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Avec Jean-Pierre Colombies et Marc Silvera

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-10-26##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 12h15, nous allons parler de l'actualité policière
00:11qui s'est accalmée avec Jean-Pierre Colombier, son ancien commandant, qui était là la semaine dernière.
00:15Jean-Pierre Colombier, la semaine dernière, la situation était extrêmement tendue et inquiétante.
00:20Nous avons eu la preuve cette fois-ci que le gouvernement peut prendre des dispositions,
00:23que les forces des polices, dans leur dévotion, les forces de sécurité, étaient présentes.
00:27Et donc, à part quelques échauffourées, les manifestations se sont déroulées dans une sérénité relative.
00:35Vous êtes en colère parce que vous estimez qu'on aurait pu prendre ces dispositions la semaine dernière
00:39ou ça reste des situations exceptionnelles qui ne pourront pas durer comme ça à chaque fois ?
00:43Ça fait depuis 2018 que je suis en colère parce que je m'en rends compte, je ne suis pas
00:46le seul d'ailleurs,
00:47qu'Emmanuel Macron a renoncé au dialogue social sous toutes ses formes
00:51et qu'il est tout à fait capable de nous faire vivre en état de siège quasi permanent,
00:57en surmobilisant des forces de sécurité qui, au bout d'un moment, vont finir par craquer.
01:01Enfin, ça fait huit ans que moi j'appelle au bon sens des syndicats de police en désespoir de cause
01:06parce qu'il y a longtemps qu'on aurait dû siffler la fin de la récréation
01:09et faire passer le message selon lequel la police nationale, la gendarmerie,
01:14enfin toutes les forces de sécurité ne sont pas une force d'interposition entre un peuple et son gouvernant.
01:19Jean-Pierre Colombias, vous élargissez le sujet, vous considérez que ce que nous avons vécu là,
01:22ça et c'est les autres épisodes, c'est la conséquence d'une politique sociale,
01:26d'un refus, d'un enfermement de politique sociale, d'un enfermement du président de la République.
01:32Et donc ça finit à mettre le peuple dans la rue ou les catégories sociales
01:34et ça pète et lui répond par la répression.
01:38Oui, mais ce que les politiques ne veulent pas voir, c'est qu'au-delà des black blocs,
01:42des énergumènes, parfois des casseurs, des pilleurs, il y a un fond social,
01:49un mécontentement absolu du modèle social proposé par Emmanuel Macron et son entourage,
01:55parce qu'il n'est pas le seul.
01:56C'était déjà vrai à son départ, il n'est pas arrivé dans la paix sociale,
01:59la fracture sociale elle remonte à 95 ans.
02:01Non, non, mais c'est ce que j'allais dire.
02:02Vous vous dites qu'il l'a aggravé, il l'a aggravé.
02:03Non, mais absolument, il est, je dirais, la partie visible d'un iceberg sociologique
02:09qui a commencé à émerger déjà il y a une bonne trentaine d'années, pour ne pas dire plus.
02:14Notamment avec Pompidou, dont on nous fait une sorte de tableau un petit peu idyllique,
02:19rêvé de président qui serait surhumaniste,
02:23mais qui a quand même, par ses choix économiques,
02:27commencé à inscrire la France dans une dynamique d'endettement.
02:30Bon, tous ceux qui lui ont succédé, de Giscard à Mitterrand,
02:35qui au départ nous a donné une pseudo-coloration sociale,
02:39a basculé dans l'ultra-libéralisme.
02:41En 83, le fameux virage à droite de 83.
02:42Et ça a continué avec Chirac, et ça c'est...
02:44Par contre, ce qui a vraiment changé avec Sarkozy,
02:48c'est l'élément vulgaire et extra, je dirais, extraverti.
02:52Oui.
02:52Voilà, là on est tombé là-dedans, dans Je m'expose, je vous montre...
02:56Presque caricatural.
02:57On est tombé dans la caricature totale,
02:58ça a continué avec l'histoire du scooter.
03:00Enfin bref, on est dans une glissade, je dirais, d'image totale
03:05et totalement pervertie avec Emmanuel Macron.
03:06Jean-Pierre Colombiès, on va développer ce décryptage.
03:09Non, non, mais c'est passionnant ce que vous me dites.
03:10Je voudrais qu'on fasse un point avec vous.
03:12On va reprendre sur l'espoir de sécurité.
03:14Qu'est-ce qui s'est passé ?
03:14Donc, raison d'effectif, meilleure disposition,
03:17le gouvernement a pris conscience,
03:18mais les policiers peuvent tenir comme ça toutes les semaines ?
03:22Bien sûr que non.
03:23Non, mais bien sûr que non.
03:24Enfin, on a vu qu'il y avait un grand changement à partir de 2018.
03:27Parce que j'ai rappelé, j'ai même écrit une pièce de théâtre là-dessus,
03:30une allégorie avec la Commune de Paris,
03:32parce que véritablement, ce qui se passait pendant les Gilets jaunes
03:35était une transposition dans le temps
03:37de ce qu'a été la mécanique de la Commune de Paris.
03:40Qu'on soit communard ou qu'on ne le soit pas.
03:41Entendons-nous bien.
03:43Mais on a entendu dans la rhétorique,
03:45il fallait être très attentif aux mots prononcés par Emmanuel Macron,
03:49aux mots qu'il prononçait lui et son entourage.
03:51Et on est retombé dans une rhétorique de rapport
03:54entre le pouvoir et la citoyenneté
03:56qui était celle d'un ancien régime.
03:58Ce qu'on entendait sous l'Apollon III.
04:00Vous allez me dire, il exagère et on remonte jusqu'au XIXe siècle.
04:03Mais non, on est complètement là-dedans.
04:05Donc, qu'est-ce qui s'est passé concrètement ?
04:07On refuse l'expression populaire.
04:08Non, mais là, le gouvernement a pris des dispositions.
04:11Et ensuite, je voudrais qu'Anissa nous fasse un...
04:13Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
04:14Ils ont fait exactement ce qu'on a fait,
04:16un, au moment des Gilets jaunes,
04:18et deux, pendant les Jeux olympiques.
04:20On s'est dit, les Jeux olympiques,
04:22parenthèse idyllique, merveilleuse,
04:23du pipeau complet.
04:25On a mis 45 000 fonctionnaires,
04:27deux polices, deux gendarmes,
04:28il y avait presque un sous-marin nucléaire dans la Seine.
04:31Et bien évidemment, lorsque vous démultipliez
04:33les moyens à ce niveau-là,
04:35il ne se passe rien.
04:35Du moins, vous avez une tranquillité.
04:37Alors justement...
04:38Une forme de fausse paix sociale.
04:39On va faire le bilan, effectivement.
04:41Vous parliez de 45 000 au moment des JO.
04:43Là, ça a été 70 000 policiers et gendarmes,
04:46au niveau national, bien sûr.
04:48Donc, ça nous fait 70 000 policiers et gendarmes
04:52mobilisés dans toute la France,
04:53contre 60 000 le 17 octobre, a priori.
04:56Un dispositif renforcé pour éviter les débordements,
04:58vous l'avez dit, de la semaine précédente.
05:00Alors, le premier indicateur,
05:01c'est les interpellations.
05:02Le ministère de l'Intérieur en comptabilise 1435,
05:05selon les derniers chiffres.
05:07Cette semaine, au lieu de 2628 le samedi précédent,
05:11exactement deux fois moins.
05:13Dans les rangs des forces de l'ordre,
05:14267 blessés recensés ce week-end,
05:17contre 1144 une semaine auparavant,
05:20selon ce même bilan actualisé.
05:22Le recul est également marqué pour les incendies.
05:2575 interventions contre 2025 le 17 octobre.
05:28Pour les commerces Beauvau,
05:29dénombre 24 magasins pillés,
05:31contre 1522 commerces touchés la semaine précédente.
05:34Alors, attention, ce chiffre comprend en tout cas
05:37l'ensemble des dégradations,
05:39pas uniquement les pillages.
05:40La comparaison ne porte donc pas exactement sur les mêmes dommages,
05:44mais précisons-le tout de même.
05:46La participation a également diminué,
05:48puisque nous avions enregistré 410 000 manifestants
05:51contre 550 000 manifestants la semaine dernière,
05:54selon le ministère de l'Intérieur,
05:56qui attribue également la limitation des violences
05:58à une meilleure anticipation
06:00au positionnement des unités avant les rassemblements
06:02et leur mobilité sur le terrain.
06:03Voilà.
06:04Pour le moment, les chiffres sont provisoires.
06:06Oui, ceci expliquant cela.
06:08Quand vous annoncez qu'on est prêt à la bagarre,
06:11on est prêt à répondre,
06:12bien évidemment,
06:13les casseurs mettent un frein à leur ambition.
06:17Ils vont se dire,
06:17bon là, ça va être un peu plus compliqué,
06:19on va attendre.
06:20Les questions qu'ils vont se poser,
06:21c'est pour l'avenir,
06:22c'est pour les week-ends qui vont arriver.
06:24Je veux dire, ce n'est pas une réponse, ça.
06:26Répondre à une colère sociale
06:27par la mobilisation de l'armée,
06:30des effectifs sentinelles,
06:33sur les bâtiments de l'armée.
06:34La Béry, le RAID, le GIGN.
06:36Et ça, c'est possible de le faire
06:37toutes les semaines ou pas ?
06:38Mais bien sûr que non.
06:39Mais c'est surtout antinomique.
06:40C'est très dangereux.
06:41On associe, dans un temps très court,
06:44dans un espace très limité,
06:45des unités qui n'ont rien à voir
06:46les unes avec les autres,
06:48qui n'ont pas la même doctrine d'emploi,
06:49qui n'ont pas les mêmes missions.
06:51Le RAID et le GIGN,
06:53ce n'est pas fait pour faire du maintien de l'ordre.
06:54Jean-Pierre Colombier,
06:55est-ce que le fait d'aller dans les périphéries,
06:57sur le boulevard des Maréchaux à Paris,
06:59extérieures de la ville,
06:59ça facilite quand même le maintien de l'ordre public ?
07:01Bien sûr, mais ça soulage surtout
07:02les commerçants du centre-ville.
07:04Parce que, moi,
07:05ce qui m'a aussi hérissé les poils sur les bras,
07:08c'est le couvre-feu.
07:10Personne n'a pensé aux dégâts collatéraux.
07:12Enfin, personne, si.
07:13Ceux qui sont concernés,
07:14croyez-moi, ils y pensent bien.
07:15Mais aux dégâts collatéraux,
07:16au niveau des commerces,
07:17des centres de loisirs,
07:19de vie, tout simplement,
07:20des théâtres ont fermé cette histoire.
07:21Vous voulez dire la réactivité ?
07:23Non, mais des théâtres ont fermé.
07:26C'est un choix.
07:27C'est un choix.
07:28Est-ce qu'on laisse casser ?
07:29Est-ce qu'on protège ?
07:30Est-ce qu'on ne protège pas ?
07:31Tout a un prix dans notre public.
07:32Il y a une autre façon de voir les choses, peut-être.
07:33C'est de se dire que si on n'en serait pas arrivé là,
07:36si la loi avait un sens,
07:37si elle était réellement appliquée,
07:38et si ceux qui cassent l'équipi
07:41avaient conscience,
07:4130 secondes,
07:42ou une seconde même,
07:43ça suffirait,
07:44des conséquences de leurs actes.
07:45Jean-Pierre Colombiès,
07:46est-ce que ce ministre de l'Intérieur,
07:48là, Laurent Nunez,
07:49est particulièrement aux ordres de l'Élysée ?
07:50Moi, j'ai connu,
07:51vous avez connu comme moi,
07:52des Pierre Jox,
07:53des Jean-Pierre Chevènement,
07:54même Manuel Valls.
07:55Il y avait une autonomie
07:56du ministère de l'Intérieur.
07:58A la rigueur,
07:59il référait à Matignon.
08:00Là, on dirait,
08:00vous avez l'air de dire,
08:01les consignes
08:02et l'orientation policière
08:04viennent de l'Élysée.
08:05Et encore,
08:05on est en période
08:06avec une stabilité institutionnelle,
08:08il n'a pas de majorité
08:09à l'Assemblée nationale,
08:10qu'est-ce que ce serait ?
08:11Heureusement qu'il a un copain
08:13à Matignon
08:14et un copain à Place Beauvau.
08:15Mais vous considérez
08:16que c'est lui,
08:16c'est sa doctrine.
08:17Et la justice.
08:18Non, mais c'est la doctrine Macron,
08:19on ne va pas se cacher
08:20derrière son petit doigt.
08:23Chaque ministre,
08:24quelques ministres de l'Intérieur
08:26ont montré
08:26une autonomie particulière
08:28parce qu'il y avait
08:28une ambition,
08:29ils avaient une ambition personnelle.
08:30Je pense à Nicolas Sarkozy
08:31quand il était ministre
08:32de l'Intérieur.
08:33Clairement,
08:34il affichait
08:34son ambition présidentielle
08:35et il avait des initiatives
08:37peut-être très personnelles
08:38pour se démarquer
08:39de Jacques Chirac.
08:412005,
08:41Villepin et Gersal,
08:42on le voit bien
08:43en première ligne.
08:43Oui, oui,
08:44après chacun,
08:45bien évidemment,
08:45chacun,
08:46Jox,
08:46ce chevènement,
08:47avait des personnalités fortes
08:48qui leur permettaient
08:50de dire stop,
08:51moi je ne ferai pas ça,
08:52je n'irai pas.
08:53Quand Chevènement a été
08:53ministre des Armées,
08:54il a démissionné.
08:56Un ministre,
08:56à faire sa gueule
08:57ou s'est démissionnée ?
08:57Une question de courage politique
08:58après.
08:59On en est doté
09:00ou on n'en est pas doté ?
09:02Mais est-ce qu'ils ont tous
09:03peur de la bavure ?
09:04Est-ce qu'il y a des milices
09:05qui peuvent...
09:05Bien sûr,
09:06mais depuis l'affaire Malikou-Sekin,
09:07ils n'ont qu'une panique,
09:09c'est qu'il y a une bavure,
09:09une sur-bavure,
09:10qui est un mort,
09:11tout simplement,
09:11on va appeler un chat-chat
09:12qui est un mort.
09:13Voilà,
09:13ça c'est la panique,
09:14c'est l'obsession.
09:15Raffarin a dit
09:16je préfère un policier tué
09:17qu'un mec.
09:18Bien sûr,
09:19mais c'est clair,
09:20mais si on ne l'a pas compris,
09:22ils sont cette peur panique
09:23de la bavure
09:24et d'une surexplosion.
09:26Je n'en ai pas passé loin
09:26le week-end dernier.
09:27C'est très français ça,
09:28c'est très français.
09:28Ça l'est devenu en tout cas.
09:30Ce qui s'est passé
09:31le week-end dernier
09:32a pris beaucoup de cours
09:33parce qu'ils ne s'imaginaient pas
09:35que les voyous de banlieue
09:36allaient à ce point
09:38se mobiliser
09:38et surtout se coordonner.
09:40Ça a surpris beaucoup.
09:42Mais ça n'est surprenant
09:43que pour ceux
09:43qui ne connaissent pas le sujet
09:45parce que pour ceux
09:46qui sont un peu initiés
09:47à l'évolution de la délinquance
09:48et à leur mode de communication,
09:50à leur mode opératoire,
09:52ce n'est pas surprenant.
09:53Je vais vous en apprendre une belle,
09:54vous l'ignorez peut-être,
09:55si vous l'ignorez,
09:55vous le saurez en tout cas
09:56dans cinq minutes.
09:57Vous avez des voleurs à l'arraché
09:58qui avec leur téléphone
10:00se mettent sur WhatsApp,
10:01sont en lien avec un commanditaire,
10:04filment dans la rue
10:04les personnes âgées
10:05principalement, essentiellement
10:06pour déterminer
10:07si c'est plus facile
10:08ou à agresser
10:09qu'une autre personne.
10:10J'ai appris ça.
10:11Donc, on en est là, quoi.
10:12Je veux dire,
10:13il y a une forme
10:13d'universisation
10:16de 2.0
10:16de la criminalité.
10:18police de proximité
10:19à rétablir d'urgence.
10:20Oui, mais il faut les moyens.
10:22On l'est trouvés.
10:23Non, pour ça,
10:23on n'a pas le bon président.
10:24Mais non, le problème...
10:25Ah non, non, d'accord, d'accord.
10:26Mais parlons structurellement.
10:27Si un gouvernement,
10:28si un exécutif le décide,
10:30on peut rétablir
10:30une police de proximité
10:32efficace et des renseignements généraux
10:34pour le renseignement.
10:34Ça coûte cher.
10:35C'est-à-dire, mais attendez...
10:36Les renseignements généraux
10:37de l'époque fonctionnaient
10:38avec la police de proximité.
10:40La nourriture,
10:41la nourriture substantielle
10:44des renseignements,
10:45c'était la police de proximité.
10:46Vous me garantissez,
10:46Jean-Pierre Colombier,
10:47est-ce que si on a vu
10:48les renseignements généraux
10:49d'autrefois,
10:49ce qui s'est passé
10:51la semaine dernière
10:52aurait pu être évité
10:52ou jugulé ?
10:53Je suis même plus loin que ça.
10:54Beaucoup d'affaires de terrorisme
10:55n'auraient pas eu lieu.
10:57Tout simplement,
10:58ça va peut-être faire mal
10:59aux oreilles,
10:59à certaines oreilles.
11:00Oui, parce qu'ils nous disent toujours
11:01ce mois-ci,
11:02on a évité deux attentats,
11:03trois attentats.
11:04Oui, mais je peux vous dire
11:04que quand vous entendez dire,
11:07c'est dans mon bouquin,
11:08que les frères Kouachi
11:09étaient signalés,
11:11étaient signalés,
11:12ils avaient leurs fiches,
11:13ils avaient leurs petites fiches.
11:14Au niveau des renseignements généraux,
11:15vous vous dites,
11:16il y a quelque chose
11:17qui ne va pas au Royaume de France.
11:19Ensuite,
11:20la gestion de l'état de droit,
11:21l'assassin Dominique Bernard
11:22devait être expulsé au QTF.
11:23Il ne l'a pas voté.
11:24Il est sur l'escalier d'avion
11:25et c'est une association
11:26proche du PC
11:27qui veut faire descendre.
11:28Mais ça se conjugue
11:29avec le courage politique
11:30parce que vous avez employé un terme,
11:32vous avez paraphrasé le président
11:33qui a dit
11:33qu'il faut être puissant.
11:35Mais qu'est-ce que ça veut dire
11:36la puissance
11:37quand on renonce soi-même
11:38à l'exercice de cette puissance ?
11:40Enfin, soyons raisonnables.
11:42On fait la leçon à Poutine,
11:44à la terre entière,
11:45mais on n'est pas foutu
11:46de gérer week-end après week-end.
11:47Vous restez avec nous,
11:47Jean-Pierre Colombiès,
11:48on n'a pas fini cette conversation.
11:50Moins de violence,
11:51moins de pillage
11:51et moins de dégâts
11:52samedi dernier
11:53lors de la dernière manifestation.
11:54Comment la police
11:55a-t-elle fait face ce week-end ?
11:57D'ici quelques instants,
11:58nous retrouvons Marc Silvéra
11:59pour en parler,
12:00policier fondateur
12:01et directeur général
12:02de l'Amicale
12:03de la Police Nationale.
12:04Et vous,
12:04que pensez-vous
12:06que la mobilisation
12:07des forces de l'ordre
12:08exceptionnelle mise en place
12:09ce week-end
12:10peut tenir sur la durée ?
12:11Est-ce que vous pensez,
12:11par exemple,
12:12que les couvre-feux
12:13sont une solution viable ?
12:15Dites-nous ce que vous pensez
12:16au 0 826 300 300.
12:18On se donne tous ces états.
12:21Vous êtes bien sur Sud Radio,
12:22il est 12h30.
12:24Nous continuons ce débat
12:25avec Jean-Pierre Colombiès
12:26sur l'ordre public,
12:28les incompétences
12:29ou les manques de courage
12:30du gouvernement
12:31et prouvant que cette semaine,
12:33ce week-end,
12:33ça s'est bien passé
12:34contrement la semaine dernière.
12:35Et nous recevons là
12:36Marc Silvéra,
12:37policier,
12:38fondateur et directeur général
12:39de l'Amicale
12:40de la Police Nationale.
12:40Bonjour Marc Silvéra.
12:43Ce qui s'est passé...
12:45Alors,
12:46Amicale de la Police Nationale,
12:47on est dans le consensus.
12:49Je suppose que vous avez
12:50parmi vos adhérents
12:51des gens qui ont été
12:52en colère ou heurtés.
12:53Je parle de policier.
12:54Tout à fait.
12:54De la façon dont le gouvernement
12:55a géré ce maintien de l'ordre.
12:57Écoutez,
12:57c'est des événements
12:58qu'on ne s'attendait pas.
12:59Ça a choqué toute la France.
13:02C'est des images
13:03et des vidéos de chaos.
13:04On a pu voir
13:05une insurrection,
13:06une volonté
13:07de tuer du flic
13:08sur les premières manifestations.
13:10Et on le voit encore
13:11avec les agressions
13:12qui ont donné lieu
13:13ce week-end.
13:15Nous avons eu
13:16peut-être moins de blessés,
13:17mais peut-être
13:18certains plus violents.
13:19et même avec
13:21toute la volonté politique,
13:23on voit que
13:24le message doit être
13:25encore plus ferme
13:27et la justice
13:28doit justement agir
13:29concernant ces voyous
13:30qui veulent carrément
13:32détruire la République.
13:33Je vais poser la question
13:34à votre confrère
13:35et collègue
13:36Grégory Joron
13:37du syndicat
13:38FO.
13:39Est-ce qu'on a un jour
13:40le risque,
13:40et je pose aussi
13:41à Jean-Pierre Colombiès
13:42vous reprendrez le premier
13:43Marc Silvérin,
13:44est-ce qu'on a le risque
13:45à un moment donné
13:45que dans l'exaspération,
13:47j'allais dire
13:48dans la frustration
13:49de ne pas s'être écouté,
13:50des fonctionnaires
13:51de police disent
13:52moi j'arrête,
13:53je pose le casque
13:53et jusqu'à présent
13:55non, il y a toujours
13:55eu l'abnégation,
13:56un patriotisme je peux dire,
13:58mais des épouses
13:59de policiers
13:59nous ont dit
13:59à cette antenne
14:00c'est limite.
14:01À un moment donné,
14:02si on continue
14:02à se faire cracher
14:03sur la gueule
14:04et puni
14:04quand c'est nous
14:05qui défendons l'ordre,
14:07et bien on jettera
14:08l'éponge.
14:08Vous posez une très
14:09très bonne question
14:10étant donné
14:10que notre association
14:12qui est un comité
14:13d'entraide d'accent social
14:14vient à l'écoute,
14:14à l'accompagnement,
14:16à l'assistance
14:17et au secours
14:17des policiers,
14:18pompiers, gendarmes
14:19sur toute la France
14:20et cette scène
14:21que vous identifiez,
14:23elle est dure
14:24sur le terrain
14:25mais elle peut être
14:26comprise à la maison.
14:27Ça veut dire
14:28que le policier
14:28peut carrément
14:29avoir un retour
14:30psychologique,
14:31la peur,
14:32parce qu'on est humain
14:33derrière cet uniforme
14:34ou le dégoût.
14:34Tout à fait.
14:35Ou le dégoût, papa.
14:36Et derrière cet uniforme
14:38il y a des femmes
14:39et hommes engagés
14:39qui parfois
14:41se sentent un petit peu
14:42oubliés
14:42ou ont besoin
14:44justement
14:44d'être accompagnés
14:45et c'est vrai
14:47que c'est ce sentiment
14:47qu'on peut craindre
14:49dans nos rangs
14:49et que les appels
14:51téléphoniques
14:52canaux standards
14:53aussi au bureau
14:53de la mica
14:54de la police nationale
14:54vont en ce sens.
14:55Des enfants de policiers
14:56nous appellent
14:57en regardant ces scènes
14:58de chaos,
14:58en me disant
14:58est-ce que papa
14:59va revenir ce soir ?
15:00Etc.
15:01Et on doit répondre,
15:02on doit essayer
15:02de donner
15:03entre guillemets
15:05cette bonne figure
15:06de notre pays
15:06mais malheureusement
15:07il va très mal.
15:08On doit savoir
15:09que le nombre
15:10de policiers
15:10présents le 1er janvier
15:11d'une année
15:12on sait qu'il y en a
15:13un certain nombre
15:14qui ne seront pas
15:14à la maison
15:14le 31 décembre.
15:15Tout à fait.
15:16Voilà.
15:16Nous avons justement
15:17au niveau sujet d'appel
15:19Frédéric
15:19qui nous appelle
15:20de Saint-Brie-Soufforé.
15:21Frédéric,
15:22vous avez été
15:23dans la police
15:23pendant 36 ans ?
15:24C'est ça.
15:25Je vous remercie
15:26M. Perricolagas
15:27de m'accorder la parole.
15:29Merci beaucoup.
15:30Au contraire.
15:30Je confirme
15:31les propos
15:31du commandant
15:33divisionnaire
15:33Colombiès.
15:34J'ai fait 36 ans
15:35de police
15:36dont j'ai un parcours
15:37très atypique
15:37dont 9 ans
15:38de 9-3.
15:39J'ai fait de la Cédie
15:394 ans après.
15:40Sainte-Saint-Denis.
15:41Oui, voilà.
15:43On rigole,
15:43mais croyez-moi...
15:44C'est drôle d'ailleurs,
15:44Sainte-Saint-Denis,
15:45Sainte-Saint-Denis
15:46et puis 9-3
15:47et c'est pas...
15:48Aujourd'hui,
15:48c'est un territoire
15:49compliqué de la République.
15:50Mais c'est pas aujourd'hui,
15:51justement.
15:52Vous avez bien fait de dire ça.
15:54Moi,
15:54dans les années 90,
16:00tomber des immeubles,
16:01on se prenait
16:02des boules de pétanque
16:03à Bobigny.
16:04Donc, ce phénomène
16:05n'est pas nouveau.
16:06Nos tauliers,
16:07les derniers tauliers
16:08qui venaient des commissaires
16:09de police
16:09qui sortaient
16:10de gardiens de la paix,
16:10il y en avait encore
16:11à l'époque.
16:12Et on était soutenus.
16:13On était soutenus
16:14par notre hiérarchie.
16:16Et après,
16:17tout ça,
16:17ça a été terminé.
16:18Parce que j'en veux
16:19pour vous dire
16:20qu'en 86,
16:21la loi de Vaké,
16:23tout a été terminé
16:24avec l'affaire
16:25Malik ou Sékine.
16:26Ils ont musé la police.
16:28Il y a eu le code
16:28de l'autologie.
16:29M. Combiès,
16:30il connaît tout ça.
16:31Tout ça,
16:32ça a muselé
16:33toutes les forces de l'ordre,
16:34toutes les compagnies
16:35d'intervention,
16:35les UMS,
16:37les bacs,
16:37les bacs départementales,
16:39tout ça.
16:39Tout a été fini.
16:42Ils ont muselé
16:43tous les fonctionnaires
16:44de police.
16:45Et j'aurais un grand respect
16:46pour tous les gars
16:47qui sont dans les commissariats
16:48au même titre
16:49que la PJ.
16:51Contrairement à,
16:51je vous dis,
16:52les délégués syndicaux,
16:53c'était déjà comme ça
16:54il y a plus de 40 ans.
16:55Donc,
16:56ce n'est pas nouveau.
16:57Moi, je suis,
16:58je suis,
16:59écureux.
16:59On vous entend
17:00et on partage
17:00votre écurement.
17:02Je voudrais faire
17:02un point historique.
17:04Malik Kussekine,
17:041986,
17:05la loi de Wacky.
17:06D'abord,
17:07paradoxalement,
17:08on sait qu'aujourd'hui
17:08que si cette loi
17:09avait été passée,
17:10tout aurait changé
17:11dans l'éducation nationale.
17:12C'était une loi
17:12très intelligente,
17:13mais c'est 40 ans après
17:14qu'on s'en rende compte.
17:15Vous vous souvenez,
17:15Robert Pendreau
17:16était secrétaire d'État
17:17au ministère de l'Intérieur.
17:18Vous vous souvenez
17:18de ces brigades motocyclistes
17:19avec le policier
17:20qui était derrière ?
17:21L'OTON Voltigeur.
17:22L'OTON Voltigeur.
17:23Peut-être que ce n'était
17:24pas une bonne méthode
17:25et je me souviens
17:25de Robert Pendreau
17:26quand il apprend la mort
17:27de Malou Kussekine,
17:28il dit avec son accent
17:29« Si j'étais les parents,
17:31je n'aurais pas laissé
17:31mon gamin faire le con
17:32dans les rues de Paris ».
17:33Voilà.
17:33Ce n'était pas non plus
17:34une gestion très pertinente,
17:36mais effectivement,
17:37le traumatisme,
17:37et Jean-Pierre Colombier,
17:38ce l'a confirmé,
17:39Marc-Vin Cibillera,
17:39voilà,
17:40il y a eu un mort,
17:41alors le pauvre gamin,
17:42il était en dialyse,
17:43il est mort,
17:44et effectivement,
17:45on sent qu'il y a,
17:47je suis d'accord,
17:48on sent qu'il y a
17:48un bouleversement
17:49dans l'éthique
17:50de la police nationale,
17:51dans la façon
17:52de gérer l'ordre public.
17:53Jean-Pierre Colombier,
17:54ce qui est paradoxal,
17:57c'est qu'il y a
17:58cette crainte,
17:59cette peur panique,
18:00et en même temps,
18:01en même temps,
18:02depuis 2018,
18:04on a une décomplexion
18:05totale du pouvoir,
18:07Emmanuel Macron
18:08en première ligne,
18:10a donné des instructions
18:11de laisser faire.
18:12Je veux dire,
18:1335 éborgnés en 2018,
18:14je suis désolé,
18:15ce n'est pas rien.
18:16Est-ce que 35 éborgnés
18:17s'avouent à Malik Ousekine ?
18:18On ne va pas faire
18:19ce genre de calcul.
18:22Ce serait assez lamentable.
18:24Mais enfin,
18:25je veux dire,
18:25il y a quand même,
18:26moi je l'ai vu,
18:26on l'a tous vu,
18:27j'ai participé
18:28à des manifestations,
18:29je me suis dit,
18:29on est dans un monde de fous.
18:31À quoi on joue là ?
18:32Et on a joué,
18:33on va être très clair,
18:34il faut remonter encore
18:35le film,
18:36autrement on ne peut pas
18:37comprendre ce qui se passe
18:38aujourd'hui.
18:39A la prise de pouvoir
18:40de Nicolas Sarkozy
18:41qui a voulu dissocier
18:42l'institution police
18:44de son contact
18:44avec la population.
18:46C'était très clair
18:46dans ses discours
18:47lorsqu'il a démantelé
18:48la police de proximité.
18:49Il a dit,
18:49vous n'êtes pas là
18:50pour jouer au foot,
18:51sous-entendu en caricaturant
18:53la mission des polices
18:54de proximité.
18:55Après avoir dit,
18:55on va cargériser la caillera.
18:57C'est contradictoire.
18:57Alors il a fait un truc,
18:58il a provoqué les cités,
19:00puis il s'est vite retiré
19:01les partis avec ses 30 gardes
19:02du corps,
19:02puis il a laissé
19:03les pauvres gars du secteur
19:04parce que c'est ça la réalité.
19:06Les gars du commissariat local
19:07sont restés tout seuls
19:08dans la merde,
19:09il n'y a pas d'autre mot,
19:09parce qu'ils se sont retrouvés
19:10face à une population
19:11ulcérée, en colère
19:12et qui ne demandaient
19:13qu'à en découdre.
19:14Donc on est dans
19:15cette irresponsabilité politique
19:16depuis plus de 20 ans
19:18où vous avez
19:19des instructions
19:20totalement contradictoires
19:21et ultra destructrices
19:22où au final,
19:23ce que l'on veut,
19:25c'est une police
19:26qui forme un bloc
19:27qui soit ultra répressible
19:28et je vais vous dire un truc,
19:29plus elle est attaquée
19:30et mieux le pouvoir politique
19:32se porte
19:32parce que ça lui permet
19:33de faire croire
19:35aux forces de police
19:35que eux seuls
19:36sont de leur côté.
19:37C'est totalement
19:38anti-républicain,
19:39anti-démocratique.
19:40J'affirme,
19:40j'insiste
19:41et je revendique
19:41mes propos
19:42et j'en ai parlé longuement
19:43dans le bouquin.
19:44C'est une catastrophe
19:45que nous vivons.
19:46C'est une catastrophe.
19:47La relation avec la police
19:48après l'attentat
19:50de Charlie
19:51et du Bataclan
19:52confirme qu'il y a eu
19:53à un moment donné
19:53une adhésion
19:54et ça a échappé
19:56au gouvernement.
19:57On sentait que ça allait...
19:58Frédéric,
19:59Frédéric,
19:59pour vous la solution,
20:00ça serait quoi ?
20:01L'ordre public,
20:02la police doit être crainte
20:04ou non ?
20:05Déjà,
20:05la police,
20:06nous n'avons pas
20:07le droit de grève
20:08donc pensez bien
20:09que ça ne marchera
20:11jamais.
20:11Donc,
20:12tous ceux
20:12qui ont essayé
20:13ont manifesté.
20:14On a le droit
20:14de manifester
20:15mais pas le droit
20:15de grève.
20:16Donc,
20:16inutile de vous dire
20:17que pour ceux
20:17qui ont tenté
20:19de manifester
20:20tout ça,
20:20ont été pris en photo
20:22et il y en a pas mal
20:22qui ont été virés,
20:23révoqués.
20:24par contre,
20:25tous les représentants,
20:26beaucoup de représentants
20:27syndicaux,
20:28ils ne peuvent rien faire
20:30et pour la majorité
20:31ils sont tous
20:32au grève sommitale
20:34des gueux,
20:34c'est-à-dire
20:35du corps
20:36d'application,
20:39enfin bref,
20:39ils sont majeurs rupes.
20:40Alors,
20:41imaginez-vous,
20:42ce n'est pas eux
20:42qui vont vous défendre.
20:43C'est le grève sommitale
20:44de la gardienne de la paix.
20:45Des gueux,
20:45voilà,
20:46c'est ça.
20:46Marc Silvira,
20:47le syndicalisme policier
20:49a fait ce qu'il a pu
20:50quand même ou non ?
20:51Je pense que certains
20:52syndicalistes ont annoncé
20:53la couleur.
20:54Je pense qu'on ne peut
20:55pas se le cacher.
20:56D'autres viennent,
20:57bien évidemment,
20:59raconter la messe
21:00et ce qui s'est passé
21:01également.
21:02On a eu un syndicaliste
21:03qui est descendu
21:04dans la rue,
21:05qui a fait un mouvement
21:05de gilet bleu,
21:06qui est aussi conscient
21:08de la crise sociale
21:09que notre pays traverse,
21:10qui a déposé plainte
21:12contre l'État
21:13également.
21:14Donc,
21:14voilà,
21:15ils essayent peut-être
21:16à leur tour
21:17parce qu'il ne faut pas
21:18croire qu'aujourd'hui
21:19le syndicaliste
21:20est caché
21:21comme il y a 30,
21:2140,
21:2250 ans
21:22derrière un écran
21:24ou quoi que ce soit.
21:25Il est sur le terrain.
21:25Le syndicalisme a toujours
21:26été libre
21:27ou il y a eu des syndicats
21:28un peu...
21:28Si je peux me permettre,
21:29on fait référence
21:30à Allianz,
21:30là, peut-être.
21:31Je ne mets pas,
21:32entre guillemets,
21:34sur le gilet bleu,
21:36sur la plainte,
21:37etc.
21:38C'est le syndicat
21:38Allianz,
21:39c'est le même syndicat
21:40qui va manifester,
21:41ce sera peut-être
21:42un point de contradiction,
21:43devant l'Assemblée nationale
21:44et qui va serrer la main
21:45à un ministre
21:46de l'intérieur de l'époque
21:47qui s'appelle
21:48Gérald Darmanin.
21:49Ce que, personnellement,
21:50comme ancien syndicaliste
21:51et j'ai fait mes premières
21:52manifestations en 89,
21:53je n'ai jamais vu.
21:54Qui manifeste
21:55en 1983
21:56devant la place Vendôme,
21:58les policiers ?
21:59Ah bon,
21:59il y avait des céréales
21:59qui n'étaient pas
22:00la même structure.
22:01Leur revendication,
22:02quand même,
22:03quand ils disent
22:03que le problème
22:04de la police
22:05c'est la justice,
22:06je pense qu'ils vont
22:06aussi loin
22:07dans leur revendication
22:08et ils entendent
22:10la parole du flic.
22:10Et pour moi,
22:11c'est une erreur...
22:13Mais pour moi,
22:14c'est une erreur
22:15de catégoriser
22:15le débat comme ça.
22:16Pourquoi ?
22:16Parce que tout est
22:17une question de budget,
22:18de moyens.
22:19On a une justice
22:20qui fonctionne mal.
22:21Mais pourquoi ?
22:22Parce qu'elle est
22:22en sous-numéraire,
22:23sous-dotée.
22:24On a le budget
22:24du ministère de la Justice
22:26qui est un des pires
22:27de l'Union Européenne,
22:28si ce n'est le pire.
22:29On est dans le peloton
22:30de queue,
22:30très largement.
22:31On n'a pas assez
22:32de places de prison.
22:33De fait,
22:34la sanction
22:34qui est rattachée
22:35à la peine
22:36n'est pas appliquée,
22:37purement et simplement.
22:38La notion de répression,
22:39ou du moins de punition
22:41liée à la décision
22:42de justice
22:42n'est tout simplement
22:43pas perçue.
22:44Elle n'est pas comprise,
22:44donc non perçue.
22:46Vous avez des jeunes délinquants.
22:47On dit qu'ils sont inconnus
22:48de la justice,
22:49ils ne sont pas condamnés.
22:50Sauf qu'ils ont 15 déjà
22:52affichés,
22:53ce qu'on appelle
22:53l'otage,
22:54des décédents judiciaires.
22:56Vous avez des jeunes mineurs
22:57de 17 ans
22:57qui ont été arrêtés 15 fois,
22:5920 fois.
23:00Mais ils sont inconnus,
23:01ils ne sont pas jugés.
23:03Et là où j'en veux,
23:03moi, au syndicalisme,
23:04dans sa globalité,
23:05je n'ai pas envie
23:06de rentrer dans des querelles
23:09ils ont loupé un virage
23:11pendant les gilets jaunes
23:12parce qu'on savait
23:13que ça allait perdurer.
23:14Ça a duré des mois
23:15les gilets jaunes.
23:15À un moment donné,
23:17le rôle des syndicats,
23:17et quand j'entends
23:18un secrétaire général
23:19dire qu'il a la main arrachée,
23:20c'est mieux fait pour sa gueule
23:21parce qu'il n'avait pas
23:22qu'à prendre la grenade.
23:23Oui, effectivement.
23:24Si ça,
23:24ce n'est pas une connerie
23:25rhétorique,
23:26qu'est-ce que c'est ?
23:27Et j'estime qu'à un moment donné,
23:28tous les syndicats
23:29auraient dû faire
23:30une inter-syndicale
23:31pour aller faire passer
23:32le message à qui de droit
23:33dire attention,
23:33on n'est pas une milice
23:34et on n'est pas là
23:36pour vous protéger,
23:37vous.
23:37On est là pour protéger
23:39l'institution,
23:40l'institution
23:40et les plus fragiles
23:42mais pas un pouvoir politique
23:43ou un anarchique.
23:44Vous restez avec nous
23:45messieurs, Anissa.
23:46C'est mon point de vue.
23:46Non, non, non.
23:48Dans quelques heures.

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