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  • il y a 17 minutes
Ce vendredi 23 octobre, l'incohérence des chiffres concernant les capitaux engendrés par les IA et les chiffres d'affaires révélés par certaines d'entre elles a été abordée par Frédéric Simottel et Marc Fiorentino dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h44 sur BFM Business et c'est face à Fiorentuil aujourd'hui, ça y est, il a pris le pouvoir,
00:05Emmanuel Le Chiffre n'est pas là, on a remercisé la chronique pour vous.
00:09Et face à vous, Frédéric Simotel, bonjour à tous les deux.
00:12Bonjour Frédéric, j'ai de la peine pour lui par avance, j'ai préparé toutes mes notes.
00:16Oui, venez avec vos notes parce que là ça va être dur.
00:18Mais j'en ai aucune ça.
00:19Il est bien asserré.
00:21Et je suis très en forme.
00:22Oui, c'est ça le problème.
00:23L'intelligence artificielle génère énormément de capitaux, c'est un eldorado d'investissement.
00:27900 milliards prévus en 2026, 5500 d'ici 2030.
00:31Et quand on regarde en tropique par exemple, Maison-Mère de Claude, sa valorisation est estimée entre 965 et 2000
00:37milliards par auteurs pour une éventuelle entre-en-bourse.
00:39Mais son chiffre d'affaires n'est que de 9 milliards.
00:42Et sa perte tenette compta publiée hier, 80 milliards.
00:45Il y a un truc qui ne colle pas dans les chiffres.
00:47Alors, est-ce qu'on peut parler d'une bulle IA, Frédéric Simotel ?
00:51Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:52Non, on ne peut pas parler d'une bulle IA.
00:54Il y a un excès spéculatif, évident, vous venez de citer tous ces chiffres.
00:58Il y aura certainement des corrections, des consolidations, il y aura peut-être même des faillites.
01:03Mais aujourd'hui, parler d'une bulle IA, non, parce qu'il y a trop de choses qui est en
01:05train de se construire derrière.
01:07Cédrico, qui était là à l'instant, disait que l'IA, c'est une des plus grandes révolutions, peut-être
01:11plus que l'électricité.
01:11Oui, il disait qu'il faut y aller, il faut investir.
01:12Et c'est ce que je pense aussi.
01:14Donc aujourd'hui, on ne va pas comparer à 2000, parce que déjà, c'était une autre époque, c'était
01:18un moyen,
01:19mais on est en train de construire des data centers.
01:21On génère 400 millions de teraoctets par jour de données.
01:26Il va falloir les stocker, les analyser, faire travailler l'IA dessus.
01:29Donc voilà, pour moi, oui, il y aura peut-être un effet correction, mais je ne peux pas promettre qu
01:36'une bulle ne va pas exploser.
01:37Mais pour moi, non, on n'est pas dans une bulle, on est vraiment dans un nouveau mouvement, un nouvel
01:41élan, en tout cas, autour de la société.
01:43Ce n'est pas uniquement de la tech, de l'IA, c'est vraiment...
01:45C'est une révolution technologique, on parle de quatrième révolution technologique.
01:48Bon, Marc, il y a quand même des chiffres qui sont un peu déroutants.
01:52Alors, ce n'est pas tellement les chiffres, en fait, il y a des théories.
01:55Ce n'est pas un feeling, le fait de déterminer une bulle, c'est scientifique.
01:58C'est-à-dire qu'on a suffisamment de recul depuis la bulle de la tulipe pour savoir quelles sont
02:02les caractéristiques d'une bulle.
02:04Il y a eu beaucoup de littérature très intéressante, de spécialistes des crises financières, Kindle Berger, Galbraith.
02:11Et ils ont défini, en fait, des critères qui permettent de définir si on est dans une bulle ou pas.
02:16D'accord ?
02:17Et je vais vous les donner très rapidement.
02:19Le premier critère, c'est qu'il y a des gens comme Frédéric Simotel qui disent « cette fois, c
02:22'est différent ».
02:23Ça, c'est le premier critère.
02:25Ça, c'est le critère absolu, c'est-à-dire que tout ce qu'il vient de dire...
02:27Il faut un Frédéric Simotel, quoi.
02:28Tout ce qu'il vient de dire, c'est exactement le premier critère de définition d'une bulle.
02:33C'est une nouvelle révolution.
02:34Il y a une révolution technologique.
02:36Elle va changer la vie des hommes.
02:37Ce n'est pas qu'une révolution technologique, c'est une révolution sociale.
02:40Ça, première définition qui permet de déterminer que c'est une bulle.
02:43La deuxième, c'est évidemment le niveau de dette et d'endettement.
02:47C'est-à-dire que là, on a basculé dans une spirale d'endettement qui fait un effet de levier,
02:55qui fait donc un risque financier qui est extrêmement fort et extrêmement puissant.
02:59Je vous rappelle qu'avant, on arrivait à financer sur fonds propres.
03:01On le voit très bien.
03:02Aujourd'hui, on n'y arrive plus.
03:04On voit le CDS d'Oracle.
03:06On voit tout ça.
03:06Ça, c'est le deuxième critère.
03:08Le troisième critère, c'est des valorisations qui sont justifiées par des valorisations.
03:12C'est-à-dire des valorisations qui ne sont pas justifiées par des valorisations économiques.
03:16C'est X fois les résultats.
03:17On ne peut pas faire X fois les résultats puisqu'on a des pertes.
03:19Et donc, on a des valorisations qui consistent à dire, puisque Nvidia vaut plus de 5 000 milliards, c'est
03:25normal que OpenAI vaille 1 200 milliards.
03:29Ça, c'est le troisième critère.
03:30Le quatrième critère, c'est l'engouement et l'excitation des particuliers sur les investissements.
03:36Quand on voit ce qui se passe sur les plateformes, sur le pré-IPO, des gens qui spéculent sur la
03:41valorisation d'Entropique, la valorisation d'OpenAI.
03:44Ça, c'est le quatrième critère.
03:45Donc, aujourd'hui...
03:46Donc, tous les critères sont réunis pour vous pour dire qu'on est dans une bulle.
03:49Tous les critères sont réunis.
03:50Ensuite, là où Frédéric a raison, il faut bien qu'il ait raison sur un truc, c'est qu'il
03:55y a une différence entre l'identification d'une bulle et l'explosion d'une bulle.
04:00Donc, il n'y a absolument...
04:01On pourrait prévoir, c'est ça facile.
04:02Donc, il n'y a aucune...
04:04Alors, il y a une certitude sur le fait qu'on soit sur une bulle.
04:08Ça, c'est une certitude.
04:09Maintenant, la question de savoir quand est-ce qu'elle va éclater.
04:12Et généralement, il y a d'abord des premiers signes avant-coureurs.
04:16Les premiers signes avant-coureurs, on les a.
04:18On a eu CoreWeave, c'est-à-dire un fournisseur de plateformes, un loueur de capacités qui a des difficultés
04:25et qui est quasiment en faillite.
04:26On a une société comme Aura, qui est un acteur majeur, qui voit son CDS.
04:31Donc, CDS, je rappelle pour les gens qui nous écoutent, c'est le coût d'assurance contre une faillite.
04:36Coût d'assurance contre une faillite, contre un défaut, qui est passé de 0,50%, c'est-à-dire quasiment
04:41rien, à plus de 3% aujourd'hui en moins d'un an.
04:45Ça, c'est des premiers signes.
04:47Alors, c'est des premiers signes.
04:48Je rappelle toujours ça, et j'ai fini, je laisserai la parole à Frédéric.
04:51C'est qu'on a eu, je rappelle toujours que dans la crise Internet et la bulle Internet, elle a
04:56été identifiée par le patron de la Banque Centrale Américaine lui-même.
05:00En décembre 1996, il dit, nous sommes dans une exubérance irrationnelle.
05:07La bulle, elle a explosé en mars 2000, décembre 1996, mars 2000.
05:12Donc, on est aujourd'hui très clairement dans une bulle.
05:16Je pense qu'il n'y a absolument aucun doute.
05:17Maintenant, quand est-ce qu'elle va éclater ?
05:19Ça, c'est impossible à dire.
05:19Mais on commence à avoir, et on l'a vu avec la journée d'hier sur le Nasdaq, on commence
05:24à avoir des petits craquements.
05:26Donc, ça veut dire que ça ne sera pas dans 4 ans, ça sera plus tôt.
05:31On a vu en tropique aussi des résultats qui ralentissent.
05:36C'est académique ce que je dis, Frédéric.
05:41C'est prouvé.
05:44On est dans une vraie révolution.
05:46Oui, il y a des investissements démesurés, mais on est obligé d'avoir ces investissements-là,
05:49aujourd'hui, parce que construire un data center, ça coûte cher, parce qu'aller chercher de la puissance de calcul,
05:54parce que les processeurs coûtent cher, parce qu'on l'a vu, la mémoire, les terrains,
05:57enfin, toute la chaîne logistique, aujourd'hui, coûte de plus en plus cher, parce qu'il y a un effet
06:00pénurie.
06:01Et parce qu'on voit les États-Unis, on voit la Chine aussi.
06:03On parle de DeepSync, par exemple, qui est un des grands moteurs d'un concurrent d'OpenAI,
06:09qui vient de lever 15 milliards.
06:10Ils comptent élever 7 milliards, ils lèvent 15 milliards, parce qu'on a besoin de cet argent-là.
06:14Mais comparé à 2000, là, on bâtit quand même des choses.
06:17On bâtit des data centers, on va bâtir de la puissance de calcul.
06:20Mais en 2000, on a construit énormément de choses, on a investi des montants colossaux.
06:31Est-ce que tu sais, Frédéric, que sur l'IA, aujourd'hui, le montant des investissements qui est prévu
06:36est la somme des investissements de toutes les révolutions technologiques passées ?
06:42On est dans l'une des plus grandes révolutions technologiques aujourd'hui,
06:46ça va changer notre façon de travailler.
06:48Je pense que ce n'est pas le sujet.
06:50C'est irrationnel, quoi.
06:51Non, ce n'est pas ça, ce n'est pas le sujet.
06:53Le sujet, ce n'est pas de savoir si on est dans une révolution.
06:55Personne ne nie la révolution, comme personne n'a nié la révolution des chemins de fer.
06:59C'était en 1840, il y avait des gens qui disaient exactement la même chose.
07:03Ils ont eu raison.
07:04Le problème, ce n'est pas de savoir si c'est une révolution technologique.
07:07Le problème, c'est de savoir si le montant des investissements qui sont faits aujourd'hui
07:14sera rentable.
07:15Et aujourd'hui, tu ne peux pas me démontrer qu'il y a un business model aujourd'hui pour l
07:21'IA.
07:21Et l'inquiétude des marchés en ce moment, c'est de dire, mais tout le monde est d'accord avec
07:24toi.
07:25C'est une révolution technologique majeure.
07:27C'est peut-être la plus grande des révolutions technologiques qu'on a connues depuis les chemins de fer.
07:31La question, c'est comment on rentabilise tous ces dizaines de milliards.
07:35Parce que tu ne parles que d'investissement.
07:38Il ne parle pas de rentabilisation des investissements.
07:41Pour l'instant, la productivité, on la voit à titre individuel.
07:45On utilise tous ces outils-là et on voit ce qu'on gagne.
07:47Le business model.
07:49C'est vrai qu'on n'arrive pas à la retraduire à un niveau collaboration.
07:53On peut être 10 employés, on fait chacun 30% de productivité.
07:55Sauf que l'IA va faire gagner des gains de productivité, on en est sûr.
07:57Et on n'arrive pas à retraduire ces 30% de productivité que je gagne au niveau de l'entreprise.
08:01Ce n'est pas pour ça que l'entreprise fait 30% de chiffre d'affaires en plus.
08:03Mais parce que tout ça, ça va être long terme.
08:05Parce qu'on est encore à utiliser l'IA par rapport à ce que l'on fait aujourd'hui.
08:09Mais quand on va commencer à travailler vraiment sur l'IA natif, c'est-à-dire à transformer l'organisation...
08:14Le business model, ce qu'on est en train de démontrer, c'est que c'est une révolution technologique
08:19et qu'elle va modifier notre vie, elle va changer notre vie.
08:21Ce que je suis en train de te dire, c'est les 1000 milliards par exemple qui sont prévus.
08:25Où est la rentabilité ? C'est ça qui définit le bull.
08:28La rentabilité va arriver, alors ce n'est pas sur les abonnements à 200 dollars, je suis d'accord.
08:32Mais ça va être dans ce que les entreprises vont commencer à avoir comme économie.
08:35Ça va être dans la santé connectée, on va commencer à travailler beaucoup mieux.
08:39Tu parles de gain de productivité, ça c'est une révolution technologique, la rentabilité.
08:43C'est-à-dire que pour investir, on va investir 1000 milliards, il faudrait avoir des revenus qui soient à
08:50la hauteur.
08:50C'est des abonnements à titre personnel, JP Morgan a chiffré ça.
08:53Il faudrait qu'on soit capable aujourd'hui de payer entre 500 et 1000 euros ou 1000 dollars par mois
08:59pour rentabiliser les investissements. Personne ne va les payer.
09:03En revanche, l'IA deviendra payante forcément de plus en plus.
09:07Elle est déjà payante et on voit ce qu'on appelle les tokens.
09:11Ça coûte de plus en plus cher aux entreprises qui sont des obligés de revoir un peu leurs dépenses.
09:16Mais c'est parce qu'on est vraiment au début, il faut que les entreprises réorganisent aussi tout leur process.
09:21C'est le principe d'une bulle, c'est-à-dire qu'il y a trop d'investissements qui sont
09:24nécessaires par rapport à un business model
09:26qui n'est pas encore trouvé et une rentabilité future qu'on n'aura pas.
09:30C'est une révolution technologique, Frédéric a raison, mais est-ce que c'est une bulle ?
09:35Vous avez tous les deux raisons alors.
09:37Merci Frédéric.
09:37Investissez dans les puces.
09:39Merci Marc Ferrotino.
09:41Il revient le chiffre ?
09:43On ne peut pas le...
09:45Non, il revient.
09:46Mais vous revenez aussi ?
09:48Allez, à vendredi prochain.

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