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Ce lundi 12 octobre, Antoine Larigaudrie a reçu Frédéric Subra, avocat associé au Cabinet Delsol Avocats, co-responsable du département "Fiscal", Charlotte Aubin, conseillère stratégique en investissement chez Arkéa Asset Management, Kaoru Cauchetier, épouse du photographe Raymond Cauchetier, et Arthur Perault, responsable du département Pop Culture & Memorabilia - Aguttes, dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:05BFM Business, tout pour investir, Antoine Larigauderie.
00:09Bienvenue à toutes et tous pour cette nouvelle édition de TPI,
00:13tout pour investir, l'émission qui prend soin de vos finances personnelles,
00:17une demi-heure archi concentrée, survitaminée pour créer de la valeur pour votre épargne,
00:21pour votre retraite et tout iquanti et puis évidemment du pratico pratique.
00:26Aujourd'hui on reste quand même à l'affût de tout ce qui pourrait bouger ces prochaines semaines,
00:29ces prochains mois. Et pour vous entrepreneurs, il y a des curseurs à surveiller tout de même,
00:34notamment lorsqu'il s'agit de céder votre entreprise. Et là, il y a un dispositif précis,
00:39c'est le régime de l'apport cession sur lequel les lignes vont certainement bouger,
00:43notamment avec la loi budgétaire pour l'année prochaine, donc être attentif.
00:47On va revenir là-dessus avec précision comme on le fait régulièrement avec un homme du métier,
00:50Frédéric Subra, avocat au cabinet Delsol. Ensuite, gros gros sujet pour les investisseurs,
00:56en ce moment, les secteurs performants, les secteurs porteurs d'avenir et de rendement.
01:00Là-dessus, il y a quand même tout un segment qui est en pleine ébullition en ce moment,
01:03c'est celui des infrastructures. Alors certes, il y a nos fameuses valeurs ennuyeuses,
01:08comme on dit à la Bourse de Paris, les spécialistes du contracting, de la concession, du BTP,
01:12mais il y a aussi tout un tas de fonds qui y sont consacrés et qui sont en train d
01:16'être scutrés de près,
01:18notamment dans le domaine du private equity. C'est un vrai segment d'avenir pour le coup,
01:22et on en parle tout à l'heure avec Charlotte Aubin d'Arkea AM. Enfin, on va passer de l
01:27'avenir aux merveilles du passé.
01:29Il y a une grande exposition, Belmondo le Magnifique, qui s'ouvre à la Cinémathèque de Paris,
01:33mais on va tirer le fil parce que s'ouvre aussi parallèlement chez Agutte une grande vente de photos d
01:39'art
01:39et de cinéma autour du thème de la nouvelle vague avec son photographe vedette. Alors bien sûr,
01:45le lien avec Jean-Paul Belmondo, il est évident. Jean-Luc Godard, Pierre Roulefou,
01:49Jean Seberg, etc. Donc, une superbe vente et l'occasion aussi de se pencher sur les dynamiques
01:54du marché de la photo d'art, de la photo de cinéma, sur l'histoire et la personnalité de ces
01:59grands
02:00photographes. Tout un programme. Arthur Perrault d'Agutte est aussi avec nous,
02:04une invitée un petit peu spéciale, je vous en dis pas plus, à retrouver en fin d'émission.
02:08Vos questions, vous pouvez nous les envoyer par email, l'adresse c'est direct à bfmbusiness.fr,
02:13nous les envoyer par SMS au 7 3216, tapez le mot clé business avec d'autres messages ensuite,
02:17et puis sinon, sur mes comptes Twitter et LinkedIn. On ouvre la boîte à outils tout de suite.
02:27Frédéric Subra, avocat au cabinet Delsol, bonjour.
02:32Bonjour.
02:32Alors, on va revenir comme on le fait régulièrement, sur le régime de l'apport session. Parce que,
02:39voilà, on connaît un petit peu les instabilités politiques du moment entre les préoccupations
02:44budgétaires, vraiment qui sont immédiates, les préoccupations électorales autour de la
02:49présidentielle, les arbitrages qui peuvent éventuellement en découler. Mais là, on va
02:55rester sur les affaires budgétaires. On a quand même une loi budgétaire 2026 qui prévoit
03:00une réforme de l'apport session. Il y en avait déjà eu une lors de la précédente loi budgétaire,
03:07la 2026. Est-ce qu'on peut redétailler un petit peu ensemble ce que c'est ? Parce que ça
03:11concerne
03:12vraiment tous les entrepreneurs qui nous écoutent et qui sont évidemment exposés au sujet de
03:17céder leur entreprise.
03:19Oui, absolument. Donc, l'apport session, c'est un mécanisme qui permet véritablement aux chefs
03:26d'entreprise d'organiser leurs sessions et la transmission dans un cadre sécurisé,
03:34enfin compensé sécurisé jusqu'à présent et en tout cas optimisé. En clair, ça consiste très
03:38valablement à la cession de l'entreprise, apporter les titres de cette entreprise à
03:43une société holding et la société holding va ensuite céder les titres. Et dans le cadre
03:48de cet apport des titres de l'entreprise à la société holding, le chef d'entreprise
03:53bénéficie d'un report d'imposition de la plus-value. Et donc, du coup, ça suppose plusieurs
03:59conditions. Et notamment, une des conditions, c'est que lorsque la cession, ce qui est généralement
04:05le cas, lorsque la cession intervient, la cession de l'entreprise intervient dans
04:09les trois ans de l'apport, eh bien, à ce moment-là, effectivement, la société holding
04:16doit réinvestir une partie significative du produit de la cession dans des activités
04:22elles-mêmes économiques.
04:23Voilà, donc ça, c'est un dispositif et tous les entrepreneurs s'en félicitent parce
04:28que c'est vrai que c'est un mécanisme quand même censé et bien pensé. Cela dit, les curseurs
04:34ont déjà bougé l'année dernière. Ils vont encore bouger cette année. On a l'impression
04:39justement qu'on a un dispositif que tout le monde salue, mais dont les curseurs bougent
04:44tout le temps. Est-ce que ce n'est pas un petit peu compliqué ? Est-ce que ça ne
04:47devient
04:47pas un petit peu un sujet sensible pour les entrepreneurs ?
04:51C'est un sujet très sensible, je dirais même ultra sensible depuis la présentation
04:58du PLF 2027. Vous avez raison de souligner que l'an dernier, on avait déjà eu une modification
05:03sur le quota de réinvestissement nécessaire qui a été porté à 70% et le délai de
05:11réinvestissement qui a été allongé de 2 à 3 ans. Mais on restait dans quelque chose
05:15qui était gérable. Ce que prévoit là le PLF 2027, c'est revenir finalement sur un
05:24grand principe de la fiscalité qu'on applique depuis au moins… Moi, j'exerce l'activité
05:29depuis 30 ans, je l'ai toujours reconnu, c'est que lorsque vous faites une donation
05:34ou un cas de succession, vous payez les droits de succession ou les droits de donation,
05:39mais du coup ça purge la plus-value. Donc vous ne payez pas à la fois le droit de donation
05:44ou de succession et l'impôt sur la plus-value. Et là, ce que prévoit le PLF 2027, c'est
05:51qu'à l'avenir, si le dirigeant, le chef d'entreprise est amené à donner les titres
05:58de la société holding à ses enfants, eh bien la plus-value qui était en report deviendra
06:05immédiatement imposable. Ça veut dire donc qu'alors même qu'il n'aura pas nécessairement
06:10récupéré du cash à titre personnel, il va devoir payer les droits de donation.
06:17Et ça remet en cause beaucoup de schémas. Le PLF 2027 a été connu, a été présenté
06:24le 1er octobre 2027. Ne serait-ce que dans notre cabinet, on a au moins une dizaine
06:29d'opérations en cours qui sont stoppées dans l'attente d'en savoir davantage sur
06:33ce qui va vraiment nous arriver.
06:34On est d'accord parce que… Alors là, on va bouger un curseur qui est très important,
06:38on ne va même pas bouger un curseur, on va bouger carrément un des esprits de ce mécanisme.
06:44Donc là, ça change tout. Encore faut-il que tout cela soit adopté, bien sûr, encore
06:50une fois, ça ne l'est pas pour le moment. Mais est-ce que vous ne pensez pas, et ça
06:54explique aussi l'espèce de refroidissement dont vous êtes témoin, est-ce que ça ne
07:00rend pas légitime le fait que certains processus de cession d'entreprise puissent être retardés
07:06en disant « bon, ça va encore bouger l'année prochaine, donc pour l'instant, on met le
07:10truc en sommeil ? » Et donc, du coup, c'est de la perte de valeur et c'est des
07:14opérations
07:15qui prennent du retard.
07:17Tout à fait, absolument. Ça, c'est certain. Je vous dis, j'ai au moins deux de mes clients
07:23qui ont suspendu leurs opérations depuis le 1er octobre.
07:28Donc là, on va mettre…
07:29C'est tellement…
07:30Oui, je vous en prie.
07:33Non, mais c'est d'autant plus hallucinant, je suis désolé du terme un peu fort, mais
07:37que par ailleurs, on nous dit qu'il faut impérativement faciliter les transmissions
07:42des entreprises, que c'est un véritable enjeu national et qu'on nous sort une mesure
07:49telle que celle-ci qui est un frein et un obstacle à la transmission très clair.
07:53Très, très clair.
07:54Oui, d'autant qu'effectivement, le sujet de la transmission est à la une des préoccupations
07:58de notre Premier ministre. Bon, encore faut-il attendre le vote définitif de cette loi
08:03budgétaire et de voir si le curseur aura bougé, mais on y sera effectivement très
08:07attentif. Merci pour ces explications extrêmement claires. Frédéric Subra du cabinet Delsol,
08:13donc du changement à attendre du côté de la porcession et on va scruter ce qui se passe.
08:18Merci infiniment et tout de suite, on place au placement à suivre.
08:23Tout pour investir, le placement à suivre.
08:27Charlotte Aubin-Darket, AM, bonjour.
08:29Bonjour Antoine.
08:30Alors, je le disais dans le sommaire, c'est vrai que le sujet de l'infrastructure devient
08:36une des dynamiques vraiment qu'on regarde le plus près du côté des marchés, du côté
08:41de l'investissement, du côté de l'investisseur, parce que c'est une dynamique de très très
08:45long terme. On sait qu'il y a des programmes en cours qui mettent du temps à être déployés,
08:49mais du côté de la zone euro, du côté du monde entier, on allait dire, du point
08:53de vue de l'infrastructure électrique, du point de vue d'énormément de dispositifs
08:59qui sont mis en œuvre dans l'industrialisation de l'intelligence artificielle, etc.
09:03Enfin bon, c'est un sujet infini.
09:06Maintenant, il y a aussi une infinité de solutions pour y investir quand on est investisseur.
09:11Et je parlais des fameuses valeurs ennuyeuses à la Bourse de Paris, les Vinci, les FH, etc.,
09:18qui sont aussi gages de rendement.
09:20Maintenant, il y a plein d'autres solutions pour y investir quand on regarde un petit
09:23peu les fonds, quand on regarde un petit peu le private equity.
09:25Et c'est vrai que chez Arkea, vous vous en êtes fait un peu une spécialité.
09:30Et c'est vrai qu'on est en pleine période d'hésitation politique, notamment du côté
09:38européen. Bon, chez nous, j'en parle même pas. Du côté de l'Espagne, du côté de l'Italie,
09:44on sent qu'il y a des dynamiques qui tournent, qui sont un petit peu compliquées.
09:48Comment se dresse un petit peu le panorama de l'investissement dans l'infrastructure
09:52à l'heure actuelle ?
09:54Oui, en effet, aujourd'hui, les infrastructures sont une classe d'actifs très stratégique
09:59en Europe. On en parle, j'imagine, à chacune de vos émissions.
10:04C'est parfait.
10:05On a trois grands enjeux. Et après, je reviendrai sur les fondamentaux de l'infrastructure.
10:10Les trois grands enjeux pour l'Europe, c'est notre souveraineté, souveraineté énergétique,
10:15souveraineté digitale, nos enjeux de décarbonation et de changement climatique. Je pense que l'été
10:22qu'on a connu crée une anxiété à un niveau inconnu auparavant. Et les enjeux de financement
10:31et d'approvisionnement en énergie de notre intelligence artificielle et nos data centers.
10:36Tout ça tourne autour des infrastructures et avec des besoins qui sont estimés à 900 milliards par an
10:46à l'échelle de l'Europe, soit 5% du PIB.
10:51Aujourd'hui, si je vous redonne, si on peut revenir deux secondes, Antoine, sur les fondamentaux
10:56de l'infrastructure. L'infrastructure représente des actifs réels. Donc pour un investisseur,
11:03on connaît les actifs réels de l'immobilier, mais les infrastructures sont des actifs réels
11:08qui apportent des services essentiels.
11:10J'apporte juste une précision, parce que là, on parle vraiment d'économie au sens large. C'est-à-dire
11:16qu'on parle beaucoup du problème de l'endettement des États. On rappelle, quand on investit dans
11:21une ligne de chemin de fer, c'est un actif tangible. Quand on s'endette pour payer le salaire des
11:28fonctionnaires, c'est vraiment pas de la bonne dette. Là, c'est comme le bon et le mauvais
11:33cholestérol. Là, on peut parler de bonne dette parce qu'au bout du compte, on a des actifs tangibles
11:37et qui ensuite, déjà, rapportent pendant toute la durée de l'investissement et qui
11:41ensuite, rapportent après.
11:43Exactement. Alors, les services essentiels, c'est quoi ? Le transport, l'énergie, l'eau,
11:50les ports, les services de chauffage, les réseaux de chaleur, les data centers, la connectivité
11:57des territoires, tout ça sont les actifs réels. Ensuite, l'infrastructure a pour caractéristique
12:02d'avoir des revenus contractés sur le très long terme. Ces services essentiels,
12:07elles qui sont contracycliques, on ne coupe pas le robinet dans les périodes de crise
12:12économique et financière et on est en général indexé sur l'inflation. Donc, ça donne déjà
12:19une approche conservatrice de la classe d'actifs. Ensuite, nous, notre activité, on l'a développée
12:26sous la forme de la dette. Donc, l'infrastructure, je vous disais, 900 milliards. Aujourd'hui, on couvre
12:32à peu près 300 milliards par an. Donc, il y a un gap à financer énorme pour les besoins
12:39européens et à peu près sur les 300 milliards, 165 sont financés en dette parce que ce sont
12:46des actifs très capital intensifs et on y met beaucoup de dettes. La dette a pour vertu
12:54d'être encore plus conservatrice dans une classe d'actifs déjà conservatrice. Pourquoi ? Parce
12:59qu'on a une priorité sur les cash flows, parce qu'on finance en dette des actifs qui
13:05ont des revenus contractés. On prend des sûretés sur les actifs réels. On a une visibilité
13:12sur les cash flows. Donc, quand vous prêtez à un Vinci ou un porteur de projet renouvelable,
13:19vous prêtez sur une durée déterminée et vous encadrez l'activité de l'emprunteur.
13:25Ce qui veut dire que cette classe d'actifs vous donne beaucoup de visibilité sur les
13:29cash flows. Et comme structurer ces financements est complexe, on a ce qu'on appelle une prime
13:37de complexité et d'illiquidité qui représente à peu près 600 points de base au-delà de
13:44le rebord sur nos stratégies juniors. Donc, on parle d'un rating WB pour ramener à des
13:52éléments comparables sur de la dette corporate WB. On aura un spread inférieur d'à peu près
14:01350 points de base.
14:03Oui, donc ça fait une différence.
14:05Exactement. Donc, vous avez une prime d'illiquidité et de complexité, des sûretés sur les
14:11actifs. Ce qui fait qu'en plus d'avoir des revenus récurrents visibles, les sûretés
14:19et les actifs tangibles vous donnent un taux de défaut qui est très inférieur au taux de
14:27défaut de la dette corporate.
14:29Alors, juste avant d'attaquer un petit peu les projets concrets qui peuvent être concernés
14:34par ces investissements-là. Donc, on le redit, c'est vrai, il y a une prime d'illiquidité
14:38parce que c'est des investissements de très, très long terme. Mais justement, on peut
14:42l'avoir dans son portefeuille en tant que stratégie d'investissement. Il y a quand même
14:46deux choses qui rentrent en ligne de compte là dans toutes ces politiques d'investissement
14:49dans l'infrastructure. C'est, qu'on le veuille ou non, le risque politique. On peut le voir
14:53en bourse à chaque fois qu'il y a des projets d'aller grappiller du côté des concessionnaires
15:00d'État. Il y a toujours des points d'accroche très sensibles sur le marché actions. Et
15:08puis, il y a aussi un univers de taux. Définitivement, l'argent n'est plus gratuit. Ça, c'est bon.
15:14On a des idées de 10 ans français du côté des 5 %, du côté américain, on est bien au
15:21-delà
15:21maintenant. Est-ce que ça ne modifie pas un petit peu l'environnement justement de cet
15:24investissement qui est censé se passer sur le temps long, mais qui est soumis à beaucoup
15:29d'aléas politiques et monétaires ?
15:32Alors, merci Antoine. C'est justement tout à fait favorable à notre classe d'actifs.
15:37Pourquoi ? Parce que nous, on fait des financements sur des durées de 4 à 5 ans.
15:43Mais sur des actifs qui ont une durée de vie de 30 ans. On n'a pas besoin de se
15:47projeter
15:47sur l'avenir de ces infrastructures et du cadre politique. Et est-ce que le gouvernement
15:52français va retirer les subventions passées aux renouvelables ? Ce n'est pas notre problématique.
15:58Est-ce que je vais être remboursé et toucher mes intérêts de Euribor plus 6 sur 5 ans ? Point
16:04barre. J'ai bien encadré mon financement. Et au contraire, j'ai envie de dire, et ce n'est
16:11peut-être pas politiquement correct, aujourd'hui, pour l'épargne, on a, vous en parlez plus
16:17souvent que moi, combien ? 6 400 milliards d'épargne en France, 19% des revenus, qui
16:24est bien au-delà du reste de l'Europe. On est très conservateurs sur notre épargne
16:27en France. Et on finance quoi ? Enfin, on investit dans du liquide ou de l'assurance-vie
16:37en euros, qui finance beaucoup l'OAT française.
16:40Voilà, le renouvellement de la dette.
16:42Mais à part ça...
16:42J'ai envie de dire que certains de nos investissements qui financent les infrastructures
16:47de demain sont peut-être plus intéressantes. La prime de rendement n'est pas tout à fait
16:54corrélée avec le niveau de risque.
16:55Alors, il nous reste une minute trente. Est-ce qu'on peut évoquer quelques projets
17:00concrets, quelques idées de dynamique d'investissement ?
17:03Alors, notre plateforme est centralisée sur la transition énergétique et digitale.
17:09C'est votre thématique.
17:10C'est notre thématique, qui représente plus de 5% des infrastructures. Alors, on était
17:15sur décarbonation, digitalisation. Évidemment, aujourd'hui, la priorité, c'est la souveraineté.
17:21Et l'épargne des Français doit contribuer à cette souveraineté, à cette indépendance énergétique,
17:29au-delà de la décarbonation, mais aussi avoir une énergie compétitive qui passe par
17:36l'électrification de nos usages. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on a un débat nucléaire
17:44renouvelable. Il est faux. L'électricité, c'est 23% de nos usages, de notre consommation
17:51d'énergie. 70%, c'est des énergies fossiles importées à 90%. On a besoin, en Europe,
18:00on n'est pas producteur de fossiles, on a besoin de s'infranchir de nos importations. Et ça
18:05passe par l'investissement dans nos infrastructures d'électrification, production nucléaire
18:11renouvelable, et nos usages. La mobilité, les transformations de nos systèmes de chauffage,
18:18les pompes à chaleur, etc. Stockage, intelligence du réseau, etc. Et l'électrification, c'est
18:24aussi ce dont on a besoin pour construire et approvisionner nos data centers. Il nous
18:31faut une énergie abondante, compétitive et locale pour qu'on préserve notre indépendance
18:38digitale. Donc on n'a pas le choix. La souveraineté, on ne le dira jamais assez. Cet investissement
18:44dans l'infrastructure, c'est une manière de rester souverain. Charlotte Aubin, ARK et AM,
18:48merci infiniment d'avoir soulevé un petit peu ces dynamiques d'investissement, alors
18:52vraiment de très très long terme, et qui peuvent être contracycliques. Et ça, c'est
18:57plutôt utile dans le contexte actuel. On passe au coffre-fort.
19:02Tout pour investir, le coffre-fort.
19:05Là, on était dans le très long terme, dans le futur très très lointain. On va vous
19:11emmener dans le passé. Mais alors, de quelle manière ? Oui, parce qu'on parle beaucoup
19:15de l'art, on parle beaucoup de peinture, de sculpture, de mouvements artistiques dans
19:19cette émission. En matière de marché de l'art, ça reste quand même des dynamiques
19:23maîtresses. On parle très peu de la photo. Et j'ai sur le plateau Arthur Perrault d'Agutte.
19:28Bonjour. Bonjour. Et on a la chance d'avoir Kaoru Cochetier. Bonjour madame. Vous êtes donc
19:34l'épouse d'un photographe de cinéma, très connu. Et on va voir défiler derrière
19:43ses principaux chefs-d'oeuvre. J'allais dire, c'est des choses que tout le monde a vues.
19:48Bébel avec son chapeau, avec Jean Seber qui tient le New York et à le tribune.
19:53Tout le monde l'a vue, cette photo. Elle est iconique.
19:55C'est une photo de Pierre le fou de Jean-Luc Godard. Et ça nous amène à cette vente
20:01chez Agutte du 12 octobre qui va être consacrée à la nouvelle vague.
20:05Et là, on va redécouvrir des images de ces films.
20:09Là, encore une fois, il y a des personnages iconiques.
20:11De ce Paris qu'on aimerait bien retrouver. Parce que c'est vrai que l'actualité
20:15n'est pas très riante et qu'on a bien envie de se rafraîchir avec
20:18ces photos du passé. Déjà, peut-être
20:22revenir avec vous. Et puis, c'est une chance de vous avoir
20:25avec nous, madame. Revenir déjà sur la personnalité de ce photographe.
20:30J'ai fait le test. Personne ne connaît son nom. Et pourtant, tout le monde
20:34connaît ses photos. Et il a imprimé nos cerveaux.
20:37Monsieur Cochetier, est-ce que vous pourriez nous en parler ?
20:40Alors, monsieur Cochetier, c'est mon épouse.
20:43Et les années 60, il était photographe de plateau.
20:49Il était très, très discrète. Et en revanche, il est passionné des photos.
20:54Il fait que les photos sont...
20:58Sa manière de s'exprimer.
21:00Oui, c'est ça. Et c'est comme Godard qui pensait que l'esprit de filmer
21:07a un peu de souffle sans s'occuper de l'autre.
21:10Le reste. Mon mari, pareil. Il fait que les photos.
21:14Et ils ont rencontré le même esprit avec Godard et Raymond.
21:18La première personne qui a reconnu la nouvelle vague, entre guillemets,
21:23c'était Raymond Cochetier.
21:25Donc, c'est lui qui a fait des photos de tous les coulisses.
21:28Mais il était toujours caché derrière tout.
21:32De ne pas être vu.
21:34Oui, c'est comme ça qu'on prend les meilleures photos.
21:35C'est quand personne ne s'y attend, que ce n'est pas préparé, que c'est spontané.
21:38Et on le voit, c'est des moments de vie.
21:40Et c'est super important parce que ça s'intègre dans l'art
21:42et directement dans notre intellect.
21:45Et maintenant, ces photos-là deviennent manuelles de nouvelles bagues, carrément.
21:49Oui, oui, oui, complètement.
21:50Et quand vous mettez en scène américaine, vous allez faire une photo, une film,
21:54il regarde les photos de Raymond Cochetier.
21:58Ensuite, l'esprit de Godard.
22:00Et donc, ces deux personnes vraiment exceptionnelles.
22:05Et puis qu'il y avait chacun dans son genre le même esprit.
22:09Oui, Arthur Perrault, c'est vrai qu'on parle beaucoup de la peinture, de la sculpture.
22:14Là, on est sur de l'art qui est vraiment vivant,
22:16qui saisit des instants artistiques dans des films
22:18et qui saisit aussi des instants de vie.
22:20Du derrière caméra, c'est des moments extrêmement rares.
22:24Et c'est quelque chose dont on parle assez peu
22:26quand on parle du marché de l'art, la photo de cinéma.
22:30Effectivement, nous, le département Pop Culture, Mémorabilia,
22:35on est un département un petit peu nouveau sur le marché.
22:37Et dans sa spécialité cinéma, nous, on s'attarde sur, effectivement,
22:41des photographies de plateau.
22:42Chose qui n'est pas, effectivement, si commun que ça sur le marché.
22:46Mais là, la spécificité de Raymond Cochetier,
22:48c'est que ce sont des photos qui ont largement circulé.
22:51Et ce qui est intéressant avec cette vente,
22:53c'est que, déjà, on voit tout le talent de Raymond Cochetier
22:55à travers des films très cultes de la Nouvelle Vague.
22:58Nouvelle Vague française, qui est quand même un mouvement
23:00extrêmement important dans l'histoire du cinéma avec un grand C.
23:03Et l'autre point très intéressant avec Raymond Cochetier,
23:08c'est qu'on voit aussi que ces photos ont traversé le temps.
23:11C'est-à-dire qu'en travaillant avec Kaoru Cochetier,
23:14Kaoru, sur la vente,
23:16on s'est rendu compte qu'il y avait aussi une institutionnalisation
23:20de Raymond Cochetier avec le temps.
23:21Et que ces photos sont passées du jour au lendemain
23:24à des statues quasiment d'icônes publiques.
23:27C'est ça.
23:28Ou, par exemple, ce que je racontais à Kaoru,
23:30moi, je suis issu d'une autre génération
23:32et j'ai connu les photos de Raymond Cochetier
23:34avant d'avoir vu les films de la Nouvelle Vague.
23:36Mais justement !
23:36Je pense à la course de Valny
23:39ou encore, effectivement, la descente des Champs-Elysées.
23:41Moi, je les ai vus avant d'avoir vu les films.
23:45Ouais, bah pareil.
23:46Pareil, parce que, bon, autant vous dire
23:47que c'est sorti il y a longtemps le film,
23:49mais la rétrospective, je connaissais la photo avant.
23:52C'est évident.
23:53Et d'ailleurs, c'était une ébullition absolument incroyable
23:56à ce moment-là.
23:56Et c'est ça que retranscrivent aussi
23:58les photos de votre époux.
24:00C'est-à-dire qu'on avait à la fois
24:02quelque chose de très créatif
24:03et totalement nouveau dans le cinéma,
24:05dans la musique de film aussi,
24:07parce qu'on se souvient de...
24:09Il y a aussi des photos de Julie Jim
24:10et de toute cette époque.
24:12Quand on réalisait
24:16« Des femmes disparaissent »,
24:17on faisait venir des musiciens
24:19totalement dingues des États-Unis,
24:20des Miles Davis, des Art Blackay.
24:22Tout ça, c'est un pari des années 60
24:24qu'on retrouve.
24:25dont on a entendu parler
24:27et qui nous disent quelque chose
24:28de très profond.
24:29Et puis là, on le redécouvre en vrai.
24:30C'est ça qui est faux.
24:31Ça, c'est extraordinaire.
24:34Et c'est vrai qu'on connaît assez peu
24:36ce marché de la photo d'art,
24:38de la photo de cinéma.
24:40C'est quelque chose
24:41qui est aussi porteur
24:43que le marché de la peinture,
24:45le marché de la sculpture,
24:46où est-ce qu'il y a
24:47des collectionneurs
24:49tout à fait particuliers,
24:50tout à fait différents.
24:52Et je ne sais pas,
24:53qu'est-ce que ça peut donner,
24:54par exemple,
24:54un très beau cliché
24:56tirage limité de Cochetier ?
24:58Ça donne quoi ?
24:59Alors déjà, il y a un contexte
25:00autour de cette vente
25:01très importante.
25:02C'est que les photos,
25:04il y a une très grande donation
25:05de la part de Kaoru,
25:071600 tirages
25:08qui ont été donnés à la BNF.
25:10Et il y a l'intention
25:11de la part de cette institution
25:13de faire une exposition
25:14consacrée à Nouvelle Vague
25:15et à Raymond Cochetier
25:16très prochainement.
25:18Donc nous,
25:19Kaoru Cochetier
25:19a eu la gentillesse
25:20de faire confiance
25:21à la maison Agut
25:22pour disperser
25:23le reste des photos.
25:24Donc là,
25:24on est vraiment déjà
25:25sur un morceau de patrimoine.
25:27Totalement.
25:28Et on est sur une démarche
25:29de transmission.
25:30Là, on vend 218 photos
25:33sans prix de réserve
25:35avec quand même des cotes.
25:36C'est-à-dire que typiquement,
25:37il y a eu des réflexions
25:38sur les prix des tirages.
25:40C'est-à-dire que si vous avez
25:41un tirage d'époque,
25:42vous avez quand même
25:43des tirages de 1959,
25:451960, 1961,
25:47eh bien évidemment,
25:48ça sera des prix
25:49très différents
25:50de tirages numériques.
25:51Mais ce qui est intéressant
25:52sur cette vente,
25:53c'est que vous avez
25:54une première partie
25:55dédiée au tirage vintage.
25:56On a retracé les films
25:58à bout de souffle
25:59et Jules et Jim
26:00à travers les photos
26:00pour vraiment montrer aussi
26:02l'implication de Raymond Cochetier
26:04sur les plateaux.
26:06Et à la fin,
26:07vous avez toute une partie
26:08institutionnelle
26:09d'expositions
26:10comme Paris Photo
26:11ou les Rencontres d'Arles
26:12où là, en plus,
26:13vous avez des tirages
26:14qui sont très abordables
26:16sous cadre,
26:17estimés entre 400
26:17ou 600 euros.
26:19Et à contrario,
26:20si vous voulez vraiment
26:20une pièce de patrimoine,
26:22ça va être plutôt estimé
26:23grand maximum
26:24jusqu'à 2500 euros
26:25d'estimation basse.
26:27Et vous avez aussi
26:28des tirages vintage
26:29estimés aux alentours
26:30de 1000 euros.
26:31Donc, vous avez vraiment
26:31toutes les gammes de prix,
26:32sans prix de réserve.
26:33Donc, c'est quand même
26:34assez accessible.
26:35Et pour les acheteurs,
26:37vous avez deux types d'acheteurs.
26:38Vous avez évidemment
26:39le monde du cinéma
26:40qui est très intéressé
26:42parce que pour eux,
26:43c'est quand même
26:44une ADN très forte
26:45dans l'histoire du cinéma.
26:46Mais vous avez aussi
26:47des collectionneurs particuliers
26:49qui sont fans des films
26:50et aussi fans de l'esthétique
26:51de ces photos
26:52et qui vont effectivement
26:54acheter, en chérir
26:55sur cette vente.
26:56La vente nouvelle vague
26:58donc chez Agut.
27:00Arthur Perrault,
27:01merci infiniment
27:02d'avoir été avec nous.
27:03Très honoré,
27:04K. Orocochtier,
27:04de vous avoir eu
27:05sur le plateau.
27:06Et donc, cette vente
27:07exceptionnelle vraiment
27:08à suivre avec des pièces
27:09absolument iconiques.
27:10TPI, c'est fini pour aujourd'hui.
27:12On se retrouve demain.
27:15Et puis en attendant,
27:1515h30,
27:16on ouvre la boutique
27:17à Wall Street.
27:17Ce sera USA Today.
27:18A tout à l'heure.
27:21Tout pour investir
27:23sur BFM Business.