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  • il y a 17 minutes
Avec Olivier Dartigolles, auteur de « Tout destin est cousu d’enfance » - Fayard

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Transcription
00:00A vous de le dire, Stéphanie Demiru.
00:02Bonjour mon cher Gilles Gansombe.
00:03Bonjour Stéphanie.
00:04Est-ce que vous seriez partant pour vous présenter la candidature de la République ?
00:12J'allais exactement vous poser la même question, c'est ce que j'avais prévu dans ma tête.
00:15On est revenu très originaux.
00:18Vous savez que Gilles, en France, tout citoyen remplissant les conditions légales peut prétendre à l'Elysée,
00:23avoir 18 ans, avoir un casier vierge, etc.
00:26Mais dans les faits, c'est vrai que ce n'est pas aussi simple.
00:29Moi je pense qu'à une époque c'était possible.
00:32On a eu même des premiers ministres qui n'avaient pas fait l'ENA ou de grandes écoles.
00:38Je pense qu'aujourd'hui avec l'Europe, avec un certain nombre d'institutions,
00:43il faut être quand même bien capé et que ce n'est plus vraiment possible.
00:48Oui, et puis il y a le réseau, le système, il faut ces fameux 500 parrainages, il faut l'argent,
00:52il faut plein de choses.
00:53Ça vous l'avez Stéphanie.
00:54Non, non, j'aimerais bien.
00:56Non mais ce n'est pas tout de dire qu'on est candidat.
00:58Il faut que la machine après s'enclenche.
01:02Et puis il y a l'enfance finalement qui détermine beaucoup de choses.
01:06Et puis bien parler anglais.
01:08Oui.
01:08Par exemple ?
01:09Non, non, ce n'est pas vrai.
01:11François Hollande parlait très mal de l'anglais.
01:12Oui, mais c'est ce que je dis.
01:13Aujourd'hui, c'est mieux de bien parler anglais.
01:15Oui, il y en a qui ne parlent toujours pas anglais.
01:18En tout cas, moi je trouve qu'on ne s'intéresse jamais assez à l'enfance et à la psychanalyse
01:23des responsables politiques.
01:24J'explique beaucoup de choses souvent par le côté psy.
01:28Tout destin est cousu d'enfance chez Fayard.
01:31Bonjour Olivier d'Artigolle.
01:33Bonjour.
01:34On est ravis de vous recevoir.
01:35Avec la légère émotion de retrouver ce studio.
01:39Avec de très beaux souvenirs ici.
01:41Vous étiez dans l'ancien, dans le plus petit.
01:43Mais là, on a grandi.
01:44Oui, mais quand même, on reconnaît un peu.
01:45On a grandi.
01:46C'est vrai que tout destin est cousu d'enfance.
01:48C'est joli.
01:48D'ailleurs, c'est Catherine Ney, je lisais dans le livre, qui vous a soufflé cette phrase.
01:53Parce que c'est vrai que ces responsables politiques, ces candidats à la présidentielle,
01:58ils ont une enfance qui détermine souvent ce destin politique.
02:01Alors, première question, peut-on vraiment devenir président de la République quand on n'est pas né dans le bon
02:06milieu ?
02:07D'abord, sur la situation, le paysage politique, De Gaulle, au crépuscule de son pouvoir, avait dit, après moi,
02:13le risque, ce n'est pas le vide, mais le trop plein.
02:16Quand on voit certaines déclarations de candidature sur la toute dernière période,
02:20et le nombre de postulants à l'Elysée pour la prochaine présidence,
02:25on se dit que quelque chose dysfonctionne.
02:28C'est-à-dire, je crois beaucoup au fait qu'il y a besoin d'incarnation, de projet et de
02:35stratégie.
02:35Ce sont les trois vraiment données pour présenter quelque chose de sérieux.
02:42Alors, est-ce que, d'abord, l'idée de ce livre, vous connaissez ce problème-là,
02:47qu'on interroge des politiques, il reste trop souvent cadenassé dans les sacro-sains éléments de langage ?
02:54Il devient de plus en plus difficile d'obtenir chez eux une sincérité qu'on peut ressentir,
03:00parce que les chaînes d'info, parce que les réseaux sociaux,
03:03parce que cette vie politique que je trouve très dure, très violente,
03:09exagérément, j'ai envie de dire, dure, oui.
03:13Et j'ai eu peut-être besoin d'aller faire un pas de côté.
03:17L'enfant, c'est aussi un terrain de douceur, pas toujours.
03:22Pas toujours, oui, quand on lit.
03:24Oui, pas toujours, mais en tout cas, vous verrez à la lecture de ce livre,
03:29vous pourrez le constater, qu'il y a des milieux sociaux d'origine très différents.
03:34Il y a des Parisiens, il y a des provinciaux, il y a des milieux catholiques,
03:38il y en a d'autres qui ne le sont pas.
03:40Il y a toujours des mères très aimantes, il y a des pères qui dysfonctionnent.
03:44Toujours des mères très aimantes.
03:45Oui, je trouve que c'est un...
03:47Alors là, c'est le retour à Romain Garry, à la promesse de l'Aube,
03:51cet amour maternel si puissant que parfois il peut aussi nous étouffer.
03:58Et avec cette phrase terrible, on ira tous chialer sur la tombe de nos mères,
04:02mais cet amour qu'elle nous a donné, qu'elle nous donne,
04:05était peut-être trop.
04:07Des pères ou présents, mais défaillants ou absents, et donc...
04:12Une revanche peut-être à prendre.
04:13Oui, il y a toujours, en tout cas, j'ai trouvé pour chacun d'entre eux,
04:18les racines, si ce n'est d'une ambition, en tout cas d'une prédisposition à aller de l'avant.
04:25Une énergie qui devient par la suite une ambition.
04:28Est-ce que les blessures façonnent justement les ambitions ?
04:30Est-ce qu'il faut toujours avoir une forme de blessure pour avoir cette ambition énorme ?
04:35Vous l'avez dit, la vie politique est dure,
04:37bon, elle l'est certainement plus encore pour les Français,
04:40mais elle est quand même dure, c'est vrai.
04:42Et il faut être peut-être un peu fou, voire inconscient,
04:45pour se lancer dans ce cirque, finalement.
04:49Ce livre n'est pas que douceur, en effet, il est aussi douleur,
04:53dans le sens où, pour de très nombreux portraits, quasiment tous,
04:57on trouve des blessures, des fêlures, parfois des humiliations,
05:02des moments durs que ces enfants ont dû affronter.
05:05Ils ont pu construire, ce mot est souvent utilisé à mauvais escient,
05:10mais ils ont pu construire une forme de résilience pour se sortir de mauvais pas.
05:15Je prends l'exemple de François Hollande, on ne sait pas encore s'il sera candidat ou pas.
05:21Mais je décris dans ce livre la noirceur terrible de son père Georges Hollande.
05:27Le président Hollande m'a reçu.
05:31Il a pu aller un peu plus loin encore que ce qu'il avait déjà donné sur le portrait de
05:36ce père.
05:38Je ne veux pas trop déflorer le livre, mais on voit à la lecture de ce chapitre
05:43que déjà dans son enfance, il a dû avoir des stratégies de contournement,
05:47d'évitement de conflits qu'il a su mettre en œuvre sur ces dix années
05:51quand il était premier secrétaire du Parti Socialiste, sûrement.
05:55– Lille, moi j'ai trouvé dans votre livre
05:58que tout aurait pu basculer et devenir artiste.
06:01En fait, c'est ça qui m'a intéressé.
06:04J'ai trouvé qu'en fait, c'était soit président, soit...
06:08– Bohème, soit Bohème.
06:10– Voilà, ou soit Bohème.
06:11C'est-à-dire qu'à un moment, il fallait que leur égo soit supérieur à leur père
06:14ou rarement à leur mère,
06:16mais qu'à un moment, il fallait une vengeance sur la vie
06:19et elle peut se faire soit au théâtre et au cinéma.
06:22Admirez-moi, voyez comment je suis un grand acteur
06:26ou soit alors, voyez comment je peux diriger la France.
06:28– Vous avez parfaitement raison et c'est une très jolie question.
06:31J'ai déjà fait quelques médias pour présenter le livre
06:34et cette question-là, en tout cas, ce ressenti que vous avez eu à la lecture
06:37me touche beaucoup parce que je l'ai moi-même ressenti
06:39sans savoir trop comment l'exprimer dans ces portraits-là.
06:41C'est un peu un angle mort de mon livre
06:45dans le sens où je ne vais pas assurer qu'est-ce qu'ils auraient pu faire d'autre,
06:49mais j'ai souvent été titillé de le faire.
06:52Et il y a en tout cas, systématiquement pour eux, une projection.
06:57C'est-à-dire qu'on sent très bien que très jeunes,
07:00ils ont cette force de vie, de créativité.
07:05Certains vont puiser dans la lecture.
07:07C'est le cas d'Éric Zemmour, dont le père veut à tout prix
07:12culture pied-noir et le repas est très important,
07:15qu'il vienne à table, mais sa mère protège le petit Zemmour,
07:19on l'appelle le Wistiti à l'époque,
07:20pour qu'il puisse continuer à lire Les Illusions Perdues.
07:24Il y a d'autres...
07:28Raphaël Glussmann, son doudou n'est pas une peluche, c'est un livre.
07:32Il faut bien voir, donc, qu'ils ont tous très tôt quelque chose en eux
07:37qui, après, va trouver la voie politique,
07:40mais qui aurait pu trouver une toute autre voie
07:42à condition de créer quelque chose.
07:44Dans le prolongement de ce que dit Gilles,
07:46je l'ai aussi ressenti, parce que je vous parlais de revanche depuis le début,
07:50il y a quand même quelque chose qui ressort, finalement, quand même de l'ego.
07:55Oui.
07:55Est-ce qu'on est un bon président ?
07:57Est-ce qu'on sait penser aux Français
07:59quand on a un ego aussi surdimensionné ?
08:02Parce qu'il en faut aussi pour arriver à ce poste.
08:05Et c'est ce que reprochent les Français aujourd'hui au président de la République,
08:09en général, d'être totalement décalés avec leur propre quotidien.
08:13D'abord, moi, je pense qu'il faut être un peu fêlé pour aller à la présidence de la République,
08:16pour être candidat à cette élection, surtout par les temps que nous traversons.
08:19Est-ce qu'il y a un ego ?
08:20Oui.
08:21Ce qui est intéressant en allant chercher ces années fondatrices, ce premier monde de l'enfance,
08:26c'est savoir comment les racines de cette, je veux dire, de cette boursouflure égotique,
08:36de ce besoin de s'affirmer, d'être écouté, observé,
08:41et que, voilà, et très sincèrement...
08:44Et aimé, parfois, hein ?
08:45Et aimé, et très sincèrement,
08:48ce livre va du premier biberon au dernier bulletin scolaire en terminale.
08:52Je n'ai pas voulu faire la bascule sur les années qui sont plus de politisation,
08:56donc on voit là, j'ai gardé, j'ai voulu protéger cet espace-là.
09:00Et on voit très bien qu'ici, il joue des choses essentielles.
09:03Je parle aussi des anciens présents en République.
09:06Quand Nicolas Sarkozy dit
09:07« C'est la somme des humiliations que j'ai connues dans mon enfance
09:11qui font que je suis devenu celui que je suis »,
09:14avec son père, Paul Sarkozy,
09:17personnage aussi étonnant, très singulier,
09:21lui dit « Avec les résultats scolaires que tu as et le nom que tu portes,
09:24jamais tu ne feras quelque chose en France. »
09:27Et quand j'ai rencontré le président Sarkozy pour évoquer ces questions,
09:30là, on sent très bien que la violence de cette parole
09:33et ce que ça a provoqué en lui est toujours à fleur de peau.
09:36Bien sûr, ça se voit.
09:38Des décennies après.
09:40L'autre duo qui est très intéressant,
09:43c'est évidemment Marine Le Pen et Jordan Bardella.
09:48Alors eux, ils n'ont rien à voir.
09:49Et je trouve ça assez miraculeux qu'ils s'entendent.
09:52Il y a une bourgeoise qui essaye de battre son père
09:55et de l'autre côté, un petit qui vient de banlieue.
09:57Alors, vous avez aussi dans ce livre la dimension générationnelle.
10:06On écrit des portraits différemment.
10:08S'il s'agit de la génération TikTok, Instagram,
10:11de l'immédiateté que la génération Rotaillot,
10:15avec une patte humaine, avec un terroir,
10:18avec des origines très ancrées.
10:24Marine Le Pen, quand on discute de son enfance,
10:28il y a quelque chose qui m'a vraiment marqué.
10:32Toute sa vie, elle a dit Le Pen.
10:35Exactement comme Claude Chirac, la fille de Jacques Chirac,
10:38pouvait dire Chirac.
10:40Ça n'est qu'à la toute fin de la vie de Jean-Marie Le Pen
10:42et après sa disparition,
10:44qu'elle a commencé par dire Papa.
10:46Et dans l'entretien qu'on a eu,
10:48elle dit Papa et elle dit des choses assez fortes.
10:50On vous retrouve dans quelques instants, Olivier D'Artigol.
10:53Vous n'hésitez pas à nous dire 0 826 300 300.
10:56Est-ce que vous y avez pensé,
10:57vous, président de la République,
10:59changer la France finalement ?
11:00Et vous vous êtes mis des barrières en vous disant
11:02« Non, ce n'est pas pour moi,
11:03parce qu'il faut une enfance dorée,
11:04les bonnes écoles et le bon milieu ».
11:06Venez nous le dire et on est avec notre invité
11:09qui s'est donc plongé dans l'enfance
11:11des candidats à la présidentielle
11:13ou anciens candidats d'ailleurs.
11:16Sud Radio.
11:18Parlons vrai.
11:2010h midi, Sud Radio.
11:22A vous de le dire, Stéphanie Demiru.
11:24A vous de le dire,
11:25avec notre invité jusqu'à 10h30,
11:28Olivier D'Artigol,
11:29qui s'est plongé dans l'enfance
11:30des candidats à la présidentielle
11:32ou des anciens présidents d'ailleurs,
11:33puisqu'il y a François Hollande.
11:36C'est assez passionnant
11:37parce que c'est vrai que l'enfance
11:39de nos candidats,
11:40on ne la connaît pas toujours.
11:42Est-ce qu'Olivier D'Artigol,
11:44il faut connaître l'histoire personnelle
11:47d'un candidat pour voter pour lui ?
11:49Est-ce que c'est un paramètre fondamental
11:52de savoir d'où il vient,
11:54ce qu'il a fait ?
11:55Avant la cour de l'Elysée,
11:56il y a la cour de récréation.
11:58Ce livre ne donne aucune consigne de vote.
12:00C'est un livre totalement neutre politiquement.
12:02Je raconte l'enfance des candidats
12:04à tes candidats.
12:05En tout cas,
12:07on peut,
12:08en découvrant,
12:09parce que c'est assez inégal pour certains,
12:11on la connaît un peu.
12:13Marine Le Pen,
12:13on sait qu'il y a eu un attentat.
12:14Marine Le Pen,
12:15on sait qu'il y a eu le départ de sa mère.
12:16Son appartement détruit.
12:17Oui, la Vila Poirier.
12:20Pour certains candidats,
12:21nous connaissons ça.
12:21Pour d'autres,
12:22c'est un terrain incognita.
12:23On ne sait pas ce qui s'est passé.
12:25Et le fait de découvrir
12:27ce qui s'est passé pour eux
12:29dans ces années-là
12:30peut nous permettre,
12:31bien sûr,
12:32de mieux les connaître.
12:34si ce n'est de mieux les comprendre.
12:36En tout cas,
12:37il peut y avoir des lignes directrices
12:38sur le président
12:39qu'il pourrait être.
12:41À coup sûr.
12:42Vous savez ce que j'ai...
12:43La première question
12:44était assez déstabilisante pour eux.
12:45Vous faites un métier
12:46de questionnement.
12:48Je leur ai dit,
12:49est-ce qu'il y a une fois
12:52dans vos prises de position publiques
12:53comme responsable politique
12:55ou dans vos décisions,
12:56quelque chose
12:57qui vous relie directement
12:58à l'enfant que vous avez été ?
13:00Et souvent,
13:01ils sont surpris par la question
13:03parce que l'enfant
13:05qu'on a été
13:05sommeille toujours en nous
13:07et parfois fait irruption
13:08dans la manière
13:09dont on peut se comporter
13:10dans la vie.
13:10Et leur réponse
13:11a été assez intéressante.
13:12Et alors,
13:13quelle est la réponse
13:15qui vous a le plus surpris, vous ?
13:16Non, je ne vais pas dire laquelle.
13:18Non, je ne vais pas dire la...
13:21J'ai été...
13:21Non, ça, c'est une question
13:22un peu piège
13:23parce que j'ai été...
13:25C'est une question un peu piège
13:27parce que j'ai été sensible
13:30à tout ce qu'ils ont pu me dire.
13:32Mais quand François Hollande
13:34parle de la noirceur de son père,
13:36c'est une noirceur psychologique
13:37et autre.
13:39Ce qui peut aussi l'amener
13:41à avoir une sensibilité
13:42sur les questions,
13:42sur les politiques publiques
13:44de la petite enfance.
13:46Gilles ?
13:46Alors, moi, ce qui m'a beaucoup amusé,
13:47c'est Manette.
13:48Manette, c'est la grand-mère
13:51d'Emmanuel Macron
13:52qui est institutrice.
13:54C'est ça qui est totalement fou.
13:55Moi, je ne savais pas
13:55qu'il avait une grand-mère
13:57enseignante institutrice
13:59qui est un peu son modèle.
14:00Et donc, quand on sait
14:02qu'il va épouser
14:03en institutrice,
14:04c'est assez étonnant.
14:06Sa professeure de français.
14:07Sa professeure de français.
14:09Et de théâtre.
14:09Et de théâtre.
14:10Ce qui, déjà, veut dire beaucoup.
14:11Oui, et surtout...
14:14Pardon.
14:14Non, non, allez-y, allez-y.
14:15Il y a beaucoup de théâtralité
14:17dans le macronisme.
14:19Eh bien, oui.
14:20Mais dans votre livre,
14:21si on lit tout le passage
14:23et ses liens avec sa grand-mère,
14:25en fait, il n'a vécu
14:26qu'avec des vieux.
14:27C'est peut-être pour ça
14:27qu'il ne comprend pas la jeunesse.
14:30Vous êtes très en forme, ce matin.
14:33Oui, Emmanuel Macron,
14:34je l'aborde moins que les autres
14:36parce que, donc,
14:36le président va achever
14:38les dix ans.
14:39J'en traite en intro.
14:41Ce lien est, en effet,
14:43très fort avec sa grand-mère.
14:46Pour qui, ce petit-fils,
14:47c'est la dernière merveille du monde.
14:52C'est-à-dire que là,
14:53c'est véritablement l'enfant roi.
14:56Je pense qu'il a pu rester
14:57sur ces années-là.
14:59Certains...
14:59Moi, je ne vais pas
15:00sur le terrain psychologisant.
15:01Certains disent que
15:02ça peut être dans certains
15:04de ses comportements
15:06un adolescent inachevé
15:07parce qu'il a une telle jouissance
15:10du moment,
15:11une telle...
15:12Voilà, y compris
15:13dans la dernière séquence politique,
15:15on se dit que quelque chose
15:16ne le connecte pas vraiment au réel.
15:18Mais vous vous rendez compte
15:19quand vous avez, allez, 16 ans
15:21et que votre prof de français
15:23et de théâtre a 39 ans
15:26et que votre pouvoir de séduction
15:28va jusqu'à
15:31faire ce qui va se passer.
15:32C'est-à-dire,
15:33Brigitte Macron est installé
15:34dans sa vie,
15:35dans une vie de...
15:38Bon, je ne développe pas,
15:39mais elle est trop mieux, etc.
15:40C'est quelque chose...
15:41C'est installé.
15:44Et ce gamin,
15:47cet adolescent,
15:48arrive à faire...
15:49Voilà, vous vous rendez compte,
15:50pour le moment...
15:51Je vais vous dire un secret,
15:53il m'est arrivé
15:53de trouver
15:54certaines de mes professeurs
15:56très séduisantes.
15:57Mais jamais au grand jamais.
15:59Mais jamais au grand jamais.
16:01Je me dis que la grande bascule
16:02aurait été possible.
16:03Il y a quelque chose
16:03qui s'opère.
16:04Oui, un interdit.
16:06Et heureusement,
16:07j'ai envie de dire.
16:08Et il y a donc
16:09chez lui
16:10cette réalité.
16:12Et
16:14pour tous les autres portraits,
16:16il y a toujours quand même
16:17un moment de bascule.
16:18Quelque chose qui se passe,
16:19qui surgit
16:20et qui pèse
16:22beaucoup sur eux.
16:23Simon,
16:24bonjour.
16:25Vous nous appelez
16:25de Perpignan.
16:26Soyez bienvenus
16:27sur l'antenne de Sud Radio.
16:28Et vous avez une question
16:29pour Olivier D'Artigol.
16:31Olivier D'Artigol,
16:32bon, justement,
16:32la question concernée
16:33notre dernier président,
16:35Emmanuel Macron...
16:36Il est encore en poste, hein ?
16:38Vous l'avez déjà
16:40enterré, vous.
16:41On l'a déjà dérayé
16:43de la carte,
16:43parce que de toute façon,
16:44il ne sert à rien.
16:45Mais bon,
16:46il faut dire les choses
16:47telles qu'elles sont.
16:48Simplement,
16:49moi,
16:49j'ai lu trois ouvrages
16:50le concernant.
16:51Donc, le dernier président toxique
16:54et le chrétien de Campion.
16:56Bon,
16:56c'est très révélateur.
16:57Ce que vous avez cité
16:58comme exemple
16:59pour la grand-mère
17:00d'Emmanuel Macron,
17:02il faut aller au-delà
17:03de la grand-mère.
17:03Il faut voir la réaction
17:04des parents,
17:05pourquoi ça s'est produit.
17:06Et comme son mariage
17:08avait Brigitte Macron,
17:09il ne faut pas analyser
17:10le pouvoir de séduction
17:11de Macron,
17:12il faut analyser aussi
17:13le comportement
17:14de Brigitte Macron.
17:15Parce que dites-vous
17:16que dans ces cas-là,
17:17les deux...
17:18Quand vous vouliez
17:20une histoire d'amour
17:21c'est les deux
17:22qui doivent être d'accord.
17:23Et le pouvoir de séduction
17:24pour amener l'autre
17:25peut-être à flâcher,
17:26c'est une chose.
17:27Mais si l'autre à flâcher,
17:28c'est qu'il y a une fragilité,
17:29un souci.
17:30Donc,
17:31voilà,
17:32il faut faire des analyses
17:33comme ça,
17:34réciproques.
17:34C'est comme pour tout.
17:36Une analyse
17:37n'est pas uniquement
17:38sur l'être humain.
17:39Par contre,
17:39pour l'histoire
17:40des présidents républiques,
17:41effectivement,
17:42celui-ci,
17:43est-ce que vous serez
17:44d'accord avec moi ?
17:45Est-ce que celui-ci
17:46ne cumule pas
17:47tous les dérapages,
17:48tous les défauts,
17:49tous les lâchetés,
17:50les manquements
17:50des présidents précédents
17:52sur un seul homme ?
17:54Je sens bien
17:55que je n'ai pas
17:56un macroniste au téléphone,
17:58mais vous êtes plutôt
17:59majoritaire dans le pays
18:00puisque le roi est nu,
18:03y compris des fervents
18:04macronistes
18:05des premières années,
18:06sont en train
18:06de le lâcher.
18:07C'est toujours assez violent
18:08la politique
18:08dans ces moments-là.
18:10C'est l'alalie,
18:10c'est l'odeur du sang.
18:12Bon,
18:13on fera le bilan
18:14du macronisme.
18:16Je pense que le macronisme,
18:17de quoi le macronisme
18:18est-il le nom ?
18:19Je pense que c'est
18:20Emmanuel Macron
18:20qui arrive en 2017.
18:23Il y a quand même
18:23des forces économiques
18:25puissantes
18:26qui l'aident
18:26à ce moment-là.
18:28François Hollande
18:28fait un refus d'obstacle,
18:29ne va pas à l'élection.
18:30Il y a l'affaire Fillon
18:32qu'on oublie,
18:32qui a pesé pour beaucoup
18:34dans le résultat
18:35de cette présidentielle.
18:36Et il y a
18:37donc un double quinquennat
18:38avec une réaction
18:39en 2022
18:40sur un climat
18:42où l'affaire ukrainienne
18:44a beaucoup pesé
18:45et nous a volé
18:46un peu le débat démocratique
18:48dont on avait droit.
18:49Bon,
18:49tout ça,
18:50on fera le point.
18:51Sur Brigitte
18:51et Emmanuel Macron,
18:52moi je continue
18:53à croire,
18:54j'ai lu tout ce
18:55qu'ils pouvaient se lire
18:56passionnés
18:56par la vie politique.
18:58Bon,
18:58on peut aussi penser
18:59que c'est une belle histoire
19:00d'amour
19:00et que cela leur appartient.
19:02Je pense d'ailleurs
19:03que Brigitte Macron
19:03n'était pas très réjouie
19:05à l'idée
19:05d'un second quinquennat.
19:07Bon,
19:07après,
19:08le concernant,
19:10nous ferons le bilan,
19:12il est d'ailleurs
19:12en train de se faire.
19:13je crois moi
19:14que c'est plutôt aussi
19:15la cinquième république
19:17qui est à bout de souffle
19:18et qui n'arrive plus
19:20à trouver
19:21des solutions
19:22aux multi-crises
19:23qu'on vit,
19:24qu'elles soient sociales,
19:25démocratiques,
19:26environnementales.
19:27Une crise d'espérance.
19:29C'est-à-dire qu'en politique,
19:30pour aller vers la présidentielle,
19:31il ne faut pas avoir
19:32que des tableaux excellents
19:33sur l'économie
19:34et sur des schémas macroéconomiques.
19:37La politique doit donner
19:38une espérance.
19:39Elle doit nous projeter
19:40au-delà
19:41et nous donner
19:42un nouvel imaginaire.
19:43Et aujourd'hui,
19:44l'imaginaire est en cale sèche.
19:45En tout cas,
19:46merci beaucoup.
19:46Merci pour votre question,
19:47Simon.
19:48Et merci Olivier D'Artigol.
19:49Tout destin est cousu
19:50d'enfance aux éditions
19:52Fayard.
19:53Vous remontez donc
19:54aux origines
19:54de plusieurs personnalités
19:56politiques
19:56et c'est passionnant.
19:58On se retrouve
19:58dans quelques instants
19:59avec mes trois débatteurs.
20:01Est-ce qu'on peut encore
20:02manifester en France ?
20:03Manifestement,
20:04non,
20:05puisque de nombreuses
20:06mobilisations ont été
20:07tout simplement interdites.
20:09Est-ce que vous trouvez
20:10ça normal ?
20:10Est-ce que vous trouvez
20:11normal que les commerçants
20:12soient obligés
20:13soit de renoncer
20:14à leur chiffre d'affaires,
20:15soit affronter eux-mêmes
20:16les pilleurs ?
20:18Certains pensent
20:18à l'autodéfense
20:19qui n'est évidemment
20:20pas souhaitable.
20:21Le président de la Chambre
20:22de Commerce
20:22lui n'est pas du tout rassuré.
20:24Et puis Emmanuel Macron
20:25qui arrive après la tempête.
20:27Il rencontre les lycéens
20:28cet après-midi.
20:29On marche sur la tête
20:30de toute façon.
20:31On se retrouve
20:32dans quelques instants
20:330826 300 300.
20:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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