Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 18 minutes
Mardi 20 octobre 2026, retrouvez Léa Dauphas (Chef économiste, TAC Economics) et Alexandre Hezez (Expert en marchés financiers et macroéconomie) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à 12h30 et à 17h30.
00:16Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bsmart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Au sommaire de cette édition ce soir, en l'absence d'avancée de la situation au Moyen-Orient,
00:31les cours du pétrole ont grimpé ce matin.
00:34Le Brent a progressé de 2% pour évoluer au-delà de 110 dollars,
00:38tandis que le WTI repassait les 100 dollars ce matin à des sommets depuis 5 mois.
00:44Ça, c'était donc la situation ce matin, ce midi.
00:47Et cet après-midi, la tendance s'est inversée avec des prix du pétrole
00:51qui sont finalement en léger repli de l'ordre de 1 à 2% environ.
00:55A noter que les prix du gaz ont atteint un plus haut annuel en séance.
00:59Aujourd'hui à 90 euros le mégawatt-heure.
01:03Pour garantir les ressources énergétiques de la France,
01:06Emmanuel Macron est actuellement en tournée dans le Golfe.
01:09Après des étapes au Koweït et aux Émirats Arabes Unis,
01:12le chef d'État poursuit sa mission d'urgence.
01:14Aujourd'hui, alors que la situation franco-française reste évidemment sous haute surveillance,
01:20après les manifestations de ce week-end, le CAC 40 poursuit sa chute.
01:24Aujourd'hui, l'indice parisien perdait encore environ 1% ce matin,
01:30autour de 7800 points, avant de réduire un peu ses pertes dans l'après-midi.
01:35Sur un an, le CAC 40 cède tout de même plus de 5%.
01:39Les taux français restent également aussi sous surveillance.
01:43Le rendement français à 10 ans ne cesse de grimper.
01:46Et c'est établi autour de 4,95% ce matin.
01:50Même 4,98% pour être tout à fait exact.
01:54Donc il a flirté avec les 5% avant de redescendre un petit peu dans l'après-midi.
02:01L'écart des taux avec l'Allemagne, le spread s'écarte autour de 150 à 155 points de base.
02:07Aujourd'hui, un mot rapide sur les autres marchés obligataires.
02:11Aux Etats-Unis, le rendement américain à 10 ans se stabilise autour de 5,10%.
02:16Le dollar est assez stable et l'euro dollar se traite autour de 1,12%.
02:21Enfin, un mot de la tech et de l'intelligence artificielle,
02:24alors que la semaine s'annonce chargée en termes de résultats d'entreprises.
02:28On attend Meta, Tesla, mais aussi SpaceX ou encore Netflix.
02:32Le SOX, l'indice des semi-conducteurs, a connu vendredi sa huitième séance de repli consécutive.
02:39Avec un rebond des valeurs de la tech hier, les craintes sur le secteur ressurgissent.
02:44Aujourd'hui, avec notamment l'IPO sud-coréenne de Hélice.
02:48Les actions ont plongé lors de leur première cotation,
02:52chutant jusqu'à 40% et terminant la journée avec une perte d'un peu plus de 30%.
02:57Le Nasdaq est à l'équilibre au moment où on parle et l'indice SOX des semi-conducteurs également.
03:03On attend ce soir les résultats de Netflix et SpaceX à suivre après la clôture des marchés.
03:20Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
03:24Léa Doffas, chef économiste chez TAC Economics.
03:28Bonsoir.
03:28Bonsoir.
03:29Et Alexandre Eze, expert en marché financier et macroéconomie.
03:33Bonsoir Alexandre.
03:33Bonsoir Pauline.
03:34Léa, commençons peut-être avec ce baril de Brent,
03:37ces prix du pétrole qui ont remonté, qui sont volatiles en fait,
03:41qui ont remonté au-delà de 110 dollars ce matin,
03:44qui ont rebaissé un petit peu, mais qui restent globalement autour du seuil de 110 dollars.
03:49Vos commentaires sur ces prix du pétrole et sur peut-être les pressions inflationnistes
03:53que ça va engendrer dans les prochains mois ?
03:56Alors effectivement, volatiles parce qu'on a eu toute une succession d'événements,
03:59le mémorandum qui avait baissé les prix du pétrole, le retour des tensions.
04:03Là, c'est quelque chose d'assez paradoxal.
04:04En fait, on a les conditions qui seraient nécessaires pour diminuer un peu les prix du pétrole.
04:08C'est-à-dire que quand on regarde les flux dans le détroit d'Hormuz,
04:10on est à peu près, alors suivant les jours,
04:12mais entre 70 et 80 % des niveaux d'avant l'apparition du conflit.
04:16Mais là, en fait, la situation n'est pas suffisante parce qu'on a une complication
04:20et on a beaucoup de points de transmission des prix du pétrole
04:23qui sont des problèmes spécifiques sur le raffinage,
04:25donc qui augmentent les contraintes.
04:27Le fait que pendant toute la période depuis le mois de mars,
04:29les pays ont pompé dans leurs stocks et leurs réserves stratégiques,
04:33donc il faut les réaugmenter.
04:35Des contraintes spécifiques nécessairement aussi sur l'Ukraine et la Russie
04:38avec le fait que des flux russes peuvent aussi limiter le marché total du pétrole.
04:43Donc c'est une combinaison de beaucoup de facteurs
04:45qui font que même si on a une reprise des flux côté Moyen-Orient,
04:50en réalité, on a beaucoup de contraintes d'offres qui restent persistantes.
04:53Et ça, il faut un peu l'intégrer aujourd'hui,
04:55et notamment sur le scénario 2026,
04:57c'est-à-dire que quand on regarde toutes les estimations des grandes institutions,
05:01je pense au FMI qui est sorti la semaine dernière,
05:02je pense même au scénario des banques centrales,
05:04ce qu'on observe, c'est que tout le monde retrouve quelque part
05:07un équilibre offre-demande,
05:08donc c'est-à-dire des prix du pétrole autour de 80 dollars le baril,
05:11soit d'ici la fin d'année,
05:13soit plutôt sur la première partie de l'année 2027.
05:15En réalité, si on considère,
05:17et nous c'est notre scénario central,
05:19que le conflit ne va pas s'arrêter,
05:20parce qu'au-delà des contraintes d'offres,
05:21il y a bien sûr toutes les questions géopolitiques autour du conflit.
05:24Ça veut dire, si le pétrole « rebaisse » autant,
05:27ça voudrait dire que le conflit s'arrête ou pas ?
05:29Exactement, et puis on voit bien,
05:30il y a la phase sur les outils,
05:33les attaques sur l'Arabie saoudite,
05:34donc il y a en plus des autres contraintes qui se font,
05:37une situation diplomatique qui reste complexe et qui le restera.
05:41Donc en fait, si on tape sur ces scénarios-là,
05:42il faut plutôt considérer qu'on a des moyennes autour du prix du pétrole,
05:46autour de 97 dollars le baril l'année prochaine.
05:49Les futures ont un peu remonté ce matin,
05:51mais la semaine dernière,
05:51on avait encore des futures qui étaient autour de 80 dollars le baril,
05:54et ça, ça change totalement le scénario.
05:56C'est-à-dire que le choc d'inflation,
05:58qu'il devait surtout taper le second semestre de cette année,
06:00en fait, il va durer plus longtemps,
06:01et plus ce choc d'offres dure,
06:03plus le pouvoir d'achat des ménages,
06:05plus les marges des entreprises vont être contraintes.
06:07C'est typiquement les résultats qu'il va falloir regarder attentivement
06:10avec les publications du T3,
06:12c'est comment les entreprises gèrent ce choc d'offres-là,
06:14et si ce choc d'offres reste persistant,
06:16ce n'est pas encore aujourd'hui intégré dans les scénarios,
06:18ni dans les scénarios d'inflation,
06:19ni dans la réaction que les banques centrales auront
06:21face à ce choc d'offres qui est persistant.
06:24Alexandre, vos commentaires sur ces prix du pétrole,
06:28Léa nous a déjà dit beaucoup de choses,
06:31et justement, on peut aussi peut-être faire le lien
06:33avec ces résultats d'entreprises
06:34qui viennent de démarrer la semaine dernière,
06:37et comment vous les regardez,
06:39ce qu'on peut attendre aussi pour le troisième trimestre,
06:42mais peut-être d'abord un commentaire sur ces prix et sur l'inflation.
06:45Bien, sur le pétrole, évidemment, le niveau moyen a largement augmenté,
06:51et ce qui est intéressant quand même,
06:53c'est, un, les banques centrales qui n'ont pas du tout mis en place
06:56un scénario avec un pétrole bien plus haut,
06:58ce qui est assez intéressant, c'est quand on regarde en 2022,
07:01avec les goulots d'étranglement,
07:02c'était un peu le même scénario qu'elles avaient,
07:04c'était un retour à la normale dans 3 à 6 mois,
07:07et finalement on voit ce qui s'est passé.
07:10Donc elles refont à peu près la même erreur,
07:11parce qu'elles ne veulent pas aller trop loin,
07:13la réalité c'est qu'elles ne veulent pas aller trop loin
07:14dans la hausse des taux monétaires,
07:17donc elles essayent d'expliquer en croisant un peu les doigts
07:20que ça ne va pas se passer.
07:22Mais ce qui est aussi intéressant,
07:23et pour revenir aux entreprises,
07:24mais c'est sur les marchés,
07:25c'est qu'on voit bien dans une journée comme aujourd'hui,
07:28alors on va parler de l'intelligence artificielle
07:29et des craintes sur la finance circulaire
07:32et les financements,
07:34mais ce qui est intéressant,
07:36c'est que l'énergie c'est un market,
07:37c'est le market mover quand même des marchés.
07:39On a vu aujourd'hui, les marchés financiers le matin
07:42étaient en large baisse,
07:43avec des taux en hausse et des spreads de crédit,
07:46parce que quand même le crédit commence à être touché,
07:49donc là ça commence à faire peur au marché,
07:51parce qu'on voit que là c'est vraiment
07:52les problèmes de financement des entreprises
07:54qui commencent à poindre son nez,
07:57mais dès qu'on a eu un pseudo-accord,
07:59un mémorandum qui pourrait être encore signé
08:01entre l'Iran et les Etats-Unis,
08:04annoncé par les Américains,
08:05tout d'un coup le pétrole rebaisse,
08:07et là les marchés financiers remontent,
08:09les marchés actions remontent,
08:10les taux rebassent.
08:10Donc en fait,
08:12en tout cas pour ces prochains mois,
08:13le pétrole c'est le market mover,
08:15au-delà d'une certaine manière
08:16de ce qu'on voit sur l'IA
08:19qui continue en fait son rythme d'investissement.
08:23Donc le pétrole qui va un peu tout déterminer au final,
08:26si je comprends bien.
08:26Tout déterminer,
08:27avec les prix du gaz effectivement en Europe
08:29qui touchent beaucoup plus l'Europe
08:30que les autres zones géographiques,
08:32on voit Emmanuel Macron qui part en croisade,
08:34mais c'est vrai que, encore une fois,
08:37si on compare par rapport à 2022,
08:39on était un peu près dans la même situation
08:41et on a eu un hiver extrêmement doux,
08:43ce qui nous avait un peu sauvé à l'époque.
08:45C'est sûr,
08:46mais on ne peut pas faire de prévision météorologique.
08:48Oui, mais c'est ce qui avait sauvé
08:49puisque les réserves n'étaient pas au maximum.
08:53Donc on peut espérer à un moment
08:54que l'hiver soit un peu plus doux,
08:56ce qui sauverait en partie l'économie européenne.
08:59Oui, bien sûr,
08:59parce que les réserves sont tout à fait basses,
09:01Alexandre,
09:02pour le gaz européen.
09:06Avant de reparler de la tech
09:08et de l'intelligence artificielle,
09:10on parle évidemment de ces banques centrales.
09:13On attend la semaine prochaine
09:15deux décisions monétaires,
09:16l'EA,
09:16celle de la Réserve fédérale américaine
09:18et celle de la Banque centrale européenne
09:20le lendemain, le 28 et 29 octobre.
09:23Pas de grands changements
09:25à prévoir sur ces taux
09:26pour cette réunion d'octobre, en tout cas.
09:28Non, a priori, pas de surprise.
09:30Côté BCE,
09:31on attend bien sûr
09:31la communication de Christine Lagarde
09:33sur la situation française,
09:34sur la logique de taux d'intérêt.
09:36En réalité,
09:37si on projette un peu plus loin l'inflation,
09:39on a une contrainte
09:40qui va peser sur l'inflation européenne
09:42pendant les prochains trimestres,
09:44mais à horizon 2028,
09:45on retournera à la cible.
09:46Ce qui est important
09:47à avoir en tête
09:47sur le discours de Lagarde,
09:48c'est son message de septembre
09:49où elle expliquait clairement
09:50que le fait que la croissance européenne
09:53soit résiliente
09:53lui permettait d'accompagner
09:55le choc d'offres
09:55et donc de monter les taux
09:56face aux pressions
09:58que l'énergie créée sur l'inflation.
10:00Si effectivement,
10:01on commence à avoir
10:02des poches de fragilité,
10:03si l'inflation devient
10:04un peu plus persistante,
10:05nous, on a plutôt le scénario
10:06que la BCE va un peu augmenter
10:08et elle va faire exactement
10:10en fait l'erreur
10:11qu'elle a faite en 2022,
10:13c'est-à-dire qu'elle va monter,
10:14mais elle va devoir ensuite
10:15très vite descendre
10:16et donc en fait
10:17accompagner le mouvement des prix
10:18par son mouvement de taux.
10:20Et là, pareil,
10:21c'est quelque chose
10:21qu'il faut voir
10:22par rapport au consensus de marché.
10:23Le consensus voit la BCE
10:25monter à 3 et rester à 3
10:26sur l'ensemble de l'année 2027
10:28en supposant qu'elle a répondu
10:30aux pressions d'inflationnistes
10:31mais que la croissance européenne tient.
10:32Le point qu'il faut regarder,
10:33c'est de dire attention,
10:34si la contrainte énergétique
10:36pèse plus qu'attendue
10:37sur les entreprises
10:38et sur les ménages
10:39dans un environnement de taux
10:40qui est plus élevé,
10:41la BCE va probablement
10:42accompagner ce mouvement
10:43tant que l'inflation augmente,
10:45mais derrière,
10:46elle va décélérer ses taux.
10:48Ça, c'est un point
10:48qui n'est pas dans le marché,
10:49mais là, c'est surtout la question
10:51comment la BCE réagira à la France
10:53que le marché va regarder.
10:54Côté fait, c'est différent.
10:56La contrainte d'inflation,
10:57c'est la même,
10:57mais par contre,
10:58elle est plus durable
10:58parce que l'économie américaine
10:59a d'autres facteurs
11:00en sous-jacent.
11:01Donc, malgré la volatilité
11:02de l'inflation,
11:03en BCE en 2028,
11:05on revient à 2% d'inflation.
11:06Côté fait,
11:07l'inflation américaine
11:082027-2028,
11:09c'est plutôt 2,5-3.
11:10Donc, bien au-delà
11:11du seuil
11:12que le président Walsh
11:13considère comme 2%,
11:15c'est le seuil
11:15sur lequel l'inflation
11:17doit être,
11:17l'américaine doit être.
11:19Et donc là,
11:19c'est un vrai sujet.
11:20Autant sur l'économie européenne,
11:21on a des craintes
11:22sur la croissance
11:22l'année prochaine.
11:23L'économie américaine,
11:24hormis éclatement
11:25de la bullia significative,
11:27ce qui n'est pas
11:27dans notre scénario,
11:28on a une économie américaine
11:29qui tient encore.
11:30Très bien.
11:31Donc, le risque
11:32pour l'économie américaine
11:33et donc pour la Fed,
11:34c'est plutôt une surchauffe
11:35de l'économie
11:35face à une inflation
11:37qui reste persistante à terme.
11:38Et donc là,
11:39autant côté BCE,
11:40j'aurais plutôt envie de dire
11:41attention,
11:42le marché price trop
11:43de hausse BCE.
11:44Côté Fed,
11:45même si ce n'est pas
11:45nécessairement aujourd'hui
11:46le sentiment de marché,
11:47c'est si l'inflation perdure
11:48et si la croissance américaine
11:50tient,
11:50le risque,
11:51c'est que la Fed
11:51resserre probablement
11:52un peu plus.
11:53Maintenant,
11:53il y a des considérations politiques.
11:55Le 3 novembre,
11:55les mid-terms arrivent.
11:57Il y a beaucoup de sujets
11:58qui restent,
11:59mais on a plutôt
12:00le sentiment
12:00qu'elles ne vont pas aller
12:01dans un cycle
12:02tous les mois.
12:02Elles vont faire face
12:03à l'inflation,
12:04elles vont faire attention.
12:05Mais par contre,
12:06le risque,
12:06c'est que la Fed
12:07est un peu plus haut
12:07et que la BCE,
12:08par contre,
12:08aille un peu plus bas.
12:09Oui,
12:10elles vont rester finalement
12:11toujours dépendantes
12:11aux données,
12:12au final,
12:13comme depuis
12:15un peu historiquement.
12:18Alexandre ?
12:18Oui,
12:19je pense qu'effectivement
12:21la BCE
12:22va être très largement
12:24dépendante des données
12:25parce qu'elle n'a pas
12:26beaucoup de visibilité.
12:28Peut-être qu'aux États-Unis,
12:30l'appréciation
12:31est un peu différente
12:33où il y a vraiment
12:35un mantra
12:35de penser
12:36que l'intelligence artificielle
12:37va de toute façon
12:37à terme
12:38faire baisser
12:38à terme
12:39faire baisser l'inflation.
12:40Ce qui est assez,
12:41je trouve,
12:42interloquent,
12:43c'est finalement
12:44Trump,
12:45alors que les taux ont monté
12:46et derrière Warch
12:46comme sans problème
12:47et quoi qu'il se passe
12:48en tout cas,
12:50il le soutient
12:51et finalement,
12:52il ne fait pas
12:52ni plus ni moins
12:53que faisait l'ancien président.
12:56Que ce que faisait Powell.
12:57C'est ça.
12:57Il ne fait pas un peu
12:58probable
12:59qu'il est dans la continuité
12:59de Powell.
13:01Moi,
13:01j'aime bien cette théorie
13:02qui tente à penser,
13:04qui commence à émerger
13:06qu'aux États-Unis,
13:08finalement,
13:08de monter les taux,
13:09ça peut amener aussi
13:11l'inflation,
13:11c'est-à-dire que
13:12lié au financement
13:13de l'intelligence artificielle,
13:16et en fait,
13:17ça augmente
13:18les rentabilités
13:20de demandées
13:21et donc,
13:22dans cette économie
13:22en cas quand même,
13:23qui est quand même
13:24l'économie aux États-Unis
13:25où il y a toute une partie
13:26qui profite
13:27de l'intelligence artificielle
13:28et une autre partie
13:29qui est en train
13:29de décroître
13:30sur les agents
13:33consommateurs
13:33mais aussi
13:33sur les entreprises,
13:34et bien en fait,
13:35le fait de monter
13:35ces taux,
13:36ça fragilise encore plus
13:37la partie basse
13:39de l'économie
13:40et on voit bien
13:41que l'investissement
13:42sur l'IA,
13:43il va continuer
13:44même si c'est à 8,
13:4510,
13:4512 %,
13:46de toute manière,
13:47il y a quelque chose
13:47qui est en train de...
13:48ce qui était irrépressible
13:50et donc,
13:50de monter les taux,
13:51ça peut être...
13:52ça peut créer un danger
13:53en tout cas
13:54sur l'économie globale
13:55en maintenant,
13:56artificiellement,
13:57d'une certaine manière
13:58et de manière
13:59contre-intuitive,
14:00d'une inflation
14:01beaucoup plus élevée
14:03liée à l'IA.
14:05– Justement,
14:06sur cette intelligence
14:07artificielle,
14:08on a vu
14:08des ventes
14:10assez massives
14:11la semaine dernière
14:12sur les marchés.
14:15Je rappelais en intro
14:16le SOX
14:17qui a connu
14:18huit séances
14:18de baisse
14:20consécutives,
14:20c'était du jamais vu
14:21depuis 2008,
14:22donc depuis près
14:23de 20 ans.
14:24Est-ce que vous pensez,
14:26Léa,
14:26qu'il faut commencer
14:27à s'inquiéter
14:28sur l'intelligence
14:29artificielle ?
14:30Vous parliez de bulles
14:31de l'IA tout à l'heure,
14:32peut-être un commentaire
14:33justement...
14:34– C'est les prémices
14:34de l'éclatement
14:35de cette bulle ?
14:35Non, nous,
14:36ce n'est pas du tout
14:36notre point de vue
14:37et les outils quantitatifs
14:38qu'on a mettent plutôt
14:39en avant une période
14:40qui est plus volatile
14:41mais pas du tout
14:42un directionnel
14:43qui est à horizon
14:44trois mois
14:44et baissier
14:45sur les marchés
14:46actions
14:46et le marché
14:47actions américain.
14:48Je pense que là,
14:50je ne vais pas dire
14:50que c'est plutôt rassurant
14:51mais en tout cas...
14:52– C'est sain ?
14:52– Alors,
14:53c'est sain,
14:54de toute façon,
14:54il y a une bulle sur l'IA,
14:55elle éclatera un moment,
14:56le jour elle éclatera,
14:57ce sera une crise à la 2008
14:58mais on n'est pas du tout
14:59là-dedans.
14:59Là, c'est plutôt
15:00le narratif qui change,
15:02les modes de financement
15:03des sociétés,
15:04on le voit bien,
15:05TSMC n'a pas de problème,
15:06les contraintes d'offres
15:07sont encore persistantes,
15:08ce n'est pas un problème
15:09de demandes aujourd'hui
15:10sur l'outil IA,
15:11c'est plutôt des considérations
15:12sur certains acteurs spécifiques
15:14et un allègement
15:15sur cette posture-là
15:17ne pose pas de problème,
15:18d'autant plus que
15:19ça arrive à un moment
15:20où le coût du capital remonte.
15:21Donc, dans une logique
15:22où les taux d'intérêt
15:23à terme sont plus élevés
15:24et continueront à l'être,
15:25qu'on ait une phase
15:26d'assainissement aujourd'hui,
15:27ça reste quelque chose
15:29d'assez sain
15:29et on voit bien,
15:30en tout cas sur la séance
15:32du 15 octobre
15:33quand ça avait vraiment plongé,
15:34on avait effectivement
15:35les marchés asiatiques,
15:36le S&P qui était
15:37à l'équilibre,
15:38l'eurosel qui lui
15:39était en phase de hausse,
15:40c'est plutôt quelque chose
15:41d'ajustement sectoriel
15:43lié au semi-conducteur
15:44plutôt qu'un mouvement global
15:46qui n'est pas celui-là
15:47et quand on regarde
15:47effectivement le vrai sujet,
15:49c'est la question
15:50des dépenses d'investissement,
15:52on est à peu près
15:52à 700 milliards cette année
15:53et 1100 milliards
15:54l'année prochaine,
15:55quand on fait le calcul,
15:56la bascule entre
15:57700 milliards cette année
15:58et les 1100 milliards
15:59d'investissement
16:00l'année prochaine,
16:01c'est ce qui fait
16:01qu'on a une croissance américaine
16:02autour de 2.
16:03Si vraiment on maintient
16:05ces 700 milliards
16:06et qu'on n'a pas
16:07les 1100 milliards
16:08l'année prochaine,
16:09la croissance américaine
16:11commencera déjà
16:12à ralentir
16:13mais sera encore stable.
16:14Le vrai problème,
16:15c'est si on sort
16:16des semi-conducteurs,
16:17si c'est un mouvement
16:17durable sur le S&P,
16:18on aura les effets
16:19de l'investissement,
16:20les effets sur la richesse
16:21financière des ménages
16:22mais là,
16:22ce n'est pas du tout
16:23la situation qu'on a
16:24actuellement,
16:25c'est plutôt un épiphénomène
16:26qu'une vraie bulle IA
16:27qui est en train de diffuser
16:28compte tenu des investissements
16:29qui restent encore majeurs
16:30sur 2027.
16:32Alexandre,
16:33vos commentaires
16:33sur l'intelligence artificielle
16:36et la tech,
16:36sachant que Léa
16:37a mentionné justement
16:38les résultats de TSMC,
16:40peut-être qu'on peut
16:40en dire un mot
16:41parce que des résultats
16:42qui étaient globalement
16:43assez exceptionnels
16:45et qui n'ont pas été salués
16:47par le marché
16:48justement parce qu'il y avait
16:50ce mouvement.
16:51Il y a un mouvement de vente
16:53notamment des hedge funds
16:54qui ont vendu
16:55de manière massive,
16:56ils étaient extrêmement positionnés,
16:57ils le sont encore
16:58mais il y a eu
16:58des grosses prises de bénéfices.
17:00Alors,
17:02depuis 30 ans
17:02que je suis sur les marchés,
17:03j'ai toujours considéré
17:04que des baisses
17:06assez violentes comme ça,
17:07c'est toujours bon
17:07pour les marchés
17:08parce que ça assainit
17:09le marché
17:09et notamment les positions
17:10de levier.
17:11C'est-à-dire qu'il y a
17:11un moment
17:11quand une bulle se met en place,
17:14un levier continu
17:17alimente cette bulle
17:17et c'est là
17:18où ça peut être dangereux
17:19parce que
17:20le fait d'avoir
17:21des volatilités
17:22excessives à la baisse,
17:24vous avez des ventes forcées
17:26qui assainissent
17:27complètement le marché
17:28et qui rabaissent le levier.
17:29Donc ça veut dire
17:29qu'on peut repartir
17:30d'une certaine manière
17:31un peu plus calme
17:34et sereine.
17:35Sur les craintes
17:37que l'on peut avoir,
17:39les craintes
17:39quand on voit les résultats
17:40même à SML
17:41ou TSMC,
17:43les résultats
17:44sont exceptionnels
17:45et il y a quand même
17:45une visibilité
17:47qui est quand même
17:48très forte.
17:49Même tous les plans,
17:50on est jusqu'à 2030,
17:51évidemment ça peut baisser
17:53un peu l'année prochaine,
17:53etc.
17:54Mais tant que les investissements
17:55continuent,
17:56et ce qu'on a pu voir
17:56depuis le début de l'année,
17:57c'est que vous pouvez avoir
17:58des problématiques
17:59sur le pétrole,
17:59des problématiques
18:00sur les taux d'intérêt,
18:01en fait il n'y a aucune
18:02remise en cause
18:03des investissements.
18:04Pour une raison essentielle,
18:05c'est que
18:06c'est quasiment
18:07un enjeu géopolitique
18:08entre les Chinois
18:10et les Américains.
18:11Je veux dire,
18:11c'est la force,
18:13celui qui va gagner
18:13cette guerre technologique
18:15qui l'emportera
18:17pour des dizaines
18:18et des dizaines d'années.
18:19Donc les États-Unis
18:21ne vont pas s'arrêter,
18:23les Chinois non plus.
18:24Et en même temps,
18:25il y a une espèce
18:26de captation
18:27du capital
18:27par l'IA,
18:30en défaveur
18:30des autres secteurs
18:32où il n'y a plus
18:32du tout d'investissement,
18:33qui est quasiment,
18:34encore une fois,
18:36sans concurrence
18:37et quel que soit
18:38le taux d'intérêt.
18:39Donc ça va continuer,
18:40donc on a une visibilité.
18:41C'est vrai que ce qu'on appelle
18:42les neoclouds,
18:44c'est-à-dire que
18:44ceux qui fabriquent
18:45les petits hyperscalers,
18:47les non-généralistes
18:48qui fabriquent
18:48les centres de données
18:49que sur les puces NVIDIA,
18:52les GPU,
18:52l'intelligence artificielle,
18:53on a eu quelques déboires.
18:55Ce risque peut arriver
18:56à ce niveau-là
18:57et ce que l'on voit,
18:58on commence à pointre
18:59quelques points quand même
19:00des annulations
19:00de construction
19:03de data center,
19:04Microsoft en Angleterre,
19:05avec N-Scale,
19:06etc.
19:07Et le risque pour moi,
19:09c'est comme dans une entreprise,
19:11c'est une crise de croissance,
19:12c'est-à-dire que tout va bien,
19:13mais il y a un moment
19:14où ça ne suit pas.
19:15Et là où ça peut ne pas suivre,
19:17c'est sur les réseaux électriques.
19:19Il y a un sujet pour moi actuellement
19:21et on voit qu'il y a énormément
19:23de centres de données
19:23qui prennent du retard,
19:24voire même qui sont annulés,
19:26non pas à cause des puces
19:28qui sont vendues à des prix,
19:30il y a une élasticité assez folle,
19:32mais à cause de l'infrastructure électrique
19:35qui ne suit pas.
19:36Notamment, il y a un cas en Angleterre
19:37où le centre de données
19:39ne s'est pas fait
19:39parce que finalement,
19:40les plans d'infrastructure électrique
19:42étaient à l'horizon 2029-2030,
19:44alors que là,
19:45on a besoin maintenant.
19:47Je veux dire,
19:47les 1 100 milliards d'investissement,
19:49c'est l'année prochaine,
19:51puisque l'année d'après,
19:52ça sera 1 200,
19:531 300,
19:53c'est pour maintenant
19:55et ce n'est pas pour dans 2-3 ans.
19:57Donc, il y a un retard
19:58qui peut être fait
19:59et c'est ce qu'on appelle
19:59une crise de croissance
20:00d'une certaine manière,
20:01c'est-à-dire que tout est bien,
20:02mais derrière,
20:03ça ne suit pas.
20:04Et là, pour moi,
20:05c'est potentiellement
20:06le risque essentiel
20:07qu'il faut suivre.
20:08Dans tous les cas,
20:09on va continuer de suivre
20:10cette saison des résultats.
20:11Pour l'instant,
20:12c'est que le début,
20:13donc on va regarder évidemment
20:14les résultats
20:15des jours de la tech,
20:16de l'intelligence artificielle
20:17avec attention.
20:18Un autre sujet
20:20dont il faut qu'on parle,
20:21c'est le cas français,
20:22Léa.
20:23Le cas français,
20:24on en parle souvent
20:25sur ce plateau.
20:27Je rappelais en intro
20:28les équilibres
20:29sur les marchés obligataires
20:30avec un rendement
20:31à 10 ans français
20:32qui flirte désormais
20:33avec les 5%.
20:34Est-ce que cette situation
20:35française inquiète
20:37vraiment les marchés ?
20:39Est-ce qu'il y a
20:40un risque de contagion
20:41à l'ensemble
20:42de la zone euro également ?
20:44Et si oui,
20:45dans quelles conditions
20:46la BCE pourrait-elle intervenir ?
20:48Alors,
20:49est-ce que ça inquiète
20:49les marchés ?
20:50Très clairement
20:50quand on voit les signaux,
20:51le repli qu'on a eu
20:52un peu sur la semaine dernière,
20:54c'est vraiment un bêta
20:54de la baisse du Bund
20:55et pas du tout
20:56une situation française.
20:57Il y a plusieurs éléments
20:58à mettre en avant.
20:59C'est-à-dire que
21:01tant que l'élection présidentielle
21:03ne se tiendra pas,
21:04en réalité,
21:05on ne va pas pouvoir
21:05faire grand-chose
21:06et donc toutes les contraintes
21:07françaises qui sont là
21:08et qui expliquent
21:09pourquoi on a un taux français
21:11supérieur au taux allemand
21:12vont rester.
21:13Quand on essaye
21:13de faire un peu
21:14une valeur d'équilibre
21:15entre la situation budgétaire,
21:16macro, politique française,
21:19un OAT Bund
21:20à 100, 150 points de base,
21:22c'est assez cohérent.
21:23On pourrait même
21:24aller le chercher
21:24un peu au-dessus.
21:26Maintenant,
21:26il y a deux choses
21:27à mettre en avant.
21:27Le premier,
21:28c'est que plus on attend,
21:30moins on résout rapidement
21:31les problèmes,
21:32plus ça va être compliqué
21:33de le résoudre.
21:34C'est-à-dire que
21:34le projet de loi français
21:36que le gouvernement a voté
21:37table sur une croissance française
21:39l'année prochaine
21:39qui doit être autour de 1%.
21:41Cette année,
21:41on est à 0,4%.
21:42Si rien ne se passe,
21:44et on le voit bien,
21:45la croissance française
21:46décroche totalement
21:47de la croissance européenne.
21:48La croissance européenne
21:49est prévue autour de 1,2%
21:51l'année prochaine.
21:51Le FMI vient de sortir
21:53ses prévisions sur France.
21:54Pour l'année prochaine,
21:55elles sont 0,7%.
21:56Et je pense vraiment
21:570,7%,
21:58c'est la fourchette haute.
21:59C'est-à-dire que
22:00les questions qu'on mentionnait
22:01sur l'énergie,
22:02sur le pouvoir d'achat,
22:03sur les marges des entreprises,
22:04sur cette confiance
22:06qui plombe aujourd'hui
22:07les décisions françaises,
22:11va s'apesantir.
22:12Et donc,
22:12tout le resserrement budgétaire
22:14que le marché anticipe
22:15va être encore plus dur à faire
22:17si la situation de Macron
22:19ne s'améliore pas.
22:19Donc ça, c'est le premier point.
22:20Le fait, du coup,
22:21d'avoir un écart de spread
22:22de la France par rapport aux autres,
22:24c'est en réalité assez cohérent.
22:25Maintenant,
22:26est-ce que le marché s'inquiète ?
22:27Pas nécessairement.
22:28En fait, là,
22:28j'ai plutôt tendance à dire
22:29qu'il price en réalité
22:30un risque français plus élevé.
22:32Nous, on a fait des mesures
22:33de qu'est-ce qui se passerait
22:35plutôt à 2027-2028,
22:37une fois la situation,
22:39l'élection passée.
22:40En réalité,
22:41ce qu'on voit,
22:42donc on avait modélisé
22:43des scénarios dans lesquels
22:43on disait qu'il n'y aura
22:44pas de solution.
22:45C'est-à-dire qu'il y aura
22:45un président d'un parti,
22:46une assemblée qui resterait divisée.
22:48Et ça, c'est des niveaux d'équilibre
22:50autour de 150 points de base.
22:51Donc en réalité,
22:52on y est.
22:53En fait,
22:53le marché price probablement
22:55déjà un résultat
22:55qui sera compliqué
22:57à la suite des présidentielles.
22:59Et effectivement,
23:00moi, j'ai beaucoup eu la question
23:01de la part de mes clients
23:02qui était de dire
23:02c'est quoi le niveau
23:04qui va faire que la BCE
23:04fait quelque chose ?
23:05Qu'est-ce qui va faire déclencher ?
23:06En réalité,
23:07on n'en a pas.
23:08Est-ce que c'est 200 ?
23:10Est-ce que c'est 400 ou autre ?
23:11En fait,
23:11on pourrait très bien rester
23:12à 200 points de base
23:13jusqu'en mai 2027.
23:15Le point qu'il va falloir regarder
23:17pour l'intervention
23:17des banques centrales,
23:18c'est de dire déjà
23:19est-ce qu'on a une contagion
23:20du risque français
23:21aux autres pays ?
23:22Pour l'instant,
23:22ce n'est pas encore le cas.
23:23La BCE avait beaucoup réagi
23:25quand il y avait
23:25les effets de contagion
23:26et c'est d'ailleurs
23:27la raison pour laquelle
23:28le TPI,
23:29l'outil de la BCE
23:30que tout le monde
23:30espère mettre en place,
23:31avait été créé.
23:32Et puis surtout,
23:33est-ce que ça amène
23:34à des questions
23:35sur l'existence même
23:36de la zone euro
23:36ou le risque de la zone euro ?
23:37Là, on n'est plus du tout
23:38dans la situation
23:39de la crise des dettes souveraines.
23:41Tous les pays,
23:41bien compris l'intérêt
23:43de rester dans la zone.
23:44Donc nous,
23:45on a plutôt le sentiment
23:45de dire que c'est une situation
23:46qui va être complexe.
23:48La BCE,
23:49elle a beaucoup de choses
23:50qu'elle peut faire
23:50entre de la communication.
23:52Elle l'a déjà fait.
23:52On a tous les outils possibles.
23:54Il y a une question
23:55qui n'est pas assez discutée,
23:56c'est de dire
23:56est-ce que la BCE
23:57va arrêter son quantitatif tightening ?
23:59Ça limiterait,
24:01ça améliorerait un peu
24:02les pressions sur les taux.
24:03Il y a bien sûr
24:04la question du TPI.
24:05Moi, ce que j'ai plutôt
24:05envie de mettre en avant,
24:06c'est qu'en fait,
24:06un spread OAT-Bound
24:08à 200 BP jusqu'en mai 2017,
24:09c'est une contrainte
24:10pour la France.
24:11Ça complexifie encore plus
24:12la charge d'intérêt,
24:13mais c'est un scénario
24:14qu'il faut envisager
24:15dans la mesure
24:16où on a le budget,
24:17on a les agences de notation,
24:19on a la situation
24:20qui est dégradée,
24:21on a la question
24:22des violences
24:23et de l'implication
24:23que ça peut avoir.
24:25Donc tout ça fait
24:25qu'en réalité,
24:26le niveau de spread
24:27d'aujourd'hui,
24:28il est plutôt cohérent.
24:30Non, il n'a pas
24:30de raison de baisser.
24:31Et justement,
24:33Alexandre,
24:33vos commentaires
24:34sur cette situation
24:36française,
24:37sur la BCE,
24:38on attend évidemment
24:39la réunion le 29
24:40de la Banque Centrale Européenne
24:42où Christine Lagarde
24:43pourra prendre la parole
24:44sur la situation française.
24:48Eh bien voilà,
24:49est-ce que selon vous
24:51le risque de contagion,
24:52comme pour l'instant,
24:54n'est pas vraiment là ?
24:57Sachant que,
24:58sur ce risque de contagion,
25:00moi ce que je regarde aussi,
25:01c'est cet euro
25:02qui a baissé assez rapidement
25:04quand même face au dollar
25:04pour retrouver des niveaux
25:07pas vus depuis mai 2025
25:09à 1,12.
25:10C'est là où on peut peut-être
25:11se poser la question
25:12de la contagion,
25:12sachant qu'on n'est pas
25:14le seul pays
25:15qui attend une période électorale.
25:17Il y a l'Italie,
25:18l'Allemagne avec l'AFD,
25:19l'Espagne avec le 29 novembre
25:21et ses élections anticipées également.
25:23Alors,
25:24sur la baisse de l'euro,
25:26normalement,
25:26ce serait presque
25:27une bonne nouvelle.
25:29La France,
25:30c'est un des seuls
25:31grands pays en Europe
25:32qui n'a jamais fait appel
25:34ni au FMI,
25:35ni à la BCE,
25:36la Grande-Bretagne,
25:37l'EFL,
25:38l'Allemagne,
25:39évidemment,
25:39la crise souveraine.
25:41On est un peu resté
25:42à chaque fois en dehors
25:43des vraies crises.
25:43Alors,
25:44il y a eu historiquement
25:4558 avec le général de Gaulle
25:47et ce qu'il avait fait,
25:48c'est quand même
25:49qu'il avait dévalué
25:50le franc à l'époque
25:50de manière assez significative
25:52pour retrouver une compétitivité
25:53avec des hausses d'impôts,
25:55etc.
25:55Donc,
25:55on voit que ce n'est plus possible
25:56et on se retrouve
25:57dans la même situation
25:59de l'Espagne,
26:00la Grèce,
26:01l'Italie,
26:02c'est qu'en fait,
26:02on n'a pas sa propre devise.
26:04Donc,
26:04on ne peut rien faire,
26:05on ne peut rien faire.
26:06L'euro,
26:07c'est la devise de l'Europe,
26:08ce n'est pas la devise de la France.
26:09Donc,
26:10on n'a pas une banque centrale
26:10qui peut agir.
26:13Et je pense que
26:14le spread,
26:14évidemment,
26:15s'il y a une vraie réalité,
26:17les élections présidentielles,
26:18ce qu'on peut avoir
26:18quand même
26:19après les élections présidentielles,
26:20alors,
26:20tout dépend de ce qui peut se passer,
26:21mais c'est un moment
26:23comme on a eu en Italie
26:24avec la Ligue du Nord,
26:25c'est avec l'Estrus,
26:26c'est un moment
26:27où les marchés
26:27peuvent tester la France
26:28de manière très significative.
26:30Moi,
26:30je crois vraiment au fait que,
26:32et on l'a vu aussi
26:33dans la crise souveraine,
26:34les marchés,
26:35à un moment,
26:36peuvent tester
26:37et des taux
26:38beaucoup,
26:39beaucoup plus hauts
26:39pour amener,
26:40obliger la France
26:41à agir
26:42et en tout cas
26:43se mettre soit
26:43sous la tutelle
26:44de la Banque centrale européenne,
26:45la Troïka,
26:46enfin,
26:46on peut imaginer
26:48des scénarios
26:49qui sont bien plus noirs
26:50pour la France,
26:50pour la forcer
26:51comme on a fait
26:52dans les autres pays.
26:54En tout cas,
26:55une chose est quasi certaine,
26:56c'est que tout cela
26:57ne changera pas
26:58avant l'élection présidentielle
27:00et même après.
27:00Les marchés peuvent tester
27:01potentiellement
27:02un peu avant.
27:04C'est possible aussi,
27:05on peut mettre
27:06un peu plus la pression
27:07et vous parlez
27:08de la contagion,
27:08on commence à voir
27:09quand même en Italie
27:10les pays les plus fragiles
27:11et notamment l'Italie
27:12malgré tout
27:12est un pays fragile
27:13en termes de dettes
27:15et c'est le premier pays
27:17qui sera touché,
27:17ça sera l'Italie.
27:19Alors voir s'il y a
27:21l'Union,
27:23si l'Europe agit
27:24de manière solidaire
27:27ou pas,
27:28ça sera à mon avis
27:29un vrai test
27:29pour l'Europe
27:31et la BCE.
27:33Ce qui s'est passé
27:34en 2011
27:35avait été très compliqué
27:36et la France
27:37était un peu en dehors
27:38d'honneur de leçons
27:39et je ne suis pas sûr
27:39que les autres pays
27:41soient d'accord
27:42pour aller au chevet
27:44de la France
27:44aussi rapidement.
27:45affaire à suivre
27:47Alexandre,
27:47merci à tous les deux,
27:49Alexandre,
27:50expert en marché financier
27:51et macroéconomie,
27:52merci Léa Dauface,
27:54chef économiste
27:54chez TAC Economics,
27:56merci à tous les deux
27:57d'avoir été sur ce plateau
27:58ce soir,
27:59merci à vous
28:00de nous avoir suivis
28:01et on se retrouve
28:02demain à midi et demi
28:04en direct
28:04sur Bismarck.

Recommandations