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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur.

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Transcription
00:01– Bonjour Mélanie et Samuel, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité,
00:04mon invité aujourd'hui est le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, bonjour Laurent Nunez.
00:07– Bonjour.
00:08– À la veille d'une journée de manifestation qui s'annonce importante, 17 octobre,
00:11qui est sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines déjà, contre la vie chère,
00:14c'est des mouvements qui peuvent avoir lieu partout.
00:16D'abord, est-ce que vous vous attendez à une mobilisation importante demain ?
00:19– Oui, on s'attend à une mobilisation assez importante, il y a beaucoup d'appels sur les réseaux sociaux,
00:23on a identifié environ 250 appels à des actions de voix publiques,
00:27et on s'attend à environ 80 cortèges, c'est-à-dire des manifestations de voix publiques revendicatives.
00:33– 80 cortèges autorisés ?
00:35– 80 cortèges qui doivent normalement être déclarés,
00:38moi je ne peux qu'inciter ceux qui vont organiser ces cortèges,
00:41il y a beaucoup d'organisations syndicales à évidemment les déclarer,
00:44ce matin je regardais le bilan, on a un peu plus d'une quarantaine de déclarations,
00:48voilà aujourd'hui les préfets vont recevoir des déclarations,
00:50c'est extrêmement important pour pouvoir organiser ces manifestations de voix publiques.
00:54– Mais ça peut déborder justement ces cortèges autorisés, c'est ça que vous craignez le plus ?
00:57– Oui bien sûr, sur les manifestations de voix publiques on voit bien que dans les grandes villes en tout
01:01cas,
01:01c'est le cas à Paris, ce sera probablement le cas à Rennes, à Nantes, Toulouse, Bordeaux,
01:05on voit que l'ultra-gauche très souvent en fin de cortège provoque des dégradations,
01:09et essaie de faire dégénérer ces manifestations, même quand elles sont déclarées,
01:14donc on va être extrêmement vigilants, on sera extrêmement réactifs s'il devait y avoir des dégradations.
01:18– Vous citez des grandes villes, vous savez que quand on parle du 17 octobre,
01:20on se réfère beaucoup aux Gilets jaunes de 2018,
01:23où là c'était un peu partout dans le pays, ce ne sera pas tout à fait la même chose
01:26?
01:26– Non, il y a d'abord l'appel du 17 octobre à demain,
01:31et c'est vrai que c'est un appel qui a beaucoup été formulé sur les réseaux sociaux,
01:34mais qui a été repris depuis par un certain nombre de syndicats,
01:37de formations politiques qui veulent organiser, je voulais guillemets,
01:40une convergence des luttes,
01:42donc il y a plusieurs types d'appels, plusieurs sortes d'actions,
01:46il y a des actions de rassemblements spontanés,
01:49il y a des appels à des rassemblements spontanés,
01:51puis surtout le plus important sont les manifestations de voie publique,
01:55et je crois que c'est vraiment la voie privilégiée,
01:57puisqu'elle est déclarée en préfecture, elle peut être organisée dans des conditions de sécurité optimales.
02:01– Ce que vous dites Laurent Nunez, c'est qu'on va plutôt vers une journée,
02:03j'allais dire un peu traditionnelle,
02:05plutôt que des blocages sur les ronds-points comme on l'a vu à l'époque des Gilets jaunes.
02:08– Ce n'est pas ce que j'ai dit, j'ai dit qu'il y a plusieurs types d
02:10'appels,
02:11il y a plusieurs types d'actions,
02:14les blocages en font partie,
02:17évidemment le blocage c'est autre chose,
02:19on n'est pas sur une manifestation de voie publique déclarée en préfecture,
02:22s'il devait y avoir des blocages et qu'il viendrait perturber par exemple la circulation,
02:26l'accès à des axes structurants,
02:27évidemment que les instructions que j'ai données au préfet, c'est de débloquer.
02:31– Immédiatement ?
02:32– Bien sûr, bien sûr.
02:32– Justement, quelles sont les consignes données aux forces de l'ordre pour demain ?
02:35– Encadrer les manifestations quand elles sont déclarées,
02:38c'est-à-dire faire en sorte qu'elles se déroulent sans débordement,
02:42intervenir quand il y a des exactions
02:43et s'il devait y avoir justement ces débordements,
02:46notamment des atteintes aux forces de sécurité intérieure,
02:48des tentatives ou des pillages de commerce,
02:50des violences contre les personnes,
02:52il y aura systématiquement intervention.
02:53Et puis pour les rassemblements spontanés de voie publique,
02:56s'il devait y en avoir,
02:57y mettre un terme lorsqu'ils causent un trouble à l'ordre public
02:59et notamment lorsqu'ils entravent la bonne circulation.
03:02– Alors ça intervient à la suite de mobilisations lycéennes
03:05au cours desquelles les grenades assourdissantes ont été suspendues
03:07depuis qu'un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée
03:10par justement une de ces grenades.
03:12Est-ce que ces grenades assourdissantes seront de nouveau autorisées demain ?
03:15– Je les ai suspendues pour un type de grenades assourdissantes,
03:18il y en a plusieurs, c'est un type qui a été suspendu,
03:20celui qui a été utilisé dans les conditions
03:23décrites par le parquet de Béthune à Lens,
03:26donc j'ai suspendu effectivement cette grenade assourdissante
03:28uniquement pour le mouvement lycéen.
03:29Il faut savoir qu'elles sont très peu utilisées.
03:32Demain, s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves
03:35en marge d'un cortège ou ailleurs,
03:38évidemment ce type d'armement peut être utilisé.
03:40– Alors mais comment vous allez faire le tri ?
03:41– Il l'est toujours avec parcimonie, voilà.
03:43– Ok, j'entends bien Laurent Lunez,
03:45mais comment vous allez faire le tri ?
03:46Parce qu'il peut y avoir des lycéens aussi dans les cortèges.
03:48– Non, attention, demain ce sont d'autres types d'actions auxquelles il y a appelés.
03:53– Oui mais il peut y avoir des lycéens aussi ?
03:53– D'autres mouvements, non, non.
03:55– Vous pensez qu'il n'y aura pas de lycéens ?
03:56– Les instructions que j'ai passées sont très claires,
03:58les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser
04:01l'ensemble des armes intermédiaires à leur disposition.
04:04Ça va de la grenade lacrymogène aux lanceurs de balles de défense
04:07dans des conditions qui sont celles d'un contexte d'extrême difficulté
04:12et notamment quand la situation bascule en violence urbaine ou en émeute,
04:15ce qui malheureusement arrive parfois en marge des cortèges.
04:18On l'a vu à Paris ou on l'a vu dans certaines grandes villes.
04:20– S'il y a des jeunes dans ces cortèges, qu'est-ce que vous allez faire ?
04:24Il va falloir faire attention ?
04:26– La grenade assourdissante n'est jamais utilisée en maintien de l'ordre
04:29dans une manifestation quand les choses se passent bien.
04:31Dans un contexte extrêmement dégradé, s'il devait y avoir des affrontements,
04:34je ne veux pas croire que ce soit le cas,
04:36mais s'il devait y avoir des affrontements graves et lourds,
04:38tous les types d'armes intermédiaires peuvent être utilisés.
04:40– Le syndicat de policiers Alliance a porté plainte pour mise en danger de la vie d'autrui.
04:44Ils estiment que les policiers sont envoyés comme une chair à canon,
04:47c'est leur mot, exposés à la violence, à la vindicte
04:50et ils mettent en cause des consignes qui leur sont données sur le terrain.
04:53Quand vous entendez ça, est-ce que vous, ministre de l'Intérieur,
04:56vous dites qu'il y a des consignes qui sont données sur le terrain
04:58qui ne sont peut-être pas au niveau ?
04:59– Non, mes instructions sont respectées partout sur le territoire national.
05:03– Donc ce que dit Alliance est faux ?
05:04– Ce n'est pas ce que je vous dis, laissez-moi terminer.
05:06Je donne des instructions qui sont très claires à l'ensemble des préfets
05:09et des responsables de la hiérarchie policière comme de gendarmerie,
05:13qui est de faire cesser les troubles à leur public
05:15et d'utiliser tout l'armement intermédiaire,
05:19modulo ce qu'on s'est dit sur le mouvement lycéen,
05:20les grenades assourdissantes.
05:22Il m'est effectivement remonté, il m'est effectivement remonté,
05:25qu'ici ou là, certaines consignes ont pu être passées
05:28de ne pas utiliser certains types d'armement.
05:30J'ai procédé fermement au rappel à l'ordre nécessaire.
05:33Il est hors de question de bannir un type d'arme intermédiaire
05:36lorsque les policiers et les gendarmes,
05:38sur la base de mes instructions, vont rétablir leur public.
05:41C'est leur métier, ils le font de manière remarquable
05:43dans un cadre légal et réglementaire,
05:45c'est-à-dire de façon proportionnée.
05:46Et donc je n'ai rien à redire sur les instructions que je passe.
05:49Et dans les cas qui sont cités par le syndicat Alliance,
05:54dont certains, je vous confirme, me sont remontés,
05:57j'y ai mis un terme dans les minutes qui ont suivi
06:00le moment où ils ont été portés à la reconnaissance.
06:02Non, il n'y a pas de sanctions, j'ai rappelé fermement les instructions.
06:04Et c'est dans un nombre de cas limité.
06:06Je voudrais qu'on revienne sur un événement de cette semaine.
06:08Cette semaine, un adolescent de 14 ans à Aubagne,
06:12un collégien attiré sur un principal de collège et une enseignante,
06:15il est fasciné par les true crime communities,
06:18c'est-à-dire les tueries de masse qui ont lieu aux Etats-Unis.
06:21Est-ce que ça, c'est un phénomène qui aujourd'hui est nouveau ou est marginal ?
06:26C'est un phénomène qui est nouveau, je vous le confirme.
06:29Ce sont des jeunes déjà qui s'isolent socialement,
06:34qui sont très jeunes, qui s'isolent et qui n'ont plus de vie que sur les réseaux sociaux
06:38et qui rentrent en contact avec d'autres jeunes
06:40et créent cette espèce de communauté qui existe, la true crime community.
06:44Ce sont des jeunes gens qui glorifient les tueries de masse en réalité,
06:47sur un fond idéologique qui est plutôt à l'ultra-droite.
06:50Plutôt à l'ultra-droite.
06:50Pourquoi plutôt ? Carrément à l'ultra-droite.
06:52Carrément à l'ultra-droite, mais il y a 14-15 ans,
06:55ils ne sont parfois même pas capables de comprendre qu'il y a ce fond idéologique d'ultra-droite
07:01et qui sont en adoration devant des auteurs de tueries de masse,
07:05comme il y a pu en avoir beaucoup aux Etats-Unis et au Canada.
07:07Est-ce que ça vous inquiète ? Est-ce qu'en France, vous voyez une montée de ce phénomène ?
07:11Oui, c'est un phénomène qui monte en France.
07:14On l'a vu avec évidemment le drame d'Aubagne.
07:16Il faut savoir que les services de renseignement spécialisés,
07:18et c'est notamment le cas de la Direction générale de la sécurité intérieure,
07:21suivent quelques dizaines d'objectifs, de jeunes gens,
07:24qui sont dans cette idéologie et qui glorifient les tueries de masse.
07:27Et évidemment, il y a beaucoup d'interpellations et de détections
07:31de ce type de profil qui doit vraiment retenir notre attention.
07:35Beaucoup d'interpellations, vous savez ?
07:36Et surtout, il y en a eu quelques-unes déjà, en amont de préparation d'actes.
07:41Et surtout, ce qui est important, c'est le travail avec l'éducation nationale
07:44pour repérer ensemble ce type de profil.
07:46Laurent Nouniez, merci d'être venu sur le plateau des cas de vérité
07:49à la veille de cette journée du 17 octobre.
07:50Vous avez dit que vous attendez au moins 250 rassemblements
07:53et la plupart sont des cortèges autorisés.
07:55250 actions, 80 rassemblements de voie publique,
07:57manifestations de voie publique.
07:58Autorisés et déclarés. Merci beaucoup.
07:59J'espère déclarer et je lance un appel solennel
08:01à ce que ces cortèges soient déclarés.
08:03Merci beaucoup. A vous, Mélanie.
08:04Merci.
08:04Merci.

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