00:00Les autorités se préparent avant un samedi 17 octobre où tout est sur la table entre renaissance des gilets jaunes,
00:06crainte que viennent s'agréger à la mobilisation nationale des groupes violents,
00:10avec notamment l'ultra-gauche qui serait présente pour bordéliser la mobilisation.
00:17À quoi s'attendent les autorités et les services de renseignement tentent, tant bien que mal, de reconstituer le puzzle
00:25?
00:25Jean-Baptiste Marty nous explique tout.
00:27Oui, et notamment des occupations de ronds-points comme en 2018 ou encore des blocages partiels devant certains supermarchés.
00:34Quelques manifestations sont également déclarées dans plusieurs grandes villes.
00:37C'est le cas à Paris avec un cortège qui s'élancera à 14h de la place de la République
00:42pour rejoindre la place de la Nation,
00:44manifestation à laquelle participeront lycéens et syndicalistes.
00:47Les taxis, eux, entendent faire une opération escargot dans l'agglomération parisienne.
00:52En revanche, interdiction formelle de manifester sur les Champs-Elysées.
00:55Un arrêté a été pris par la préfecture de police.
00:59Les gilets jaunes de leur côté, eux, seront surveillés de très près.
01:02Les autorités redoutent des actions clandestines de leur part très tôt le matin.
01:06Par exemple, des occupations de gares ou encore des blocages sur le périphérique.
01:11Selon les informations d'Europe 1, ils s'organisent depuis quelques jours sur des canaux de messages récriptés.
01:16Certains proposent des places de covoiturage pour arriver discrètement à Paris.
01:20Les autorités veilleront donc au grain.
01:22Des patrouilles de police seront déployées très tôt le matin pour éviter les blocages des principales routes franciliennes
01:28en ce premier jour de vacances de la Toussaint, synonyme de départ.
01:31Il faut saluer les forces de l'ordre qui sont mobilisées chaque week-end
01:36et depuis maintenant plus de deux semaines avec ces violences urbaines en marge des mobilisations lycéennes.
01:43Vous êtes très nombreux à vouloir réagir au 01, 80, 20, 39, 21.
01:48Michel est en direct avec nous et c'est vrai que c'est une question qui est au cœur de
01:52notre émission.
01:53À quoi faut-il s'attendre ? Est-ce que vous allez vous mobiliser demain ou vous craignez des violences
01:57?
01:57Bonjour Michel.
01:59Bonjour Elliot et bonjour à tout le monde.
02:01Alors vous allez vous mobiliser demain, cher Michel ?
02:03Alors demain, je ne vais pas me mobiliser pour la bonne et simple raison.
02:07C'est que je pense qu'on a déjà un scénario bien déjà annoncé bien à l'avance.
02:12J'ai fait partie des Gilets jaunes en 2018 pendant quasiment deux ans.
02:18Je n'ai pas fait toutes les manifestations mais j'en ai fait énormément.
02:23Et en fait, là qu'on nous annonce un retour des Gilets jaunes,
02:26je trouve que c'est un petit peu le bouc émissaire comme ça.
02:29Si ça se passe mal, on va dire que c'est les violents des Gilets jaunes.
02:33Si ça se passe bien, chose à laquelle j'aimerais croire,
02:37mais je n'y crois pas une seule seconde parce qu'en fait,
02:39qu'on voit ce qui s'est passé là dernièrement sur toutes les manifestations des étudiants
02:44qui ont des revendications tout à fait légitimes,
02:47et je l'entends, mais là c'est devenu un foutoir en France.
02:50Je veux dire, quand je vois mille blessés dans les forces de l'ordre,
02:53c'est inadmissible et surtout quand ils sont lâchés par le gouvernement actuel.
02:57Mais bon, j'aurais bien voulu me mobiliser.
02:59Je pense qu'on a tous des revendications légitimes.
03:03Je veux dire, le coût de la vie, le carburant.
03:05A l'époque, on était à 1,40 le gasoil.
03:08Aujourd'hui, on est à 2,30.
03:09Et je trouve qu'on a beaucoup, beaucoup tardé.
03:12Des fois, je me demande même si c'est vraiment des vrais Gilets jaunes
03:16qu'ont lancé ce mouvement, vous voyez,
03:18et si ce n'est pas quelque part un petit peu juste une appellation pour réchauffer.
03:23Mais bon, moi, je n'y crois pas trop.
03:24Je pense qu'il y aura du monde, sincèrement,
03:26et j'espère que ça va se passer dans le calme,
03:29quelle que soit la ville.
03:30Mais il ne faut surtout pas que certains partis politiques
03:34essayent de récupérer le mouvement.
03:36C'est là toute la différence.
03:37C'est le bazar.
03:38C'est là toute la différence avec les Gilets jaunes de 2018.
03:42C'est-à-dire que quand Jean-Luc Mélenchon a voulu préempter la mobilisation,
03:46il n'y avait pas de parti politique.
03:49Mais par contre, une chose que je me souviens,
03:51pour avoir fait beaucoup de manifestations,
03:54il y avait énormément de filtrage.
03:55Combien de fois j'ai été palpé, filtré,
03:57on me faisait ouvrir les bousons, les vestes et tout,
04:00pour ne pas qu'on rentre sur le terrain,
04:02si on avait, on va dire, sur les Champs-Elysées à l'époque,
04:05si on était équipé de matériel non...
04:08Pour tout casser.
04:09Voilà, pour tout casser.
04:10Et là, quand je vois maintenant,
04:12les gens, ils arrivent.
04:13Je ne sais pas de où ils sortent, moi, tous les mortiers.
04:15Bien sûr, mais il faut rappeler,
04:17alors, quelques chiffres,
04:18les chiffres clés des Gilets jaunes.
04:20Je disais, première mobilisation des Gilets jaunes
04:22dans toute la France,
04:23c'était le 17 novembre 2018.
04:25L'acte 1, début du mouvement,
04:27il y avait des blocages sur les ronds-points
04:29et sur les routes partout en France.
04:32Et la mobilisation à Paris,
04:34d'ailleurs, les Gilets jaunes avaient convergé
04:36en direction de la place de la Concorde.
04:38Et dès le premier soir,
04:39il y avait eu des tensions.
04:4124 novembre, il y a une forte mobilisation.
04:44Il y a 166 000 personnes en moyenne,
04:46et notamment sur les Champs-Elysées.
04:48C'est les premières manifestations
04:49sur les Champs-Elysées.
04:51Avec le point culminant de ces violences,
04:54c'est le 1er décembre 2018,
04:56avec les affrontements à Paris
04:58et le saccage de l'Arc de Triomphe.
05:03Je m'en souviens très très bien.
05:04Et vous, vous étiez présent le 1er décembre ?
05:07J'étais là le 1er,
05:08j'étais le 8 décembre,
05:09j'ai d'ailleurs regardé des vidéos,
05:11et je me suis mis avec certains Gilets jaunes
05:14en opposition face à des casseurs
05:17qu'ils voulaient justement s'en prendre
05:19à la flamme du soldat inconnu.
05:21Alors là, ça m'a fait péter un plomb
05:24parce que je me suis dit
05:25qu'on n'est pas là pour ça.
05:26Moi, je veux dire,
05:27on est là pour des revendications.
05:28Et il y a des gens qui étaient là,
05:31ils n'étaient pas là dans l'esprit
05:32de Gilets jaunes.
05:33Ils étaient là pour se taper
05:34une montée d'adrénaline.
05:35Je ne sais pas qui sont ces gens.
05:37C'est les professionnels de la casse,
05:38c'est-à-dire c'est ceux qui ont bazardé
05:40la mobilisation des Gilets jaunes.
05:41c'est qu'ils ne sont jamais interpellés.
05:43Mais parce que c'est des professeurs.
05:45Mais pour le coup,
05:45c'est un peu trivial ce que je veux dire.
05:48Mais c'est un métier.
05:48Ils savent exactement ce qu'ils font.
05:50Ils sont organisés.
05:51Ils arrivent en équipe.
05:52Vous avez des individus
05:54qui s'occupent d'avoir dans les sacs
05:58des vêtements
05:58pour qu'ils puissent se changer.
06:00Vous avez des individus qui...
06:02Je l'ai lu au cours des manifestations,
06:03vous saviez,
06:04ce jour-là,
06:04le 1er décembre,
06:05j'ai été interviewé par le 18-45ème 6.
06:08Ils m'ont demandé mes motivations.
06:10En face de moi,
06:10il y avait les forces de l'ordre.
06:12À l'époque,
06:12parce qu'aujourd'hui,
06:13je suis retraité,
06:14à l'époque,
06:14je travaillais dans la compagnie aérienne nationale.
06:16J'avais un excellent salaire.
06:18Donc, je n'étais pas là pour moi.
06:21J'étais là pour les gens
06:22qui ne peuvent pas venir.
06:23J'avais ma soeur à l'époque,
06:24qui aujourd'hui n'est plus.
06:26Elle était au RSA.
06:27Donc, je me battais pour elle.
06:28Moi, je n'ai pas ces problèmes.
06:31J'ai pu interroger des dizaines
06:33et des dizaines de gilets jaunes,
06:34honnêtes,
06:35qui travaillaient
06:36et qui se retrouvaient
06:37dès le début du mois dans le rouge.
06:39Moi, je repense à une femme
06:40que j'avais rencontrée
06:41qui était gardienne d'immeuble,
06:43qui était femme
06:44qui élevait seule ses enfants,
06:47gardienne d'immeuble
06:48et qui m'avait dit
06:48cette formule
06:49qui a été reprise après
06:50par les politiques.
06:52Elle avait dit
06:52au 15 du mois,
06:53je suis dans le dur.
06:55Voilà.
06:55Je travaille tous les jours.
06:56Et aujourd'hui,
06:578 ans pour faire,
06:58mais évidemment,
06:59c'est pire.
07:00Mais c'est pour ça
07:01qu'il y a une France
07:02qui est en colère,
07:03une France honnête
07:03et une France qui a besoin
07:05que les choses changent.
07:06La France honnête,
07:07on ne l'entend pas.
07:08La seule qu'on voit partout,
07:11sur toutes les infos,
07:13les chaînes d'infos,
07:14les réseaux,
07:15c'est la France qui dégrade,
07:17la France qui casse.
07:18Et quand moi,
07:19je vois,
07:20je veux dire,
07:22pour l'histoire des lycéens,
07:24ok,
07:24tu fais venir
07:25des représentants
07:25des étudiants,
07:26mais c'est marrant.
07:27On n'a pas fait venir
07:28la petite Louise.
07:29Alors quand on l'a fait venir,
07:31elle met tout le monde d'accord
07:32et ensuite elle est venue
07:33à la télé,
07:34mais le ministre
07:35ne l'a jamais reçu.
07:36Ah bah non,
07:36mais le ministre
07:37est...
07:37Alors attendez,
07:38quand on commence à dire
07:39qu'ils ont des revendications
07:41légitimes,
07:42eh bien,
07:43on reçoit tout le monde
07:43ou on ne reçoit personne.
07:45Sinon,
07:45ce n'est pas la peine
07:46de se dire
07:46qu'on est à l'écoute.
07:47Enfin,
07:47moi,
07:47il me semble...
07:48Mais c'est intéressant
07:49d'avoir votre regard.
07:50On gardera contact avec vous
07:52tout au long du week-end,
07:52Michel,
07:53parce que c'est intéressant
07:55d'avoir les gilets jaunes
07:56qui se sont mobilisés
07:57et qui n'étaient pas là
07:58pour casser,
07:59mais qui étaient là
08:00pour exprimer
08:02leur colère
08:03et pour que l'échange
08:04bouge.