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00:06Alors, les marchés européens sont en baisse aujourd'hui, entraînés à la baisse par la France en l'occurrence.
00:09L'Eurostock 50 perd 1,3% et à Paris on perd 1,5%, comme à Francfort d'ailleurs qui
00:15perd aussi 1,5%.
00:16On a l'Ibex à Madrid qui perd 1,6%.
00:18Bertrand Lamiel nous rejoint, directeur général de Ports en part gestion.
00:21Bonjour Bertrand.
00:23Alors cette baisse des marchés européens, parce qu'il y a le cas français,
00:26mais on a parfois tendance à se voir comme le centre du monde.
00:28La baisse des marchés européens dans leur ensemble, parce que le DAX et Madrid reculent au moins autant que le
00:33CAC 40.
00:33Est-ce que vous l'attribuez à ces violences qui ont eu lieu ce week-end, pas qu'en France,
00:36aussi en Italie quand même, il faut le dire,
00:39ou des phénomènes plus globaux ?
00:43Non, non, c'est plus global, c'est plus global.
00:46On est dans une séquence qui est quand même pas très bonne sur les marchés depuis le tournant de l
00:51'été,
00:51où on a vu des mutations, des rotations à l'intérieur des secteurs,
00:56c'est-à-dire que dans la tech, tout ce qui était IA et qui avait tiré le marché jusqu
01:00'au 30 juin,
01:01a été mis, voilà, est rentré en zone de consolidation.
01:05Donc qui dit consolidation sur des secteurs assez volatiles, ça peut faire du moins 30, moins 40% sans trop
01:11de problèmes.
01:12Inversement, on a vu plutôt revenir les valeurs de logiciel.
01:14On a vu que les banques, qui avaient plutôt bien traversé l'été, ont fini par être mises à contribution
01:19avec les écartements de spread.
01:22Donc là, c'est un problème spécifique français, mais qui s'étend globalement à l'Europe,
01:25puisque le mouvement sur les bancaires, le recul sur les bancaires, il est généralisé.
01:28On a à peu près la même chose sur les assurances.
01:31Là aussi, rotation, parce que ce qu'on voit revenir sur le devant de la scène,
01:34c'est les asset managers ou c'est les titres comme Euronext, Dolce Bors,
01:38donc des bourses nationales.
01:41Donc rotation à l'intérieur des secteurs fait que, globalement, les indices perdent,
01:46parce que ce qui revient sur le devant de la scène, c'est plus petit en pondération dans les indices.
01:50Donc en fait, c'est les grosses pondérations qui pèsent,
01:52et les plus petites qui n'arrivent pas à contrer cette rotation.
01:56Exactement, et qui est globale à l'Europe, au-delà des seules violences françaises.
01:59Et ici à Paris, les violences françaises, oui, enfin les violences du week-end,
02:03ont un impact direct sur certains titres.
02:04On va regarder, par exemple, Accor dans le tourisme.
02:06Ce titre Accor, il fait partie des plus fortes baisses aujourd'hui.
02:09Comme par hasard, bien sûr, on craint qu'il y ait un impact touristique de ce qui s'est passé,
02:12de ce qui pourrait encore durer.
02:13On verra jusqu'à la présidentielle, au-delà, qui sait ?
02:15On a ce titre Accor qui perd 3,5%.
02:17Air France, KLM perd 2,5%.
02:19Mais on a aussi les acteurs des foncières commerciales.
02:21Et oui, des pillages dans certains centres commerciaux.
02:25Par exemple, Unibail-Rodacom perd 2,5%.
02:27On a aussi le secteur bancaire, vous le citiez, qui est en repli.
02:30Comment vous regardez ces baisses ?
02:31Est-ce que ce sont des opportunités d'achat ?
02:32Ou malheureusement, avec un risque social amené peut-être à durer, perdurer,
02:36ces valeurs peuvent encore beaucoup reculer ?
02:38Non, c'est un peu trop rapide.
02:41Alors, est-ce que ça peut reculer encore ?
02:43Pourquoi pas.
02:45Nous, notre sujet, il est relatif.
02:47C'est-à-dire qu'évidemment, on regarde les valeurs françaises,
02:49mais on regarde aussi quelles sont les alternatives qui nous sont données
02:51et qu'on peut faire rentrer.
02:53Soit dans les PEA, donc il faut qu'on reste en Europe,
02:55soit aux Etats-Unis, puisqu'on a aussi un champ d'action de l'autre côté
02:59sur les comptes-titres et les assurances-vies.
03:01Et donc, ce qu'on constate ex poste,
03:03c'est que c'est rarement les valeurs françaises qui sont en avant.
03:07Dans les secteurs, dans les valeurs qui se comportent bien
03:10et qu'on a repérées depuis quelque temps,
03:11on a Publicis, voilà, ça c'est une exception.
03:13Donc, dans le secteur des médias, clairement, elle fait la différence.
03:15C'est vrai que le business model, la mutation vers une valeur plus techno,
03:21elle l'a fait bien avant les autres valeurs de pub qui sont européennes ou américaines.
03:28Donc, elle, elle se détache.
03:30Mais voilà, il y en a malheureusement assez peu en France.
03:34On a immédiatement, plus souvent, des valeurs européennes qui sont préférables.
03:39Oui, les valeurs qui progressent, il y en a quand même quelques-unes.
03:41Sur le marché parisien, on peut regarder Rubi,
03:43qui semble vouloir abandonner son projet, son statut de société en commandite
03:47pour s'ouvrir en société anonyme
03:49et peut-être, du coup, trouver une prime spéculative,
03:51se faire racheter un jour, Rubi.
03:53Regardez-le, ce titre.
03:54Pour ceux qui nous suivent à la radio, pareil, la courbe à Paris en télé,
03:56vous la retrouvez dans nos replays.
03:58Plus 2,5, cette valeur qui progresse bien, 36,24 euros.
04:02Si, effectivement, ce groupe passe sous statut de société anonyme
04:06plutôt que statut de commandite, ça changerait forcément la face des choses
04:09et le titre gagnerait beaucoup en potentiel boursier.
04:15Alors, c'est une vieille histoire, Rubi.
04:17Je crois que c'est une introduction des années fin 80.
04:21Et donc, avec ce statut de SCA, je crois que Michelin et Lagardère,
04:24c'est les deux sociétés qui avaient ce statut-là avec Rubi.
04:27Donc, assez rare, une spécificité française,
04:30un peu ce que les anglo-saxons appellent une poison pill,
04:32c'est-à-dire que vous ne pouvez pas lancer une OPA sur une SCA.
04:35Donc, là, ils sont en train de rétro-pédaler.
04:38Donc, oui, forcément, ça la ferait devenir opéable.
04:39Il faut savoir qu'au capital, il y a déjà du monde en embuscade.
04:42Il y a la famille Dassault, il y a la famille Bolloré.
04:44Il y a un actionnaire, Patrick Mollis aussi, qui a 9%.
04:49Donc, potentiellement, s'ils ont maintenant les envies de le faire,
04:51ils vont pouvoir le faire.
04:52Sachant que, dans un premier temps,
04:54et c'est pour ça, probablement, que le dossier ne monte pas beaucoup,
04:57c'est que les fondateurs historiques vont se retrouver
04:59en échange de paiement, de l'abandon de ce statut,
05:03de cette poison pill, avec 12 ou 13% du capital.
05:07Ils vont être obligés de les détenir pendant plus de deux ans,
05:10si j'ai bien compris.
05:12Donc, un, le phénomène de dilution.
05:14Deux, le fait qu'il y ait des actionnaires qui soient là
05:16pour un minimum à deux ans.
05:17Voilà, la spéculation ressurgira,
05:21probablement un tout petit peu plus tard.
05:23Mais en tous les cas, en termes de valorisation,
05:24on n'est pas très cher.
05:25On est à peine à 11 fois les bénéfices.
05:26Donc, même avec un peu de dilution,
05:28bon, ça ne restera pas très cher.
05:29Effectivement, autre valeur en hausse sur Ronex,
05:31gagné 1,9%.
05:32Là, c'est grâce à un relèvement d'opinion.
05:34Merci City.
05:34City relève de neutre à l'achat sur Ronex.
05:36Vous aussi, vous êtes plus optimiste pour l'avenir sur Ronex,
05:38au titre donc en forte hausse,
05:40au point que c'est la plus forte hausse du CAC aujourd'hui.
05:44Oui, alors Ronex, effectivement, se comporte bien.
05:47On a Deutsche Börse aussi.
05:48Et puis, il y a quelques temps,
05:49il y avait eu le discours, d'ailleurs,
05:51du patron de Ronex
05:52qui appelait une consolidation avec Deutsche Börse.
05:55Et c'est vrai que ce serait quand même pas mal
05:57qu'on puisse avoir une méga bourse européenne
06:00parce qu'en fait, le sujet,
06:01c'est qu'il faut lutter contre l'appétit,
06:03notamment du Nasdaq,
06:05qui est venu déjà en Europe
06:07puisqu'il y a des bourses dans les pays du Nord
06:09qui appartiennent déjà au Nasdaq.
06:10Donc, ce serait quand même pas mal
06:11qu'on ait un vrai gros champion.
06:12Il y a quand même des économies d'échelle à faire à ce niveau-là.
06:15Et puis, capacité à pouvoir relancer le business,
06:18l'attractivité qui est aussi véritablement nécessaire.
06:21Et c'est vrai que si on offre un marché unifié à des sociétés,
06:25c'est quand même plus simple
06:26et plus tentant de venir en Europe.
06:28Enfin, il y a une vraie concurrence avec les États-Unis, pour le coup.
06:31Wall Street qui est mitigé,
06:33même si le Nasdaq progresse après la baisse de la semaine dernière,
06:35plus 1%.
06:36C'est peut-être qu'il faut retenir pour l'instant
06:37de ce début de séance américain.
06:39Le Nasdaq qui rebondit,
06:40le CAC 40, lui, en baisse,
06:41comme les autres marchés européens.
06:42Il faut vraiment le souligner.
06:43Le CAC n'est vraiment pas seul à reculer.
06:44Il y a même encore pire en Europe.
06:45La Bourse de Madrid qui vient de beaucoup plus haut,
06:48qui, elle, progresse fort depuis le début de l'année.
06:49Aujourd'hui, elle perd 1,7%.
06:51Pas mal de publications à suivre cette semaine.
06:53Aux États-Unis, certes.
06:54On en a parlé dans USA Today,
06:56mais aussi ici en Europe, à Paris.
06:57Il y aura Essilor demain,
06:59également L'Oréal, Hermès, Safran cette semaine.
07:02Laquelle, sur le CAC,
07:03sera la plus déterminante à suivre, d'après vous, Bertrand ?
07:08Je ne sais pas si c'est la plus déterminante,
07:10mais en tous les cas,
07:11celle qu'on va regarder particulièrement,
07:12c'est L'Oréal.
07:13L'Oréal, en fait, le profil nous intéresse bien
07:15parce qu'on voit que dans cette rotation
07:17que je vous décrivais,
07:18des secteurs qui, pour l'instant,
07:19avaient été mis totalement à l'écart.
07:21Des dossiers comme L'Oréal,
07:22dans la Cosmeto,
07:23on voit qu'elle n'a plutôt pas trop mal résisté.
07:27Il y a eu des tentatives dernièrement
07:28d'inscrire des nouveaux points hauts.
07:30Alors, c'est une grosse société.
07:32Donc, on s'aperçoit qu'il y a des acteurs
07:34qui sont vraiment des purs players,
07:36comme Coty, par exemple,
07:37comme Elf, aux États-Unis.
07:39Donc, Eyes, Least, Face,
07:42c'est ça, aux États-Unis.
07:44Puig, en Espagne.
07:47Donc, qui sont des purs players
07:48de la Cosmeto ou du parfum
07:50qui, eux, montrent des signes clairement
07:52de sortie de crise,
07:54de réaccélération.
07:56Donc, ça va être intéressant
07:57de voir ce que nous dit L'Oréal
07:58parce que ça peut faire écho.
07:59Il peut y avoir des lectures croisées
08:00avec d'autres acteurs.
08:02De manière générale,
08:03on aime bien quand ce type de choses se passent.
08:05c'est qu'on s'aperçoit
08:06qu'il y a quelque chose
08:08qui peut ressembler à du sectoriel
08:09qui est en train de se mettre en place.
08:11Ça donne de la puissance au mouvement
08:12parce qu'on sait que derrière,
08:14potentiellement,
08:14on peut avoir l'appui des ETF
08:15qui vont être des paniers
08:16qui vont embarquer tout ça
08:18et qui vont embarquer tous ces titres aussi.
08:21Merci beaucoup.
08:22Bertrand Lamiel est avec nous
08:22depuis les bureaux de Port-en-Pargé.