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  • il y a 10 heures
Ce mardi 20 octobre, le moral au plus bas des commerçants à la suite des émeutes, les mesures à prendre en cas d'acte 2 des Gilets jaunes, ainsi que la situation économique et sociale préoccupante de la France, ont été abordés par Jean-Eudes du Mesnil, fondateur "Du Mesnil Advisor" et ancien patron de la CPME, Céline Antonin, économiste à l'OFCE, et Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Céline Antonin, bonjour ! Économiste à l'OSCE, en face de vous Jean-Hude Duménil,
00:04fondateur de Duménil Advasor, vous êtes ancien de la CPME, Philippe Mutressi va nous rejoindre dans un instant.
00:08Quand je suis arrivé dans le couloir, vous essayez de vous remonter le moral quand même tous les deux.
00:11C'est pour vous dire où on en est. Jean-Hude, vous qui connaissez bien quand même les petites entreprises,
00:17les commerçants,
00:18là on est quand même sur un sujet de ras-le-bol. Moi ce que j'entends aujourd'hui, c
00:22'est que certains n'ont pas envie de rouvrir les magasins.
00:24Alors on est sur un sujet de ras-le-bol, oui, mais sur un sujet d'exaspération aussi.
00:28Parce que là, on a énormément de commerçants qui ont eu un sentiment d'abandon.
00:32C'est-à-dire qu'ils appelaient les forces de l'ordre et ils avaient le sentiment d'être livrés
00:36à eux-mêmes
00:37et d'assister en étant totalement impuissants au pillage.
00:40Et c'est très dangereux ce sentiment d'abandon parce que certains commencent à s'interroger en se disant
00:46si l'État n'assume pas le rôle régalien qui est le sien, le premier rôle qui est la sécurité,
00:50on va s'organiser nous-mêmes pour se défendre.
00:53Et là, on rentre dans quelque chose qu'on ne maîtrise plus derrière.
00:55Donc il faut à tout prix rétablir l'ordre.
00:59Et c'est la première des priorités.
01:00On parle de soutien aux commerçants.
01:02Oui, il faut des mesures sur les assurances.
01:04Oui, il faut des mesures sur le chômage partiel.
01:06Mais d'abord l'ordre.
01:07Mais la première chose, c'est l'ordre.
01:08C'est absolument impératif.
01:10Et là, objectivement, quand on a vu certaines interventions...
01:14Laurent Nunez a dit que la situation nous a échappés.
01:16Oui, c'est bien de le reconnaître.
01:18Mais comme vous disiez tout à l'heure, il ne faudra pas que ça se reproduise une deuxième fois.
01:21Maintenant, il faut qu'il y ait des vraies mesures.
01:23Céline.
01:24Oui, je suis tout à fait d'accord.
01:26Effectivement, il me semble que d'abord, il faut montrer que l'État est fort, est présent.
01:29Et qu'on est capable...
01:31Ça fait partie des garanties que doit assurer l'État.
01:34C'est la sécurité.
01:35Ça fait partie vraiment des privilèges régaliens de l'État.
01:38Et donc, ça doit être la première chose qui doit être assurée.
01:40Et ensuite, effectivement, il y a la question de l'indemnisation des commerçants.
01:45La question de comment on fait en termes d'assurance.
01:48Parce qu'effectivement, je pense que ça va être compliqué pour les assurances d'indemniser tout le monde.
01:51Et je pense qu'en termes de clauses, ils vont jouer beaucoup sur un certain nombre de clauses.
01:55Tout le monde n'est pas assuré pareil.
01:56Voilà.
01:56Donc, je pense que pour certains commerçants, ça va être compliqué.
01:59Ça va encore renchérir nos finances publiques, comme si on avait besoin de ça.
02:03Enfin voilà, il y a tout ce contexte.
02:04Mais effectivement, la première des choses, c'est de rétablir les fonctions de l'État, me semble-t-il.
02:08Sur la question de l'assurance, c'est intéressant, parce que Thomas Bouber le disait hier soir, le directeur général
02:13d'AXA, il disait, moi, je peux assurer une fois.
02:15C'est un risque assurantiel.
02:17Mais si ça se reproduit acte 1, 2, 3, 4, 5, là, ce n'est plus mon sujet, en fait.
02:21Je me retourne contre l'État.
02:23Oui, bien sûr.
02:25J'allais dire, les risques exceptionnels, ce n'est pas la même chose qu'un risque chronique qui devient effectivement
02:30ponctuellement, enfin qui se reproduit ponctuellement.
02:33Et puis, le problème, c'est que la facture pour l'État, parce que j'imagine qu'à un moment
02:37donné, l'État va devoir intervenir, la facture va encore s'alourdir.
02:40Et dans le contexte budgétaire, on aura l'occasion d'en parler. Dans lequel on est, ce n'est pas
02:44une très bonne nouvelle.
02:46Et puis, je crois qu'il ne faut pas donner le sentiment que les assurances vont couvrir la totalité des
02:50sinistres.
02:51C'est-à-dire qu'évidemment, pour les commerçants, pour ceux qui bénéficieront des assurances, ce qui n'est pas
02:55le cas de tout le monde, puisqu'il peut y avoir des exclusions, ça ne couvrira pas la totalité.
03:00Il y a évidemment des franchises. Il va falloir reconstituer les stocks.
03:04Certains avaient les stocks de Noël.
03:06Bien sûr, quitte des pertes d'exploitation. C'est-à-dire que quand vous ne travaillez pas, finalement, quand vous
03:10êtes commerçant, c'est du manque à gagner.
03:11Donc là, il y a des gens qui vont devoir fermer le temps de restaurer les magasins, reconstituer les stocks,
03:18etc.
03:18Et puis, même quand on demande aux commerçants de fermer, par exemple, le week-end prochain, parce qu'on craint
03:25à nouveau qu'il puisse y avoir des émeutes,
03:27c'est autant de périodes pendant lesquelles ils ne vont pas travailler. C'est du manque à gagner.
03:31Donc, tout ça, mis bout à bout, effectivement, ça fait beaucoup.
03:33Surtout que, depuis quelques années, ça s'est reproduit quand même un grand nombre de fois.
03:38Pardon, excusez-moi, je vous coupe.
03:39Et puis, on envisage le chômage partiel, mais c'est pareil. Le chômage partiel, ça coûte cher.
03:43Il faut encore que le commerçant ait un salarié, ce qui n'est pas le cas de tous les commerçants.
03:46Ce n'est pas pour lui, c'est pour ses salariés.
03:48C'est pour les salariés, donc ce n'est pas le cas pour tous les salariés.
03:50Ça coûte cher à l'État, parce qu'en fait, l'État en prend en charge une bonne partie.
03:54100% il dit, 100% là.
03:55Oui, justement, donc par rapport à 60% en temps normal.
03:58Donc, il y a effectivement, enfin, ça a un coût.
04:00Donc, tout ça va encore alourdir.
04:02Et puis, peut-être juste pour revenir un quart de seconde sur les assurances,
04:05le risque aussi, c'est ce qui va se passer.
04:07Ensuite, vous disiez, Thomas Burbell disait que peut-être ensuite,
04:11il ne pourrait plus prendre en charge.
04:13Le risque aussi, évidemment, c'est qu'on va avoir d'une part une augmentation des primes d'assurance.
04:17C'est un surcoût.
04:18Et puis, la deuxième chose, c'est que peut-être aussi qu'il va y avoir des zones
04:22qui vont être considérées comme non assurables.
04:24C'est comme le risque climatique, c'est pareil.
04:27Oui, mais qu'est-ce que vous faites quand vous ne pouvez plus être en situation
04:30d'assurer votre commerce en face des émeutes ?
04:32Vous êtes en centre-ville de Paris, on ne peut plus vous assurer, c'est trop dangereux.
04:35Comment vous faites ? Donc, il y a des vrais sujets.
04:37Philippe Mettrici nous a rejoint. Bonjour.
04:39Directeur des études de BPI France.
04:41Vous n'étiez pas là quand Céline Antonin et Jean-Yves Duménine
04:44essayaient de se réconforter avant l'antenne dans le couloir.
04:47Quelle est votre analyse de la situation ?
04:50On était sur le bilan pour les commerçants.
04:52Je crois que je n'étais pas là dans les couloirs,
04:54mais j'étais quand même là les cinq dernières minutes.
04:57Donc, j'ai assisté à ce qui vient d'être dit et que je partage totalement.
05:00Je crois que Jean-Yves a pointé quelque chose d'assez fondamental
05:05pour comprendre le commerce de centre-ville.
05:08C'est qu'il fonctionne sur la reconstitution de stocks.
05:13Et donc, si on prend l'exemple d'un chocolatier
05:15dont la vitrine et le magasin ont été vandalisés samedi dernier,
05:20il doit reconstituer ses stocks pour Noël.
05:22C'est un artisan, il achète son chocolat.
05:25Vous pensez qu'à six semaines de Noël,
05:27le prix de la reconstitution du stock n'est pas du tout le même
05:31qu'il y a trois mois.
05:32Et donc, déjà, ça, c'est une perte supplémentaire.
05:35Ça, ce n'est pas assuré, ça ?
05:36Non, ce n'est pas assuré.
05:37Et puis, comme le disaient aussi Jean-Eude et Céline,
05:40c'est que ce sont des indépendants qui ne sont pas salariés.
05:43Et quand le magasin est fermé,
05:45soit parce qu'il y a une autre manifestation,
05:47soit parce qu'il y a des travaux,
05:48il ne fait pas de chiffre d'affaires.
05:49Il n'y a pas de revenu pour le commerçant.
05:51Donc, la situation, on peut le dire,
05:52elle est dramatique pour tous ceux qui la connaissent.
05:56Mais moi, je voudrais assister sur un deuxième point
05:58qui a probablement été dit aussi,
05:59c'est la nécessité de rétablir l'ordre public.
06:02Jean-Eude a commencé par ça, oui.
06:03Bien sûr, parce qu'il n'y a d'un point de vue citoyen,
06:07et on l'est tous,
06:09mais aussi d'un point de vue économique.
06:11C'est-à-dire que pour une entreprise,
06:12ce qui est important, c'est d'avoir un cadre réglementaire
06:16et une visibilité, effectivement,
06:18ne pas être suspendu un samedi sur deux,
06:21deux samedis sur trois à des événements extérieurs.
06:24C'est comme si un cyclone passait toutes les semaines sur le magasin,
06:27grosso modo, pour prendre une image qui parle peut-être plus aux gens.
06:30Donc, le cyclone, par nature, il est imprévisible.
06:33Là, on est dans un domaine qui devrait être prévisible.
06:35Et cette incertitude qui est sur toute cette activité commerciale
06:41génère évidemment beaucoup de stress.
06:42Et puis, il y a des retraits.
06:44Parce que ce qui va se passer, si on ne peut plus s'assurer,
06:47si on a trop perdu de chiffre d'affaires,
06:49si on ne peut plus vivre de son...
06:51On fait autre chose.
06:52On fait autre chose.
06:52Et le commerce de centre-ville se ferme.
06:54Et donc, je terminerai juste par un point.
06:56Dans cette nécessité de réflexion et de retour à l'ordre public,
07:00il y a deux questions qui se posent.
07:01Il y a, à mon avis, les trajectoires des cortèges.
07:06Est-ce que c'est toujours le bon endroit ?
07:09Le faire défiler...
07:10Mais là, ce n'était pas le cortège, le problème.
07:12C'était vraiment le reste du cortège, quoi.
07:14C'est le reste du cortège, mais il y a un certain nombre de...
07:15C'est ceux qui sont restés à la République,
07:16et après ceux qui sont ici, c'est tranquille.
07:17Je suis complètement d'accord avec vous,
07:19mais ça pose quand même la question d'une concentration
07:22de toute une série de personnes à surveiller.
07:24Parce que c'est très difficile de voir, à l'avance,
07:27pour les forces de l'ordre,
07:28ce qui est cortège, ce qui ne l'est pas.
07:29Et à quel endroit vont avoir lieu les échauffourés ?
07:31Et deuxièmement, se poser aussi la question
07:34du rôle des réseaux sociaux.
07:36Dans le jour même, pas avant...
07:39Gabriel Attal propose de couper...
07:40Nicolas Dufour, qui a fait un post sur LinkedIn aussi,
07:43qui va un peu dans le même sens.
07:44Il dit, est-ce que c'est normal
07:45que ces plateformes se fassent énormément
07:49de gains publicitaires
07:51en publiant des vidéos les plus choquantes possibles
07:54pour générer du trafic et du buzz
07:56et alimenter la machine toute la journée ?
07:58Et donc, il y a un vrai sujet, sans compter, effectivement,
08:01les appels pour profiter, les rassemblements, etc.
08:04Donc, il y a un vrai sujet sur qui profite de tout ça.
08:07J'aurais de vouloir agir.
08:07Oui, sur le sujet des plateformes, évidemment.
08:09Je partage de ce qui vient d'être dit.
08:10Mais de surcroît, on a bien vu le débat hier, je crois,
08:15sur le rôle des plateformes...
08:17Bien sûr, ça va revendre derrière.
08:19Ils sont convoqués, là, ce matin, à Bercy.
08:20Il y a une réunion en Teams.
08:21Il faut trouver un moyen.
08:22Mais c'est du recel, hein ?
08:23Vous vendez du matériel polé, ça s'appelle du recel,
08:25et ça tombe sous le coup de la loi.
08:27Oui, mais qui est responsable ?
08:29Est-ce que c'est la plateforme ?
08:30Est-ce que c'est ça, la question, aussi ?
08:32Certaines plateformes se sont engagées à lutter contre ça,
08:34mais c'est facile quand c'est écrit voler le 17 octobre.
08:37Bien sûr, et surtout que certains ne se privent pas
08:38de mettre que ça date du 17 octobre,
08:40que c'est de la marchandise du 17 octobre.
08:42Donc, je veux dire, dans ces cas-là,
08:43vous ne pouvez pas faire comme si vous ne saviez pas
08:44que vous êtes complice de recel.
08:45Mais est-ce que l'État peut poursuivre les plateformes ?
08:47Ou juste leur demander de faire le ménage ?
08:49Moi, je pense qu'on peut poursuivre.
08:50Enfin, je pense qu'il faut, au contraire, être très dur.
08:52Oui, à ce niveau-là, oui.
08:54Est-ce qu'on peut chiffrer, Céline Antonin,
08:57déjà l'impact sur l'activité économique française ?
09:00On était déjà sur des perspectives de croissance de 0,4 pour l'année.
09:04Est-ce que, du coup, ça va être encore pire ?
09:07En tout cas, ça ne va pas avoir un effet positif.
09:09Alors, c'est vrai qu'à ce stade,
09:10c'est compliqué de chiffrer parce qu'il faut voir quelles sont les pertes.
09:12Et si ça continue ou pas ?
09:13Oui, si ça continue par ailleurs.
09:15Mais il est évident que ça va avoir un impact sur le dernier trimestre.
09:19Donc, ça va encore, effectivement, amoindrir la croissance
09:22qui était déjà, comme vous le disiez, à 0,4.
09:24Donc, on a déjà publié nos prévisions il y a une semaine.
09:27Elles sont déjà obsolètes.
09:28Vous étiez aussi sur 0,4 ?
09:30On était à 0,4 en 2026 et 0,5 en 2027.
09:33Donc, du coup, sur une croissance qui n'était quand même pas flamboyante
09:36avec un déficit qui se réduisait très peu
09:39puisqu'on était toujours à 5,4 de déficit public.
09:42Donc, ça ne va pas arranger la situation de l'économie.
09:44Et avec un prix de l'incertitude chiffré à 0,2, c'est ça ?
09:47Oui, oui, oui, quand on avait déjà chiffré.
09:49Ça veut dire quoi, un prix de l'incertitude chiffré à 0,2 ?
09:51C'est-à-dire que l'incertitude qui règne en France,
09:53alors essentiellement politique, en l'occurrence,
09:55c'est ce qui a été chiffré sous votre contrôle,
09:58ça coûte 0,2 point de croissance en 2026 à la France.
10:01Donc, si on prend le début de l'année, on devait faire 1%.
10:03Donc, 1%, c'était le consensus à peu près 0,9,1.
10:06On termine à 0,4.
10:08Ça veut dire qu'on a perdu 0,6.
10:09Sur les 0,6, on a perdu 0,3 à cause du pétrole.
10:12Donc, c'est à peu près, tout le monde est d'accord là-dessus.
10:15Banque de France, INSEE, OFC, etc.
10:17Donc, 0,3, c'est le choc extérieur.
10:19Et le reste, c'est un 0,1 canicule.
10:22Bon, ça a pesé sur l'agriculture
10:24et sur des secteurs qui sont assez contributeurs au PIB.
10:28Et puis, les 0,2 qui restent, c'est le prix de l'incertitude politique.
10:31Alors, ça provoque deux choses.
10:33D'une part, les ménages consomment plutôt moins.
10:36Donc, on a un taux d'épargne, comme vous le savez,
10:38qui a un niveau record depuis maintenant 4 ans.
10:41On est le seul pays développé dans le monde
10:44à avoir gardé son niveau d'épargne de l'année du Covid.
10:46Tous les pays ont connu une hausse d'épargne l'année du Covid
10:50et ensuite ont désépargné.
10:51Nous, on est restés au niveau du Covid.
10:53Donc, c'est à peu près 18%, 17,2 pour être tout à fait précis.
10:5617,2 du revenu qui reste épargné.
10:59Et donc, les ménages consomment moins.
11:00Et ça se voit dans la croissance.
11:02Quand on voit les contributeurs à la croissance,
11:04la consommation intérieure, elle diminue
11:07dans la contribution à la croissance.
11:08Et puis, le deuxième facteur, qui est peut-être encore plus grave,
11:11c'est que ça pénalise l'investissement.
11:13Là, nos dirigeants d'entreprise le disent
11:14dans les enquêtes qu'on publie avec Rexécode.
11:16PPI France Labre Rexécode, on en a publié une début septembre.
11:20Deux dirigeants sur trois ont ajusté à la baisse
11:23leurs investissements en 2026, deux sur trois.
11:26Soit report, soit annulation,
11:28en raison de cette incertitude qui plane.
11:31Et ça s'auto-entretient.
11:32C'est à la fois, quelle sera la politique économique ?
11:34Combien d'impôts l'année prochaine ?
11:35Quelles sont les dépenses publiques qui vont baisser ?
11:37Et puis, ce climat global d'agitation,
11:40et je pense que c'est l'année dernière,
11:41ça n'a pas arrangé la croissance des consommateurs.
11:43Oui, et depuis 2024, on est en plus dans une situation politique
11:46complètement bloquée, où on est incapable de voter un budget,
11:49où on ne vote que des lois a posteriori.
11:51Donc, voilà, tout ça a œuvré, effectivement.
11:54En tout cas, l'incertitude politique aussi a beaucoup œuvré
11:57au fait qu'on est dans l'immobilisme, en plus.
12:00Il y a les conséquences directes dont on vient de parler.
12:03Il y a les conséquences indirectes aussi.
12:06Je pense au tourisme, par exemple.
12:08Déjà des annulations.
12:09Et à l'image que ça renvoie, parce que l'ensemble du monde
12:13se rigole, pardon, de ce qui se passe en France aujourd'hui.
12:17On est assez prompt à donner des leçons au monde entier.
12:20Là, en retour, on reçoit beaucoup de critiques dans le monde entier.
12:25Et sur l'image du tourisme, c'est une catastrophe totale.
12:28Alors, il y a déjà eu des émeutes précédemment,
12:302019, 2023, malheureusement.
12:33L'impact sur le tourisme avait été relativement limité.
12:36Il avait été assez ponctuel, finalement.
12:37Puis ensuite, les choses s'étaient rétablies.
12:39Mais là, il y a deux différences.
12:42La première, c'est que les émeutes,
12:44c'est quasiment sur l'ensemble du territoire,
12:46y compris dans les villes moyennes.
12:48On peut penser à Limoges, par exemple.
12:49Limoges a fait le tour du monde.
12:51C'était l'image de tous les pays hier.
12:55Absolument catastrophique.
12:56Donc ça, effectivement, le fait que ça soit
12:59sur l'ensemble du territoire, c'est un vrai problème.
13:02Et puis, derrière, est-ce que les conséquences,
13:08qu'est-ce qui va se passer ?
13:09Et il n'y a pas de grands événements qui vont permettre
13:12de réhabiliter l'image de la France.
13:14Il y avait les JO la dernière fois,
13:16l'avenue du Pape, il n'y a pas si longtemps.
13:18Elle va revenir, elle va revenir.
13:20Non, mais je veux dire, ça avait contribué les JO,
13:22notamment, à rétablir l'image du tourisme en France
13:24et montrer qu'on était capable aussi
13:26d'assurer la sécurité pendant les JO.
13:28Bon, ben là, malheureusement, arrière toute.
13:30Mais à quel point, aujourd'hui,
13:31les chefs d'entreprise font remonter
13:34ce sujet de sécurité comme une priorité ?
13:37Ah ben, c'est une priorité absolue.
13:39Mais absolue, c'est vraiment,
13:40c'est la première des choses,
13:43c'est la sécurité.
13:44Ce que je veux dire, c'est qu'une entreprise
13:45ne peut pas tourner si elle n'est pas certaine
13:48que son activité est en sécurité.
13:50Ses salariés sont en sécurité.
13:52Parce que là, ce à quoi on a assisté
13:54le week-end dernier,
13:55c'est aussi des salariés qui ont été molestés.
13:58C'est ce que racontait le patron d'ETAM ce matin.
13:59Ils ont été blessés.
14:00Enfin, je veux dire,
14:00on est dans une situation complètement folle.
14:03Et puis, certains ont commencé à dire
14:05« Ah oui, mais finalement,
14:07ils prenaient des téléphones,
14:08ils prenaient des chaussures,
14:09ils prenaient ce que vous voulez. »
14:10Mais là, c'était du saccage pour du saccage.
14:13Je vous rappelle qu'il y a eu des fleuristes,
14:15par exemple, qui ont été complètement ravagées.
14:17Il y a eu des boulangeries.
14:20Mais le patron d'ETAM, ce matin,
14:21sur la trentaine,
14:21il demande l'armée
14:22pour protéger les commerces.
14:24Oui, alors est-ce que c'est le rôle de l'armée ?
14:26Moi, je ne suis pas en capacité de le dire.
14:28En tout cas, il faut qu'il y ait des mesures fortes
14:29de manière impérative.
14:30Vous savez, c'était De Gaulle qui disait
14:32« En face des émeutes,
14:33il y a un seul ton,
14:34c'est le ton du commandement. »
14:36On est capable d'en faire des tonnes
14:39pour des salariés
14:40qui sont mal managés,
14:42qui ont mal-être au travail et tout.
14:44Et là, on ne mesure pas
14:46à quel point les salariés
14:47qui se sont fait agresser samedi dernier...
14:49Sont traumatisés.
14:50Mais oui, par la violence,
14:51une espèce de déferlement de violence.
14:55Pardon, j'ai cité les vidéos,
14:57on les a tous eues,
14:57les vidéos sur les réseaux sociaux,
14:59avec les jeunes armés de bâtons,
15:01de marteaux qui vont frapper,
15:03les commerçants qui essayent
15:04de s'interposer et tout.
15:05Les salariés, je crois que c'est
15:06la fête de Bordeaux,
15:08qui ont été acculés dans une pièce.
15:10Enfin, tout ça, c'est traumatisant.
15:12Il faut arrêter de faire
15:13deux poids, deux mesures.
15:15C'est probablement bien plus traumatisant
15:17que ceux sur quoi, d'habitude,
15:19on dit « Oh là là, c'est grave,
15:21le mal-être au travail et tout. »
15:23Les ressources des commerçants
15:24demandent une cellule psychologique.
15:25Mais bien sûr, c'est normal.
15:26Pour les salariés et pour les commerçants.
15:28Et pour eux aussi, bien sûr,
15:29c'est super important.
15:29Et puis, on disait tout à l'heure,
15:31il y a un risque que les commerçants,
15:32s'ils se sentent abandonnés,
15:34finissent par s'équiper eux-mêmes.
15:36Et ça, ça vous fait vraiment peur ?
15:37Oui, parce que c'est quelque chose
15:38qu'on entend de plus en plus.
15:40Et puis, il y a un autre point
15:41qu'il ne faut pas négliger non plus,
15:42c'est le consentement à l'impôt.
15:43On a un taux de prévivement record en France,
15:45une exaspération déjà des contribuables.
15:48S'ils ont le sentiment qu'en plus,
15:50l'État n'assure pas
15:51de sa première mission régalienne,
15:53le consentement à l'impôt...
15:55Oui, et puis même sans faire de la philosophie,
15:57il faut quand même rappeler
15:58qu'on a accepté de déléguer
15:59une partie de notre liberté à l'État
16:01pour nous assurer la première démission,
16:03la sécurité.
16:04Et s'il n'y a plus ça,
16:05effectivement, je veux dire,
16:06on est dans un état de nature.
16:07Enfin, on revient au sens de Hobbes.
16:09Ma philosophie, elle était la petite semaine.
16:11C'est le contrat social, quoi.
16:12Oui, c'est d'ailleurs probablement
16:14l'intention d'une partie des Black Blocs.
16:16On n'a pas vraiment idée
16:18de qui sont ces gens.
16:19Mais moi, je voudrais rappeler
16:20simplement une statistique
16:21qu'il faut avoir en tête
16:23dans ces moments-là.
16:24C'est qu'il y a à peu près
16:26deux tiers des Français
16:27qui sont attachés à la démocratie.
16:29Il y a un tiers
16:30qui n'est pas attaché à la démocratie.
16:31Et c'est ce tiers-là...
16:32Alors, dans ce tiers,
16:33il y a plein de choses.
16:34Il y a des monarchistes,
16:35il y a des anarchistes,
16:37encore une fois,
16:37c'est très divers.
16:38Mais il y a une partie du courant
16:40dont le but est de casser les institutions.
16:42Je suis désolé,
16:42mais Marseille, Limoges
16:44ou la mairie du 10e,
16:46quel est l'intérêt ?
16:47Il n'y a rien à piller là-bas.
16:48C'est vraiment mettre à bas...
16:50C'est plus que ça.
16:50C'est mettre à bas
16:51le symbole de la République.
16:52Mais justement,
16:53on voit à quel point
16:54le moment est grave.
16:55On parle quand même
16:55d'un contrat social
16:56de défendre la démocratie.
16:58Et on a...
16:59Je suis désolée de parler de lui,
17:01mais Cédric O,
17:02qui hier, sur Twitter,
17:04nous fait la promotion
17:05de sa nouvelle enceinte audio
17:06en disant que c'est super.
17:08Il fait une promotion
17:08à base de pâte à proutes
17:10et qui dit
17:11« J'ai été ministre
17:12pendant 4 ans.
17:12Cette semaine,
17:13Malo sort une campagne
17:14à base de proutes. »
17:16Je trouve ça terrifiant.
17:17Je trouve ça terrifiant.
17:18C'est notre élite économique.
17:19C'est un des investisseurs
17:20de Mistral.
17:21C'est quelqu'un quand même
17:22qu'on suit sur BFM Business.
17:24Est-ce qu'il n'a pas compris
17:25qu'on était à un moment important ?
17:27Je trouve que c'est très inquiétant.
17:30Jean-Eude,
17:30est-ce que vous partagez mon...
17:32Je crois que c'est mon désespoir
17:33ou ma colère.
17:34Oui, alors en relativisant un peu,
17:35parce que je pense que Cédric O,
17:37il est très connu,
17:38peut-être dans le microcosse,
17:39mais pas forcément du grand public.
17:40Il est intelligent.
17:41C'est la première chose.
17:42Il est probablement intelligent.
17:43Là, ce n'est pas une preuve
17:44d'intelligence en tout cas.
17:45Mais là où je vous rejoins
17:46complètement,
17:46c'est qu'il y a des images
17:48qui sont des symboles.
17:50On le sait très bien
17:51à travers l'histoire de France.
17:52Et là...
17:53C'est l'image de la Startup Nation.
17:54C'est ce dont vous parlez là.
17:55Le fait d'assister, pardonnez-moi,
17:57mais au concert de Céline Dion,
17:58pourquoi pas ?
17:59Ça, c'est Emmanuel Macron
18:00la veille.
18:01Oui, il s'affichait la veille.
18:02Franchement, l'image que ça renvoie,
18:03ça renvoie l'idée de quelqu'un
18:05qui est déconnecté
18:06de ce qui est en train
18:07de se passer dans le pays.
18:08Donc voilà.
18:09Il faut aussi avoir conscience
18:11que les gens attendent
18:12des pouvoirs publics
18:14une responsabilité.
18:15Pas simplement des incantations,
18:17mais des actions,
18:18surtout dans des moments comme cela.
18:20Philippe Mutrissi ?
18:20Moi, je n'avais pas du tout
18:21vu cette campagne.
18:23Donc, je suis absolument désolé.
18:24Bon, je crois que dans Mistral,
18:25il est investisseur
18:26très, très, très, très minoritaire.
18:27Oui, enfin, il a fait une bonne affaire.
18:28Oui, d'accord.
18:29Mais enfin, sur un tout petit
18:30nombre d'actions.
18:31Il a été ministre du numérique.
18:32Il a représenté la French Tech.
18:33Ce qui est important,
18:34moi, je vais dans votre sens
18:36sur un point,
18:37c'est que l'économie française,
18:39elle est très diverse.
18:41Je parle devant
18:43le spécialiste des PME
18:44depuis 25 ans,
18:46compte tenu des fonctions
18:46qu'il a eues.
18:47Mais il y a plus de 4 millions
18:49d'entreprises en France.
18:50C'est sûr que la part
18:51d'entreprises sur laquelle
18:53se positionne Cédric O
18:54est ultra, ultra minoritaire.
18:56C'est une part de start-up.
18:58Non, mais moi,
18:58je vous parle de timing, là.
18:59Oui, bien sûr.
19:00Non, non.
19:01Mais il n'est pas du tout
19:01représentatif de l'économie française.
19:03Et effectivement,
19:04je vais dans votre sens
19:05quand je dis ça,
19:06parce qu'il peut énormément
19:07choquer tous les artisans,
19:09les commerçants,
19:10les indépendants
19:10qui représentent
19:11l'essentiel des 4 millions.
19:12Il y a 99,97%
19:15des entreprises
19:16qui ont moins de 10 salariés
19:18en France.
19:18Non, mais il aurait pu dire
19:19je suis désolé pour Conto,
19:20vous voyez par exemple,
19:21qui a eu son siège brûlé
19:22alors que ça fait 3 semaines.
19:24Je pense qu'il propose.
19:26Moi, je ne le connais pas
19:26personnellement,
19:27donc je ne peux pas parler.
19:28Je ne sais pas pourquoi
19:29il a fait ça, évidemment.
19:30Mais c'est sûr
19:31qu'il y a un gros décalage
19:32par rapport à la réalité
19:33de l'économie française
19:34telle qu'elle est aujourd'hui.
19:35Et je pense que même
19:36dans une partie
19:37de tous ces indépendants,
19:39commerçants, artisans,
19:40il y a certainement
19:41un même énervement
19:43et déception,
19:44comme le disait Céline
19:45tout à l'heure,
19:45par rapport au rôle de l'État,
19:47à son rôle régalien
19:48et qui là pourraient,
19:49à mon avis,
19:50ne feront même pas attention
19:50à la campagne.
19:51Ils ne vont pas regarder.
19:53Dans la liste
19:54des irresponsables,
19:56je mets quand même aussi
19:57les députés hier
19:58à l'Assemblée nationale.
19:59On a eu 8 milliards d'euros
20:01de dépenses en plus
20:02qui ont été votées
20:03depuis le début
20:04des débats budgétaires.
20:06On cherche 54 milliards
20:08d'euros d'économie.
20:10Céline Antonin.
20:11Là, je ne sais pas.
20:12Non, mais c'est plus
20:12chez l'original.
20:1454 pour ce qu'on pourra faire.
20:16Là, ce n'est même pas
20:17la peine de chercher.
20:17En fait, on fait monter
20:18les dépenses.
20:19Oui, mais il y a
20:20un péché originel.
20:20Déjà, depuis 2024,
20:22cette Assemblée,
20:24l'Assemblée,
20:25elle est ingouvernable
20:25et on le voit bien.
20:26Je veux dire,
20:27tout est bloqué.
20:27On a effectivement
20:28une partie des députés
20:29qui, je pense,
20:30n'ont pas trop conscience
20:31des réalités budgétaires
20:32par ailleurs.
20:33Donc, voilà,
20:35que dire ?
20:36Je veux dire,
20:37par rapport aux mesures
20:37qu'il faudrait faire.
20:38Je veux dire,
20:38dès qu'on commence à parler
20:40de réduction de dépenses,
20:41personne n'est prêt à le faire.
20:43période électorale.
20:44Donc, en plus,
20:44il est de mauvais ton
20:45de réduire les dépenses.
20:47Donc, je ne vois pas tellement.
20:50Enfin, je vous dis,
20:50dans la mesure où le pays
20:51est bloqué depuis deux ans,
20:52je vois difficilement
20:53comment ça pourrait se débloquer.
20:54Et par ailleurs,
20:55on a en plus par ailleurs
20:56cette situation
20:57d'ordre public
20:58qui se rajoute.
20:58Donc, c'est quand même,
20:59c'est pour ça qu'on avait du mal
21:00à se remonter le moral.
21:01Jean-Eude,
21:02un crédit d'impôt
21:03proposé par une députée socialiste
21:05sur les Français
21:06qui débroussaillent leur jardin.
21:08C'est non chiffré.
21:09C'est non chiffré.
21:10C'est voté.
21:11Écoutez, il y a bien une prime.
21:13Quand vous avez un trou
21:14dans le fond de votre pantalon,
21:16vous avez une prime
21:16pour réparer le fond de votre culotte.
21:18Donc, moi, je veux bien.
21:18Mais il y a un moment donné...
21:19Non, mais ce n'est pas sérieux.
21:20Ce n'est tout simplement pas sérieux.
21:22Et au-delà du côté anecdotique,
21:24ça illustre quand même
21:25le fait qu'on a là des gens
21:26qui sont hors sol,
21:28c'est-à-dire qu'ils n'ont pas conscience
21:29de la réalité
21:30de la situation économique
21:31et de la dette.
21:32Et cette dette,
21:32elle va tous nous concerner,
21:34les députés,
21:34comme les autres, quand même.
21:36Il faut quand même bien
21:37vous donner un chiffre,
21:39parce qu'il me semble
21:39quand même assez illustratif,
21:40c'est que si les taux d'intérêt
21:42augmentent de 1%,
21:44évidemment, dans la période actuelle,
21:45c'est ce qui va se passer,
21:47ça représente pour chaque contribuable,
21:49chaque foyer fiscal,
21:501 500 euros
21:51qu'il va falloir trouver
21:52ensuite derrière.
21:53Donc, il faut quand même
21:55que les députés,
21:56comme les autres, réalisent
21:57toutes tendances confondues.
21:59Parce que là,
21:59on a quand même l'impression que...
22:01Là, c'est tout le monde.
22:02C'est clientélisme
22:03à tous les étages.
22:03Et c'est un peu désespérant.
22:05Mais peut-être qu'il ne faut pas regarder.
22:06Peut-être que ça ne compte pas.
22:07Oui, je suis un peu en décalage
22:09quand même avec vous
22:09sur ce sujet
22:10parce que c'est facile
22:11de jeter la pierre aux députés
22:13qui sont irresponsables,
22:14etc.
22:15J'ouvre une petite parenthèse.
22:16Il y a quand même
22:16un point d'étonnement.
22:17C'est que moi,
22:18j'ai des vieux souvenirs
22:19de cours de finances publiques
22:20où tout amendement
22:21qui n'est pas gagé
22:22n'est pas recevable.
22:23Donc, je pense qu'au niveau
22:24du fonctionnement
22:25du Parlement lui-même,
22:26en dehors du fait
22:26qu'il n'y ait plus de majorité,
22:29clair,
22:29c'est que le règlement
22:30n'est plus respecté.
22:31On vote n'importe quoi.
22:32Cet amendement-là,
22:33il n'aurait jamais dû passer.
22:34Il n'est juste pas recevable.
22:36Il est interdit
22:36d'aggraver une charge publique
22:38s'il n'y a pas
22:39une recette en face.
22:40Ça, c'est optimiste.
22:41C'est ce qui est écrit
22:42dans la...
22:42Oui, voilà.
22:43Ça, c'est ce qui nous rend
22:44rapport à la...
22:45Merci Philippe,
22:46ça ne passera pas.
22:47De toute façon,
22:48le budget ne passera pas.
22:49Mais là où je suis
22:50un peu en accalage avec vous,
22:51c'est que ce n'est pas
22:52les députés
22:53qui sont responsables.
22:54C'est l'ensemble des Français.
22:55Qu'est-ce qui fait
22:56que dans ce pays,
22:57on a une telle culture,
23:00je dirais même un...
23:01Oui, une culture,
23:02c'est même un culte
23:03de la dépense publique.
23:04Un problème,
23:05une dépense,
23:06un problème,
23:06un crédit d'impôt,
23:07etc.
23:08Et ça, je pense que
23:08c'est quelque chose
23:09de très profondément ancré
23:10dans l'ensemble
23:11de la population.
23:12Et au moment des élections,
23:13je veux dire,
23:14qui se ressemblent s'assemblent.
23:15Je veux dire,
23:15les électeurs,
23:15ils votent pour des gens...
23:16C'est devenu culturel.
23:17Ils sont à l'image,
23:17le Parlement est à l'image
23:18de la population française.
23:20Je pense que c'est culturel.
23:21Oui, c'est devenu
23:21quelque chose
23:22qui est ancré en nous.
23:23Mais c'est grave.
23:24Quand je dis ça,
23:24là, pour le coup,
23:25ce n'est pas optimiste.
23:26C'est pour vous dire
23:27que c'est très grave.
23:28Parce que si c'était juste
23:29quelques irresponsables,
23:31bon, les élections arrivent,
23:32les irresponsables
23:33sont sortis par les responsables.
23:34Mais ce n'est pas ça
23:34qui va se passer.
23:35Ce qui va se passer,
23:36malheureusement,
23:37c'est que pour un problème
23:38aussi profond et culturel,
23:39il va nous falloir
23:405 ans, 10 ans, 15 ans,
23:42peut-être 20 ans
23:42pour réinverser la machine
23:44et descendre,
23:45on est à 57%
23:45de dépenses publiques,
23:47réintégrer le peloton
23:48des pays sociodémocrates
23:50avec grosse protection sociale
23:52où le niveau est à 45%.
23:54On a, nous,
23:5410 points de plus
23:55que ces pays
23:56qui sont très protecteurs
23:57de leur population.
23:58C'est 10% de plus,
23:59c'est franchement,
23:59c'est de l'argent cramé,
24:00pardon,
24:01mais surtout,
24:01ce n'est pas efficace.
24:02Du coup,
24:03ça plombe la croissance,
24:04ça contraint le pouvoir d'achat
24:06parce qu'il faut bien payer
24:07quand même malgré tout
24:08avec les charges sociales
24:09et avec les impôts.
24:10Et au total,
24:10à la fin,
24:10on aboutit à ce système
24:11où quand on débroussaille son jardin,
24:13on n'a pas d'argent
24:14et donc on demande
24:14un crédit d'impôt.
24:15C'est l'État nounou.
24:17C'est-à-dire que pour tout,
24:18l'État doit intervenir
24:19et qu'on a perdu de vue
24:21que l'État devait quand même
24:22se recentrer
24:22sur un certain nombre de missions
24:23et qu'au contraire,
24:24il y avait un certain nombre
24:25de dépenses
24:25qui devaient être vues à la base
24:26parce qu'effectivement,
24:27je suis tout à fait d'accord
24:28sur l'efficacité
24:28de la dépense publique.
24:29Il y a non seulement
24:30la dépense publique
24:31et l'efficacité,
24:32le nombre de niches fiscales.
24:33Il y a plein de sujets
24:34qu'on a eu l'occasion
24:34déjà d'aborder
24:35mais je pense qu'on est
24:36totalement tétanisés
24:37pour les aborder.
24:38Et le problème aussi,
24:38c'est que les recettes en face,
24:40puisqu'il faut bien quand même
24:40trouver des recettes,
24:41alors même si on a
24:425,4% de déficit,
24:44malgré tout,
24:45il faut arriver
24:45à trouver ces recettes
24:46et ça pèse sur une part
24:49toujours plus réduite
24:50de la population
24:51parce que par exemple,
24:52l'impôt sur les revenus,
24:53c'est 42% de la population.
24:54Donc voilà,
24:55en plus,
24:56la frange de la population
24:58qui contribue,
24:59parce que ça aussi,
24:59ça pose des problèmes philosophiques
25:01de contribution à l'impôt.
25:02Normalement,
25:02chacun contribue
25:03à proportion de ses moyens.
25:05Bon, aujourd'hui,
25:05enfin voilà,
25:07je trouve qu'il y a
25:08une question de consentement
25:09à l'impôt qui commence
25:10à se poser
25:11et c'est vrai que le risque,
25:12c'est qu'il y ait
25:12à un moment donné
25:13une révolte fiscale,
25:14enfin de la part de ceux
25:15qui continuent à payer.
25:17Jean-Ed.
25:18Et on entend de plus en plus
25:20en écho à ce que vous dites
25:22un sentiment en considérant
25:24que finalement,
25:25on sera incapable de réformer
25:26parce qu'on n'a pas la majorité,
25:27parce que les gens
25:28n'y sont pas prêts,
25:29qu'on ne trouvera jamais
25:30un pouvoir politique
25:30capable de réformer
25:31et du coup, derrière,
25:33que le salut viendra
25:34de l'extérieur.
25:35C'est-à-dire qu'il y a des gens
25:36qui commencent à dire
25:36finalement, on n'y arrivera pas
25:38et donc, il faut que ce soit
25:40la BCE, le FMI
25:41ou je ne sais quoi.
25:42Sachant que ça prenne les mesures.
25:44Ce qui est quand même
25:45très triste quand on voit ça.
25:47Mais ce qui est quand même
25:48le mal de notre société,
25:49c'est-à-dire l'irresponsabilité,
25:51c'est-à-dire qu'on n'est jamais
25:52responsable de rien,
25:53on attend que ça vienne
25:54de l'extérieur,
25:55c'est pas de notre faute,
25:56c'est celle des députés.
25:57Y compris au plus haut niveau,
25:58précisément,
25:58qui est de dire
25:59nous on n'y arrivera pas
26:00donc on file la patate chaude
26:01avec quelqu'un d'autre
26:02qui portera la responsabilité
26:04et on n'aura pas le choix.
26:05Oui, sachant que c'est quand même
26:06il faut le rappeler
26:07quand un intervenant extérieur
26:09que ce soit le FMI,
26:10la BCE ou autre,
26:11s'ils intervenaient
26:12pour régler la situation
26:13en France,
26:14ça veut dire
26:14baisse drastique des dépenses.
26:15Alors là, ça ne sera plus
26:16la débroussailleuse.
26:17Je veux dire,
26:18là ça va être à la tronçonneuse.
26:19La débroussailleuse
26:19ne sera plus financée
26:20par un client d'impôt.
26:21Voilà, donc là ça va être très...
26:22Je rappelle quand même
26:23ce qui s'est passé en Grèce.
26:25Je ne compare pas la France
26:26à la Grèce.
26:26Non mais c'est une baisse
26:27des pensions.
26:27C'est ça que ça veut dire ?
26:28Voilà, tout à fait.
26:29Baisse des pensions,
26:29baisse des traitements
26:30des fonctionnaires.
26:31Enfin, je veux dire,
26:32c'est tout ça.
26:33Et effectivement,
26:33il faut revenir rapidement
26:34à l'équilibre
26:34alors que si on le fait nous-mêmes,
26:35on peut quand même
26:36choisir la trajectoire.
26:37Et je pense que c'est toujours
26:38plus souhaitable
26:38et sans parler du côté humiliant
26:40que ça a d'avoir
26:44une instance internationale
26:45qui prend le contrôle
26:45de nos finances publiques.
26:46Il faut débroussailler son jardin
26:48pour les feux,
26:49même sans crédit d'impôt.
26:50Vous ne bougez pas
26:50tous les trois, on revient.

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