- il y a 8 minutes
Ce lundi 26 octobre, Sandra Gandoin a reçu Patrick Roger, chocolatier sculpteur, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business présente
00:06BFM Entreprises, leadership, la méthode.
00:11Sandra Gondoin.
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:18Une demi-heure avec un leader, un patron qui va nous expliquer comment il dirige, son parcours, sa méthode, les
00:25clés de sa réussite, les épreuves qu'ils l'ont forgée.
00:28Quel meneur est-il ? BFM Entreprises, aujourd'hui, c'est avec Patrick Roger.
00:34BFM Entreprises, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:39Bonjour Patrick Roger.
00:41Bonjour.
00:41Ravi de vous avoir dans cette émission Leadership.
00:44Elle est là, cette boîte absolument mythique, ce vert mythique qu'on reconnaît entre mille.
00:50Vous êtes chocolatier, vous êtes sculpteur, artiste, vous êtes à la tête de cette marque
00:57que le public connaît très très bien.
01:00Je commence toujours cette émission par cette question.
01:03Pour vous, le leadership, le fait de diriger, ça veut dire quoi ?
01:08D'abord, c'est inné.
01:10C'est inné ?
01:11Oui, c'est inné.
01:12Vous êtes né comme ça ?
01:13Je suis né comme ça, directement.
01:15À cinq ans, j'avais la chance de servir aussi.
01:17Donc il y a la notion de commerce, mais surtout de service.
01:21Je ne fais que de comprendre cette histoire.
01:23Est-ce que vous me posez des questions ?
01:25Oui, c'est vrai, mais c'est intéressant de vous suivre au long cours.
01:29On vous connaît bien Patrick Roger et puis vous ne vous cachez pas dans les médias.
01:33Moi, j'aimerais bien savoir dans cette émission d'où ça vient, où ça a commencé,
01:37à partir de quel moment vous vous êtes dit, c'est cette matière-là que je vais travailler
01:41et en plus, ça va être ma boîte.
01:43Oui, alors ça, c'était évident, ça sera mon entreprise.
01:46Je ne pouvais être que comme ça.
01:47Je ne peux pas être simplement chef quelque part.
01:49J'ai besoin aussi d'avoir de l'argent pour décider où on met l'argent.
01:53C'est ça qui est le plus important.
01:55Et ça me permet de ne pas avoir de limites.
01:57Donc je n'ai pas de limites dans cette connerie, ça c'est sûr.
02:00Ça va trop loin, on va le redire.
02:01Mais quand on achète la pistache, par exemple, à 57 000 euros la tonne
02:05et qu'on vendait 90 000 la tonne, on a un vrai problème.
02:09Mais je suis libre et je me suis toujours dit, de toute façon, il faut que tu aies les moyens,
02:13sinon j'arrête.
02:14C'est comme mon père, quand il a arrêté de faire de l'alcool local au village.
02:18Il n'y a plus de raison, ça n'a pas de sens.
02:21Donc ça, au moins, on sait d'où ça vient.
02:23Ça, c'est une certitude.
02:24Et la deuxième question, j'ai déjà oublié.
02:26On va y revenir de toute façon.
02:28Mais ça fait 40 ans que vous travaillez dans le chocolat.
02:31Pourquoi vous avez choisi le chocolat spécifiquement ?
02:34Mais je n'ai pas choisi.
02:35J'ai un apprentissage en pâtisserie.
02:37On commence à 2h du matin, 28 jours par mois, à 16 ans.
02:41Et puis à 18 ans, j'arrive à Paris.
02:43Et au bout d'un mois, je me fais virer de la pâtisserie.
02:45Et il m'envoie dans un sous-poste plutôt, et je tombe sur le poste de chocolatier.
02:50Et à partir de là, le chef, je pense qu'il repère 2-3 petits trucs.
02:53Et puis ça n'est comme ça.
02:54J'avais horreur du chocolat.
02:56On n'avait que du chocolat pourri à manger.
02:58Alors qu'aujourd'hui, avant d'arriver, vous m'avez dit que vous en avez mangé déjà combien ce matin
03:02?
03:02Ce matin, j'ai au moins mangé 2 bonnes tablettes, largement.
03:062 bonnes tablettes, et par jour ?
03:07C'est de 8h à 9h.
03:10L'avantage, c'est que j'en mange pas la nuit, ça c'est déjà pas mal.
03:13Et autrement, par jour, entre 600 et puis ça peut être un kilo, mais il faut que j'essaie de
03:17me calmer.
03:18Ça fait beaucoup de calories, mais j'ai besoin de beaucoup de sucre surtout.
03:21Donc c'est le glucose, c'est le glucose qui m'intéresse plus.
03:23C'est un peu comme les sportifs, même beaucoup.
03:26Le Tour de France, je crois qu'ils prennent 8000 calories.
03:29C'est 120 grammes de glucose à l'heure, il me semble.
03:32Et c'est capital.
03:34Dès que t'arrives à l'atelier, ça démarre.
03:36Vous pourriez déléguer ce contrôle qualité ?
03:38Pourquoi vous vous imposez ça, entre guillemets ?
03:41Parler du goût, c'est extrêmement complexe.
03:43C'est quelque chose que l'on a en soi aussi.
03:47C'est vraiment le système digestif qui décide, c'est pas mon cerveau.
03:51J'ai quand même beaucoup de chance.
03:53C'est intéressant la façon dont vous parlez du chocolat.
03:55On va y revenir évidemment.
03:57En termes de business, vous avez été élu meilleur ouvrier de France.
04:00C'était en 2000, c'est ça ?
04:01Ça va être là, le 28 octobre en 2000.
04:05Donc il y a 26 ans.
04:06Ça ne me fait pas rigoler.
04:07Ça a changé quoi ?
04:08Ça a été une étape importante ?
04:10Rien du tout.
04:11Je crois que j'étais chez mes parents.
04:13C'était juste normal, quelque chose de normal.
04:17La façon de le dire, c'est ça qui est important.
04:19C'est normal.
04:20Il n'y avait pas à discuter.
04:21Et surtout de le faire, même si on ne l'a pas.
04:23On apprend tellement.
04:25Quand je m'asquais au concours, il y avait 22 chocolats à faire.
04:28Et je savais en faire deux.
04:30Et puis là, tu dois te...
04:33Voilà, c'est l'évolution.
04:34C'est comme ça que ça se construit.
04:35Le fait de faire, à partir du moment que l'on fait, c'est ce qu'il y a de
04:39plus beau.
04:40Je ne sais pas comment je vais faire.
04:41C'est ce que dit ma fille.
04:43Une fois que c'est pensé, c'est fait.
04:45Par contre, je ne sais pas comment je fais.
04:47Donc c'est un vrai sujet.
04:48Et une fois que j'ai compris comment je faisais, j'oublie ce que j'ai compris.
04:51Alors je recommence tout le temps.
04:52On a l'impression que c'est brouillon comme ça.
04:54Mais en fait, c'est très construit.
04:55Et puis votre évolution...
04:58Vous avez une boutique à Paris.
04:59Vous avez des...
05:00Je veux dire, le business est parfaitement monté.
05:04Vous ne laissez rien au hasard, on a l'impression, dans le travail.
05:06Je commence à me faire un peu avoir.
05:09C'est évident.
05:11Parce que plus ça va, plus ça grandit.
05:14Mais c'est plutôt l'idée qui grandit.
05:16Et par exemple, la sculpture, on reviendra dessus.
05:18C'est quelque chose qui...
05:20Il y a tellement de créations que tu te fais...
05:22Je m'avale tout seul, à vrai dire.
05:24Je me bouffe tout seul.
05:25Hier, j'étais encore avec mon expert comptable,
05:27qui est vraiment mon grand secrétaire général.
05:30Il disait, mais tu ne peux pas tout seul, dans chaque séquence.
05:34Je suis bien mieux entouré à l'extérieur qu'en interne, par exemple.
05:38Parce que c'est super dur.
05:40Et de faire quelque chose qui est extraordinaire aussi,
05:43si on parlait du goût, mais on ne peut même pas parler du goût.
05:46C'est quoi le goût ?
05:46C'est quelque chose d'impensable.
05:50Comment on devient un...
05:51Est-ce que vous avez vu les différentes étapes
05:53pour devenir le grand chocolatier que vous êtes devenu ?
05:55Est-ce que vous en avez conscience ?
05:57Ou finalement, ça s'est fait à force d'un travail acharné tout le temps ?
06:00Vous travaillez la nuit, vous le dites souvent.
06:02Oui, mais cette nuit, personne ne répondait.
06:04C'est insupportable.
06:05Pourquoi ?
06:06Je ne sais pas ce qu'ils font.
06:07Mais c'est ça.
06:08Est-ce que c'est du travail et finalement,
06:10on trace sa route et on n'y pense pas vraiment ?
06:12Ou c'est stratégiquement, tout est pensé ?
06:15Non, je ne me suis jamais posé de questions sur ce que je faisais.
06:18Et encore une fois, je fais.
06:19Mais par contre, c'est clair que je faisais mes petites maquettes pour les mêmes.
06:22Parce que l'architecture aussi, par exemple, c'est un de mes grands dada.
06:26Et surtout, hier soir, j'étais avec Villemotte, par exemple, ou d'autres.
06:30Je parle avec des grands faiseurs aussi, des grands bâtisseurs.
06:34Que ce soit Patrice Pastore ou d'autres.
06:36C'est fantastique de se dire qu'on est capable de faire ce que l'on a fait.
06:42Il y a quand même un moment où vous vous le dites.
06:45Il y a 50 ans, on faisait le Concorde.
06:47Même avant, c'est 58, je crois.
06:49Il y avait TGV qui roulait à 500 km heure.
06:52Et la France était un pays extraordinaire.
06:55Et ça, peut-être qu'on est arrivé un peu tard.
06:57J'avais un voisin bouché à sceaux.
07:00Il disait, si vous étiez arrivé 10 ans plus tôt seulement,
07:03vous auriez été une star de je ne sais pas quoi, mais encore plus.
07:07Parce que les clients étaient là.
07:08Parce qu'on a besoin des clients aussi.
07:10C'est le client qui fait ce que l'on est.
07:12Et comment évolue, on va parler évidemment de l'art, de tout ça,
07:17mais comment évolue justement votre secteur en termes de...
07:21Le secteur du chocolat.
07:23Est-ce que ce business-là est de plus en plus difficile ?
07:26Est-ce que c'est dû au contexte ?
07:28Est-ce que c'est dû à l'activité ?
07:29Est-ce que c'est dû aux clients ?
07:31Si j'avais été intelligent, je vous aurais apporté le dernier livre.
07:34Surtout, je mets 50 raisons pour que ça merde, ce pays.
07:38Alors qu'on a vraiment tout.
07:41Mais effectivement, on est dans un complexe,
07:42une géopolitique extrêmement compliquée.
07:45Qu'est-ce qui va décider ?
07:46Qui décide de quoi dans le monde ?
07:48C'est quand même un sacré sujet.
07:50Et moi qui n'avais pas de raison de comprendre,
07:53je ne comprends pas ce qu'est une frontière par exemple.
07:54Je ne vois pas pourquoi on n'est pas européen.
07:56Je ne vois pas pourquoi on n'a pas intégré beaucoup de choses.
07:59Parce que le monde va à une telle vitesse aujourd'hui.
08:02Et la chance de ce métier, c'est que ça nous a ouvert le monde entier.
08:05Ce gamin qui vient d'un village de 80 habitants,
08:08mon père m'appelait trop du cul, c'est évident.
08:11Tu te retrouves un jour à la Madeleine, à Sud-Pisse, là, avec vous.
08:15Tu te dis, pourquoi ?
08:17Pourquoi tu fais ça ?
08:17Pourquoi tu es là ?
08:19Mais tu ne te poses pas la question.
08:20Mais vous me le disiez avant l'émission.
08:23Ce produit-là, il est très particulier.
08:25Il y a une intimité dans le fait de vendre du chocolat,
08:29de vendre du plaisir gustatif pour vous.
08:32C'est aussi une notion très importante.
08:34Ce qui est fondamental, c'est qu'on va rentrer dans vous.
08:36Chaque chocolat, c'est 4 millions de pièces.
08:39C'est à peu près le même nombre de...
08:41Je faisais 3 fois Wembley, je crois, en termes de clients,
08:45de gens qui vont goûter.
08:46Et tu as une telle responsabilité.
08:48Chaque chocolat est jugé.
08:50Parce qu'on rentre dans vous, ça va passer dans vos barrières cellulaires.
08:52Ça, on m'a expliqué.
08:53Je ne savais pas que le sucre allait passer dans le sang, et ainsi de suite.
08:57Et ça, c'est fantastique.
08:59Oui, c'est vrai.
09:00Tu ne devrais pas avoir le droit de tricher.
09:02Donc, si quelque chose m'échappe, c'est pour ça que je mange beaucoup aussi,
09:06ça peut arriver que quelque chose puisse m'échapper.
09:09Mais ce qui m'agace le plus, c'est d'avoir ce qu'on fait,
09:12ce qu'il y a de meilleur au monde,
09:13et que vous n'ayez pas ce qu'il y a de meilleur au monde.
09:16Là, je trouvais que la boîte a été livrée trop tôt.
09:19Par exemple.
09:20Et le trop tôt, il n'y a pas longtemps.
09:22Elle est où ? Elle va être où, la boîte ?
09:24Parce que tout a une incidence.
09:25Oui, c'est ça.
09:26Il ne faut pas altérer ce plaisir-là, finalement.
09:29Oui.
09:30Alors souvent, je dis que c'est comme un couple.
09:31Vous mettez deux garçons, deux filles ensemble,
09:34ça va rapidement évoluer.
09:37Les chocolats sont pareils.
09:38À partir du moment qu'ils sont en contact,
09:39on va avoir des transferts d'odeurs, de goûts.
09:43Et ça, ça m'agace prodigieusement.
09:46C'est intéressant de voir à quel point vous mêlez l'art,
09:50le goût.
09:51Vous vous êtes mis à la sculpture.
09:53On connaît aussi, dans toutes vos boutiques,
09:56vos sculptures en chocolat.
09:57Déjà, au départ, c'était des sculptures en chocolat.
10:00Vous avez commencé par ça.
10:01Et c'est devenu un élément à part entière de Patrick Roger.
10:06C'était, je pense, comme les grandes vitrines.
10:09On faisait le tour des magasins, des grands magasins,
10:11pour voir les vitrines.
10:13Et c'est né comme ça.
10:14Sans doute, cette artistique naît, peut-être avant le goût,
10:17mais ce n'est pas sûr.
10:18Mais le goût, c'est pareil.
10:20C'est quelque chose que j'ai en moi.
10:21Je n'ai pas besoin de travailler.
10:23Ça se fait naturellement.
10:25Tout le monde n'est pas artiste comme vous
10:27et ne fait pas des animaux en chocolat
10:29comme vous les faites, par exemple.
10:30Oui, mais aujourd'hui, c'est plutôt l'abstraction
10:32qui est encore pire et le plus intéressant, sans doute.
10:34Mais la façon, tout simplement, de cuire un élément,
10:39si on prend des patates, on va les cuire.
10:42Vous le faites.
10:43On coupe la même pomme de terre.
10:45On la coupe.
10:46Vous n'en ferez pas la même chose.
10:49On va regarder la photo que vous nous avez amenée tout de suite.
10:59C'est une sculpture.
11:00Celle-là, elle n'est pas en chocolat.
11:02Elle est en aluminium.
11:02Maintenant ?
11:03Oui.
11:03Elle a été en chocolat, la montre religieuse.
11:05Vous nous la décrivez, Patrick Roger ?
11:07Alors là, cette histoire-là, elle est absolument dingue.
11:10Ça démarre sur Elton John.
11:13J'embauche un garçon, quand je travaillais à Paris,
11:15chez Christian Constant,
11:17qui s'appelle Al Scho.
11:19C'est l'arrière-petit-fils de Bernard Scho,
11:21du modèle de Rodin.
11:21Et c'est Irlandais extraordinaire.
11:24Il ressemble à Zizi Top.
11:25C'est le premier gars que je vais embaucher,
11:27qui a une gueule de dingue.
11:28Il a une maîtrise d'histoire, une maîtrise de philo.
11:30Et puis, il me dit...
11:32Il tape avec ses doigts sur le marbre.
11:33Il me dit, tu connais The Who ?
11:35Évidemment, non.
11:36Et The Who, c'est Elton John.
11:38Et Elton John, quand il joue au flipper,
11:39sur des grandes bottes, des échasses,
11:42forcément, tu tombes amoureux,
11:44mais un raide dingue du gars,
11:45et puis de l'ensemble.
11:46J'ai l'impression que c'était à l'Olympia,
11:48mais c'était vraiment l'orgie.
11:50Ils avaient quelque chose.
11:52Mais pourquoi on ne vit pas ça ?
11:54Alors, ce n'est pas sûr que j'aurais pu le faire,
11:56parce que j'ai aussi un esprit très monacal.
11:59C'est très religieux, mon truc.
12:01Oui, oui, oui.
12:03Même austère.
12:05Mais donc, ça naît comme ça.
12:06Donc, je fais Elton John.
12:09J'achète le flipper aussi.
12:10Je connais un gars qui a...
12:12Tous les flippers sont anciens.
12:14Je fais ça.
12:15Une fois que j'ai fait ça,
12:16on fait des très grandes jambes,
12:18et surtout, je fais des Père Noël verts.
12:20Je ne sais pas comment j'ai entendu ça.
12:21C'est que le Père Noël, peut-être qu'à l'origine,
12:23il était vert, mais pas rouge.
12:25Donc, dans les vitrines,
12:26on se fait des Père Noël,
12:27mais qui font 3-4 mètres de long.
12:29Et puis, ça va faire ces grandes jambes
12:31que l'on voit, là, sur cette menthe,
12:33cette menthe religieuse.
12:34Et de là, dans le recyclage,
12:36parce que ma vie aussi,
12:37je travaille tout seul
12:38sur la partie chocolat et le chocolat-sculture.
12:42Je me montre trop tout seul.
12:44Mais pendant 10 ans,
12:44j'ai été avec un Japonais aussi.
12:46On travaillait 120 heures par semaine,
12:48pour lui, un peu plus pour moi.
12:51Et c'était là où je recycle.
12:53Et c'est comme ça que naît la menthe religieuse,
12:55parce que j'avais ces morceaux un peu,
12:57et si on en rajoute,
12:59puis derrière, il y a même des plaques d'égout,
13:00où il y a tout un tas de trucs.
13:01C'est du grand n'importe quoi.
13:03Comment on passe, justement,
13:06du métier de chocolatier
13:07à cette activité de sculpteur ?
13:09Vous le dites, c'est le hasard.
13:11C'est plein, plein de choses
13:11qui se passent dans votre tête.
13:13Mais là, vous en avez fait
13:14un lieu spécifique.
13:16Oui.
13:16La galerie Roger Garage.
13:18Ça commence tout juste.
13:19Vous allez y exposer.
13:20Il va y avoir différentes expositions
13:22au fil du temps.
13:24Là, le business, il se concrétise.
13:25D'ailleurs, est-ce que c'est un business
13:27ou est-ce que c'est un lieu de passion ?
13:29Non, oui.
13:30Alors, j'ai un photographe aussi dingue,
13:33qui est anthropologue,
13:34qui parle lui langue.
13:35Et lui, c'est la Warhol Factory,
13:38qu'il aimerait.
13:38Un lieu qui est vraiment destiné
13:41à se croiser,
13:42et surtout à faire voir.
13:43Je pense que c'est ce qui est le plus important.
13:45Et pareil, l'expert comptable,
13:47c'est trop petit.
13:48Tout ce que tu fais, c'est trop petit.
13:50Mais j'ai un autre problème,
13:51c'est que je m'avale tout seul
13:54sur mon propre travail.
13:56En termes de temps ?
13:58C'est-à-dire que vous ne pouvez pas tout faire ?
13:59Tu as le travail de la journée,
14:02tes chefs d'entreprise.
14:03Oui.
14:03Il ne faut pas oublier que ça marche.
14:05Tout à l'heure, je disais,
14:06mais c'est évident que l'intelligence
14:08que j'ai mise à ce service,
14:10il faut une telle intelligence,
14:11alors elle est comme elle est,
14:12mais peut-être pas très intelligente.
14:14Ça, c'est aussi une des filles
14:15qui dit...
14:16C'est un peu limite, le truc.
14:18Mais il y a une telle intelligence
14:20que l'on retrouve surtout en cuisine,
14:22par exemple.
14:23Les grands cuisiniers,
14:23ils ont une gestion, par exemple,
14:25de l'économat qui est absolument dingue.
14:26C'est ce qu'il fait.
14:28Et puis, ce qui va être des savoirs
14:30qui ne se...
14:30Ça ne peut pas se transmettre.
14:31C'est que de l'oral.
14:33C'est insupportable.
14:35Cette semaine, pardon.
14:37Allez-y.
14:37J'ai découvert un truc.
14:39Dans ma vie,
14:40j'ai été faire pilote hélico
14:42pour je ne sais quelle raison,
14:43pour me poser dans un terrain de tennis
14:44ou glisser sur l'herbe.
14:46Et à chaque fois,
14:47il disait,
14:47il faut conduire,
14:48piloter avec les fesses.
14:50Et cette semaine,
14:51j'ai expliqué à un garçon,
14:52à Paul,
14:53pour la première fois de ma vie,
14:56c'est les fesses
14:57qui dirigeaient
14:58le mouvement
14:58que l'on faisait avec la main.
15:00Et ça,
15:01piloter avec les fesses,
15:02c'est vraiment
15:02ce que l'on emploie.
15:04Comment on est assis ici,
15:05on doit savoir
15:06si on est bien posé,
15:07pas bien posé.
15:08L'assise,
15:08pas pour rien
15:09qu'on est dans une chaise.
15:11Tout à fait.
15:11Donc,
15:12tout est ramifié.
15:14La menthe,
15:14c'est une ramification.
15:15Oui,
15:15c'est ça.
15:17Ce n'était pas forcément
15:19prémédité,
15:19c'est ça que je veux dire.
15:20Jamais.
15:20Non,
15:21je ne sais pas ce que je fais
15:21tout à l'heure.
15:22Vous n'êtes
15:24pour autant
15:24jamais en repos.
15:25Vous n'êtes jamais en repos.
15:26C'est surtout la nuit,
15:28même quand tu dors.
15:29Quand je dors,
15:30c'est mon tu.
15:32Le tu,
15:32c'est pour le groupe.
15:34Mais je dors,
15:36mais l'activité,
15:38c'est infernal.
15:39C'est marrant
15:40parce que ça revient
15:40souvent à ce que vous dites.
15:41Est-ce que pour autant,
15:42vous subissez
15:43votre vie professionnelle ?
15:45D'ailleurs,
15:45est-ce qu'il y a
15:46une frontière
15:47entre vie pro et vie personne ?
15:48Il n'y en a pas.
15:48Il n'y a pas la deuxième.
15:49Vous subissez
15:50ou de toute façon,
15:52c'est comme ça,
15:52vous l'avez quand même choisi ?
15:54Non,
15:54je cite certaines personnes.
15:56Mais Mathilde,
15:56elle dit,
15:56mais tu l'as choisi.
15:58Mais je n'ai pas choisi.
15:59Ça s'est fait
15:59de cette façon.
16:01Je ne savais pas
16:01que j'allais venir ce matin.
16:03Je ne sais pas l'heure,
16:04je ne sais pas ce qu'on parle,
16:09et avec une incroyable...
16:10Vous avez un chronomètre
16:11dans la tête,
16:11vous avez une capacité
16:13de travail énorme,
16:14vous vous arrêtez très peu.
16:15Vous vous reposez ?
16:16Non,
16:17ça ne m'intéresse pas.
16:18Non,
16:18d'accord.
16:19Mais je fais la sieste.
16:20D'accord,
16:21c'est ça.
16:21Et si j'avais eu un cerveau
16:22comme certaines
16:23qui m'entourent,
16:25j'aurais plutôt fait
16:26la route du Rhum
16:26autour du monde.
16:27Ça aurait été ça,
16:28une autre carrière possible
16:30pour vous ?
16:30Oui,
16:31mais par contre,
16:31il faut être sacrément câblé.
16:33Les gars qui partent
16:34en mer comme ça,
16:35ils ont aussi
16:36quelque chose en plus.
16:38Alors ça,
16:38je ne l'ai pas
16:39parce que l'outil informatique
16:40ne m'intéresse pas du tout.
16:42Je ne sais pas ouvrir un mail.
16:43Je n'ai pas d'ordinateur.
16:45C'est d'autres personnes
16:46qui font ça pour vous ?
16:47Ce côté pratique.
16:48J'ai eu un Steve Job
16:48qui m'a pas mal aidé
16:49avec l'iPhone
16:50et puis ça m'emmerde
16:50parce que c'est très très long.
16:52C'est vraiment très long.
16:53Et ce temps,
16:55j'ai une fainéantise au temps
16:57et un stress au temps.
16:58Le stress,
16:59c'est le stress du temps des autres,
17:01la lenteur du monde.
17:03C'est aussi avec Emmanuel,
17:04Emmanuel Brun,
17:05il y a 24 heures,
17:07en gros.
17:07elle disait
17:08« C'est quand elle était à New York
17:10qu'elle a compris ce que je faisais.
17:11Il n'y a qu'à New York
17:12que tu peux comprendre la vitesse. »
17:13Oui, c'est vrai.
17:14C'est une autre façon
17:15de prendre le temps.
17:16On va vite
17:17qu'on arrive
17:18sur le quai de la gare.
17:19Ça y est,
17:19tout le monde se met à marcher.
17:21mais les États-Unis,
17:22c'est un autre monde.
17:23Ça va beaucoup plus vite.
17:24Les gens ont deux ou trois jobs
17:26dans la journée.
17:27Tu n'as pas le choix.
17:28Oui, c'est ça.
17:29Mais moi, c'était le cas,
17:30sans doute.
17:31Je n'avais pas le choix.
17:32De toute façon,
17:32quand tu gagnes 120 euros
17:34en apprentissage,
17:35ça va mal.
17:37245 au foyer des jeunes travailleurs,
17:39il manquait 125 euros
17:40pour faire le mois.
17:41Est-ce que c'est justement
17:43cette notion d'argent
17:44pour le patron que vous êtes ?
17:47C'est quelque chose
17:47que vous avez constamment en tête ?
17:49Non.
17:49Vous faites les choses
17:50par rapport à ça
17:52ou c'est secondaire ?
17:54Parce que maintenant,
17:54c'est installé.
17:55C'était carrément secondaire
17:57et puis là,
17:57ça commence à me rattraper,
17:58cette histoire.
17:59J'ai plusieurs qui me disent
18:00« Toi, tu ne veux pas vendre,
18:02l'argent, ça ne t'intéresse pas. »
18:03Mais c'est qu'un prétexte à faire.
18:06Si j'ai, tant mieux,
18:07on va faire.
18:08Si je n'ai pas, tant pis,
18:09tant pis pour les autres.
18:10S'ils ne viennent pas,
18:11j'ai plein de...
18:11Alors, bien sûr que c'est frustrant.
18:14C'est frustrant parce que
18:17ta connerie,
18:17elle est sans limite.
18:19Si tu as de l'argent,
18:20tu as quand même des gens
18:21qui font tout et n'importe quoi,
18:23bien sûr.
18:24Et c'est comment tu restes
18:25sur terre aussi.
18:26Oui.
18:26Il faut être bien ancré.
18:28La sculpture,
18:29ça aide à ça ?
18:29La sculpture,
18:30je veux dire, sur métal,
18:31Je pense que le sculpteur
18:32est moins fou que le chocolatier.
18:34C'est parce que
18:35tu es encore moins à ta place
18:37de toute façon,
18:38même si c'est une certitude.
18:39Parce que là,
18:40tu atteins...
18:42Dans les arts,
18:43il y a des classements,
18:44je crois.
18:45Tu atteins ce qu'il y a
18:46de plus haut.
18:47Il n'y a pas de...
18:48Il n'y a rien.
18:49Tu ne peux pas faire mieux
18:51que cette pièce
18:52qui va être unique.
18:53Parce que même s'il y a
18:54deux ou trois montres religieuses
18:55à vendre,
18:56que l'on ne vendra peut-être
18:57jamais ou pas.
18:58On est à la huitième
18:59porte de l'enfer,
19:00je crois.
19:00Il est mort il y a
19:02107 ans,
19:03108 ans.
19:05Voilà.
19:06Si on parle de Rodin.
19:07Vous êtes un artisan
19:09ou vous êtes un artiste ?
19:10J'aime ni l'un ni l'autre.
19:12Je suis un ouvrier.
19:13Un ouvrier ?
19:14D'abord,
19:14je suis meilleur ouvrier.
19:15Oui.
19:16Donc ça,
19:16ça reste à vie.
19:17Oui.
19:18C'est pareil,
19:19c'est comme chirurgien,
19:19ce n'est pas pour ça
19:20que tu es bon.
19:22Mais ça reste à vie.
19:23Et j'aime les ouvriers,
19:24j'aime les gens qui font.
19:26Comment ils font
19:26pour travailler avec vous
19:27à votre rythme ?
19:29C'est un sujet.
19:31C'est un sujet ?
19:32La semaine dernière,
19:33c'était quand même
19:33assez fantastique.
19:34On est tombés,
19:36on a un monde économique
19:37qui s'écroule,
19:38on travaille moins.
19:39Bon, évidemment,
19:40le télétravail,
19:40c'est la mort.
19:41Il y a beaucoup de choses
19:42qui, encore une fois,
19:44je vais vous faire rattraper
19:45ma bêtise,
19:46on ne vous a pas donné
19:47ces livres-là.
19:48Vous allez voir cette page.
19:50Le fait de ne pas faire
19:52et le fait de s'écrouler,
19:53on se retrouve,
19:54c'est comme si on vivait
19:55avec des morts.
19:55Donc,
19:56un monde qui est morbide.
19:58Alors que,
19:59mais on ne se rend pas compte
20:00de la chance que l'on a.
20:03Que ce soit la France,
20:04que ce soit Paris,
20:05le monde,
20:05le monde du vivant.
20:07Moi,
20:07je travaille sur le monde du vivant,
20:08la science du vivant,
20:09la dendrologie,
20:11par exemple.
20:11La philogénie
20:12qui va être
20:13les futurs bandeaux.
20:16Tu te dis,
20:16mais le gars
20:17qui a pensé
20:17pour que ça fonctionne ?
20:19Oui.
20:20Par exemple,
20:21ça,
20:21c'était cette sculpture.
20:23Je travaille sur les sumos
20:25il y a cinq ans
20:25sur la journée,
20:28le jour des présidentielles.
20:30J'appelle des gros.
20:33J'ai mon propre parti.
20:34Je dis,
20:35vous votez pour qui ?
20:36Vous les cons.
20:37C'est parti des cons.
20:39Et c'était assez marrant.
20:41Et je me mets à faire
20:42cette sculpture
20:42qui fait 80 mètres carrés,
20:44qu'avec ces garçons
20:45qui sont des gaillards
20:46de dingue.
20:47Alors le problème,
20:47il ne m'avance pas
20:48parce qu'ils ont
20:48les mêmes problèmes que moi.
20:49Soit ils sont cuisiniers,
20:50soit ils sont mécaniciens,
20:51soit ils sont...
20:52Premier ministre,
20:53c'est un génie.
20:54Voilà.
20:56Un gars qui commence
20:57avec tout simplement,
20:58il a trois CAP,
21:00je crois qu'il fait
21:00maths sup,
21:01maths p,
21:01je ne sais pas
21:02dans quel sens ça marche.
21:03Pilote de chasse,
21:05patron d'une grande firme,
21:06recherche fondamentale,
21:07que du quantique.
21:09Et lui,
21:09il me dit,
21:09c'est toi le génie.
21:10Il me dit,
21:10il y a un moment,
21:11il faut quand même remettre...
21:13Moi,
21:14j'aimerais savoir
21:14comment vous voyez l'avenir.
21:16Justement,
21:16vous parlez de l'économie
21:17qui s'effondre,
21:18vous parlez de la notion de travail,
21:21la valeur du travail
21:22dans les équipes.
21:23On voit que ça se dégrade
21:24ou qu'en tout cas,
21:25les gens n'ont plus envie
21:26de la même chose
21:27par rapport à leur travail.
21:29Vous,
21:29vous imaginez la suite
21:30comment pour votre activité,
21:32pour l'entreprise ?
21:33Oui,
21:34mais moi,
21:34ce n'est pas grave.
21:35Moi,
21:35je disparais,
21:36on s'en fout.
21:36Vous,
21:36ce n'est pas grave.
21:36Non,
21:37ce n'est pas grave,
21:37ce n'est pas le sujet.
21:38Le sujet,
21:39le groupe,
21:40c'est le monde.
21:41Mais on est très proche
21:42dans ce cas-là.
21:43Je viens du sport mécanique,
21:45mais si vous regardez
21:46qui sont les grands entraîneurs
21:48pour le foot,
21:49par exemple,
21:49avant de faire gagner le PSG,
21:50il fallait un putain d'entraîneur.
21:53C'est toujours ça.
21:54Et en Europe,
21:55on a tendance à avoir
21:56trois à quatre
21:57très grands entraîneurs,
21:58sans doute,
21:59qui ont cette capacité.
22:00On parle souvent,
22:01évidemment,
22:02je parle avec Jean Todd,
22:03dans ses grands patrons,
22:04comment le gars
22:06pour faire marcher,
22:07c'était une stratégie,
22:09c'est une seule,
22:10un homme,
22:10une stratégie.
22:11Et c'est ce sens
22:12qui est le plus dur,
22:13c'est comment tu t'emmènes
22:14et tu fédères.
22:15Le management,
22:17évidemment,
22:18si moi,
22:19je suis avec eux,
22:19rien que le fait,
22:20de dire ce que l'on fait,
22:22cette semaine,
22:23on a gagné 45%.
22:24Si je vais travailler avec eux,
22:25on va gagner 60%.
22:26On va tout inverser.
22:27Ce n'est pas moi
22:28qui vais le faire.
22:29C'est le groupe.
22:31Et c'est pour ça,
22:31je dis toujours...
22:32C'est l'émulation.
22:33Oui,
22:33cette capacité
22:34à exciter tout le monde.
22:37Donc,
22:37ça rend
22:38et ça forge énormément
22:40de chefs,
22:41des chocolatiers.
22:42J'en ai dans toutes les maisons,
22:43à la fois de Paris
22:45et dans le monde.
22:46J'ai un collègue
22:47qui dit
22:47mais tu nous fais chier,
22:49ça a foutu un tel bordel
22:52mais ça a créé
22:53cette histoire
22:54parce que tout le monde
22:55voulait avoir
22:55un morceau
22:56de cette histoire.
22:57Oui.
22:58Dernière question.
22:59Dernièrement,
23:00on a vu émerger
23:01des chocolatiers
23:03instagrammables.
23:04Il y en a partout.
23:05Il y en a partout.
23:06Il y a une idée différente,
23:08une invention
23:10tout le temps.
23:12Comment vous voyez
23:13cette évolution
23:13du métier ?
23:15Vous ne vous sentez pas
23:16du tout concerné
23:16ou vous avez un regard
23:18comment là-dessus ?
23:19Je ne regarde déjà
23:20pas beaucoup
23:20mais mon grand problème
23:21c'est qu'il n'y a plus
23:22de grands patrons
23:22et on va dire
23:23qu'il n'y a plus
23:24de journalistes,
23:24il n'y a plus de scientifiques,
23:25il n'y a plus de grands chercheurs.
23:27Ils s'en foutent où ?
23:28La question,
23:29elle est là.
23:30Aujourd'hui,
23:30tout le monde prend la parole
23:31sur tout.
23:33C'est pas mal.
23:35Une de mes filles
23:35a dit
23:36tu nous as demandé
23:36d'être libre.
23:37Forcément,
23:38ça frotte plus
23:41mais il manque
23:42des grands leaders,
23:43il n'y en a pas beaucoup.
23:44des grands patrons,
23:46il n'y en a pas beaucoup
23:47qui sont capables
23:47de redresser une boîte,
23:48de la tirer.
23:50Il faut vraiment
23:51quelque chose
23:53qui entraîne
23:53et ça,
23:54c'est la difficulté
23:55parce que le patron
23:56est devenu aussi feignant
23:57que le reste.
23:58Il veut ses jours de repos.
24:00Là, j'en ai un
24:00et j'ai dit
24:02bonjour,
24:03pourquoi tu es au Maldives ?
24:04C'est quoi le sujet ?
24:07C'est un peu difficile
24:08à comprendre.
24:08Oui, effectivement.
24:09Mais on a quand même
24:10cette tendance,
24:11évidemment.
24:12Merci beaucoup,
24:13Patrick Proget,
24:13d'être venu
24:14dans cette émission
24:15Leadership.
24:15Vous savez
24:16que vous pouvez
24:17retrouver cette émission
24:19sur la méthode
24:20des leaders.
24:21C'est disponible
24:22en replay,
24:22en podcast
24:22et surtout
24:23nos réseaux sociaux
24:24tous les lundis
24:25aussi à 11h30
24:26sur BFM Business.
24:27Passez une très bonne journée.
24:30BFM Entreprises
24:31Leadership
24:32La méthode
24:33sur BFM Business
24:34pour la semaine qui est
24:34sur BFM Business
24:34et la méthode
24:34pour la semaine