00:00Bonjour Paul-Adrien-Hippolyte, et bienvenue à vous. Vous êtes cofondateur directeur général de Spico,
00:05donc vous ambitionnez de démocratiser la rémunération de la trésorerie des entreprises.
00:10Vous êtes nombreux sur ce secteur ?
00:13Ça dépend de quel point de vue on regarde. Vraiment spécialisé là-dessus, pas tant que ça.
00:17Il y a quelques courtiers traditionnels qui proposent des services,
00:19mais avec l'approche qu'on a, qui est vraiment très numérique, produit, assez peu finalement.
00:23Mais toutes les entreprises s'occupent de ça, de faire fructifier, on pourrait dire, leur trésorerie ?
00:28Aujourd'hui, tout le monde est concerné. En fait, on a connu de 2010 à 2020 une période où les
00:32taux étaient nuls, voire négatifs.
00:34Donc, faire fructifier son argent n'avait pas vraiment de sens dans cet environnement.
00:37Mais là, on est depuis quelques années maintenant dans une période complètement nouvelle,
00:40donc tout le monde est concerné. Et d'ailleurs, pas que les entreprises aussi des particuliers.
00:43Mais le marché ne l'est pas déjà pris ? Il y a de la place encore ?
00:45Beaucoup de place. Aujourd'hui, il y a les ordres de grandeur.
00:48C'est qu'à l'échelle de l'Europe, il y a à peu près 20 000 milliards d'argent,
00:53essentiellement en dépôt bancaire, qui n'est pas rémunéré.
00:56Donc, en fait, les sommes sont absolument colossales et tout le monde est concerné aujourd'hui.
00:59Mais vous, vous êtes gérant d'actifs ou pas ?
01:01On n'est pas une société de gestion nous-mêmes. On travaille avec les sociétés de gestion.
01:04Typiquement, les acteurs comme Amundi, des gros acteurs du secteur.
01:06En revanche, nous, on crée les produits et ensuite, on les distribue.
01:10La différence, et j'imagine que c'est votre facteur différenciant par rapport à la concurrence,
01:14c'est que vous, vous passez aussi par la blockchain.
01:16Qu'est-ce que ça veut dire concrètement pour un patron de PME ?
01:18Et quelle différence ça fait par rapport au fait de placer sa trésorerie sur des fonds monétaires classiques ?
01:23En fait, le problème qu'on résout fondamentalement, c'est l'accès à ces produits.
01:26L'accès via les circuits traditionnels, les banques, les courtiers est souvent assez lourd,
01:30notamment pour les personnes morales.
01:32Nous, comme on a créé notre propre technologie de tenue de registre,
01:34désolé du jargon, mais fondamentalement, c'est comme ça que ça s'appelle,
01:38on offre un accès qui est beaucoup plus simple.
01:40Donc, c'est essentiellement une question d'accès qu'on résout.
01:42L'expérience qu'on est capable de créer avec ces technologies est bien meilleure que celle auxquelles on a accès.
01:46C'est juste une technologie ?
01:47Pour le chef d'entreprise, ça ne change strictement rien ?
01:51Strictement rien. C'est juste une question de technologie sous-jacente, de base de données
01:54et d'une meilleure expérience qu'on est capable de créer avec.
01:56Mais ça veut dire que je peux récupérer mes fonds plus rapidement ?
01:58Par exemple, parce que quand on place, c'est aussi le problème des fonds monétaires,
02:00si j'ai besoin de ma trésorerie ce soir, c'est compliqué.
02:04Là, ça fluidifie les choses finalement ?
02:06Oui, effectivement. En fait, la machinerie des fonds, c'est un peu technique,
02:09mais fonctionne encore de façon assez traditionnelle,
02:11avec un seul moment par jour où on peut retirer son argent,
02:15où on peut commencer à toucher des intérêts.
02:16Nous, on fluidifie tout ça en offrant une expérience de rendement instantané
02:21et de retrait instantané.
02:22Votre partenariat avec Amundi vous a permis d'avoir un moteur de croissance important ?
02:28Significatif. Après, on a une croissance…
02:29Donc, ça fait deux ans qu'on s'est lancé.
02:30On a créé une première gamme de produits mi-2024
02:34et on a lancé effectivement ce produit avec Amundi il y a six mois.
02:37Je ne dirais pas que ça a accéléré notre croissance,
02:39mais ça a clairement permis de la continuer.
02:42Donc, vous promettez des intérêts calculés en temps réel.
02:45Ça permet de faire gagner combien à une entreprise,
02:47de placer sa trésorerie comme ça ?
02:49Les taux qu'il faut regarder, ce sont les taux des banques centrales.
02:51Donc, dans la zone euro, le taux de la Banque centrale européenne
02:53de référence est de 2,5% par an.
02:56Donc, concrètement, ça, c'est le taux sans risque
02:57auquel tout l'argent devrait être rémunéré, l'épargne, la trésorerie.
03:01Donc, ça, c'est le taux annualisé.
03:02Maintenant, quand on décompose sur des fréquences beaucoup plus courtes,
03:05il faut tenir ça en compte.
03:07Vous disiez tout à l'heure que les sommes sont absolument considérables,
03:12les sommes en trésorerie.
03:13Qu'est-ce que ça dit des entreprises françaises ?
03:14Est-ce que ça veut dire qu'elles sont trop prudentes
03:16dans la gestion de leur argent ?
03:17C'est de l'argent qui pourrait être aussi investi, réinvesti,
03:20faire de la recherche et développement.
03:22Est-ce que ça dit quelque chose de la France ?
03:23Est-ce qu'il y a une situation particulière par rapport à ça ?
03:25Non, je ne pense pas qu'elles soient trop prudentes
03:26parce que l'enjeu n'est pas de prendre plus de risques.
03:28L'enjeu est juste de la faire rémunérer au taux sans risque,
03:30donc à ce fameux 2,5% dont on parlait.
03:33La raison pour laquelle elles ne le font pas,
03:34c'est par manque d'accès à des produits
03:37qui permettent de le faire simplement, globalement.
03:39Mais c'est les fonds de roulement, cette trésorerie ?
03:40Exactement.
03:41Ça va partir, quoi ?
03:43Oui, tout à fait.
03:43Et parfois, il y a la trésorerie vraiment très liquide
03:45et parfois même, il y a la trésorerie moins liquide
03:47que les entreprises ne font pas travailler,
03:49ou même les particuliers avec leur épargne,
03:51juste faute d'accès à des produits
03:52et faute aussi d'avoir nécessairement la conscience
03:55de ce taux sans risque du fait que tout l'argent
03:57devrait être rémunéré.
03:57Et vous avez annoncé une levée de fonds le 6 octobre dernier,
04:0290 millions de dollars,
04:04ça va vous permettre de faire quoi ?
04:06Deux choses principalement, lancer des nouveaux produits.
04:08Aujourd'hui, on est positionné sur l'ultra-flexible.
04:11Il y a d'autres produits de trésorerie qu'on veut créer
04:12pour les trésoriers, les épargnants
04:14qui veulent placer à des maturités données,
04:15qui veulent placer avec éventuellement un peu plus de risques
04:17sur des stratégies plus agressives.
04:19Donc, on va créer cette gamme de produits avec cet argent
04:21et ensuite, on va développer l'entreprise à l'international.
04:24Donc, on s'est lancé en France,
04:25le cœur de notre clientèle actuelle, elle est française.
04:27On a l'ambition de créer une société internationale
04:29et donc de se lancer dans tous les gros pays européens,
04:31le Royaume-Uni et peut-être au-delà ensuite.
04:33Merci à vous, Paul-Adrien Hippolyte,
04:35cofondateur et directeur général de Spico,
04:36d'être passé par le studio de BFM Business.
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