00:00Entre 60 et 120 000 manifestants sont attendus dans toute la France, hors Paris.
00:06Et le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, a pris la parole ce matin.
00:12Il réunit d'ailleurs les préfets aujourd'hui à 11h pour faire un point de situation.
00:18Et ils vont réintroduire, vous savez, ce qui avait été suspendu par les autorités,
00:25notamment à la demande d'Emmanuel Macron, c'est les fameuses grenades assourdissantes
00:29qui seront utilisables ce week-end par les forces de l'ordre.
00:33Écoutez.
00:34Demain, s'il devait y avoir des violences urbaines extrêmement graves en marge d'un cortège ou ailleurs,
00:40évidemment, ce type d'armement peut être utilisé.
00:42Mais comment vous allez faire le tri ?
00:43Il l'est toujours avec parcimonie.
00:45J'entends bien Laurent Nouniez, mais comment vous allez faire le tri ?
00:48Parce qu'il peut y avoir des lycéens aussi dans les cortèges.
00:50Non, attention, demain, ce sont d'autres types d'actions auxquelles il y a des...
00:54Oui, mais il peut y avoir des lycéens aussi.
00:55D'autres mouvements. Non, non.
00:57Vous pensez qu'il n'y aura pas de lycéens ?
00:58Les instructions que j'ai passées sont très claires.
01:00Les policiers et les gendarmes doivent pouvoir utiliser l'ensemble des armes intermédiaires à leur disposition.
01:06Ça va de la grenade lacrymogène aux lanceurs de balles de défense,
01:09dans des conditions qui sont celles d'un contexte d'extrême difficulté.
01:15D'extrême difficulté, dit-il.
01:17Et c'est très intéressant de voir comment le journaliste l'interpelle.
01:20Mais il y aura peut-être des lycéens.
01:21Ben oui, il y aura peut-être aussi ma grand-mère.
01:23Mais sauf que...
01:24Non, elle n'y sera pas parce qu'elle est trop fatiguée.
01:26Elle ne peut pas se déplacer, la pauvre.
01:27Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'ils essayent de vendre une mobilisation demain
01:32qui se voudrait une sorte de convergence des luttes,
01:35alors qu'on a bien compris que la mobilisation de demain
01:40est préemptée, alimentée, instrumentalisée par l'extrême-gauche
01:46et des franges parfois ultra-radicales.
01:49Mickaël est en direct avec nous.
01:51Et ça me fait plaisir d'être avec Mickaël,
01:52parce que Mickaël, c'est un gilet jaune de la première heure.
01:55Donc Mickaël, ça me fait plaisir de pouvoir échanger avec un gilet jaune de la première heure.
02:01Moi, je vais vous dire, Mickaël, tous les week-ends que j'ai pu passer sur les ronds-points,
02:05à donner la parole à vous, gilet jaune de la première heure,
02:08c'est des moments que je n'oublierai jamais.
02:11Parce que c'est vraiment...
02:12On était face à des gens qui travaillaient en souffrance
02:15ou qui ne travaillaient plus, mais qui ne demandaient qu'une chose,
02:18c'est de pouvoir bosser.
02:19Sauf qu'ils n'arrivaient pas à trouver une activité qui correspondait à leurs attentes
02:25et à subvenir à leurs besoins.
02:27Donc c'est aussi la France des honnêtes gens huit ans plus tard.
02:30Mais l'intuition que j'ai, c'est que demain, on sera loin,
02:33très loin, et peut-être que je me trompe,
02:35et j'espère me tromper.
02:38Mais si vous voulez, des premières heures des gilets jaunes,
02:41vous en pensez quoi, Mickaël ?
02:42Vous allez vous manifester, vous, demain ?
02:44Alors moi, je n'irai pas manifester parce que, tout simplement,
02:48Emmanuel Macron a été réélu grâce à Jean-Luc Mélenchon
02:52qui a dit tout sauf Le Pen.
02:54Je me rappelle très bien de cette phrase.
02:56Il a fait voter Emmanuel Macron.
02:58Les syndicats aussi ont appelé à voter Emmanuel Macron.
03:02Donc du coup, maintenant, il ne faut pas se plaindre.
03:04Nous avons le Mozart de la finance.
03:07Et qu'est-ce que vous pensez de la manie ?
03:10Par exemple, vous qui êtes un gilet jaune de la première heure,
03:12vous avez gardé contact avec les gilets jaunes
03:14avec qui vous avez pu échanger ?
03:16Vous étiez sur les ronds-points, par exemple, il y a huit ans ?
03:19On était sur les ronds-points, oui, effectivement.
03:21Mais il faut savoir que vous vous êtes arrêté au prix du gasoil,
03:25mais les revendications allaient beaucoup plus loin que ça.
03:29Vous n'en parlez pas.
03:30Mais moi, par exemple, ma revendication première,
03:32c'était la fin des privilèges des élus.
03:34Parce que j'ai 50 ans, et depuis 40 ans faciles,
03:37depuis que je réfléchis un peu plus,
03:40j'ai vu le gaspillage de l'argent public
03:42par tous les fonctionnaires de l'État,
03:44que ce soit les conseillers régionaux,
03:46que ce soit les députés,
03:47entre ceux qui devraient être en prison.
03:49Nous avons vu le gaspillage d'argent public.
03:52Et ça fait 20-30 ans qu'on dit
03:56qu'il va falloir rembourser la note.
03:57Et nous y arrivons aujourd'hui.
03:59Et nous laissons un pays en faillite
04:00à nos enfants et nos petits-enfants.
04:02Vous faites quoi dans la vie, Mickaël ?
04:03Et là, nous sommes en colère pour ça.
04:04Et vous faites quoi dans la vie ?
04:05Je suis coursier.
04:08Je travaille comme tout le monde.
04:10Mais en fait, si vous voulez, les gilets jaunes,
04:12vous vous êtes arrêtés au gasoil,
04:13mais ça va beaucoup plus loin que ça.
04:14Non, mais ça a été l'élément déclencheur, le gasoil.
04:16C'est ça que je disais.
04:17Oui, oui.
04:18Mais vous avez tellement raison.
04:19Parce que si vous voulez, on ne nous écoute pas.
04:20Mais bien sûr.
04:21Et moi, par exemple,
04:22ma revendication première,
04:23c'est la fin des privilèges des élus.
04:24Les élus de la République
04:25qui ont creusé une dette
04:26de plus de 3 000 milliards d'euros de dette,
04:30je ne comprends pas
04:31qu'ils aient encore leurs privilèges
04:32et leur salaire à 8 000 euros, etc.
04:35Les Français ne comprennent plus.
04:36Mais ça, aujourd'hui, il faut en parler.
04:39Sébastien Ligné,
04:39il faut rappeler ce qui s'est passé post-gilet jaune.
04:42C'est-à-dire qu'ensuite,
04:42il y a eu le grand débat national,
04:44qui est peut-être l'une des plus grosses escroqueries,
04:47je mets du guillemet.
04:48Ah non, vous pouvez non pas du guillemet.
04:48Ah si, ce n'est pas une escroquerie.
04:50Non, en guillemet.
04:50Mais c'est la plus belle,
04:54politique, on a fait croire aux Français
04:57qu'on leur donnait la parole
04:59avec les fameuses doléances des gilets jaunes
05:02qui doivent être dans le bureau
05:04du premier des technos
05:06au cinquième sous-sol.
05:07Aux archives.
05:09C'est faire trop d'honneur aux doléances
05:11que de les mettre dans les archives.
05:12C'était une mise en scène soviétique.
05:14Mais qui était à la manette ?
05:15Monsieur Lecornu.
05:16Exactement.
05:17C'est Monsieur Lecornu
05:18qui était à la manette
05:20du fameux grand débat national.
05:22Là, vous avez raison.
05:23En effet, et je pense que c'est l'une
05:24des grandes leçons
05:25que le gouvernement n'a pas retenues
05:26des gilets jaunes,
05:27c'est qu'en effet,
05:28il y avait des revendications matérielles
05:30et il y avait des revendications démocratiques.
05:32Vous parlez des privilèges des élus,
05:34il y avait aussi la question
05:35du référendum d'initiative citoyenne.
05:38Toutes ces revendications-là,
05:39cette idée que cette France,
05:41loin des grandes métropoles,
05:43loin de Paris,
05:43ne se sentait plus représentée là,
05:45cette revendication-là,
05:46très profonde,
05:47a été complètement balayée
05:48par la réponse du gouvernement.
05:49et je pense que ça finira
05:51par revenir comme un boomerang
05:53parce qu'elle existe toujours
05:55et même elle s'est accentuée,
05:56cette fracture démocratique.
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