00:00Alors je vous l'ai dit, ce matin on bouscule un peu l'ordre du mag parce que Charline s
00:05'est battue à main nue avec une imprimante et un ordinateur et voilà.
00:10Ça fait beaucoup rire notre championne de MMA qui est juste à côté.
00:15Bon Charline, vous revenez de Revin, c'est une petite ville dans les Ardennes au bord de la Meuse à
00:1920 minutes de Charleville-Mézière.
00:22Et Revin a été l'un des principaux bastions des gilets jaunes en 2018-2019.
00:26Et quand j'ai proposé aux habitants de se réunir, Patricia a dit oui tout de suite.
00:31C'est une figure du mouvement.
00:33Alors je dis figure parce qu'elle a encore ses deux yeux.
00:36Ce qui n'est pas le cas de tous les gilets jaunes.
00:38Il faut dire qu'à l'époque on avait déjà une truffe à l'intérieur, c'était Christophe Castaner,
00:42qui avait pour secrétaire d'Etat une sous-truffe qui s'appelle Laurent Nouniez déjà.
00:45Alors quel bilan Patricia dresse des mobilisations de gilets jaunes il y a 7 ans ?
00:49On n'a pas été entendues donc voilà.
00:51Et pourtant on en a pris plein la tête, que ce soit à Revin, à Charleville, à Reims, à Paris.
00:58Les jeunes aussi s'en ont pris.
01:00Et là trois lycéennes s'approchent pour rentrer dans la conversation.
01:03Et elles ont dialogué avec Patricia devant mon micro, témoin de la convergence des luttes, celle des gilets jaunes.
01:09Alors côté jaunes donc il y a Mélissa, Julia et Lily du lycée Jean Moulin de Revin.
01:14Elles sont venues dans l'idée de saisir le micro, mais ça tombe bien, le principe de mon émission c
01:19'est de le redonner.
01:19Et Julia veut parler de Parcoursup.
01:21On est réduit à un dossier, on est même jugé parfois par nos origines, d'où on vient, de notre
01:27sexe, de notre religion.
01:29Mélissa tu veux reprendre la parole peut-être là-dessus ?
01:31Par exemple si moi j'aimerais bien aller faire des universités vers Paris, etc.
01:35Mon dossier il sera peut-être pris moins en compte.
01:38Et puis c'est ça en fait nos inquiétudes.
01:40Puis on est pressurisés, franchement c'est un peu intense quand même.
01:43Parcoursup qui fait la discrimination je pense.
01:45Il faut le voir comme une simulation de la vie active je pense.
01:48Et en effet quand on est lycéenne à Revin, des études à Paris semblent donc inaccessibles.
01:52En tout cas le mouvement des lycéens renvoie Patricia, elle, en 2019.
01:56La grenade de désencerclement c'est sa petite Madeleine de Proust et elle s'est adressée aux filles.
02:00Et puis quand on vous voit manifester comme ça, moi je me revois avec mes banderoles et tout ça.
02:06Et je dis ça sert à rien quoi.
02:08Parce que nous, ça a duré, duré, samedi sur samedi.
02:12Et je refaisais les banderoles.
02:14Ils nous les brûlaient, ils nous les arrachaient.
02:16Et je les refaisais.
02:18C'est vrai que c'est bête parce que les banderoles de 2019 pourraient encore servir aujourd'hui puisque rien
02:22n'a changé.
02:23Tu remplaces non au gasoil à 1,50€ le litre par non au gasoil à 2,30€ le litre.
02:27Et c'est bon.
02:28Il faut refaire la banderole, il faut changer le prix.
02:31Vraiment rien n'a changé.
02:32On essayait de ne pas casser rien du tout.
02:34Bon à Paris, on y allait pacifiquement.
02:37Mais ce n'était pas nous qui cassions.
02:38C'était des Black Blocs qui cassaient tout.
02:40Mais ce n'était pas les gilets jaunes.
02:42Et donc vous qui sont mêlés dans vos mouvements, c'est les mêmes.
02:46Il faut s'en éloigner.
02:47Il faut gruger.
02:48Il faut gruger pour éviter les flics aussi.
02:50C'est un petit peu le jeu du chat et de la sirène, je dirais.
02:53Je rappelle qu'on a enregistré l'émission 48h avant la journée du 17.
02:58C'est là qu'on voit l'expertise de Patricia en matière de manifestation.
03:01Vous voyez, c'est elle qu'on devrait voir sur les plateaux télé à la place Alexandre Jardin quand même.
03:05Alors d'autant que Patricia soutient pleinement les lycéens.
03:07Et elle se tient à disposition s'ils ont besoin de conseils pour l'organisation.
03:11Ça lui rappelle des souvenirs.
03:12Nous c'était le QG, le camping-car.
03:14Je cuisinais, je refais des litres et des litres de café.
03:17J'avais fait les gâteaux la veille pour soutenir les revendications.
03:21Mais oui, je ne vois vraiment pas pourquoi on dit que le rapport de force est disproportionné.
03:24D'un côté, ils ont des LBD.
03:26De l'autre, Patricia, elle a une cafetière.
03:30Une cafetière avec du café brûlant.
03:32Comment peuvent-ils en arriver là ?
03:34Je ne sais pas, le café brûlant c'est terrible.
03:35Mais pour les lycéennes, c'est comme ça que la convergence commence.
03:38Avoir le soutien des personnes comme vous, des adultes.
03:41Nous soutenir parce qu'on est jeunes et peut-être qu'on ne connaît pas finalement
03:44qu'est-ce que c'est de faire des manifestations et de revendiquer ses droits.
03:47Et c'est important que vous soyez avec nous finalement et que vous soyez là.
03:50Le 17, on sera là.
03:54Et dans les prochaines manives, vous irez ensemble.
03:56Avec plaisir.
03:57Alors Patricia, je l'ai appelée hier soir pour savoir comment s'était passé le 17 à Revin.
04:01Elle m'a dit qu'elle avait eu plaisir à retrouver des gilets jaunes qu'elle n'avait plus vus
04:05depuis 2019,
04:06qui s'étaient disséminés dans le cortège auprès des jeunes, qui veillaient sur deux.
04:10Et elle m'a dit joyeusement, on a convergé.
04:12Comme quoi, pour veiller sur la jeunesse, il faut davantage faire confiance aux gilets jaunes qu'aux gilets pare-balles.
04:19Charline Vanhoenacker.
04:20Voilà.
04:20Bon, Parcoursup qui discrimine les élèves en fonction de la religion, je ne suis pas tout à fait sûre.
04:24Mais ça dit que les mômes sont super flippés.
04:27Et ça, il faut les écouter.
04:28Et ça, il faut les écouter.