- il y a 9 heures
Dans les années 1980, une révolution silencieuse s'opère en Italie; non par les urnes ni par la rue, mais par la télévision. De l'ascension de Fininvest à l'entrée en politique de Silvio Berlusconi, Dans l'ombre de Berlusconi enquête sur la manière dont les nouvelles télévisions privées ont transformé le rapport du public à l'information, au pouvoir et à la démocratie. A travers les témoignages directs de ceux qui ont construit ce système, le film révèle comment divertissement, publicité et concentration médiatique ont préparé le terrain d'une nouvelle ère politique en Europe.
A travers témoignages et archives, le film interroge l'héritage médiatique et politique du berlusconisme. Année de Production :
A travers témoignages et archives, le film interroge l'héritage médiatique et politique du berlusconisme. Année de Production :
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00:00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:00:31Sous-titrage Société Radio-Canada
00:01:00Il est connu dans le monde entier pour avoir été le pionnier du populisme médiatique.
00:01:04Il a emmené l'extrême droite au gouvernement en Italie pour la première fois
00:01:09et lancé une très jeune activiste, Giorgia Meloni,
00:01:12qui a fini par écueillir son héritage politique.
00:01:17Pourtant, Silvio Berlusconi n'a pas commencé par la politique,
00:01:20mais par le monde du divertissement et de la télévision privée.
00:01:29Pour saisir vraiment le personnage, il faut remonter à la fin des années 70,
00:01:33quand, avec un groupe de jeunes acolytes, il construit un empire médiatique.
00:01:42L'aventure démarre avec une petite chaîne locale.
00:01:45Puis Berlusconi et ses hommes créent le groupe Fininvest,
00:01:48qui opère les chaînes Canal 5, Rete 4 et Italia 1,
00:01:52et Publitalia 80, véritable cœur de l'Empire.
00:01:57Ça a été une véritable épopée.
00:01:59C'est allé tellement vite qu'on ne s'en est même pas rendu compte.
00:02:02On comprenait parfaitement qu'on était en train de faire quelque chose d'historique,
00:02:06qu'on était en train de changer l'Italie.
00:02:09Silvio nous a tous rendus riches.
00:02:11Ce n'est pas un détail.
00:02:14En 15 ans, ils imposent les codes de la télévision commerciale sur le marché et dans les esprits.
00:02:19Ils mènent une guerre sans merci contre la RAI, la télévision publique italienne.
00:02:23Ils s'imposent comme les pionniers d'un monde nouveau.
00:02:25Ils deviennent les idoles des gens.
00:02:32Puis, l'impensable se produit.
00:02:34Le vieux monde s'effondre.
00:02:35Et ces hommes nouveaux, propulsés par la télé, s'emparent du pouvoir en Italie,
00:02:40en transformant les téléspectateurs en électeurs et Publitalia en Forza Italia,
00:02:44le parti politique de Berlusconi.
00:02:52Moi, j'étais un enfant à l'époque, et j'adorais la télé berlusconienne.
00:02:5740 ans plus tard, j'ai décidé d'aller à la rencontre des hommes de l'ombre de Silvio Berlusconi.
00:03:03Ceux qui, entre 1979 et 1994, ont créé un empire médiatique
00:03:09qui les a menés jusqu'aux plus hautes marches du pouvoir.
00:03:12Comment ont-ils créé l'empire de Berlusconi ?
00:03:15Quel est aujourd'hui leur bilan ?
00:03:30Cette histoire commence à Milan, capitale économique italienne et ville natale de Berlusconi.
00:03:36La plupart de ces hommes de l'ombre s'y rendent encore,
00:03:39comme Sandro Parenzo, auteur des premières émissions à succès.
00:03:54Ma rencontre avec Silvio Berlusconi est typique de cette époque,
00:03:58de la comédiale italienne.
00:04:04Il m'appelle et me donne rendez-vous au Grand Hôtel.
00:04:08Il me dit qu'il a beaucoup de moyens financiers.
00:04:13Précisons que nous ne savions rien de Berlusconi.
00:04:16Pour nous, c'était un inconnu.
00:04:23Que jour est-il qu'il me dit « ça vous intéresserait de faire de la télé ? »
00:04:28Je lui dis « la raille ? »
00:04:31Non, non, j'ai une autre idée.
00:04:56Je commence et je vois comment fonctionne cette télévision.
00:05:10J'ai proposé des trucs, Berlusconi s'enthousiasmait.
00:05:16Des louteries acquiescées.
00:05:21Et puis un jour, des louteries m'a pris à part et m'a dit
00:05:25« Écoute, pour l'amour de Dieu, ce programme peut être très beau et très intéressant.
00:05:32C'est certainement intelligent. »
00:05:34Et moi j'étais tout content.
00:05:36Mais ces trucs-là ne vendent pas.
00:05:44Et c'est là que j'ai compris ce qu'était la télévision commerciale.
00:05:48La télévision commerciale doit faire de l'audience.
00:05:57Nous essayons de donner aux spectateurs la partie fabuleuse de la vie.
00:06:05Le rêve, ou si je peux faire une comparaison,
00:06:09comme la publicité dans laquelle tout le monde est gentil, tout le monde est beau, etc.
00:06:28Ma première rencontre avec Berlusconi fut une rencontre fortuite.
00:06:41Berlusconi me dit « Que faites-vous dans la vie ? »
00:06:44« Je suis chercheur. »
00:06:46« J'ai compris, vous ne travaillez pas. »
00:06:48Mais vraiment, j'étais perplexe.
00:06:52Berlusconi me dit « Venez programmer ces films. »
00:06:56J'ai accepté par pari, par curiosité.
00:06:58À l'époque, il était inconnu.
00:07:01Il était, comment dire, un outsider,
00:07:04mais très optimiste, sûr de son succès.
00:07:11Si je suis né dans l'Arabie saoudite,
00:07:14il était le sheik.
00:07:15Je crois que aujourd'hui
00:07:18il faut avoir une préparation plus variée que pour le passé.
00:07:24Avoir antenne dans toutes les parties du monde.
00:07:28L'intervista Giorgio Gori, prima.
00:07:35Vous avez 24 ans.
00:07:38Je m'étais mis à regarder des épisodes de la série A-Team.
00:07:46Je me suis mis à écrire des notes
00:07:47où je cherchais des corrélations entre les épisodes
00:07:50et leurs chiffres d'audience.
00:07:55Ce rapport inutile, je peux le dire,
00:07:57il a fini dans le bureau du directeur des programmes des chaînes Fininvest.
00:08:03Je me suis retrouvé quelques jours plus tard,
00:08:06convoqué à Milano Doué,
00:08:07embauché le jour même en CDI
00:08:09dans le bureau des séries télé.
00:08:14Je me suis revu dans les photos de cette époque
00:08:17et j'étais un enfant.
00:08:19Je sais que la ligne des canaux Fininvest étaient tous belles,
00:08:23pour une télévision optimistique et patinante.
00:08:26Mais dans ce téléjournal, il manque la patonça.
00:08:29Il y en a peu de...
00:08:32Il n'y avait pas d'Internet,
00:08:33pas de site Web,
00:08:35pas de plateforme
00:08:36et il n'y avait pas Netflix.
00:08:38Nous nous percevions comme des innovateurs,
00:08:41c'est-à-dire que nous apportions dans la société italienne
00:08:43une chose nouvelle qui n'existait pas auparavant
00:08:46et qui a remporté un large consensus.
00:08:49C'est dans cet esprit de conquête
00:08:51que nous travaillions avec ce patron
00:08:52qui, à l'époque,
00:08:54s'intéressait beaucoup à la télévision.
00:09:22Berlusconi, au bout d'une semaine,
00:09:24m'appelle pour me dire qu'à Milano 2,
00:09:26la ville qu'il a lui-même créée,
00:09:28toutes les 30 minutes,
00:09:30quatre jeunes passent sans coup de fil
00:09:32pour vérifier l'audience des films.
00:09:44La télé commerciale a été créée
00:09:46pour générer des audiences.
00:09:52« Mon jugement personnel ne comptait plus.
00:09:56Je devais me plier à l'audience.
00:10:03Par conséquent, le collaborateur le plus important
00:10:07de Berlusconi était sans doute Dell'Utri.
00:10:12Dell'Utri est l'homme qui traduit en professe
00:10:15ce que la télévision crée avec la séduction de ses programmes. »
00:10:24L'ami de jeunesse, gardien des secrets les plus inavouables.
00:10:28Pour comprendre l'ascension fulgurante de Berlusconi,
00:10:31il faut remonter au début de son amitié
00:10:33avec Marcello Dell'Utri.
00:10:42« J'ai rencontré Berlusconi grâce à un ami de Palermo
00:10:47qui avait appris que je partais pour Milan.
00:10:53Il m'a dit « Je te donne le numéro d'un ami à moi. »
00:10:58Il est un peu exalté, mais il est très doué.
00:11:03Alors, on s'est appelé et il m'a dit
00:11:06« Laisse tomber, viens à Milan.
00:11:08J'ai besoin d'amis pour travailler avec moi. »
00:11:18Quand je suis allé à Milan,
00:11:21il était en train de construire Milano II.
00:11:24C'était un terrain marécageux.
00:11:27Il disait « Ici, je vais construire une ville
00:11:30où il y aura tout. »
00:11:31De la clinique où l'on est, au cimetière où l'on meurt.
00:11:34Moi, je me disais « Mouais. »
00:11:36Et pourtant, il l'a fait.
00:11:38Le consortium propose de contribuer à la solution
00:11:42du problème de la maison
00:11:43réalisant de grands insédiaments
00:11:46avec de nouvelles technologies avançées
00:11:48pour avoir aussi de réductions de costes.
00:11:52J'étais avec lui 24 heures sur 24.
00:11:56J'habitais chez lui.
00:12:01Mais à cette époque, dans le bâtiment,
00:12:03ça n'allait plus très bien.
00:12:06Alors, on s'est dit
00:12:07« Ce n'est plus le moment de construire.
00:12:09Il n'y a plus rien à gagner. »
00:12:14Entre-temps, une loi fut adoptée
00:12:16qui admettait pour la première fois en Italie
00:12:18la télévision privée,
00:12:21même si limitée à un rayon de quelques kilomètres.
00:12:25Et là, on a eu l'idée
00:12:27de créer une chaîne de télévision
00:12:29qu'on a appelée
00:12:30« Télé Milano Canal 58 ».
00:12:39Télé Milano 58
00:12:40n'est qu'une des dizaines de chaînes locales
00:12:42qui naissent en Italie à l'époque.
00:12:44C'est un phénomène unique en Europe.
00:12:48Ces petits diffuseurs explosent
00:12:50à partir des années 70 en Italie.
00:12:52La Cour constitutionnelle
00:12:53les autorise à diffuser à l'échelle locale en 1976.
00:12:57C'est le début d'une révolution.
00:12:58Ecco, pourquoi une délégation basque en Italie ?
00:13:01Pourquoi sont venus ici ?
00:13:03Pour connaître la possibilité technique,
00:13:06les possibilités culturales,
00:13:07les possibilités linguistiques
00:13:09de cette moyenne de diffusion.
00:13:13Ces nouvelles chaînes
00:13:14sont plus proches du public
00:13:15que la télévision publique nationale.
00:13:17Elles incarnent la périphérie du pays
00:13:19et à nouveau besoin de divertissement.
00:13:21Elles s'opposent à la règle,
00:13:23souvent perçue comme lourde et désuète.
00:13:26Les programmes de la télévision
00:13:27ne font pas schifo.
00:13:29Ils ne me plaisent à personne
00:13:30parce qu'ils sont tous sous-titrage.
00:13:31et c'est vrai que les 10 000 vies
00:13:33à la fin de l'année.
00:13:34Soltant mâtonnées,
00:13:35la télévision,
00:13:36je ne la vois plus pour rien,
00:13:37ni pomeriggio,
00:13:38ni sere, ni e-mai.
00:13:40Ce sont des chaînes amateurs
00:13:41mais légères et drôles
00:13:42et elles sont financées
00:13:43par la publicité,
00:13:45une nouveauté absolue,
00:13:46alors que la télévision nationale
00:13:47vit toujours grâce à la redévance.
00:14:03Le débat autour des télévisions privées
00:14:06était particulièrement vif à l'époque.
00:14:18Je venais tout juste
00:14:19de terminer mes études,
00:14:20j'avais 29 ans.
00:14:23Une rencontre était prévue
00:14:24avec des représentants
00:14:25de grandes entreprises.
00:14:31Pour Publitalia,
00:14:32c'est Marcello Delutri
00:14:33qui est venu.
00:14:35A la fin, il a dit
00:14:36« Si l'un d'entre vous
00:14:38est intéressé
00:14:38pour venir travailler avec nous,
00:14:42qu'il se manifeste. »
00:14:44Quelques jours plus tard,
00:14:45je me suis rendu au siège
00:14:46de Publitalia.
00:14:47Je suis allé directement
00:14:49parler avec Marcello Delutri
00:14:50et il m'a accueilli
00:14:52en disant « Je t'attendais. »
00:15:05C'était un nouveau monde.
00:15:07On en avait assez
00:15:08de la télé en noir et blanc,
00:15:09de la raille.
00:15:18On rêvait de voir
00:15:19quelque chose
00:15:20de différent
00:15:21à la télé.
00:15:36Il y avait une envie
00:15:41de liberté,
00:15:41d'innovation,
00:15:42d'imagination.
00:15:44Ce rêve Berlusconi
00:15:45nous l'a offert.
00:16:04Nous avons saisi
00:16:05le besoin
00:16:06de la société italienne
00:16:07de s'ouvrir au monde,
00:16:08de respirer,
00:16:10de s'amuser aussi,
00:16:11elle qui avait été
00:16:12longuement réprimée
00:16:13au cours des années précédentes.
00:16:17Les chaînes privées
00:16:18deviennent très vite
00:16:18les préférées des Italiens.
00:16:20Ils ont su capter
00:16:21la demande de nouveautés,
00:16:22de légèreté,
00:16:23de divertissement
00:16:24qui parcourent l'Italie.
00:16:25Un pays meurtri
00:16:26qui sort des années de plomb,
00:16:28les années 70,
00:16:29marqué par le terrorisme
00:16:30politique
00:16:31et où les attentats
00:16:32et les assassinats
00:16:33ont été presque quotidiens.
00:16:37Mais le monde
00:16:38des années 80
00:16:39est le prélude
00:16:40de la fin de la guerre froide.
00:16:42Ce sont les années
00:16:42de la montée
00:16:43de l'influence américaine
00:16:44dans tous les domaines.
00:16:46De la culture
00:16:46à la gastronomie
00:16:48au sport.
00:16:50Berlusconi et ses hommes
00:16:51sont fascinés
00:16:52par l'Amérique.
00:16:53Ils copient
00:16:54les programmes américains,
00:16:55importent films et séries,
00:16:56deviennent les chantres
00:16:57du rêve
00:16:58consumériste américain
00:16:59en Europe.
00:17:02Berlusconi
00:17:03veut imiter
00:17:04les Américains.
00:17:05Il comprend
00:17:06que prêcher l'Évangile américain,
00:17:07c'est être progressiste.
00:17:10Les États-Unis
00:17:11deviennent alors
00:17:12son phare.
00:17:14Berlusconi est obsédé
00:17:15par une idée,
00:17:16concurrencer la RAI,
00:17:17la télévision publique nationale.
00:17:20Il a déclaré
00:17:21nous allons concurrencer
00:17:22la RAI.
00:17:24Nous nous sommes dit
00:17:25il est fou ce mec.
00:17:27Et pourtant,
00:17:28il l'a fait.
00:17:30Avec ces hommes,
00:17:31il rachète alors
00:17:32des chaînes locales
00:17:32dans tout le pays.
00:17:34C'est ainsi
00:17:34qu'est né
00:17:34le premier network
00:17:35de chaînes privées
00:17:36en Europe,
00:17:37le groupe Fininvest.
00:17:41Mais la loi l'empêche,
00:17:43car seulement la RAI
00:17:44peut émettre
00:17:44à l'échelle nationale.
00:17:47Berlusconi
00:17:48et ses hommes
00:17:48inventent alors
00:17:49un subterfuge
00:17:50pour contourner la loi,
00:17:51le pizzone.
00:18:03L'idée géniale
00:18:05était de créer
00:18:06un master
00:18:06appelé pizzone.
00:18:10Alors,
00:18:10qu'est-ce que le pizzone ?
00:18:12Le pizzone
00:18:14est l'enregistrement
00:18:15d'une journée entière
00:18:16de programme.
00:18:17Sur des cassettes
00:18:19qui à l'époque
00:18:19étaient assez grandes,
00:18:21empilées les unes
00:18:22sur les autres,
00:18:23elles faisaient
00:18:23un mètre et demi de haut.
00:18:25On en faisait
00:18:2620 copies
00:18:27et on les envoyait
00:18:28aux antennes régionales.
00:18:29Dans le but
00:18:30de programmer
00:18:30à l'échelle nationale
00:18:31les mêmes programmes
00:18:33qui étaient diffusés
00:18:34au même moment
00:18:35avec les spots publicitaires
00:18:37déjà intégrés.
00:18:40C'est ainsi
00:18:41que nous sommes devenus
00:18:42une télé nationale,
00:18:43grâce à ce subterfuge.
00:18:47qui s'est influencé
00:18:48les gens qui ne sont pas
00:18:49dans le monde.
00:18:51Avec trois chaînes
00:18:52qui diffusent illégalement
00:18:53dans tout le pays,
00:18:55le groupe de Berlusconi
00:18:56peut désormais
00:18:56concurrencer
00:18:57les audiences de la Lai.
00:18:59Ces programmes
00:18:59sont plébiscités
00:19:00par le public
00:19:01et reflètent
00:19:02la révolution culturelle
00:19:03qui parcourt le pays
00:19:04en ce début
00:19:05d'année 80.
00:19:07C'est la première fois
00:19:08en Europe
00:19:08qu'un groupe privé
00:19:09prend autant de pouvoir
00:19:10dans les médias
00:19:11et une véritable guerre
00:19:12s'enclenche
00:19:13entre la télévision publique
00:19:14et le groupe Fininvest.
00:19:27Ma tâche consistait
00:19:28à construire
00:19:29une grille de programme
00:19:30pour vaincre la rail
00:19:31et imposer la suprématie
00:19:33des chaînes Fininvest.
00:19:38Il y avait deux pivots
00:19:39dans la programmation
00:19:40de l'époque.
00:19:43Le premier
00:19:45opposait
00:19:46séries américaines
00:19:47aux produits italiens.
00:19:49On ne les appelait pas
00:19:50séries à l'époque.
00:19:51On les appelait sitcoms.
00:19:53Dallas,
00:19:53le joyau de Fininvest.
00:19:56Dynasty.
00:19:57Il y avait Arnold.
00:19:59Il y avait les Jeffersons.
00:20:01C'est-à-dire les séries
00:20:02avec lesquelles
00:20:02nous avons tous grandi.
00:20:04La deuxième chose
00:20:05très importante
00:20:06est Mike Buongiorno.
00:20:13Qui est Mike Buongiorno ?
00:20:16C'est le prophète
00:20:17Berlusconien.
00:20:20Mike Buongiorno
00:20:21incarne le lien
00:20:23entre l'esthétique américaine
00:20:24de Canale Cinque
00:20:25et l'héritage historique
00:20:27de la rail.
00:20:31Il commence à la rail
00:20:32en 1954.
00:20:35Son audience comptait
00:20:37jusqu'à 26 millions
00:20:39de téléspectateurs.
00:20:41L'arrivée de Mike
00:20:42sur Canale Cinque
00:20:44fait basculer le public
00:20:46de la rail
00:20:46vers Berlusconi.
00:20:49La troisième chose
00:20:51très importante
00:20:51est Drive-In.
00:20:57Drive-In.
00:21:00Il faut être un génie
00:21:01pour imaginer ça.
00:21:03Il faut être un génie
00:21:06pour imaginer ça.
00:21:07Il faut être un génie
00:21:09pour imaginer ça.
00:21:14Drive-In a engendré
00:21:15la débâcle du bon goût
00:21:16en Italie.
00:21:18Il y avait des filles
00:21:19au grossin,
00:21:20il y avait tout ce qui est
00:21:21aujourd'hui identifié
00:21:22dans ce qu'on appelle
00:21:23le berlusconisme.
00:21:25J'ai donc été désigné
00:21:26comme l'homme
00:21:28qui a ruiné
00:21:29le bon goût italien.
00:21:31Et c'est bien possible.
00:21:39Quoi qu'il en soit,
00:21:40Drive-In allait disparaître
00:21:41car les audiences
00:21:42n'étaient pas au rendez-vous.
00:21:49Ciao Sandro.
00:21:53Comment tu vas ?
00:21:55Comme un survivant.
00:21:59Un jour, Berlusconi m'appelle
00:22:00et il me dit
00:22:01« Je suis désolé,
00:22:03mais Drive-In ne fait pas
00:22:04assez d'audience.
00:22:05Il vaut mieux l'arrêter. »
00:22:07J'ai donc appelé
00:22:08Marcello Dell'Utri.
00:22:11Je lui ai dit
00:22:12« Ne t'inquiète pas,
00:22:14continue parce que moi,
00:22:15je l'avance cette émission. »
00:22:18Et je lui ai dit
00:22:18« Oui, mais l'audience est faible. »
00:22:21Elle plaît beaucoup
00:22:22aux publicitaires.
00:22:2450 personnes ?
00:22:25Et lui m'a répondu
00:22:26« Oui, les bonnes,
00:22:27je t'expliquerai demain. »
00:22:32Malgré ses débuts compliqués,
00:22:34Drive-In est maintenu
00:22:35sous l'impulsion
00:22:36de Dell'Utri,
00:22:36qui comprend mieux
00:22:37que tout le monde
00:22:38la fonction
00:22:38de la télévision commerciale,
00:22:40c'est-à-dire
00:22:41vendre des publicités.
00:22:43C'est une révolution
00:22:44qui va changer durablement
00:22:46les codes de la télévision.
00:22:48On a décidé
00:22:49de raccourcir les sketchs
00:22:50de 20 à 3 minutes.
00:22:51C'est ainsi
00:22:52qu'a commencé
00:22:52ce style de comédie rapide.
00:23:00Drive-In devient fondamental.
00:23:03L'émission est écrite
00:23:04selon les règles
00:23:05de la télévision commerciale,
00:23:08avec un montage effréné,
00:23:11fou,
00:23:12où la publicité
00:23:13intervient sans perturber,
00:23:15mais devient au contraire
00:23:17l'élément central
00:23:18de l'émission.
00:23:38Canale Cinque,
00:23:40en très peu de temps,
00:23:40au printemps 1982,
00:23:43dépasse la rail.
00:23:48Pour Berlusconi,
00:23:49le succès économique
00:23:51et la réussite commerciale
00:23:52étaient des points fondamentaux.
00:23:56La publicité devient
00:23:57le pivot autour duquel
00:23:58tout le reste tourne.
00:24:16Alors que tout le monde
00:24:17a les yeux rivés
00:24:17sur les chaînes Fininvest,
00:24:19c'est un Milano doué,
00:24:20dans ce bâtiment anonyme,
00:24:22que bat le cœur
00:24:22de l'Empire de Berlusconi.
00:24:25C'est le siège
00:24:26de Public Italia 80,
00:24:28la société qui vend
00:24:29les espaces publicitaires
00:24:30et engrange des milliards
00:24:31de chiffres d'affaires.
00:24:35Du coup,
00:24:36j'ai monté une équipe
00:24:37de jeunes vraiment brillants.
00:24:44Ces galas
00:24:45que nous avons embauchés
00:24:46à Public Italia
00:24:47ont littéralement bouleversé
00:24:49le monde de la publicité.
00:24:51Chocolato.
00:24:53Café.
00:24:54Com.
00:24:55Com.
00:24:56Pour la rail,
00:24:57la publicité
00:24:58était quelque chose
00:24:59de marginal.
00:25:00Pour la télé commerciale,
00:25:02l'audience de la publicité
00:25:03était si cruciale
00:25:04que nous inventions
00:25:05n'importe quoi
00:25:06afin de maintenir
00:25:07l'audience au plus haut niveau
00:25:09pendant les pauses publicitaires.
00:25:12Pour les hommes
00:25:13de Public Italia,
00:25:14ce qui compte,
00:25:15c'est de garder le public
00:25:16collé à l'écran,
00:25:17lui donner ce qu'ils demandent
00:25:18pour qu'ils regardent
00:25:19toujours plus de publicité.
00:25:22Tous les âges,
00:25:23toutes les classes sociales
00:25:24sont visées.
00:25:25« Personne ne doit échapper
00:25:26à l'emprise télévisuelle. »
00:25:29« Italia Uno »,
00:25:30c'était principalement
00:25:32la chaîne des jeunes.
00:25:33Il y avait les dessins animés,
00:25:35bien sûr,
00:25:36mais pas que.
00:25:40« Canal Cinque »
00:25:42travaillait principalement
00:25:43sur les classes d'âge moyenne.
00:25:47« Rete Quattro »
00:25:49couvrait un public
00:25:49légèrement plus âgé.
00:25:50« Dès l'autre,
00:25:53il m'expliquait.
00:25:55Commence à réfléchir
00:25:56à des émissions
00:25:56pour les femmes au foyer
00:25:57et propose-moi des idées
00:25:58la semaine prochaine. »
00:26:01« Je préfère la télévision
00:26:02de Berlusconi.
00:26:04C'est la première
00:26:05qui a passé les programmes
00:26:06avant midi.
00:26:08Alors, j'ai comme une reconnaissance
00:26:10pour cette télévision.
00:26:11Elle m'est sympathique. »
00:26:13« Nous n'avions qu'un objectif.
00:26:15Nous devions attirer
00:26:16le plus grand nombre possible
00:26:17de spectateurs,
00:26:19vendre le plus possible.
00:26:21Le reste,
00:26:21on s'en fichait.
00:26:22On ne s'intéressait pas
00:26:23aux idéologies,
00:26:24aux philosophies.
00:26:25On s'en fichait complètement.
00:26:28En quelques années,
00:26:30nous avons obtenu
00:26:31un résultat sensationnel.
00:26:42En 1979,
00:26:43on a fait 5 milliards,
00:26:44puis 25 milliards,
00:26:46puis 500 milliards
00:26:47en 1980.
00:26:48Et depuis...
00:26:53la réussite
00:26:54de Publita Liottante
00:26:55est fulgurante.
00:26:58Silvio Berlusconi
00:26:59devient très puissant
00:27:00et il noue des liens
00:27:01au plus haut niveau,
00:27:02notamment avec
00:27:03Bettino Craxi,
00:27:04premier ministre socialiste
00:27:05de l'époque.
00:27:08Pour les hommes
00:27:09de Berlusconi,
00:27:10tout paraît possible.
00:27:13On vendait de la pub.
00:27:15Voilà.
00:27:19Une fois,
00:27:19je suis allé voir
00:27:20des loteries
00:27:21et je lui ai dit
00:27:21« Marcello,
00:27:23certains clients
00:27:24voudraient aller en France,
00:27:25mais ça va nous coûter
00:27:2620 millions de lire. »
00:27:29Il m'a dit
00:27:29« Pars immédiatement. »
00:27:33Les profits étaient
00:27:35tellement stratosphériques
00:27:36que ça ne choquait personne.
00:27:42Il y avait une file
00:27:43d'attente
00:27:43d'investisseurs potentiels.
00:27:45Les ventes
00:27:45augmentaient tellement
00:27:46qu'ils n'arrivaient plus
00:27:47à suivre le rythme
00:27:48des commandes.
00:27:52Une fois,
00:27:53j'ai gagné
00:27:54120 millions de lire
00:27:55en une journée.
00:27:57Aujourd'hui,
00:27:58ça représenterait
00:27:58120 000 euros.
00:28:02L'entreprise
00:28:03marchait bien.
00:28:04On gagnait
00:28:04beaucoup d'argent.
00:28:05Nous étions tous
00:28:06jeunes,
00:28:06beaux,
00:28:07insouciants.
00:28:09Ils étaient partout,
00:28:10toujours parfaitement habillés.
00:28:14C'étaient des Martiens.
00:28:17Ils faisaient
00:28:18tellement d'argent.
00:28:37Les agences publicitaires
00:28:38étaient bouleversées
00:28:39et ils nous faisaient
00:28:40ouvertement la guerre.
00:28:42La RAI était très inquiète.
00:28:49Ils répondaient
00:28:50des rumeurs
00:28:50auprès des clients.
00:28:51Celui-là
00:28:52va bientôt faire faillite.
00:28:54C'était la rumeur.
00:28:56Nous avons dû surmonter
00:28:57des épreuves incroyables.
00:29:02La concurrence
00:29:03sur les chiffres d'audience
00:29:04était importante aussi
00:29:05sur le plan politique.
00:29:07Parce que vendre
00:29:08des parts d'audience
00:29:09aux annonceurs publicitaires
00:29:11signifiait avoir du pouvoir
00:29:12sur la société.
00:29:19La RAI voulait
00:29:20à tout prix
00:29:20rester la première.
00:29:22Et nous aurions tout fait
00:29:23pour la défier,
00:29:24pour pouvoir transformer
00:29:25efficacement
00:29:26les audiences
00:29:27en recettes publicitaires.
00:29:31C'était ça
00:29:32la mission
00:29:32de l'entreprise.
00:29:41Je me rappelle
00:29:42que le directeur général
00:29:43de la RAI
00:29:44avait dit
00:29:45celui-là
00:29:46il doit mourir
00:29:47Berlusconi
00:29:48parce qu'il était
00:29:49dangereux.
00:29:51Il ne suffit pas
00:29:52de l'arrêter
00:29:53il faut carrément
00:29:54le tuer.
00:29:55nous avons fait
00:29:55un grand exploit
00:29:56la première soirée
00:29:57quand nous sommes partis.
00:29:58Nous avons auguré
00:30:0122 milliards
00:30:02pour tout l'année
00:30:03d'investissements
00:30:03publicitaires.
00:30:111984
00:30:12est l'année
00:30:13de tous les dangers
00:30:14pour Berlusconi
00:30:15et ses hommes.
00:30:16Les procureurs
00:30:16de quatre régions italiennes
00:30:18saisissent
00:30:18les chaines Fininvest
00:30:19et leur empêchent
00:30:20d'émettre.
00:30:21Berlusconi décide
00:30:22d'aller à l'affrontement
00:30:23avec les institutions
00:30:24et de miser
00:30:25sur ses appuis politiques.
00:30:29Ce fut un moment
00:30:31dramatique.
00:30:32Nous étions
00:30:33très inquiets
00:30:34car l'entreprise
00:30:35risquait de fermer.
00:30:39Nous étions consternés.
00:30:41Notre signal
00:30:42ne passait plus.
00:30:43On ne comprenait
00:30:43pas ce qui se passait.
00:30:45Ce fut aussi
00:30:46un choc
00:30:46pour le monde politique
00:30:47puisque cinq ministres
00:30:49ont démissionné.
00:30:50Alors certains disent
00:30:52« D'accord,
00:30:53essayons de trouver
00:30:54une solution technique ».
00:30:55Et d'autres disent
00:30:57« Delutri le premier »
00:30:59« Non,
00:31:00c'est une question
00:31:00de vie
00:31:01ou de mort.
00:31:02Nous devons
00:31:03interrompre
00:31:03les transmissions ».
00:31:18Il y a eu
00:31:19une véritable
00:31:20protestation
00:31:21de la part
00:31:21du public.
00:31:22Ils sont
00:31:22descendus
00:31:23dans la rue.
00:31:26La réaction
00:31:27du public
00:31:28face à cette
00:31:29fermeture
00:31:29montre que
00:31:30quelque chose
00:31:31est en train
00:31:32de changer,
00:31:33quelque chose
00:31:33d'important.
00:31:40Berlusconi
00:31:41commence à penser
00:31:42que la télévision
00:31:45est quelque chose
00:31:46qui va au-delà
00:31:47du divertissement.
00:31:48de la télévision.
00:31:53Nous sommes
00:31:55à l'archéologie
00:31:57de ce que Berlusconi
00:31:58deviendra.
00:32:00La télé
00:32:01devient la base
00:32:02d'un pouvoir
00:32:03qui transcende
00:32:04la télévision
00:32:05et devient
00:32:06pouvoir politique.
00:32:10J'essayons
00:32:11de donner
00:32:11aux spectateurs
00:32:13la partie
00:32:14fabuleuse
00:32:15de la vie,
00:32:16le rêve
00:32:19beau
00:32:20et
00:32:22si je peux faire
00:32:23une comparaison
00:32:24comme la publicité
00:32:25dans laquelle
00:32:26tout le monde
00:32:27est gentil,
00:32:28tout le monde
00:32:28est beau,
00:32:29etc.
00:32:35La fermeture
00:32:36des chaînes
00:32:37de Berlusconi
00:32:37a provoqué
00:32:38la protestation
00:32:39populaire.
00:32:40Le gouvernement
00:32:41a été forcé
00:32:41d'intervenir
00:32:42par décret.
00:32:43Bettino Craxi,
00:32:44premier ministre
00:32:45socialiste,
00:32:46sauve les télévisions
00:32:47privées
00:32:47en leur accordant
00:32:48le droit
00:32:48de diffuser
00:32:49sur le territoire
00:32:50national.
00:32:53À la demande générale,
00:32:56les antennes
00:32:56ont été rallumées
00:32:57et on se souvient
00:32:58de Craxi
00:32:59comme de celui
00:33:00qui a joué
00:33:00le rôle
00:33:01de médiateur
00:33:01au profit
00:33:02de la télévision
00:33:05commerciale.
00:33:06La Rai est défaite
00:33:07et Berlusconi
00:33:09incarne enfin
00:33:09le rôle
00:33:10d'homme nouveau
00:33:10qui défend
00:33:11le peuple
00:33:12contre les élites
00:33:13traditionnelles.
00:33:15La guerre
00:33:16contre la Rai
00:33:16n'a pas été
00:33:17seulement une guerre
00:33:18commerciale
00:33:18mais aussi
00:33:19un affrontement
00:33:20entre visions
00:33:20du monde.
00:33:22Nous sommes perçus
00:33:23comme le mal absolu
00:33:24parce que la télévision
00:33:26selon l'idéologie
00:33:27des années 70
00:33:28ne doit pas seulement
00:33:29divertir
00:33:30et informer
00:33:31mais surtout
00:33:32éduquer la population.
00:33:43La Rai avait une mission
00:33:45importante
00:33:45celle d'éduquer
00:33:47d'enseigner également
00:33:48à lire
00:33:48et à écrire.
00:33:50La télévision commerciale
00:33:52est née pour
00:33:55amuser
00:33:55et pousser
00:33:57à la consommation
00:33:58ont placé
00:33:59des produits
00:34:00et rien de plus.
00:34:07Cela a peu à peu
00:34:09changé les habitudes
00:34:10mais nous ne voulions
00:34:12pas bouleverser
00:34:13les habitudes
00:34:13des Italiens.
00:34:14Les Italiens
00:34:15avaient déjà été
00:34:16bouleversés.
00:34:16La télé publique
00:34:24commençait
00:34:25à 17h30.
00:34:27Et ça finissait
00:34:37peu avant minuit.
00:34:42quand la télé commerciale
00:34:44est née
00:34:44c'était une fête
00:34:46on ne s'arrêtait
00:34:47même pas la nuit.
00:34:49La télévision
00:34:50à laquelle nous sommes
00:34:51entrés
00:34:52et nous commençons
00:34:52à penser
00:34:53ce n'est pas
00:34:54une télévision
00:34:55Coca-Cola
00:34:56ce n'est pas
00:34:56une télévision
00:34:57Spaghetti
00:34:57ce serait
00:34:58mieux
00:34:59une télévision
00:35:00Beaujolais.
00:35:03Champagne
00:35:03le samedi.
00:35:07Mesdames,
00:35:08Mesdemoiselles,
00:35:09Messieurs,
00:35:09bonsoir.
00:35:09On vient de l'apprendre
00:35:10à l'instant
00:35:11l'accord
00:35:12de concession
00:35:13de services publics
00:35:14avec le groupe financier
00:35:16de Silvio Berlusconi
00:35:18l'homme de la télévision
00:35:19privée italienne
00:35:20a été signé
00:35:22à 20h30
00:35:23ce soir.
00:35:32J'ai dit
00:35:33les gars
00:35:33il faut aller en France
00:35:35vendre la publicité
00:35:36de la 5.
00:35:42Les débuts
00:35:43de la 5 en France
00:35:44ont été marqués
00:35:44par une émission
00:35:45événement
00:35:46qui a coûté
00:35:47beaucoup d'argent
00:35:48à Berlusconi.
00:35:50Pendant des jours
00:35:51et des jours
00:35:52on a enregistré
00:35:53cette émission
00:35:53où ils avaient
00:35:54reconstruit
00:35:54un Concorde
00:35:55à l'intérieur
00:35:56du studio.
00:36:03Il y avait bien sûr
00:36:04un goût très italien
00:36:06typiquement
00:36:06berlusconien.
00:36:12Aujourd'hui
00:36:13je ne sais pas
00:36:14combien cela pourrait coûter
00:36:15500 millions d'euros.
00:36:17je ne peux pas le dire
00:36:19et de ce qu'encore
00:36:21de descendre
00:36:21des stars
00:36:23internationales.
00:36:24La 5
00:36:25c'est une histoire
00:36:26importante.
00:36:27Bravo la 5.
00:36:29La 5
00:36:30c'est classique.
00:36:32Berlusconi
00:36:33Berlusconi
00:36:34veut exporter
00:36:34le modèle
00:36:35de la chaîne
00:36:36Canale Cinco
00:36:37et en France
00:36:38grâce à Craxi
00:36:40qui est alors
00:36:41très puissant
00:36:43et il est très proche
00:36:45de Mitterrand.
00:36:48Pourquoi Mitterrand
00:36:49accepte-t-il
00:36:50d'accorder la concession
00:36:51à Berlusconi ?
00:36:55Mitterrand
00:36:55est cynique
00:36:56et comprend
00:36:57que le monde
00:36:58est en train
00:36:58de changer.
00:37:00Il comprend
00:37:00que c'était
00:37:01inévitable.
00:37:03Cette concession
00:37:04fut entravée
00:37:04par toute la presse
00:37:06et surtout
00:37:07par une partie
00:37:08des intellectuels
00:37:09qui voyaient
00:37:11Berlusconi
00:37:12comme le mal absolu.
00:37:49comme je ne pouvais
00:37:50pas diffuser
00:37:51de films français
00:37:52car personne
00:37:53ne voulait
00:37:53me les vendre
00:37:54la seule possibilité
00:37:56que j'avais
00:37:56était de récupérer
00:37:58des films
00:37:59franchouillards.
00:38:02J'ai acheté
00:38:03pour très peu
00:38:04d'argent
00:38:04je ne sais pas
00:38:05il ne m'a rien coûté
00:38:06un film célèbre
00:38:07mon curé
00:38:08chez les nudistes
00:38:09avec Prébois
00:38:10dans le rôle principal.
00:38:21Ce fut un succès
00:38:24exceptionnel.
00:38:26La Cinq
00:38:28travaillait
00:38:29sur la périphérie
00:38:30française
00:38:30et son public
00:38:32s'opposait
00:38:33inconsciemment
00:38:34à la télé
00:38:36de Paris
00:38:38qui était
00:38:40la une
00:38:41et l'antenne 2
00:38:43où le franchouillard
00:38:45était méprisé.
00:38:48Mini révolution
00:38:49ce matin
00:38:49pour les 13 000 habitants
00:38:50de Coulomiers
00:38:51petite ville tranquille
00:38:52de Seine-et-Marne
00:38:53à une cinquantaine
00:38:54de kilomètres
00:38:54de Paris
00:38:54où l'on recevait
00:38:55pour la première fois
00:38:56les programmes
00:38:57de la salle.
00:39:00Suspense
00:39:00pour ces nouveaux
00:39:01téléspectateurs
00:39:02qui découvraient
00:39:03en direct
00:39:03sous nos yeux
00:39:04le générique du journal
00:39:05de Jean-Claude Bourret.
00:39:10C'est pas mal,
00:39:11ça change
00:39:11avec les autres programmes
00:39:12quoi.
00:39:13Et jusqu'à maintenant,
00:39:14on ne l'avait pas.
00:39:15Alors on peut quoi...
00:39:16Ça va changer
00:39:17vos habitudes ?
00:39:18Ben je crois, oui.
00:39:28Ce fut une télévision
00:39:30barbare
00:39:30qui a semé
00:39:31la nouveauté.
00:39:33Une télévision libre.
00:39:40Les jeunes
00:39:42de Publitalia
00:39:43ont été extraordinaires
00:39:44et nous avons vendu
00:39:45énormément.
00:39:47Tout allait très bien.
00:39:49Puis Chirac
00:39:50qui devint maire
00:39:51de Paris
00:39:52fit retirer
00:39:53l'antenne
00:39:54de transmission
00:39:55qui se trouvait
00:39:56sur la tour Eiffel
00:39:59en disant
00:40:00qu'il n'était pas possible
00:40:01de mettre
00:40:01quoi que ce soit
00:40:02sur la tour Eiffel.
00:40:08Contrairement
00:40:08à la tour de Pise,
00:40:09la tour Eiffel
00:40:10ne penche
00:40:10ni à droite
00:40:11ni à gauche
00:40:11mais elle est l'enjeu
00:40:12tout de même
00:40:13d'une bataille politique
00:40:14entre l'opposition
00:40:15et le gouvernement
00:40:15depuis que celui-ci
00:40:17a décidé
00:40:17que tous les bâtiments
00:40:19publics ou privés
00:40:20de plus de 100 mètres de haut
00:40:21devaient laisser
00:40:22un libre accès
00:40:23pour y installer
00:40:24les antennes
00:40:25des futures
00:40:25et éventuelles
00:40:26télévisions privées.
00:40:27Mais la tour appartient
00:40:28à la ville de Paris
00:40:29et le maire,
00:40:30M. Jacques Chirac,
00:40:31estime qu'il s'agit là
00:40:32d'une véritable spoliation.
00:40:34Écoutons-le.
00:40:34C'est une espèce
00:40:35de hold-up légale
00:40:37profondément immoral
00:40:40qui ne m'étonne pas.
00:40:43Cette aventure française
00:40:44ne fut pas couronnée
00:40:45de succès.
00:40:46Elle fut fortement influencée
00:40:48par certains préjugés
00:40:50qui nous reprochaient
00:40:51de faire une télévision
00:40:52vulgaire.
00:40:56Et elle l'était, oui.
00:40:58Perlusconi voulait créer
00:41:00un réseau européen
00:41:01un peu sur le modèle
00:41:02de Murdoch aux États-Unis.
00:41:03En France,
00:41:04il existait une règle
00:41:05très claire
00:41:06selon laquelle
00:41:07un étranger
00:41:07ne pouvait pas détenir
00:41:09plus de 25%
00:41:10d'une société.
00:41:11Comme la société
00:41:12perdait beaucoup d'argent,
00:41:14Perlusconi a dit
00:41:14« Ok, j'achète 51%,
00:41:17mais vous me laissez
00:41:18diriger les programmes
00:41:19et la pub. »
00:41:20Le gouvernement français
00:41:21a préféré fermer
00:41:22une chaîne de télévision,
00:41:23la 5,
00:41:24qui employait
00:41:251000 personnes
00:41:25plutôt que de la faire
00:41:26diriger par un étranger.
00:41:29Oui,
00:41:29ils nous ont mis dehors.
00:41:32Ils refusaient
00:41:33qu'une entreprise italienne
00:41:34fasse de la télé privée
00:41:35en France.
00:41:39C'était du jamais vu.
00:41:41Avec la publicité
00:41:42qui interrompt les programmes,
00:41:43c'était scandaleux.
00:41:45Ils étaient scandalisés.
00:41:48Une télé spaghettis,
00:41:50ils l'appelaient.
00:42:01La raison était politique.
00:42:04La télévision privée
00:42:06sonde le pays,
00:42:08montre ce que la télévision
00:42:09publique ne pouvait pas diffuser.
00:42:18Elle montre
00:42:20ce qui est considéré
00:42:21comme vulgaire,
00:42:22le ventre,
00:42:23les entrailles du pays.
00:42:25Le lion !
00:42:30Ce qui se passe
00:42:31dans le ventre du pays
00:42:32déterminera ensuite
00:42:34les revendications politiques.
00:42:43La France ferme la porte
00:42:44à Berlusconi.
00:42:45Mais en Allemagne,
00:42:46en Espagne et ailleurs,
00:42:47l'Eumagna continue
00:42:48son entreprise d'expansion.
00:42:50Avec ce fait de la France
00:42:52il s'est accompli
00:42:53un pass important.
00:42:55Après un peu,
00:42:56je crois qu'il s'est accompli
00:42:57un pass d'égalité
00:42:59dans l'Espagne.
00:43:00Et puis,
00:43:01vous verrez
00:43:02que tous les autres pays
00:43:03ne peuvent pas
00:43:04eximer de suivre
00:43:05cet exemple.
00:43:09En Italie,
00:43:10une fois ses télévisions
00:43:11sauvées grâce
00:43:11au gouvernement Craxi,
00:43:13il est devenu
00:43:13président d'assez mille ans.
00:43:15Ce qui le pousse
00:43:15encore davantage
00:43:16sur le devant de la scène.
00:43:20Je crois que la foule
00:43:22qui l'a acclamée au stade
00:43:23l'a radicalement changée.
00:43:33J'aimerais bien savoir
00:43:35qui, en se retrouvant
00:43:36dans un stade
00:43:37avec des milliers
00:43:39et des milliers
00:43:40de personnes
00:43:40scandant son nom,
00:43:43resterait exactement
00:43:43la même personne.
00:43:44d'être cette personne
00:43:46à l'autre.
00:43:54Berlusconi a toujours voulu
00:43:56faire des choses importantes.
00:43:58Je me souviens
00:43:59qu'il disait
00:44:00« Mais moi,
00:44:02qu'est-ce que je fais ? »
00:44:04J'ai fait tout ça,
00:44:04mais je ne suis pas satisfait.
00:44:08Je disais
00:44:08« Comment ça ?
00:44:09Tu as fait ceci,
00:44:11cela ? »
00:44:13Il cherchait quelque chose,
00:44:14je m'en souviens.
00:44:16Mais on ne parlait pas
00:44:17de politique.
00:44:18C'était impossible
00:44:19d'imaginer
00:44:19de faire de la politique,
00:44:21car personne ne l'aurait
00:44:23laissé faire
00:44:23de la politique
00:44:24tant que les partis
00:44:25traditionnels
00:44:26existaient encore.
00:44:53Je n'ai aucun doute
00:44:54quant au plus beau jour
00:44:55de ma vie.
00:44:57C'est le jour
00:44:58de la chute du mur
00:44:59de Berlin.
00:45:04C'est ce jour-là
00:45:05que le monde a changé.
00:45:13On a la fausse idée
00:45:15que les démocraties libérales
00:45:16sont vouées
00:45:17à dominer le monde
00:45:18sans plus de guerre.
00:45:27que l'économie de marché
00:45:29peut devenir
00:45:29un patrimoine commun
00:45:31à l'échelle mondiale.
00:45:47C'est dans cette voie
00:45:49que s'inscrit
00:45:50la pensée de Berlusconi,
00:45:51qui était avant tout
00:45:52un homme d'affaires,
00:45:53un vendeur extraordinaire.
00:46:03Nous sommes en pleine épopée.
00:46:06Notre vision du monde
00:46:08selon laquelle
00:46:08les entreprises
00:46:09sont la partie saine
00:46:10de la société
00:46:11nous semble confirmée.
00:46:14Nous avons l'impression
00:46:15d'être en train
00:46:16de transformer la société.
00:46:19Qu'aurions-nous pu
00:46:21espérer de plus ?
00:46:28Le mur de Berlin
00:46:29est tombé.
00:46:30L'Amérique triomphe.
00:46:31Et les hommes
00:46:32de Berlusconi
00:46:33qui avaient importé
00:46:34les films,
00:46:34les séries
00:46:35et les modes
00:46:35venus d'Amérique
00:46:36sont les gagnants
00:46:37de l'histoire.
00:46:38Que pourrait-il
00:46:39vouloir de plus ?
00:46:44Le système politique
00:46:45en place
00:46:46depuis la fin
00:46:46de la Seconde Guerre mondiale
00:46:48s'effondre en 1992
00:46:49sous les coups
00:46:50d'une enquête
00:46:51sur la corruption,
00:46:52l'opération
00:46:53Tangentopoli.
00:46:54C'est une succession
00:46:56presque incroyable
00:46:56d'arrestations
00:46:57et d'interrogatoires,
00:46:59de figures de plus en plus
00:47:00importantes
00:47:00de la politique italienne.
00:47:02qu'on interpelle,
00:47:03qu'on questionne,
00:47:04qui se retrouvent
00:47:05mis en examen.
00:47:08Au début,
00:47:09nous avons traité
00:47:10cette initiative
00:47:11des juges
00:47:11avec une certaine
00:47:12exaltation.
00:47:15Selon moi,
00:47:17c'était de l'inconscience
00:47:18de la part
00:47:19de Berlusconi.
00:47:22Car cette initiative,
00:47:24en l'espace
00:47:25de quelques mois,
00:47:27a détruit
00:47:28les figures politiques
00:47:29qui avaient permis
00:47:30son succès.
00:47:33Les partis
00:47:34qui gouvernent le pays
00:47:35depuis 40 ans
00:47:35sont effacés
00:47:36de la carte électorale.
00:47:39Craxi,
00:47:39premier ministre socialiste
00:47:41et ami de Berlusconi,
00:47:42qui avait permis
00:47:43aux télévisions privées
00:47:44d'émerger,
00:47:45est accusé de corruption
00:47:46et contraint à la démission.
00:47:50Le parti communiste italien,
00:47:52devenu en 1991
00:47:53parti démocrate de la gauche,
00:47:56est le seul
00:47:56à ne pas être touché
00:47:57par les enquêtes.
00:47:58Il voit un boulevard
00:47:59vers le pouvoir
00:48:00s'ouvrir devant lui.
00:48:02La droite
00:48:03est égoïsme,
00:48:04est seulement présente.
00:48:05La droite
00:48:06est solidarité
00:48:07et est aussi futur.
00:48:11Silvio a peur
00:48:11que les postes communistes
00:48:12qui avaient défendu
00:48:13la télévision publique
00:48:14pendant les années 80
00:48:15puissent s'attaquer
00:48:16à ces télévisions
00:48:17et à tout ce qu'il a construit
00:48:19en 15 ans
00:48:19d'épopées entrepreneuriales
00:48:21et de construction patiente
00:48:23d'alliances politiques.
00:48:40A la fin du premier semestre 1993,
00:48:44Berlusconi me demande
00:48:45de mener une enquête téléphonique
00:48:47sur les personnalités
00:48:49qui pourraient être considérées
00:48:50comme crédibles
00:48:51à la tête du pays.
00:48:58Berlusconi arrive clairement en tête.
00:49:00Il représente un potentiel
00:49:02de 13 %.
00:49:18Je vais présenter les résultats
00:49:20et je dis
00:49:21écoutez,
00:49:22c'est catastrophique
00:49:23car 13 %,
00:49:25c'est trop
00:49:26pour ne pas effrayer tout le monde
00:49:28et trop peu
00:49:29pour diriger le pays.
00:49:33Et il me dit
00:49:34« Carlo,
00:49:36c'est le résultat
00:49:37avant même
00:49:38que je candidate.
00:49:39Je dois avouer
00:49:41que sa réponse me surprend.
00:49:42Cela me semble
00:49:43tellement incroyable
00:49:44que je lui réponds
00:49:45« Écoutez, docteur,
00:49:47c'est un jeu d'échecs,
00:49:48cela dépend de la façon
00:49:49dont jouent les autres. »
00:49:51Et je me souviens
00:49:52qu'il m'a répondu
00:49:53« Tu penses vraiment
00:49:55que les autres jouent mieux que moi ? »
00:50:04La rumeur avait commencé
00:50:06à circuler pendant l'été,
00:50:07disons en juillet 1993.
00:50:11Mais elle s'est vraiment confirmée
00:50:13après l'arrivée de l'automne.
00:50:20Un jour, il m'a dit
00:50:21« J'ai compris que nous devons
00:50:23créer notre propre partie.
00:50:26Mais nous étions déjà
00:50:28en octobre.
00:50:30Les élections étaient prévues
00:50:31pour mars.
00:50:35Alors je lui ai dit
00:50:36« Comment on fait ? »
00:50:38« Je ne sais pas.
00:50:38Tout le monde le fait,
00:50:39alors faisons-le aussi. »
00:50:41Nous qui travaillions
00:50:42à la télévision
00:50:43à cette époque,
00:50:44nous étions assez
00:50:45bouleversés par cette chose.
00:50:47Nous étions un peu
00:50:48incrédule.
00:50:51J'ai eu un sentiment
00:50:55terrible.
00:50:56On est foutus.
00:50:59Nous participons
00:51:00à la réflexion
00:51:01et la table se divise
00:51:03entre ceux qui,
00:51:05quoi qu'il arrive,
00:51:05auraient donné raison
00:51:06à tout ce que Berlusconi
00:51:07aurait dit
00:51:08et ceux d'entre nous
00:51:11qui lui disaient
00:51:12« Écoutez, ce truc,
00:51:13on ne va pas le faire.
00:51:14C'est une folie. »
00:51:19Il a dit
00:51:20« Non,
00:51:21là, nous allons créer
00:51:22un parti.
00:51:24J'ai compris
00:51:24que le public
00:51:25a besoin d'un produit,
00:51:28d'un nouveau produit.
00:51:30Je sais comment
00:51:31lui donner ce produit
00:51:32parce que lui,
00:51:33il avait une très bonne
00:51:34mentalité marketing.
00:51:44L'Italia est le pays
00:51:45que j'ai lu.
00:51:46Qui j'ai les bénéfices,
00:51:49lesецés,
00:51:50les� Classique.
00:51:51J'ai oublié
00:51:53l'aideravi
00:51:53de mon père
00:51:53et peut-on- needing
00:51:55il m2M !
00:51:57J'ai appris
00:51:58ça нормально.
00:52:00pour la liberté.
00:52:01J'ai salvé
00:52:02de descendant
00:52:03de ciel
00:52:03et Universe
00:52:05de la nature
00:52:05pour iPad
00:52:07parce que je ne veux pas vivre dans un pays illibéral
00:52:11gouverné par des forces immatures
00:52:12et par des hommes liés à un double fil
00:52:15à un passé politiquement et économiquement fallimentaire.
00:52:20Quand j'ai vu pour la première fois
00:52:22sa célèbre vidéo de l'entrée en politique,
00:52:26je dois être honnête, j'ai eu honte.
00:52:30Nous étions tous choqués.
00:52:32C'est une vidéo qui est entrée dans l'histoire.
00:52:35Quand je l'ai vue, c'était ça ma réaction.
00:52:39Je me souviens des tribunes politiques.
00:52:41Merci pour cette question qui me donne l'occasion de répondre.
00:52:45Elles étaient toutes comme ça.
00:52:51Et là, il nous sort l'Italie et le pays que j'aime.
00:52:56Ce n'est pas un discours politique ni un article de journal.
00:53:00C'est avant tout un moment de télévision.
00:53:01La posture, le cadrage, la lumière.
00:53:08Tout son savoir-faire est présent.
00:53:14Par rapport au public qu'il voulait atteindre,
00:53:17il était parfait.
00:53:18Un nouveau miracle italien.
00:53:42J'étais consterné de voir l'entreprise
00:53:46se transformer en parti politique.
00:53:47Le responsable marketing commence du jour au lendemain
00:53:51à faire des sondages.
00:53:52Toujours des chiffres, mais d'autres chiffres.
00:53:55Ceux qui s'occupaient de la production
00:53:56commencent à faire des castings
00:53:58non plus pour les émissions,
00:53:59mais pour les listes électorales.
00:54:03La louterie recycle les structures de Publitalia,
00:54:07fournit les sièges régionaux du parti.
00:54:14Berlusconi me dit,
00:54:15chez Publitalia,
00:54:17t'as beaucoup d'hommes et de sièges.
00:54:19Il faut trouver des candidats,
00:54:21de nouvelles personnes.
00:54:23Publitalia avait des bureaux dans toute l'Italie.
00:54:25Nous avions notre siège social en Campanie,
00:54:27en Vénécie,
00:54:28dans les Marches,
00:54:29en Sicile,
00:54:29en Lombardie,
00:54:30en Piémont,
00:54:31à Paris,
00:54:32en Toscane.
00:54:34Chacun doit présenter 100 candidats
00:54:36qui n'ont jamais fait de politique
00:54:38et qui crèvent l'écran.
00:54:40Voilà ce qui était le plus important.
00:54:46Avec cette équipe,
00:54:48il n'est plus l'Italia.
00:54:52Forza Italia,
00:54:54c'est un lapsus.
00:55:11L'idée était de transporter
00:55:15les techniques de marketing
00:55:17de Publitalia
00:55:18en politique.
00:55:22L'élément qui rassemble
00:55:24l'audience et la politique,
00:55:26c'est le sondage.
00:55:46Tout comme les relevés d'audience
00:55:48influencent la grille
00:55:50des programmes,
00:55:51parce que la programmation
00:55:53suit les goûts du public,
00:55:54ainsi le sondage
00:55:58détermine
00:55:59le programme politique.
00:56:03Il transforme
00:56:05la politique
00:56:06en émission télé.
00:56:21Pas seulement.
00:56:23Les téléspectateurs
00:56:25fidèles de Canale 5,
00:56:27Italia 1 et Rete 4
00:56:29deviennent les votants.
00:56:32Les stars
00:56:32deviennent les témoins
00:56:34de Berlusconi.
00:56:35Forza Italia !
00:56:36Forza Italia !
00:56:50Faire de la télévision,
00:56:52c'est comme faire
00:56:53un sondage tous les jours.
00:56:56Cette habitude
00:56:57sur des années
00:56:58et des années
00:56:59crée une relation
00:57:00empathique,
00:57:01authentique,
00:57:03entre qui fait
00:57:04la télévision
00:57:05et qui la regarde.
00:57:09Le public
00:57:10qui regarde la télévision
00:57:11provient de toutes
00:57:12les régions,
00:57:13de toutes les conditions
00:57:14sociales,
00:57:15de tous les âges.
00:57:17L'Italie.
00:57:19Il me plaît,
00:57:20Berlusconi,
00:57:21comme personnage.
00:57:22Si, vraiment,
00:57:23il m'a toujours plu.
00:57:25Sa force,
00:57:26il nous la transmet.
00:57:27Pour nous,
00:57:28c'est un homme symbole.
00:57:29Tu parles tous les jours
00:57:31avec l'Italie.
00:57:32Tu te sens également
00:57:32capable,
00:57:33finalement,
00:57:34de pouvoir dialoguer
00:57:35à un autre niveau.
00:57:37Ce n'est plus celui
00:57:38du divertissement,
00:57:39mais celui
00:57:39de la proposition politique.
00:57:42À mon avis,
00:57:43il s'est senti prêt
00:57:44à le faire.
00:57:58Le 27 mars 1994,
00:58:01Berlusconi gagne
00:58:02pour la première fois
00:58:03les élections en Italie.
00:58:04Il dominera
00:58:05la scène politique du pays
00:58:06pendant deux décennies.
00:58:09Berlusconi accède au pouvoir
00:58:11avec la promesse
00:58:12d'une révolution libérale
00:58:13qui devrait rendre
00:58:14le pays plus riche
00:58:16et plus heureux.
00:58:19Berlusconi incarne
00:58:20l'idée du miracle italien
00:58:21de ces années-là.
00:58:23Le miracle dont il a été
00:58:25le protagoniste
00:58:26dans sa propre vie,
00:58:27il l'envisage
00:58:28pour le pays.
00:58:31Ce rêve
00:58:32d'un nouvel âge d'or,
00:58:33né dans les années 80
00:58:34et si bien incarné
00:58:35par les télévisions
00:58:36de Berlusconi,
00:58:37devient l'idéologie politique
00:58:39de Silvio,
00:58:40le berlusconisme.
00:58:45Le libre marché,
00:58:47la libération
00:58:48de la bureaucratie,
00:58:49nous rêvions
00:58:50d'une Italie libérale.
00:58:55Malgré son élan initial,
00:58:56Berlusconi se droitise
00:58:57de plus en plus.
00:58:59Rien n'est fait
00:58:59pour mettre fin
00:59:00au conflit d'intérêt
00:59:01entre son rôle institutionnel
00:59:03et sa place
00:59:04à la tête
00:59:04de son empire médiatique.
00:59:06Mais rien de tout ça
00:59:07ne fait vaciller
00:59:07le soutien admiratif
00:59:08de ses partisans.
00:59:11Berlusconi s'engage aussi
00:59:12dans une véritable guerre
00:59:14contre la magistrature.
00:59:15Mandano,
00:59:15per la prima volta
00:59:16nella storia
00:59:18della Repubblica
00:59:19al Presidente
00:59:19del Consiglio
00:59:20impegnato a Napoli
00:59:21un avviso
00:59:22di garanzia
00:59:23per concorso
00:59:24in corruzione.
00:59:29Comme le Presidente
00:59:30del Consiglio,
00:59:31contre le paese,
00:59:33est la lune
00:59:34de la lune des giudici,
00:59:36est la lune des giudici,
00:59:38de la lune des giudiciens.
00:59:44Mais le véritable projet
00:59:47de libéralisation
00:59:48n'a jamais été
00:59:49pleinement accompli.
00:59:51Cela dit,
00:59:51le communisme
00:59:52a été stoppé
00:59:53et c'était déjà
00:59:54un objectif,
00:59:55un résultat.
00:59:58Nous n'avons
00:59:59aujourd'hui politici.
01:00:00Ils sont
01:00:01des puris,
01:00:02invidiateurs
01:00:03et dondiatores.
01:00:05Et gagne !
01:00:12Il embarque
01:00:13dans ses gouvernements
01:00:14l'extrême droite
01:00:15et les régionalistes
01:00:16oxénophobes,
01:00:17qui sont aujourd'hui
01:00:18ses héritiers politiques.
01:00:20Je suis Giorgia !
01:00:22Je suis una donna !
01:00:23Je suis una madre !
01:00:25Je suis italiana !
01:00:26Je suis cristiana !
01:00:27Non me lo toglierete !
01:00:29Non me lo toglierete !
01:00:31Il problema
01:00:32per gli operai
01:00:33e per i disoccupati
01:00:34a Napoli
01:00:35come a Milano
01:00:36non sono
01:00:37i padroni,
01:00:38ma sono
01:00:39le centinaia
01:00:41di migliaia
01:00:42di immigrati
01:00:42che l'Europa
01:00:43a fatto entrare
01:00:44in casa nostra
01:00:45per abbassare
01:00:45gli stipendi
01:00:46degli operai
01:00:47italiani.
01:01:14Berlusconi
01:01:15et ses hommes
01:01:16s'est fracassé
01:01:16sur la réalité.
01:01:18Ce monde
01:01:18dont il pensait
01:01:19être l'avant-garde
01:01:20ne s'est jamais
01:01:20concrétisé.
01:01:23J'étais enfant
01:01:24quand Berlusconi
01:01:25a pris pour la première fois
01:01:26le pouvoir.
01:01:27J'ai presque 40 ans
01:01:28maintenant.
01:01:29Ma génération
01:01:29est la première génération
01:01:31post-idéologique.
01:01:32Mais les promesses
01:01:33qu'on lui a fait
01:01:33n'ont pas été tenues,
01:01:34bien au contraire.
01:01:38J'ai alors décidé
01:01:39pour ce dernier acte
01:01:40de mon film
01:01:41de demander explicitement
01:01:43à ceux
01:01:43qui ont été
01:01:43les protagonistes
01:01:44d'une époque
01:01:45désormais révolue
01:01:46ce qu'ils pensent
01:01:47du rôle
01:01:47qu'ils ont joué
01:01:48dans cette histoire
01:01:49qui est aussi
01:01:50l'histoire
01:01:50de ma génération.
01:01:53Ils étaient jeunes
01:01:54il y a 40 ans.
01:01:55Ils sont désormais
01:01:56au soir de leur vie.
01:01:58Qu'en est-il aujourd'hui
01:01:59de leurs rêves
01:01:59de jeunesse ?
01:02:14Si je n'étais pas parti,
01:02:16dans le pire des cas
01:02:17je serais devenu ministre.
01:02:20Dans ce cas
01:02:21cela aurait signifié
01:02:22que j'avais vendu
01:02:22mon âme au diable.
01:02:24Ce qui est possible.
01:02:25Et je serais prêt
01:02:26à le faire.
01:02:27Même maintenant.
01:02:28Sandro Parenzo
01:02:29a laissé
01:02:30le groupe Fin Investretto
01:02:31en 1984.
01:02:33Il a ensuite
01:02:34été producteur
01:02:35et éditeur.
01:02:36Il est aujourd'hui
01:02:37le président
01:02:38de Télé Lombardia,
01:02:39la chaîne régionale
01:02:40la plus importante
01:02:41du nord de l'Italie.
01:02:43Quand je revendique
01:02:45bien sûr
01:02:45avec ironie
01:02:46la paternité
01:02:47de Drive-In
01:02:48et donc
01:02:49du déclin du pays,
01:02:53en réalité
01:02:54oui,
01:02:54nous en étions conscients.
01:02:58lorsque je retournais
01:02:59à Venise
01:02:59et retrouvais
01:03:00mes amis,
01:03:01ils me disaient
01:03:02mais qu'est-ce que tu fous
01:03:03bordel ?
01:03:05C'était difficile
01:03:06à défendre.
01:03:07On peut donner
01:03:08n'importe quelle
01:03:09interprétation
01:03:10ou jugement
01:03:10à posteriori.
01:03:13Était-ce la télévision
01:03:14qui savait
01:03:15interpréter
01:03:15l'esprit du temps
01:03:16ou bien elle
01:03:17qui le déterminait ?
01:03:22C'est une bonne question.
01:03:24À mon avis,
01:03:25le pays
01:03:26comme par hasard
01:03:26était en train
01:03:27de déraper,
01:03:28y compris
01:03:28sur le plan politique.
01:03:31Je pense
01:03:32que la télévision
01:03:32a contribué
01:03:33très sensiblement
01:03:34à un certain type
01:03:35de déclin culturel.
01:03:39Mais faisons
01:03:39l'hypothèse contraire,
01:03:41si les chaînes
01:03:42Fininvest
01:03:43avaient été
01:03:44comme Arte,
01:03:46le pays
01:03:46serait-il différent ?
01:03:48Non.
01:03:49Je pense
01:03:50que les gens
01:03:50auraient tout simplement
01:03:51regardé moins de télé.
01:04:03L'un des protagonistes
01:04:04de cette histoire,
01:04:05peut-être le plus important,
01:04:06est Marcello Dell'Utri,
01:04:07qui a fondé
01:04:08Publitalio Tante
01:04:09et a travaillé
01:04:09jusqu'en 1994,
01:04:12année de son entrée
01:04:13en politique
01:04:13avec Force Italia.
01:04:19En 2014,
01:04:20il a été condamné
01:04:21dans un procès
01:04:22pour concours externe
01:04:23en association mafieuse.
01:04:25Après quatre ans
01:04:26d'emprisonnement,
01:04:27il est aujourd'hui libre.
01:04:28Il passe
01:04:29le plus clair
01:04:30de son temps
01:04:30dans la bibliothèque
01:04:31milanaise
01:04:31qu'il a fondée.
01:04:35Pour moi,
01:04:36c'est tout à fait banal
01:04:37d'en parler
01:04:37et je n'ai jamais
01:04:39voulu le faire.
01:04:40Tout le monde me dit
01:04:41« Écris un livre,
01:04:42mais quel livre ? »
01:04:45Ils disent
01:04:46« Mais oui,
01:04:47tu as inventé ça.
01:04:49Rien,
01:04:50c'est lui
01:04:50qui a tout inventé.
01:04:52Je l'ai aidé
01:04:53à mettre de l'ordre
01:04:55et à préparer
01:04:58les troupes.
01:05:00Voilà,
01:05:01c'est ça.
01:05:02L'intendance,
01:05:03dit-il.
01:05:07Je n'ai jamais
01:05:08fait de politique.
01:05:09Je ne suis pas
01:05:10un idéologue,
01:05:10moi.
01:05:11Je suis un homme pratique.
01:05:14L'idéologie,
01:05:16je ne sais presque
01:05:17pas ce que c'est.
01:05:19Forza Italia
01:05:20n'avait pas
01:05:20d'idéologie.
01:05:22Forza Italia
01:05:23était un parti libéral.
01:05:24Son idée,
01:05:25celle de Berlusconi,
01:05:29était d'assurer
01:05:30la liberté au pays.
01:05:33La liberté de pensée,
01:05:35la liberté
01:05:36de commerce,
01:05:39toutes les libertés
01:05:40les plus importantes.
01:05:45je ne veux pas
01:05:46entrer dans des sujets
01:05:47sur lesquels
01:05:48je ne suis pas
01:05:48un expert.
01:05:52Et pourtant,
01:05:53le libéralisme
01:05:54est bel et bien
01:05:55une idéologie.
01:05:56Mais c'est comme
01:05:57si les hommes
01:05:58de Berlusconi,
01:05:59si imbues
01:05:59de leur vision
01:06:00d'un monde
01:06:01de poste idéologique,
01:06:02ait confondu
01:06:03leur vision
01:06:03avec le monde
01:06:04de lui-même.
01:06:06Giancarlo Galan
01:06:07a travaillé
01:06:08avec le groupe
01:06:08de Berlusconi
01:06:09jusqu'en 1995,
01:06:11année dans laquelle
01:06:12il a fait son entrée
01:06:13en politique
01:06:13avec Forza Italia.
01:06:15Il deviendra
01:06:16président de la région
01:06:16Vénétie
01:06:17pendant 15 ans,
01:06:18sénateur et ministre.
01:06:20En 2013,
01:06:21une enquête
01:06:22pour corruption
01:06:22a coupé court
01:06:23à sa carrière politique.
01:06:25Il vit aujourd'hui
01:06:26isolé dans la maison
01:06:27où il est né,
01:06:28loin défaste
01:06:29de ses années
01:06:29aux côtés
01:06:30de Berlusconi.
01:06:35Cette époque,
01:06:36hélas,
01:06:37moi je parle souvent
01:06:38de déception,
01:06:39n'est pas seulement terminée,
01:06:40elle est morte.
01:06:42Je continue à penser
01:06:43à tout ce que nous avons jeté.
01:06:46Nous avons jeté
01:06:47la chose la plus précieuse,
01:06:50un rêve.
01:06:52Et un rêve,
01:06:53ça ne se reconstruit pas.
01:07:03Jean-Carlo Galan
01:07:04parle de la fin du rêve,
01:07:05mais l'héritage
01:07:06de Berlusconi
01:07:07et de son époque
01:07:07est puissant.
01:07:09Il est politique
01:07:09et culturel,
01:07:10mais il est aussi
01:07:11plus profond
01:07:12et il a affaire
01:07:12avec la publicité.
01:07:15Carlo Momigliano
01:07:16a travaillé
01:07:16chez Publital et Ottanta
01:07:18jusqu'à 2001
01:07:18en tant que directeur
01:07:20du marketing publicitaire.
01:07:22Il est aujourd'hui
01:07:23retraité
01:07:23et porte sur le passé
01:07:25un regard très critique.
01:07:28L'être humain
01:07:30doit être respecté
01:07:31en tant que tel
01:07:32et non utilisé
01:07:33comme un outil.
01:07:35Quelle est la fonction
01:07:36fondamentale
01:07:37de la télévision commerciale ?
01:07:38Produire des téléspectateurs
01:07:40et vendre
01:07:41ces téléspectateurs
01:07:42comme marchandise
01:07:43aux annonceurs.
01:07:46Ainsi,
01:07:47l'être humain
01:07:47n'est plus seulement
01:07:48un moyen,
01:07:49comme dans le système
01:07:49capitaliste
01:07:50où il est un facteur
01:07:51de production,
01:07:53mais il devient aussi
01:07:54la marchandise
01:07:55qui est échangée.
01:08:01Dans la philosophie
01:08:04des années 80,
01:08:05cette vision
01:08:06si explicite
01:08:07de la marchandisation
01:08:08des téléspectateurs
01:08:09n'était pas considérée
01:08:11comme un élément négatif.
01:08:14Aujourd'hui,
01:08:15les considérations morales
01:08:16peuvent être différentes.
01:08:18peuvent être diverses.
01:08:28Carlo Frecciero
01:08:29a laissé le groupe
01:08:30de Berlusconi
01:08:30en 1992.
01:08:32Il a pris ensuite
01:08:33la tête de France 2
01:08:34et France 3.
01:08:36À son retour en Italie,
01:08:37il est devenu conseiller
01:08:38d'administration
01:08:39de la télévision publique
01:08:40RAI.
01:08:42Aujourd'hui,
01:08:42retraité,
01:08:43il se consacre
01:08:44à l'enseignement
01:08:44de la théorie des médias
01:08:45et à l'écriture.
01:08:47Son analyse
01:08:48va encore plus loin
01:08:49que celle de Carlo Momigliano.
01:08:53Ce que je comprends
01:08:56après avoir vécu
01:08:57une époque aventureuse
01:08:58et extraordinaire,
01:09:00est que la télévision
01:09:02peut devenir
01:09:05un cauchemar,
01:09:07un outil de propagande,
01:09:10de persuasion politique.
01:09:14Le terme français
01:09:16explique très bien
01:09:17ce que cela signifie.
01:09:18Grille de programme.
01:09:19Une grille
01:09:21pour emprisonner
01:09:21le spectateur,
01:09:23pour le rendre
01:09:24esclave des programmes.
01:09:29L'audience
01:09:30est la préhistoire
01:09:33de ce qu'est devenu
01:09:35le numérique.
01:09:37Le numérique
01:09:38permet en quelque sorte
01:09:40au public
01:09:40de décider entièrement
01:09:42de par lui-même.
01:09:44Mais il permet aussi
01:09:45le contrôle total.
01:09:47Et c'est le thème
01:09:48paradoxal d'aujourd'hui.
01:09:50plus la communication
01:09:51te fait protagoniste,
01:09:53plus elle te contrôle.
01:09:59La vision du monde
01:10:00des années 80
01:10:01n'a pas tenu sa promesse
01:10:02d'un monde pacifié,
01:10:03mais elle s'est réalisée
01:10:04dans la diffusion mondiale
01:10:06du modèle capitaliste.
01:10:08Les images publicitaires
01:10:09en sentent l'expression
01:10:10la plus visible.
01:10:14aujourd'hui,
01:10:15notre monde est dominé
01:10:16par le marketing publicitaire,
01:10:18si bien que nous sommes
01:10:19tous constamment exposés
01:10:20à des images conçues
01:10:21pour nous aguicher.
01:10:25Les hommes de l'ombre
01:10:26de Berlusconi
01:10:27ont été les précurseurs
01:10:28de ce monde.
01:10:30Il est là l'héritage
01:10:31le plus profond
01:10:32des créateurs
01:10:32de la télévision commerciale
01:10:33des années 80.
01:10:35Habituer les gens
01:10:36à être constamment exposés
01:10:37aux images publicitaires,
01:10:38à devenir,
01:10:39par le simple regard,
01:10:41eux-mêmes
01:10:41une marchandise.
01:10:46En 2024,
01:10:47les audiences
01:10:48des chaînes
01:10:48du groupe Fininvest
01:10:49étaient en tête
01:10:50du classement en Italie
01:10:52avec une part d'audience
01:10:53de 36,9%
01:10:55contre le 36,6%
01:10:57de la télévision publique.
01:11:00Avec un chiffre d'affaires
01:11:01de presque 4 milliards d'euros
01:11:02en 2022,
01:11:04le groupe Fininvest
01:11:05est un des groupes
01:11:05produits visuels
01:11:06les plus importants
01:11:07d'Europe,
01:11:08avec des intérêts
01:11:09sur tout le continent.
01:11:11À sa tête,
01:11:12se trouvent les enfants
01:11:13de Silvio Berlusconi,
01:11:14Pierre Silvio
01:11:15et Marina.
01:11:24Le parti,
01:11:25fondé par Marcello Dell'Utri
01:11:26et Silvio Berlusconi,
01:11:28Forza Italia,
01:11:29est aujourd'hui
01:11:30au gouvernement en Italie.
01:11:32Lors des dernières
01:11:33élections politiques
01:11:33en 2022,
01:11:34il a réuni
01:11:358,11% des suffrages.
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