris
00:59:25par ce qui s'est passé
00:59:26ces derniers jours,
00:59:27notamment en Venezuela,
00:59:28que tout était permis pour lui.
00:59:30Donc en fait,
00:59:30il peut humilier qui il veut,
00:59:31on ne lui répondra jamais.
00:59:32On ne pourra jamais lui répondre
00:59:33à la hauteur
00:59:33de ses actes.
00:59:36Donc forcément,
00:59:37il peut se permettre
00:59:38ce type d'imitation,
00:59:40d'humiliation,
00:59:41ses mensonges.
00:59:42Et d'ailleurs,
00:59:42personne n'a réagi.
00:59:43Parce que,
00:59:43comme tu l'as dit,
00:59:44il y a quelques temps,
00:59:45je ne sais pas,
00:59:45sous Biden,
00:59:46sous Obama,
00:59:46je ne sais quoi,
00:59:47ça aurait créé
00:59:48un incident diplomatique.
00:59:49Voilà.
00:59:50Peut-être qu'on se serait
00:59:51bataillé à coups de communiqués,
00:59:52mais au moins,
00:59:53il y aurait une réaction.
00:59:54Et là,
00:59:55il n'y a pas de réaction
00:59:55parce que de toute façon,
00:59:57est-ce qu'on n'a pas intégré
00:59:58quelque part
00:59:59qu'on est soumis des amis ?
01:00:00Je pense que si.
01:00:01Je pense que si.
01:00:01Et puis,
01:00:02ça se trouve une réaction
01:00:03pour que Trump dise
01:00:04« Ah ok,
01:00:04vous ne me respectez pas,
01:00:05j'en vais le Groenland demain. »
01:00:06Normalement,
01:00:07qu'est-ce que tu veux faire ?
01:00:08Je vais finir juste aussi
01:00:09avec ce petit extrait bonus
01:00:10pour montrer que le style de Trump,
01:00:11et c'est là où en plus
01:00:12tout le grotesque
01:00:13de la situation ressort
01:00:13parce que Trump est vraiment grotesque
01:00:15et il prend tout à la rigolade.
01:00:17Il a vraiment ce côté troll.
01:00:18Il a vraiment ce côté troll,
01:00:19sauf que c'est le président
01:00:20de la première puissance mondiale
01:00:21et il vient de kidnapper
01:00:22le président végélien,
01:00:23enfin hélicoptère.
01:00:26Donc,
01:00:26dans le même discours
01:00:27où il est Emmanuel Macron,
01:00:28il a pris genre
01:00:32ou je ne sais plus,
01:00:33il parle d'une histoire
01:00:33d'une athlète transgenre
01:00:34qui galèrerait
01:00:35à faire du soulevé de poids.
01:00:38Du coup,
01:00:39juste cet extrait
01:00:39de 9 secondes
01:00:40se suffit à lui-même.
01:00:41Là, je ne vais pas traduire
01:00:42parce qu'il n'y a rien à traduire.
01:00:42C'est uniquement
01:00:43des onomatopées
01:00:43pendant 10 secondes.
01:00:44Mais c'est pour dire
01:00:45qu'il humilie le président
01:00:47de la France,
01:00:49menace d'annexer le Groenland
01:00:50et en même temps,
01:00:51il prend 1 minute 30,
01:00:522 minutes, 3 minutes
01:00:53pour raconter des anecdotes
01:00:54qui n'ont aucun intérêt
01:00:55et faire le clown.
01:00:56Et tout ça dans le même discours.
01:01:10Il peut se permettre
01:01:12de faire ce genre
01:01:13de bouffonnerie littéralement
01:01:15et puis après,
01:01:17menacer une puissance militaire
01:01:18et humilier comme ça
01:01:19de la même foulée.
01:01:20Je trouve que ça rajoute
01:01:21de la force à Trump
01:01:23toutes ces espèces
01:01:24de bouffonnerie.
01:01:25Je ne sais pas,
01:01:25ça brouille les pistes
01:01:26et ça fait que...
01:01:27Oui, et puis ça témoigne
01:01:29d'un sentiment
01:01:29de toute puissance.
01:01:31On le voit là,
01:01:31il jubile
01:01:32et il est dans une espèce
01:01:32d'excitation absolue.
01:01:34Il fait son one man show.
01:01:35Il fait son one man show.
01:01:36Il sait qu'il a les pleins
01:01:38pouvoirs désormais
01:01:38d'une certaine façon.
01:01:40Plus personne ne peut
01:01:40lui résister.
01:01:42Il a quand même,
01:01:43comme tu l'as dit,
01:01:43capturé un président
01:01:44en hélicoptère
01:01:45comme ça en une nuit
01:01:46et personne ne s'y oppose
01:01:48ou en tout cas
01:01:49très faiblement
01:01:50et voire même
01:01:51on le félicite
01:01:51notamment en France.
01:01:53Donc forcément,
01:01:54il peut tout se permettre.
01:01:54Il peut se permettre
01:01:55ce genre de singerie,
01:01:58de bêtise.
01:01:59Il peut humilier
01:02:00n'importe qui.
01:02:01Il parlait d'Emmanuel Macron
01:02:02mais dans l'extrait précédent,
01:02:04il humilie tous
01:02:05les dirigeants occidentaux
01:02:07parce qu'il dit
01:02:07de toute façon
01:02:08tout le monde
01:02:08me mange dans la main
01:02:09et quand je leur demande
01:02:10quelque chose
01:02:10qui pourrait les humilier
01:02:12ils me disent
01:02:12ce serait un honneur Donald.
01:02:14Donc en fait,
01:02:15oui,
01:02:16il est galvanisé
01:02:18par ce sentiment
01:02:18de toute puissance.
01:02:19En même temps,
01:02:19qui peut lui donner le tort ?
01:02:21Ça commence un peu
01:02:22à se répéter
01:02:23mais en même temps
01:02:24qu'est-ce que vous voulez dire
01:02:25de plus que ça ?
01:02:26Donc je ne sais pas
01:02:26quelle perspective
01:02:27par rapport à ça
01:02:27sur le moyen long terme ?
01:02:29Je ne sais pas.
01:02:29Il y a quand même un truc
01:02:30dont on n'a pas trop parlé
01:02:31c'est la Chine.
01:02:32Le rôle de la Chine là-dedans
01:02:33parce qu'on en parlait
01:02:34tout à l'heure
01:02:34avant que l'émission commence
01:02:35on disait
01:02:36mais qui peut stopper
01:02:37Trump aujourd'hui
01:02:37de manière un peu réaliste ?
01:02:40Franchement,
01:02:40à part la Chine.
01:02:41La Chine militairement
01:02:42n'est pas au niveau
01:02:42des Etats-Unis
01:02:43mais économiquement,
01:02:44voilà quoi.
01:02:45Donc je ne sais pas.
01:02:46Avoir le rôle de la Chine
01:02:47qu'il va y avoir
01:02:48dans l'équilibre international
01:02:50qui est en train de se créer.
01:02:52Je ne sais pas.
01:02:53Je ne sais pas trop
01:02:53mais à voir quoi.
01:02:54Est-ce qu'on part
01:02:55vers une espèce
01:02:56de seconde guerre froide
01:02:57avec un bloc chinois
01:02:58versus un bloc USA ?
01:02:59Quel rôle aura l'Europe
01:03:01là-dedans ?
01:03:02Et la Russie.
01:03:03Et la Russie là-dedans
01:03:03parce qu'on n'en a même pas parlé
01:03:04de l'Ukraine
01:03:04mais il y a aussi eu
01:03:05du nouveau sur l'Ukraine.
01:03:06Je ne sais pas.
01:03:06On va suivre ça
01:03:07avec beaucoup d'attention
01:03:07dans les prochains jours.
01:03:08Enfin je dis ça
01:03:09je parle comme les Européens impuissants
01:03:10qui disent
01:03:10« We're monitoring the situation ».
01:03:15En tout cas à voir
01:03:16mais on reparlera de ça
01:03:17et peut-être plus un peu
01:03:18aussi de la Chine
01:03:19dans cette histoire-là
01:03:19de ce bras de fer économique
01:03:20et diplomatique
01:03:21et militaire
01:03:22et géopolitique
01:03:22entre la Chine et les Etats-Unis.
01:03:24À voir quoi.