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  • il y a 2 jours
Ce lundi 19 octobre, Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, s'est penché sur les pressions vendeuses sur la Bourse de Paris liées aux émeutes, le changement de statut de Rubis en société anonyme, la hausse de la recommandation de Citi sur Euronext, et les attentes sur les publications en Europe, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Alors, les marchés européens sont en baisse aujourd'hui, entraînés à la baisse par la France en l'occurrence.
00:09L'Eurostock 50 perd 1,3% et à Paris on perd 1,5%, comme à Francfort d'ailleurs qui
00:15perd aussi 1,5%.
00:16On a l'Ibex à Madrid qui perd 1,6%.
00:18Bertrand Lamiel nous rejoint, directeur général de Ports en part gestion.
00:21Bonjour Bertrand.
00:23Alors cette baisse des marchés européens, parce qu'il y a le cas français,
00:26mais on a parfois tendance à se voir comme le centre du monde.
00:28La baisse des marchés européens dans leur ensemble, parce que le DAX et Madrid reculent au moins autant que le
00:33CAC 40.
00:33Est-ce que vous l'attribuez à ces violences qui ont eu lieu ce week-end, pas qu'en France,
00:36aussi en Italie quand même, il faut le dire,
00:39ou des phénomènes plus globaux ?
00:43Non, non, c'est plus global, c'est plus global.
00:46On est dans une séquence qui est quand même pas très bonne sur les marchés depuis le tournant de l
00:51'été,
00:51où on a vu des mutations, des rotations à l'intérieur des secteurs,
00:56c'est-à-dire que dans la tech, tout ce qui était IA et qui avait tiré le marché jusqu
01:00'au 30 juin,
01:01a été mis, voilà, est rentré en zone de consolidation.
01:05Donc qui dit consolidation sur des secteurs assez volatiles, ça peut faire du moins 30, moins 40% sans trop
01:11de problèmes.
01:12Inversement, on a vu plutôt revenir les valeurs de logiciel.
01:14On a vu que les banques, qui avaient plutôt bien traversé l'été, ont fini par être mises à contribution
01:19avec les écartements de spread.
01:22Donc là, c'est un problème spécifique français, mais qui s'étend globalement à l'Europe,
01:25puisque le mouvement sur les bancaires, le recul sur les bancaires, il est généralisé.
01:28On a à peu près la même chose sur les assurances.
01:31Là aussi, rotation, parce que ce qu'on voit revenir sur le devant de la scène,
01:34c'est les asset managers ou c'est les titres comme Euronext, Dolce Bors,
01:38donc des bourses nationales.
01:41Donc rotation à l'intérieur des secteurs fait que, globalement, les indices perdent,
01:46parce que ce qui revient sur le devant de la scène, c'est plus petit en pondération dans les indices.
01:50Donc en fait, c'est les grosses pondérations qui pèsent,
01:52et les plus petites qui n'arrivent pas à contrer cette rotation.
01:56Exactement, et qui est globale à l'Europe, au-delà des seules violences françaises.
01:59Et ici à Paris, les violences françaises, oui, enfin les violences du week-end,
02:03ont un impact direct sur certains titres.
02:04On va regarder, par exemple, Accor dans le tourisme.
02:06Ce titre Accor, il fait partie des plus fortes baisses aujourd'hui.
02:09Comme par hasard, bien sûr, on craint qu'il y ait un impact touristique de ce qui s'est passé,
02:12de ce qui pourrait encore durer.
02:13On verra jusqu'à la présidentielle, au-delà, qui sait ?
02:15On a ce titre Accor qui perd 3,5%.
02:17Air France, KLM perd 2,5%.
02:19Mais on a aussi les acteurs des foncières commerciales.
02:21Et oui, des pillages dans certains centres commerciaux.
02:25Par exemple, Unibail-Rodacom perd 2,5%.
02:27On a aussi le secteur bancaire, vous le citiez, qui est en repli.
02:30Comment vous regardez ces baisses ?
02:31Est-ce que ce sont des opportunités d'achat ?
02:32Ou malheureusement, avec un risque social amené peut-être à durer, perdurer,
02:36ces valeurs peuvent encore beaucoup reculer ?
02:38Non, c'est un peu trop rapide.
02:41Alors, est-ce que ça peut reculer encore ?
02:43Pourquoi pas.
02:45Nous, notre sujet, il est relatif.
02:47C'est-à-dire qu'évidemment, on regarde les valeurs françaises,
02:49mais on regarde aussi quelles sont les alternatives qui nous sont données
02:51et qu'on peut faire rentrer.
02:53Soit dans les PEA, donc il faut qu'on reste en Europe,
02:55soit aux Etats-Unis, puisqu'on a aussi un champ d'action de l'autre côté
02:59sur les comptes-titres et les assurances-vies.
03:01Et donc, ce qu'on constate ex poste,
03:03c'est que c'est rarement les valeurs françaises qui sont en avant.
03:07Dans les secteurs, dans les valeurs qui se comportent bien
03:10et qu'on a repérées depuis quelque temps,
03:11on a Publicis, voilà, ça c'est une exception.
03:13Donc, dans le secteur des médias, clairement, elle fait la différence.
03:15C'est vrai que le business model, la mutation vers une valeur plus techno,
03:21elle l'a fait bien avant les autres valeurs de pub qui sont européennes ou américaines.
03:28Donc, elle, elle se détache.
03:30Mais voilà, il y en a malheureusement assez peu en France.
03:34On a immédiatement, plus souvent, des valeurs européennes qui sont préférables.
03:39Oui, les valeurs qui progressent, il y en a quand même quelques-unes.
03:41Sur le marché parisien, on peut regarder Rubi,
03:43qui semble vouloir abandonner son projet, son statut de société en commandite
03:47pour s'ouvrir en société anonyme
03:49et peut-être, du coup, trouver une prime spéculative,
03:51se faire racheter un jour, Rubi.
03:53Regardez-le, ce titre.
03:54Pour ceux qui nous suivent à la radio, pareil, la courbe à Paris en télé,
03:56vous la retrouvez dans nos replays.
03:58Plus 2,5, cette valeur qui progresse bien, 36,24 euros.
04:02Si, effectivement, ce groupe passe sous statut de société anonyme
04:06plutôt que statut de commandite, ça changerait forcément la face des choses
04:09et le titre gagnerait beaucoup en potentiel boursier.
04:15Alors, c'est une vieille histoire, Rubi.
04:17Je crois que c'est une introduction des années fin 80.
04:21Et donc, avec ce statut de SCA, je crois que Michelin et Lagardère,
04:24c'est les deux sociétés qui avaient ce statut-là avec Rubi.
04:27Donc, assez rare, une spécificité française,
04:30un peu ce que les anglo-saxons appellent une poison pill,
04:32c'est-à-dire que vous ne pouvez pas lancer une OPA sur une SCA.
04:35Donc, là, ils sont en train de rétro-pédaler.
04:38Donc, oui, forcément, ça la ferait devenir opéable.
04:39Il faut savoir qu'au capital, il y a déjà du monde en embuscade.
04:42Il y a la famille Dassault, il y a la famille Bolloré.
04:44Il y a un actionnaire, Patrick Mollis aussi, qui a 9%.
04:49Donc, potentiellement, s'ils ont maintenant les envies de le faire,
04:51ils vont pouvoir le faire.
04:52Sachant que, dans un premier temps,
04:54et c'est pour ça, probablement, que le dossier ne monte pas beaucoup,
04:57c'est que les fondateurs historiques vont se retrouver
04:59en échange de paiement, de l'abandon de ce statut,
05:03de cette poison pill, avec 12 ou 13% du capital.
05:07Ils vont être obligés de les détenir pendant plus de deux ans,
05:10si j'ai bien compris.
05:12Donc, un, le phénomène de dilution.
05:14Deux, le fait qu'il y ait des actionnaires qui soient là
05:16pour un minimum à deux ans.
05:17Voilà, la spéculation ressurgira,
05:21probablement un tout petit peu plus tard.
05:23Mais en tous les cas, en termes de valorisation,
05:24on n'est pas très cher.
05:25On est à peine à 11 fois les bénéfices.
05:26Donc, même avec un peu de dilution,
05:28bon, ça ne restera pas très cher.
05:29Effectivement, autre valeur en hausse sur Ronex,
05:31gagné 1,9%.
05:32Là, c'est grâce à un relèvement d'opinion.
05:34Merci City.
05:34City relève de neutre à l'achat sur Ronex.
05:36Vous aussi, vous êtes plus optimiste pour l'avenir sur Ronex,
05:38au titre donc en forte hausse,
05:40au point que c'est la plus forte hausse du CAC aujourd'hui.
05:44Oui, alors Ronex, effectivement, se comporte bien.
05:47On a Deutsche Börse aussi.
05:48Et puis, il y a quelques temps,
05:49il y avait eu le discours, d'ailleurs,
05:51du patron de Ronex
05:52qui appelait une consolidation avec Deutsche Börse.
05:55Et c'est vrai que ce serait quand même pas mal
05:57qu'on puisse avoir une méga bourse européenne
06:00parce qu'en fait, le sujet,
06:01c'est qu'il faut lutter contre l'appétit,
06:03notamment du Nasdaq,
06:05qui est venu déjà en Europe
06:07puisqu'il y a des bourses dans les pays du Nord
06:09qui appartiennent déjà au Nasdaq.
06:10Donc, ce serait quand même pas mal
06:11qu'on ait un vrai gros champion.
06:12Il y a quand même des économies d'échelle à faire à ce niveau-là.
06:15Et puis, capacité à pouvoir relancer le business,
06:18l'attractivité qui est aussi véritablement nécessaire.
06:21Et c'est vrai que si on offre un marché unifié à des sociétés,
06:25c'est quand même plus simple
06:26et plus tentant de venir en Europe.
06:28Enfin, il y a une vraie concurrence avec les États-Unis, pour le coup.
06:31Wall Street qui est mitigé,
06:33même si le Nasdaq progresse après la baisse de la semaine dernière,
06:35plus 1%.
06:36C'est peut-être qu'il faut retenir pour l'instant
06:37de ce début de séance américain.
06:39Le Nasdaq qui rebondit,
06:40le CAC 40, lui, en baisse,
06:41comme les autres marchés européens.
06:42Il faut vraiment le souligner.
06:43Le CAC n'est vraiment pas seul à reculer.
06:44Il y a même encore pire en Europe.
06:45La Bourse de Madrid qui vient de beaucoup plus haut,
06:48qui, elle, progresse fort depuis le début de l'année.
06:49Aujourd'hui, elle perd 1,7%.
06:51Pas mal de publications à suivre cette semaine.
06:53Aux États-Unis, certes.
06:54On en a parlé dans USA Today,
06:56mais aussi ici en Europe, à Paris.
06:57Il y aura Essilor demain,
06:59également L'Oréal, Hermès, Safran cette semaine.
07:02Laquelle, sur le CAC,
07:03sera la plus déterminante à suivre, d'après vous, Bertrand ?
07:08Je ne sais pas si c'est la plus déterminante,
07:10mais en tous les cas,
07:11celle qu'on va regarder particulièrement,
07:12c'est L'Oréal.
07:13L'Oréal, en fait, le profil nous intéresse bien
07:15parce qu'on voit que dans cette rotation
07:17que je vous décrivais,
07:18des secteurs qui, pour l'instant,
07:19avaient été mis totalement à l'écart.
07:21Des dossiers comme L'Oréal,
07:22dans la Cosmeto,
07:23on voit qu'elle n'a plutôt pas trop mal résisté.
07:27Il y a eu des tentatives dernièrement
07:28d'inscrire des nouveaux points hauts.
07:30Alors, c'est une grosse société.
07:32Donc, on s'aperçoit qu'il y a des acteurs
07:34qui sont vraiment des purs players,
07:36comme Coty, par exemple,
07:37comme Elf, aux États-Unis.
07:39Donc, Eyes, Least, Face,
07:42c'est ça, aux États-Unis.
07:44Puig, en Espagne.
07:47Donc, qui sont des purs players
07:48de la Cosmeto ou du parfum
07:50qui, eux, montrent des signes clairement
07:52de sortie de crise,
07:54de réaccélération.
07:56Donc, ça va être intéressant
07:57de voir ce que nous dit L'Oréal
07:58parce que ça peut faire écho.
07:59Il peut y avoir des lectures croisées
08:00avec d'autres acteurs.
08:02De manière générale,
08:03on aime bien quand ce type de choses se passent.
08:05c'est qu'on s'aperçoit
08:06qu'il y a quelque chose
08:08qui peut ressembler à du sectoriel
08:09qui est en train de se mettre en place.
08:11Ça donne de la puissance au mouvement
08:12parce qu'on sait que derrière,
08:14potentiellement,
08:14on peut avoir l'appui des ETF
08:15qui vont être des paniers
08:16qui vont embarquer tout ça
08:18et qui vont embarquer tous ces titres aussi.
08:21Merci beaucoup.
08:22Bertrand Lamiel est avec nous
08:22depuis les bureaux de Port-en-Pargé.

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