00:00Comment ça, Lecornu veut aider à financer la campagne du RN ?
00:03Qui peut accepter que le premier parti de France ne puisse pas se financer ?
00:06Vous l'avez sûrement vu passer, le 20 juillet, il y a eu une réunion sur les financements français pour
00:10les candidats à la présidentielle.
00:12Et Sébastien Lecornu a très fortement incité les représentants des principales banques françaises,
00:16apprêtés aux partis qui cherchent à se financer, et parmi eux, le parti d'extrême droite.
00:19Alors que le RN demande un crédit à hauteur de 10,7 millions d'euros pour financer sa campagne,
00:24soit le maximum remboursé par l'État lorsqu'un parti atteint le second tour,
00:27mais la frilosité des banques ne vient pas de nulle part.
00:30Aujourd'hui, le RN est le parti le plus déficitaire avec 8 millions de dettes et ne peut pas s
00:33'autofinancer,
00:34alors même qu'il est le parti le plus subventionné avec 14,8 millions d'euros reçus de l'État
00:38en 2025.
00:39La crainte des banques vient aussi des affaires judiciaires du RN.
00:41La condamnation de 27 personnes dont le parti lui-même pour détournement de fonds publics constitue un risque,
00:45et la candidature de Marine Le Pen, qui pour être remise en cause par la Cour de cassation juste avant
00:49l'élection,
00:50crée une forte incertitude.
00:51Mais surtout, prêter à l'extrême droite reste un symbole fort et les banques règnent en retour de perdre des
00:55clients.
00:55En 2014, le RN avait emprunté 11 millions d'euros à une banque russe.
00:59En 2022, le parti s'est tourné vers des financements de banques hongroises.
01:02Mais alors, pourquoi Matignon intervient-il ?
01:04Le Cornu a même proposé aux banques d'engager l'État pour couvrir une partie du risque de recouvrement.
01:08Pour cela, un texte qui concerne officiellement tous les partis devrait être intégré au prochain projet de loi de finances.
01:12Au nom de la démocratie, le Premier ministre intervient en fait en faveur d'un parti en particulier,
01:16qui plus est d'extrême droite.
01:18Le RN est non seulement normalisé, il est désormais aidé jusqu'au sommet de l'État.