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  • il y a 23 minutes
Thierry Cozic, sénateur socialiste de la Sarthe, président de la Commission des finances, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce mardi 20 octobre. Ils sont revenus sur la réponse du gouvernement face aux 3 000 commerçants pillés lors des manifestations du week-end, et sur l'évolution du Projet de loi de finances 2027, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le Grand Entretien avec Thierry Kozyk, bonjour.
00:03Bonjour.
00:03Sénateur socialiste de la Sardes, vous êtes le nouveau président de la Commission des Finances du Sénat.
00:08La France a subi des émeutes violentes ce week-end.
00:10La réponse du gouvernement est-elle pour vous à la hauteur face aux 3000 commerçants pillés ?
00:16Il y a du chômage partiel et un fonds de soutien qui est annoncé.
00:18Avant de savoir si la réponse est à la hauteur, simplement, je voulais quand même aussi rappeler
00:24qu'il y a derrière une forme de soutien aussi, de légitimité aujourd'hui dans les revendications des jeunes.
00:30que ce soit les lycéens ou les étudiants.
00:32Je suis père de famille et je vois aujourd'hui l'inquiétude pointer chez ces jeunes,
00:37que ce soit sur Parcoursup, sur l'état des bâtiments,
00:39et qu'il est temps aussi à un moment que l'État prenne en charge finalement ses revendications.
00:44Donc vous vous dites en fait que le gouvernement ne répond pas à la bonne question,
00:47il doit plutôt répondre aux manifestants ?
00:48C'est simplement aujourd'hui.
00:50Je vais aller sur les violences.
00:51On voit que les violences n'ont pas leur place dans l'état de droit.
00:55Notamment les revendications, qu'elles soient sociales ou étudiantes,
00:59elles ne peuvent pas être le témoignage de destruction de biens publics ou de commerçants.
01:05Là, aujourd'hui, il est clair qu'il y a eu une défaillance du gouvernement sur cette question.
01:12Maintenant, j'appelle à la mise en place d'un fonds d'urgence, d'indemnisation.
01:16Le gouvernement a la possibilité, dans le cadre du projet de loi de finances qui arrive en discussion,
01:21de déposer des amendements pour aller très vite.
01:22Il faut pouvoir indemniser à la fois les commerçants,
01:26mais aussi permettre la reconstruction d'un certain nombre de bâtiments publics.
01:30Mais ça, les assureurs ne vont pas suffisamment prendre en charge ?
01:34Non, mais la difficulté, c'est aussi comment on répond rapidement.
01:39Certainement, les assureurs vont prendre le relais,
01:42mais je crois qu'il y a un caractère vraiment urgent.
01:44Il faut que les commerçants puissent aussi se relancer très rapidement.
01:48Il y a besoin que l'État accompagne.
01:50C'est quoi la solution pour éviter que ça se reproduise ?
01:52Parce qu'il y a un acte de qui est déjà annoncé samedi prochain.
01:55Simplement, je crois qu'il faut que l'État anticipe.
01:58Parce que là, il y a quand même une grosse difficulté.
02:00On voit que la difficulté qui s'est produite samedi dernier,
02:02c'est aussi un manque d'anticipation.
02:04Mais c'est aussi l'état de la société dans lequel on est,
02:09avec beaucoup d'inquiétudes, liées notamment au prix du carburant,
02:12mais aussi des réponses qui ne sont pas apportées par le gouvernement.
02:15Donc il faut aussi qu'à un moment, le gouvernement apporte des solutions.
02:19Et je ne crois pas que c'est le projet de loi de finances tel qu'il est proposé
02:21qui aujourd'hui y répondra.
02:22Alors si on n'apporte pas des solutions, c'est peut-être aussi parce que les caisses sont vides, non
02:25?
02:26Les caisses sont vides.
02:27Simplement, il y a un projet de loi de finances qui est en cours de discussion à l'Assemblée nationale.
02:31Je pourrais simplement aussi faire état de ce que j'en pense aujourd'hui.
02:37On est près de 10 ans après l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
02:41La transcription budgétaire dans le projet de loi de finances, finalement,
02:45est la même depuis 10 ans.
02:47Faire plutôt en faveur des grandes entreprises, des plus riches,
02:51au détriment des classes sociales et populaires.
02:53Et donc clairement, on voit qu'aujourd'hui, il y a une vraie difficulté.
02:56Il y a plusieurs milliards qui seront prélevés.
02:59En tout cas, c'est dans le projet du budget 2027 sur les entreprises.
03:02Mais le bilan du macronisme, de la fameuse politique de l'offre, on l'a aujourd'hui.
03:07C'est 62 milliards de recettes qui ont été coupées par an.
03:11C'est une dette colossale, 3600 milliards.
03:14Une croissance à tonnes.
03:16Un taux de chômage de près de 9%.
03:18Finalement, on voit que tout ce qui a été mis en œuvre aujourd'hui
03:20ne répond pas à l'urgence sociale qui est la nôtre.
03:22Sauf que vous, votre contre-budget du PS, il prévoit 22 milliards de dépenses supplémentaires.
03:27Est-ce que c'est bien raisonnable dans le contexte actuel ?
03:29Non, mais la question n'est pas tant les dépenses.
03:32Aujourd'hui, je vois bien comment le gouvernement réfléchit.
03:35Simplement, il faut aussi que chacun contribue en fonction de ses capacités contributives.
03:40Le gouvernement fait le choix d'aller taper directement dans les dépenses,
03:43mettre à contribution les collectivités.
03:45Je rappelle qu'aujourd'hui...
03:47Tout le monde les a défendues hier, effectivement, en débat à l'Assemblée.
03:49Mais toujours est-il que quand même, elles sont mises à contribution d'une manière éhontée.
03:54Près de 6 milliards de coupes, alors qu'on sait qu'aujourd'hui,
04:00c'est plutôt elles qui sont chargées d'assurer la cohésion sociale sur le territoire.
04:05On a besoin de comprendre aujourd'hui ce que pense véritablement le PS.
04:08On a entendu Olivier Faure dire que ce n'est pas un problème,
04:10il ne faut pas baisser les dépenses, c'est un problème de recettes.
04:12Vous vous dites qu'il ne faut pas réduire le déficit, la dette ?
04:15Non, je ne dis pas qu'il ne faut pas réduire.
04:17Simplement, la dette, elle existe aujourd'hui.
04:20Je rappelle quand même qu'elle est aussi la conséquence de politiques
04:24qui ont été portées depuis 10 ans, comme je viens de le dire en propos liminaire.
04:27Simplement, je ne crois pas qu'on puisse aller taper uniquement du côté des dépenses.
04:31Il faut aussi regarder du côté des recettes, ce qui n'est pas fait aujourd'hui.
04:35Vous, vous voulez instaurer une taxe Junkman, une taxe sur les successions.
04:38Est-ce que vous avez un problème avec les riches ?
04:40Absolument pas, absolument pas.
04:42Je redis, aujourd'hui, je considère que tout le monde doit contribuer en fonction de ses capacités contributives.
04:48Quand on regarde quand même depuis quelques années, la France est sur le podium des pays
04:55qui versent le plus de dividendes au monde.
04:57On est sur la deuxième marge derrière les États-Unis.
05:00C'est-à-dire qu'à un moment, il y a aussi de l'argent, notamment dans les très grandes
05:05entreprises.
05:06Je pense que ces dividendes pourraient être redistribuées aussi vers tout le monde
05:10et que chacun participe finalement à l'effort national.
05:13Est-ce que vous êtes prêt au débat, au compromis aujourd'hui avec le gouvernement ?
05:17Ou est-ce que la présidentielle vous empêche finalement de trouver un terrain d'entente ?
05:23Écoutez, il est dans l'ADN des socialistes que de chercher le compromis.
05:28Au Sénat, alors pas à l'Assemblée, parce qu'on a entendu Olivier Faure dire qu'il était pour la
05:32censure.
05:32On est ouvert à la discussion. La censure ne peut être que la conséquence finalement
05:37de choix qui n'auront pas été faits ou de compromis qui n'auront pas été trouvés.
05:41Je rappelle quand même que sur les deux derniers exercices budgétaires,
05:44les socialistes ont permis finalement de déboucher.
05:47Simplement, on est encore dans une phase de discussion.
05:50L'Assemblée nationale, il reste le Sénat.
05:53Je reste ouvert aussi à écouter ce qui va pouvoir être fait.
05:56C'est vrai que les conditions, la balle est dans le camp du gouvernement, clairement.
05:59Et de Sébastien Lecornu, de savoir comment on a la capacité aussi à pouvoir progresser.
06:03Il est clair que le budget tel qu'il est proposé aujourd'hui est un budget qui est libéral,
06:08qui est plutôt tourné vers la majorité sénatoriale, la droite sénatoriale et l'extrême droite.
06:14Vous l'avez dit tout à l'heure, c'est les aides pour les émeutes.
06:18Finalement, elles vont prendre la forme pour certains d'amendements.
06:21Si le budget n'est pas voté, il n'y aura pas d'aides supplémentaires.
06:26Est-ce que ça ne vous oblige pas ?
06:28Aujourd'hui, il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités.
06:32C'est au gouvernement de déposer les amendements.
06:34Il n'y a plus que lui qui peut aujourd'hui créer finalement ce fonds.
06:37Oui, mais après, encore faut-il que ce soit voté.
06:39Il faut que ce soit voté.
06:41Le débat aura lieu au Parlement et notamment au Sénat.
06:44Le Sénat a pour habitude finalement d'étudier dans les délais constitutionnels l'ensemble du budget.
06:49Il n'y a pas de raison que cette année, ce ne soit pas le cas.
06:52L'examen du PLFSS commence aussi à l'Assemblée aujourd'hui.
06:55En commission, toutes les mesures concernant les retraités ont été retoquées.
06:59Est-ce que c'est purement électoraliste, tout simplement parce que les retraités sont ceux qui votent le plus ?
07:04Non, mais simplement quand même, aujourd'hui, la question est un peu différente.
07:09La question est de savoir, est-ce qu'il faut désindexer les retraites ?
07:13Et simplement, aujourd'hui, le projet tel qu'il est fait, il porte uniquement sur les retraites de base.
07:18Les retraites qui sont perçues par les plus modestes de ce pays, ainsi que la classe moyenne.
07:24Donc aujourd'hui, il y a des moyens.
07:27Il y a un certain nombre, notamment, de retraités qui aujourd'hui ont du patrimoine.
07:30Et donc, je pense que la réflexion devrait plutôt se porter sur cette classe.
07:36Donc, cette question, elle est ouverte telle qu'elle est proposée aujourd'hui.
07:39Ce n'est pas une bonne réponse.
07:40Donc, je comprends aussi le sens du vote à l'Assemblée nationale.
07:44David Amiel, le ministre des Comptes publics, disait qu'il y avait 8 milliards en plus qui ont été votés
07:50en commission,
07:53avec notamment, en tout cas, la suppression de toutes ces mesures pour les retraités.
07:58Un mot sur Raphaël Glucksmann.
08:00Il a été élu à la primaire PS.
08:03Dans les sondages, il accroche la deuxième place.
08:05Comment vous allez aller chercher les électeurs de gauche qui sont partis chez Jean-Luc Mélenchon ?
08:09Écoutez, on est au début de la campagne.
08:11La campagne n'est qu'à ses balbutiements.
08:14Je crois qu'il va y avoir une montée en puissance de Raphaël Glucksmann dans les semaines et les mois
08:19à venir.
08:20L'idée, c'est aussi de pouvoir, à un moment, élargir le spectre du potentiel électoral.
08:26Je crois qu'il a la capacité, aujourd'hui, aussi, de pouvoir répondre à cette aspiration.
08:31Merci, Thierry Kozyk, d'avoir été notre invité ce matin dans Good Morning Business,
08:35sénateur socialiste de la Sarthe, nouveau président de la Commission des finances du Sénat.
08:39Une interview à retrouver en podcast et en replay sur l'application BFM Business et sur l'ensemble de nos
08:43plateformes.

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