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00:00On commence avec ce réveil difficile encore ce matin dans l'agglomération pointoise.
00:04La nuit a été une nouvelle fois agitée dans certains quartiers des abîmes.
00:08Selon la police, une dizaine de commerces ont été fracturés avec des pertes conséquentes.
00:13En début de matinée, des barrages en feu rendaient la circulation compliquée.
00:17Christelle Théophile, Mickaël Bastide.
00:21Un mini tracto pelle en feu.
00:23Les stigmates d'une nuit agitée encore palpable ici, quartier hibiscus aux abîmes.
00:29Prise pour cible, la supérette écomarquette a été lourdement pillée par les malfreins.
00:34Rideau éventré, matériel et marchandises saccagés.
00:38A l'intérieur de l'enseigne, une scène de désolation.
00:43Le personnel est sous le choc.
00:46La veille déjà, une supérette avait été incendie à quelques mètres.
00:52De voir ça, c'est vraiment triste, lamentable même, je dirais.
00:56C'est dommage.
00:57Bon, c'est un petit travail qui va être mis en stand-by pendant un bon moment, en plus, à
01:03cause de cela.
01:04La circulation aussi a été entravée sur plusieurs axes.
01:08À la Croix, Pointe-à-Pitre, quartier de l'assainissement.
01:14Tu apprends à slalomer ce matin.
01:17Attention.
01:18Cette auto-école a encore du mal à se frayer un chemin.
01:21Même scénario, avenue Patrick-Saint-Éloi.
01:25La présence de barrages en feu a contraint les automobilistes.
01:30Certains ont parfois dû rebrousser chemin.
01:34Ça n'a pas lieu d'être.
01:35Vraiment, c'est un peu compliqué pour nous qui allons travailler ce matin.
01:39C'est compliqué.
01:39Quand vous voyez ça, ça vous inspire quoi ?
01:42C'est la galère.
01:44Non, non, ce n'est pas normal.
01:47Ce n'est pas normal.
01:48On a été sollicité toute la nuit, principalement pour des feux de barrages.
01:53Voilà, on était le plus souvent escortés avec les FSI, qui assuraient la protection et la sécurité des différents lieux
02:04d'intervention.
02:05Et voilà, donc une nuit très difficile où on a eu beaucoup d'intervention.
02:12Les petits commerçants touchés en plein cœur, à l'image de cette autre enseigne, bien connue de l'assainissement.
02:19Cinq ans après les violences urbaines de 2021, l'intermédiaire a été une nouvelle fois la cible des casseurs.
02:26Ils étaient sur moi en recherche de liquidités.
02:29Beaucoup de saccages, de bris de verre, tout un peu sans dessus dessous.
02:34Et on est, je vous avoue, sous le choc.
02:37On ne comprend pas, en fait.
02:38On ne comprend pas.
02:39On est un commerce de proximité qui anime le quartier, qui fait...
02:44Qui c'est un lieu de repère.
02:4612 salariés sont sur le carreau.
02:49Les pertes sont colossales.
02:51Les malfrats auraient emporté entre 12 et 15 000 euros, dont la recette d'hier.
02:55Dans le quartier, l'incompréhension a laissé place à la colère.
02:59Moi, je trouve ça dégueulasse.
03:01Casser, je ne suis pas pour casser.
03:03Casser, mais c'est pour faire un truc.
03:05C'est vrai, mais pas les petits.
03:06Il ne faut pas casser, gros ou petit, il ne faut pas casser parce qu'on marche, on roule en
03:10arrière, on retourne en arrière.
03:12Ce n'est pas bien, ça, de casser.
03:13Pourtant, moi, j'étais syndicalisé, je faisais du syndicat, mais on ne m'a jamais cassé.
03:20Sur ces captures de vidéosurveillance, on peut apercevoir le profil des individus.
03:25Des jeunes, sans doute mineurs, que le propriétaire a croisé sur son chemin.
03:31Cette fois-ci, ils se sont faufilés sous le rideau.
03:34Donc, c'est des petits gabarits.
03:35Petits gabarits à la force d'hommes.
03:38Petits gabarits, ils se sont fait la passation de marchandises.
03:42Vous voyez bien, il y a près de 20 centimètres d'espace.
03:45Ils se sont faufilés, ils ont prêté le bureau.
03:47J'ai la prise de vue en direct, donc j'ai pu voir les vidéos.
03:50Les riverains m'ont contacté.
03:51Je suis venu à 3h30.
03:53Les petits gars, ils sont cagoulés, armés, gantés.
03:57On ne peut que constater ça.
03:58On reste là, s'en ébahi, un peu à nerf.
04:03Les riverains m'ont dit, eux, ils se sont rentrés dans le tas.
04:06Mais j'ai dit que non, c'est que du matériel.
04:08Et je préfère ma santé, ma vie, que magasin.
04:11Lundi compliqué également pour les automobilistes.
04:14De nombreux barrages en feu ont entravé la circulation sur plusieurs axes.
04:18Comme ici, avenue Patrick-Saint-Éloi.
04:22La menace de nouveaux barrages plane toujours.
04:24À Montébélo notamment, où certains jeunes sont déterminés à passer à l'offensive.
04:29On n'est pas dans la violence.
04:31Et on va continuer le blocage à Montébélo.
04:34On est reparti pour du mal.
04:37L'eau, tout ce qui est cher, on est là.
04:40Et on ne va pas bouger aujourd'hui.
04:41On les a laissés partir.
04:43Ils vont revenir, ils vont repartir.
04:45On serait toujours là.
04:4744 personnes ont été interpellées pour l'heure.
04:50Plus de la moitié étaient des personnes mineures.
04:52Il n'est pas surprenant de le trouver en plein direct sur l'un de ses réseaux de diffusion.
04:57À un certain moment, il faut que le peuple entier se soulève.
05:00Cette fois, Ludovic Toulasi s'est placé devant l'accès de la CGSS bloquée par des palettes et des poubelles.
05:06L'homme s'exprime sur les difficultés et les défaillances des entreprises guadeloupéennes.
05:10Beaucoup d'entreprises aujourd'hui sont en liquidation judiciaire parce qu'elles ont accumulé trop de dettes
05:14et qu'aucune pression n'est mise sur les collectivités pour qu'elles ne soient payées.
05:17Les entreprises ont des dettes chez les collectivités.
05:20Les factures ne sont pas payées depuis 2, 3 ans, 8 mois, 6 mois.
05:23Et maintenir une charge quand une entreprise a peut-être 80% des activités pour les collectivités
05:29et qu'elles ne sont pas payées, obligatoirement, elles se retrouvent dans des situations catastrophiques.
05:33Alors le blocage de l'accès de la Caisse Générale de Sécurité Sociale
05:36et en particulier les services de l'URSSAF
05:38devient une évidence pour le collectif
05:41mais pas pour les forces de l'ordre
05:42venues en nombre sur les lieux.
06:03Si Ludovic Toulassi demande que les procédures judiciaires engagées contre ces entreprises soient levées,
06:09Alain Lasker, il lui intervient plus sur le social.
06:12L'homme est président de l'Union départementale de la Confédération syndicale des familles de la Guadeloupe.
06:18Le social est là.
06:19Moi, je représente le social et je revendique qu'on puisse payer aux retraités.
06:23Je dis bien aux retraités l'ordi.
06:25L'ordi, c'est quoi ?
06:26Il y a 17 voire 27% des gens qui sont dans les logements,
06:30dans les logements,
06:32qui n'ont pas 400 euros pour vivre.
06:35Ça, je le savais il y a 8 ans que je le répète.
06:37Au-delà du blocage institutionnel,
06:39le collectif met en cause la direction actuelle de la CGSS.
06:42Il promet de durcir le mouvement.
06:53Le collectif estime qu'il en va de la stabilité
06:55et de la crédibilité d'une institution essentielle
06:58aux services publics guadeloupéens.
07:01Et puis, des barrages incendiés ont perturbé le trafic
07:05sur la route nationale 4 à Margaillard-Aux-Gosiers.
07:08Toute la matinée, les forces de l'ordre ont tenté de rétablir la circulation
07:12avant que d'autres barrages ne soient érigés.
07:15Des tensions ont même éclaté avec usage de gaz lacrymogène.
07:18Une matinée compliquée pour les riverains,
07:21même s'ils comprennent le mouvement.
07:22Patrice Gonfier.
07:24Des voitures calcinées, des appareils électroménagers,
07:28des palettes, des gravats.
07:29Pour les automobilistes,
07:30la traversée de Margaillard est très compliquée.
07:33Les plus téméraires tentent de se faufiler
07:36entre les carcasses fumantes.
07:38Dans la nuit, des riverains ont été réveillés
07:40par des bruits d'explosion.
07:41On est sortis pour regarder ce qui se passait
07:43et on a vu toutes les voitures en flamme
07:45de ce côté-là et de l'autre côté-là.
07:48On s'est trouvés au milieu de deux foyers de feu.
07:52Voilà, carrément.
07:53Mais bon, moi ça ne me dérange pas
07:55ce qu'ils sont en train de faire.
07:56La seule chose qui est chiant,
07:57c'est que tout à l'heure je dois partir,
07:59il n'y a pas de chemin.
08:00Je ne suis pas dans ça.
08:01Mais je ne vais pas leur dire de ne pas faire ou de faire.
08:04Parce qu'il y a des parents, des mères de famille
08:06qui n'ont pas d'eau, qui n'ont pas d'électricité.
08:08La vie est chère.
08:08En poursuivant notre chemin à pied,
08:19nous constatons que la route
08:20est jonchée d'épaves de voitures.
08:23Et nous n'irons pas plus loin.
08:25Près de la pharmacie, au niveau de l'école,
08:27la tension est vive.
08:28Des camions déversent encore des gravats sur la chaussée.
08:32Hier soir, le moule a été aussi le théâtre d'incendie.
08:36D'abord le centre nautique à l'autre bord,
08:38complètement détruit.
08:40Également dégradé, les canoës kayaks.
08:4280% du matériel est hors service.
08:46Autre cible est des manifestants,
08:48la bibliothèque avec des vitres brisées.
08:50Pour l'heure, le maire du moule n'a pas réagi.
08:52Une enquête est en cours.
08:54Des dégâts considérables sous tous les territoires
08:56guadeloupéens qui ne laissent pas insensibles
08:58les politiques.
08:59J'appelle au calme, j'appelle au calme.
09:01Nous savons que la situation est très, très, très compliquée.
09:04Elle est compliquée en Outre-mer
09:06et singulièrement en Guadeloupe
09:08depuis de très nombreuses années.
09:09Mais nous ne devons pas nous laisser aller
09:12à ces débordements.
09:13Donc j'appelle un appel au calme
09:14et un soutien aux entreprises,
09:16aux entrepreneurs qui sont touchés
09:17au sein de leurs entreprises,
09:19puisque ce sera probablement du chômage partiel
09:22et des dossiers pour les assurances
09:24à mettre en œuvre.
09:26En tout cas, moi j'appelle au calme.
09:27Parce qu'on voit des hommes et des femmes
09:29qui souffrent dans leur chair,
09:31dans leur activité économique.
09:33J'ai vu des entrepreneurs guadeloupéens
09:35qui ont perdu leur emploi aux abîmes.
09:37J'en en vois d'autres à Pointe-à-Pitre.
09:39Hier soir même, au moule,
09:42il y a eu une base nautique qui a pris feu.
09:44On a donc des enfants qui sont pénalisés,
09:46des adultes qui sont en mode opératoire
09:49pour établir la concertation
09:51avec ceux qui portent des revendications
09:52sur la vie chère, le carburant et le chômage.
09:56Jari, un jour d'activité,
09:57presque normal d'ailleurs.
09:59Les rideaux se lèvent progressivement
10:01et la zone industrielle s'apprête à vivre
10:03son fourmillement quotidien.
10:06Pourtant, derrière cette façade presque normale,
10:09il y a une autre vérité que chacun murmure,
10:11mais que tous n'osent pas dire.
10:14À l'entrée du centre d'activité du cœur de Jari,
10:17Joël Thinval tient sa roulotte depuis 30 ans
10:19et il a connu mieux,
10:21mieux que ce qu'il vit en ce moment.
10:23C'est sûr, c'est un habitif, c'est pas comme ça.
10:26Quand on a cette hausse-là,
10:28il y a beaucoup de monde.
10:29Mais là, maintenant, il y a une répercussion
10:32vraiment, vraiment, vraiment forte.
10:34Et dans la sphère du cœur de Jari,
10:36c'est la même morosité qui s'affiche.
10:39Chez ce boucher,
10:40on essaie d'être pragmatique.
10:43Effectivement, ça a un impact sur notre activité
10:44puisqu'on a une fréquentation en baisse,
10:46forcément, tant au niveau de la boucherie
10:50que de la restauration.
10:52Donc, on fait avec,
10:53on essaie de tenir bon.
10:55Mais sinon, même au niveau des collègues,
10:59pour arriver jusqu'à Jari,
11:01c'est compliqué.
11:02Donc, forcément, ça a un impact sur nous,
11:04un impact sur l'économie de l'entreprise
11:08et sur les employés aussi.
11:09Même impression dans ce magasin de vêtements
11:12où, malgré cette période de solde,
11:14les affaires tournent au ralenti.
11:17Oui, ça a eu un gros impact
11:18dans notre activité.
11:19Mercredi, on n'a pas eu de clients.
11:22Le jeudi, c'était mitigé.
11:23Le vendredi, pareil.
11:25Le samedi, une bonne journée.
11:27C'était une journée catastrophique.
11:29C'était une grosse journée.
11:30C'était une fin de semaine
11:32très catastrophique pour nous.
11:33Et globalement,
11:35les commerçants et les artisans de Jari
11:37savent que tout cela leur coûtera cher.
11:40Il y a donc des entreprises de toute taille,
11:42des toutes petites jusqu'aux plus grandes,
11:44sur Jari, 3000 entreprises.
11:47Vous pensez bien que ces entreprises
11:51n'ont plus de recettes.
11:53Vous voyez comme la zone est vide.
11:57Comment on a perdu en clientèle.
12:01Il sera donc difficile de tenir.
12:03Chacun craint l'heure du bilan réel.