00:00Europe 1, 16h, 18h, Pascal Proulx et vous.
00:05C'est votre émission de lundi au vendredi sur Europe 1, vous êtes au cœur de nos émissions,
00:10vous allez prendre la parole sur tous les sujets experts du quotidien, vous êtes,
00:14on attend vos témoignages, vos coups de gueule, nous sommes avec Géraldine.
00:16Bonjour Pascal, bonjour à tous.
00:18Heureux de vous retrouver en ce mercredi, Olivier Guenet qui est là, dont vous avez entendu la voix,
00:22il persifle, Olivier Guenet.
00:25Je persifle ? Pourquoi vous dites ça ?
00:27Mais parce que c'est votre talent personnel, vous êtes un persifleur.
00:31C'est un compliment, c'est un compliment, c'est un mélange d'ironie, d'humour sarcastique
00:40et parfois de lourdeur, mais vous persiflez, mais vous êtes le bienvenu quand même.
00:46Fabrice !
00:47Je disais, il persifle les signes.
00:49Oui, nous avions entendu ce mot d'auteur que vous pouvez déposer d'ailleurs, si vous le souhaitez à l
00:55'INPI.
00:5516h05 sur Europe 1, bonjour Pascal !
00:57Bonjour Fabrice Lafitte, qui est à la console.
01:01Bonjour Alexandre Marc, que j'ai croisé.
01:03Comment allez-vous cher Alexandre ?
01:05Eh bien écoutez, tout va bien !
01:06Bon, merci pour cette réponse longue.
01:08Pertinente !
01:09Et notre ami Laurent Tessier, bien sûr, indispensable Laurent Tessier,
01:14qui est debout, dépotronminé.
01:16Bonjour à tous !
01:164h22 exactement !
01:18Non mais ça, il faut dormir quand même, parce que, paradis, nous sommes avec un médecin autour de la table
01:24et dormir permet de régénérer les neurones, comment ?
01:30Accordez-lui ces vendredis pour qu'il dorme !
01:33Vous, vous n'avez pas ce problème, puisque vos siètes, vous les faites pendant l'émission.
01:37Sujet sensible !
01:38Je salue Marie Vicelé, ou Vicelèze.
01:42C'est parfait, bonjour !
01:43Merci, vous êtes spécialisée en pneumologie et en oncologie thoracique à l'hôpital Cochin et Georges Pompidou.
01:49Et nous allons évidemment évoquer le pape Léon XIV qui a entamé sa convalescence à Rome
01:54après s'être vu retirer un nodule cancéreux au poumon.
01:58Le bulletin médical a annoncé l'ablation du lobe inférieur du poumon droit du pape,
02:02âgé de 71 ans, pour retirer un adénocarcinome.
02:07Des examens complémentaires sont en cours pour détecter d'éventuels signes de propagation.
02:11L'opération a duré 90 minutes, elle s'est bien déroulée.
02:14Alors c'est toujours délicat, j'imagine, pour vous, de parler d'un médecin,
02:19de parler d'un patient que vous ne connaissez pas,
02:21mais on peut essayer peut-être d'avoir une approche un peu générale.
02:26D'abord, alors, j'ai appris, moi je suis nul en sciences naturelles et en médecine, j'étais nul.
02:32Vous saviez par exemple qu'on a trois lobes droits et deux lobes gauches ?
02:37Absolument.
02:38Pourquoi trois et deux d'ailleurs ?
02:39Mais vous saviez cela ?
02:40Non du tout, j'ignorais totalement.
02:42Donc on est, disons-le, on est nul.
02:44Moi je suis une quiche sur SVT.
02:46On est nul.
02:47C'est à dire qu'on n'a pas entendu ici.
02:48Comment ?
02:49Savoir quoi on n'a pas entendu ?
02:50On a trois lobes à gauche, c'est bien cela ?
02:53Trois lobes à droite et deux lobes à gauche.
02:55Comment ça un lobe ?
02:56D'oreille.
02:57C'est pas un lobe de tennis.
03:00Excusez-moi.
03:00Mais parce qu'il y a le cœur d'un côté.
03:02Non mais, sérieusement, je me faisais la réflexion, on a un corps humain, on est, je suis.
03:08Je ne vais parler que pour moi, je suis nul.
03:10Même chose.
03:11C'est à dire que je...
03:12Voilà, l'anatomie je ne sais même pas.
03:14Alors pourquoi effectivement ?
03:15Alors on a cinq lobes.
03:16Oui.
03:16On a deux poumons, cinq lobes et c'est vrai que le cœur qui est central est quand même
03:22un petit peu latéralisé sur le côté gauche.
03:25Du coup, il y a de la place pour que deux lobes à gauche et trois lobes à droite.
03:30Les lobes, c'est comme des parts de tarte quoi.
03:32Bon, comment vous évaluez ce qui s'est passé à l'hôpital Gemelli, le médecin que vous êtes
03:40et qui a écouté, qui regarde ça ? Quelle réflexion vous êtes-vous fait ?
03:45C'est une situation relativement banale de découvrir un nodule et de l'opérer.
03:52Donc un nodule déjà, c'est un point, c'est une petite boule.
03:56C'est combien de centimètres ?
03:57Alors le mot nodule, normalement si on est précis, désigne ce point qui fait entre 1 et 3 cm.
04:06Au-dessus de 3 cm, on appelle ça une masse et en dessous c'est un micro-nodule.
04:09Donc on a quand même une idée de la taille de cette boule, de ce point.
04:14Et donc un nodule de cette taille-là, en général, ne donne pas de symptômes.
04:19C'est une découverte fortuite.
04:21On ne peut pas être malade à cause d'une petite boule comme ça dans le poumon.
04:25Donc si on le découvre, c'est qu'on a fait un scanner, soit dans le cadre du dépistage,
04:30chez les fumeurs, ce qui ne semble pas être le cas ici,
04:33soit à l'occasion d'une bronchite, d'un autre symptôme.
04:35Et on tombe sur ce nodule et s'il ne disparaît pas sur un contrôle,
04:41on fait des examens et on aura des arguments pour penser qu'il est suspect cancéreux.
04:46Et dans ce cas-là, on peut être amené à le retirer.
04:49Est-ce qu'on sait pourquoi arrive un nodule ?
04:52Il arrive un nodule, si c'est un cancer, ça peut être le tabac,
04:57et d'autres carcinogènes, donc d'autres contaminants qui donnent le cancer.
05:01Et aujourd'hui, il n'y a pas que le tabac.
05:02La grande, grande, grande, grande majorité des cas, c'est le tabac.
05:05Mais on sait aussi qu'il y a l'amiante, il y a le diesel,
05:08il y a les particules fines, la pollution atmosphérique.
05:11Mais est-ce qu'il y a toujours, si j'ose dire, une raison
05:13où est-ce qu'il peut apparaître comme ça, sans, j'allais dire, sans mobile apparent ?
05:19On ne trouve pas toujours la raison, nous, médecins.
05:23Donc probablement qu'il y a toujours une raison,
05:26mais nous, on ne sait pas toujours la nommer.
05:27Un nodule, il évolue quoi qu'il arrive,
05:29ou il aurait pu rester par exemple à 1, 2 ou 3 centimètres ?
05:32Alors, les nodules ne sont pas tous des cancers.
05:34Dans la grande majorité des cas, ce ne sont pas des cancers.
05:37C'est pour ça qu'on ne va pas se jeter sur un nodule et l'opérer.
05:41Si on prend la vie d'un fumeur, dans 50% des cas,
05:45il peut y avoir un nodule qui ne sera pas un cancer.
05:49Dans les programmes de dépistage,
05:50si on prend 100 fumeurs à un instant T,
05:53on fait un scanner à chacun,
05:55on trouvera un nodule qui attirera notre attention
06:00chez 5 d'entre eux,
06:02et 1 ou 2 d'entre eux auront un cancer.
06:06Donc il faut vraiment trier les patients.
06:08Ma question, est-ce qu'il évolue quoi qu'il arrive ?
06:10Est-ce qu'il aurait pu rester tel quel ?
06:11Un nodule cancéreux peut...
06:13Ou celui-là, est-ce qu'il aurait pu rester tel quel ?
06:15Alors, un nodule cancéreux ne reste pas toute la vie tel quel,
06:18mais il peut évoluer très lentement.
06:19Un nodule non cancéreux peut rester tel quel,
06:22et on n'y touche pas.
06:23Au scanner, on ne sait pas si c'est cancéreux ou pas ?
06:25Non, mais on a des petits arguments quand même.
06:28Donc là, c'est lorsqu'ils ont ouvert, comme on dit ?
06:31Alors, si on ouvre, c'est qu'on a des arguments.
06:33Là, qu'est-ce qui s'est passé en l'espèce ?
06:35Alors, je n'ai pas le détail,
06:36mais ce qui se passe en général,
06:37c'est au cours d'une bronchite, par exemple,
06:38on fait un scanner,
06:40et puis on voit ce nodule,
06:41on vérifie qu'il ne disparaît pas,
06:43la bronchite guérit,
06:44et puis il a quand même une tête,
06:46il y a des caractéristiques radiologiques
06:49qui font qu'il est suspect,
06:50il y a des caractéristiques radiologiques
06:52qui peuvent nous dire que c'est plutôt bénin,
06:54il y a des examens complémentaires,
06:55comme le PET scanner,
06:57où on peut aussi avoir des arguments
07:00pour la malignité,
07:01et quand on réunit tous ces arguments,
07:04on y va, dans certains cas,
07:05on n'y va pas, on surveille,
07:07et puis au bout d'un certain nombre de temps,
07:09on peut aussi être amené à y aller.
07:11Y aller, ça veut dire opérer.
07:12Bon, restez avec nous,
07:14et sans doute, peut-être y aura-t-il des questions,
07:16parce que ça passionne,
07:18et puis ça inquiète, je ne sais pas combien de gens
07:20aujourd'hui sont victimes,
07:22ou souffrent en ce moment même,
07:24en France, d'un cancer du poumon.
07:26Combien de personnes sont touchées,
07:27aujourd'hui, à l'heure à laquelle je parle ?
07:29Il y a chaque année 40 000 nouveaux cancers du poumon en France.
07:39Alors, c'est vrai que, jadis,
07:41le cancer du poumon faisait partie des cancers
07:44qui faisaient particulièrement peur,
07:46parce qu'ils étaient mortels dans beaucoup de cas.
07:49J'ai le sentiment aujourd'hui
07:50qu'on peut vivre avec son cancer,
07:53peut-être guérir, je ne sais pas si c'est le mot,
07:55mais en tout cas, prolonger la vie.
07:58Il est 16h12,
08:00nous sommes avec le professeur Marie Visley,
08:04spécialisée en pneumologie,
08:07pardon,
08:08et en oncologie thoracique à l'hôpital Cochin.
08:10Vous pouvez nous appeler à tout de suite.
08:12Et poser vos questions à notre invité,
08:14le professeur Marie Visley,
08:15au 01 80 20 39 21,
08:17c'est le numéro du standard européen.
08:19Pour appeler Pascal Praud,
08:21envoyez aussi vos questions sur WhatsApp,
08:22pour même numéro 01 80 20 39 21 16h18h.
08:27Vous écoutez Pascal Praud et vous sur Europe 1.