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  • il y a 5 minutes
Emmanuel Macron prend la parole pour une allocution que vous pouvez retrouver en intégralité ci-dessus :

"Nous nous sommes demandés comment des Français peuvent faire ça à la France. Nous sommes en colère, nous ressentons de la honte. Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l'Office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à Marseille ou attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ? Comment peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie. Rien ne l'explique. Rien ne l'excuse.

Ceux qui ont détruit doivent payer. Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte.

Le gouvernement leur apportera des réponses et dès demain, le premier ministre présidera une cellule de crise pour mobiliser les aides les plus rapides possibles et accompagner celles et ceux qui traversent ces heures si difficiles.

Nos préfets iront jusqu’à interdire certains rassemblements. J’appelle l’ensemble des partis politiques à condamner sans ambiguïté toutes les violences. Le pays a besoin d’ordre, et pas d’escalade


J'exprime le soutien de la nation à nos forces de l'ordre et à nos forces de sécurité intérieure. Elles ont tenu et ont fait de leur mieux.

Nous pensons aux nombreux blessés ainsi qu'à leurs familles. Je veux être ici très clair à l'égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences. Nous serons intraitables. L'écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse ni l'impunité.

Je partirai dès demain dans les pays du Golfe.

Le Premier ministre réunira dans les prochains jours" les partis politiques, les syndicats, les représentants des lycéens et des étudiants. Nous avons besoin de calme et de respect.

Vive la République et Vive la France."

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Transcription
00:00Nous sommes ce soir dans un moment d'une extrême gravité,
00:02après ce que nous avons vécu hier dans de nombreuses villes de France,
00:06en Hexagone comme dans nos Outre-mer.
00:09Hier, samedi 17 octobre, des factieux, issus de groupuscules d'ultra-gauche,
00:15rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes.
00:20Des commerces ont été pillés, des bâtiments publics, des magasins,
00:25des mairies ont été attaqués et pour certains détruits.
00:28Et plusieurs centaines de policiers et de gendarmes ont été blessés.
00:34En regardant ces images, nous nous sommes tous demandés, comptent-ils dans la tête ?
00:38Comment des Français peuvent faire cela à la France ?
00:42Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l'office de tourisme à Lyon,
00:45envahir la mairie à Marseille ou attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ?
00:50Comment peuvent-ils en arriver là ?
00:52Rien ne le justifie, rien ne l'explique, rien ne l'excuse.
00:59Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte.
01:03Voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable.
01:07En votre nom, j'exprime le soutien de la nation à nos forces de l'ordre et à nos forces
01:11de sécurité intérieure.
01:13Elles ont tenu et ont fait de leur mieux.
01:16Nous pensons aux nombreux blessés ainsi qu'à leurs familles.
01:20J'exprime aussi notre soutien à tous nos maires et tous nos élus.
01:25Et je veux dire aussi notre soutien aux nombreux commerçants, artisans, acteurs économiques
01:30qui ont subi les conséquences de ces violences et qui sont aujourd'hui dans le désarroi.
01:36Certains ont défendu eux-mêmes leurs magasins et leurs vitrines face aux délinquants.
01:39Je veux leur dire qu'ils ne seront pas laissés seuls face à ces difficultés.
01:43Le gouvernement leur apportera des réponses.
01:46Et dès demain, le Premier ministre présidera une cellule de crise pour mobiliser les aides les plus rapides possibles
01:52et accompagner celles et ceux qui traversent ces heures si difficiles.
01:57Il faut être lucide.
02:00Hier, nos forces de l'ordre, malgré leur professionnalisme, ont eu à subir une violence inouïe dans de nombreuses villes
02:09à plusieurs reprises.
02:12J'ai demandé au gouvernement d'en tirer toutes les leçons en matière de renseignement et d'anticipation
02:17et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire.
02:20J'attends des réponses claires et toute la transparence sera faite.
02:25C'est ce que j'ai demandé au ministre de l'Intérieur.
02:28Les enquêtes seront conduites avec toute la diligence nécessaire le plus rapidement possible
02:33et la plus grande fermeté a été demandée au procureur par le garde des Sceaux.
02:37Le suivi judiciaire doit être exemplaire.
02:41Nos juges rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez.
02:47Chaque fois que des infractions sont commises, elles doivent donner lieu à des suites judiciaires appropriées.
02:52Ceux qui ont détruit doivent payer.
02:54Ceux qui ont pillé doivent rembourser.
02:56Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre.
03:01Il faut aussi regarder lucidement ce qui s'exprime dans le pays.
03:05Hier, plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes ont manifesté
03:09avec la volonté de porter des revendications légitimes.
03:13Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé.
03:19Ces manifestants ont fait part d'une inquiétude sur le coût de la vie, sur le prix des carburants,
03:24qui trouvent leur source dans le conflit lancé dans le golfe Persique,
03:27auquel la France n'a pas pris part et dont nous subissons les conséquences.
03:31Je comprends parfaitement leur inquiétude.
03:34Elles s'expriment d'ailleurs aussi dans plusieurs autres capitales en Europe.
03:38A ce titre, j'ai pris plusieurs initiatives au niveau international
03:41pour garantir notre carburant, notre gaz et agir sur les marchés de l'énergie.
03:47Et je poursuivrai ces actions dès demain matin en allant dans les pays du Golfe
03:51pour sécuriser nos approvisionnements.
03:53Le Premier ministre et le gouvernement ont également pris des décisions
03:57en lien avec les distributeurs de carburants
04:00pour que ces efforts se répercutent concrètement sur les prix.
04:04Le gouvernement fait le maximum pour que cette question essentielle du pouvoir d'achat soit traitée.
04:09Et je sais que les Français attendent des résultats concrets et nous continuerons à agir.
04:14Depuis plusieurs semaines aussi, notre jeunesse exprime une angoisse profonde
04:18dans les lycées comme dans les universités.
04:21Une inquiétude sur l'avenir, sur les conditions de vie et d'études,
04:24sur la capacité à s'orienter, à se projeter, à trouver sa place dans la société.
04:30L'idée qu'il n'y aurait pas de futur désirable en quelque sorte.
04:33Je comprends nos lycéens et nos étudiants.
04:36Et ils sont au cœur de mon engagement politique depuis plus de dix ans.
04:40Leur parole doit être entendue sans a priori et sans minimiser les difficultés.
04:46Le travail est déjà engagé par le gouvernement.
04:49Le ministre de l'Éducation nationale s'est mobilisé,
04:51a mis en place une plateforme qui a recueilli plus de 100 000 contributions
04:55qui s'ajoutent aux réunions tenues au niveau des académies et des lycées.
04:59Cela nous permettra de construire avec notre jeunesse des réponses adaptées.
05:05Notre responsabilité est donc double.
05:07Entendre la colère et agir sur ses causes,
05:11et faire respecter fermement l'ordre républicain.
05:15Nous ne devons ni confondre les revendications légitimes avec les violences,
05:19ni laisser les violences empêcher que ces revendications soient entendues.
05:22C'est pourquoi je veux ce soir donner une méthode claire.
05:28Premièrement, dans le contexte actuel,
05:30les préfets prendront les décisions en lien avec les maires,
05:33pour protéger nos villes, nos bâtiments publics et nos commerces,
05:36y compris en allant jusqu'à interdire, quand il le faut,
05:39certains rassemblements et en prenant toute action nécessaire.
05:43Deuxièmement, j'appelle l'ensemble des partis politiques,
05:46des organisations professionnelles et syndicales,
05:49à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme.
05:55Chacun doit prendre ses responsabilités.
05:58Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade.
06:02Le Premier ministre réunira dans les prochains jours ses formations
06:05afin d'obtenir des positions claires et publiques.
06:10Troisièmement, nous ne pouvons pas demander à notre jeunesse
06:13de croire en l'avenir sans lui donner la possibilité
06:16de construire les réponses et d'être autour de la table.
06:21Oui, il nous faut nous asseoir autour de la table
06:24et construire ensemble des solutions.
06:25Élèves, étudiants, enseignants,
06:28représentants des organisations patronales et syndicales,
06:32collectivités territoriales, parlementaires,
06:34travailleront dès cette semaine avec le gouvernement
06:37à des propositions concrètes.
06:39Le Premier ministre les réunira dans les prochains jours à cet effet.
06:44Je veux être ici très clair.
06:46À l'égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences,
06:49nous serons intraitables.
06:52L'écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse,
06:56ni l'impunité.
06:57Et mes chers compatriotes,
06:59nous sommes à six mois de notre élection présidentielle.
07:03À six mois.
07:05Et donc tous ceux qui aujourd'hui vous expliquent
07:07que l'urgence est d'aller dans la rue,
07:09de manifester, de créer le désordre,
07:11n'ont qu'un but.
07:12Abîmer la République et voler le débat.
07:15Les choix d'avenir que vous aurez,
07:18que nous aurons à faire dans six mois,
07:20ils sont essentiels.
07:21Et la France est une grande force démocratique.
07:24Elle mérite ces débats.
07:26Ils doivent se faire dans les réunions publiques.
07:29Ils doivent se faire avec les partis.
07:30Et non pas dans la rue, par la violence.
07:33Ils doivent se faire dans les journaux,
07:36sur les plateaux de télévision,
07:37dans les rassemblements pacifiques,
07:39où l'on parle et l'on s'explique,
07:41dans le respect.
07:43Jamais dans le désordre et dans la casse.
07:48Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois.
07:52C'est aussi maintenant qu'elle se joue,
07:54par l'esprit de responsabilité.
07:58Oui au dialogue,
07:59oui à la réponse concrète, de court terme,
08:02et à la préparation des décisions futures.
08:05Mais non toujours à la violence,
08:07quelle qu'elle soit.
08:08Nous avons besoin d'unité,
08:11de calme et de respect.
08:14Vive la République
08:15et vive la France.
08:16Sous-titrage Société Radio-Canada

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