00:00C'est un quartier aujourd'hui qui est sous tension, le quartier de la République.
00:05Mais jusque-là, à chaque fois qu'il y avait des manifestations,
00:09normalement il bloque Marie et devant chez moi j'ai huit camions de CRS.
00:12Ça a toujours été comme ça, on en a connu des manifestations entre les retraites,
00:16les gazas, toutes les manifestations pour toutes les raisons qu'il y a pu avoir.
00:21Moi normalement Marie, même à l'époque des gilets jaunes,
00:23Marie est tout le temps bloquée et il y a toujours huit camions de CRS devant chez moi.
00:27Pour moi vraiment les manifestations c'était pas un souci.
00:30Et c'est que cette fois-là où il n'y avait rien.
00:32Je pense souvent aux habitants de la Place de la République,
00:35qui était un superbe endroit, qui était un endroit très chic.
00:38Jadis c'est un endroit de qualité, mais qui a envie aujourd'hui d'aller acheter ou d'habiter Place
00:44de la République ?
00:45J'imagine que vous êtes commerçante aussi, pharmacienne, je ne sais pas si on peut dire commerçante,
00:50mais ça fait une partie d'un commerce.
00:53Donc vous parlez sans doute avec les agences immobilières,
00:56et qu'il y a des superbes appartements d'ailleurs,
00:59des appartements dits haussmanniens dans cet endroit.
01:02Mais aujourd'hui, qui a envie d'aller habiter Place de la République ?
01:06Mais en fait, en dehors de ces moments-là de manifestation,
01:10c'est un quartier très sympa.
01:12Oui mais en dehors comme vous dites.
01:13Mais c'est vrai que c'est dans les temps, il y en a quand même de...
01:14En dehors, j'ai l'impression que cette place, elle est envahie.
01:18Moi je ne rêve que de ça en fait, j'aurais envie de me réveiller,
01:21que ce soit un mauvais rêve, et de réouvrir ma fermet, de demain matin, d'aller bosser.
01:25Mais j'adore mes patients, il y a une...
01:27En plus, il y a une...
01:28En fait, moi j'adore mon travail.
01:31Comme vous dites tout à l'heure, c'était un bonheur d'être journaliste et d'écouter des gens.
01:34Moi j'adore discuter avec les gens.
01:37Les gens du quartier nous connaissent pour ça, on a toujours une écoute, un sourire, une bonne blague.
01:41C'est ultra familial, vraiment je vue, et en plus c'est vraiment très marqué là,
01:47parce que j'ai reçu un soutien de la part des patients, de la part des autres pharmaciens,
01:52de la part des organisations de pharmaciens, de la part de l'Ordre,
01:56et de la part de gens de toutes sortes.
01:59Comme je dis, sur la chaîne de la Pharma à Madame Pharma,
02:03les gens m'ont envoyé des dizaines de messages de soutien,
02:10« Comment on peut aider ? Dites-moi, on va venir débarrasser, on va venir ranger ! »
02:16J'ai été impressionnée, c'est vraiment, ça apporte un baume au cœur qui est énorme.
02:23Mais moi ce que je veux, c'est faire ça, je veux retrouver mes patients,
02:26je veux retrouver ma vie, je veux retrouver mon quotidien là maintenant.
02:30Alors voilà, c'est vrai que AXA, on espère, va nous aider, va faire le job correctement.
02:36Vous avez déjà un contact avec AXA ?
02:38Voilà, on a déclaré le sinistre, on n'a pas encore vu l'expert, il faut qu'on chiffre.
02:43Là pour l'instant, j'ai encore rien pu toucher parce que...
02:46J'ai encore rien pu toucher parce qu'il fallait attendre que la police vienne,
02:49pour relever des empreintes, pour...
02:52Il n'y a aucune possibilité de récupérer le matériel volé ?
02:55Non, je n'y crois pas du tout. J'ai eu heureusement la chance de...
03:01Le lendemain, j'ai voulu retourner en catastrophe pour voir si jamais il y allait avoir ma sauvegarde informatique,
03:06si mon ordinateur avec toutes mes données était encore là.
03:09Et heureusement parce que la veille, on avait reçu une grosse commande de sac,
03:12je les avais posées devant le serveur.
03:14Donc en fait, le serveur était complètement caché, celui où il y avait toutes les données.
03:17Et donc j'ai voulu aller le chercher.
03:19Il y avait encore plein de manifestances, il y avait des bombes, ça a explosé de tous les côtés,
03:22c'était terrifiant.
03:24Et j'ai demandé même à deux policiers, est-ce que vous pouvez m'escorter ?
03:26Je veux juste aller voir s'il y a ma sauvegarde.
03:29Ils m'ont dit, on a reçu hors de ne pas bouger.
03:31Donc en fait, c'était...
03:34Et là, j'ai demandé, même on a créé un groupe des commerçants de mon quartier
03:39dont les commerces ont été saccagés.
03:41C'est leur message.
03:43Je leur ai dit, est-ce que vous avez un message à transmettre ?
03:44Et ils me disent tous, mais en fait, c'est horrible.
03:46On a vécu, on vivait une horreur, on ne s'est pas sentis protégés,
03:50on ne s'est pas sentis accompagnés.
03:52Le mouvement, et quand vous entendez tout à l'heure le Premier ministre dire
03:56que le mouvement était sans doute trop statique,
03:58j'imagine que ça doit quand même vous faire réagir.
03:59Vous restez encore quelques minutes avec nous, il est 16h56,
04:02ça va être les infos de 17h.
04:05Vous écoutez est extrêmement instructif,
04:07et je vous remercie une nouvelle fois de venir,
04:10d'être venus toutes les deux.
04:12Je remarque quand même une chose,
04:14c'est que dans cette France où on ne fait plus d'enfants,
04:16eh bien, Jemima a trois enfants,
04:19et Odélia a trois enfants.
04:21Alors vous avez donné les prénoms tout à l'heure de vos enfants,
04:23on peut les rappeler, il y a Louis,
04:25Julienne et Aliénor.
04:26Voilà, qui sont des magnifiques prénoms.
04:29Et Odélia, les prénoms de vos enfants ?
04:31Batia, Moshe et Esther.
04:33Eh bien, j'imagine qu'ils nous écoutent peut-être,
04:36tous ces enfants, parce que c'est...
04:37Je ne crois pas beaucoup.
04:39Parce qu'aujourd'hui, c'est des vacances,
04:41donc ils ont peut-être un peu plus de temps libre,
04:43en tout cas, à tout de suite.
04:44Vous écoutez Pascal Froy et vous sur Europe 1,
04:46et vous pouvez réagir au témoignage d'Odélia et de Jemima,
04:49au 01-80-20-39-21.
04:52Il est 16h57 sur Europe 1.