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  • il y a 2 jours
Ce lundi 19 octobre, Sandra Gandoin a reçu Nathalie Obadia, fondatrice de la Galerie Nathalie Obadia et essayiste, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprise, leadership, la méthode.
00:11Sandra Gondoyne
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprise, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:19Une demi-heure avec un leader qui nous explique comment il dirige, son parcours, sa méthode, les clés de sa
00:26réussite,
00:27les épreuves qu'ils l'ont forgée aussi, quel meneur est-il aujourd'hui ?
00:31BFM Entreprise, c'est avec Nathalie Obadia.
00:35BFM Entreprise, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:40Bonjour Nathalie Obadia.
00:41Bonjour.
00:42Ravie de vous recevoir dans cette émission Leadership.
00:45Je suis contente parce qu'on va enfin parler d'un secteur qui est souvent absent de l'actualité
00:51et pourtant il s'y passe des choses incroyables, c'est le monde de l'art.
00:55Vous êtes galeriste française, spécialisée dans l'art contemporain, vous êtes essayiste,
01:00vous connaissez le secteur, ça fait longtemps que vous y êtes et vous l'avez vu évoluer.
01:05On va évidemment revenir sur votre parcours, mais pour vous déjà, quelle est la définition du leadership ?
01:13C'est de s'extraire de l'anonymat, c'est de s'extraire d'une ambiance un peu courante
01:20et de montrer que chacun de nous, en ce qui me concerne, ce sont les artistes en tout cas,
01:26que je choisis de défendre, sont des personnalités importantes, singulières
01:30et qui méritent pour la France, pour aussi la création en tant que telle,
01:35d'être connues, d'être défendues et donc d'être présents dans des lieux prescripteurs
01:41que sont la Binal de Venise, des collections publiques comme le Centre Pompidou
01:45et d'arriver dans des musées américains, par exemple.
01:48On va regarder comment vous en êtes arrivée là, à représenter justement ces nombreux artistes français
01:54et d'avoir cette place que vous avez dans le secteur de l'art.
01:56Vous êtes née à Toulouse, qu'est-ce qui vous a amenée vers l'art,
02:01déjà dans votre scolarité, dans votre enfance ?
02:03Alors, je suis née à Toulouse et ensuite, avec mes parents,
02:07nous avons vécu dans plusieurs villes de province,
02:09puisque nous appelions la province à l'époque,
02:12donc à Lens, près de Nantes, puis ensuite à Nantes.
02:15Mais on a toujours eu un pied-à-terre à Paris,
02:17ce qui permettait à mes parents justement de commencer à visiter les galeries d'art contemporain
02:22dans les années 70 et de collectionner.
02:25Et j'ai vu effectivement mes parents s'émanciper, s'ouvrir intellectuellement
02:30grâce à la visite de ces galeries d'art contemporain,
02:33de discussions avec les directeurs de galeries,
02:36avec les artistes que mes parents fréquentaient.
02:39Et puis, nous allions visiter les musées d'art contemporain,
02:42qu'à l'époque, c'était Stage League à Amsterdam,
02:45c'était la collection de Ludwig, qui était à Aix-la-Cabelle.
02:48Et je me suis dit, tiens, c'est vraiment un secteur tout à fait intéressant
02:52de croisement entre la création, entre les affaires, entre business,
02:56même si on n'appelait pas ça au départ comme ça.
02:58Et puis, j'ai décidé, tout en poursuivant des études classiques,
03:02de droit, puis en plus de Sciences Po,
03:04mais dès l'âge de 14-15 ans, j'ai fait des stages dans les galeries,
03:07pendant les vacances scolaires.
03:09Et ensuite, à l'issue de mes études, j'ai travaillé tout de suite,
03:12dès 88, dans une galerie d'art contemporain,
03:14chez Daniel Tampon, avant d'ouvrir ma propre galerie en 1993.
03:18On va y revenir, mais c'est vrai que vous baignez littéralement là-dedans.
03:21Il n'y a pas un moment où vous avez eu envie,
03:24professionnellement, de faire autre chose.
03:25C'est la passion qui vous a emmenée tout de suite
03:28vers le travail dans ce secteur.
03:30Tout à fait.
03:31J'ai lu très tôt les revues d'art,
03:33donc mes parents étaient évidemment abonnés à Connaissance de Zart,
03:36à Opus, à Artpress.
03:38Lorsque nous venions à Paris, j'avais un petit carnet,
03:41je cochais toutes les expositions que je devais voir dans les galeries.
03:44Il faut le rappeler, les galeries sont des accès gratuits.
03:47Donc, si vous voulez, pour des adolescents,
03:48et encore aujourd'hui, c'est très important
03:50de pouvoir visiter une quinzaine, une maintaine,
03:53une trentaine de galeries,
03:54d'aller dans les musées,
03:56le Centre Pompidou, qui a ouvert en 1977,
03:59le Grand Palais, qui faisait déjà des expositions d'art contemporain,
04:02des voyages que j'ai faits très rapidement à l'étranger.
04:04Donc, voilà, c'était vraiment ce que je souhaitais faire.
04:06Et quand, d'ailleurs, j'ai passé mon oral d'admission à Sciences Politiques,
04:10j'ai dit à ce jury que je voulais, à l'issue de mes études,
04:13ouvrir, justement, une galerie d'art contemporain,
04:15puisque c'était une entreprise culturelle à vocation internationale.
04:18Et c'est intéressant de vouloir ouvrir une galerie,
04:20parce que vous le dites, vous êtes passée par d'autres galeries avant,
04:23mais non, vous voulez la vôtre.
04:24Vous voulez être patronne, vous voulez vous-même,
04:26finalement, je pense, choisir les artistes que vous mettez en avant.
04:31Donc, votre première galerie, c'est en 1993 à Paris.
04:34Qu'est-ce qui vous donne cette envie ?
04:36Parce qu'être patron, ouvrir son propre site,
04:39c'est aussi prendre des risques.
04:40Oui, mais c'est justement la richesse, je pense, de toute entreprise,
04:46mais aussi dans le secteur culturel,
04:47c'est qu'il faut prendre des décisions,
04:49il faut croire en ses convictions,
04:52et comme je le dis, mon rôle est d'influencer les gens influents.
04:56Donc, c'est-à-dire, tout de suite, à partir du moment où on décide de défendre un artiste,
05:00c'est le faire connaître auprès de la critique d'art,
05:03auprès des conservateurs de musées, des collectionneurs influents,
05:06de pouvoir le montrer dans les foires, justement, prescrits pristes.
05:09Voilà, il y a tout ce travail qui, finalement, encore maintenant,
05:13après 33 ans de galerie, fait que chaque matin,
05:15il y a des déchets à surmonter.
05:17Et ça, je trouve très gratifiant,
05:20ce travail que je partage avec l'équipe de la galerie
05:23pour, justement, faire en sorte que les galeries,
05:25que les artistes que nous choisissons de représenter
05:27soient sur le devant de la scène.
05:29Vous ouvrez donc en 93,
05:31mais vous ouvrez plus grand dix ans plus tard,
05:33près du centre Georges Pompidou,
05:35puis une galerie à Bruxelles,
05:37puis une deuxième adresse parisienne.
05:38Comment on grandit ?
05:39Comment on fait évoluer sa vie professionnelle,
05:42justement, en faisant connaître le travail artistique des artistes ?
05:46C'est justement un défi quotidien
05:48qui est de faire en sorte d'être le meilleur
05:51et de faire en sorte que les artistes
05:53qu'on a choisi de représenter soient les meilleurs.
05:56Donc, effectivement, petit à petit,
05:58le fait de vendre les œuvres d'art à un prix plus élevé,
06:01parce que précédemment, on a pu les faire entrer
06:04dans des collections privées au public importantes,
06:07que l'artiste est désiré,
06:09donc les nouvelles œuvres qui arrivent sur le marché
06:11on peut se permettre d'augmenter le prix,
06:13qui effectivement, à la fin,
06:14enfin aujourd'hui, j'ai une quarantaine d'artistes
06:17qui sont défendus par la galerie,
06:20de la scène française, mais aussi des étrangers,
06:22fait qu'on a plus de moyens pour les aider à produire,
06:26pour les aider à faire un travail.
06:28Alors là, c'est le cœur de notre travail,
06:30c'est justement de faire en sorte
06:32que les artistes soient présents
06:34dans des événements très importants.
06:35Donc, dans les grandes biennales,
06:36puisqu'aujourd'hui, il y en a plusieurs dans le monde
06:38qui sont très importants,
06:39de les vendre dans les musées vraiment très importants.
06:42Donc, ça demande de l'énergie,
06:43ça demande un personnel qualifié, important.
06:47Il faut participer aussi à une dizaine,
06:49voire 12, 15 foires par an.
06:51Donc, c'est...
06:52C'est une vie de voyage.
06:53C'est une vie de voyage, c'est une vie d'endurance.
06:59Donc, petit à petit, effectivement,
07:00il faut offrir aussi aux artistes les meilleurs outils.
07:03Donc, de très beaux espaces, comme à Paris ou à Bruxelles,
07:06des beaux stands sur les foires,
07:09pouvoir les accompagner dans des productions,
07:11dans des publications de catalogues,
07:12et puis le rassurer, évidemment,
07:14puisque en dehors des salariés de la galerie,
07:16j'ai aussi la responsabilité de faire vivre,
07:20d'une certaine manière,
07:22les artistes que j'ai choisi de représenter.
07:24Avant de revenir sur, finalement,
07:27la géopolitique de l'art,
07:29que vous m'expliquiez juste avant l'émission,
07:32c'est très intéressant.
07:32Dites-nous un peu ce que représente, aujourd'hui,
07:35ce secteur de l'art et des galeries français
07:39dans le monde ?
07:40Alors, c'était un petit peu ce qui m'a, justement,
07:43incité à faire le premier ouvrage
07:44que j'ai écrit en 2019,
07:46qui était « La géopolitique de l'art contemporain »,
07:48qui est réactualisé,
07:49parce que les choses bougent,
07:52un petit peu, on va dire.
07:54J'ai été très frappée, évidemment,
07:56en tant qu'actrice,
07:57en étant participant dans des grandes foires internationales,
07:59de voir que la France,
08:00c'était une galerie française,
08:02eh bien, on était à la marge.
08:03C'est-à-dire qu'il y avait,
08:05depuis, on va dire, les années 50,
08:07ça serait trop long d'expliquer tout.
08:08Depuis les années 50, 50, 60,
08:12une mainmise, on va dire,
08:13sur le marché de l'art, quand même,
08:14des États-Unis,
08:15avec, après, un duopole
08:16qui s'est installé avec la RFA, à l'époque,
08:19avec la place de Cologne.
08:21Donc, il y avait ce duopole.
08:22Ensuite est arrivé Londres,
08:24donc la place du Royaume-Uni.
08:25Donc, il y avait ce trio, on va dire,
08:27anglo-saxon,
08:28et qui laissait la France un petit peu,
08:29pour différentes raisons politiques,
08:32esthétiques,
08:32qui sont tout à fait passionnantes,
08:33mais qui sont vraiment plus longues à expliquer.
08:35La France était marginalisée.
08:37Nous représentions 2 à 3 % du marché mondial.
08:40Et puis, petit à petit,
08:42les choses ont évolué,
08:43aussi par différentes actions.
08:47Déjà, un changement dans l'esthétique
08:49des artistes français,
08:50de la scène française qui était représentée,
08:52le fait qu'il y ait de plus en plus
08:53de collectionneurs français
08:55qui ont commencé à collectionner
08:57l'art contemporain.
08:58Donc, ça, c'était une demande.
08:59Une demande, et ça, c'était très important.
09:01Nous étions très en retard.
09:02Nous avions des collectionneurs
09:03d'art classique, d'art moderne,
09:04mais il n'y avait pas de figure
09:05d'art contemporain.
09:06Et je veux dire
09:07que la première locomotive pour nous
09:08a été François Pinault.
09:10Lorsque François Pinault
09:10est apparu dans les années 90
09:12comme un des grands acteurs
09:14de l'art contemporain,
09:15en plus en achetant
09:16en presse Christie's en 1999,
09:19voilà, on s'est fait
09:19un peu mieux connaître.
09:21On avait enfin,
09:21et il a entraîné derrière lui,
09:23d'autres personnalités
09:24qui ont acheté de l'art contemporain.
09:26Puis après, Bernard Arnault
09:26aussi est arrivé,
09:28et tant d'autres,
09:29aussi des professions
09:30comme les professions libérales,
09:32des professions comme des avocats,
09:33les banquiers d'affaires
09:34qui ont commencé d'abord
09:36à gagner aussi plus d'argent
09:37dans les années 90, 2000
09:39et qui ont pu acheter
09:40de l'art contemporain.
09:41Voilà.
09:41Donc ça, c'est vraiment
09:42ce qui a changé.
09:43Et puis à côté de ça,
09:44les galeries forcément françaises
09:46ont grandi,
09:48sont devenues plus importantes,
09:49plus structurées.
09:50Et comme aujourd'hui,
09:51le marché français
09:51est vraiment très actif,
09:54qu'il est aussi,
09:55Paris est une place
09:56centrale,
09:57surtout avec le Brexit
09:59qui a quand même pénalisé Londres,
10:01le fait que l'Allemagne
10:02aujourd'hui a des difficultés,
10:03la France monte.
10:05Et aujourd'hui,
10:05nous sommes entre 7 et 8%.
10:08Nous représentons 7 à 8%
10:09du marché mondial,
10:11voilà,
10:12des œuvres d'art.
10:13Et les galeries,
10:14parce qu'il y a des ventes
10:14aux enchères,
10:15les galeries,
10:16les galeries aujourd'hui
10:18génèrent à peu près
10:192,5 milliards de chiffres d'affaires.
10:21Je ne parle pas des ventes
10:22aux enchères.
10:22Donc c'est quand même important.
10:24C'est considérable.
10:25Sans compter,
10:25après,
10:26tous les autres emplois
10:28qui sont autour,
10:29les encadreurs,
10:30les transporteurs,
10:31ces foires,
10:32les foires qui font que,
10:33évidemment,
10:34nous payons des stands.
10:35Donc plus il y a
10:37de galeries performantes,
10:38et plus il y a des foires
10:39qui peuvent exister
10:40et se multiplier à Paris.
10:42Et il y a cet événement,
10:44Arbazel,
10:44à Paris,
10:45en ce mois d'octobre,
10:46c'est au Grand Palais.
10:47C'est au Grand Palais.
10:47Vous exposez dans tous
10:48les Arbazel du monde
10:50celui de Paris.
10:51Qu'est-ce qu'il a de différent ?
10:52Qu'est-ce qu'il a d'intéressant ?
10:54Alors,
10:55Arbazel Paris,
10:56il faut expliquer
10:57que cette foire existe,
10:58Arbazel Paris existe
11:00depuis 3-4 ans,
11:00qu'auparavant,
11:01c'est, on va dire,
11:02le créneau de la FIAC.
11:04C'est le FIAC,
11:06Foire internationale
11:06d'art contemporain,
11:07qui a été créée en 1973,
11:09qui avait effectivement lieu
11:10au Grand Palais
11:11et qui était une réponse,
11:13on va dire,
11:13à la création d'Arbazel.
11:15Arbazel,
11:16puisqu'on peut maintenant
11:16l'appeler comme ça,
11:17qui a été créée en 1970.
11:19Donc,
11:19cette foire internationale
11:21de l'art contemporain
11:22a permis à la France,
11:23justement,
11:23de revenir,
11:24d'arriver sur la scène
11:25de l'art contemporain,
11:27aux côtés,
11:27justement,
11:28de la Suisse
11:29et de l'Allemagne aussi,
11:30qui étaient très actives
11:31à l'époque.
11:32Et elle a connu
11:33des hauts et des bas,
11:35comme aujourd'hui,
11:36Arbazel
11:36ou son concurrent Frise,
11:37on peut en connaître.
11:38Et puis,
11:39bon,
11:39petit à petit,
11:41peut-être qu'il n'y a pas eu,
11:42on va dire,
11:43l'énergie nécessaire
11:44pour répondre
11:45au fait que Paris
11:47devenait quand même
11:47un centre très important.
11:49C'est le centre principal
11:50en Europe,
11:51voilà.
11:52Et donc,
11:52Arbazel a profité
11:54d'un appel d'offres
11:54pour venir s'installer
11:56à la place de la FIAC,
11:57le tout étant porté,
11:59évidemment,
11:59par la décision
12:01des grands acteurs
12:03du luxe,
12:04de l'hôtellerie
12:05à Paris,
12:06en montrant
12:06que le ruissellement
12:07de l'arrivée
12:09d'Arbazel-Paris
12:09sur la capitale
12:11et sur le pays
12:12était vraiment
12:13importante
12:14et qu'il ne fallait pas
12:15en tout cas
12:16ne pas le faire.
12:17Ce qui est intéressant aussi,
12:18c'est que les jours d'avant,
12:19il y a une sorte
12:20de montée en puissance,
12:22justement,
12:23juste avant Arbazel,
12:24de l'art,
12:26des possibilités,
12:26d'aller visiter.
12:27Il y a tout un,
12:28finalement,
12:28un vivier d'endroits
12:30où on peut se rendre
12:31pour se mettre
12:32dans l'ambiance.
12:32Dans l'ambiance,
12:33c'est ce qu'on appelle
12:33l'Arbazel Week,
12:34alors qu'il existe
12:35à Bâle,
12:36à Bâle-Bâle,
12:37qui existe,
12:37évidemment,
12:38à Miami.
12:38Moi,
12:38j'ai vu cette foire
12:39de Miami
12:39créée par Arbazel
12:41en 2001
12:41changer totalement
12:44l'identité
12:45de la ville.
12:46À Miami,
12:46on ne savait pas trop
12:47s'il fallait y aller,
12:47pas y aller.
12:48Et le fait
12:49qu'il y ait Arbazel,
12:50le monde entier
12:50et tous les Américains
12:52et des tas de foires
12:54s'ouvrent autour
12:55pour justement
12:56bénéficier du Arbazel Week,
12:57plus les éléments
12:58liés à la mode.
12:58Ça aussi,
12:59c'est un élément important
13:00et donc Paris,
13:01évidemment,
13:02joue un rôle central.
13:03C'est ce phénomène
13:05le fait qu'il y ait
13:06effectivement des événements
13:07liés à l'art
13:08et à la mode.
13:09Là, par exemple,
13:10j'ai une artiste,
13:11Laure Pouveau,
13:11qui est invitée
13:12la semaine prochaine
13:13à faire une discussion
13:14avec une autre artiste
13:15chez Max Marat.
13:16Il y a à l'intérieur
13:17d'Arbazel,
13:19Vuitton,
13:20qui a un stand
13:22et qui propose
13:23des présentations.
13:24Donc,
13:24s'il voulait,
13:25dès samedi,
13:26on va dire,
13:27dès samedi et dimanche,
13:28il va y avoir
13:28des événements
13:29dans des musées,
13:30dans des enseignes de luxe,
13:32chez des collectionneurs,
13:34dans des galeries
13:35pour attendre,
13:36on va dire,
13:36l'arrivée du vernissage
13:38qui commence dès mardi.
13:39Qu'ont les artistes français
13:41aujourd'hui à offrir ?
13:43Qu'est-ce qu'ils ont
13:44de spécial ?
13:44Vous disiez
13:45qu'il y avait
13:45un décalage avant,
13:46qu'ils n'étaient pas
13:47forcément connus
13:48ou mis sur le devant
13:49de la scène.
13:49Aujourd'hui,
13:50est-ce qu'ils ont
13:51des atouts
13:51par rapport aux artistes
13:53des autres pays,
13:55justement ?
13:56Plus que des atouts,
13:58des singularités.
13:59Donc,
14:00autant nous avons vécu
14:01une période,
14:03on va dire,
14:03entre les années 80,
14:05début des années 2000,
14:06où il y avait
14:06une espèce de diktat
14:07de l'artiste post-constituel,
14:09une espèce d'exception
14:11culturelle
14:11de l'artiste français
14:12qui était sollicité
14:14par des commandes publiques,
14:15qui était plutôt
14:17en dehors du marché.
14:19Voilà,
14:19il y avait une espèce
14:21de petite image
14:21comme ça,
14:21l'artiste ne doit pas
14:22être bourgeois,
14:23ne doit pas vendre
14:23aux bourgeois.
14:24Donc,
14:25il y avait très peu
14:25de peintres,
14:26par exemple,
14:27qui étaient mis en avant.
14:28Et puis,
14:28il y avait l'absence
14:29de ces collectionneurs
14:29qui n'étaient pas connus.
14:32Donc,
14:32il y avait un marché privé
14:33quand même assez petit,
14:36très embryonnaire.
14:37Et tout ça a changé.
14:38Aujourd'hui,
14:39il y a des artistes
14:39justement qui présentent
14:41une singularité
14:42dans leurs propositions,
14:43qui sont beaucoup plus libres.
14:45Et complexes.
14:46Voilà,
14:46exactement.
14:47Qui aussi ont compris
14:49les codes
14:49de reconnaissance internationale
14:51qui parlent anglais,
14:52qui vont faire des bourses
14:53dans des pays
14:54aux Etats-Unis,
14:56en Allemagne,
14:57en Asie,
14:58qui sont libérés
15:00justement de ces dictates
15:01esthétiques
15:02qui pratiquent la peinture,
15:03mais qui peuvent faire
15:04la tapisserie,
15:05qui peuvent faire de la vidéo.
15:06Ils sont beaucoup plus libres
15:07aux pays formes.
15:07Il y a moins d'étiquettes.
15:08Moins d'étiquettes,
15:09voilà.
15:09Et puis,
15:10justement,
15:10je pense cette liberté
15:11et puis cette manière
15:13d'accepter le monde
15:14qui change,
15:14de se dire
15:15je suis invité
15:17à faire un talk,
15:18enfin une discussion
15:19chez Max Marat.
15:20Voilà,
15:20il n'y a rien
15:21d'honteux à le faire
15:22puisque ça fait partie
15:23d'un ensemble
15:24en tout cas
15:24qui fait rayonner
15:25l'artiste,
15:27le secteur,
15:28Paris,
15:28donc voilà.
15:29Donc il y a une espèce
15:29d'habitude
15:32qui fait qu'on ne se renie pas
15:35en pratiquant
15:36ce genre d'action.
15:37L'acceptation
15:38de l'aide des entreprises,
15:39est-ce qu'il y a le cas aussi
15:40pour d'autres secteurs ?
15:41Tout à fait,
15:41l'arrivée de fondations
15:43comme la fondation
15:45évidemment Louis Vuitton
15:46qui avait été précédée
15:47quand même
15:48de la fondation Cartier
15:49qui aujourd'hui
15:50donc intègre
15:50des très très beaux
15:52bâtiments au Louvre
15:53mais qui a été la première
15:54grande fondation
15:55justement soutenue
15:57par un groupe de luxe.
15:58Nous avons aussi
15:58à Paris maintenant
15:59aussi la collection Pinot
16:00donc nous avons
16:01d'une certaine manière
16:02les trois des plus grands
16:03groupes de luxe
16:05qui ont quand même
16:05leur fondation à Paris.
16:06Ce n'est pas,
16:07voilà,
16:07ce n'est pas
16:08quelque chose d'innocent.
16:09plus on va parler
16:10d'autres actions
16:11comme le fonds Reifers
16:15qui est aussi associé
16:16au monde du luxe
16:17et qui a une fondation
16:20qui fait des très belles expositions
16:21au centre de Paris.
16:22Le rayonnement passe aussi par là.
16:24On va passer à la photo
16:25tout de suite.
16:26BFM Entreprises
16:27Leadership
16:28La Méthode
16:30A chaque invité
16:31qui vient dans cette émission
16:32Nathalie,
16:32je demande d'apporter
16:33une photo.
16:34On va voir la photo
16:35que vous nous avez amenée.
16:36C'est très intéressant
16:37toujours de voir
16:38si les invités
16:39amènent une photo de groupe
16:40ou une photo individuelle.
16:41Là, il y a beaucoup de monde.
16:42Expliquez-nous
16:42ce que c'est que cette photo.
16:44Alors, je dirais
16:44que c'est un des moments
16:45les plus émouvants,
16:48les plus...
16:50voilà,
16:50auquel je suis vraiment attachée.
16:53C'est le jour du vernissage
16:55de la Biennale de Venise
16:57qui est la biennale
16:59la plus importante
16:59de notre secteur
17:00créée en 1893
17:01et qui, malgré ce phénomène
17:03de biennialisation
17:04il y a partout dans le monde
17:05est celle qui reste,
17:07on va dire,
17:07vraiment la plus importante.
17:10Donc, chaque pays
17:11a son pavillon.
17:12La France a un très beau pavillon.
17:14Tous les deux ans,
17:15un artiste français
17:16est appelé
17:16et désigné
17:17par un jury
17:18pour représenter la France.
17:19Et cette année-là,
17:21c'est justement
17:22leur prouveau
17:22qui apparaît
17:23juste ici
17:25qui est aujourd'hui
17:26justement
17:27une des artistes
17:28les plus importants
17:29de la scène française
17:29reconnue
17:30vraiment dans le monde entier.
17:32Par exemple,
17:33elle va exposer
17:34dans les plus grands musées
17:35mais elle vient
17:35d'être choisie
17:37pour faire
17:38une grande installation
17:38dans le nouveau terminal
17:39de l'aéroport
17:41Kennedy à New York.
17:42Donc, c'est quand même
17:43quelque chose
17:43de très important.
17:45Elle a obtenu
17:45un prix
17:46qu'aucun artiste français
17:47n'avait obtenu auparavant,
17:49le Turner Prize
17:50qui est vraiment
17:50le prix le plus important
17:51donné à un artiste.
17:53Elle l'a obtenu
17:54en Angleterre, pardon,
17:55qui était très, très nationaliste.
17:57Et donc,
17:58elle a obtenu ce prix
17:59en 2013.
17:59Et en 2019,
18:01donc moi,
18:01j'ai commencé à travailler
18:02avec elle dès 2014.
18:03Tout a été fait,
18:05je dirais,
18:05avec ma galerie,
18:07avec les personnes
18:07que je connaissais.
18:08J'ai fait un travail,
18:09je le dis,
18:10de persuasion,
18:11de lobbying
18:12pour que cette artiste
18:14représente la France.
18:15Parce que je pense,
18:16justement,
18:16elle représentait
18:17ce nouveau souffle
18:18de la scène française
18:19avec des pratiques
18:21extraordinaires,
18:22aussi bien de tapisserie,
18:23d'installation,
18:24de vidéo.
18:25C'est vraiment une artiste
18:26et on le voit encore
18:27dix ans après
18:28son installation
18:29sur la scène internationale
18:31et qu'elle a un souffle
18:32extraordinaire,
18:33qu'elle sait se réinventer.
18:34Voilà,
18:34donc c'est une personnalité
18:35formidable.
18:35Donc,
18:36nous y sommes arrivés
18:37et ici,
18:38donc,
18:38le jour du vernissage,
18:39vous avez les représentants
18:41de l'Institut français,
18:43voilà,
18:44qui sont,
18:45on va dire,
18:46les...
18:47Oui,
18:48ils donnent de l'argent,
18:50ils sont à l'origine
18:52du jury
18:52pour permettre
18:53cette exposition.
18:54Le ministre de la Culture,
18:56donc,
18:56Francky Ester,
18:57qui était,
18:57donc,
18:58à l'époque.
18:58Derrière,
18:59c'est très important,
19:00c'est Gilles Fouques.
19:00Gilles Fouques,
19:01qui est un grand collectionneur,
19:02qui était dans le jury,
19:03justement,
19:03qui a nommé
19:04leur prouveau,
19:05qui était l'ancien président
19:06de Nina Ricci
19:07et qui a créé
19:08l'Association française
19:09de défense
19:09de l'art français
19:10avec le prix Marcel Duchamp
19:12qui est aujourd'hui
19:12un des grands prix,
19:14enfin,
19:14le grand prix donné chaque année
19:15à un artiste
19:16de moins de 50 ans
19:16de la scène française.
19:18Et vous avez à côté
19:19Martha,
19:20qui est le...
19:21qui est la commissaire
19:22de l'exposition.
19:24Bon,
19:24et puis moi qui suis là.
19:25Donc,
19:25pour montrer que,
19:25vous voyez,
19:28il faut...
19:28tous les efforts
19:29et manquent là aussi
19:31des mécènes
19:32puisque le pavillon français
19:33est financé,
19:35on va dire,
19:36un tiers par,
19:37à peu près un tiers,
19:3840%
19:39par l'État français,
19:40ministère de la Culture,
19:41ministère des Affaires étrangères
19:42et après,
19:43c'est à nous
19:43de trouver les mécènes
19:44et c'est important aussi.
19:46Pourquoi ?
19:47Parce que j'ai vu
19:48que l'époque
19:48où les artistes,
19:50les galeries
19:50n'étaient pas associées.
19:51Voilà.
19:51Et aujourd'hui,
19:52vraiment,
19:52c'est un travail en commun
19:53et nous avons travaillé
19:54dès le jour de sa désignation
19:56pour trouver des mécènes
19:57et d'ailleurs,
19:57c'était la maison Chanel
19:58que j'avais sollicité
19:59en comprenant que cet artiste
20:01représentait quelque chose
20:03et une femme très libre
20:04et que pour Chanel,
20:05c'était bien d'accompagner
20:06cet artiste
20:07et puis d'autres mécènes.
20:08Donc, vous voyez,
20:08elle n'est pas là,
20:09la personne de Chanel,
20:10mais juste pour montrer
20:11qu'on y arrive ensemble
20:12et que pendant trop longtemps,
20:13quand j'ai commencé,
20:14c'était public contre privé
20:16et que maintenant,
20:17voilà,
20:17c'est un dialogue permanent.
20:18Quand on vous écoute,
20:19on a vraiment l'impression
20:20que ce secteur a énormément évolué
20:21sur la totalité de votre activité
20:23entre le moment
20:24où vous avez commencé
20:24et puis le moment
20:25où vous avez réussi
20:26à faire rayonner effectivement
20:28ces artistes.
20:28Ce qui est intéressant,
20:29c'est que vous êtes aussi essayiste,
20:31par exemple,
20:33ce livre,
20:33figure de l'art contemporain.
20:35En quoi c'est important
20:36d'accompagner
20:37le fait d'être galeriste
20:39en plus de le fait
20:41d'écrire des essais de ce genre ?
20:43Alors là,
20:44c'est écrire,
20:46je m'en suis rendue compte,
20:46c'est un besoin.
20:47Voilà,
20:48donc c'est un besoin,
20:49donc j'ai écrit
20:50deux livres
20:51mais j'écris
20:51assez souvent
20:52des chroniques
20:53pour des revues d'art
20:55où on me sollicite,
20:56j'ai écrit un grand article
20:57justement sur l'évolution
20:58de la perception
21:00de la scène française
21:01à l'étranger,
21:01surtout aux Etats-Unis,
21:03dans la revue Slate
21:04qui est publiée
21:06par la Villa Albertine
21:07aux Etats-Unis.
21:07Voilà,
21:08donc c'est vraiment un besoin
21:09comme le fait
21:10de continuer à enseigner
21:11à la science politique
21:11depuis dix ans
21:12parce que c'est formidable
21:13de pouvoir être...
21:14On a l'impression
21:15que votre temps
21:15est extensible.
21:16Oui,
21:17mais de pouvoir
21:18d'être un passeur
21:20d'une certaine manière,
21:21voilà,
21:21de pouvoir partager
21:23en tout cas
21:24mes expériences.
21:26Et donc,
21:27ce livre,
21:28ça c'est 24 personnalités
21:30qui ont,
21:31évidemment,
21:32c'est mon point de vue,
21:33mais je pense
21:34qu'il est à peu près objectif,
21:36on va dire,
21:37j'aurais pu en mettre 50,
21:38mais 24 personnalités
21:40qui ont construit
21:40la scène
21:41de l'art contemporain
21:42international,
21:43voilà,
21:44dont on dit
21:45qu'elle a commencé,
21:45on va dire,
21:46dans les années 60
21:46avec l'apparition
21:47du curateur
21:48de ce nouveau concept
21:50de conservateur
21:50d'art contemporain
21:51avec les grands collectionneurs
21:53que sont évidemment
21:54François Pinault
21:55et la hébreude aux Etats-Unis,
21:56Ludwig en Allemagne
21:58et puis évidemment
21:59des artistes extraordinaires.
22:01Ils ne sont pas tous,
22:02ce ne sont pas tous forcément
22:03des artistes que j'apprécie
22:04mais qui ont marqué.
22:04Que ce soit Boltanski
22:06qui est au milieu
22:06d'un art contemporain
22:09qui est de plus en plus,
22:10on va dire,
22:11opulent et technique
22:12dans la manière de faire,
22:13lui est resté sur le rien,
22:15sur le bricolage
22:15à côté d'un Jeff Koons
22:17que d'ailleurs Boltanski
22:18appréciait beaucoup
22:19qui lui a besoin
22:20de faire au contraire
22:21des œuvres
22:21qui coûtent
22:22un sommet à produire.
22:26c'est toutes ces personnalités
22:28qui forment
22:29le circuit de l'art contemporain
22:30et tous ces acteurs.
22:31Pour terminer
22:32et pour finir
22:34sur une note inspirante,
22:36que diriez-vous
22:36à une femme,
22:38et j'insiste
22:39sur le fait
22:39d'être une femme
22:40qui veut se lancer
22:41dans ce domaine
22:44aujourd'hui,
22:44dans ce secteur-là ?
22:46Qu'est-ce qu'il faut développer ?
22:47Quelle qualité
22:47il faut avoir ?
22:49Comment s'y prendre finalement ?
22:52C'est difficile
22:53parce que ça s'est fait
22:54comme on le disait au début,
22:56c'est une passion.
22:57Je dirais que
22:58j'ai la chance
22:59d'avoir fait
23:00le métier
23:02que je souhaitais faire
23:03mais cette chance
23:04après elle est nourrie
23:04mais je pense que
23:05c'est dans tous les secteurs
23:06et je le dis
23:07tout le temps à mes équipes
23:08comme je le dis
23:08à mes enfants
23:09ou je le dirais
23:09à mes petites-filles,
23:11c'est le travail.
23:12Évidemment,
23:13c'est avoir des objectifs précis
23:14mais c'est le travail,
23:15c'est le fait de croire
23:16d'abord en soi,
23:17ça je pense que
23:18c'est vraiment
23:19de croire en sa force,
23:21de croire en ses qualités
23:22qu'il faut développer.
23:25C'est un peu plus
23:26la patience par exemple,
23:27le fait d'être
23:27plus à l'écoute.
23:29La curiosité humaine
23:30est très importante
23:31puisque
23:32on parle des artistes
23:33avec qui nous sommes
23:33en contact permanent
23:34mais ce sont aussi
23:35les collectionneurs
23:36que nous sollicitons.
23:38Comme je le dis
23:39à mes équipes,
23:39les ventes,
23:40ça s'invente
23:40comme les projets.
23:41Donc si vous voulez
23:41au bout d'un moment,
23:42il faut aller au devant
23:43des personnes
23:44qui seraient susceptibles
23:45de nous suivre,
23:46de nous faire confiance
23:47et de venir acheter
23:48des œuvres
23:49ou de mettre
23:50des œuvres d'artistes
23:50dans des expositions
23:51importantes.
23:52Donc voilà,
23:52il faut quand même
23:53bien connaître
23:55tout cet écosystème
23:56et ça se fait
23:57avec le temps
23:58mais aussi avec le travail
23:59et puis la patience.
24:01De la patience,
24:02de la passion
24:03et du travail.
24:05Je crois qu'il y a
24:06beaucoup d'autres secteurs
24:07qui sont sur les mêmes bases.
24:09Oui, c'est vrai,
24:10effectivement.
24:10Merci beaucoup Nathalie Obadia
24:11d'être venue
24:12dans cette émission Leadership.
24:14Si vous voulez connaître
24:15les méthodes des leaders,
24:17l'émission est évidemment
24:18disponible en replay,
24:19en podcast
24:20et surtout sur tous
24:21nos réseaux sociaux.
24:22On se retrouve
24:23tous les lundis
24:24sur BFM Business
24:25à 11h30.
24:26Très bonne journée.
24:28BFM Entreprises
24:30Leadership
24:30La méthode
24:32sur BFM Business

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