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Avec Jean-Michel Blanquer

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##LE_FACE_A_FACE-2026-10-15##

Catégorie

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News
Transcription
00:00Le face à face
00:01Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h03
00:03et je reçois une personnalité de la politique française
00:07en nous posant une question
00:10Comment la fureur est-elle en train de détruire l'école ?
00:13Et donc si elle détruit l'école, elle détruit la démocratie
00:16Ça tombe bien, c'est le titre du livre que Jean-Michel Blanquer
00:20Merci d'être là, Jean-Michel Blanquer avec nous
00:22Merci sur Sud Radio
00:24Auteur de La démocratie et la fureur chez Plon
00:27Je me rappelle toujours, c'est l'éditeur du général de Gaulle
00:30La démocratie et la fureur
00:31Alors, on me dit bien, ce n'est pas un ouvrage sur l'actualité
00:35même si on va y venir tout de suite
00:36C'est un ouvrage sur ce grand philosophe
00:38ce grand prêtre du libéralisme qui était Alexis de Tocqueville
00:41son voyage aux Etats-Unis
00:42Et là vous faites une grande dissertation
00:45une enquête formidable
00:46C'est un document historique et sociologique
00:48sur la démocratie américaine
00:49Qu'est-elle devenue par rapport à nous ?
00:51Quels sont les risques de dérive ?
00:52Et comment une démocratie peut se fourvoyer
00:54quand elle ne garde pas ses fondamentaux ?
00:56On est en pleine actualité française
00:58Jean-Michel Blanquer
01:00Vous avez dirigé le ministère
01:03animé
01:04Je recevais Christophe Carrero récemment
01:06votre directeur de cabinet
01:07Vous avez été, à un moment
01:10vous avez été quelqu'un qui a marqué l'éducation nationale
01:12Vous aviez succédé
01:14je prends mes responsabilités
01:16à la pire ministre qu'on ait jamais connue
01:17c'était Najat Vallaud-Belkacem
01:19et je me souviens
01:20puisqu'elle est à l'image le soir de votre nomination
01:22et on la voit grimacer quand elle entend votre nom
01:25et vous prenez l'école dans une situation absolument calamiteuse
01:29vous essayez de la redresser
01:30on verra avec Anissa
01:31on fera le point de votre bilan ministériel
01:32Aujourd'hui, les lycéens sont dans la rue
01:36Alors, d'aucuns vous disent
01:37oui, c'est à cause de Blanquer
01:40et d'autres qui disent non
01:41justement, si on avait écouté Jean-Michel Blanquer
01:43et si le président de la République lui avait confié le ministère
01:45depuis longtemps, peut-être qu'on n'y serait pas arrivé là
01:47Est-ce que la raison pour laquelle les lycéens sont dans la rue aujourd'hui
01:51et la façon dont ils l'expriment vous semblent fondées
01:54ou peut-être un peu excessives ?
01:55Je pense d'abord et avant tout qu'il y a une crise de génération
01:59et qu'il faut entendre ça
02:00et que les sujets du type bâtiment
02:03qui relèvent des régions
02:05ou type emploi du temps
02:06ou parcours sub qui relèvent du ministère
02:08sont des sujets à regarder de près bien sûr
02:10et je pense qu'il faut le faire
02:11C'est quelque chose qui vous avait inquiété déjà
02:13quand vous étiez en poste ?
02:14Alors ça dépend de quel sujet on parle
02:15Si on prend les...
02:17La logistique
02:18Les bâtiments
02:19Je ne peux pas j'allier dans le matériel
02:21C'est un sujet sur lequel la France n'est pas forte depuis longtemps
02:25et quand il y a eu la décentralisation
02:26ça a été confié aux collectivités territoriales
02:28pour avoir une nouvelle dynamique
02:29et c'est ce qui s'est passé
02:30Donc on rappelle collège au département
02:32lycée aux régions
02:33et les écoles primaires aux municipalités
02:35Exactement
02:35Et donc aujourd'hui
02:36quand on parle des bâtiments des lycées
02:38on parle de la compétence des régions
02:39et je crois pouvoir dire que le bilan des régions
02:42même s'il est variable évidemment
02:44est plutôt bon
02:45C'est-à-dire elles ont...
02:45Je parlais par exemple avec le président de région Bretagne
02:48pour ne pas le nommer
02:50ils ont...
02:51Sauf erreur de ma part
02:52environ 120 lycées
02:54m'expliquaient qu'une centaine
02:55avait fait l'objet
02:56soit de rénovation
02:57ou en tout cas
02:57était dans un bon
02:58voire un très bon état
02:59et puis une vingtaine
03:00non
03:00Mais vous voyez
03:01c'est ce type de proportion
03:02que l'on a aujourd'hui
03:02Donc pour ceux qui sont dans des lycées
03:04qui ne sont pas encore suffisamment bien rénovés
03:06on peut comprendre que ce soit un problème
03:07mais en même temps
03:08on voit bien qu'il y a eu des excès
03:09c'est-à-dire quand on brûle un lycée
03:10qui était justement magnifique
03:12et tout neuf
03:13c'est qu'évidemment
03:15là il y a des choses aussi
03:16qui ne vont pas
03:17et des gens qui ont surtout envie
03:19de tout casser
03:20donc on a un mélange des choses
03:21on a des revendications légitimes
03:23et puis on a
03:24là aussi
03:25cette espèce de fureur
03:26qui saisit
03:26nos sociétés aujourd'hui
03:28à laquelle il faut prêter attention
03:29parce qu'elle peut mettre à bas la démocratie
03:31si on y prend garde
03:33donc
03:34mais au-delà des questions de bâtiment
03:36ou au-delà des questions
03:36de parcours sup
03:38ou d'emploi du temps
03:39sur lequel je reviendrai peut-être
03:41c'est de toute façon
03:42un malaise générationnel
03:43je pense qu'on aurait eu
03:44à un moment ou à un autre
03:45des manifestations de ce genre
03:47souvenez-vous
03:47on en a eu en 2019
03:48autour de la question climatique
03:50on a eu
03:51au moment des gilets jaunes
03:52aussi des manifestations de lycéens
03:53oui bien sûr
03:54et à chaque fois
03:55ce qui s'exprime
03:56c'est quand même
03:57la peur envers l'avenir
03:59que ce soit lié
04:00au changement climatique
04:01que ce soit lié
04:02aux guerres qui existent
04:03à nos portes
04:04que ce soit lié
04:05à l'arrivée de l'intelligence artificielle
04:07qui inquiète
04:07quant à l'emploi
04:08tous ces sujets
04:09qui ne sont pas contrebalancés
04:11par un discours
04:12politique
04:13général
04:14positif
04:14et c'est à mes yeux
04:16le problème majeur
04:17c'est-à-dire
04:17nous n'avons plus
04:18un projet de société
04:19à proposer aux jeunes
04:20et donc devant ce vide
04:22il se révolte
04:23et ça je peux le comprendre
04:24et d'ailleurs
04:25je pense que ce vide
04:26n'est pas fatal
04:26c'est pour ça que j'écris ce livre
04:28et ce qui précède d'ailleurs
04:29c'est-à-dire je pense
04:30qu'il faut un projet de société
04:31qu'il faut pouvoir dire
04:32à un jeune de 20 ans
04:34voilà comment sera la France
04:35dans 10 ans
04:35dans 20 ans
04:36dans 30 ans
04:36et voilà le rôle
04:37que tu pourras y jouer
04:38et je pense que
04:39pour moi ce projet de société
04:40passe par la revitalisation
04:42de notre territoire
04:43le fait qu'on retrouve
04:45notre pays
04:45mais je sais que ce n'est pas vous
04:46qu'il faut convaincre
04:47que vous êtes
04:50sensibles depuis toujours
04:50à tout ça
04:52mais pour moi
04:53c'est un projet pour le pays
04:54c'est-à-dire
04:55revitaliser notre territoire
04:56la démocratie et la fureur
04:57c'est le titre de votre ouvrage
04:59Jean-Michel Blanquer
05:00vous pensez que la fureur
05:02est en train aujourd'hui
05:03de prendre le pas
05:03il y a toujours eu
05:04dans la démocratie
05:05un dialogue
05:06des confrontations
05:07des divergences
05:08c'est lui-même
05:09là vous pensez que la fureur
05:10et on le voit dans les images
05:12la fureur a gagné la jeunesse
05:14au point que même
05:14des gens extérieurs
05:15viennent apporter cette fureur
05:16de façon professionnelle
05:17et militante
05:19c'est un cycle infernal
05:21dont on peut s'échapper
05:22ou vous pensez
05:23que c'est une constante
05:24de notre sociologie actuelle
05:25par la fracture sociale
05:27par le désespoir
05:28par la colère
05:28il y a des choses
05:30qui sont de toutes les époques
05:31et puis il y a des choses
05:32qui sont propres
05:32à la France d'aujourd'hui
05:34ce qui est de toutes les époques
05:35c'est ce dont Platon
05:37nous avertit
05:38dès le 5ème siècle
05:39avant Jésus-Christ
05:40c'est-à-dire le risque
05:41que la démocratie
05:42finisse par rentrer
05:43dans ses propres contradictions
05:44c'est-à-dire que si la démocratie
05:45ça n'est que
05:47les libertés
05:48les droits les plus divers
05:49la nécessité pour chacun
05:51de s'affirmer
05:51alors ça débouche inévitablement
05:53et Tocqueville le dit aussi
05:54d'ailleurs
05:54sur la fragmentation
05:56la contradiction des gens
05:57les uns envers les autres
05:58c'était une phrase d'Augustin
05:59quand la justice disparaît
06:01l'État ne devient plus
06:02qu'une bande de brigands
06:03c'est quand
06:05quand tout ce qui nous soude
06:07entre nous
06:07tout ce qui nous relie
06:08s'efface
06:09alors la démocratie
06:10devient synonyme
06:11uniquement de fragmentation
06:12et de conflit
06:12or comme vous le disiez
06:14il est normal
06:14qu'il y ait du conflit
06:15c'est même le propre
06:16et l'intérêt de la démocratie
06:18qu'il y ait ce frottement
06:19permanent
06:19mais ce frottement doit
06:21rencontrer un certain nombre
06:22de limites
06:23et c'est pour ça
06:24que je suis si républicain
06:26c'est parce que je pense
06:26que ce qui vient équilibrer
06:27la démocratie
06:28c'est la république
06:29c'est le bien commun
06:31le fait que
06:32notre contrat social
06:34le fait que nous soyons
06:35des français
06:35des compatriotes
06:36toutes ces choses là
06:37c'est du lien
06:37et nous l'avons beaucoup perdu
06:40depuis 30 ou 40 ans
06:41et c'est aussi
06:43cela qui fait défaut
06:44aujourd'hui
06:44en France comme ailleurs
06:46puisque on trouve aussi
06:47dans d'autres pays
06:47le même problème
06:48donc on doit avoir
06:49une forme de renaissance républicaine
06:51qui se rendue ensuite
06:52par des choses très concrètes
06:53quand je viens de vous dire
06:53que l'on doit avoir
06:55un projet de revitalisation
06:56du territoire
06:56c'est tout à fait ça
06:57c'est à dire
06:57qu'est-ce qui fait que
06:58par exemple
06:59on sait faire renaître
07:00nos villages
07:00nos petites villes
07:01et donc créer du lien social
07:03entre les gens
07:03et avoir un projet politique
07:05qui rassemble les gens
07:06qui mobilise la jeunesse
07:08toutes ces choses
07:08qui à certaines époques
07:10ont pu exister
07:11et ont créé de l'élan national
07:12et qu'il faut retrouver
07:13donc pour moi
07:15il y a aussi le fait
07:16que la France
07:17a des caractéristiques spécifiques
07:18il y a des coups de fièvre
07:19à intervalles réguliers
07:21mais en réalité
07:22le fond de l'affaire
07:24est plus global
07:24et on le voit
07:25aux Etats-Unis
07:26c'est à dire
07:27qu'il y a un risque
07:28que la démocratie
07:29finisse par déboucher
07:30sur l'autoritarisme
07:31pour régler
07:32ces problèmes
07:32de contradiction
07:33donc avant
07:34qu'on arrive
07:34à des choses
07:35si graves
07:36il vaut mieux
07:38avoir renforcé
07:39notre dimension républicaine
07:40c'est à dire
07:41le bien commun
07:41vous connaissez
07:42la célèbre phrase
07:43de Victor Hugo
07:43ouvrir une école
07:44c'est fermer une prison
07:45est-ce que vous acceptez
07:47l'équation
07:47qui répond à notre actualité
07:50les études PISA
07:51s'effondrent
07:52est-ce que l'effondrement
07:53de l'étude PISA
07:54peut expliquer
07:55l'apparition du sauvageon
07:56est-ce qu'il y a une forme
07:58de l'écroulement
07:59du niveau scolaire
08:00engendre une forme
08:01de décérébration
08:02qui induit
08:03des comportements
08:03qui ne sont pas ceux
08:04qu'un lycéen devrait avoir
08:05quelle est votre vision
08:07parler librement
08:08on est dans le parlant vrai
08:10c'est une question
08:11un petit peu
08:11elle n'est pas insidieuse
08:12mais vous voyez
08:13j'ai vraiment besoin
08:14d'avoir votre sentiment
08:15là-dessus
08:15je pense que
08:17dans le monde entier
08:18là encore
08:18les enquêtes montrent
08:19qu'à partir de l'âge
08:20de 11 ans
08:20deux choses ont baissé
08:23dans le temps
08:23que des enfants
08:25et des adolescents
08:25c'est la lecture
08:26d'une part
08:27et l'activité physique
08:28d'autre part
08:28au bénéfice des écrans
08:30donc on a créé
08:30une société
08:31effectivement
08:32qui est en pleine
08:34modification
08:35et avec
08:36des effets pervers
08:37dont l'un d'entre eux
08:38peuvent être
08:39des violences
08:41parfois inspirées
08:42justement par les réseaux sociaux
08:43et des mobilisations
08:44permises par ces mêmes réseaux sociaux
08:45donc
08:46cette dimension
08:47elle existe
08:47ensuite
08:49puisque vous faites référence
08:50à PISA
08:51en réalité
08:52à travers de cette question
08:53vous faites aussi référence
08:54au problème
08:54de la relation
08:55de la démocratie
08:55avec le temps
08:57on est toujours
08:57impatient en démocratie
08:59et c'est tout le problème
09:01pour un ministre
09:01de l'éducation
09:02c'est bon
09:02j'ai pu être en fonction
09:045 ans
09:05c'est évidemment
09:05en soi
09:06je pense
09:06c'est une bonne chose
09:07bien sûr
09:08mais il fallait
09:09au moins 10 ans
09:09de continuité
09:11des choses
09:12et si vous voulez
09:14PISA mesure
09:14les élèves de 15 ans
09:15les principales mesures
09:17que nous avons prises
09:17même si on parle
09:18beaucoup de lycées
09:18en réalité
09:19c'est à l'école primaire
09:20et vous avez
09:20une autre enquête
09:21qui s'appelle
09:22PEARLS
09:23qui mesure
09:24le niveau de lecture
09:24des enfants de 8 ans
09:25dans le monde entier
09:26cette enquête là
09:27montre que
09:29entre 2017
09:30et 2021
09:31la France
09:32est le seul pays
09:33avec le Portugal
09:34avoir eu son niveau
09:35remonté
09:36un petit peu
09:37pas beaucoup
09:37tout en traversant
09:38la crise sanitaire
09:39ce qui n'est pas rien
09:39tous les pays du monde
09:40ont chuté
09:41du fait des fermetures
09:42excessives
09:43et puis d'une chute
09:45disons commune
09:47le Portugal
09:48et nous
09:48on a réussi
09:49non seulement
09:49à avoir
09:51peu de fermetures
09:52de l'école
09:52mais même
09:53à réussir
09:53à progresser
09:54malgré tout
09:54et ça
09:55ce que je viens
09:56de vous dire
09:57vous ne l'entendez
09:57jamais
09:58mais ça concerne
09:59des élèves
09:59de 8 ans
10:00autrement dit
10:00c'est des résultats
10:01plus rapidement constatables
10:02que pour des élèves
10:03de 15 ans
10:04je ne vous dis pas
10:04que le prochain PISA
10:05va être merveilleux
10:06je vous dis
10:07qu'en matière éducative
10:08le grand problème
10:09c'est le zigzag
10:10quand on n'a pas
10:11la patience
10:11de creuser
10:13des sillons
10:13alors c'était
10:14la responsabilité
10:15du président de la république
10:16de garantir
10:16ce sillon long
10:18évidemment
10:18comme vous le savez
10:19je déplore
10:20que le deuxième quinquennat
10:21n'ait pas du tout
10:22été suffisamment
10:23sur la partie éducative
10:24dans l'approfondissement
10:26de ce sillon
10:27pour autant
10:28il y a des choses
10:30qui ont marché
10:32et notamment
10:33le dédoublement
10:34des classes
10:34le retour au savoir
10:35fondamental
10:36c'est des mesures
10:36que vous aviez initiées
10:37qui ont été prolongées
10:39et préservées
10:40pour autant
10:41quel revirement
10:42alors
10:43on ne va dénigrer personne
10:44mais enfin
10:45monsieur Ndiaye
10:45madame Belloubet
10:46c'est pas du blanquer
10:47je suis désolé
10:48c'est même de l'anti-blanquer
10:49à un moment donné
10:50comment vous expliquer
10:51qu'une majorité
10:52un président de la république
10:53un gouvernement
10:54qui était sur une cohérence
10:56comment on l'explique
10:57servirement
10:57il y a eu une pression
10:58des syndicats
10:58est-ce que le mammouth
10:59est devenu grincheux
11:00il a fallu lui donner
11:01ou est-ce qu'il fallait céder
11:02à une forme d'idéologie
11:03de gauche
11:04qui disait
11:05informait du pédagogisme
11:07Blanquer est allé trop loin
11:08dans la restructuration
11:09dans le redressement
11:10de l'école
11:10il faut redonner un peu
11:11de l'est à la gauche
11:12qu'est-ce qui s'est passé ?
11:14je pense qu'il y a
11:14quelque chose de ce genre
11:16quand on retrouve
11:17la démocratie et la fureur
11:18c'est-à-dire que
11:20au fil
11:20quand vous faites 5 ans
11:22de mandat
11:23à l'éducation nationale
11:23vous accumulez
11:25des colères
11:27de secteurs divers
11:27disons
11:28des tensions
11:29etc
11:30mais ces tensions
11:31en réalité sont minoritaires
11:32vous avez une majorité silencieuse
11:34qui voit bien
11:34le sens de ce que vous faites
11:35quand je fais le renforcement
11:36des savoirs fondamentaux
11:37à l'école primaire
11:38je pense que la plupart des gens
11:40voient très bien
11:40pourquoi
11:42et pourquoi ça va
11:43dans le bon sens
11:43de la même façon
11:44le dédoublement
11:45avait je crois
11:4680% d'approbation
11:47dans la population
11:49lorsque j'ai présenté
11:50la réforme du baccalauréat
11:51dans une émission
11:52on a eu 72% d'approbation
11:54à la fin de cette émission
11:54je me souviens
11:55donc en fait
11:58vous pouvez
11:58quand on prend le temps
11:59quand on est calme
12:00quand on est rationnel
12:01ce que je peux faire
12:02sur des sujets
12:02comme Parcoursup
12:03par exemple
12:04montrer
12:04qu'évidemment
12:05aucune situation
12:06n'est parfaite
12:06j'ai jamais dit
12:07qu'on avait tout fait
12:08parfaitement
12:08ni tout bien
12:09mais je prétends
12:10qu'il y a un chemin
12:12pour l'amélioration
12:13de l'éducation
12:13c'est pas un sujet mystérieux
12:14ou plein de brouillard
12:16mais que
12:17vous avez
12:18très vite
12:19des oppositions
12:19qui sont suscitées
12:20et probablement
12:21ce qui s'est passé
12:22c'est en effet
12:22que le président de la république
12:23a fini par entendre
12:24beaucoup ses oppositions
12:27et n'a pas souhaité
12:28tenir le cap
12:29qu'on avait pourtant réussi
12:30on avait fait le plus dur
12:31vous savez
12:31parce que
12:32le premier quinquennat
12:33c'est quand même
12:33deux crises majeures
12:34à traverser
12:35les gilets jaunes
12:35d'une part
12:36le Covid
12:37d'autre part
12:39des réformes structurelles
12:40très profondes
12:41qui heurtent beaucoup de choses
12:43et c'est un peu dommage
12:44que dans le deuxième quinquennat
12:45qui n'a pas eu
12:46à traverser ce genre de crise
12:47il aurait suffi
12:48d'avoir un ministre
12:49pas moi d'ailleurs
12:50une autre personne
12:50mais qui dure 5 ans
12:53avec encore une fois
12:54un approfondissement du sillon
12:55et on aurait sans doute
12:57eu de meilleurs résultats
12:58ça n'a pas été le cas
13:00mais je ne considère pas
13:00que tout est parti à l'eau
13:02et je considère
13:03qu'on continue
13:04à pouvoir avoir
13:05de l'espoir d'un rebond
13:06au travers des effets
13:08à long terme
13:08des mesures qui ont été prises
13:09on va y revenir
13:09la démocratie et la fureur
13:10c'est le titre de votre ouvrage
13:11sur Drogueville
13:12mais il correspond
13:13à la réalité
13:13d'une actualité
13:14absolument tragique
13:15on va revenir là
13:16dans quelques instants
13:17sur les enseignants blessés
13:18les policiers blessés
13:19pour dire à quel point
13:20ça a été émis ça
13:22Effectivement
13:22la crise et la colère
13:24atteignent également
13:25la police
13:26puisqu'hier
13:26le syndicat Alliance Police
13:27a porté plainte contre l'Etat
13:29pour mise en danger
13:30de la vie d'autrui
13:31avec un nombre considérable
13:32de policiers blessés
13:33nous en parlerons
13:34un tout petit peu plus tard
13:35avec Stanislas Godon
13:36délégué national
13:36du syndicat Alliance Police
13:43Il est 13h20
13:44vous êtes bien sûr
13:45Sud Radio
13:46j'ai le bonheur
13:47et l'honneur
13:48de recevoir
13:48Jean-Michel Blanquer
13:49auteur de
13:50La démocratie et la fureur
13:51le livre
13:51parle de Tocqueville
13:52on va y venir
13:53parce qu'en plus
13:53cette actualité
13:56elle est présente
13:57dans ce livre
13:57La démocratie et la fureur
13:58la démocratie américaine
13:59ce qu'elle est devenue
14:00ce que Tocqueville en pensait
14:02et qu'est-ce qui se passerait
14:03s'il revenait sur Terre
14:04et qu'il voyait
14:04cette démocratie
14:05qu'il a tant aimée
14:06sur laquelle il nous a fait
14:07un récit fondateur
14:08et les choses ont évolué
14:09ça me fait penser
14:10à l'ouvrage de Gide
14:11Le retour du RSS
14:12il y va
14:12le coeur charmant
14:13puis il revient
14:14il dit
14:14mais c'est pas du tout
14:15ce que j'avais pensé
14:16d'ailleurs je me souviens
14:17Jean-François Kahn
14:18avait fait un livre
14:18Le retour sur Terre
14:19d'André ou Gide
14:21et il dit
14:21voilà il est allé
14:22en Union soviétique
14:23c'est pas du tout
14:24le concept
14:24auquel il avait pensé
14:27Jean-Michel Blanquer
14:29nous avons aujourd'hui
14:30une situation
14:31qui est
14:31on peut dire
14:33tragique
14:34149
14:35149 enseignants blessés
14:37on a jamais eu
14:37des images
14:38de professeurs
14:39de profs
14:40poursuivis
14:40par des élèves
14:42ou pas des élèves
14:43poursuivis dans la rue
14:43certains tabassés au sol
14:45des policiers également
14:46qui sont
14:47qui sont frappés
14:48il y a quand même
14:49de la part de cette jeunesse
14:50qui a toujours été turbulente
14:52qui a toujours été
14:52un petit peu émotive
14:53et les barricades
14:54remontent à la nuit des temps
14:55dans Paris
14:56là on a atteint des sommets
14:57on a le témoignage
15:00de Stanislas Godon
15:02délégué national
15:03d'Alliance Police
15:06bonjour
15:07bonjour Stanislas Godon
15:08oui bonjour
15:09bonjour
15:10est-ce que vous pouvez
15:10nous faire un point rapide
15:12sur l'état
15:13des blessures
15:14et des lésions
15:15sur les forces de sécurité
15:17à l'issue de ces émeutes
15:19et bien d'abord
15:21rappelez que
15:21c'est 937 policiers
15:23et gendarmes
15:24qui ont été blessés
15:25dont certains
15:26avec des blessures graves
15:28qu'ils vont porter
15:28à vie
15:29on a un collègue
15:30notamment à Marseille
15:31qui a été poursuivi
15:32et on lui a mis
15:33des coups de marteau
15:34sur la tête
15:34et dans la nuque
15:35on a une collègue
15:36qu'on a balancée au sol
15:38et rappelez-vous
15:39cette vidéo
15:40où on entendait
15:41tu es là
15:41tu es là
15:42on a ce commandant
15:44de Belfort
15:46qui est jeté au sol
15:47et qui ont mis
15:49un pénalty
15:50dans la tête
15:50même plusieurs
15:51d'ailleurs coups de pied
15:52voilà la réalité
15:53de l'ultra-violence
15:55et moi je vais faire
15:56le distinguo
15:56entre des lycéens
15:58qui ont manifesté
16:00de manière pacifique
16:01certains se sont
16:01laissés entraîner
16:02certains groupuscules
16:04notamment ultra-violents
16:05de certaines banlieues
16:06de grandes métropoles
16:07et puis
16:08les mouvements
16:08d'ultra-gauche
16:09très très organisés
16:10qui savent très très bien
16:12semer le chaos
16:13attaquer les forces
16:13de l'ordre
16:14et se sauver
16:15notamment quand on
16:16commence à intervenir
16:17Vous considérez
16:18que l'État
16:19que les pouvoirs publics
16:20n'ont pas donné
16:21la réponse adéquate
16:23au fait que des policiers
16:24aient été violentés
16:25on sent qu'on
16:26on essaie d'éviter
16:27la bavure
16:28et alors l'IGPN
16:29elle est là par contre
16:30pour s'assurer
16:31qu'il n'y a pas eu
16:31de comportement illicite
16:33et pour autant
16:34est-ce que vous ne manquez
16:34pas de solidarité
16:35de la part des pouvoirs
16:36du gouvernement
16:36pour parler plus précisément
16:39Alors d'abord
16:40je tiens à rappeler
16:41que en fait
16:42nous ce qu'on dénonce
16:42et c'est pour ça
16:43qu'on a décidé
16:44de faire un recours
16:45et de porter plainte
16:46contre l'État
16:47c'est qu'il y a
16:48un dysfonctionnement
16:49et des contradictions
16:50entre les déclarations
16:51du ministre de l'Intérieur
16:52qui appelait
16:53à de la fermeté
16:54à ne pas avoir
16:55de retenue
16:56sur des interpellations
16:57et non pas
16:57de l'usage de la force
16:58ça c'est peut-être
16:59une petite différence
17:00que tout le monde a oublié
17:02et surtout
17:03on a des instructions
17:04sur le terrain
17:05qui sont
17:05d'un tout ordre
17:08par exemple
17:08ne pas utiliser
17:09le lance-eau
17:10bon c'est vrai
17:11que jeter de l'eau
17:12même à forte pression
17:13c'est extrêmement letal
17:15vis-à-vis des émeutiers
17:16par exemple
17:17de laisser les LBD
17:18dans le véhicule
17:19par exemple
17:19de ne pas utiliser
17:20les gaz acrymogènes
17:21parce qu'il y aurait
17:22de la verdict médiatique
17:23et en fait
17:24tout ceci
17:24ça crée un flou
17:26sur le terrain
17:26et je rappelle
17:27que quand il y a du flou
17:28sur le terrain
17:29et bien nous
17:29on en prend plein la figure
17:31pour pas dire autre chose
17:32parce que j'aurais envie
17:32de dire un mot
17:33un peu plus vulgaire
17:34donc ça c'est pas possible
17:36dans le cadre
17:37du rétablissement
17:37de l'ordre public
17:38ou des violences urbaines
17:39il faut qu'on ait
17:40des ordres qui soient clairs
17:42du haut
17:43c'est-à-dire du ministre
17:44jusqu'au moindre commandant
17:46compagnie
17:47sur le terrain
17:48il peut pas y avoir
17:49de dysfonctionnement
17:50ou de contradiction
17:51sinon on va au casse-pipe
17:52et puis
17:53qu'est-ce qui se passe
17:54937 policiers blessés
17:56je vais avoir un mot
17:59pour les personnels enseignants
18:01parce que vous l'avez rappelé
18:02149 personnels enseignants
18:04c'est inadmissible
18:05et surtout
18:06ne l'oublions pas
18:06plus de 240 lycéens
18:09qui ont été blessés
18:10et pas du fait
18:11de la police d'ailleurs
18:12je rappelle également
18:13que les 36 enquêtes IGPN
18:14ça représente
18:150,4%
18:17des 7950 interpellations
18:20qu'on a effectuées
18:20donc il faut
18:21à un moment
18:22raison garder
18:23et ne pas dire
18:24qu'il y a encore
18:26des sauvageries policières
18:27comme j'ai entendu
18:28de certains partis politiques
18:29merci Stanislas Godon
18:30pour vos témoignages
18:31on a compris votre émotion
18:32et on comprend qu'on en arrive
18:33quand même à un paradoxe
18:35hallucinant
18:35la police
18:36un syndicat de police
18:37porte plainte contre l'état
18:38merci pour votre témoignage
18:39Jean-Michel Blanquer
18:40on est arrivé à des extrêmes
18:41là
18:42enseignants poursuivis
18:43policiers tabassés
18:44c'est la république
18:45qui est renversée
18:46là c'est la fureur
18:46là la fureur
18:47a pris le contrôle de la rue
18:48et de la démocratie
18:49j'espère que non
18:50mais en tout cas
18:51il est certain
18:51qu'il faut opposer
18:52de la fermeté
18:52à tous ces phénomènes
18:53et je comprends complètement
18:55l'émotion
18:56qu'on vient d'entendre
18:57puisque c'est
18:58tout ce qu'on vient d'entendre
18:59et notamment les faits concrets
19:00sont totalement inadmissibles
19:01et c'est évidemment
19:03ce que l'on doit empêcher
19:04j'observe que ça fait
19:05une dizaine d'années
19:05qu'en France
19:07on manifeste trop violemment
19:08de manière générale
19:10et que ça crée
19:11un engrenage de la violence
19:12que certains cherchent
19:14on le sait bien
19:15donc à ça
19:16il faut opposer
19:17une espèce de grande sérénité
19:19qui est faite de fermeté
19:20comme le disait monsieur
19:21et c'est indispensable
19:23et je pense aussi
19:24qu'en matière de sécurité
19:26comme dans d'autres domaines
19:26il faut mieux prévenir
19:28que guérir
19:29par exemple
19:29que ce soit pour les universités
19:31ou pour les lycées
19:31il faut que
19:33des forces de l'ordre
19:33soient présentes
19:34en amont
19:34tôt le matin
19:36en petit nombre
19:37pas besoin d'en avoir beaucoup
19:39pour empêcher
19:40le premier blocage
19:41il faut rappeler
19:41qu'un blocage
19:42c'est complètement illégal
19:44et très souvent
19:44qu'est-ce que c'est un blocage
19:45c'est 3-4 personnes
19:46qui arrivent à 7h du matin
19:47pour mettre des poubelles
19:48et après ça s'agglutine
19:49et après ça devient
19:50impossible à changer
19:51en revanche
19:52si vous arrivez à 7h moins le quart
19:54vous pouvez parfaitement l'empêcher
19:56c'est ce que j'ai pratiqué
19:57aussi bien comme recteur
19:58que comme ministre
19:58et je trouve que là
20:00il y a trop de blocages
20:02facilement réalisés
20:02par des petites minorités
20:03agissantes
20:04et que donc
20:05en termes de doctrine
20:07de maintien de l'ordre
20:08il y a sans doute
20:10quelques améliorations
20:11à faire
20:11alors justement
20:12je ne peux pas
20:13ne pas vous demander
20:13Jean-Michel Blanquer
20:15ce que vous auriez fait
20:17dans la situation
20:17je vous pose la question
20:18sans arrière-pensée
20:19il ne s'agit pas
20:20d'attacher M. Jeffrey
20:22vous avez le droit de dire
20:23et c'est dans une vie
20:24gouvernementale
20:24il peut y avoir
20:25des lectures différentes
20:26est-ce que vous auriez fait
20:28quelque chose d'un peu différent
20:29alors avec le recul
20:30et je vous demande
20:30d'une façon objective
20:31on n'est pas dans un règlement
20:32de contrat
20:33absolument pas
20:34quand le mouvement
20:35a commencé à apparaître
20:36vous auriez plutôt reçu
20:37tout de suite
20:38des délégations héliciennes
20:39vous auriez établi
20:40tout de suite le dialogue
20:41où il fallait quand même
20:42montrer attention
20:43l'ordre d'abord
20:44le dialogue après
20:45alors je ne fais pas trop
20:47de commentaire
20:47si vous voulez
20:49quand j'ai trop
20:51soyez libre
20:53dans les situations de crise
20:54on n'a pas besoin
20:55on ne donne pas de leçons
20:56je ne vais pas donner de leçons
20:58en situation de crise
20:59on pourra en donner
20:59a posteriori
21:00le cas échéant
21:01mais là
21:02en pleine crise
21:03ce qu'il faut
21:03c'est que
21:04la république soit forte
21:05et donc
21:06on ne s'amuse pas
21:07à faire le chamboule tout
21:08avec le gouvernement
21:09pour autant
21:11tout le monde voit
21:12que ça aurait pu être pris
21:13davantage en amont
21:14c'est certain
21:15voilà
21:15ce qui est fait est fait
21:16qu'est-ce qui a pu se passer ?
21:18un ministre peut sous-estimer
21:19un malaise
21:20pensant que c'est juste
21:21un petit mouvement d'humeur
21:23c'est parti de l'académie de Créteil
21:24que je connais bien
21:25puisque j'ai été recteur de Créteil
21:27et donc il aurait sans doute
21:28fallu à ce moment-là
21:29mieux traiter ça
21:30mais je dirais que
21:31ce n'est pas trop le sujet
21:32aujourd'hui
21:32l'éducation nationale
21:33fonctionne bien
21:34dans ces cas-là
21:34est-ce que le recteur
21:35vous prévient tout de suite
21:36attention monsieur le ministre
21:37il y a un petit malaise
21:38ne serait-ce qu'un proviseur
21:39est-ce qu'il peut signaler
21:40il y a un point de tension
21:41ce n'est pas comme d'habitude
21:42ça peut dégénérer
21:43faites quelque chose
21:44est-ce que ça remonte ?
21:45oui ça remonte
21:47justement on a mis sur pied
21:48un système de remontée
21:49des incidents
21:51que ce soit des incidents
21:52de violence justement
21:53ou des incidents
21:54disons de
21:58surchauffe
21:58sur le terrain
22:00et donc je pense
22:01que ces choses-là
22:02sont remontées
22:02mais je ne le sais pas
22:03La démocratie et la fureur
22:05c'est le titre
22:05de l'ouvrage
22:06de Jean-Michel Blanquer
22:07édité chez Plon
22:08très très bon document historique
22:10on va y venir
22:11on va y venir bien sûr
22:12mais c'est tellement en lien
22:13avec notre traductrice
22:15cette vision de l'Amérique
22:16par Tocqueville
22:17et ce qu'elle est devenue
22:18aujourd'hui
22:18cette démocratie américaine
22:19et on voit bien
22:20que les fascistiques
22:20de monsieur Trump
22:21nous interpellent
22:22et nous les subissons
22:23en direct
22:24dans notre vie
22:24dans notre vie quotidienne
22:25vous restez avec nous
22:26sur Sud Radio
22:28Anissa
22:28bien sûr
22:29et qu'on invite également
22:30les parents
22:31lycéens
22:31enseignants
22:32même à nous appeler
22:33et à nous dire
22:34ce qu'ils en pensent
22:35qu'est-ce qui vous met
22:35en colère
22:36dans la crise du lycée
22:37ou le lycée même
22:38aujourd'hui
22:39le choix des spécialités
22:40le contrôle continu
22:41l'orientation
22:42quelles conséquences
22:43la réforme du bac
22:44a-t-elle eu
22:44pour vos enfants ?
22:45Appelez-nous au 0826 300 300
22:47Sud Radio
22:48la France dans tous ses états
22:50Péricault-Légas
22:52Nous sommes
22:53vous êtes
22:54je suis sur Sud Radio
22:55il est 13h30
22:56jeudi 16 octobre 2026
22:58je reçois Jean-Michel Blacquer
22:59pour son ouvrage
23:00La démocratie et la fureur
23:01chez Plon
23:02dernier mot sur l'actualité
23:03d'éducation
23:04avant d'en venir
23:05au contenu du livre
23:06qui touche l'actualité
23:07de toutes les manières
23:07Parcoursup
23:08on a entendu
23:09pique-pente
23:10sur Parcoursup
23:11Jean-Luc Mélenchon
23:12dans un meeting
23:13qui a conférent
23:13on proclame
23:14comme si c'était
23:15l'abolition
23:15de la paix de mort
23:16je vais dégager
23:17Parcoursup
23:17Jean-Michel Blanquer
23:19Parcoursup
23:19c'est un outil
23:21science sans conscience
23:22n'est que ruine de l'âme
23:24c'est pas vous
23:25qui l'avez instauré
23:26mais vous avez essayé
23:27il y avait une sélection
23:29une forme de sélection
23:30qui existait déjà
23:31il faut garder
23:32on peut remplacer
23:33Parcoursup
23:33vous n'êtes pas hostile
23:35à repenser
23:35le principe de la sélection
23:38est très important
23:39on ne peut envoyer
23:40dans les universités
23:41que des étudiants
23:42qui ont un avenir
23:43pas des gens
23:43qu'on envoie dans le mur
23:44Moi je suis totalement démocrate
23:46c'est à dire
23:47je pense que
23:47s'il y a
23:48des contestations
23:50envers Parcoursup
23:51discutons de Parcoursup
23:52mais discutons
23:53raisonnablement
23:54et rationnellement
23:55c'est à dire
23:55en disant
23:56ce qui serait mieux
23:57que Parcoursup
23:58par exemple
23:59faisons des comparaisons
24:00internationales
24:00j'en ai fait
24:01je vois de quoi je parle
24:03et qu'on me dise
24:04dans quel pays
24:04il y a quelque chose
24:05qui serait de meilleur
24:06à imiter
24:07et dans ce cas là
24:07faisons le
24:08et tous ceux
24:10qui tirent sur Parcoursup
24:12le font toujours
24:13sans dire
24:14ce qu'il y aurait
24:16à mettre à la place
24:17alors moi j'entends
24:18le malaise
24:20qui peut exister
24:20notamment le stress
24:21qui existe
24:23les parents
24:24qui sont parfois
24:24un peu déboussolés
24:25c'est pour cette raison
24:26qu'on avait mis
24:27un deuxième professeur
24:28principal en terminale
24:29pour aider
24:30à l'information
24:30et l'orientation
24:31des élèves
24:32je pense que ce stress
24:34sur l'avenir
24:35n'est pas lié
24:36à Parcoursup
24:36Parcoursup
24:37est un exutoire
24:38est un élément
24:39de cristallisation
24:40mais si on supprime
24:41Parcoursup demain
24:42la question de
24:43où va-t-on s'inscrire
24:44l'année prochaine
24:45en études supérieures
24:46reste posée
24:47quand vous l'instaurez
24:49quelle est la méthode
24:51de sélection
24:51pour rentrer à l'université
24:53quand on l'a instauré
24:54il faut se rappeler
24:54ce qui existe avant
24:55vous arrivez sur quelle situation
24:56il y a grosso modo
24:58deux étapes
24:59avant Parcoursup
24:59il y a eu l'étape
25:00que les gens de Manet Génération
25:02connaissent bien
25:02c'est à dire
25:03et que celle de Jean-Luc Mélenchon
25:05aussi
25:05enfin il est plus visagé que moi
25:06nettement
25:06mais celle-là
25:07quand même la même chose
25:08c'est à dire
25:08on allait à l'université
25:10c'était le premier levé
25:11enfin celui qui s'était levé
25:12le plus tôt
25:13qui pouvait s'inscrire
25:14voilà il y avait une noterie
25:15et ça c'était pas
25:17ça ne pouvait pas tenir
25:18de toute façon
25:18avec le développement
25:19des universités
25:20ça a été remplacé
25:21par un système
25:22qu'on a appelé APB
25:22qui a été déjà un progrès
25:24mais qui lui-même
25:25a rencontré des limites
25:26à telle enseigne
25:27que les derniers temps
25:28vous vous souvenez
25:28il y avait des tirages au sort
25:29et donc vous pouviez avoir
25:31un bac qui vous préparait
25:32absolument pas
25:33à médecine par exemple
25:34et être pris
25:35tandis que quelqu'un
25:36qui était parfaitement préparé
25:37lui n'était pas pris
25:38on a mis fin à ça
25:39avec Parcoursup
25:40Parcoursup essaye vraiment
25:41de trouver une adéquation
25:42entre les attentes des élèves
25:44et ce qui se propose
25:46dans l'enseignement supérieur
25:47et les chiffres
25:48sont assez impressionnants
25:49parce qu'on est autour
25:49maintenant d'un million
25:50de personnes chaque année
25:51concernées
25:52puisqu'il y a aussi
25:52toutes les réinscriptions
25:53etc
25:54et en fait
25:55on réussit
25:56à satisfaire
25:57beaucoup de vœux
25:58mais évidemment
25:59ceux qui sont satisfaits
26:00n'ont pas manifesté
26:01dans la rue
26:01si vous voulez
26:02je suis sûr que
26:03parmi ceux qui nous entendent
26:04il y a forcément
26:05quelques mauvaises expériences
26:06mais il y a pour l'essentiel
26:07de bonnes expériences
26:09et quand on fait des enquêtes
26:10chez les lycéens
26:11ou les étudiants
26:12notamment les étudiants
26:13à posteriori
26:14sur les vœux
26:14qu'ils avaient
26:14on est souvent autour
26:15de 70 à 80%
26:16qui disent que le vœu
26:18dans leur tête
26:19puisqu'on ne l'affiche pas
26:20son premier vœu
26:20mais le premier vœu
26:21qu'ils avaient dans leur tête
26:22a été satisfait
26:24donc
26:26et puis
26:26l'autre chose
26:27qu'il faut dire
26:27c'est que chaque année
26:28Parcoursup
26:29est amélioré
26:30parce qu'on tient compte
26:31des critiques
26:31etc
26:32donc
26:32que tout ceci
26:33devienne plus transparent
26:35que l'on mette ça
26:35sur la table
26:36et que ce soit
26:36un débat démocratique
26:37ça me paraît très bien
26:38on n'a pas besoin
26:38d'aller vers des violences
26:40pour une chose pareille
26:41vous savez
26:43qu'est-ce qu'on visait
26:44on visait la réussite
26:45des élèves
26:45rien d'autre
26:46tout ce que j'ai fait
26:47c'est pour faire réussir
26:48les élèves
26:48alors après on peut dire
26:49vous y êtes mal pris
26:49mais en réalité
26:50si vous regardez les chiffres
26:51il y avait un chiffre
26:53scandaleux en 2017
26:54une honte pour la France
26:55qui était 60% d'échecs
26:57en fin de première année
26:58d'enseignement supérieur
26:59tout se passait
27:00comme si un élève
27:01passait différentes étapes
27:02sans jamais d'heure de vérité
27:04et puis la première heure de vérité
27:05c'est tard
27:07à 19 ans
27:07quand on vous dit
27:08ah bah non
27:08vous n'avez pas le niveau
27:09et donc
27:10c'est une sorte de lâcheté collective
27:12on a mis fin
27:13à cette lâcheté collective
27:14et aujourd'hui
27:14ce chiffre
27:15il n'est plus de 60%
27:16il est de 50%
27:18c'est très rare
27:19qu'une politique publique
27:20gagne 10 points
27:21en quelques années
27:22et donc c'est autant
27:24de gâchis en moins
27:25bien sûr il faut faire mieux
27:26il faut aller vers 40
27:27ou 30%
27:28ça va de soi
27:29mais néanmoins
27:30c'est énorme
27:31ce qui a été conquis
27:32donc il faut faire attention
27:34de ne pas jeter les bébés
27:35avec l'eau du bain
27:35c'est-à-dire que là
27:36il y a quelque chose
27:37en réalité
27:38je le maintiens
27:38qui a été un progrès
27:39peut-être que c'est mal vécu
27:40par certaines familles
27:41ça je l'entends très bien
27:43et je ne pense pas
27:43que c'est le cas
27:44de tout le monde
27:45mais sans doute de certains
27:46et donc
27:46il faut entendre ça
27:48il faut être à l'écoute
27:48il faut améliorer
27:50il faut essayer
27:50que tout ça
27:51ne soit pas synonyme de stress
27:52mais de bonne information
27:53de préparation réussie
27:55à l'enseignement supérieur
27:56pour les élèves
27:57et c'est ça que nous devons viser
27:59on se souvient
28:00de l'émoire
28:01de la violence
28:02de la crise
28:02suscitée par la réforme
28:03de Wacker en 1986
28:05aujourd'hui des experts
28:06de l'éducation nationale
28:07vous en êtes peut-être
28:07nous disent finalement
28:08que ce n'était pas
28:09une mauvaise solution
28:10il faudrait peut-être
28:11la réadapter
28:12est-ce que vous ne trouvez pas
28:13que le débat
28:14sur l'éducation nationale
28:15est assez peu présent
28:16dans le début
28:17de campagne présidentielle ?
28:18Alors oui et non
28:19c'est-à-dire qu'il est présent
28:21au sens où les candidats
28:22beaucoup de candidats
28:23disent que c'est leur première priorité
28:24et je suis heureux
28:25d'entendre ça
28:27ensuite
28:28le débat public
28:29sur l'éducation
28:29reste caractérisé
28:30par une certaine
28:32superficialité
28:32c'est-à-dire
28:33le dire est une chose
28:34d'abord
28:36aussi bien sur le diagnostic
28:37parce que tout le monde
28:38par exemple
28:38en ce moment on entend
28:39nous sommes très mauvais
28:40dans PISA
28:42donc la réforme du lycée
28:43ça ne va pas
28:44mais en fait
28:44il n'y a aucun rapport
28:45puisque le lycée
28:46c'est après l'âge de 15 ans
28:48qu'est-ce que mesure PISA
28:50et puis par ailleurs
28:52PISA nous dit
28:53bien d'autres choses
28:53que les commentaires
28:56qui sont faits
28:56il faut aussi faire
28:57des comparaisons internationales
28:58en fait nous sommes maintenant
28:59au même niveau
29:00pratiquement que les autres
29:00pays européens
29:01donc il y a un problème
29:01qui dépasse la France
29:03est-ce que vous avez le temps
29:04les ministres de l'éducation nationale
29:06d'aller jusqu'au bout
29:07de vos projets aussi
29:08puisqu'on a beaucoup
29:09de ministres
29:10qui sont passés
29:11sur ces dix dernières années
29:12donc finalement
29:13est-ce que vous avez le temps
29:13de bosser vraiment ?
29:15dans mon cas
29:16je peux dire que oui
29:17puisque ça a duré 5 ans
29:19et que pour moi
29:20c'était un but en soi
29:20si vous voulez
29:21de montrer cette durée
29:22de montrer que la parole
29:23du ministre
29:23a de l'importance
29:24de montrer qu'on a du suivi
29:26dans ce que nous faisons
29:26donc on a de la suite
29:27dans les idées
29:27et j'affirme que l'institution
29:29était à ce moment-là
29:32guidée par un cap
29:32et parfois certains
29:33pouvaient ne pas être
29:34en accord avec ce cap
29:35mais au moins
29:36les choses étaient claires
29:37à partir du moment où
29:38vous changez 7 fois de ministre
29:39vous dévalorisez
29:40la parole ministérielle
29:41vous déviez du cap
29:42Anissa faites-nous un bilan
29:44du ministère
29:45on va faire un bilan
29:46effectivement
29:46mais de Jean-Michel Blanquer
29:47alors je vais faire au plus vite
29:495 ans à la tête
29:50de l'éducation nationale
29:51de 2017 à 2022
29:53et vous avez à votre actif
29:54deux grands chantiers
29:55effectivement
29:56vous les avez
29:56brièvement évoqués
29:58tout à l'heure
29:58les premiers apprentissages
29:59et puis évidemment
30:00le lycée
30:01à l'école primaire
30:02il y a une mesure
30:03très concrète
30:04à votre crédit
30:05Jean-Michel Blanquer
30:05c'est le dédoublement
30:06des classes
30:07effectivement
30:07c'est PCE1
30:08en éducation prioritaire
30:10engagée dès 2017
30:11effectivement
30:12une douzaine d'élèves
30:13par classe
30:14pour permettre aux enseignants
30:15de mieux accompagner
30:16chacun dans l'apprentissage
30:17de la lecture
30:18de l'écriture
30:18et du calcul
30:19à la rentrée 2021
30:21plus de 280 000
30:23enfants de CP
30:23et de CE1
30:24en bénéficient
30:25les évaluations du ministère
30:26constatent effectivement
30:27des effets très positifs
30:29en français
30:29et en mathématiques
30:30un autre chantier
30:32que vous avez mis en place
30:33c'est la formation
30:33des professeurs d'école
30:35alors avec les plans
30:36mathématiques et français
30:37la formation continue
30:38prend une forme plus concrète
30:39les enseignants
30:40travaillent en petits groupes
30:41observent les cours
30:42de leurs collègues
30:42et cherchent ensemble
30:43comment résoudre
30:44les difficultés
30:44rencontrées dans leur classe
30:46et effectivement
30:47ça a été un chantier
30:47assez positif
30:48et qui a réussi
30:50à apporter une réponse
30:51à certaines lacunes
30:52que rencontraient
30:53les professeurs
30:54et dans leur formation
30:55on attaque le dossier
30:57du lycée
30:57alors la transformation
30:58est beaucoup plus déstabilisante
31:00les séries S, E, S et L
31:02disparaissent
31:02les élèves choisissent
31:03trois spécialités en première
31:04puis on conserve deux
31:06en terminale
31:07le nouveau bac
31:07accorde 40%
31:08de la note au contrôle continu
31:10et introduit
31:11le grand oral
31:12l'ambition proposée
31:13des parcours plus personnels
31:14et mieux préparés
31:14aux études supérieures
31:15sur le papier
31:16cette liberté de choix
31:17est appréciée par les élèves
31:18mais elle exige
31:19un accompagnement
31:20qui ne suit pas toujours
31:20et dans son bilan
31:21publié en 2023
31:22l'inspection générale
31:24relève
31:25une orientation anxiogène
31:26une organisation compliquée
31:28et une instabilité
31:29des règles
31:29dans certains établissements
31:31visités
31:31les lycéens décrivent même
31:32jusqu'à 4 ou 5 heures
31:33de trou
31:33dans une journée
31:35l'exemple le plus parlant
31:36reste la place des mathématiques
31:38avec la réforme
31:38elle cesse d'être
31:39une matière obligatoire
31:40à part entière
31:41dans le tronc commun
31:42après la seconde
31:42et ce choix sera corrigé
31:44à partir de septembre 2023
31:46une heure et demie
31:46de mathématiques
31:47devient obligatoire
31:48en première
31:49générale pour les élèves
31:51qui n'auraient pas choisi
31:51cette spécialité
31:52donc on a
31:53Jean-Michel Blanquer
31:54un bilan contrasté
31:55des avancées très mesurables
31:56dans les petites classes
31:57mais un lycée
31:58profondément réorganisé
31:59dont plusieurs choix
32:01ont ensuite
32:01dû être corrigés
32:02ça vous va ?
32:04évidemment
32:05ça me va
32:06c'est-à-dire que tout ça
32:07est tout à fait exact
32:08mais je ne vois pas
32:10pourquoi j'aurais été
32:11bien inspiré
32:11pour l'école primaire
32:12et mal inspiré
32:13pour le lycée
32:14et c'est tout simplement
32:15qu'il y a de la conflictualité
32:16plus forte
32:16c'est votre droit
32:17d'avoir une association différente
32:19mais d'abord
32:20c'est jamais quelque chose
32:21de complètement personnel
32:22tout ça c'est un travail
32:22très collectif
32:23si on prend la réforme du lycée
32:24on a énormément consulté
32:26les lycéens
32:26si on est arrivé
32:27à ces enseignements spécialités
32:28c'est notamment
32:29parce que les lycéens
32:29nous disaient que
32:30dans les anciennes séries
32:31ils s'ennuyaient
32:32qu'il y avait quelque chose
32:33de très artificiel
32:34puisque par exemple
32:35la moitié des lycéens
32:36faisaient S
32:37et après seulement
32:38la moitié d'entre eux
32:38faisaient des sciences
32:40alors on me dit
32:41oui mais en faisant ça
32:42vous avez abîmé
32:42la préparation
32:43des futurs scientifiques
32:44du pays
32:44c'est complètement faux
32:45il n'y a jamais eu
32:46autant d'élèves
32:46en prépa scientifique
32:47qu'au moment où je vous parle
32:48il n'y a d'ailleurs
32:49jamais eu autant de jeunes filles
32:50qui font des études scientifiques
32:51ce que je suis en train de vous dire
32:52c'est le contraire
32:53de ce qu'on a beaucoup dit
32:54ces derniers temps
32:54dans le débat public
32:55et pourtant c'est tout à fait vérifiable
32:56et ce que nous avons fait
32:59je le répète souvent
33:00c'est de se dire
33:01comment en préparant
33:03le baccalauréat
33:03l'élève ne fait pas juste
33:05un exercice artificiel
33:06mais se prépare
33:07à la réussite
33:08après le baccalauréat
33:09et donc
33:10la question des enseignements
33:11de spécialité
33:12se résume en un adage
33:14finalement c'est
33:14tu choisis
33:15ce que tu aimes
33:17et choisissant ce que tu aimes
33:18tu vas davantage approfondir
33:19une chose qui n'est jamais notée
33:21non plus
33:21c'est que
33:21pour la première fois
33:22en 50 ans
33:23on a
33:25révisé
33:25tous les programmes du lycée
33:26dans le sens
33:27de l'exigence plus forte
33:29c'est d'ailleurs un reproche
33:30qu'on entend parfois
33:30et que j'assume
33:31on dit
33:32vous faites trop travailler
33:33les lycéens
33:33j'assume avoir voulu
33:34monter l'exigence
33:36mais en même temps
33:37que la liberté
33:37et donc le plaisir d'apprendre
33:38et c'est la philosophie
33:40de cette réforme
33:40et je crois que
33:41beaucoup de lycéens
33:41l'ont perçu
33:42vous savez
33:43on a parfois l'impression
33:44parce qu'on entend
33:45ceux qui sont pas contents
33:46mais il y a très très peu
33:48de lycéens
33:48qui seraient d'accord
33:49pour revenir
33:50au système antérieur
33:51SES et L
33:52très peu de professeurs
33:53demandez à un professeur
33:54d'histoire-géographie
33:55s'il a envie d'abandonner
33:56la matière qu'on a créée
33:57qui s'appelle
33:57histoire-géographie
33:58sciences politiques
33:59géopolitiques
33:59qui est beaucoup plus passionnante
34:00que ce qu'il y avait avant
34:02demandez à ceux qui pensent
34:03le numérique de demain
34:04s'il faut supprimer
34:05ce qu'on a créé
34:05avec numérique
34:06et sciences informatiques
34:07où dès 2018
34:08on avait mis
34:09l'intelligence artificielle
34:10et la cybersécurité
34:11au coeur du programme
34:12tout ça
34:13on n'en parle pas
34:14au journal de 20h
34:16mais c'est des choses
34:17en profondeur
34:18qui préparent l'avenir du pays
34:19et vous avez fait allusion
34:21tout à l'heure à une réforme
34:21des années 80
34:24qui avait été abandonnée
34:26il y a eu combien
34:27de réformes abandonnées
34:28dans notre histoire
34:28et d'ailleurs
34:29de précédentes réformes
34:30du lycée
34:30qui étaient un peu
34:31de même inspiration
34:31ce que j'affirme
34:33c'est que cette fois-ci
34:33on a réussi à passer
34:34tous les caps
34:35et ce en traversant
34:36des crises exogènes
34:37comme encore une fois
34:38la crise sanitaire
34:40ou la crise des gilets jaunes
34:41et que malgré tout
34:43on y est arrivé
34:44je peux vous dire
34:45que c'est quelque chose
34:47et que quand le bilan
34:48c'est qu'on a diminué
34:50de 10 points
34:51l'échec
34:52en fin de première année
34:53d'enseignement supérieur
34:54je ne rougis pas
34:55si vous voulez
34:55et c'est un peu
34:57vous reconnaîtrez
34:58que c'est un petit peu
35:00difficile pour moi
35:01aujourd'hui
35:02de servir parfois
35:03de bouc émissaire
35:03à un certain nombre de gens
35:04c'est la victoire
35:05de monsieur Mélenchon
35:06puisque c'est
35:06à force de marteler
35:07toute la journée
35:08l'extrême gauche
35:09m'a pris comme cible
35:09depuis ces années-là
35:11à force de marteler
35:12ça finit par percoler
35:13et comme il n'y a personne
35:14en défense
35:15puisque le chef de l'état
35:17lui-même
35:17a cessé de défendre
35:19ses propres réformes
35:19et que
35:21il n'y a non plus
35:22dans les secteurs de l'opinion
35:23qui pourraient être d'accord
35:24avec tout ce que je viens
35:24de vous dire
35:25au fond
35:26on ne va jamais défendre
35:27un ministre
35:28on veut bien attaquer
35:29mais quand c'est à défense
35:30on reste passif
35:31donc
35:32quand vous avez vraiment réformé
35:33vous vous trouvez
35:34comme une sorte
35:35d'homme seul
35:36vous vous sentez abandonné là ?
35:38non mais après
35:39j'ai plus de cicatrices
35:40que de peau
35:41ça va
35:42je ne sais pas
35:43je ne cherche pas
35:43à faire la victime
35:45je veux essayer
35:45d'expliciter
35:46un processus politique
35:47et qui est très décourageant
35:49pour la réforme en France
35:50si vous voulez
35:51mais moi
35:51tout ce que j'ai fait
35:52entre 2017 et 2022
35:54je l'ai annoncé
35:54dès 2017
35:55et à l'époque
35:56en 2017
35:57quand il y avait
35:57une certaine popularité
35:58autour de ces annonces
35:59on disait
36:00oui mais il va abandonner
36:00au bout d'un moment
36:01ça c'est des paroles
36:02j'ai fait exactement
36:03ce qui avait été dit
36:04et donc je n'ai pas lâché
36:07et je ne prétends jamais
36:09que tout ce qui a été fait
36:10est parfait
36:10au contraire
36:11ce que je dis
36:12c'est qu'il y a sûrement
36:12des imperfections
36:13améliorons
36:14et améliorons
36:15calmement
36:15en bon ordre
36:16et en visant
36:17uniquement
36:17et seulement
36:18l'intérêt des enfants
36:19et des élèves
36:20vous restez avec nous
36:21sur Sud Radio
36:21je reçois Jean-Michel Blanquer
36:22vous nous appelez
36:23au 0826 300 300
36:24on a l'appel de Lucille
36:26et de Jean-Pierre
36:26qu'on va prendre
36:27et puis on se retrouve
36:28dans quelques instants
36:28tout de suite sur Sud Radio
36:35Vous êtes bien sur Sud Radio
36:36il est 13h49
36:37je reçois Jean-Michel Blanquer
36:39la démocratie et la fureur
36:40c'est un traité historique
36:42sur la démocratie américaine
36:43par Tocqueville
36:45qu'est-ce qu'elle est venue aujourd'hui
36:46on prend juste deux appels
36:47Lucille qui nous appelle
36:49de Maringe
36:50Lucille vous avez été enseignante
36:53Bonjour bon
36:53Monsieur le ministre
36:54Bonjour Périco
36:55Bonjour madame
36:56Bonjour
36:56j'ai été enseignante
36:58effectivement
36:58en lycée professionnel
36:59pendant 6 ans
37:00de 2019
37:01à 2025
37:02c'est presque le temps
37:03de votre temps ministériel
37:06qui dit lycée professionnel
37:08ne dit pas forcément
37:10des élèves
37:10de petits niveaux
37:11en tout cas
37:12c'est une idée
37:13que je réprouve totalement
37:14on est bien d'accord
37:14on est bien d'accord
37:16et je souhaitais rebondir
37:17justement sur votre
37:18votre idée
37:19d'élan national
37:20là je suis entièrement
37:22d'accord avec vous
37:23il faut un réel sursaut
37:26il faut retrouver
37:27l'effort aussi
37:28ce que vous avez tenté
37:29de remettre en place
37:30il faut du temps long
37:31j'en suis consciente
37:33néanmoins je pense
37:33qu'il y a urgence
37:36et qu'il y a urgence
37:37dit quand même
37:38peut-être des mesures
37:39à revoir
37:40ou en tout cas
37:42mais encore une fois
37:42je ne suis pas ministre
37:44ou à améliorer en tout cas
37:48ce que j'ai vu
37:49en 6 ans
37:49c'est un goût de l'effort
37:51qui s'est totalement effondré
37:53des élèves qui pourtant
37:55avaient choisi leur section
37:56qui étaient particulièrement
37:58phlegmatiques
37:58particulièrement attentistes
38:01pourtant je les mettais
38:02j'ai confronté
38:03à des institutions professionnelles
38:04qu'ils avaient rencontré
38:05dans leur futur
38:06j'étais en métier de la sécurité
38:10donc souvent des jeunes passionnés
38:12et pourtant
38:13très très attentistes
38:14un appauvrissement
38:16terrible du vocabulaire
38:18et notamment
38:20un effondrement
38:23du savoir
38:24de la lecture
38:25j'avais de plus en plus
38:27d'élèves
38:27qui n'étaient plus en capacité
38:28de lire des consignes
38:29ou de comprendre un texte
38:32c'est un phénomène
38:34que l'on rencontre
38:35et là
38:35c'est plus souvent
38:36souvent
38:36Jean-Michel Blanquer
38:37le connaît bien
38:37il y a moyen d'enrayer
38:39alors
38:40d'abord merci
38:41pour ce que vous venez de dire
38:42madame
38:42j'adhère à tout ce que vous avez dit
38:45et on a fait
38:46on n'en parle pas assez
38:47d'ailleurs
38:47mais aussi une réforme
38:48de la voie professionnelle
38:51pour améliorer
38:52certaines choses
38:53je pense en particulier
38:55aux enseignements conjoints
38:56entre un enseignement général
38:57par exemple
38:57mathématiques
38:58et ébénisterie
38:59fait par deux professeurs
39:01ensemble
39:01dans une même classe
39:02pour que le conceptuel
39:03et le pratique
39:04se rejoignent
39:04c'est compliqué
39:05je sais que c'est compliqué
39:06à faire
39:08mais c'est une idée
39:10que je pense
39:10vraiment intéressante
39:12mais par rapport
39:13à ce que vous dites
39:13qui renvoie évidemment
39:15à l'école primaire
39:15essentiellement
39:16et à ce qui se passe ensuite
39:19oui il y a des remèdes
39:22tout à l'heure
39:22vous avez fait référence
39:24aux évaluations
39:25qu'on fait en début d'année
39:26elles nous permettent
39:27d'être beaucoup moins
39:27dans le brouillard
39:28que nous l'étions autrefois
39:29puisque nous pouvons mesurer
39:31où en est chaque enfant de France
39:32en mathématiques
39:33et en français
39:34au début
39:35de pratiquement
39:36une classe sur deux
39:36CP, CE1, CM1
39:386ème, 4ème et seconde
39:40et ça
39:40ça nous permet
39:41d'avoir un portrait
39:41de chaque enfant
39:42et d'un portrait du pays aussi
39:43et donc
39:44le temps manque
39:45pour rentrer dans le détail
39:46de ce que ça signifie
39:47mais on voit bien
39:47certaines choses
39:48qui sont en train
39:49de s'améliorer
39:49comme par exemple
39:50la fluidité de lecture
39:51sur laquelle on a énormément insisté
39:53c'est très important
39:54qu'un enfant
39:54ait une rapidité de lecture
39:55donc qu'il sache décoder
39:56bien le plus jeune possible
39:58vers 6-7 ans
39:59et on contrôle ça
40:00on regarde ça
40:01de plus en plus
40:01et ça, ça débloque beaucoup de choses
40:03notamment la compréhension des textes
40:04vous n'arrivez pas à faire des miracles
40:06sur ce sujet
40:07sur des cordes
40:08de 700 000 enfants par an
40:09tout de suite
40:10mais par contre
40:10il y a des premiers résultats
40:11et les stratégies
40:13pour y arriver
40:13sont connues
40:14et donc c'est cela
40:15que nous avons impulsé
40:17et par ailleurs
40:18il y a effectivement
40:19une tendance mondiale
40:19que j'indiquais tout à l'heure
40:21sur la baisse de la lecture
40:23et la baisse de l'activité physique
40:24et donc il faut enrayer cela
40:25c'est aussi pour ça
40:26que je parle d'un projet
40:27éducatif global
40:27c'est que tout ne se joue pas
40:29seulement à l'école
40:29le temps de l'enfant à l'école
40:31c'est très minoritaire
40:32par rapport à tout le reste
40:33de son temps
40:33et donc tout ce qu'on peut faire
40:35en matière de politique familiale
40:36de vacances intelligentes
40:38de vacances pour tous déjà
40:41de plans mercredi
40:42d'activités sportives
40:45et d'activités culturelles
40:46d'activités qui ancrent l'enfant
40:48dans la nature
40:48qui le détachent des écrans
40:50tous ces sujets-là
40:51sont des sujets
40:51qui se jouent beaucoup
40:52en dehors de l'école
40:53et pour lesquels
40:54un vrai projet de société
40:55qui peut être présenté
40:55à la présidentielle
40:56fait aussi partie
40:57de cet élan national
40:58qu'on doit retrouver
40:59évidemment
40:59nous avons Jean-Pierre
41:00qui nous appelle d'Anglette
41:01vous êtes prof aussi Jean-Pierre ?
41:03Oui, oui, oui
41:04professeur mais en privé
41:05c'est-à-dire
41:06un centre de soutien scolaire
41:08depuis une trentaine d'années
41:10voilà
41:11alors voilà
41:12je souhaitais demander
41:14à monsieur le ministre
41:16parmi les nombreuses revendications
41:18plus ou moins farfelues
41:20de tous ces jeunes
41:21quelles sont celles
41:23qui lui semblent sérieuses ?
41:26alors
41:28je prends au sérieux
41:30par principe
41:31merci pour votre question
41:32je pense qu'à chaque fois
41:34il y a
41:35à prendre au sérieux
41:36chaque chose
41:36et puis ensuite
41:37à discerner à l'intérieur
41:38de chaque chose
41:38ce qui est sérieux
41:40et ce qui n'est pas
41:41c'est-à-dire que
41:42par exemple
41:43lorsqu'on parle
41:44des agendas à trous
41:47c'est une réalité
41:47que je prends au sérieux
41:49mais en même temps
41:50on doit regarder
41:50à quel choix ça renvoie
41:51dans chaque lycée
41:52donc c'est des discussions
41:53à avoir à l'échelle
41:53de chaque lycée
41:54parce qu'il faut rappeler
41:55que cette réforme
41:56c'est aussi une réforme
41:57d'autonomie des lycées
41:58qui font des choix
41:58sur par exemple
41:59le nombre de disciplines
41:59qu'ils enseignent
42:00etc.
42:01sur Parcoursup
42:02il y a tout ce que j'ai dit
42:03tout à l'heure
42:03pour expliquer
42:04qu'à mon avis
42:05Parcoursup est un système
42:07très rationnel
42:08au service des élèves
42:09mais il y a encore
42:10des améliorations apportées
42:11il y a des créations
42:12de places à faire
42:13donc ça c'est une revendication
42:14que je prends au sérieux
42:15mais pas n'importe comment
42:15pas n'importe quoi
42:17pour moi
42:17s'il y a quelques créations
42:18de places à faire
42:19aujourd'hui
42:19c'est en BTS
42:20et en DUT
42:20parce que c'est des choses
42:21qui mènent à l'emploi
42:23donc ça je prends ça
42:25j'en prends ça au sérieux
42:26et sinon ce que je
42:27voilà
42:28c'est les deux choses
42:29que je prends
42:29qui à mes yeux
42:30sont importantes
42:31et puis
42:32pardon
42:32et enfin
42:34je dirais
42:34plus globalement
42:36le besoin d'avenir
42:37au fond
42:37il faut aussi entendre un cri
42:39quand c'est
42:39au fond
42:40c'est quand qu'on va où
42:41si je puis reprendre cette expression
42:43c'est un peu le cri qu'on entend
42:44et donc
42:44je le répète
42:45on a besoin de dire aux jeunes
42:47d'aujourd'hui
42:47quel est le cap du pays
42:49Jean-Michel Blanquer
42:50il y a un gamin de 14 ans
42:51qui s'est emparé d'une arme
42:52qui a tiré dans l'établissement scolaire
42:53aux Etats-Unis
42:54on voit ça tout le temps
42:55la démocratie et la fureur
42:57en un mot
42:58Tocqueville aujourd'hui
42:59s'y revenait aux Etats-Unis
43:00il dirait que c'est un échec
43:02ou que la démocratie
43:03garde encore
43:03un espoir
43:04dans une situation
43:05dans une société
43:06ultra libéralisée
43:07et violente
43:08alors il reste tellement peu de temps
43:09que je vais surtout inciter vos auditeurs
43:11à lire le livre
43:12je pense que
43:13il dirait que
43:13une de ses prédictions
43:14beaucoup de ses prédictions
43:15se sont accomplies
43:16vous savez il avait prévu par exemple
43:17la rivalité Union soviétique
43:19Etats-Unis au XXème siècle
43:20des choses comme ça
43:21mais il avait aussi prévu
43:22la grande tendance de la démocratie
43:23à déboucher sur l'individualisme
43:25et il disait
43:26si on n'est que dans l'individualisme
43:28alors on va vers la fragmentation
43:30et malheureusement
43:31c'est ce qui s'est passé
43:31et donc aujourd'hui
43:32vous l'entendez dans tout ce que je dis
43:33il faut trouver des remèdes
43:35anti-fragmentation
43:35il faut retrouver le bien commun
43:37les valeurs qui nous rassemblent
43:39et le sens de l'élan national d'un pays
43:42on le voit bien aujourd'hui
43:43la démocratie et la fureur
43:44je suis désolé
43:45l'actualité nous a rattrapé
43:46Jean-Michel Blanquer
43:46je vous réinviterai pour parler du sujet
43:48parce qu'il est passionnant
43:49aux éditions Plon
43:50par Jean-Michel Blanquer
43:52voilà comment la société américaine
43:55elle aussi est confrontée
43:56à une situation
43:57où la fureur peut prendre le pas
43:59sur la démocratie
44:00Anissa on se quitte ?
44:01On se quitte
44:02on remercie quand même Charles Sapin
44:03d'avoir été avec nous
44:04directeur adjoint de la rédaction
44:06de Valeurs Actuelles
44:07merci également à Stanislas Gaudon
44:08délégué national du syndicat Alliance Police
44:10on se quitte
44:12et on laisse la place à Brigitte Lae
44:13qui vous parlera de la jouissance
44:15Sud Radio
44:17qui vous lui dise
44:17comme les étrives
44:17qui se voient

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