- il y a 16 heures
À trois mois d’une probable candidature présidentielle, l’eurodéputé a tenu son premier meeting de campagne avec d’anciens éléphants socialistes et des déçus du macronisme. Un casting qui tranche avec la volonté affichée de donner des gages à la gauche qui lui refuse encore son soutien.
Analyse avec Emilio Meslet et Cyprien Caddeo.
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NewsTranscription
00:01Il n'est pas encore candidat, du moins officiellement, mais il l'est quand même un peu.
00:06Raphaël Glucksmann, c'est de lui dont on va parler aujourd'hui.
00:08Le coprésident de Place Publique était en meeting à Aubervilliers ce samedi 13 juin.
00:15Et pour en parler, je suis avec Emilio Mellet, grand reporter au service politique de l'Humanité.
00:18Salut Emilio.
00:19Salut.
00:19Et tu étais présent justement à lui assister à ce meeting.
00:22Alors, moi, ma première question que je voulais te poser, c'est Raphaël Glucksmann a souvent été,
00:27notamment ces dernières semaines, moqués sur les réseaux sociaux, notamment parce qu'il n'est pas toujours très bon,
00:32voire il est parfois carrément mauvais dans ses passages médiatiques sur les plateaux télé.
00:36Est-ce que là, l'exercice meeting, qui est évidemment un peu différent, était réussi ?
00:41Tu sais, à l'Human, on a des reporters de guerre qui vont sur des terrains pas toujours faciles.
00:45Et puis, il y a des gens qui ont un vrai travail difficile, c'est-à-dire qu'ils vont
00:47dans les meetings de Raphaël Glucksmann.
00:51Non, au-delà de la blague, j'ai envie de dire, c'était pas si pire.
00:55C'est vrai qu'on s'attendait quand même à un cataclysme.
00:57On a vu ce qui s'était passé.
00:58Les Insoumis avaient caricaturé son pachache quotidien en disant qu'il avait perdu le débat face à une photo de
01:03Jean-Luc Mélenchon.
01:03Ce qui n'était pas totalement faux.
01:06Et bien là, en réalité, sur la forme, on va dire que c'était plutôt un exercice réussi.
01:11Le stéodoxe d'Aubervilliers, tu l'as dit, c'était une salle comble.
01:15Après, relativement modeste.
01:17Il revendique 4000 personnes, c'était probablement un peu moins.
01:19C'était loin de la démonstration de force qu'a fait Mélenchon une semaine plus tôt à Saint-Denis.
01:24Mais en tout cas, c'est vrai que dans l'espace social-démocrate, pour l'instant, il n'y a
01:26personne qui réussit vraiment à rameuter autant de monde.
01:29C'est un indicatif.
01:30On s'assurait si les présents dans les meetings faisaient les présidents de la République.
01:34Sinon, Zemmour serait sûrement à l'Elysée.
01:36Marine Le Pen ne serait pas en tête des sondages.
01:39Mais voilà, il s'est passé quelque chose au sein du petit espace social-démocrate.
01:42En tout cas, Glucksmann a voulu envoyer un message aux socialistes pour dire, en fait, vous n'allez pas pouvoir
01:47faire sans moi.
01:48Et sur la forme, c'était plutôt réussi.
01:50C'est un discours plutôt construit.
01:52Il a un cap clair, a priori.
01:54Mais on y reviendra.
01:56Mais ce n'était pas non plus de nature à donner une dynamique.
01:59On a vu que certains confrères et consoeurs se sont largement emballés dans leurs papiers post-meeting.
02:06Ce n'est pas non plus la panacée.
02:10Mais justement, est-ce que ce n'était pas une démonstration de force dans l'espace social-démocrate, finalement ?
02:15Parce que l'enjeu pour Ravelle Glucksmann, tu l'as dit, c'est de s'imposer aux yeux du PS,
02:19notamment comme le candidat.
02:22Est-ce que ça, ça a été un enjeu de ce meeting ?
02:23Et est-ce qu'au sein des participants à ce meeting, dans l'audience du meeting, il y avait des
02:29gens qui incarnaient ce rapprochement avec le PS ?
02:32Alors, sur ta première question, effectivement, c'était un message.
02:36Et d'ailleurs, il nous l'a plus ou moins dit à la fin.
02:38Il a fait un micro tendu avec les journalistes.
02:40Et c'est la première question que je lui ai posée.
02:41Je lui ai dit, mais est-ce que vous pensez avoir convaincu vos amis socialistes ?
02:44Et il me répond clairement.
02:46En fait, oui, je m'adressais aux militants socialistes pour leur dire que c'est avec la force.
02:52En gros, pour paraphraser Mélenchon, là est la force.
02:55Et c'est comme ça que cet espace pourra arriver au deuxième tour et peut-être battre l'extrême droite.
03:02C'est ce qu'il essaie de monter.
03:03Il essaie d'agréger autour de lui.
03:05C'est plutôt réussi.
03:06En fait, il a déjà embarqué, on va dire, un bon tiers des cadres du PS.
03:12On voyait parmi les présents, il y avait l'aile droite qui déteste, qu'on les appelle comme ça.
03:18Mais c'est Carole Delga, Mickaël Delafosse, David Assouline, Laurence Rossignol,
03:23qui sont eux contre la direction de l'effort qui voudrait embarquer tout ce petit monde dans une primaire.
03:28On avait à côté de ça les vieux de la vieille du hollandisme et même un peu plus anciens,
03:34parce que Bernard Kouchner, lui, n'était pas ministre de Hollande, mais de Sarkozy.
03:37Mais on avait Bernard Kouchner, il y avait Anne Sinclair qui est une vieille compagnonne de route de l'aide
03:42de la gauche sociale libérale.
03:45On avait aussi Marisol Touraine qui, je vous le rappelle, quand même, à l'investiture du deuxième quinquennat de Macron,
03:51lui avait dit maintenant tu peux faire tout ce que tu veux.
03:55Et donc c'est ce profil qui n'a pas marché, d'ailleurs.
03:59Voilà, mauvaise prophétie.
04:00Ces profils-là, on a aussi Yannick Jadot, l'écologiste qui était là, qui a décidé de rompre en partie
04:07avec son parti,
04:08les écologistes qui lui, veut aussi une primaire.
04:11Il nous a dit que la candidature la plus compétitive est celle de Glucksmann.
04:15Et on avait aussi les anciens macronistes.
04:19On avait Aurélien Rousseau, on avait Sacha Houllier, il y avait Marguerite Cazeneuve.
04:23C'est les gens qui ont donc rompu avec Macron.
04:25Il y a Agnès Buzyn qui était attendue, finalement, elle n'est pas venue pour raison personnelle de ce que
04:28je crois comprendre,
04:28mais elle était aussi attendue.
04:30Donc c'est-à-dire qu'on a la fameuse elle gauche, si tant elle n'ait jamais existé, de
04:33la Macronie qui est là.
04:35Et donc c'est tous ces gens-là qui essaient en fait de préempter cet espace.
04:40C'est David Assouline, en fait, qui m'a...
04:42Je vais vous même vous lire ce qu'il m'avait dit.
04:44C'est parce que c'est assumé en fait quel espace ils veulent.
04:48Et si je le retrouve dans mes notes, évidemment, je suis paumé.
04:52Si je vous fais en substance, en gros, ce qu'on doit faire aujourd'hui dans cet espace-là,
04:56c'est de reprendre la place laissée vacante par l'implosion du PS de 2017,
05:02c'est-à-dire en récupérant une partie des électeurs macronistes et en parlant à toute la gauche,
05:06c'est-à-dire refaire un grand parti au sein duquel tous les débats se tranchent au sein de la
05:10gauche
05:10et pas un chapelet de chapelle, de petite chapelle qui en soit en fait tout à égalité.
05:15À la fin, personne n'arrive à se décider.
05:17Et là-dessus, il voit en Raphaël Glucksmann le meilleur, pour l'instant, le meilleur, le plus avancé en tout
05:22cas pour faire ça.
05:23Ce qui est sûr, c'est qu'effectivement, si on compare un peu ces deux derniers meetings de gauche,
05:28qui étaient celui de Mélenchon et Glucksmann, Mélenchon, son enjeu, c'était de prendre de vitesse toute la gauche
05:32et de s'imposer comme le seul vote utile à gauche pour être au second tour,
05:35ce qu'il a dit clairement en disant « maintenant la primaire est finie, si vous voulez gagner, c'est
05:39moi ».
05:39En gros, ça a été dit assez clairement.
05:41Et Glucksmann, lui, son enjeu, c'est de montrer qu'au moment où le PS est enlisé,
05:45on connaît les tensions internes autour de la primaire, etc.,
05:47de se dire « bon, le déboucher, tout ça, c'est moi », en fait.
05:50C'est ça, mais aussi sur le fond, en fait.
05:51C'est là où il est plus malin que je l'avais imaginé,
05:55parce que c'est vrai que jusqu'ici, la tonalité de campagne,
05:57c'était « on va vraiment parler aux électeurs centristes, en gros, au déçu du macronisme,
06:01et en gros, on va agréger cette partie-là une partie des électeurs de gauche
06:04qui pensent que Mélenchon perdra le deuxième tour, ou qu'il le déteste,
06:09et donc qui se disent « il faut qu'on trouve un autre cheval sur lequel miser,
06:12et bon, dans le no man's land, il y en a un qui a levé le bras, et c'est
06:17Glucksmann ».
06:17Et donc ils se disent « sur un malentendu, ça peut fonctionner ».
06:21Sauf qu'en fait, Glucksmann, il sait qu'il a aussi besoin des appareils.
06:24Et c'est là où il a essayé de donner des gages,
06:28vraiment à la fois aux socialistes, mais aussi un peu aux écolos.
06:31C'est-à-dire que lui, il n'a pas de pognon.
06:35On l'a vu, c'est un meeting, certes dans une salle relativement importante,
06:39mais il est plutôt mal produit ce meeting, il n'était pas retransmis, par exemple,
06:42par les équipes de place publique, il n'y avait pas d'écran géant, il n'y avait pas tout
06:47ça,
06:47donc on sent qu'ils sont un peu en galère.
06:48On a même des rumeurs qui disaient qu'ils n'arrivaient pas à le financer ce meeting,
06:51et donc ils ont besoin de la force économique et de la force militante du PS.
06:54Et pour ça, il faut qu'ils parlent au cœur des électeurs socialistes.
06:57Comment ? C'est-à-dire déjà en réclamant la loi intégrale,
07:02comme le portent les associations féministes et la plupart des,
07:06si ce n'est tous les élus de gauche, après l'affaire Liana.
07:09Mais c'est aussi de faire vibrer la fibre européenne.
07:14Ça, c'est son créneau, de toute façon.
07:16Il sait qu'en jouant sur cette corde-là, et en dépeignant Mélenchon et la gauche radicale,
07:21comme les anti-européens, quasiment prêts à vendre la France à Poutine et à la Chine,
07:27il peut fédérer quelque chose à ce moment-là.
07:30Et puis surtout, sur l'économie.
07:32Sur l'économie, il m'a rappelé un certain candidat de 2012,
07:39qui lui a gagné la présidentielle, c'est François Hollande.
07:42Il nous a refait un peu le même couplet.
07:44François Hollande, lui, vous vous rappelez, c'était « Mon adversaire, c'est la finance »,
07:48et c'était « Je vais aller sauver Léo Fourneau de Florange, en gros, en pleine désindustrialisation.
07:56Si vous votez pour moi, on conservera cette industrie en France ».
07:59Eh bien, il nous refait un peu le même couplet.
08:01Peut-être qu'on peut le mettre, on peut mettre la phrase exacte de Raphaël Glucksmann.
08:05Dans ton article que j'ai publié, c'est un peu plus bas.
08:10« Nous mettrons fin à cette religion absurde du libre-échange généralisé,
08:14à laquelle plus personne ne croit ailleurs qu'en Europe. »
08:17Et en plus, il a promis de déclarer l'état d'urgence industriel.
08:21Son ennemi, c'est le libre-échange.
08:23Voilà, son ennemi, c'est le libre-échange.
08:26Et donc, voilà, c'est ce qu'il dit.
08:27Il faut que je donne des gages à la gauche.
08:29Et aux écolos, comment ?
08:30Parce qu'en fait, il a commencé quasiment son meeting en parlant d'écologie.
08:34Et c'est d'ailleurs comme ça qu'il justifie le fait qu'il n'est pas un ancien...
08:37Quelqu'un qui a cru à Macron, il n'est pas le nouveau Macron.
08:40Il dit « Parce que moi, j'ai toujours su que Macron, il était zéro sur l'écologie.
08:45Et nous, on va vraiment la faire, cette planification écolo. »
08:48Il a commencé à parler de leasing social, de grands plans d'électrification,
08:52d'énergie renouvelable, de sortie des fossiles.
08:55Notamment, en liant ça avec la géopolitique,
08:57parce qu'on est trop dépendant des fossiles.
08:59On voit avec ce qui se passe au Moyen-Orient, avec le gaz russe.
09:02C'est vrai, donc il a essayé d'articuler quelque chose autour de ça,
09:05aussi pour parler aux écolos,
09:07à qui il s'est d'ailleurs adressé en fin de meeting,
09:10en disant que socialistes et écolos et places publiques
09:12n'avaient pas écrit les plus belles pages de leur histoire,
09:14encore, et que c'était à venir.
09:16Donc voilà dans quel mood il se place.
09:19Le problème, et j'imagine que c'était ta question suivante,
09:21c'est quelles sont les limites de ça ?
09:23Oui, déjà, peut-être que c'est ta phrase qui m'y a fait penser,
09:27mais déjà sur la question du libre-échange,
09:28parce qu'à quel point il est sincère.
09:31Il est sincère, voilà.
09:32Par exemple, moi déjà, je vois une contradiction,
09:34tu dis, effectivement, il dit, il faut sortir de la religion du libre-échange,
09:36et en même temps, il ne jure que par l'Europe.
09:39Or, alors l'Europe, même si tu fais une Europe protectionniste,
09:43qui semble vouloir défendre, c'est-à-dire une Europe qui se protège
09:46du libre-échange étranger, ça reste à marcher l'Europe.
09:48Enfin, ça a été créé pour ça.
09:50Donc, comment il réfléchit cette question-là ?
09:52Et à priori, en tout cas, il n'y a pas de proposition
09:54pour désharmonisation fiscale et sociale en Europe, par exemple.
09:57Donc ça, c'est déjà une limite.
09:58Il parle aussi de désindustrialisation et la prédation de la Chine
10:02sur les secteurs industriels français et plus massivement en Europe
10:08depuis les années 80, ce qui n'est pas totalement faux.
10:10C'est vrai qu'on a vu une grande part de nos industries délocalisées en Chine,
10:14mais sauf qu'en fait, on se rend compte que ces derniers temps,
10:16c'est Lincey qui le dit, je l'écris d'ailleurs dans ce papier,
10:18le principal terrain de délocalisation des entreprises françaises.
10:21C'est en Europe, entre 2018 et 2023,
10:23c'est 72% des entreprises qui ont délocalisé l'ont fait au sein de l'Union européenne.
10:27Donc ça, c'est l'angle mort de Raphaël Glucksmann.
10:30Puisqu'en gros, il voit émerger deux pôles,
10:34enfin trois pôles contre lesquels il s'élève.
10:36C'est-à-dire le pôle américain, il a dit que les États-Unis
10:39avaient laissé tomber le drapeau de la liberté et qu'il allait le reprendre.
10:43Il voit le pôle russe qui attaque l'Ukraine et qui, selon lui,
10:46c'est quasiment ses mots, allait nous attaquer militairement bientôt
10:51et qu'en fait, l'Ukraine n'était qu'une étape et que les vraies cibles,
10:54c'était nous, les Européens et la Chine.
10:57C'est littéralement, il a dépeint tous ses ennemis,
10:59à la fois institutionnels, mais aussi sur le numérique.
11:03Il a Musk, les patrons aussi d'entreprises du numérique chinois,
11:07comme TikTok, etc.
11:09Et donc, c'est là-dedans qu'il s'inscrit.
11:10Et donc, il se dit que la seule puissance pour faire face à ça,
11:12c'est la puissance européenne.
11:13Et donc, il ne veut absolument pas fragiliser l'édifice.
11:16On a à peine Aurore Lalue, sa coprésidence,
11:19qui, au début du meeting, a dit
11:21« Oui, c'est vrai, l'Europe, elle n'est pas parfaite quand même. »
11:24Mais ça s'est un peu limité à ça.
11:25La question européenne, pour l'instant, ce n'est pas son sujet.
11:29C'est l'Europe comme un bloc.
11:30Et en gros, il faut qu'on avance ensemble, selon lui,
11:32parce qu'en gros, il y a la prédation en dehors des frontières de l'Europe.
11:36Et surtout, ne fragilisons pas l'édifice.
11:40Alors, rappelons quand même que son parti siège dans l'opposition.
11:42Au Parlement européen, ils sont quand même bien au courant
11:45que le parti qui domine l'Europe actuellement,
11:47c'est les conservateurs, c'est le PPE.
11:49Donc, effectivement, ils sont censés savoir que ce n'est pas si simple que ça.
11:55Est-ce que tu as identifié d'autres angles morts
11:58ou termes absents, on va dire, du discours de Raphaël Glucksmann dans ce meeting ?
12:04Raphaël Glucksmann, il est très prompt, je vous l'ai dit, à parler de la guerre,
12:07notamment de la guerre en Ukraine.
12:09C'est son principal sujet.
12:13Sur lequel il a vraiment disserté longtemps,
12:14pas que ce ne soit pas important et qu'il ne faille pas le faire.
12:17Par contre, il y a un oubli majeur, c'est la Palestine.
12:20Il n'y a pas un mot de sa part,
12:23ni en réalité des personnes qui ont pris la parole avant,
12:25sur la Palestine.
12:26Il a seulement évoqué Netanyahou pour parler des guerres folles
12:29de Trump et de Netanyahou,
12:31mais plus au sujet de l'Iran en réalité
12:33que de ce qui se passe en Palestine,
12:34que ce soit à Gaza ou en Cisjordanie.
12:36C'est un des principaux reproches que fait la gauche
12:40à Raphaël Glucksmann.
12:41C'est d'avoir son indignation sélective
12:43parce que lui, il est persuadé qu'en fait,
12:45l'avenir du monde se joue en Europe
12:46parce que Poutine va nous attaquer.
12:48Ce qui se passe au Moyen-Orient, c'est pas trop son sujet.
12:50Donc ça, c'est le premier truc.
12:52Après, c'est quelque chose, c'est pas une impasse.
12:54C'était pas totalement absent.
12:55Mais sur la question économique,
12:56quand on parle de vouloir remettre de la justice,
12:58de lutter contre les inégalités,
13:00c'est ce qu'il veut faire.
13:01C'est ce qu'il dit vouloir faire.
13:03Mais par contre, il a quasiment intégralement
13:05sous-traité la question de la fiscalité,
13:07que ce soit sur le patrimoine ou de l'héritage.
13:09Aurore Laluc, qui est donc eurodéputée,
13:11qui est une économiste,
13:12qui a introduit le meeting.
13:13C'est elle qui a évoqué en quelques phrases
13:16les combats de Place Publique en la matière.
13:18Mais Raphaël Glucksmann, lui, non.
13:20Et en fait, on avait déjà vu que Place Publique
13:21n'était pas loin de bazarder la taxe Zuckmann
13:23au moment de la négociation
13:24avec la nomination du gouvernement Lecornu,
13:27quand les châteaux de Carstet effondraient
13:29avec Bruno Retailleau
13:29et qu'il y avait la possibilité peut-être
13:31d'obtenir des choses.
13:32Ils étaient prêts à bazarder la taxe Zuckmann
13:34pour pouvoir obtenir des petits mécanismes
13:36qui rapportaient pas grand-chose.
13:40Après, il y a peut-être des dynamiques
13:42à voir en interne aussi chez Place Publique.
13:43Pourquoi Aurore Laluc l'a faite ?
13:45Parce que j'ai cru comprendre,
13:46c'était les rumeurs,
13:48qu'il y avait des tensions en interne
13:50chez Place Publique,
13:51notamment sur ces aspects-là,
13:53qui trouvaient que la campagne de Glucksmann,
13:55en gros, elle était vraiment un peu trop centriste
13:56et qu'il oubliait un peu ses fondamentaux
13:58à minimum de gauche.
13:59C'est-à-dire, taxe Zuckmann,
14:00c'est ce que doivent payer les multimillionnaires
14:04de plus de 100 millions d'euros de patrimoine,
14:05selon ce que la loi indique.
14:07C'est même pas, est-ce qu'on va plus ambitieux
14:09que ce que la loi dit ?
14:11C'est, est-ce que tout le monde paye ce qu'il doit payer ?
14:13Et donc, visiblement,
14:14ce tournant très centriste de Glucksmann,
14:16il passait mal.
14:17Donc peut-être qu'aussi qu'il y avait des dynamiques internes
14:21qui font que c'est Aurore Laluc
14:23qui apportait ça,
14:24mais du coup, c'est vrai qu'il y avait assez peu d'espace
14:27pour ça.
14:27Oui, moi, ça m'avait frappé aussi
14:29à la lecture du livre de Raphaël Glucksmann,
14:32Retrouvez l'envie.
14:33Je ne sais pas le titre exact,
14:33mais je ne me souviens plus.
14:34En tout cas, ne faites pas ça chez vous,
14:35c'est une lecture dispensable, je pense.
14:38Mais en tout cas, il y avait aussi un passage
14:40à la taxe Zuckmann très, très court,
14:41où en gros, il disait juste qu'il faut entendre
14:43les critiques et les réticences
14:44qui se sont exprimées contre la taxe Zuckmann.
14:48Réticence, c'était quand même
14:49l'appadage du MEDEF
14:51et de Bernard Arnault, surtout.
14:52Donc bon, mais voilà.
14:53En fait, il faut comprendre un truc
14:54avec Raphaël Glucksmann.
14:56Moi, c'est un truc qu'il a débloqué
14:57chez moi dans le meeting.
14:58Il y avait des trucs que je ne comprenais pas chez lui.
15:00Et en fait, il a cité longuement
15:01une de ses références,
15:02qui est Pierre Mendes France,
15:02qui est un ancien chef de gouvernement,
15:05mais qui n'a pas duré très longtemps
15:06sous la Quatrième République,
15:08et qui est souvent présenté comme,
15:11en gros, l'homme politique intègre, honnête
15:13et qui préfère perdre tout en disant la vérité
15:17plutôt que gagner en mentant.
15:19Et en fait, c'est quoi son logiciel,
15:20la Pierre Mendes France ?
15:21C'est le contrat plutôt que la contrainte.
15:25Et donc, c'est en gros la négociation
15:27avec les corps constitués.
15:30C'est ce qu'a donné ensuite,
15:31c'est le rocardisme, en fait.
15:33C'est cette troisième voie gauche
15:35qui était en gros un compromis
15:39entre tout ne doit pas être la verticalité de l'État
15:42et en gros les décisions qui s'imposent aux acteurs
15:45et l'horizontalité
15:46qui voudrait que les acteurs savent
15:48ce qui est bon pour eux-mêmes.
15:49Et donc, notamment l'économie sociale et solidaire,
15:54c'est, voilà, il faut discuter,
15:56c'est le dialogue social,
15:57c'est pas la gauche de la lutte des classes, en fait.
16:00Voilà, c'est ce qu'il faut comprendre.
16:01Et donc, il est...
16:02Alors, c'est pas que je ne sache pas
16:04que Raphaël Loussmane, la lutte des classes,
16:05c'est pas trop son sujet.
16:07Mais c'est vrai qu'il est très là-dessus sur...
16:10En gros, il ne faut pas brusquer les acteurs
16:12qui font vivre à la fois l'économie
16:15et la solidarité au jour le jour.
16:16Il ne faut pas leur imposer trop.
16:19Et donc, peut-être que c'est comme ça
16:20qu'il voit aussi la taxe Zuckman.
16:22C'est quelque chose qui vient de très en haut.
16:23Après, c'est le principe de la fiscalité aussi.
16:24Oui.
16:25Et peut-être dernière question, c'est sur le...
16:27Alors, là, tu dis que ce meeting avait vocation
16:28à aussi convaincre les électeurs du PS.
16:32Par ailleurs, est-ce que cette stratégie
16:34que tu évoquais là, d'aller vers le centre,
16:36surtout en tout cas, de récupérer aussi
16:37les déçus du macronisme, etc.
16:39Parce que là, tu parlais de cadres macronistes
16:41qui sont venus chez lui,
16:41mais il y a aussi un électorat en jachère.
16:43En tout cas, c'est l'hypothèse.
16:46Donc, allez, en tout cas,
16:46penser que la victoire de la gauche
16:47ou la qualification au premier tour
16:49se joue sur l'électorat centriste.
16:51Est-ce que ça, ce meeting,
16:52tu as confirmé cette hypothèse ?
16:54Et est-ce que...
16:54Qu'est-ce que tu en penses de ça ?
16:56Non, parce que c'était un premier meeting
16:58et quand, en fait, je pense qu'il a compris
17:01qu'il ne fallait pas mettre la charrue avant les bœufs
17:02et qu'en fait, avant même d'aller chercher ces électeurs-là,
17:04il avait des gens à convaincre
17:05dans sa petite base sociale-démocrate.
17:07Pour pouvoir faire campagne.
17:08Donc, c'est à ce point-là, pour pouvoir faire campagne.
17:10Parce que lui, elle a dit
17:10je serai candidat peut-être dans trois mois.
17:12Et en fait, il le voit d'ailleurs comme un...
17:14C'est comme ça qu'ils nous l'ont présenté.
17:15Ils avaient des porte-paroles de meetings.
17:16C'est la première fois que je vois ça, d'ailleurs, un meeting.
17:17Je me dis, voilà, ce ne sont pas les porte-paroles du parti,
17:26respect pour nos partenaires.
17:27Vous n'êtes pas encore convaincus.
17:29Eh bien, regardez, on va vous convaincre
17:30avec à la fois sur le fond, ce que je disais,
17:33sur le logiciel.
17:34Il s'est aussi réclamé d'ailleurs des révolutionnaires,
17:38de la Résistance, du Front populaire.
17:41Aurore Laluc a loué les conquêtes sociales de la gauche,
17:43les congés payés, etc.
17:45L'imaginaire de gauche à présent.
17:46Il a voulu s'inscrire là-dedans.
17:50Et sur la forme aussi, donc on le disait,
17:51en essayant quand même de réunir du monde
17:54et de ne pas faire la plantade qu'on attendait de lui,
17:57parce qu'il y avait même des gens qui sont universités
17:59qui m'ont dit, nous, en fait, on attend beaucoup
18:01sur l'incarnation, parce que c'est vrai que jusque-là,
18:02on n'était pas hyper convaincu.
18:03On est d'accord sur le fond, mais c'est vrai que
18:04pour porter ça dans une présidentielle,
18:06on a encore besoin d'être convaincu.
18:08Et donc voilà, ce qu'il voulait faire d'abord,
18:09c'est convaincre ces gens-là
18:12pour ne pas se passer par la case primaire,
18:14laquelle il ne veut absolument pas passer,
18:16à la fois parce qu'il a bien compris
18:18qu'il n'était pas forcément sûr de la gagner,
18:20étant une des bornes de la primaire.
18:22En gros, Olivier Faure continue de dire
18:24de Ruffin et Glucksmann,
18:25et donc en général, c'est rarement
18:27le plus centriste qui gagne dans ce genre de choses.
18:29Donc il se dit que stratégiquement,
18:30ce n'est pas la meilleure chose,
18:31mais il pense aussi que ça ne donne pas de dynamique
18:32et que ça donnera un Ruffin ou une Tondelier
18:35qui sont un peu plus radicaux que lui.
18:37Et il pense que ce n'est pas du tout la bonne stratégie,
18:39parce qu'en fait, tout ça ouvrirait un espace
18:41à Édouard Philippe notamment,
18:44qui pourrait se poser en vote utile
18:45comme étant le plus à même
18:46de battre l'extrême droite au deuxième tour.
18:48C'est clairement assumé.
18:49J'ai des proches de Raphaël Glouven qui m'ont dit,
18:52pour les électeurs de gauche.
18:54Et du centre.
18:55Du centre, pardon.
18:57Oui, mais même de gauche.
18:58En gros, il veut quelqu'un entre Mélenchon et Philippe
19:01qui s'interpose pour essayer d'attraper,
19:03à la fois des deux côtés,
19:05essayer d'attraper les deux côtés en se disant
19:08que c'est comme ça que le deuxième tour est possible.
19:13Tout ça nous amène à la question
19:16est-ce que c'est possible de les rameuter
19:20au sein du Parti Socialiste ?
19:21Ils sont en tout cas pas du tout convaincus
19:22de la direction du Parti Socialiste.
19:24Ils disent qu'en fait,
19:25un électeur centriste,
19:26il préférera un candidat du centre.
19:29Et que s'il y a un attelage
19:32trop à gauche, entre guillemets,
19:34autour de Raphaël Glouven,
19:35de toute façon,
19:35il n'a aucune chance d'attirer
19:36que d'abord les candidats
19:38et qui cristallisent d'abord
19:39l'électorat qui se trouve le plus proche.
19:40C'est ce que j'allais dire.
19:41En plus, avec un électorat centriste
19:42qui s'est quand même radicalisé,
19:43notamment sur le discours antifiscal,
19:45il s'est radicalisé sous Macron.
19:47Et on voit mal,
19:47quand bien même Glucksmann
19:49voit la baisse
19:50et sa politique fiscale
19:52en abandonnant Zuckman,
19:53par exemple.
19:53Il n'abandonne pas,
19:54il n'abandonne pas,
19:55mais en tout cas,
19:55c'est plus ambitieux que Macron quand même.
19:57Voilà, ça restera de toute façon
19:58trop pour ceux qui sont vraiment
19:59anti-augmentation d'impôts,
20:01et notamment d'impôts des plus riches.
20:03Je pose aussi,
20:04par rapport à l'équation
20:05de savoir l'espace
20:07entre Philippe et Mélenchon,
20:08les Insoumis,
20:09ils voient plutôt d'un bon oeil
20:10aussi la connotation de Glucksmann
20:11puisqu'ils la voient aussi comme un...
20:13Alors, il ne faut pas qu'elle
20:14passe devant, bien sûr.
20:15En tout cas,
20:15elle peut être un repoussoir pour eux
20:16et piquer des voies aussi
20:18à l'espace centriste,
20:19enfin, c'est le pari qu'ils font en tout cas,
20:21pour faire baisser aussi
20:22le score de Philippe
20:23et baisser le seuil aussi.
20:24Voilà, c'est un calcul en tout cas.
20:26Et en fait,
20:26c'est là où la difficulté
20:28de la fameuse gauche non-mélanctionniste
20:29qu'on pourrait aussi dire
20:30la gauche non-glucksmannienne,
20:31parce qu'en fait,
20:32c'est des gens qui se définissent aussi
20:34par rapport à deux figures
20:36qu'ils estiment
20:36toutes deux repoussoirs
20:37pour l'électorat
20:38et ils se disent justement
20:39qu'entre eux,
20:40ces deux bornes de la gauche,
20:41il y a un espace majoritaire,
20:43unitaire,
20:44qui pourrait permettre justement
20:45par une dynamique
20:46d'incarner ce vote utile.
20:48Donc, c'est pour ça
20:49que le Parti Socialiste,
20:49ils ont attendu aussi longtemps
20:52pour faire un vote en interne
20:53qui aura finalement
20:54le 9 juillet
20:55sur la primaire,
20:57primaire ou pas primaire,
20:57les militants socialistes
20:58trancheront enfin,
20:59sachant que la moitié de la...
21:00enfin, un bon tiers
21:01de la direction du PS
21:02qui s'est barré
21:03avec Boris Vallaud
21:03et qui avait déjà
21:05bien un tiers du parti
21:06qui, de toute façon,
21:07n'en voulait déjà pas,
21:08qui était structuré
21:08autour de Delga,
21:09Mayer-Ossignol
21:11et compagnie.
21:11Qui sont au meeting de Glucksmann.
21:12Qui étaient au meeting.
21:14Pas tous, mais...
21:15Non, parce qu'il y a beaucoup de candidats.
21:17François Hollande n'était pas là,
21:18Karim Bohmbran n'était pas là,
21:19Jérôme Gage,
21:19parce qu'en fait,
21:19il y a tellement de candidats
21:21dans cet espace,
21:21d'ailleurs, je le signale
21:22que des bonhommes,
21:23dans cet espace,
21:24Bernard Cazeneuve,
21:25Glucksmann, Hollande,
21:26potentiellement Olivier Faure,
21:27Boris Vallaud,
21:29Karim Bohmbran,
21:30Gage,
21:30enfin, c'est que des bonhommes.
21:31Donc, il y a peut-être un sujet
21:31aussi, quand même,
21:32sur l'émergence de figures féminines
21:34au sein du parti socialiste,
21:35même au sein de la gauche
21:36en général,
21:36parce qu'à part Marine Tondelier
21:38et Clémentine Autain,
21:39en fait,
21:39il n'y a que des mecs.
21:41Bref,
21:43ce n'est pas le sujet.
21:44Mais voilà,
21:45eux, ce qui...
21:46Donc, Glucksmann,
21:47là-dedans,
21:47ils s'en dépatouillent
21:48en essayant de donner du souffle.
21:52C'est ce qu'il dit,
21:53ne souteniez pas dès maintenant.
21:54C'est ça qui manque à ma dynamique
21:57pour avoir 2, 3, 4 points supplémentaires
21:59dans les sondages
22:00et en gros,
22:01prendre l'escalator tout de suite
22:05dans les sondages.
22:06Ils n'y croient pas à la direction.
22:08Ils m'ont dit,
22:08mais en fait,
22:09ils risquent d'imploser en vol.
22:11Donc, il y a ça d'un côté
22:12et aussi sur ce qu'ils essaient d'insuffler.
22:14Moi, j'ai eu du mal,
22:16à des fois,
22:16à ne pas exploser de rire
22:17quand certains cadres de place publique
22:18nous ont parlé.
22:20C'est que j'ai des phrases,
22:21c'est...
22:23Pardon,
22:23que je vous la retrouve.
22:25Alors déjà,
22:25ils disent aussi,
22:26c'est inspiré de la philosophie
22:27populaire communiste
22:28avec le droit aux vacances
22:28pour émanciper.
22:30Voilà,
22:30il n'en a visiblement
22:31pas beaucoup parlé.
22:33C'est bien le dire,
22:35mais c'est pas très concret.
22:36Voilà,
22:36il est le mieux à même
22:37d'incarner l'esprit de la résistance
22:38et de la révolution française.
22:40On avait aussi...
22:42Sur ce point-là,
22:43il faut quand même rappeler,
22:44alors même s'ils ont démenti
22:45que c'était partagé dans le parti,
22:47mais il y a quand même
22:48cette fameuse note qui est sortie
22:49et qui les a mis en difficulté,
22:50la note stratégique
22:51qui disait qu'en gros,
22:52il fallait se privilégier les gens
22:53à plus de 3 500 euros par mois.
22:55Ça ne sent pas trop
22:56la révolution française.
22:57On n'est pas trop sans culotte.
22:58Il est vite écarté,
22:59mais le mec qui a pondu cette note,
23:00c'est là aujourd'hui
23:00son directeur de campagne.
23:01Voilà.
23:01Donc,
23:02il y a quand même...
23:03Voilà.
23:04On nous a dit aussi
23:05que ce meeting
23:06était un moment historique
23:06pour la gauche.
23:08Enfin, voilà.
23:09C'est tout de suite
23:09très grandiloquent
23:10dès qu'il s'agit de Raphaël Gluckman.
23:11Tout ça,
23:12ça vise à lui donner
23:13en gros une stature,
23:14à essayer de s'imposer.
23:16Pour faire le match
23:16avec Mélenchon ?
23:17C'est clairement le match.
23:18Tu as eu le meeting énorme
23:19à Saint-Ny.
23:19Il n'en a parlé qu'une seule fois
23:20de Jean-Luc Mélenchon.
23:23On a vu des édits
23:24tournés sur les réseaux
23:25où il n'a pas empêché
23:26les militants
23:27de place publique
23:27du Hué à Jean-Luc Mélenchon
23:28quand il a empêché
23:29ses militants
23:29de Hué à Gabriel Attal
23:31et Édouard Philippe.
23:32Voilà, ceux de poids.
23:33Ah oui, d'accord.
23:34C'est aussi, oui.
23:35Voilà.
23:36Donc, en fait, lui,
23:37pour l'instant,
23:37il ne veut pas regarder Mélenchon.
23:38Il nous dit qu'en gros,
23:39sa phrase, c'est
23:40« Il ne pourra pas arriver
23:41au deuxième tour. »
23:43En fait, il en parle
23:45en permanence en creux
23:46parce qu'il s'appelle
23:47la gauche républicaine
23:48et démocratique.
23:49Oui, ce qui exclut
23:50dans sa bouche Mélenchon.
23:51Et donc, dans leur bouche à eux,
23:53c'est l'élément de langage.
23:54C'est la gauche non-mélenchoniste.
23:59Et j'ai vu que ça parlait,
24:01en tout cas,
24:01à des gens qui étaient là
24:02parce que je vous ai cité
24:03le casting politique.
24:04Mais il y avait un côté
24:05un peu people aussi.
24:06Donc, il y avait Anne Sinclair,
24:07je crois qu'il y avait
24:08Bérenice Bégeot
24:09et Michel Azanavissus,
24:11qui est un des meilleurs amis
24:11de Raphaël Glucksmann.
24:12Il y avait aussi
24:12la chroniqueuse des grandes gueules,
24:13Flora Guébali,
24:15avec qui j'ai échangé.
24:16Et sur cette tonalité-là,
24:17elle dit « Moi, je ne soutiens pas
24:18Raphaël Glucksmann particulièrement,
24:19mais sur cet espace
24:20de la gauche républicaine
24:21et démocratique
24:22qui va de François Hollande
24:23à je ne sais où d'ailleurs.
24:25Mais en tout cas,
24:26elle était présente
24:27chez Bernard Cazeneuve,
24:28chez Glucksmann.
24:28Elle m'a dit
24:29« Mais moi, si Hollande
24:30fait un truc,
24:30j'irai aussi. »
24:31Et voilà, on voit bien
24:32quel espace politique
24:33sa structure.
24:35Ça représente un cap.
24:36Est-ce qu'il est clair encore ?
24:37On verra.
24:38Mais en tout cas,
24:38c'est une option politique
24:40qui est posée.
24:40C'est une gauche qui...
24:41Un centre-gauche
24:42qui lorne vers le centre,
24:44qui ne veut pas
24:46trop affronter
24:47les puissances de l'argent,
24:49qui se revendique
24:49gauche du gouvernement.
24:50Il a dit...
24:51Enfin, c'est comme ça
24:52que c'est présenté.
24:52On va reconstruire
24:53la gauche du gouvernement
24:54qui avait disparu,
24:55une gauche du gouvernement
24:56d'inspiration jospiniste.
24:57C'est comme ça
24:58qu'ils l'ont présentée.
25:01Voilà, c'est ça.
25:02C'est cet imaginaire-là
25:03qu'ils veulent réactiver.
25:06Donc, qui m'a beaucoup
25:07fait penser à François Hollande
25:082012,
25:09où au début de Macron,
25:12même si sur le fond,
25:12en 2017,
25:13il est quand même
25:14un peu plus à gauche
25:14en réalité que ce que
25:16disait Macron.
25:16Il ne faut pas non plus
25:17être dans les caricatures.
25:18Après, on ne sait pas
25:19ses déclarations d'intention.
25:20On ne sait pas encore
25:20où ça va.
25:21Il n'y a pas beaucoup
25:21de mesures très concrètes,
25:23à part le leasing social,
25:24des obligations d'acheter
25:26sur les marchés européens
25:27dans les contrats publics,
25:28etc.
25:30Les électeurs ont quand même
25:31le souvenir à un maire
25:32que cette gauche a déjà trahi.
25:33On ne pourra pas...
25:35On se souvient de François Hollande
25:37qui disait non,
25:37moi, les traités européens,
25:38je vais renégocier.
25:40Et puis, dans la demi-seconde
25:41où il est allé voir
25:41Angela Merkel
25:42pour son premier rendez-vous
25:44juste après avoir pris la foudre,
25:46on a vu que la foudre
25:47des négociations,
25:47ce n'était pas François Hollande.
25:48À la fin, rien n'a changé.
25:50Au contraire,
25:50il a appliqué une politique
25:51de l'offre.
25:53Même si Glucksmann
25:54essaie de donner
25:55quelques petits indices,
25:56il nous dit
25:56que la théorie
25:58du ruissellement,
25:59je n'y ai jamais cru.
26:01Sous-entendu,
26:01la politique de l'offre,
26:02ça ne marche pas molle.
26:03Ce n'est que des sous-entendus.
26:04Ce n'est jamais quelque chose
26:05de très frontal.
26:06C'est-à-dire que c'est quelque chose
26:07de pas très engageant aussi,
26:08de fait, pour lui.
26:10Donc, il va falloir quand même
26:11qu'il clarifie beaucoup de choses.
26:12Son rapport au capital,
26:13par exemple,
26:15ça,
26:16ça va être une donnée fondamentale
26:17parce que c'est aussi comme ça
26:18qu'on analyse
26:21qui est vraiment de gauche ou pas.
26:22Je ne veux pas le dire comme ça
26:23parce que ce n'est pas à nous
26:24de distribuer les bons points
26:25qui est de gauche ou pas de gauche.
26:26Mais en tout cas,
26:26sur la question du rapport au capital
26:28au libéralisme,
26:30c'est une question majeure
26:31pour déterminer,
26:32en tout cas,
26:32duquel côté de la barricade
26:33se trouvent les candidats.
26:35Pour le dire comme ça.
26:35Exactement.
26:36Et alors,
26:36dans la question,
26:36on va se quitter.
26:37Du coup,
26:37il a annoncé dans trois mois
26:39sa candidature.
26:39Ça nous amène à quelle date
26:40ça ?
26:41Est-ce que c'est précis ?
26:42Est-ce qu'il y a un nouveau meeting
26:43qui est annoncé à la rentrée ?
26:44C'est le début de l'été ?
26:45Non.
26:45En gros,
26:46ça nous amène au début de l'été.
26:47On comprend en creux aussi
26:48qu'il ne se déclore pas maintenant
26:50parce qu'il y a sa compagne,
26:51Léa Salamé,
26:52qui est présentatrice
26:53du JT de 20h de France 2.
26:55Et donc,
26:55en fait,
26:55c'était aussi une façon
26:56de lui permettre
26:56de terminer l'année.
26:58Parce qu'après,
26:58elle ne sera pas en proche,
26:59c'est ça ?
26:59Elle sera en retrait.
27:00Si elle est candidat,
27:01elle a annoncé
27:02qu'elle se mettait
27:03en retrait de l'antenne,
27:05comme elle l'a déjà fait
27:05d'ailleurs deux fois
27:06pendant les européennes
27:07et de 2019
27:08et de 2024.
27:10Donc,
27:11ça,
27:11ça a peut-être,
27:12c'était peut-être
27:13dans l'équation.
27:15C'est probablement pas la seule.
27:16Ils nous ont redit
27:17qu'ils voulaient encore
27:17continuer à se tester
27:19dans un tour de France
27:20et qu'il allait voir les gens.
27:22Et puis,
27:23de fait,
27:23il attend le PS
27:24parce que se lancer
27:25sans le PS,
27:26c'est compliqué pour lui
27:27si les militants socialistes
27:28dans trois semaines
27:30disent
27:30« Ah ben non,
27:30mais nous,
27:31en fait,
27:31on veut aller dans la primaire. »
27:32C'est sûr.
27:33Donc,
27:34il y a un peu d'attentisme.
27:35Il attend aussi
27:36que le bois travaille
27:38au sein du Parti socialiste
27:39où les gens commencent
27:41à se rallier.
27:41Est-ce que Boris Vallaud,
27:42par exemple,
27:42qui est un peu pivot
27:43parce que Boris Vallaud
27:44continue à dire
27:44« Moi,
27:45je veux un truc
27:45de Glucksmann à Ruffin. »
27:46Mais je ne suis pas d'accord
27:47avec la façon dont
27:47Olivier Faure veut le faire.
27:48Donc,
27:48c'est pour ça,
27:48je quitte la direction.
27:49Mais en même temps,
27:50Vallaud,
27:50il signe construire 2027
27:52donc un processus
27:52de désignation
27:54en mode conclave
27:54d'un candidat commun.
27:56Donc,
27:56en fait,
27:56il fait des passes d'A
27:57Raphaël Glucksmann
27:58sans même le vouloir.
28:00Où est-ce que Boris Vallaud
28:01va aller dans tout ça ?
28:02Les dynamiques internes
28:03au PS,
28:03en fait,
28:03ça va être la clé de voûte
28:05parce que d'à côté,
28:05il y a les écologues
28:06qui commencent à mettre
28:06la pression aussi
28:07pour dire
28:08« Ouais,
28:09mais nous,
28:09en fait,
28:09on ne va pas attendre
28:10que vous vous décidiez
28:11et que vous nous lâchiez
28:12en race campagne
28:13au mois d'octobre.
28:14Il va falloir
28:14qu'on se décide maintenant. »
28:15Marine Tandelier,
28:15elle commence à préparer
28:17une candidature autonome.
28:19Il n'y a que Clémentine Autain
28:20qui,
28:20pour l'instant,
28:20dit « Ouais,
28:21alors ça complique,
28:22mais du coup,
28:22moi,
28:22je choisirai le candidat
28:23le mieux placé. »
28:24Chez Ruffin,
28:24on dit « On avance,
28:26quoi qu'il arrive. »
28:26Donc,
28:27à la fin,
28:27toutes ces candidatures unitaires,
28:29dites unitaires,
28:29« Qu'est-ce qu'elles font ?
28:30Est-ce qu'il y aura
28:30plus de candidatures unitaires
28:32que de candidatures non unitaires ? »
28:33Enfin,
28:34voilà,
28:35là,
28:35ça va être entre maintenant
28:36et en gros,
28:37au mois d'octobre-novembre
28:38que ça va se jouer.
28:39Vous l'avez compris,
28:40c'est un peu le bordel à gauche.
28:41J'espère qu'on nous a donné
28:43des éléments de clarté,
28:44nous au moins,
28:45sur la campagne de Glucksmann
28:47qui avance,
28:48même si sa candidature,
28:49encore une fois,
28:49n'est pas encore
28:50totalement officielle.
28:51Mais c'était un meeting
28:51de candidats,
28:52disons-le quand même.
28:53Oui,
28:53c'était clairement
28:53un meeting présidentiel,
28:54ne soyons pas de jupe.
28:56Merci d'avoir suivi cette vidéo,
28:57merci Emilio
28:58pour tes éclaircissements
28:59et puis à la prochaine
29:00sur la chaîne de l'UMA.
29:01Salut !
29:02Salut !