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  • il y a 7 heures
Chaque année en France, près de 500 000 femmes entrent en ménopause. Alors que les premières Assises nationales de la ménopause ont ouvert la voie à une évolution des pratiques, comment mieux accompagner les femmes ? Quels sont les effets de la ménopause sur la santé à long terme et comment construire un parcours de soins adapté à chacune ? Pour en parler, Sandrine Pérol, gynécologue médical à l'hôpital Port-Royal, et Alexandre Vallée, chef du service d’épidémiologie et de santé publique à l’hôpital Foch et pilote de l’étude CLIMATÈRE, étaient sur le plateau de Santé Future sur Bsmart.

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Transcription
00:04Bonjour à tous les deux, bienvenue dans Santé Futur.
00:06Bonjour.
00:07Docteur Alexandre Vallée, je commence avec vous.
00:09Le 15 octobre, se sont tenues les premières assises de la ménopause.
00:12Je le disais, vous y étiez.
00:14Comment expliquer que la ménopause soit restée aussi longtemps
00:17à un sujet secondaire de santé publique ?
00:21Je dirais que déjà, la ménopause, ce n'est pas une pathologie,
00:24ce n'est pas une maladie, donc c'est un état physiologique.
00:26Les études médicales sont formées pour traiter les maladies.
00:32Donc déjà, c'est un premier état de fait.
00:34Deuxièmement, on s'est beaucoup intéressé pendant de nombreuses années
00:37à l'état de santé des hommes principalement,
00:39plus une masculinisation essentiellement de la formation médicale que des hommes.
00:44Ce qui fait qu'on pourrait se dire que la ménopause est passée sous les radars
00:48pendant de nombreuses années.
00:50Aujourd'hui, ça commence à changer parce que vous avez une féminisation de la médecine.
00:53Des sujets de santé féminine qui deviennent importants,
00:56où on observe, notamment dans les essais cliniques,
00:58une différence entre les femmes et les hommes sur le plan de la santé.
01:00Et donc, il y a une vraie généralisation et aussi de nouvelles formations
01:03qui apparaissent dans les cursus médicaux.
01:05Docteur Sandrine Perrol, la ménopause ne survient pas du jour au lendemain.
01:10Elle est précédée d'une période de transition qu'on appelle la périménopause.
01:14Quels sont les premiers signes ?
01:16Alors effectivement, la périménopause, c'est toute la période qui précède la ménopause.
01:19La ménopause, je vous le rappelle, c'est vraiment une définition clinique,
01:22c'est-à-dire que c'est des symptômes, c'est l'arrêt définitif des règles,
01:25donc pendant au moins un an.
01:27Et donc, la périménopause, c'est toute la période qui précède
01:29cet arrêt définitif d'un an des règles
01:32et qui est décrit, en fait, il y a plusieurs types de symptômes.
01:35D'abord, il y a souvent un trouble de la régularité
01:37ou de l'abondance des règles chez les femmes.
01:40Et il peut y avoir aussi, pendant cette période-là,
01:42tout un panel de symptômes qui vont s'alterner,
01:45soit des signes d'hypofonctionnement des ovaires,
01:48c'est-à-dire que les ovaires ne fabriquent pas assez d'oestrogènes.
01:50Et donc, on va pouvoir déjà, dans cette période-là,
01:53voir des femmes qui rapportent des bouffées vasomotrices,
01:55des troubles du sommeil, etc.
01:57Et à l'inverse, des périodes où les ovaires vont hyperfonctionner
02:00avec des sensations d'hyper-eustradiolemie,
02:03des tensions mammaires, des saignements anormaux.
02:04Donc, il y a vraiment cette alternance de symptômes
02:07qui est possible en périménopause,
02:09donc toute la période qui précède
02:10et qui peut être une période assez longue.
02:12Dans la vie des femmes, c'est très difficile de savoir
02:14combien de temps elle va durer chez chaque femme différente.
02:17Selon les chiffres du ministère de la Santé,
02:1987% des femmes de 50 à 65 ans présentent au moins un symptôme
02:23et 20 à 25% connaissent des troubles sévères
02:26qui affectent fortement leur qualité de vie.
02:29Comment évaluer la gravité de ces symptômes ?
02:31La gravité des symptômes, elle est évaluée vraiment à l'échelle individuelle.
02:35Et dès lors que la femme, elle décrit une altération
02:37dans son mode de vie, un impact sur son quotidien,
02:40on va considérer que c'est des symptômes qui sont sévères.
02:43Et c'est à partir de là qu'il faut envisager une prise en charge médicale ?
02:45Et c'est à partir de là que se discute d'autant plus une prise en charge médicale.
02:49Mais je pense que même chez les femmes qui sont peu symptomatiques,
02:52je pense qu'il faut savoir pouvoir le dire à un professionnel de santé
02:55pour évaluer comment on peut moduler ces effets
02:59et éviter qu'ils deviennent gênants au quotidien.
03:03Docteur Alexandre Vallée, je le disais en introduction,
03:05vous pilotez à l'hôpital Foch l'étude climataire
03:08qui ambitionne de suivre plus de 100 000 femmes.
03:11Qu'est-ce que cette étude doit permettre de mieux comprendre sur la ménopause ?
03:14Alors nous, c'est une étude qu'on a lancée dans le cadre de la création
03:17il y a un an de l'Institut de la santé de la femme et de la fertilité à Foch,
03:21dirigée par le professeur Jean-Marc Ayoubi,
03:23où on a voulu vraiment faire un état des lieux
03:25de la santé des femmes autour de la ménopause
03:28afin de comprendre les différents déterminants,
03:31les parcours de santé, les facteurs de vulnérabilité
03:34pour avoir une vision non seulement médicale
03:38mais aussi sociétale de l'impact de la ménopause sur la santé des femmes.
03:42La ménopause peut aussi avoir des conséquences sur la santé à plus long terme.
03:46Quels sont les risques encore insuffisamment pris en compte ?
03:50Les risques pris en compte, déjà c'est la santé cardiovasculaire,
03:54c'est la première cause de mortalité chez les femmes.
03:56Aujourd'hui, il faut le prendre en considération,
03:58qu'une mauvaise ménopause, c'est-à-dire avec des symptômes mal pris en charge,
04:01mal accompagnés, vont être accompagnés d'un sur-risque cardiovasculaire.
04:06Mais aussi, si on regarde, il y a tout ce qui est les questions d'ostéoporose,
04:08avec les douleurs articulaires,
04:10il y a aussi tout ce qui est santé-cognition,
04:12notamment où on regarde que vous avez une ménopause précoce,
04:15où vous êtes à sur-risque d'avoir des problématiques de démence plus ultérieures.
04:19Mais aussi, il y a toutes les problématiques de vision,
04:21avec les sécheresses oculaires, les troubles de la libido,
04:26et aussi, surtout, une altération de la qualité de vie,
04:28qui peut être majeure chez beaucoup de femmes.
04:30Et ça, ça passe encore largement sous les radars, ce lien ?
04:33Alors, si tu veux...
04:34Moi, je pense qu'effectivement, il commence à y avoir des sujets,
04:37des informations beaucoup plus précises,
04:38comme on l'a dit tout à l'heure, vraiment sur le sujet de la femme.
04:41Le cardiovasculaire, on a de plus en plus de données.
04:43Sur l'os, on a de plus en plus de données.
04:45En fait, ce qu'on découvre, c'est que les hormones,
04:47elles ont des influences sur multiples organes.
04:50Et donc, je pense qu'on n'a pas tout découvert
04:52et pas tout compris encore sur l'impact des oestrogènes
04:56sur le plan systémique chez la femme, en effet.
04:59C'est vraiment une atteinte systémique, je dirais.
05:01C'est-à-dire qu'il ne faut pas juste regarder la ménopause
05:03comme une atteinte de la santé reproductive.
05:05C'est vraiment quelque chose qui va atteindre l'entièreté du corps des femmes
05:09et donc qui doit être pris en charge de manière globale.
05:12Parmi les annonces du gouvernement figure le renforcement de mon bilan prévention,
05:16notamment entre 45 et 50 ans,
05:18et l'ouverture de négociations pour créer une consultation
05:21longue ménopause avec les sages-femmes.
05:25Que devrait contenir cette consultation ?
05:27Alors, la consultation longue ménopause,
05:29elle avait effectivement été proposée.
05:31Pour l'instant, elle n'est pas encore mise en place concrètement.
05:34Cette consultation longue ménopause,
05:35elle nous paraît vraiment indispensable.
05:38Parce que, voilà, encore une fois, on l'a dit tout à l'heure,
05:40il y a la question des symptômes.
05:42Mais en fait, c'est la partie un peu émergée de l'iceberg
05:44avec toutes les problématiques de santé
05:45qu'il va falloir pouvoir évaluer sur cette période de vie charnière
05:50et mettre en place des mesures de prévention
05:52pour éviter les maladies plus longs cours.
05:55Donc, je pense qu'il y a vraiment...
05:56Cette consultation longue, elle est vraiment charnière,
05:58elle est vraiment importante.
06:00Après, la discussion, voilà, c'est que c'est une consultation,
06:02comme on l'a vu, qui doit être multi-champ.
06:07La question, voilà, d'une ouverture et donc d'une vision médicale
06:11de la prise en charge globale des femmes,
06:13elle doit être hyper importante à ce moment
06:15de la prise de la santé des femmes.
06:18Donc, vraiment, c'est une consultation
06:20qui est extrêmement importante
06:22et qui doit être vraiment très ouverte
06:24et très globale sur la prise en charge
06:26de la santé en général des femmes.
06:28Docteur Alexandre Vallée, pour être efficace,
06:30cette consultation devrait être aussi accessible.
06:33Comment s'assurer que toutes les femmes
06:35puissent en bénéficier, y compris sur des territoires
06:37où l'accès aux soins, on le sait, est difficile ?
06:40Alors, à mon sens, la prise en charge de la ménopause,
06:43ça doit être quelque chose de pluridisciplinaire.
06:45C'est-à-dire, c'est une concordance
06:46entre tous les professionnels de santé,
06:48à la fois le gynécologue médical,
06:49mais aussi le médecin traitant, les sages-femmes.
06:51On peut aller jusqu'au kiné, au psychologue,
06:53de telle manière à ce que l'ensemble des professionnels
06:55puissent interagir entre eux
06:57dans cette prise en charge globale de la santé.
07:00Après, on peut se poser aussi la question
07:01des nouveaux outils numériques
07:03pour accéder au maximum à l'entièreté des femmes,
07:05leur donner l'ensemble des informations possibles
07:07dans les déserts médicaux, de se dire
07:08qu'on peut avoir avec la téléconsultation
07:10pour essayer de développer ce genre d'outils.
07:13Donc, il y a plein de panels aujourd'hui
07:14qu'on peut utiliser pour essayer de pallier
07:16aux déserts médicaux, au manque de professionnels.
07:19Mais aussi, je pense qu'il y a deux choses,
07:21c'est l'information des participants,
07:23des femmes en général,
07:24mais aussi des professionnels de santé,
07:25quels qu'ils soient.
07:26Donc ça, je pense que c'est déjà
07:27en donnant une acculturation à la population
07:30et aux professionnels.
07:31Notamment du côté de la médecine générale,
07:33le premier rempart ?
07:34En fait, il faut voir le médecin,
07:35à mon sens, le médecin traitant
07:36comme le coordonnateur des soins.
07:37Donc, c'est vraiment un pilier qui est important.
07:39Et donc, qu'ils soient à la fois informés,
07:41qu'ils informent leurs patientes,
07:42mais aussi que les patientes soient
07:44elles-mêmes informées de leur santé,
07:45qu'elles arrivent à être proactives
07:46sur leur santé.
07:47C'est ça, à mon avis, qui est majeur.
07:50Docteur Sandrine Perrol,
07:51les traitements hormonaux sur la ménopause
07:53ont longtemps suscité des inquiétudes,
07:55notamment concernant les risques
07:56de cancer de sein
07:57et les risques cardiovasculaires.
07:59Les connaissances scientifiques ont évolué,
08:01mais les réticences restent importantes.
08:04Quelle est aujourd'hui la place
08:06des traitements hormonaux ?
08:07Alors, effectivement, malheureusement,
08:08il reste, malgré toutes les données
08:10qu'on a eues à la suite des grandes affaires
08:12du début des années 2000,
08:14il reste une grande réticence
08:15sur les traitements.
08:16Maintenant, en fait,
08:17il faut bien comprendre que les traitements
08:18qu'on utilise, nous, en France,
08:20ils ne sont pas du tout ceux
08:22qui avaient pu être à l'origine
08:24des problématiques dans les études
08:26des débuts des années 2000.
08:27Et en fait, il y a des risques
08:28qui sont beaucoup mieux compris,
08:30beaucoup moindres par rapport
08:32à ce qui a été analysé
08:33dans ces études antérieures.
08:35Et donc, en fait, maintenant,
08:36on sait beaucoup mieux
08:38prescrire le traitement hormonal
08:39pour qu'il soit le plus
08:41sécuritaire possible pour les femmes,
08:42tant sur le plan mammaire
08:43que sur le plan cardiovasculaire.
08:45Et donc, là,
08:46ce qu'il faut bien rappeler,
08:47c'est que le traitement hormonal
08:48de la ménopause,
08:49ça reste le traitement
08:50de première intention
08:51pour les syndromes climatériques,
08:54c'est-à-dire l'ensemble des symptômes
08:55que les femmes peuvent avoir
08:57au moment de la ménopause.
08:58Et surtout, ça a aussi un rôle
09:01dans la prévention
09:02et dans le traitement
09:03de l'ostéoporose
09:04chez la femme en début de ménopause.
09:06Donc, ça reste un traitement
09:07vraiment de première ligne,
09:08tant en termes d'efficacité
09:10que de choix pour la patiente
09:13chez les femmes jeunes.
09:15Après, comme toujours,
09:16on évalue la balance
09:17entre les bénéfices attendus
09:19du traitement
09:19et les risques individuels
09:21à chaque patiente.
09:22Mais vraiment, voilà,
09:23on connaît beaucoup,
09:24beaucoup mieux les traitements
09:25et on sait vraiment
09:25limiter au maximum
09:27l'impact
09:29vasculaire
09:29ou mammaire.
09:30Et d'ailleurs,
09:31le gouvernement a demandé
09:31à la Haute Autorité de Santé
09:33d'étudier
09:33les conditions
09:34dans lesquelles
09:35les sages-femmes
09:35pourraient être autorisées
09:36à prescrire
09:37ces traitements.
09:39C'est une évolution
09:40qui est souhaitable,
09:41selon vous ?
09:42Alors, c'est un long débat,
09:43je pense.
09:44La difficulté,
09:45c'est que,
09:47comme on l'a pu
09:47le soulever tout à l'heure,
09:50la ménopause
09:50et donc l'évaluation
09:51du traitement hormonal
09:53de la ménopause,
09:53c'est une évaluation
09:54qui doit être vraiment globale
09:56sur les risques
09:58vasculaires,
09:59mammaire,
10:00les bénéfices attendus
10:01au niveau osseux.
10:02Donc, la difficulté,
10:03c'est qu'il faut avoir
10:04une formation
10:04qui soit
10:08multisystème,
10:09encore une fois.
10:09À l'heure actuelle,
10:11la formation
10:12des sages-femmes
10:12n'est pas orientée
10:14dans cette prescription
10:15du traitement hormonal
10:16de la ménopause.
10:18Comment est-ce qu'on
10:19pourrait pallier
10:19quelles sont les solutions
10:21pour pouvoir ouvrir
10:23cette prescription ?
10:24Je pense qu'il y a encore
10:25beaucoup de points
10:25à discuter
10:26sur cette modalité-là.
10:29S'agissant de la ménopause
10:31et le travail,
10:33elle survient souvent
10:34à une période
10:35où les femmes
10:36sont encore
10:36pleinement engagées
10:37dans leur vie professionnelle.
10:39Les patientes vous parlent
10:40des conséquences
10:41de leurs symptômes
10:41sur leur travail ?
10:42En fait, effectivement,
10:44les symptômes vont avoir
10:45un impact sur chaque pan
10:46de leur vie
10:46et notamment sur le travail
10:48avec certaines patientes
10:49qui vont avoir
10:49l'impression d'avoir
10:51au niveau cognitif
10:52une diminution des performances
10:53sur le plan cognitif,
10:54de la fatigue.
10:55Et tout ça,
10:56ça va forcément impacter
10:56leurs conditions de travail.
10:58Donc là-dessus,
11:00je veux dire,
11:00il y a différents axes.
11:02Je pense qu'il faut,
11:02encore une fois,
11:03comme on l'a dit,
11:05informer les populations,
11:07informer que dans le milieu
11:08du travail aussi,
11:09je pense que c'est important
11:10de pouvoir exprimer les choses
11:11et que ça ne reste pas
11:12un tabou sur les symptômes,
11:14sur la période
11:15qu'on vit en ce moment.
11:16Et puis, encore une fois,
11:17informer les femmes
11:18et leur dire que
11:18dans les situations
11:20ça devient invalidant,
11:20il faut pouvoir discuter
11:22de quelle thérapeutique
11:23on peut mettre en place.
11:24Il y a le traitement hormonal,
11:25il y a d'autres
11:25alternatives thérapeutiques.
11:27Donc, je veux dire,
11:28on a des solutions
11:29en 2026 à proposer
11:30aux femmes
11:31qui ont un impact
11:32sur la qualité de vie.
11:33Il ne faut pas hésiter.
11:33D'ailleurs,
11:34votre étude climataire
11:35s'intéresse aux conséquences
11:37de la ménopause
11:37sur la vie professionnelle
11:38des femmes.
11:39Qu'est-ce que vos données
11:40révèlent à ce sujet ?
11:41Alors nous,
11:42on a observé
11:43que près de 19% des femmes
11:45déclaraient un impact
11:46majeur ou important
11:47de la ménopause,
11:48des symptômes de la ménopause
11:49sur leur milieu du travail,
11:50ce qui n'est pas négligeable.
11:51Et près de 10% d'entre elles
11:53avaient eu au moins
11:54un arrêt de travail
11:55pendant l'année
11:56à cause des symptômes
11:57de la ménopause.
11:57C'est-à-dire qu'une femme
11:58sur dix
11:59a un arrêt de travail
12:01juste à cause
12:01de sa propre ménopause.
12:03À côté de ça,
12:03on voit que la majorité
12:04d'entre elles
12:06souhaitent des informations
12:08dans leur lieu de travail
12:09sur la santé féminine,
12:10c'est-à-dire les menstruations,
12:11mais aussi la ménopause.
12:12Et qu'il y a un vrai
12:14besoin de discours,
12:16de dialogue.
12:16et en fait déjà
12:17pour lever ce tabou
12:18sur la ménopause
12:18au sein même du travail.
12:20Parce que ça revient encore
12:20aujourd'hui,
12:21une femme ménopausée,
12:22c'est-à-dire qu'elle est âgée,
12:23elle est vieille,
12:24et donc on va dire
12:24qu'elle ne sert plus à rien.
12:25Et en fait,
12:26c'est un discours
12:27qu'il faut qu'on arrive
12:27à supprimer
12:28et qu'on arrive à discuter
12:30normalement de ménopause
12:30parce que c'est un état
12:31normal chez la femme.
12:32Et alors justement,
12:33comment les entreprises
12:34peuvent-elles mieux
12:34accompagner ces femmes
12:35sans les stigmatiser ?
12:37Alors il y a déjà
12:38la santé au travail
12:38qui peut agir.
12:40Après, il y a aussi
12:41donner de l'information,
12:42faire intervenir
12:43des professionnels de santé
12:44au sein du milieu du travail
12:45pour éviter cette stigmatisation
12:46et parler des vulnérabilités
12:48que les femmes peuvent subir
12:49à ces moments-là.
12:50Parfois, pourquoi pas
12:51aménager les postes de travail ?
12:53Ça, c'est vraiment
12:53des discussions à mon avis
12:54dans les branches professionnelles
12:55à réfléchir.
12:56Parce que vous avez
12:57quand vous avez des symptômes,
12:57par exemple des bouffées de chaleur
12:58qui se viennent très tôt le matin,
12:59vous n'êtes pas forcément efficace
13:01à votre travail.
13:02Donc est-ce qu'on ne peut pas
13:02aménager les horaires ?
13:03Il y a des grandes questions
13:04qu'on peut se poser derrière
13:05en vue d'inéquité,
13:06à mon sens,
13:07entre les femmes et les hommes.
13:09Une campagne de sensibilisation
13:10est annoncée pour janvier 2027
13:12et de nouvelles recommandations
13:13sont attendues.
13:14Qu'est-ce que vous en attendez ?
13:16C'est majeur et important,
13:18à mon sens,
13:18de donner de l'information.
13:20Alors, il faut une information
13:20qui ne soit pas stigmatisante,
13:22qui soit éclairante,
13:22c'est-à-dire à la fois pour les femmes
13:24mais aussi pour les hommes,
13:25parce que les hommes doivent aussi
13:26comprendre ce que c'est
13:26que la ménopause.
13:28À mon avis,
13:29il faut que cette communication
13:30touche le grand public,
13:31mais ça veut dire aussi
13:31sur les réseaux sociaux
13:32parce qu'il faut informer
13:34les jeunes filles
13:35dès le plus jeune âge
13:36de ce qu'est la ménopause
13:37et comment l'appréhender.
13:38Pourquoi c'est important
13:39que les jeunes filles
13:40se sentent concernées
13:41par la ménopause ?
13:41Parce qu'en fait,
13:41il ne faut pas prendre en charge
13:42la ménopause au dernier moment.
13:43C'est-à-dire,
13:44il faut déjà commencer
13:44à l'anticiper.
13:45Vous avez des ménopause précoces
13:46avant 40 ans
13:46et donc c'est comme
13:47c'est associé
13:48à des maladies chroniques
13:49qui peuvent arriver derrière
13:50en fonction de votre état.
13:52Déjà, de comprendre,
13:53déjà, un,
13:53son propre corps,
13:54comment il fonctionne.
13:55Ça, c'est majeur.
13:56Deuxièmement,
13:56c'est comment l'anticiper.
13:58Ça veut dire arriver
13:59par exemple à la périménopause
14:00qui est une phase majeure.
14:02C'est-à-dire que la périménopause,
14:02c'est 4 ans.
14:03Une ménopause précoce,
14:03ça s'anticipe ?
14:04Alors, pas forcément.
14:07Ça dépend des femmes.
14:09Non, je suis rebondie,
14:10je suis tout à fait d'accord.
14:11Je pense qu'en fait,
14:12on explique aux jeunes enfants
14:14ce que ça va être
14:15la puberté, etc.
14:16Il faut expliquer
14:17qu'est-ce qui va se passer
14:18au long cours
14:19pour qu'effectivement,
14:20justement,
14:21une femme qui finalement
14:22a des troubles du cycle
14:23alors qu'elle est très jeune,
14:24elle soit alertée,
14:25elle consulte.
14:26Et c'est comme ça
14:26qu'on va prendre en charge
14:27de façon optimale
14:28et de façon la plus précoce possible.
14:30Donc, effectivement,
14:30on a un peu libéré le sujet
14:32sur toutes les problématiques
14:33de puberté.
14:34Ça y est,
14:34tout le monde est informé.
14:35Qu'est-ce qui se passe
14:36à la puberté, etc.
14:37Mais en fait,
14:37ce qui se passe après,
14:38il y a un manque cruel
14:39d'informations.
14:40Oui, ça reste tabou.
14:41Voilà,
14:42même les plus jeunes,
14:43sur le fonctionnement
14:44des ovaires,
14:45comment ça se passe
14:45et qu'est-ce qui va se passer
14:46par la suite.
14:47Surtout avec l'allongement
14:48de l'espérance de vie
14:49et les femmes vont vivre
14:50plus longtemps en ménopause
14:51que sous une phase
14:53de santé reproductive.
14:54Donc, c'est vraiment
14:55quelque chose
14:55où aujourd'hui,
14:57on pourrait dire
14:57à l'école ou à l'université,
14:59doit être abordé.
15:00Ça veut dire,
15:00on parle de la santé des femmes,
15:01c'est-à-dire de la vie
15:02de tous les jours,
15:03de l'être humain.
15:03Donc, ça veut dire
15:04qu'il faut aborder
15:05les menstruations,
15:05comment elles apparaissent
15:06à la puberté.
15:06Les questions de fertilité aussi,
15:08on en parle dans les plans
15:08de fertilité beaucoup.
15:10C'est comment informer
15:11les femmes et les couples
15:12sur la baisse
15:14de la fertilité, etc.
15:15Donc, derrière,
15:15pourquoi ne pas aborder
15:16les questions de ménopause
15:17de manière tout à fait naturelle ?
15:19Merci beaucoup à tous les deux.
15:20Restez avec nous,
15:21on passe à la chronique de Camille.

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