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  • il y a 20 minutes
Le FMI revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour la France, tandis que le gouvernement affiche davantage d’optimisme pour 2027. Dans un contexte de redressement des finances publiques, quels leviers peuvent encore soutenir l’activité ? Et alors que de nouvelles données soulignent le poids des retraites des fonctionnaires dans les dépenses de l’État, notre modèle social limite-t-il notre capacité à investir dans l’avenir ?

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Transcription
00:04La croissance française continue d'inquiéter. L'EFMI vient de revoir ses prévisions à la baisse,
00:09tandis que le gouvernement affiche des perspectives plus optimistes pour 2027.
00:12Dans un contexte de finances publiques donc contrainte, quels sont les leviers pour relancer l'économie française ?
00:18Pour en débatte, j'ai le plaisir de recevoir Véronique Riche-Flores. Bonjour.
00:21Bonjour.
00:21Vous êtes économiste indépendante, présidente de RF Research, Erwan Lonoan. Bonjour.
00:25Bonjour.
00:26Vous êtes consultant, stratégie et séiste, fondateur de Acarée Stratégie et de l'IREF, un think tank.
00:32Merci beaucoup d'être avec nous.
00:33Alors Véronique, je me tourne vers vous tout d'abord parce que le FMI prévoit 3,1% de croissance
00:38mondiale cette année,
00:39mais seulement 0,4% pour la France en 2026 et 0,7% pour 2027,
00:45quand lui, le gouvernement prévoit 1% de croissance.
00:49Et vous avez publié une analyse assez critique, en tout cas de la France, qui est assez optimiste sur ces
00:561%.
00:56C'est le cas ? C'est ce que vous pensez de ces 1% ?
01:02Incontestablement, oui.
01:04C'est assez optimiste, surtout si on prend en considération le budget,
01:10ou en tout cas le projet de loi de finances qui est actuellement proposé.
01:14La situation, alors, l'économie française, finalement, on a eu quelques signes plutôt sympathiques à la fin de l'année
01:21dernière, etc.
01:22Même en début d'année, avant que la révision des comptes nationaux ne soit opérée par l'INSEE.
01:27Qu'est-ce qui se passait ?
01:29Eh bien, on voyait que les dépenses dans la défense commençaient à réveiller un petit peu certains pans de l
01:33'industrie.
01:34On voyait que les progrès ou la concentration sur les efforts concernant les nouvelles technologies
01:40commençaient à porter ses fruits.
01:41il y a eu une véritable avance de la France dans certains domaines,
01:45que les data centers procuraient de l'activité dans la construction, etc.
01:48Donc, tout ceci était plutôt rassurant.
01:51Et par ailleurs, avec des gains de compétitivité indéniables en termes de salaire.
01:56Et puis, les comptes de l'INSEE sont arrivés.
01:59En réalité, il nous dépeigne un premier semestre de l'année qui était quand même très décevant.
02:04Les résultats ne sont pas là.
02:06L'aéronautique est plombée.
02:08Donc, qu'est-ce qui s'est passé ? C'est des effets d'annonce face à des réalités concrètes
02:11à l'application ?
02:12Oui. Et en fait, il y a, si vous voulez, des tas de secteurs,
02:16ce n'est pas propre à la France, c'est assez général,
02:19des tas de secteurs qui sont en difficulté, de plus en plus importante.
02:23Et à côté de ça, vous avez tout ce qui se déroule autour de l'IA et de l'énergie,
02:28voire de la défense, qui se porte plutôt bien.
02:30Mais dès que ça accroche à ce niveau-là, du coup, ce qui prend le dessus,
02:35c'est toute la partie qui va mal.
02:36Et on a vraiment cette situation-là.
02:39Alors, pourquoi ce budget, par ailleurs, est inquiétant ?
02:41C'est qu'on constate la détérioration du pouvoir d'achat,
02:44de la situation des ménages, qui est de plus en plus importante.
02:47Et que finalement, quand on analyse ce projet de loi de finances,
02:50on voit que ça risque quand même d'aggraver la situation en l'État.
02:54Après, c'est un projet, une discussion.
02:57Et on voit que c'est un projet qui risque d'aggraver très significativement
03:03des ménages qui sont confrontés à des évolutions salariales
03:07qui sont très retenues en France.
03:09C'est la caractéristique de ces dernières années par rapport à nos voisins.
03:13Une inflation qui redémarre.
03:15Et notamment sur ces composantes les plus impactantes pour les ménages modestes.
03:19La hausse des taux d'intérêt.
03:20L'immobilier qui ne fait plus rien.
03:23Et on se contentait de plus rien.
03:24Mais là, ça risque quand même d'avoir une influence carrément négative sur la croissance.
03:29Donc c'est très difficile d'intégrer ce projet de loi de finances
03:33qui me semble, a priori tel qu'il a été présenté,
03:37risquer d'avoir un effet multiplicateur supérieur à 1.
03:40Qui n'est pas assez pris en compte, en fait.
03:42Qui n'est pas assez pris en compte, effectivement.
03:44Et j'ai peur qu'effectivement, on aggrave la situation.
03:48Ce qui fait que nous, en l'État,
03:49compte tenu de la détérioration d'ailleurs des perspectives,
03:52parce qu'on est un peu plus frileux que le FMI,
03:54on est plutôt à moins 0,4% pour l'an prochain
03:57qu'une quelconque croissance positive.
04:00Mais justement, le Trésor, c'est assez étonnant.
04:03Ils indiquent sur leur papier,
04:04misent notamment sur une reprise de la consommation
04:06et de l'investissement privé pour soutenir cette croissance.
04:09C'est comme ça qu'ils justifient ces 1%.
04:11C'est vrai qu'en l'État, quand on voit le pouvoir d'achat
04:14qui est attaqué de toutes parts,
04:17on se dit que miser sur une reprise de la consommation,
04:21c'est quand même assez ambitieux.
04:22C'est probablement très ambitieux.
04:24D'autant que vous le disiez, l'inflation est relativement élevée.
04:27Enfin, ça annonce à priori particulièrement élevée sur l'année,
04:30plus qu'on ne le pensait,
04:31plus, si je ne me trompe pas,
04:33que ce que le gouvernement a prévu dans ces éléments pour le budget.
04:40c'est que les prévisions du gouvernement sont optimistes.
04:45Elles ne sont pas outrageusement optimistes.
04:47C'est ce que dit le Haut conseil aux finances publiques.
04:49On a connu beaucoup plus irréalistes dans des budgets précédents.
04:54Cela étant, c'est vrai qu'aujourd'hui,
04:56comme vous le disiez à l'instant,
04:57on est sur des prévisions de croissance très optimistes,
05:01qui ne sont probablement pas réalistes.
05:02Ce qui veut dire aussi que tous les chiffres
05:04qui sont annoncés par le gouvernement
05:06en termes de réduction de la dépense publique,
05:09de maîtrise des déficits,
05:10de réajustement des dépenses
05:13sont là aussi biaisés.
05:15Je pense que sur ce budget,
05:17l'un des défis,
05:19l'un des enjeux les plus importants,
05:20il y en a deux.
05:22Le premier, c'est dans la copie du gouvernement
05:23et ensuite ce qu'on voit au Parlement.
05:25Dans la copie du gouvernement,
05:26l'ajustement budgétaire,
05:27il se fait essentiellement par l'impôt.
05:29C'est-à-dire qu'on est le pays de l'OCDE
05:31qui taxe ou l'un des pays qui taxent le plus
05:32et on vient encore accroître la charge fiscale.
05:36Ça ne peut pas avoir un effet positif sur l'économie
05:39et au demeurant,
05:40ça produit un effet qui est relativement marginal
05:42sur les finances publiques
05:43parce que la dépense continue d'augmenter.
05:45Et puis, il y a ce qui se passe au Parlement.
05:46On a vu, là, le texte arrive
05:48en discussion, en séance,
05:50mais il y a eu tous les travaux en commission
05:52et les députés ont globalement
05:54accru la dépense publique,
05:57la fiscalité, le déficit, etc.
05:59Donc, le débat budgétaire,
06:01en session à l'Assemblée
06:03et puis ensuite au Sénat,
06:04ça ne va probablement pas prendre dans la bonne voie
06:07et ça va aussi créer de l'incertitude
06:09et donc avoir un effet probablement très négatif
06:12sur les entreprises qui vont être frileuses
06:14et puis sur les marchés qui nous observent
06:16en disant, mais qu'est-ce qui est en train
06:17de se passer en France ?
06:18Oui, parce que ces restrictions budgétaires,
06:20elles vont forcément avoir un impact
06:21sur tout ce qui va pousser la croissance
06:23et même la consommation.
06:25Mais ça, on arrive à l'intégrer
06:27dans une prévision, normalement c'est intégré ?
06:29On arrive à l'intégrer.
06:31Alors, ce qu'a probablement fait le gouvernement
06:34avec le 1%,
06:36nonobstant, à mon avis,
06:37un mauvais chiffrage des effets multiplicateurs,
06:40c'est qu'il a fait comme la plupart des économistes
06:44depuis le début de l'été,
06:45c'est-à-dire, il y a eu la crise,
06:46la guerre en Iran,
06:48la flambée du prix du pétrole
06:49et puis le pétrole a baissé.
06:50Alors, c'est remonté cet été,
06:52mais la plupart des prévisions intègrent
06:54un retour des prix du pétrole
06:56aux alentours de 70 dollars,
06:59voire inférieur.
07:01Et donc, un effet des inflationnistes
07:03qui vient sauver, effectivement,
07:05les perspectives de consommation.
07:07Et le FMI a probablement
07:09une copie assez proche,
07:10ce qui fait que, un,
07:12vous n'avez pas de perspective
07:13de durcissement monétaire.
07:15Les banques centrales, finalement,
07:16elles étaient dans cette logique.
07:17Écoutez, la BCE et les prévisions,
07:19vous voyez que l'inflation est censée retomber,
07:21donc ça redonne un peu de pouvoir d'achat.
07:23Et puis, on reconstruit des perspectives là-dessus.
07:26Sauf que le pétrole n'est pas en train de retomber,
07:28on est à 106 dollars aujourd'hui.
07:30Que graphiquement,
07:31et compte tenu de la situation géopolitique,
07:33bon, il n'est pas impossible
07:35qu'on aille voir même plus haut.
07:37Que l'inflation est en train de se construire,
07:39de trouver des bases.
07:41On le voit très bien,
07:42y compris aux Etats-Unis,
07:43et puis de manière globale.
07:44Nous, on a un indicateur mondial, etc.
07:47Il est au plus haut depuis 25 ans.
07:49C'est l'historique de notre série.
07:51C'est un indicateur avancé
07:53qui nous donne la direction.
07:55Et donc, l'inflation va être plus élevée,
07:58ce qui va probablement à la fois
08:01comprimer le pouvoir d'achat un peu plus,
08:03mais pousser sans doute les banques centrales
08:05à devoir faire davantage
08:06en termes de resserrement monétaire.
08:08Et là, on ne retrouve plus du tout
08:10les éléments qui permettaient
08:11d'avoir une copie.
08:12Nous-mêmes, on n'était pas à 1%,
08:14on était à 0,7%.
08:15Donc, c'est dans l'épaisseur du trait.
08:17On peut dire que c'est le débat entre économistes.
08:19Sauf que là, on n'a plus les moyens
08:21d'être à 0,7%.
08:22Avec la révision des comptes de l'INSEE,
08:25avec les tendances à conjoncture
08:26qui ne sont franchement pas bonnes
08:28pour les tout prochains mois,
08:30l'incertitude liée au budget,
08:32on a vu combien ça avait coûté
08:33au premier trimestre de l'an dernier.
08:35Ça crée beaucoup d'attentisme
08:37et il n'est pas impossible
08:40qu'on soit dans une situation
08:41à peu près comparable
08:42au début d'année prochaine.
08:44Puis ces élections,
08:45ça fait beaucoup
08:46pour décrisper les comportements,
08:49imaginer une baisse du taux d'épargne
08:50qui serait le scénario idéal.
08:52On a un taux d'épargne extravagant,
08:54on pourrait avoir des mesures
08:56de politique économique
08:57qui incitent à une baisse du taux d'épargne.
08:58Ça risque d'être juste tout l'inverse
09:00avec ce qu'on prépare en ce moment,
09:01une incertitude actuelle.
09:04Erwann, est-ce que ces chiffres-là
09:06ont encore de la valeur aujourd'hui
09:07quand on voit tous les chocs
09:08en plus qui arrivent d'année en année,
09:10qui sont complètement imprévisibles,
09:12qu'on ne peut pas mettre dans la balance ?
09:13Et forcément, ça a un impact énorme
09:16malgré tous les efforts qu'on pourrait faire.
09:18Oui, je pense que les chiffres ont de la valeur
09:20et puis les travaux de prévision ont de la valeur.
09:22Il y a toujours,
09:23que vous le disiez mieux que moi,
09:24mais des débats sur les hypothèses
09:27et effectivement,
09:28le budget est construit
09:28sur un certain nombre d'hypothèses
09:30qui mériterait probablement
09:32d'être corrigé.
09:33Mais ça a une valeur,
09:36ne serait-ce que pour créer le débat,
09:37comme on peut l'avoir ici,
09:38pour éclairer la décision publique
09:40et éclairer les décisions des entreprises.
09:41Parce que quand le gouvernement annonce
09:43des prévisions que les économistes
09:45en répliquent par d'autres,
09:47ça aide les entreprises à comprendre.
09:49Mais l'incertitude,
09:51c'est le jeu de l'économie.
09:52C'est normal qu'on soit
09:54dans l'incertitude en permanence.
09:56Ce qui est aujourd'hui déstabilisateur,
09:59c'est qu'un certain nombre d'agents
10:01ou d'autorités
10:02qui devraient aider
10:03à donner de la clarté
10:05dans l'incertitude globale,
10:07n'en donnent pas du tout.
10:08Je reviens sur les questions,
10:10sur le débat parlementaire,
10:12dans le contexte qu'on connaît
10:13de début de campagne.
10:15Une campagne qui n'est quand même
10:17particulièrement pas claire.
10:18On ne sait pas de quel côté
10:19la pièce va finir par tomber.
10:23Les annonces de fiscalité pour les uns,
10:26de réglementation pour les autres,
10:28des blocs populistes
10:29qui ont le vent en pouce,
10:31ce qui n'est quand même pas de nature
10:32à rassurer en matière économique.
10:34Et là-dedans,
10:35le politique est aujourd'hui
10:37un facteur d'incertitude majeur.
10:39alors que l'une de ses fonctions
10:41en matière économique
10:42devrait plutôt être
10:43d'être un facteur,
10:44un acteur de réassurance,
10:46au sens de rassurer les marchés
10:48et donner un minimum
10:49de visibilité sur son action.
10:51Ça ne veut pas dire
10:52que la certitude disparaît.
10:53Elle est consubstantielle
10:54à l'économie concurrentielle.
10:55mais aujourd'hui,
10:57elle joue à contre-courant,
10:58à contre-emploi en la matière.
11:00Vous avez publié une tribune
11:02dans l'Opinion cette semaine.
11:03La France veut changer
11:04mais son modèle social
11:05l'en empêche.
11:06Pour vous, du coup,
11:06ce serait quoi le moteur de croissance
11:08qui s'opérerait dans ce contexte-là ?
11:11Alors, si j'avais la solution magique
11:12du moteur de croissance,
11:14j'en serais ravi.
11:15Non, ce que j'ai essayé d'expliquer,
11:16c'est qu'aujourd'hui,
11:17on est dans une situation
11:18où tout le monde sait
11:19qu'il faut changer
11:19mais personne n'a intérêt au changement.
11:21Tout parce que si,
11:23là, très immédiatement,
11:24moi, entreprise,
11:25on change un dispositif
11:27et que je perds une aide
11:29ou un dispositif fiscal favorable,
11:31si je n'ai pas d'opportunité
11:32de croissance par ailleurs,
11:33je veux dire,
11:33attendez,
11:33je préfère qu'on reste comme c'est
11:34plutôt que la promesse
11:36qui ne vient pas.
11:36C'est pareil pour un ménage.
11:37Si on lui dit
11:38on va vous raboter
11:39telle et telle aide
11:41mais qu'en même temps,
11:42il n'y a pas de perspective
11:42et vous le disiez tout à l'heure,
11:43il n'y a aucune perspective salariale
11:45en France
11:45ou alors elles sont absolument
11:47sur les dernières années
11:50absolument marginales,
11:50vous préférez maintenir
11:52ce que vous avez.
11:53Donc,
11:53il y a au-delà des solutions
11:55de ce qu'il faut faire
11:56qui sont
11:58favoriser la compétitivité,
12:00accroître l'innovation,
12:01enfin,
12:01toutes les choses qu'on sait.
12:02Il y a un certain nombre d'années,
12:04j'étais rapporteur
12:05de la commission Atali.
12:06À l'époque,
12:07on avait repris des travaux,
12:08des rapports qu'en-dessus avant
12:09et depuis,
12:10il y a eu d'autres travaux
12:11qui ont été actualisés
12:12et probablement très bien également
12:13mais on sait ce qu'il faut faire.
12:15Ce qu'on ne sait pas,
12:16c'est comment est-ce qu'on met
12:17en mouvement aujourd'hui
12:18l'économie française
12:19dans ce contexte
12:20où chacun a objectivement
12:22intérêt à tant de changements
12:24tout en le redoutant ?
12:25Justement,
12:26il y a eu des nouvelles données budgétaires
12:27qui mettent en lumière
12:28le poids du financement
12:29des retraites des fonctionnaires
12:31à environ 30%
12:32des crédits des ministères.
12:33Est-ce que donc,
12:34ça c'est le poids croissant
12:36qui est des pensions
12:37qui risquent de réduire
12:38les marges de manœuvre
12:39en fait de l'État
12:40pour financer cette croissance ?
12:42De facto,
12:44on a un système
12:45par répartition
12:47qui est un système généreux
12:50et nous vieillissons
12:52comme les autres pays
12:53et à ce titre,
12:54on peut déplorer
12:55qu'il n'y ait pas eu
12:56une politique
12:57ou un réveil des politiques
12:58en faveur de la natalité,
13:00etc.
13:01pour constater un peu
13:03ces tendances démographiques
13:04qui sont quand même
13:05qui constituent
13:07la première menace,
13:08me semble-t-il,
13:09à un système de répartition.
13:12Et donc forcément,
13:14oui,
13:15on le paye
13:15comme beaucoup de pays,
13:16mais un petit peu plus
13:18parce qu'on est
13:19un petit peu plus généreux
13:22à ce niveau-là
13:23et que c'est toute
13:23notre sociologie
13:26économique et politique
13:28en France.
13:29Donc comment on fait ?
13:31Là encore,
13:33si on réduit,
13:34et ça revient
13:35aux stratégies économiques,
13:36on a privilégié
13:37la désinflation salariale
13:40pour améliorer
13:41la compétitivité,
13:43on l'a fait
13:44à un moment donné
13:44où le commerce mondial
13:46est plutôt
13:47en voie
13:48d'affaiblissement,
13:50donc le timing
13:51n'était pas forcément
13:51très bon.
13:53Sauf qu'à chaque fois
13:54que vous reniez
13:55la croissance
13:56de la masse salariale,
13:58vous appauvrissez
13:59les systèmes de répartition,
14:01les systèmes sociaux.
14:02Donc là encore,
14:04on revient quand même
14:05à la question
14:06de la croissance
14:07qui est essentielle.
14:08on ne peut pas se permettre
14:09d'austérité efficace,
14:11sous réserve
14:13que l'austérité
14:13soit efficace,
14:15en tout cas
14:16d'ajustement budgétaire
14:18significatif,
14:19efficace,
14:20si celui-ci menace
14:22de tuer
14:22le peu de croissance
14:23qu'on a.
14:24Et si vous arrivez
14:26à retrouver
14:26des marges de manœuvre,
14:27à envisager
14:28que la masse salariale
14:29augmente de 1 à 1,5%
14:31l'an prochain,
14:32ou voilà,
14:33là déjà,
14:33vous avez
14:34d'autres projections
14:35qui permettent
14:36d'aborder ces questions-là
14:38dans un contexte différent.
14:39Mais oui,
14:40on a un sujet
14:41de retraite
14:42qui est bien connu,
14:43bien évidemment,
14:44et moins on a de croissance,
14:45plus ce sujet est important.
14:47Oui,
14:47et justement,
14:47j'ai l'impression
14:48que ce genre d'actualité,
14:49ça fait quand même
14:50un certain éveil.
14:52On a l'impression
14:53en tout cas
14:53que le sujet
14:54des retraites
14:54prend de plus en plus
14:55d'ampleur
14:56dans la pédagogie
14:57qu'il faudrait faire
14:58sur le plan économique.
15:00qu'est-ce que...
15:02On a l'impression
15:02en tout cas
15:02que c'est un peu
15:03rentré dans les consciences
15:04alors que justement
15:05dans cette manifestation sociale
15:07dont vous parliez
15:07dans votre tribune,
15:10on a l'impression
15:11que ça rentre là,
15:11qu'il n'y aura pas forcément
15:12autant d'impact social.
15:15En tout cas,
15:15tout le monde ne serait pas
15:15dans la rue
15:16si on touchait aux retraites.
15:18Ça,
15:18je ne suis pas certain.
15:20Par rapport aux années précédentes.
15:22Mais je pense que
15:22en même temps,
15:23ça fait,
15:23les réformes des retraites,
15:25elles sont depuis
15:26Baladur ou Juppé,
15:27donc ça fait longtemps,
15:28donc il est temps
15:29que ça rentre.
15:29Mais vous avez raison,
15:30je pense qu'il y a
15:30une prise de conscience
15:31sur l'enjeu économique
15:33que ça représente
15:33et derrière l'enjeu,
15:34vous le disiez,
15:35l'enjeu social
15:35qui est lié à ces problématiques.
15:38Pourquoi ça vient maintenant ?
15:40D'abord,
15:40parce que je pense
15:41que le système
15:41est à bout de souffle,
15:42à minces égards
15:43et aussi parce qu'on le voit,
15:45c'est plutôt,
15:46pour le dire très rapidement,
15:47c'est plutôt les jeunes
15:48qui portent ce débat aujourd'hui
15:50parce que vous avez
15:50des nouvelles générations
15:51qui entrent
15:52sur le marché du travail
15:52qui n'ont pas de perspective salariale,
15:54qui ne peuvent pas se loger
15:55parce qu'il n'y a pas
15:56assez de logements,
15:56ça coûte une fortune,
15:57on a tout rationné,
15:59donc évidemment,
16:00la pénurie,
16:00il faut augmenter les prix
16:02et qui par ailleurs
16:02se retrouve avec un système
16:05qui de fait
16:06va exiger d'eux
16:07de financer
16:10une répartition
16:11qu'ils ne peuvent pas
16:12assumer seuls.
16:13Donc de ce fait-là,
16:14il y a effectivement
16:15une prise de conscience.
16:16L'enjeu là aussi,
16:17à mon avis,
16:18c'est de réussir à le faire
16:19sans que ce soit
16:20une guerre des générations
16:21trop brutale.
16:23Oui, c'est sûr,
16:23pour quelqu'un
16:24qui met un petit peu
16:24de cohésion.
16:25Merci à tous les deux,
16:26Véronique Riche-Flores,
16:27économiste indépendante,
16:28présidente de RF Research,
16:29Erwan Lenoan,
16:30fondateur d'Aka Stratégie
16:31et de l'IRF Think Tank.
16:33Merci à tous les deux.
16:33Merci beaucoup.
16:34On passe à la suite
16:35de notre débat éco
16:37sur l'aspect IA,
16:38l'intelligence artificielle
16:39et en quoi ça peut être
16:40moteur de l'économie.
16:41Merci à tous les deux.

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