Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:04Vous écoutez Europe 1 Soir, il est 18h31, toujours avec mes débatteurs Georges Fenech et Jules Laurent,
00:09ainsi que Laurent Marcangeli, merci beaucoup d'être resté président du groupe Horizon à l'Assemblée Nationale.
00:14Je voulais vous faire réagir à ce qu'avait dit Patrice Faure, et je le cite, peut-être de manière
00:19maladroite,
00:19mais il l'a dit quand même, hier il a invité les commerçants, notamment qui avaient été impactés par tout
00:24ce qui s'est passé
00:25et les émeutes du 17 octobre à recourir à des agents privés en prévision de demain.
00:30Est-ce que l'État a renoncé ? En fait, on a un peu le sentiment quand on écoute ça
00:34que l'État a juste lâché l'affaire.
00:36Le sentiment qui a été donné hier, c'était ça, c'était le fait que l'État n'était plus
00:40en capacité de pouvoir protéger nos commerçants,
00:43notamment dans les grandes villes et plus particulièrement à Paris.
00:47L'effet a été désastreux, il faut dire les choses comme elles le sont, parce que c'est un sentiment
00:51d'impuissance.
00:52L'État ne peut pas se permettre d'être impuissant.
00:54Moi en tout cas, c'est mon sentiment, plutôt personnel, l'État, c'est la force de l'État, c
00:59'est la violence légitime,
01:01la police c'est la violence légitime, c'est la justice, c'est un moment, c'est l'ordre, l
01:08'ordre républicain.
01:09Et quand vous avez ce genre de conseil qui est donné, ça veut dire que nous ne sommes plus en
01:15capacité de pouvoir exercer nos responsabilités.
01:17J'ajoute par ailleurs que les gardiennages privés, les boîtes de sécurité privées n'ont pas les mêmes droits qu
01:24'un policier
01:25pour demain interpeller, stopper également les personnes qui voudraient venir piller.
01:31Par ailleurs, quand vous avez une trentaine de black blocs qui vous arrivent dessus, un ou deux agents de sécurité,
01:35ça ne va rien changer.
01:36Et ce qui m'a inquiété dans cette semaine, un peu pas comme les autres, c'est de voir que
01:41beaucoup d'achats d'armes de défense sont à noter.
01:46Et je le dis avec beaucoup de gravité, la loi du talion ne sera jamais meilleure que la loi de
01:55l'État, que la loi de la République.
01:58Et malheureusement, ce genre de message peut décourager les gens vis-à-vis de l'appréhension qu'ils ont de
02:03l'État,
02:03et se dire on va se faire justice nous-mêmes, et on les attendra non pas avec des armes de
02:07défense, mais avec des armes plus lourdes,
02:09ce qui peut très bien arriver.
02:10C'est vrai que si l'État faillit, malheureusement, c'est vraiment ce qu'on se dit.
02:13Quand le commerce s'est attaqué, on a vu également des personnes qui rentraient dans les halls d'immeubles,
02:17c'est vrai que malheureusement, évidemment, il ne faut pas appeler à ça, bien sûr que non.
02:21Ça peut être un réflexe naturel, ça peut être un réflexe humain.
02:23C'est un réflexe naturel, mais encore une fois, moi ce que je veux, c'est que nos commerçants, que
02:27je soutiens,
02:27j'ai posé une question au gouvernement les concernant cette semaine, parce que je pense qu'ils ont été un
02:31peu l'angle mort,
02:32excusez-moi, de toute cette...
02:34Parce que l'incendie de la mairie de Limoges nous a tous beaucoup sidérés,
02:37et les violences, l'image de violences nous ont sidérés.
02:39Mais quand on a vu les magasins, notamment à Paris, à République, et dans plusieurs endroits,
02:45dans l'état dans lequel ils étaient, c'est parfois le travail de toute une vie,
02:47qui part en quelques minutes avec des gens qui ont été molestés, qui ont été bousculés,
02:51j'ai voulu vous poser une question à ce titre au Premier ministre mardi,
02:55et moi je crois qu'il ne faut pas aujourd'hui faiblir,
02:58et qu'il faut aussi protéger nos commerçants, nos commerçantes qui travaillent,
03:02qui nous sont utiles, et qui aujourd'hui ont besoin d'autre chose que d'un message de ce type.
03:07Voilà, à savoir, prenez un gardien privé ou une boîte privée de protection,
03:13ce n'est pas à la hauteur de l'État.
03:15Georges Fenech.
03:16Si vous permettez, Laurent Marc-Angéli, moi je ne parlerai pas de loi du talion.
03:21Je ne crois pas que ces commerçants qui sont des victimes,
03:25aient quelques sentiments de vengeance de quoi que ce soit.
03:29La loi du talion, pour moi, ça a eu pour oeil, dent pour dent.
03:31Non, ils ne demandent qu'une seule chose, c'est de protéger leurs biens,
03:36de protéger leur vie, de protéger leur patrimoine, de tout ce qu'ils ont construit.
03:40Or, effectivement, ça a été rappelé, et vous l'avez rappelé, cher Laurent,
03:44l'État a défailli, l'État a failli, l'État n'a pas protégé.
03:49Comment peut-on aujourd'hui continuer à croire au pacte social ?
03:53Quand on paye l'impôt, c'est aussi pour sa sécurité,
03:56et que là, on n'est plus assuré.
03:58Qu'est-ce que, le député que vous êtes, le président du groupe d'horizon que vous êtes,
04:03comment vous pouvez comprendre un tel aveu de défaite totale
04:08face à la criminalité, et la criminalité organisée ?
04:12Laurent Marc-Angéli.
04:12Non seulement, je ne le comprends pas, et je n'accepterai jamais.
04:16Et je fais partie de celles et de ceux qui considèrent
04:18que l'État doit se donner les moyens, se donner la force
04:21de pouvoir protéger les honnêtes gens,
04:24de pouvoir mettre en déroute ceux qui ne le sont pas,
04:27et de pouvoir non seulement anticiper,
04:29mais également réagir lorsque de telles exactions ont lieu.
04:34Parce que ce n'est pas une société que j'appelle de mes voeux,
04:39cette société où les gens sont obligés, justement,
04:41d'avoir recours à une entreprise privée
04:44pour protéger le fruit de leur travail,
04:47pour protéger leur intégrité physique,
04:48alors que nous avons aujourd'hui des forces de sécurité intérieure
04:52qui, normalement, doivent s'exercer à cette activité.
04:55Donc voilà, je le dis,
04:57et nous verrons bien comment les choses se passeront,
05:00mais en tout cas, je serai toujours du côté
05:02de la force de l'État,
05:04et du côté des victimes,
05:05lorsqu'il y en a, en espérant qu'il n'y en ait pas.
05:07Merci d'avoir regardé cette vidéo !
05:07Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Recommandations