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  • il y a 7 minutes
Éric Lombard, ancien ministre de l'Économie et des Finances, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce jeudi 24 septembre. Ils sont revenus sur cette expérience au sein du gouvernement et ont discuté de pistes pour parvenir à un compromis budgétaire, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Éric Lombard, ancien ministre de l'économie et des finances, bonjour et bienvenue sur le plateau de BFM Business.
00:05Vous avez publié début septembre, dit pas ça, tu vas finir par te faire virer cette édition Albin Michel.
00:10Vous revenez sur votre passage à Bercy, qu'est-ce que vous en tirez finalement de ce passage ?
00:15J'en tire une vision très positive, c'est-à-dire que quand on a des idées claires,
00:20quand on sait ce qu'on veut faire, ce qui était notre cas avec François Béraud, on peut avancer.
00:25Un exemple très simple, Michel Barnier était tombé sur le budget.
00:29En un mois, grâce à un dialogue avec tous les partis, on a réussi à trouver un accord
00:33et à avoir un budget qui a fait baisser le déficit jusqu'à 5,1 alors qu'on venait de
00:385,8.
00:39On a pu commencer à mettre des limites à la pression chinoise sur l'industrie, dans l'acier, sur les
00:46petits colis.
00:47On a mis en route le programme d'EDF pour la construction des six EPR.
00:50Donc ce qui est très rassurant, c'est qu'avec une vision claire, avec un dialogue avec tous les partis,
00:55on peut avancer, on peut réformer ce pays.
00:58Et j'entendais Eric Albert à l'instant parler d'italianisation.
01:01D'abord, j'ai beaucoup de respect pour l'Italie, qui a fait beaucoup de bonnes choses.
01:05Mais on peut se réformer vigoureusement et retrouver une marche en avant pour éviter la situation actuelle,
01:10puisque la situation actuelle, en réalité, c'est qu'on est quand même en train d'être déclassé.
01:13On le voit dans l'économie, on le voit dans l'éducation.
01:16Mais ça peut se retourner assez vite, pour autant qu'on trouve un accord assez large.
01:19– Alors cet accord, il faut le trouver ? Il faut le trouver avec l'EPS, forcément ?
01:23– Il faut le trouver avec l'ensemble de l'espace central,
01:28puisque en réalité, dans cet espace central qui va du Parti Socialiste jusqu'à LR,
01:32qu'est-ce qu'on partage ?
01:33L'idée qu'il faut produire plus avant de redistribuer,
01:35que c'est l'augmentation, le retour de la croissance qui permettra de financer la transformation écologique,
01:40qu'il faut faire ça dans un cadre européen.
01:42Alors les curseurs ne sont pas les mêmes,
01:44mais ça suffit à nous permettre de passer des accords de gouvernement,
01:49en tout cas moi c'est ce que je souhaite pour la suite,
01:51et avoir une réponse positive à ce que proposent les deux extrêmes,
01:54qui ne fonctionnent pas,
01:56et qui ne sont pas les bonnes réponses au problème du pays.
01:58– Alors vous parliez, vous, de votre expérience,
02:01les conditions sont assez différentes cette fois-ci,
02:02parce que nous sommes en campagne présidentielle,
02:05il va y avoir une élection dans quelques mois,
02:07et donc il est très politique ce budget,
02:10quel est l'intérêt finalement pour un parti d'opposition,
02:14d'aller toper j'allais dire avec Sébastien Lecornu,
02:17sachant que quand on regarde les propositions du PS,
02:20elles sont là très très éloignées de celles proposées par le gouvernement aujourd'hui.
02:26– Alors moi il me semble que l'intérêt il est très clair,
02:29c'est l'intérêt du pays, c'est l'intérêt des Françaises et des Français,
02:31pourquoi ?
02:32On a vu hier, les taux d'intérêt sont à 4,65%,
02:36l'écart avec l'Allemagne est de plus de 1%,
02:40ce qui est énorme,
02:41et ça, ça pèse sur la capacité d'endettement des ménages et des entreprises.
02:46Et pourquoi est-ce que ce taux est si élevé ?
02:49Les taux mondent partout, mais beaucoup plus en France qu'ailleurs,
02:51parce qu'il y a une incertitude politique.
02:53Donc moi je demande au parti politique de mettre entre parenthèses
02:57la campagne des présidentielles pour ce budget,
03:00il est impératif que le budget présenté par le gouvernement soit adopté,
03:05afin qu'on reprenne la baisse du déficit,
03:08ce qui permettra d'étendre les taux d'intérêt,
03:10de soulager notre économie,
03:12et puis une fois cette parenthèse terminée,
03:13donc ça leur demande un effort politique,
03:15de s'abstenir, de dire ok, on laisse passer ce budget dans l'intérêt du pays,
03:19parce que dans le cas contraire…
03:20– S'il n'y a pas de budget, c'est quoi les conséquences ?
03:22– S'il n'y a pas de budget, si on est par exemple en loi spéciale,
03:26le gouvernement a dit, dans ce cas-là,
03:27le déficit l'année prochaine peut être jusqu'à 6,5%,
03:30alors que déjà la cible du gouvernement c'est 150 milliards d'euros,
03:32ce qui est déjà énorme.
03:34Le risque, ce n'est pas un risque pour la solvabilité de la France,
03:37qui est un pays riche et qui pourra honorer ses engagements,
03:40mais à des conditions beaucoup plus onéreuses,
03:42et cette augmentation des taux d'intérêt, encore une fois,
03:45elle pèse sur les ménages, elle pèse sur nos entreprises.
03:47Donc je pense qu'il faut vraiment, une parenthèse,
03:50que chacun fasse l'effort, qui sera compris par les Français,
03:54de dire ok, on n'est pas d'accord avec ce budget,
03:56on n'est pas d'accord avec ce gouvernement,
03:57mais il faut que ça passe.
03:58– Mais cet accord, il faut faire les 54 milliards d'économies
04:03demandées par Sébastien Lecornu,
04:05quand on vous entend sur la situation économique,
04:07sur les taux, sur le déficit, la dette, les charges de la dette ?
04:10– Mais regardons la situation.
04:13La cible du gouvernement, c'est 5% de déficit,
04:16et je pense que c'est la meilleure cible possible
04:18dans la circonstance, il faut l'atteindre.
04:20Ça veut dire 150 milliards d'euros de dettes en plus,
04:23c'est-à-dire que nos enfants, pendant 10 ans,
04:25sur ces 150 milliards, vont payer chaque année 6 milliards de plus,
04:30rien qu'en intérêt, rien que pour rémunérer les prêteurs.
04:34Donc vous voyez bien qu'il faut arrêter cette spirale,
04:38qui fait que chaque année, on rajoute de la dette à la dette,
04:41et la question c'est, la charge d'intérêt,
04:43c'est en train de devenir le premier budget de l'État.
04:46– Mais il faut faire des économies,
04:47ou il faut augmenter les impôts ?
04:49Parce que c'est là, on voit bien 40 milliards de hausses d'impôts
04:52côté PS, 54 milliards d'économies côté Sébastien Lecornu.
04:56On a les libéraux, les pilonésiens qui sont en train de s'affronter.
04:58– Moi j'étais chef d'entreprise, je regardais un truc très simple,
05:00l'argent qui rentre, l'argent qui sort.
05:02L'argent qui sort, c'est pour l'État, c'est pour la sécurité sociale.
05:06En réalité, on ne va pas baisser la dépense publique sur la sécurité sociale,
05:13la retraite, la santé, les gens vieillissent, ça coûte plus cher,
05:15l'État des missions.
05:17Simplement, et on a regardé les chiffres très précisément à Bercy,
05:20si la hausse de la dépense publique diminue sans augmenter les impôts,
05:25on peut réduire le déficit sur une durée de 5 à 7 ans.
05:30Et si cette trajectoire est validée par les partis,
05:33ça va rassurer les marchés financiers, les taux vont baisser,
05:36la croissance va reprendre parce que, en fait,
05:38le principal levier pour régler notre problème de dette,
05:41c'est que l'activité soit plus importante,
05:44qu'il y ait plus de quantité de travail dans le pays,
05:47c'est-à-dire qu'on reprenne la baisse du chômage
05:48qui avait été entamée dans le premier quinquennat,
05:51qu'on fasse cette réforme des retraites sur laquelle
05:53il y a un accord qui est en train de se faire sur le fait
05:55que d'une façon ou d'une autre, il faudra travailler plus.
05:58Et cette maîtrise de la dépense,
06:00on augmente la quantité de travail, on fait baisser le déficit,
06:02ça nous permet de financer l'avenir, la recherche, l'éducation,
06:07l'enseignement supérieur, qui sont des priorités qu'on a...
06:09Ça c'est sur le papier, aujourd'hui, le PS ne l'entend pas du tout de cette oreille.
06:14C'est quoi le compromis possible ?
06:15Ça nous a coûté cher la dernière fois
06:17puisque Sébastien Lecornu a lâché sur la réforme des retraites.
06:21Quelle est la concession qu'il faut faire, selon vous ?
06:24Il n'y a pas de concession, me semble-t-il, à faire à qui que ce soit.
06:28Nous devons trouver un chemin qui nous permette de faire face à nos engagements.
06:33Et c'est vrai que le report, la suspension de la réforme des retraites est coûteuse.
06:37Il faut remettre cette réforme en chantier.
06:40Et je pense que l'accord doit plutôt porter sur des sujets positifs.
06:44Quel est le degré d'investissement dans la transformation écologique ?
06:47C'est ça la grande priorité.
06:48Qui d'ailleurs n'est pas un sujet budgétaire.
06:50La transformation écologique, c'est que l'ensemble de la société,
06:54l'ensemble de l'économie, doit modifier les modes de transport.
06:57J'entendais le débat sur les taxes sur le pétrole.
07:00Mais il faut surtout qu'on passe à l'électrique,
07:02qu'on passe aux...
07:03Le gouvernement a eu tort d'augmenter l'aide pour les gros rouleurs,
07:07enfin d'élargir...
07:08Le gouvernement a eu raison parce qu'il y a une difficulté de pouvoir d'achat,
07:13notamment pour les gros rouleurs, qui est évidente.
07:15Dans ces cas-là, la solidarité de la nation est absolument évidente.
07:18Mais dans le plus long terme, il faut qu'on transforme notre économie,
07:22notre façon de travailler, notre façon de vivre,
07:23de façon à continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
07:27Et ça, ce n'est pas budgétaire, c'est politique.
07:29Et là-dessus, on peut avoir un accord.
07:30Et là-dessus, on peut avoir un parallels.
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