- il y a 1 jour
⚠️ **Un dossier explosif, des questions sensibles et une page sombre de l’histoire qui continue de faire débat !**
🎙️ Dans ce nouveau numéro de **CHRONIQUES DE L’ARMAGEDDON**, présenté par Raphaël Berland, le journaliste d’enquête, politologue, essayiste et éditeur **Charles Onana** revient sur l’un des dossiers les plus controversés de l’histoire franco-rwandaise : **l’Opération Turquoise et le rôle des autorités françaises lors du génocide de 1994 au Rwanda.**
💥 Que savait réellement Paris ? Quelles décisions ont été prises au sommet de l’État ? Quel rôle les militaires français ont-ils joué sur le terrain ? Et pourquoi les responsabilités politiques de cette période continuent-elles de susciter autant de questions ?
🇫🇷 Sous la présidence de François Mitterrand, la France a mené l’Opération Turquoise, officiellement présentée comme une intervention à vocation humanitaire. Mais les circonstances de cette opération, ses objectifs et ses conséquences restent au cœur de débats historiques et politiques particulièrement sensibles.
🔎 **Charles Onana livre son analyse, défend sa lecture des événements et revient sur les controverses qui entourent ce dossier.** Ses travaux font l’objet de vives discussions : l’occasion d’examiner ses arguments, les sources disponibles et les différentes interprétations historiques.
🌍 **Géopolitique, raison d’État, archives, responsabilités et mémoire des victimes :** cette émission propose de revenir sur les questions qui continuent de diviser historiens, journalistes et responsables politiques.
⚡ Peut-on faire toute la lumière sur les décisions prises à l’époque ? Les archives permettent-elles de comprendre l’ensemble de la chaîne des responsabilités ? Et jusqu’où faut-il aller pour établir les faits, sans tabou ni complaisance ?
🕯️ Le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 demeure une tragédie historique majeure. L’examen des responsabilités doit s’appuyer sur les faits, les témoignages et les documents, dans le respect de la mémoire des victimes.
🎬 **REGARDEZ L’ÉMISSION ET FAITES-VOUS VOTRE PROPRE OPINION !**
▶️ **Voir la vidéo complète :**
https://www.youtube.com/live/RnJ6zKlUJaI?si=YvaGtdTACkcxCotP
💬 **Et vous, pensez-vous que toute la lumière a été faite sur le rôle de la France et l’Opération Turquoise ?** Partagez votre analyse dans les commentaires, dans le respect du débat et des faits historiques.
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NewsTranscription
00:00:10Nous sommes en guerre.
00:00:23On ira ensemble vers ce nouvel ordre mondial.
00:00:31Et personne, je dis bien, personne ne pourra s'y opposer.
00:00:36Dans une grande guerre entre l'Occident et l'Orient, c'est vrai que tout le monde sent un peu
00:00:39que c'est pour bientôt.
00:00:47Par la kignasse de leur chevelure, de force, ils seront obligés de rentrer en guerre.
00:01:00Au fin des temps, les peuples vont faire de la guerre entre eux.
00:01:03Ils verront que s'ils font la guerre entre eux, le seul qui va en profiter en fait, c'est
00:01:07les peuples d'Israël.
00:01:07This is a global struggle. It's just the beginning. It must be followed by a broad-based assault on the
00:01:15forces of Islam.
00:01:17Ayez peur du virus, n'ayez surtout pas peur du vaccin.
00:01:22C'était une façon aussi de, honnêtement, prendre des gens pour des cons.
00:01:26On va se parler franchement.
00:01:27Qui emmerde la vie de qui aujourd'hui ?
00:01:30Paniqués, ils vont se mettre à courir comme des poulets sans tête de partout.
00:01:34La bête de l'événement est là.
00:01:37Elle arrive.
00:01:39Mais je ne peux pas vous dire plus.
00:01:47Chers internautes, bonsoir.
00:01:49Bienvenue pour cette nouvelle chronique de l'Armageddon, une émission proposée par Réseau International,
00:01:55en partenariat avec le Cercle des Volontaires, JSF TV et Profession Gendarme.
00:01:59Et ce soir, nous avons le plaisir et l'honneur de recevoir Charles Onana,
00:02:03qui va nous parler de la récente décision de justice à la Cour de cassation concernant l'opération turquoise,
00:02:11les forces françaises au Rwanda dans les années 1994.
00:02:16Avant d'accueillir Charles Onana, je voudrais, s'il te plaît, Eric, si tu peux montrer mon écran partagé.
00:02:25Alors, hop, voilà, parfait.
00:02:28Donc, cette émission est rendue possible grâce à Réseau International,
00:02:32ce site qui existe depuis 15 années et que vous connaissez certainement.
00:02:36Réseau International lance son magazine papier.
00:02:39Vous voyez à l'écran le numéro zéro.
00:02:42Nous sommes en train de lancer l'impression du numéro un,
00:02:44avec un grand dossier pour le numéro un sur la guerre en Ukraine.
00:02:48Voilà, il y a beaucoup d'auteurs que vous connaissez,
00:02:50puisque les gens que j'interview régulièrement sur cette chaîne,
00:02:54vous les retrouverez dans nos colonnes.
00:02:56Voilà, j'ai l'honneur d'être le rédacteur en chef de ce magazine.
00:02:59Alors, je vous invite, si cela vous intéresse, bien sûr,
00:03:02à vous abonner ou à commander le premier numéro.
00:03:05Ça nous aidera beaucoup pour le lancement de ce magazine,
00:03:07qui est 100% indépendant,
00:03:09avec des points de vue et des analyses d'auteurs que je pense vous appréciez beaucoup.
00:03:14Voilà, merci, Eric.
00:03:16Alors, on va accueillir tout de suite Charlo Nana.
00:03:23Charlo Nana, bonsoir.
00:03:25Bonsoir.
00:03:25Merci d'avoir accepté cette invitation.
00:03:29Alors, je rappelle que tu es écrivain et historien.
00:03:33On peut te présenter comme ça.
00:03:36Chercheur, tu apprécies le terme de chercheur, je crois.
00:03:39Si tu veux rectifier d'ailleurs cette courte présentation, n'hésite pas.
00:03:42Je suis politologue.
00:03:44Politologue, voilà.
00:03:45En général, on associe ça au travail d'historien.
00:03:47Mais bon, j'ai fait beaucoup de recherches historiques, bien entendu.
00:03:51Et oui, parce que l'actualité d'il y a 30 ans, c'est devenu l'histoire récente.
00:03:55Et le temps va vite.
00:03:57Et ce sont des sujets, la guerre au Rwanda, tout ce qui se passe aussi autour du Congo,
00:04:01ce sont des sujets qui sont liés et que tu étudies depuis longtemps.
00:04:05Parmi d'autres, puisque tu as écrit également sur la Côte d'Ivoire,
00:04:07tu as également écrit sur la Palestine.
00:04:10Et je rappelle que...
00:04:11Alors, Eric, si tu peux montrer mon écran en partagé, s'il te plaît.
00:04:17Alors, si ça se trouve, il y aura un bug et je dois enlever mon écran et le repartager à
00:04:21nouveau.
00:04:21Si tu peux partager mon écran, s'il te plaît, Eric.
00:04:25Je voudrais montrer ton dernier ouvrage qui concerne l'Holocauste au Congo.
00:04:32C'est le titre, d'ailleurs, de l'ouvrage, avec une préface de Charles Millon
00:04:36et qui est donc paru au début du mois de septembre.
00:04:40Je ne vois pas en fait, Raphaël.
00:04:42Alors, c'est parce qu'il y a un bug quand c'est moi qui partage mon écran.
00:04:45C'est-à-dire que si je change d'onglet, ça ne le rafraîchit pas.
00:04:51Donc, je vais repartager mon écran.
00:04:55Et voici.
00:04:57Voilà.
00:05:00Là, tu devrais pouvoir le faire apparaître.
00:05:06Parfait.
00:05:07Voilà, donc, comme je le précisais, aux éditions de l'Artilleur,
00:05:10puisque tu es aussi éditeur, Charles.
00:05:13Oui, tout à fait.
00:05:15Mais là, c'est les éditions de l'Artilleur, mon courageux éditeur
00:05:18qui a pris l'initiative de faire ce travail depuis plusieurs années.
00:05:23Et donc, là, c'est la version poche augmentée qui vient de sortir dans la semaine qui précède.
00:05:30D'accord.
00:05:30Et ta propre maison d'édition s'appelle les éditions Dubois-Ris.
00:05:52Dubois-Ris.
00:05:53Puisque l'Élysée a brillé par son silence, d'où le titre de cette émission.
00:05:58Voilà, donc, je lis le chapeau.
00:06:02La cour de cassation confirme le non-lieu pour les militaires de l'opération turquoise.
00:06:07La cour de cassation a confirmé le 9 septembre 2026 le non-lieu prononcé au bénéfice de militaires français
00:06:14engagés dans l'opération turquoise au Rwanda en 1994.
00:06:17La décision met fin sur le plan judiciaire français à la procédure portant sur l'éventuelle responsabilité
00:06:24de militaires français dans les massacres de civils Tutsis à Bicicero entre le 27 et le 30 juin 1994.
00:06:33Voilà.
00:06:34Donc, c'est la fin d'un feuilleton judiciaire qui dure depuis combien de temps ?
00:06:4022 ans, 22 ans à peu près.
00:06:42Mais disons, oui, 22 ans parce qu'en fait, ils ont déposé le collectif des partis civils
00:06:48donc qui est constitué de la FIDH, la LICRA, Survie, la Ligue des droits de l'homme, IBUCA,
00:07:00le collectif des partis, enfin, il y a tout le collectif des associations qui soutiennent le régime rwandais
00:07:08parce que c'est important de le souligner très fortement pour que vos auditeurs et vos téléspectateurs comprennent
00:07:15que, en fait, les militaires de l'opération turquoise n'ont pas eu affaire à des associations françaises
00:07:22qui sont au-dessus de tout soupçon.
00:07:25Ce sont des associations qui ont défendu, par exemple, l'association Survie,
00:07:30qui défend aux côtés vraiment du régime de Kagame depuis son arrivée au pouvoir en 1994.
00:07:38Et pour ceux qui connaissent un peu mieux le sujet, ils savent que cette association militait déjà au profit du
00:07:45FPR
00:07:45depuis les années 90.
00:07:47Donc, il y a une série de documents très, très, très, très solides pour étayer cela.
00:07:53Donc, les associations françaises se sont retrouvées, qui sont en France reconnues d'utilité publique,
00:07:59à initier une plainte contre les militaires de l'opération turquoise
00:08:02sur le fondement du soupçon qui s'est répandu dès 1994, d'ailleurs par l'OFPR lui-même,
00:08:10qui disait que les militaires français ont participé au génocide, ont laissé le génocide se dérouler.
00:08:17Excuse-moi, l'OFPR, tu peux préciser pour les internautes ?
00:08:21Le fonds patriotique rwandais, qui est le mouvement politique qui était constitué en Ouganda
00:08:28sous la houlette de Paul Kagame et de bien d'autres.
00:08:31Donc, lui, il dirigeait sa branche militaire, qui était vraiment la branche armée,
00:08:37qui voulait prendre le pouvoir par les armes et par la force.
00:08:40Donc, Paul Kagame était le patron de l'armée patriotique rwandaise,
00:08:45qui était donc la branche militaire du fonds patriotique rwandais.
00:08:48Donc, c'était une coalition de personnes, Tutsi-Houtou,
00:08:55mais majoritairement très largement constituées de Tutsis vivants à l'extérieur,
00:09:02qui considéraient que les Tutsis qui étaient restés au Rwanda étaient en quelque peu des lâches.
00:09:09Parce que, suite à la révolution de 1959, une grande partie de Houtou avait pris le pouvoir
00:09:16pour l'indépendance du pays.
00:09:18Mais une grande partie des Tutsis, enfin, une grande partie,
00:09:22les Tutsis qui étaient proches de la monarchie,
00:09:26qui avaient le pouvoir pendant plusieurs siècles là-bas,
00:09:31eh bien, ils se sont exilés dans les pays voisins,
00:09:34que ce soit en République démocratique du Congo,
00:09:37en Ouganda et en Tanzanie et au Burundi pour la plupart.
00:09:43Donc, c'est ce noyau qui était donc en Ouganda qui a décidé donc de reprendre le pouvoir par les
00:09:50armes.
00:09:50Et ce sont les mêmes qui vont déclencher la campagne contre l'opération turquoise
00:09:55et contre les militaires français dès 1994,
00:09:59sur le fondement de leurs suspicions et de leur analyse,
00:10:03leur seule analyse de la situation.
00:10:05Finalement, les associations françaises ont repris ces accusations à leur compte
00:10:10et ont déposé une plainte en 2005 contre les militaires de l'opération turquoise,
00:10:15considérant que ces derniers étaient complices du génocide contre les Tutsis.
00:10:19Voilà comment on a démarré.
00:10:21Est-ce que tu es d'accord si j'apporte une petite nuance ?
00:10:24Tu vas pouvoir me corriger éventuellement.
00:10:26Ces associations, elles ne soutiennent pas toutes directement le régime de Kagame,
00:10:29mais par contre, elles soutiennent tous le discours, en tout cas,
00:10:33du régime de Kagame sur les événements de 1994.
00:10:36Oui, c'est une subtilité qui est intéressante,
00:10:38mais qui, sur le fond, ne change pas grand-chose.
00:10:40Parce que quand vous avez des gens qui sont très engagés derrière le régime,
00:10:46c'est-à-dire que vous avez par exemple l'association Ibuka,
00:10:49qui travaille en étroite collaboration avec l'ambassade du Rwanda à Paris.
00:10:55Donc, vous avez les membres de survie qui également sont connus.
00:11:01Le président fondateur de survie, M. Jean Carbonard, par exemple,
00:11:06avait été conseillé, été désigné, nommé conseiller du président rwandais
00:11:12juste après la prise du pouvoir du FFR.
00:11:15Donc, c'est un euphémisme que de dire qu'ils soutiennent le discours.
00:11:21Ils soutiennent les positions du FFR.
00:11:24D'ailleurs, la meilleure preuve, c'est que depuis 32 ans que les événements du Rwanda ont eu lieu,
00:11:30ces gens n'ont jamais soutenu la position des gens qui, par exemple,
00:11:36ont des positions neutres, par exemple, sur le sujet.
00:11:39Quelqu'un qui ne charge pas les militaires de Turquoise,
00:11:43qui ne charge pas le gouvernement, qui ne charge pas François Mitterrand,
00:11:47eh bien, celui-là, tout de suite, ne peut pas être dans leur camp.
00:11:51Ils ne peuvent pas l'écouter, ils ne peuvent pas lire ses ouvrages,
00:11:55ils ne peuvent pas citer ses ouvrages comme des ouvrages importants.
00:11:58Donc, quand vous avez cette posture intellectuelle,
00:12:00moi, effectivement, je parle d'abord en tant qu'intellectuel,
00:12:04quand vous avez cette posture intellectuelle,
00:12:06il est difficile qu'on ne juge pas ou qu'on ne considère pas
00:12:10que vous avez un parti pris, en tout cas,
00:12:13tout au moins dans le fond et dans la forme.
00:12:15Alors, justement, en parlant de parti pris,
00:12:18puisque toi-même, tu as eu des mailles à partir avec la justice française,
00:12:21puisque tu as été traîné en justice par les réseaux de Kagame en France,
00:12:25justement, ce dont tu parlais. Ma question est la suivante.
00:12:33Comment la formuler ?
00:12:37Ce sont les mêmes associations qui m'ont poursuivi,
00:12:41qui poursuivaient les militaires de l'opération turquoise,
00:12:43qui ont déposé également plein de contre-moi,
00:12:45parce qu'en fait, elles se sont rendues compte que,
00:12:47eh bien, j'avais fait une thèse doctorat pour examiner,
00:12:52effectivement, leurs accusations.
00:12:53Et ce qui est très intéressant dans l'histoire,
00:12:56c'est que je suis parti de l'idée que leurs accusations étaient vraies,
00:13:00c'est-à-dire que…
00:13:01Mais il fallait chercher les preuves de véracité de ces accusations,
00:13:05parce que pendant plusieurs années,
00:13:08ces associations portaient des accusations avec une telle assurance,
00:13:13avec une telle arrogance, une telle certitude, etc.
00:13:17Mais pour un chercheur, la règle d'un chercheur, c'est d'abord de se douter.
00:13:22Bon, mais là, je dirais même, c'était le seul préjugé,
00:13:28le vrai préjugé que j'avais, c'était de supposer que leurs accusations sont vraies.
00:13:32Maintenant, allons chercher les preuves de ces accusations
00:13:34pour voir effectivement comment elles sont étayées.
00:13:36Et c'est effectivement là que j'ai fait chou blanc
00:13:39et que j'étais obligé d'arriver à la conclusion
00:13:41que leurs accusations ne tenaient pas la route.
00:13:44Alors justement, j'ai retrouvé la formulation de ma question
00:13:46pendant que tu expliquais cela.
00:13:51On t'accuse en fait de falsifier l'histoire,
00:13:54alors qu'au contraire, toi, tu as un rapport à l'histoire récente,
00:13:57l'actualité et l'histoire récente,
00:13:59qui, à mon sens, puisque je suis tes travaux depuis un certain temps,
00:14:03justement, on ne peut plus emprunter la partialité
00:14:05dans le sens où la France-Afrique,
00:14:07quand la France-Afrique a court, par exemple en Côte-Dieu-Voire,
00:14:10tu fais partie des premiers à le dénoncer.
00:14:12Et là, pour ce qui est à son air de Rwanda…
00:14:15Merci de le souligner, parce que quand Nicolas Sarkozy
00:14:18a attaqué la Côte d'Ivoire en 2011,
00:14:23j'ai publié le seul livre d'ailleurs qui est sorti à cette époque,
00:14:27intitulé « Côte d'Ivoire, le coup d'État »,
00:14:30qui montrait explicitement que la France était mêlée
00:14:36d'une affaire de politique intérieure ivoirienne
00:14:38qui consistait pour les Ivoiriens à choisir celui qui allait devenir
00:14:42leur président de la République.
00:14:44Et quand j'ai publié cet ouvrage-là, évidemment, en France,
00:14:47c'était inaudible à l'époque.
00:14:48Monsieur Sarkozy était tellement puissant,
00:14:50tellement craint et redouté,
00:14:53que ce type de position était inacceptable.
00:14:56Évidemment, quelques années plus tard,
00:14:58Nicolas Sarkozy lui-même a écrit,
00:15:00a confié à des journalistes français,
00:15:02dans un ouvrage qui est connu,
00:15:06qu'évidemment, il avait pris la décision
00:15:08de chasser Laurent Gbagbo du pouvoir
00:15:10et que personne n'a réagi.
00:15:12Il n'y a pas eu de réaction, il n'y a pas eu de polémique.
00:15:16Et la deuxième chose, c'est qu'à l'époque,
00:15:18je disais que les accusations portées contre le président Gbagbo
00:15:21ne reposaient sur rien,
00:15:23exactement comme j'ai fait l'enquête sur Turquoise.
00:15:26Et bien, quelques années après,
00:15:27la Cour pénale internationale a acquitté le président Gbagbo
00:15:30de toutes les accusations qui étaient portées contre lui.
00:15:34Donc, si vous voulez, là,
00:15:35il est surprenant que je sois suffisamment impartial
00:15:39quand je traite d'un dossier comme celui de la Côte d'Ivoire,
00:15:41dans lequel, évidemment,
00:15:42je n'ai pas aucun conflit d'intérêt dans le dossier.
00:15:45Je me mêle du dossier rwandais
00:15:47avec la même logique implacable
00:15:49pour essayer de comprendre où sont les faits,
00:15:51où sont les preuves, où est la vérité.
00:15:53Et bien là, évidemment,
00:15:54les mêmes associations qui ont attaqué
00:15:55les militaires de l'opération turquoise
00:15:57ont déposé plainte contre moi
00:15:58en disant que M. Onana,
00:15:59ni le génocide des Tutsis,
00:16:01alors que mon premier livre sur le Rwanda
00:16:02a été écrit avec un rescapé du génocide Tutsi,
00:16:06un Tutsi qui a perdu toute sa famille
00:16:08pendant les événements de 1994,
00:16:10qui s'appelle Deo Mouchaïdi.
00:16:11Aujourd'hui, on peut retrouver sur Internet
00:16:13que ce garçon qui a perdu toute sa famille,
00:16:15donc qui n'a plus personne
00:16:16en dehors de son épouse et ses enfants,
00:16:18il s'est retrouvé incarcéré au Rwanda,
00:16:21condamné à perpétuité,
00:16:23parce qu'on dit qu'il faisait du terrorisme,
00:16:26alors que Deo Mouchaïdi
00:16:28n'a jamais touché à une arme.
00:16:29Il était le représentant politique
00:16:30du parti de Paul Kagame en Suisse.
00:16:33Donc, voilà comment,
00:16:34pour discréditer quelqu'un,
00:16:36pour qu'on ne donne pas le crédit
00:16:39à ce que je dis,
00:16:40aux démonstrations que je suis en train de faire,
00:16:42eh bien, ils ont organisé,
00:16:44si vous voulez,
00:16:45ils ont appelé,
00:16:46ils ont, je dirais,
00:16:47ils se sont servis de la justice française
00:16:50en se disant que,
00:16:51puisque intellectuellement,
00:16:52c'était compliqué pour eux
00:16:53de m'affronter sur le travail,
00:16:56parce que ma démonstration,
00:16:57pour, si vous considérez
00:16:58que ce que j'ai dit est faux,
00:17:00vous écrivez un livre scientifique
00:17:01du même niveau,
00:17:03de la même hauteur,
00:17:04pour démonter mes arguments.
00:17:06Mais comme ils ne peuvent pas le faire,
00:17:07comme ils ont été incapables de le faire,
00:17:09eh bien, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
00:17:10Ils se sont adressés à la justice
00:17:12pour attaquer.
00:17:13Et je ouvre une petite parenthèse
00:17:16pour vous montrer jusqu'où
00:17:17la perfidie est allée.
00:17:19Eh bien, dernièrement,
00:17:20lorsque nous sommes arrivés en appel,
00:17:22parce que j'ai été condamné
00:17:23en première instance, etc.,
00:17:25donc on est reparti en appel.
00:17:26Et les avocats ont demandé,
00:17:28évidemment,
00:17:29qu'on puisse renvoyer l'affaire
00:17:31parce qu'on attendait
00:17:32la décision de la Cour de cassation.
00:17:34Pourquoi on attendait
00:17:34la décision de la Cour de cassation ?
00:17:35Parce que mon sujet porte,
00:17:36justement,
00:17:37sur la complicité ou non
00:17:40des militaires de l'opération turquoise
00:17:41dans le génocide.
00:17:42Donc, ils se trouvent,
00:17:44donc, ils ont dit non,
00:17:45on ne poursuit pas M. Onana
00:17:46pour le sujet de son livre.
00:17:48Et d'ailleurs,
00:17:48c'était le procureur
00:17:50qui le disait
00:17:50et les partis civils également,
00:17:52qu'on poursuit M. Onana
00:17:53pour certaines phrases
00:17:55dans son livre.
00:17:56Alors,
00:17:57certaines phrases dans le livre,
00:17:59attaquez le livre.
00:18:00Si M. Onana fait mal son travail,
00:18:02vous attaquez le livre,
00:18:03vous le démontez
00:18:04et vous montrez devant les juges
00:18:06et tout le monde
00:18:06que le travail de M. Onana
00:18:08n'est pas sérieux.
00:18:08Là,
00:18:09il y a des phrases
00:18:10un peu comme dans un supermarché
00:18:11en essayant de faire croire
00:18:13que ces phrases-là,
00:18:14sortis de leur contexte,
00:18:15signifient que M. Onana
00:18:16n'est le génocide des petits.
00:18:17Donc, vous voyez
00:18:18qu'on est en situation
00:18:20qui n'a absolument rien à voir
00:18:21avec la réalité.
00:18:22Bien sûr.
00:18:23Charles,
00:18:23si vous m'avez tout coupé,
00:18:24mais ce schéma-là,
00:18:25je l'ai vu dans plein d'affaires
00:18:26concernant plein de sujets différents.
00:18:27C'est-à-dire que le pouvoir,
00:18:29quand il cherche à faire taire quelqu'un,
00:18:30il ne va pas attaquer en justice
00:18:31contre le sujet principal,
00:18:33mais contre des petits détails
00:18:34de déclaration
00:18:35ou de petits détails
00:18:36dans le livre
00:18:36qui sont éventuellement approximatifs.
00:18:39Mais la thèse principale
00:18:40n'est jamais combattue
00:18:41par le pouvoir.
00:18:42Non, non,
00:18:43ils l'ont pas.
00:18:44Ils l'ont dit très explicitement
00:18:45qu'on n'a pas attaqué
00:18:46le livre de M. Onana
00:18:47sur le sujet,
00:18:48alors que les mêmes associations
00:18:50ont porté plainte
00:18:51contre les militaires
00:18:52de Turquoise
00:18:53sur ce sujet-là.
00:18:54Donc, pourquoi dépenser
00:18:57autant d'argent
00:18:57pour attaquer
00:18:58les militaires français
00:18:59si moi,
00:19:00ce que je dis
00:19:01est exactement
00:19:01ce que vous reprochez
00:19:02aux militaires français
00:19:03et moi,
00:19:04je dis le contraire
00:19:04de ce que vous dites.
00:19:05Donc, vous attaquez
00:19:06le livre sur ce sujet-là.
00:19:07Vous n'estimez pas
00:19:08le dossier
00:19:09pour aller attaquer
00:19:09quelques phrases.
00:19:11En tout cas,
00:19:11les gens intelligents
00:19:12ont compris
00:19:13à quoi on avait affaire.
00:19:14Eric,
00:19:15si tu peux remontrer
00:19:16mon écran partagé,
00:19:16s'il te plaît.
00:19:17Je voudrais parler
00:19:18d'un autre livre
00:19:20qui m'a beaucoup,
00:19:21beaucoup appris
00:19:22sur le début
00:19:23de ce qu'on appelait
00:19:24le génocide des Tutsis
00:19:26puisque tu l'as expliqué
00:19:27déjà un peu en préambule
00:19:28et un autre auteur,
00:19:30Patrick Mbeko,
00:19:31le dit tout aussi bien
00:19:32que toi.
00:19:32En fait,
00:19:33quand on parle
00:19:33de génocide de Tutsis,
00:19:34c'est qu'on caricature
00:19:36la réalité
00:19:36puisqu'il y avait
00:19:37des Hutus
00:19:37dans le camp Tutsi
00:19:38et il y avait
00:19:38des Tutsis
00:19:39dans le camp Hutu.
00:19:39Si tu me corriges,
00:19:41si je me trompe.
00:19:43Le FPR lui-même
00:19:44a dit depuis le début
00:19:45à travers ses communiqués
00:19:46que le gouvernement rwandais
00:19:49avait engagé
00:19:50un massacre
00:19:51des Tutsis
00:19:53et des Hutus modérés,
00:19:55c'est-à-dire
00:19:55des Hutus
00:19:55qui étaient dans la politique.
00:19:57Mais on ne sait pas
00:19:58comment ils ont oublié
00:20:00ces Hutus
00:20:01qui étaient avec eux,
00:20:02qui étaient avec le FPR,
00:20:03qui soutenaient le FPR.
00:20:04Ils les ont oubliés.
00:20:05Bon, moi,
00:20:05ça ne me pose pas de problème,
00:20:06moi, en tant que chercheur.
00:20:08Mais le génocide
00:20:10des Tutsis
00:20:11est avéré,
00:20:12est quelque chose
00:20:13de totalement établi,
00:20:15incontestable.
00:20:15Mais on ne sait pas
00:20:16pourquoi ils ont oublié
00:20:17les Hutus aussi
00:20:17qui étaient avec eux
00:20:18et que le monde entier,
00:20:21les chercheurs du monde entier
00:20:22disaient que ce qui s'est passé
00:20:24au Rwanda
00:20:24était un massacre
00:20:25des Tutsis
00:20:26et des Hutus modérés.
00:20:27On les a oubliés,
00:20:28les Hutus modérés,
00:20:29probablement,
00:20:30parce que le FPR a un regard
00:20:32purement ethnique
00:20:34dans ce conflit,
00:20:35tout en disant
00:20:36qu'il n'y a plus d'ethnies
00:20:36au Rwanda.
00:20:37Donc,
00:20:37allez comprendre un peu
00:20:38dans ce jeu
00:20:39de contradictions
00:20:40à quel moment
00:20:41on dit la vérité
00:20:42et à quel moment
00:20:42on ment.
00:20:43Mais moi,
00:20:43je suis resté sur une ligne
00:20:45qui est extrêmement claire,
00:20:46de reconnaître
00:20:47que non seulement
00:20:47les Tutsis
00:20:48ont été victimes
00:20:49d'un génocide au Rwanda,
00:20:50mais qu'il y a aussi
00:20:51d'autres populations
00:20:51qui ont été
00:20:54massacrées
00:20:54en 1994.
00:20:55Et c'est pour cela
00:20:56qu'on a d'ailleurs
00:20:57porté plein contre moi
00:20:57en disant
00:20:58puisque je le dis,
00:20:59alors je ne suis pas
00:21:00le seul à le dire,
00:21:00les Nations Unies,
00:21:01tous les rapports
00:21:02des Nations Unies
00:21:02le disent,
00:21:03y compris
00:21:04ceux qui m'accusent
00:21:05l'ont dit eux-mêmes,
00:21:06alors ils finissent
00:21:07par dire que,
00:21:07ah oui,
00:21:07puisque M. Nana
00:21:09ajoute que les Hutus
00:21:10aussi ont été massacrés
00:21:11ou que les Toys
00:21:12ont été massacrés,
00:21:13alors ils minimisent
00:21:15le génocide des Tutsis.
00:21:16Mais c'est ridicule
00:21:18en français
00:21:18de raisonner comme ça.
00:21:19Bien sûr.
00:21:20Alors j'insiste
00:21:20sur ton livre,
00:21:21« Cinq enquêtes
00:21:22sur un attentat »
00:21:23parce qu'il est vraiment,
00:21:24d'après moi,
00:21:25il est chirurgical
00:21:26dans le sens où
00:21:26tu as été vraiment fouillé
00:21:27les cinq enquêtes,
00:21:29si je ne me trompe pas.
00:21:30Donc il y a une enquête française,
00:21:31une enquête belge
00:21:32parce qu'il y avait
00:21:33des casques bleus belges
00:21:35au Rwanda
00:21:36qui ont été témoins
00:21:37des premiers événements
00:21:38et notamment de l'attentat.
00:21:39Il y a une enquête
00:21:40de l'Espagne
00:21:41parce que l'Espagne
00:21:41pour ses tribunaux
00:21:42a une compétence universelle
00:21:43pour traiter...
00:21:44Oui, mais surtout
00:21:45il y a eu des Espagnols aussi
00:21:46qui ont été massacrés
00:21:47par le FPR en 1994
00:21:48au Rwanda, oui.
00:21:49Merci de préciser.
00:21:50Il y a eu une enquête
00:21:50de l'ONU ?
00:21:51Tout à fait.
00:21:53Et une cinquième enquête
00:21:54qui m'échappe ?
00:21:55C'est une enquête belge.
00:21:57Donc l'auditorat militaire belge
00:21:58avait fait une première enquête,
00:22:00c'était de l'armée de l'air,
00:22:01l'État-major,
00:22:02les éléments de l'armée
00:22:02de l'état-major
00:22:03de l'armée de l'air belge
00:22:04ont fait une première enquête
00:22:05qui était une enquête
00:22:06purement technique
00:22:07qui n'avait pas
00:22:08de mobile politique
00:22:10dans cette affaire.
00:22:11Donc il voulait simplement savoir
00:22:12quel était
00:22:14entre les forces gouvernementales
00:22:15Hutus
00:22:16et les rebelles Tutsis
00:22:17ce qui était
00:22:18en capacité
00:22:19d'abattre l'avion du président.
00:22:20Il faut rappeler
00:22:21que l'attentat
00:22:22du 6 avril 1994
00:22:24est considéré
00:22:25par les Nations Unies
00:22:26et même par
00:22:27le Tribunal pénal international
00:22:28comme l'événement
00:22:29déclenchant du génocide.
00:22:31On est surpris,
00:22:32sidérés
00:22:33de constater
00:22:34que les mêmes associations
00:22:36qui poursuivent
00:22:36par exemple
00:22:36les militaires de Turquoise
00:22:38ou moi
00:22:38ou d'autres personnes
00:22:39ne se sont jamais intéressés
00:22:40de savoir
00:22:41qui a mis
00:22:43le feu aux poudres,
00:22:44c'est-à-dire
00:22:44qui a abattu
00:22:46cet avion
00:22:46pour permettre
00:22:47effectivement
00:22:48que des Tutsis
00:22:50soient victimes
00:22:51d'un génocide.
00:22:52Si je peux me permettre
00:22:54de te couper Charles
00:22:55pour résumer
00:22:56et tu vas dire
00:22:58que je caricature
00:22:58mais pour présenter
00:22:59pour les gens
00:23:00qui ne connaissent rien
00:23:00au dossier,
00:23:01en gros
00:23:01en 1994
00:23:03le président rwandais
00:23:04a été assassiné
00:23:04dans un avion,
00:23:05un Falcon français
00:23:06d'ailleurs
00:23:06qui revenait
00:23:07de Tanzanie
00:23:08avec un autre président
00:23:09d'ailleurs,
00:23:10ils ont été
00:23:11deux présidents
00:23:12à être assassinés.
00:23:13On a accusé
00:23:16le camp du président
00:23:16rwandais
00:23:17d'être à l'origine
00:23:18de cet attentat.
00:23:19Le FPR,
00:23:20le Paul Kagame
00:23:21a accusé
00:23:22ce groupe-là,
00:23:23oui.
00:23:23Alors que tous
00:23:24les indices
00:23:25laissent à croire
00:23:25que c'est plutôt
00:23:26les militaires
00:23:27de Kagame
00:23:28qui ont procédé
00:23:29puisqu'ils avaient
00:23:29le mobile
00:23:30et même au niveau
00:23:32logistique
00:23:32et au niveau
00:23:33balistique,
00:23:34tout laisse à croire
00:23:35que c'est plutôt
00:23:36le FPR
00:23:37qui est à l'origine
00:23:38de cet attentat.
00:23:41C'est l'événement
00:23:46déclencheur.
00:23:46C'est l'événement
00:23:48qui a mis
00:23:48le feu aux poudres
00:23:49et qui a permis
00:23:50d'avoir
00:23:50toute cette tragédie
00:23:51qu'on a aujourd'hui,
00:23:52que les Rwandais
00:23:53ont eue
00:23:54dans leur pays.
00:23:55Alors,
00:23:55quand ce dossier,
00:23:56quand on a ouvert
00:23:57les portes
00:23:58du Tribunal pénal
00:23:59international
00:23:59pour le Rwanda,
00:24:00la question
00:24:01des avocats
00:24:03qui défendaient
00:24:04les personnes
00:24:05qui étaient mises
00:24:05en cause
00:24:06dans le génocide,
00:24:07c'était de dire
00:24:08« Nous voulons savoir,
00:24:10nous voulons que
00:24:11le Tribunal pénal
00:24:12international enquête
00:24:12sur cet événement
00:24:13qui est l'événement
00:24:14déclencheur du génocide,
00:24:16la raison pour laquelle
00:24:16nous sommes ici. »
00:24:17Eh bien,
00:24:18les procureurs
00:24:19qui se sont succédés
00:24:20à la tête
00:24:21du Tribunal pénal
00:24:22international
00:24:22ont dit que
00:24:25cet événement
00:24:26ne faisait pas partie
00:24:27de la compétence
00:24:29du tribunal,
00:24:29ne faisait pas partie
00:24:31de la compétence
00:24:31du tribunal.
00:24:32Or,
00:24:33qu'est-ce que dit
00:24:33la résolution
00:24:34des Nations Unies
00:24:35qui a créé
00:24:36le Tribunal pénal
00:24:37international ?
00:24:38La résolution
00:24:39du Conseil de sécurité
00:24:40des Nations Unies
00:24:40dit que
00:24:41le Tribunal pénal
00:24:42international
00:24:43est chargé
00:24:43d'enquêter
00:24:44sur tous les crimes,
00:24:45tous les crimes
00:24:46qui ont été commis
00:24:47au Rwanda
00:24:48entre le 1er janvier
00:24:49et le 31 décembre
00:24:501994.
00:24:52Or,
00:24:52l'événement
00:24:53déclencheur du génocide,
00:24:55c'est-à-dire
00:24:55l'attentat
00:24:55contre les deux chefs
00:24:56d'État
00:24:56et l'ensemble
00:24:57de l'équipage français
00:24:58a lieu
00:24:59le 6 avril 1994.
00:25:01Donc,
00:25:02comment on peut
00:25:02exclure,
00:25:03extraire
00:25:04un jour,
00:25:05une date
00:25:06de la fourchette
00:25:08qui a été
00:25:09mise en place
00:25:10par le Conseil de sécurité
00:25:11pour nous dire
00:25:12qu'on veut bien
00:25:13regarder partout
00:25:14sauf cet événement-là.
00:25:15Bon,
00:25:16donc là,
00:25:16ça a commencé,
00:25:17le problème a commencé
00:25:18et c'est surprenant
00:25:19que même
00:25:20le gouvernement rwandais
00:25:22qui était pour le Kagame,
00:25:23il n'y avait plus
00:25:23de Hutus au pouvoir
00:25:24au Rwanda,
00:25:25n'a pas insisté
00:25:27devant le tribunal
00:25:28pour savoir,
00:25:29puisqu'ils accusaient
00:25:30les Hutus,
00:25:30les Hutus ont été
00:25:31arrêtés,
00:25:32incarcérés
00:25:33devant le tribunal.
00:25:34Donc,
00:25:34c'était la meilleure occasion,
00:25:36mais alors une occasion
00:25:38extraordinaire
00:25:38de poursuivre
00:25:39les Hutus
00:25:40qui ont abattu l'avion.
00:25:41Sauf que,
00:25:41eh bien,
00:25:42le FR n'a jamais demandé
00:25:43que cette affaire
00:25:44soit examinée.
00:25:46Et donc,
00:25:47lorsque moi,
00:25:47je vais me pencher
00:25:48sur cette affaire-là,
00:25:49je vais arriver
00:25:50à la conclusion
00:25:50que c'est le FR
00:25:51qui a abattu l'avion.
00:25:52Mais, sauf que,
00:25:53eh bien,
00:25:53d'ailleurs,
00:25:54le président Kagame
00:25:54avait déposé
00:25:55une plainte contre moi
00:25:56devant la téléjustice française
00:25:58et il a retiré
00:25:59sa plainte
00:26:0048 heures
00:26:01avant le début du procès.
00:26:03Donc,
00:26:03c'était un aveu
00:26:04d'une certaine façon.
00:26:05Mais,
00:26:05au-delà de ma petite personne
00:26:07que je mets de côté,
00:26:09les,
00:26:09les,
00:26:10les,
00:26:10les,
00:26:11les,
00:26:11donc,
00:26:11je disais tout à l'heure
00:26:12que les officiers belges
00:26:14ont enquêté
00:26:15pour savoir
00:26:16qui des Hutus,
00:26:18donc,
00:26:19les militaires Hutus
00:26:20ou des militaires
00:26:22du Fonds Patriotique Rwandais,
00:26:23donc,
00:26:23les rebelles,
00:26:24les Tutsis
00:26:24qui ont affronté
00:26:28les forces gouvernementales,
00:26:29qui étaient en capacité
00:26:30d'avoir un missile
00:26:31pour abattre l'avion.
00:26:32Ils sont arrivés
00:26:33à la conclusion
00:26:33que les Hutus
00:26:34n'avaient pas de missiles
00:26:35et que les seuls
00:26:36qui non seulement
00:26:37disposaient de missiles
00:26:38mais qui étaient en capacité
00:26:39d'utiliser des missiles,
00:26:40c'était l'OFPR.
00:26:41Le problème,
00:26:42c'est que
00:26:43cette enquête
00:26:44a été mise de côté.
00:26:46L'auditeur militaire belge
00:26:48Van Winssen
00:26:48qui travaillait
00:26:49sur cette affaire-là
00:26:50s'est rendu au Rwanda
00:26:52pour enquêter
00:26:53sur la mort
00:26:53des casques bleus belges
00:26:54dont vous aviez parlé tout à l'heure
00:26:55qui sont morts
00:26:56le 7 avril.
00:26:57Quand il est arrivé au Rwanda,
00:27:00il y a eu deux personnes,
00:27:02un officier rwandais
00:27:03du FPR
00:27:03qui a empêché
00:27:04le juge Van Winssen
00:27:05de faire son travail
00:27:06et le président Kagame
00:27:08qui était lui à l'époque
00:27:09ministre de la Défense.
00:27:10Et donc
00:27:11le juge Van Winssen
00:27:13lui-même
00:27:13dans son rapport
00:27:14a reconnu
00:27:15qu'il a été empêché
00:27:16d'aller au bout
00:27:16de son enquête
00:27:17par ces éléments-là.
00:27:18Donc là,
00:27:19encore une fois de plus,
00:27:20personne n'a rien dit.
00:27:21Il se trouve
00:27:22qu'en 2017,
00:27:26je crois
00:27:27si ma mémoire est bonne,
00:27:29il y a eu
00:27:29une plainte
00:27:30qui a été déposée
00:27:31donc en France
00:27:32par les veuves
00:27:33de l'équipage français,
00:27:34les pilotes
00:27:35de l'équipage français
00:27:37qui ont été tués
00:27:37dans l'attentat.
00:27:39Eh bien,
00:27:39l'enquête a été confiée
00:27:40au juge Brugger
00:27:40et c'est le juge Brugger
00:27:41qui a mené
00:27:42donc ses investigations
00:27:44sur cette affaire-là.
00:27:45Eh bien,
00:27:47lorsque le juge Brugger
00:27:48a commencé son enquête,
00:27:49c'était 2007,
00:27:51je pense.
00:27:52Enfin,
00:27:531997,
00:27:54pardon.
00:27:54ça fait tellement longtemps
00:27:56que parfois,
00:27:56on se perd dans les dates.
00:27:58Donc,
00:27:59cette enquête
00:28:00a commencé
00:28:02par le juge Brugger
00:28:03qui a enquêté
00:28:04pendant neuf ans
00:28:05sur cette histoire
00:28:05et le juge Brugger
00:28:07est arrivé
00:28:07à la même conclusion
00:28:08que moi
00:28:09parce que moi,
00:28:09j'avais publié mon livre
00:28:10en 2002.
00:28:12Si vous voulez,
00:28:13les mandats d'arrêt
00:28:14du juge Brugger
00:28:14sont lancés en 2004,
00:28:152004, 2005
00:28:16et qui arrivent
00:28:17à la même conclusion
00:28:18que c'est le FPR
00:28:19qui a battu l'avion.
00:28:20Eh bien,
00:28:21il va donc être déclenché
00:28:22une campagne
00:28:23de désinformation
00:28:24et d'agression,
00:28:25je dirais,
00:28:26contre l'enquête
00:28:27du juge Brugger
00:28:27de façon féroce,
00:28:29oubliant que
00:28:31le juge Brugger
00:28:31n'avait fait que son travail.
00:28:33Il n'était pas là
00:28:33pour défendre
00:28:34des Hutus,
00:28:34des Tutsis
00:28:35parce qu'il ne savait pas
00:28:37si c'était des Hutus,
00:28:38des Tutsis
00:28:38qui avaient abattu l'avion.
00:28:39Donc,
00:28:40il se trouve que
00:28:41neuf mandats d'arrêt
00:28:42internationaux
00:28:42sont donc lancés
00:28:43contre les proches
00:28:44de Kagame
00:28:44et se déclenche en France.
00:28:46C'est une campagne
00:28:47contre le juge Brugger
00:28:48en disant qu'il est
00:28:48un très mauvais magistrat,
00:28:50il a fait n'importe quoi,
00:28:51etc.
00:28:52Bon,
00:28:52il y a entre-temps
00:28:54une enquête
00:28:56qui a été faite
00:28:57aussi ouverte
00:28:57sur le même sujet
00:28:58en Espagne
00:28:59et les enquêteurs espagnols,
00:29:01le juge Andrew Mereles,
00:29:02qui est le juge espagnol,
00:29:03qui n'est pas français,
00:29:04qui n'a rien à voir
00:29:04avec les relations
00:29:05entre la France
00:29:06et l'Afrique
00:29:07et le Rwanda
00:29:07et tout ça,
00:29:08il arrive à la même conclusion
00:29:09que le juge Brugger
00:29:10censé être concerté
00:29:11avec le juge Brugger
00:29:12et il lance
00:29:14plusieurs mandats
00:29:14d'arrêt internationaux,
00:29:15une quarantaine
00:29:15de mandats
00:29:15d'arrêt internationaux,
00:29:16donc certains
00:29:17concernant effectivement
00:29:20les actes criminels
00:29:21commis le 6 avril
00:29:23contre les militaires français
00:29:25et contre les deux chefs d'État.
00:29:26Et là encore,
00:29:27le juge Mereles
00:29:28est victime
00:29:29en Espagne
00:29:31de pressions diplomatiques
00:29:32extrêmement fortes
00:29:33venant à la fois
00:29:34de la Grande-Bretagne
00:29:35et des États-Unis.
00:29:36Bon,
00:29:36on ne sait pas pourquoi
00:29:38toutes ces pressions
00:29:39sont exercées
00:29:40sur le juge espagnol
00:29:42si ce sont les Hutus
00:29:44qui ont abattu l'avion,
00:29:45vous voyez.
00:29:45Donc,
00:29:46alors,
00:29:46il y a une enquête
00:29:48qui va être faite
00:29:49par les Nations Unies
00:29:51à travers
00:29:51un avocat australien
00:29:53qui s'appelait
00:29:53Michael Oregon
00:29:54que j'ai rencontré
00:29:55à plusieurs reprises
00:29:56aux États-Unis
00:29:56qui m'a confirmé
00:29:58effectivement
00:29:58qu'il avait trouvé
00:29:59des sources
00:30:00aux États-Unis,
00:30:02pardon,
00:30:02au Rwanda
00:30:03qui confirmait
00:30:04que c'était
00:30:05les gens du FPR
00:30:06qui ont abattu l'avion.
00:30:07Eh bien,
00:30:07quand il a présenté
00:30:08ces éléments
00:30:09à la procureure
00:30:11madame Luzarbourg
00:30:12qui est une Canadienne,
00:30:13elle lui a dit
00:30:14non,
00:30:14non,
00:30:14non,
00:30:14non,
00:30:15je ne suis pas intéressée
00:30:16plus intéressée,
00:30:17je ne veux plus entendre
00:30:17parler de cette affaire,
00:30:18je ne suis pas d'ailleurs sûr
00:30:19que les gens
00:30:20qui ont fait les enquêtes
00:30:21sont des gens sérieux.
00:30:22Mais Michael Oregon
00:30:24dit mais attendez
00:30:24madame la procureure
00:30:25ce sont les enquêteurs
00:30:27de votre propre bureau
00:30:28qui ont emmené
00:30:28des investigations au Rwanda.
00:30:30Donc,
00:30:31comment ils peuvent-ils
00:30:31être sérieux
00:30:32sur les affaires
00:30:32concernant le génocide
00:30:33et ne pas être sérieux
00:30:34sur le dossier
00:30:36concernant l'attentat ?
00:30:37Eh bien,
00:30:37le dossier de l'attentat
00:30:39a été tué,
00:30:40neutralisé en Espagne
00:30:41et donc,
00:30:42ils sont donc revenus
00:30:43en France
00:30:44pour faire la dernière enquête,
00:30:46grande enquête
00:30:47qui était donc
00:30:47faite par le juge Trévidic
00:30:49qui a été formé
00:30:50par le juge Bruguer.
00:30:51Eh bien,
00:30:52le juge Trévidic,
00:30:53donc,
00:30:54il a donc décidé,
00:30:56lui,
00:30:56de partir au Rwanda
00:30:57parce que
00:30:58le principal reproche
00:30:59qu'il faisait au juge Bruguer
00:31:00et que les partis civils
00:31:01et le Rwanda lui-même
00:31:03faisaient au juge Bruguer,
00:31:04c'était de dire au juge Bruguer
00:31:05qu'il n'était pas allé au Rwanda.
00:31:07Mais pourquoi le juge Bruguer
00:31:08n'était pas allé au Rwanda ?
00:31:09C'est tout simplement
00:31:10parce que
00:31:10la procureure
00:31:12du Tribunal pénal international,
00:31:14Mme Carla Delponté,
00:31:15lui avait dit
00:31:15que
00:31:16je vous déconseille
00:31:17d'aller au Rwanda
00:31:18puisque vous enquêtez
00:31:20sur cette affaire de l'attentat,
00:31:22M. Kagame
00:31:23risque de vous faire tuer
00:31:24si vous allez là-bas.
00:31:26Donc,
00:31:26le juge Bruguer
00:31:28qui n'était quand même
00:31:29pas un trouillard
00:31:30a compris
00:31:31que c'était une situation sérieuse
00:31:32si
00:31:34de telles observations
00:31:35a été faites
00:31:36par le procureur
00:31:37du Tribunal pénal international
00:31:38pour le Rwanda.
00:31:40Je rappelle juste,
00:31:41excuse-moi,
00:31:41Charles,
00:31:42de te couper,
00:31:42on rappelle juste
00:31:43que Paul Kagame
00:31:44est au pouvoir
00:31:44depuis 25 ans
00:31:45et qu'il est connu
00:31:51et qu'il est connu
00:31:53pour être un dictateur féroce
00:31:55notamment vis-à-vis
00:31:56de l'opposition,
00:31:57des emprisonnements,
00:31:58des disparitions.
00:32:00Voilà,
00:32:00donc on peut comprendre
00:32:04la décision du juge Bruguer.
00:32:06Donc,
00:32:06évidemment,
00:32:07ce qui se passe,
00:32:08c'est que le juge Trévidi
00:32:10décide donc,
00:32:11lui,
00:32:11d'aller au Rwanda
00:32:13pour faire son enquête.
00:32:14Le problème,
00:32:15c'est qu'il va
00:32:15enquêter plusieurs années
00:32:17après sur une zone
00:32:19qui était déjà polluée
00:32:21parce que vous savez
00:32:21que la première chose
00:32:22que font les enquêteurs
00:32:23quand il y a un acte criminel,
00:32:24c'est de mettre
00:32:25un cordon de sécurité
00:32:27autour des lieux
00:32:29où le crime a été commis.
00:32:31Dans le cas
00:32:32de l'attentat
00:32:33contre l'avion du président,
00:32:34eh bien,
00:32:35la maison du président
00:32:36où l'avion s'était écrasé,
00:32:38la carlingue s'est retrouvée,
00:32:39était déjà occupée
00:32:40par le président
00:32:42Pasteur Bizimungou
00:32:43qui était
00:32:45le président du FPR.
00:32:47Ils ont tendu le gazon
00:32:50sur lequel se trouvait
00:32:52la carlingue.
00:32:53On a arraché,
00:32:54donc,
00:32:54ils ont reconnu
00:32:56que les Rwandais,
00:32:57eux-mêmes,
00:32:57le régime de Kagame,
00:32:58a reconnu
00:32:59que les gens ont arraché
00:33:00les morceaux de carlingue
00:33:02pour faire,
00:33:03je ne sais pas,
00:33:03des marmites,
00:33:04des assiettes,
00:33:04des choses comme ça.
00:33:05Eh bien,
00:33:06finalement,
00:33:07le juge Trévidi
00:33:07qui est donc allé travailler,
00:33:09mener des investigations
00:33:10sur un terrain
00:33:11qui était déjà pollué
00:33:12où on ne sait pas très bien
00:33:14quels sont les éléments
00:33:15qu'on a enlevés.
00:33:16Mais ce qui est beaucoup plus grave
00:33:18dans l'histoire
00:33:18du juge Trévidi,
00:33:20c'est qu'au moment
00:33:21où il va au Rwanda,
00:33:22puisque lui,
00:33:22il a la possibilité
00:33:23d'aller au Rwanda,
00:33:24il ne part pas
00:33:25avec son acousticien.
00:33:28Il a un expert
00:33:30qu'il va convoquer
00:33:36à la fin de son retour
00:33:37du Rwanda
00:33:38pour essayer
00:33:39d'identifier
00:33:40les lieux
00:33:40à partir desquels
00:33:42les tirs étaient partis.
00:33:43Donc,
00:33:44au lieu que ce monsieur
00:33:45aille au Rwanda,
00:33:46puisque les Rwandais
00:33:48sont ravis
00:33:48d'accueillir
00:33:49le juge Trévidi
00:33:50qui s'ils espèrent,
00:33:51eh bien,
00:33:51il est allé faire ses tests
00:33:52dans le Loiret,
00:33:54en France,
00:33:55pour nous expliquer
00:33:56les lieux
00:33:57à partir desquels
00:33:58les tirs des missiles
00:33:58sont partis au Rwanda.
00:34:00Bon,
00:34:00le problème,
00:34:01encore une fois de plus,
00:34:02selon les experts
00:34:03aussi qui ont travaillé
00:34:05et qui connaissent bien
00:34:06ce dossier,
00:34:06c'est que le Loiret,
00:34:08c'est un terrain plat.
00:34:10Donc,
00:34:11le Kigali,
00:34:12c'est un terrain de colline.
00:34:13Donc,
00:34:14allez écouter
00:34:14les départs de tir
00:34:17sur un terrain plat
00:34:18et sur un terrain de colline,
00:34:19ce n'est pas la même chose
00:34:20et vous n'aurez pas
00:34:21nécessairement
00:34:21les mêmes résultats.
00:34:22Sauf que,
00:34:23malgré les demandes
00:34:24de comptes d'expertise
00:34:25des partis civils,
00:34:26eh bien,
00:34:27le juge Trévidi
00:34:27a refusé
00:34:29catégoriquement
00:34:30d'accepter
00:34:31des comptes d'expertise
00:34:32en considérant
00:34:33qu'il détenait
00:34:34définitivement
00:34:35la preuve
00:34:36de l'endroit
00:34:38où sont partis
00:34:39les tirs
00:34:40de missiles.
00:34:41et qu'est-ce que veut dire
00:34:43cela ?
00:34:43C'est que les tirs
00:34:44de missiles sont partis
00:34:45du camp Hutu.
00:34:46Problème,
00:34:48le commandant
00:34:49du camp Kanombe,
00:34:50donc du camp Hutu,
00:34:52donc des forces
00:34:52gouvernementales,
00:34:53n'a jamais été interrogé
00:34:55par le juge Trévidi.
00:34:56Il y avait des observateurs
00:34:57de l'ONU dans ce camp,
00:34:58aucun n'a jamais été interrogé
00:35:00par le juge Trévidi.
00:35:01Plus grave,
00:35:03le colonel Marshall,
00:35:04qui était le commandant belge
00:35:05des casques bleus
00:35:06des Nations Unies
00:35:07qui était sur place,
00:35:07a écrit au magistrat français
00:35:09en disant
00:35:09j'ai des éléments
00:35:11à vous communiquer,
00:35:12on a refusé
00:35:13de l'interroger.
00:35:14Donc comment est-ce
00:35:14qu'on peut faire
00:35:15autant de choses
00:35:16dans un acte terroriste
00:35:19dans lequel
00:35:19deux chefs d'État
00:35:20sont tués
00:35:21et où il y a
00:35:21l'ensemble
00:35:22de l'équipage français
00:35:23si on est convaincu
00:35:24que ce sont les Hutus ?
00:35:25Soit on identifie
00:35:26les Hutus,
00:35:27on nous les montre,
00:35:27soit on nous indique
00:35:29au moins
00:35:30qui sont-ils.
00:35:31Donc depuis 32 ans,
00:35:33on ne connaît
00:35:33ni l'identité
00:35:34des Hutus
00:35:34qui ont abattu l'avion,
00:35:36ni leur adresse,
00:35:37ni les familles
00:35:39qui sont les familles
00:35:41des auteurs
00:35:41de cet acte
00:35:42qui a déclenché le génocide.
00:35:43Donc voilà un point,
00:35:44un point noir
00:35:46dans la recherche
00:35:48de la vérité
00:35:48sur les événements
00:35:49du Rwanda
00:35:50et en particulier
00:35:51l'événement déclencheur
00:35:52du génocide
00:35:52et tant qu'on ne clarifie pas
00:35:54cette histoire
00:35:55de ceux qui ont
00:35:57abattu l'avion
00:35:59du président,
00:35:59on connaît déjà la vérité
00:36:00mais il faut qu'elle soit
00:36:01officialisée,
00:36:02eh bien l'événement
00:36:04on ne comprendra pas
00:36:05quels sont les...
00:36:06L'histoire est inversée,
00:36:07l'histoire est complètement
00:36:08inversée pour l'instant.
00:36:09Oui, mais on ne pourra
00:36:10pas identifier
00:36:10tous les acteurs
00:36:11qui ont participé
00:36:12à créer
00:36:13le chaos
00:36:14au Rwanda
00:36:15en 1994
00:36:15et c'est l'une des raisons
00:36:17pour lesquelles
00:36:17évidemment je suis la cible
00:36:19de tous ces gens
00:36:19parce que j'ai pointé
00:36:21ce tube du doigt
00:36:21depuis 2002
00:36:22et nous sommes déjà
00:36:24aujourd'hui
00:36:25en 2026,
00:36:26eh bien les gens
00:36:27ne veulent toujours pas
00:36:27nous montrer
00:36:28qui sont les Hutus
00:36:28qui ont abattu l'avion.
00:36:30Oui,
00:36:31mais comme on dit
00:36:32le mensonge
00:36:33prend l'ascenseur,
00:36:33la vérité prend l'escalier
00:36:34mais elle finit toujours
00:36:35par arriver.
00:36:37Merci beaucoup,
00:36:37je t'ai laissé
00:36:38beaucoup t'exprimer
00:36:38sur ce point-là
00:36:39même si ce n'était pas
00:36:40le sujet principal
00:36:41de l'interview
00:36:42parce que c'est effectivement
00:36:43un point nodal,
00:36:44c'est un point central
00:36:45dans tous les événements
00:36:46et on ne peut pas
00:36:46comprendre ces événements
00:36:47si on ne comprend pas
00:36:48cet attentat.
00:36:49Je voulais revenir
00:36:50sur Bernard Kouchner
00:36:52et sur Guillaume Ancel.
00:36:53Bernard Kouchner
00:36:54parce que c'est à partir
00:36:55de son passage
00:36:56au ministère des Affaires étrangères
00:36:57que officiellement
00:36:58et de manière
00:37:00presque outrancière,
00:37:01j'ai envie de dire,
00:37:01la France s'est rangée
00:37:02dans le camp
00:37:03de Paul Kagame.
00:37:05Tu me corriges
00:37:05si je me trompe,
00:37:06tu connais beaucoup mieux
00:37:07le sujet
00:37:07et Guillaume Ancel
00:37:08puisque c'est un militaire
00:37:10de carrière
00:37:10qui parle beaucoup
00:37:12pardon ?
00:37:12Un militaire
00:37:13de l'opération turquoise
00:37:14mais qui est aussi
00:37:15consultant à la télévision
00:37:17sur plein de sujets
00:37:18et bien sûr
00:37:19il s'est exprimé
00:37:19sur le Rwanda.
00:37:20Ce que je propose
00:37:21c'est qu'on écoute
00:37:21d'abord peut-être
00:37:22Guillaume Ancel
00:37:22parce qu'il présente
00:37:24vraiment les arguments
00:37:24de la version officielle
00:37:25et Bernard Kouchner
00:37:26parce qu'il a eu
00:37:27un rôle essentiel
00:37:29dans l'extension
00:37:32des réseaux
00:37:33Paul Kagame
00:37:33en France
00:37:33et on se reparle
00:37:35juste après.
00:37:36Donc Eric,
00:37:38merci.
00:37:38Tel seulement humanitaire.
00:37:41D'anciens militaires
00:37:42présents sur place
00:37:43affirment le contraire.
00:37:45C'est le cas
00:37:46de Guillaume Ancel,
00:37:47ex-lieutenant colonel
00:37:48engagé au Rwanda
00:37:49en 1994.
00:37:51Le premier ordre
00:37:52d'opération
00:37:53que j'ai reçu
00:37:53qui est un ordre préparatoire
00:37:54c'était celui
00:37:55justement de préparer
00:37:56un raid
00:37:57jusqu'à Kigali
00:37:59pour remettre en place
00:38:00le gouvernement
00:38:01que nous soutenions.
00:38:02Ensuite,
00:38:02j'ai été missionné
00:38:04pour déclencher
00:38:05des frappes aériennes
00:38:05contre les ennemis
00:38:07des génocidaires,
00:38:07le FPR
00:38:08dans la nuit du 30 juin
00:38:10au 1er juillet.
00:38:10Donc ça,
00:38:11ces opérations
00:38:12étaient clairement
00:38:13des opérations
00:38:13de soutien
00:38:14aux forces armées
00:38:16rwandaises
00:38:17qui étaient juste
00:38:17en train de commettre
00:38:18le génocide
00:38:18sous nos yeux.
00:38:21Deuxième point,
00:38:22la France a-t-elle
00:38:23protégé
00:38:23la fuite
00:38:24des génocidaires ?
00:38:26Après sa chute,
00:38:27le gouvernement
00:38:28extrémiste Hutu
00:38:29a fui aux Haïrs
00:38:30en passant
00:38:31par un territoire
00:38:31contrôlé par la France,
00:38:33la zone humanitaire sûre.
00:38:37Cette zone humanitaire sûre
00:38:39a été essentiellement sûre
00:38:40pour les génocidaires.
00:38:41Elle leur a permis
00:38:42de s'enfuir tranquillement
00:38:43et ils sont allés
00:38:43se réinstaller tranquillement
00:38:44dans des camps de réfugiés
00:38:46de l'autre côté
00:38:46de la frontière
00:38:47pour continuer leur combat.
00:38:48J'ai assisté
00:38:49à une livraison d'armes
00:38:50On m'a demandé
00:38:50de détourner l'attention
00:38:52de journalistes
00:38:52qui étaient sur la base
00:38:53de Siongogou
00:38:54parce que justement,
00:38:56un convoi d'armes
00:38:57partait vers le Zahir.
00:38:58Nous étions sous embargo
00:38:59de l'ONU, bien sûr,
00:39:00dans une mission dite humanitaire,
00:39:02mais ce qu'il faut avoir bien en tête,
00:39:03c'est que ce ne sont pas
00:39:04mes compagnons d'armes
00:39:05qui ont décidé
00:39:06de livrer des armes.
00:39:07Cette ordre ne pouvait venir
00:39:08que du plus haut niveau
00:39:09de l'État.
00:39:12Dernier point,
00:39:13les événements de Bicicero.
00:39:17Bicicero,
00:39:17c'est une chaîne de collines
00:39:19à l'ouest du Rwanda.
00:39:20Le 27 juin,
00:39:222000 rescapés Tutsis
00:39:23sont découverts
00:39:24par quelques militaires français.
00:39:26Blessés et affaiblis,
00:39:27ils sont toujours menacés
00:39:29de mort par les génocidaires.
00:39:32Bicicero est, à mon avis,
00:39:34un événement clé
00:39:35dans notre intervention au Rwanda.
00:39:36Parce que le 27,
00:39:38mes camarades des forces spéciales
00:39:39trouvent des rescapés
00:39:40dans les collines de Bicicero.
00:39:42Et là, au lieu de les aider,
00:39:44ils reçoivent l'ordre
00:39:45de les laisser.
00:39:46Parce que ce n'est pas leur mission
00:39:47d'aider les rescapés.
00:39:49Leur mission,
00:39:49c'est d'aller stopper
00:39:50les ennemis des génocidaires,
00:39:51le FPR.
00:39:54Voilà pour cet extrait.
00:39:55C'est un reportage du Monde,
00:39:57je crois,
00:39:58si je ne me trompe pas.
00:40:00Est-ce que tu veux commenter déjà ?
00:40:01Il y a beaucoup de choses à dire.
00:40:04Écoutez,
00:40:05cet individu,
00:40:06cet individu
00:40:08qui était un officier
00:40:10de l'opération turquoise,
00:40:11évidemment,
00:40:12je crois qu'il a des trous de mémoire
00:40:15et il s'est réécrit
00:40:17l'histoire à sa façon.
00:40:18Bon, je vais être très précis
00:40:20par rapport à ce qu'il dit.
00:40:22Bon, d'abord,
00:40:23Bicicero,
00:40:24ce qu'il dit
00:40:25est totalement faux
00:40:27sur Bicicero.
00:40:28Je vais simplement vous lire
00:40:29ce que dit le procureur,
00:40:32la procureure,
00:40:33Mme Louise Bécuot,
00:40:35qui a fait un communiqué
00:40:38suite aux investigations
00:40:42sur Bicicero.
00:40:43Donc, c'est un communiqué
00:40:45du 7 septembre 2022
00:40:47dans lequel elle dit ceci.
00:40:49La procureure de Paris
00:40:51qui dit
00:40:51« Au terme de très nombreuses
00:40:53investigations menées
00:40:54par dix magistrats
00:40:55successivement saisis
00:40:57ou co-saisis,
00:40:58les juges ont également
00:40:59considéré,
00:41:00conformément à l'appréciation
00:41:01du parquet de Paris,
00:41:03que les éléments
00:41:03de la procédure
00:41:05n'établissaient pas
00:41:06la participation directe
00:41:07des forces militaires françaises
00:41:09à des exactions commises
00:41:10dans les camps de réfugiés,
00:41:12ni aucune complicité
00:41:13par aide ou assistance
00:41:14aux forces génocidaires
00:41:16ou complicité par abstention
00:41:19des crimes de génocide
00:41:20et des crimes contre l'humanité.
00:41:22Par ailleurs,
00:41:23ils ont estimé
00:41:24qu'aucune pièce de procédure
00:41:26ne permettait
00:41:27de caractériser
00:41:28une participation individuelle
00:41:30des militaires français
00:41:31à une entente existante
00:41:33en vue de commettre
00:41:35un génocide
00:41:35ou un crime contre l'humanité.
00:41:37Ça, c'est le procureur de Paris
00:41:39qui dit ça
00:41:40avec une dizaine de magistrats
00:41:42qui ont travaillé sur le dossier.
00:41:43Donc, premier élément
00:41:44de M. Ancel
00:41:45qu'on doit oublier
00:41:47parce que
00:41:48en 2024,
00:41:52la Cour d'appel de Paris
00:41:53est arrivée
00:41:54à la même conclusion
00:41:55et puis la Cour de cassation
00:41:57a clôturé les débats
00:41:59sur ce mensonge grossier.
00:42:01Bon,
00:42:02venons-en à M. Ancel
00:42:03sur ce qu'il dit précisément
00:42:05concernant
00:42:07le fait que
00:42:09on avait décidé
00:42:10une livraison d'armes
00:42:12aux Hutus génocidaires, etc.
00:42:14Bon,
00:42:14alors,
00:42:14il se trouve que
00:42:15moi,
00:42:15j'ai enquêté
00:42:16et j'ai travaillé
00:42:17longuement sur cette affaire-là.
00:42:18Bon,
00:42:19j'ai d'abord demandé aux Hutus
00:42:21comment on a fait
00:42:22pour leur livrer des armes
00:42:23et qui du côté français
00:42:24leur a livré des armes
00:42:25et à quelle date précise
00:42:27on a livré des armes.
00:42:28Eh bien,
00:42:29ils se sont esclavés.
00:42:29Ils m'ont dit,
00:42:30mais M. Anan,
00:42:30on n'a jamais reçu
00:42:31d'armes nulle part
00:42:32de la France
00:42:33à ce moment-là.
00:42:34Je parle bien
00:42:35de la mission turquoise
00:42:36au moment de l'opération turquoise
00:42:37parce que lui,
00:42:38il parle là
00:42:39en tant que militaire
00:42:40de l'opération turquoise.
00:42:41Eh bien,
00:42:43donc,
00:42:43il n'y a aucun élément
00:42:45pouvant attester
00:42:46parce que je rappelle
00:42:47pour ceux qui ne savent pas
00:42:48qu'en 94,
00:42:49au moment de l'opération turquoise,
00:42:51il y avait
00:42:51de nombreuses associations
00:42:54internationales,
00:42:54des organisations
00:42:55des droits,
00:42:56des droits humanitaires,
00:42:59notamment
00:43:00Médecins sans frontières,
00:43:02La Croix-Rouge internationale,
00:43:03Care International.
00:43:04Il y avait
00:43:05plusieurs associations
00:43:07humanitaires
00:43:08qui étaient sur place.
00:43:09Donc,
00:43:09livrer des armes
00:43:10à des génocidaires,
00:43:11eh bien,
00:43:11ça aurait été visible.
00:43:12Ce n'est pas
00:43:13des grandes maïs
00:43:14qu'on dissimule
00:43:15dans une poche
00:43:16pour livrer.
00:43:17Bon,
00:43:17premier élément,
00:43:18on ne voit pas
00:43:19aucune de ces associations
00:43:21internationales
00:43:22n'a vu de livraison d'armes.
00:43:23Mais plus intéressant,
00:43:24là où je suis allé
00:43:25beaucoup plus loin
00:43:25dans mes recherches,
00:43:26c'est que je suis allé chercher
00:43:27dans les archives américaines,
00:43:29notamment les archives
00:43:29du président Clinton.
00:43:31Et qu'est-ce que je découvre
00:43:31dans les archives
00:43:32du président Clinton ?
00:43:33Un mémorandum
00:43:34de l'ancien
00:43:37sous-secrétaire d'État
00:43:38chargé des affaires africaines,
00:43:39M. George Mouz,
00:43:41qui avait,
00:43:42à la suite
00:43:42de ces rumeurs
00:43:44sur le fait
00:43:45que les Français
00:43:45de l'opération turquoise
00:43:47livraient des armes
00:43:47aux génocidaires,
00:43:48les services de renseignement
00:43:49américains ont déclenché
00:43:50une enquête interne
00:43:52avec tous les services,
00:43:53la CIA,
00:43:54les éléments du Pentagone,
00:43:55etc.,
00:43:55la NSA.
00:43:56Ils ont cherché
00:43:57et au mois de novembre,
00:44:00George Mouz
00:44:00a rendu un mémorandum
00:44:02au président
00:44:02en disant
00:44:03qu'ils n'ont trouvé
00:44:04aucune preuve,
00:44:06aucun élément
00:44:06pouvant attester
00:44:07de ce que les militaires
00:44:08de l'opération turquoise
00:44:09auraient livré
00:44:11des armes aux Hutus.
00:44:12Donc,
00:44:13ça,
00:44:13et ça,
00:44:14c'était les adversaires
00:44:16des Français.
00:44:17Donc,
00:44:17les adversaires des Français
00:44:18avaient plutôt intérêt
00:44:19et quand on connaît
00:44:20les moyens de la CIA,
00:44:21etc.,
00:44:22si les Français
00:44:23avaient livré des armes
00:44:23à ce moment-là,
00:44:24ne vous inquiétez pas,
00:44:25ils auraient eu les preuves,
00:44:26ils se seraient fait
00:44:26un plaisir
00:44:27de les livrer
00:44:28à Kagame
00:44:29qui les aurait livrés
00:44:30à la justice française.
00:44:32Bon,
00:44:32venons-en à ce que dit
00:44:33M. Ancel.
00:44:34Vous voyez,
00:44:35ce que j'ai en main là,
00:44:37c'est le rapport
00:44:38de fin de mission
00:44:39de M. Ancel.
00:44:40Et donc,
00:44:40tout ce que M. Ancel dit,
00:44:42c'est que ce rapport
00:44:43a été rédigé
00:44:44par lui de sa main
00:44:46le 15 septembre 1994.
00:44:49C'est son rapport
00:44:50de fin de mission,
00:44:51c'est-à-dire que
00:44:52quand il a fini
00:44:53sa mission au Rwanda,
00:44:54il a rédigé ce rapport
00:44:56à l'attention
00:44:57de sa hiérarchie.
00:44:58Qu'est-ce qu'il dit,
00:44:59M. Ancel ?
00:45:00S'il faut retourner au texte,
00:45:02c'est pour ça d'ailleurs
00:45:03qu'il ne me supporte pas
00:45:04parce que moi,
00:45:04je suis tatillon
00:45:05sur les preuves.
00:45:06Il dit,
00:45:08il a dit tout à l'heure
00:45:09qu'on leur a demandé
00:45:10d'aller attaquer l'OFPR,
00:45:13n'est-ce pas,
00:45:14de faire un raid
00:45:15sur Kigali
00:45:16pour empêcher l'OFPR
00:45:16de prendre le pouvoir.
00:45:17Il dit dans son rapport
00:45:18de fin de mission,
00:45:20en effet,
00:45:21contrairement à leur attente,
00:45:22nous n'avons jamais
00:45:23été engagés
00:45:24directement au profit
00:45:25des phares,
00:45:26c'est-à-dire que
00:45:26les forces armées rwandaises,
00:45:28les forces génocidaires.
00:45:30Et celles-ci
00:45:31se sont brutalement effondrées
00:45:33lorsqu'elles comprirent
00:45:35que nous ne refoulions
00:45:36pas l'OFPR.
00:45:38C'est-à-dire que
00:45:39M. Ancel nous dit
00:45:40dans son rapport
00:45:41de fin de mission
00:45:41que la tâche
00:45:43des militaires
00:45:44de l'opération turquoise
00:45:45n'était pas
00:45:45de soutenir des phares,
00:45:46mais que les phares
00:45:47se sont complètement effondrés
00:45:49quand elles ont compris
00:45:52que les militaires
00:45:54de l'opération turquoise
00:45:55n'empêcheraient pas
00:45:56l'OFPR
00:45:57de prendre le pouvoir
00:45:58au Rwanda.
00:45:59C'est lui qui l'écrit.
00:46:00Bon, alors,
00:46:01deuxième élément,
00:46:02toujours dans le texte
00:46:03de M. Ancel,
00:46:05il dit,
00:46:06quand il parle
00:46:07des médias,
00:46:09on lui a dit
00:46:09de détourner le regard
00:46:11parce qu'on allait faire
00:46:12je ne sais pas quoi
00:46:12et toutes les bêtises
00:46:13qu'il raconte là.
00:46:15Il dit,
00:46:16dans son deuxième page,
00:46:18troisième page
00:46:19de son rapport,
00:46:20intitulé
00:46:20soutien des ONG
00:46:21et des médias.
00:46:22Donc,
00:46:22il est dans son rôle
00:46:23de communicant
00:46:26de l'opération turquoise.
00:46:27Il dit,
00:46:27les médias
00:46:28très virulents
00:46:29initialement
00:46:30contre turquoise
00:46:31se sont rapidement
00:46:32inclinés
00:46:33devant les résultats
00:46:33de l'opération.
00:46:34Le soutien matériel
00:46:36que nous
00:46:36leur avons apporté,
00:46:38nous, turquoise,
00:46:39ainsi qu'une certaine franchise
00:46:41nous ont permis
00:46:42d'éviter
00:46:43des critiques
00:46:43malvenues.
00:46:45Mais c'est lui
00:46:45qui le dit.
00:46:46Mais c'est le contraire
00:46:47de ce qu'il dit.
00:46:48Alors,
00:46:49pour ne pas vous tenir
00:46:50en haleine longtemps,
00:46:51je vais arriver
00:46:52à la chute,
00:46:53la conclusion,
00:46:54n'est-ce pas,
00:46:54de son rapport
00:46:55de fin de mission
00:46:56que,
00:46:56comme je l'ai dit
00:46:57tout à l'heure,
00:46:58qui date effectivement
00:46:59du 15 septembre 1994.
00:47:01Donc,
00:47:01il n'a pas eu la possibilité
00:47:02de falsifier son rapport
00:47:03a posteriori.
00:47:04Qu'est-ce qu'il dit
00:47:05dans la conclusion ?
00:47:06Succès de l'opération turquoise.
00:47:08C'est le titre
00:47:08de son rapport.
00:47:10À la fin,
00:47:11il dit,
00:47:11si l'objectif était bien
00:47:13d'arrêter les massacres,
00:47:14alors cette opération
00:47:15fut un succès indéniable.
00:47:18Mais dis donc,
00:47:19mais dis donc,
00:47:20M. Ancel,
00:47:21mais comment peut-il venir
00:47:22mentir allègrement
00:47:24devant les médias
00:47:25comme ça,
00:47:25sur son armée,
00:47:26l'armée qu'il a servi,
00:47:27alors que le rapport
00:47:29de fin de mission
00:47:30qu'il a rédigé
00:47:31ne correspond pas du tout
00:47:32à ce qu'il a écrit ?
00:47:33Donc,
00:47:33dans ce rapport,
00:47:34il n'y a aucun endroit
00:47:35où il dit
00:47:36qu'on lui a demandé
00:47:37de détourner le regard
00:47:38parce qu'il fallait
00:47:40livrer des armes
00:47:41ou que,
00:47:41M. On lui a demandé
00:47:43d'aller mener
00:47:45un raid sur Kigali.
00:47:46Il n'y a pas
00:47:48une seule phrase
00:47:48de ce qu'il raconte
00:47:50devant les caméras.
00:47:51Il n'y a pas ça
00:47:51dans son rapport
00:47:52de mission.
00:47:53Donc,
00:47:53j'arrête là
00:47:53parce que c'est épouvantable
00:47:55quand vous comprenez.
00:47:56Et donc,
00:47:56d'ailleurs,
00:47:57quand il avait déposé,
00:47:59quand il avait fait
00:48:00ses arguments,
00:48:01il avait proféré
00:48:02ses arguments
00:48:03contre le ministre
00:48:04des Affaires étrangères,
00:48:05l'ancien ministre
00:48:06des Affaires étrangères,
00:48:06Hubert Védrine,
00:48:08Hubert Védrine avait déposé
00:48:09plainte contre lui.
00:48:10Et donc,
00:48:10qu'est-ce qu'il a dit ?
00:48:11Il a dit qu'il a essayé
00:48:13d'être de bonne foi.
00:48:14Mais on lui a dit
00:48:15apportez les preuves
00:48:15de ce que vous avez avancé
00:48:17contre M. Védrine.
00:48:18Il n'y avait rien.
00:48:19Donc,
00:48:20il a été condamné pour ça.
00:48:21Donc,
00:48:21voilà le profil
00:48:23d'individus
00:48:24que nous avons en France
00:48:26comme experts
00:48:26dans le dossier du Rwanda
00:48:27qui écrivent une chose
00:48:29et disent le contraire
00:48:30de ce qu'ils écrivent
00:48:31dans leur propre rapport personnel.
00:48:32Oui,
00:48:32il y a forcément
00:48:33un des deux,
00:48:33Guillaume Ancel,
00:48:34qui ment.
00:48:34Et on a cru comprendre lequel.
00:48:36Alors,
00:48:38je le disais tout à l'heure,
00:48:39la politique française
00:48:40a basculé,
00:48:42notamment,
00:48:42c'était à l'époque
00:48:43de Bernard Kouchner,
00:48:44donc c'était sous la présidence
00:48:45de Sarkozy,
00:48:47aux Affaires étrangères,
00:48:48Bernard Kouchner.
00:48:49On va montrer l'extrait
00:48:50d'une conférence
00:48:51que tu m'as envoyée
00:48:52et puis je te laisserai
00:48:53commenter aussi
00:48:53parce que je pense
00:48:54que Bernard Kouchner,
00:48:55ce serait dommage
00:48:55qu'on ne parle pas
00:48:56de son action
00:48:57dans cette émission,
00:48:58même si on va bientôt
00:48:59la clore dans un peu
00:49:00plus de dix minutes.
00:49:01C'est parti pour l'extrait.
00:49:02Eric,
00:49:02si tu veux bien.
00:49:04Au contraire,
00:49:05au contraire,
00:49:06j'ai toujours dit
00:49:07une faute politique,
00:49:08tu viens de le dire,
00:49:09on vient de le dire,
00:49:10je pense qu'au minimum,
00:49:12sans offenser personne,
00:49:13on peut dire
00:49:14une faute d'analyse grave.
00:49:16Or,
00:49:16il se trouve que
00:49:17cette faute d'analyse
00:49:18qui aurait pu être bénigne,
00:49:20elle n'a pas débouché,
00:49:21elle n'a pas été...
00:49:23C'est pas au-delà
00:49:25de cette faute,
00:49:26au-delà
00:49:26des responsabilités françaises,
00:49:28il y a eu,
00:49:29et on ne devrait parler
00:49:30que de ça,
00:49:30le génocide
00:49:31et le meurtrier
00:49:32est le plus rapide
00:49:33de l'histoire.
00:49:34Je ne dis pas
00:49:35une seconde,
00:49:36François,
00:49:36que les soldats français
00:49:38y ont participé,
00:49:39mais dans l'esprit politique
00:49:41de l'époque,
00:49:43le fait qu'il y ait
00:49:44cette...
00:49:44Mais même dans la justice,
00:49:46je pourrais te dire
00:49:47comment ça s'est passé
00:49:48avec Siffi Pance
00:49:49qui était au ministère
00:49:50des Affaires étrangères
00:49:51lorsque nous avons essayé
00:49:52et nous avons réussi,
00:49:53et là,
00:49:54ça s'est brisé depuis,
00:49:55le rétablissement
00:49:56des relations diplomatiques
00:49:57entre le Rwanda et la France
00:49:59et les visibles
00:49:59à la fois du président
00:50:01Kagame,
00:50:02France et du président
00:50:03Sarkozy au Rwanda.
00:50:04Tout ça,
00:50:05c'est une espèce
00:50:06d'alchimie
00:50:07qu'il faut comprendre.
00:50:08Je ne doute pas
00:50:09de ta bonne foi
00:50:10et tu as été
00:50:11un ministre de la Défense
00:50:12qui a fait son travail
00:50:13parce que moi,
00:50:13je ne doute pas non plus
00:50:14de, à l'origine,
00:50:16la nécessité
00:50:17et le grand mérite
00:50:18de l'opération turquoise.
00:50:19Ce que j'ai vu...
00:50:22Voilà pour cet extrait.
00:50:24Merci, Eric.
00:50:25C'est beau, hein ?
00:50:26C'est très beau, ça.
00:50:28Il ne doute pas
00:50:29une seconde
00:50:31du travail réalisé
00:50:32par les militaires
00:50:32de l'opération turquoise.
00:50:33Mais pourquoi
00:50:33il n'est pas venu témoigner
00:50:34en faveur des militaires
00:50:35de l'opération turquoise ?
00:50:37Mais pourquoi ?
00:50:38Ministre des Affaires étrangères
00:50:40de la France,
00:50:41comment peut-il
00:50:42abandonner les militaires
00:50:43de l'opération turquoise
00:50:44en faisant ce type
00:50:45de déclaration ?
00:50:46Vous voyez comment là,
00:50:47on prend comme un enfant
00:50:48les doigts dans le pot
00:50:49de confiture
00:50:49en train de mentir.
00:50:50Donc, il reconnaît
00:50:52que les militaires
00:50:52de l'opération turquoise
00:50:55se sont comportés
00:50:56correctement.
00:50:57Mais pendant 32 ans,
00:50:59toutes les accusations
00:51:00qu'ont les militaires
00:51:01de l'opération turquoise,
00:51:01il est rentré sous la table.
00:51:02On ne l'a pas entendu,
00:51:03M. Kouchner,
00:51:04dire ce qu'il est en train
00:51:05de dire là
00:51:06dans un colloque
00:51:08où il n'y a pas
00:51:09le public français
00:51:09pour l'entendre.
00:51:11Donc, je veux dire ceci.
00:51:13Effectivement,
00:51:13la Sylvie Ponce
00:51:14dont il parle,
00:51:15qui est une magistrate
00:51:16qui a travaillé avec lui,
00:51:18c'est avec elle
00:51:19qu'ils se sont mobilisés
00:51:20pour tuer,
00:51:23pour à neutraliser
00:51:24l'enquête du juge Bruguère
00:51:25en France.
00:51:26Pourquoi ?
00:51:26Parce que M. Kouchner
00:51:27a dit lui-même
00:51:28que c'est quand M. Sarkozy
00:51:30est arrivé,
00:51:31effectivement,
00:51:31qu'il y a eu
00:51:32un retour
00:51:33des relations diplomatiques
00:51:34avec la France.
00:51:35C'est une bonne chose.
00:51:37Eh bien,
00:51:37c'est aussi à ce moment-là
00:51:38qu'on a tué
00:51:39l'enquête du juge Bruguère
00:51:40parce que lui-même,
00:51:40il a dit
00:51:41dans une déclaration
00:51:42que je reprends
00:51:42dans le livre
00:51:43que vous avez présenté
00:51:43tout à l'heure,
00:51:44il a dit,
00:51:44M. Kagame a pris contact
00:51:46avec eux
00:51:46et il leur a dit
00:51:47de lui arranger
00:51:48le dossier de l'attentat.
00:51:50Et le dossier de l'attentat,
00:51:51en l'arrangeant,
00:51:52ils ont pris le juge Trévidi
00:51:53qu'ils ont envoyé
00:51:54pour aller obtenir
00:51:55après un non-lieu.
00:51:57Voilà comment
00:51:57ils ont arrangé l'histoire.
00:51:59Et M. Trévidi,
00:52:00qu'est-ce qu'il a dit ?
00:52:00Il a dit,
00:52:01eh bien,
00:52:02je n'ai pas pu identifier,
00:52:03je regrette de n'avoir pas pu
00:52:04identifier
00:52:05les auteurs de l'attentat,
00:52:06mais je suis ravi
00:52:07d'avoir contribué
00:52:09au rapprochement
00:52:10de la France
00:52:10et du Rwanda.
00:52:11Mais est-ce que c'est ça
00:52:12qu'on demande
00:52:13à un magistrat
00:52:14en juge d'instruction ?
00:52:15En juge d'instruction,
00:52:16on lui demande,
00:52:17on dit,
00:52:17il y a une affaire criminelle,
00:52:20on veut que vous puissiez
00:52:21élucider une affaire criminelle.
00:52:22On ne lui demande pas
00:52:23de parler
00:52:24ou de travailler
00:52:26comme un diplomate
00:52:26du Quai d'Orsay.
00:52:27Et là,
00:52:28il n'est pas dans la position
00:52:29d'un juge d'instruction,
00:52:30il est dans la position,
00:52:31il est dans la peau
00:52:31d'un diplomate du Quai d'Orsay,
00:52:33c'est-à-dire dans la peau
00:52:33de Bernard Kouchner.
00:52:35Autant Bernard Kouchner,
00:52:36lui, il fait ça,
00:52:36on le comprend,
00:52:37autant le juge Trévidi
00:52:38qu'on ne comprend pas.
00:52:39Donc, voilà comment
00:52:41vous retrouvez,
00:52:42effectivement,
00:52:43cette sorte
00:52:44de parenté incestueuse,
00:52:47de menteur
00:52:47dans le dossier du Rwanda.
00:52:49Et c'est comme ça
00:52:50que les choses
00:52:51se sont organisées.
00:52:52Et donc, ça,
00:52:53ça se joue derrière le rideau.
00:52:54Et donc, évidemment,
00:52:55devant les médias,
00:52:55ce n'est pas ce qu'on présente
00:52:56aux Français
00:52:57ni aux Africains
00:52:58pour que les gens comprennent
00:52:59ce qui se passe.
00:53:00Et donc, moi,
00:53:01ce que j'ai voulu faire
00:53:02dans cette histoire,
00:53:03c'était tout simplement
00:53:04d'aider
00:53:05à ce que les gens comprennent
00:53:07qu'il y a
00:53:08ce que les gens disent
00:53:09dans les médias
00:53:10et que les médias
00:53:11diffusent massivement
00:53:12et ce qu'ils ne disent pas
00:53:14et qui n'est jamais diffusé
00:53:15et qui est plutôt
00:53:17classé confidentiel.
00:53:19Donc, il n'est pas impossible,
00:53:21enfin, il n'est pas impossible.
00:53:22C'est ce qu'on pense
00:53:23quand on t'écoute
00:53:24qu'en fait,
00:53:25Kagame
00:53:26est monnayé
00:53:27pour le rétablissement
00:53:29des relations
00:53:29entre la France
00:53:30et le Rwanda,
00:53:31qu'il est monnayé
00:53:32le fait que le juge Brugger
00:53:33soit dessaisi de l'affaire.
00:53:35Non, le juge Brugger
00:53:36était logiquement
00:53:37parti à la retraite.
00:53:38Mais le problème,
00:53:38c'est qu'on a amené
00:53:39quelqu'un derrière.
00:53:42Bon, quand le juge Brugger
00:53:43enquêtait,
00:53:43on ne voulait pas
00:53:44de voir un juge français
00:53:45au Rwanda,
00:53:46c'était interdit.
00:53:47Et tout d'un coup,
00:53:47quand Sarkozy est venu,
00:53:49eh bien,
00:53:49c'était super d'avoir
00:53:50le juge Trévidic.
00:53:51Pourquoi le juge Trévidic ?
00:53:52Parce qu'il a été formé
00:53:54par Brugger
00:53:55et qui a affiché
00:53:56un mépris,
00:53:57c'est-à-dire que
00:53:58tous les Français,
00:53:59quand même,
00:53:59depuis des années,
00:54:00savent que le juge Brugger,
00:54:02ça a été le pape
00:54:03de la lutte
00:54:03contre le terrorisme.
00:54:04Il n'y a pas
00:54:04un seul dossier
00:54:06que le juge Trévidic
00:54:07a élucidé
00:54:08sur les affaires
00:54:10de terrorisme
00:54:10après le juge Brugger.
00:54:11Il n'y en a pas.
00:54:13Comment peut-il dire
00:54:14qu'il est mécontent
00:54:17de n'avoir pas pu
00:54:18trouver les auteurs
00:54:19de l'attentat ?
00:54:20Mais c'est bien,
00:54:20c'est que la plaine
00:54:21des voeux français
00:54:22lui a demandé.
00:54:23C'est de retrouver
00:54:24les auteurs de l'attentat.
00:54:25Donc, soit vous trouvez
00:54:26que votre prédécesseur,
00:54:27il n'est pas bon,
00:54:29mais démontrez
00:54:29que vous êtes meilleur
00:54:30que lui.
00:54:30Et là, pour le moment,
00:54:32il n'a pas démontré
00:54:33qu'il était meilleur
00:54:34que le juge Brugger
00:54:34qui lui a eu le courage
00:54:35de lancer neuf mandats
00:54:36d'arrêt internationaux
00:54:37contre des suspects.
00:54:39Bon, lui,
00:54:39on n'a même pas vu
00:54:41ces suspects Hutus-là.
00:54:43Mais on ne les a pas vus.
00:54:44Il aurait dû lancer
00:54:45au moins trois mandats
00:54:45d'arrêt contre les Hutus
00:54:47que lui considérait
00:54:48comme suspects.
00:54:49Mais on ne les voit pas.
00:54:51Hum.
00:54:52Alors,
00:54:55donc,
00:54:56j'aimerais bien
00:54:56qu'on restitue
00:54:57un petit peu le Rwanda
00:54:58aussi des Kagame
00:54:59sur le plan international.
00:55:01Puisqu'on a parlé
00:55:01de Kouchner,
00:55:02on a parlé de Sarkozy.
00:55:04Les Français savent certainement
00:55:05que Kouchner,
00:55:06ou ne le savent pas forcément,
00:55:07mais moi,
00:55:07je le dis en tout cas,
00:55:08Kouchner et Sarkozy
00:55:09font quand même
00:55:10plus ou moins partie
00:55:11de réseaux sionistes
00:55:12ou pro-Israël en France.
00:55:14Sarkozy a une politique
00:55:16plutôt consignante
00:55:16avec Israël.
00:55:18Est-ce que leurs origines
00:55:20ou leurs confessions
00:55:21y ont joué
00:55:22ou leur réseau ?
00:55:23Probablement.
00:55:23En tout cas,
00:55:24au niveau du Rwanda,
00:55:26Kagame est aussi
00:55:27un proche d'Israël
00:55:27et de Netanyahou
00:55:29puisqu'il a proposé
00:55:29d'ailleurs que le Rwanda
00:55:30accueille des réfugiés
00:55:31palestiniens.
00:55:33Je pense que tu es au Coran.
00:55:35Et qu'il est aussi
00:55:36assez proche
00:55:36des Émirats arabes unis
00:55:38qui est un autre pays
00:55:39très allié d'Israël.
00:55:42Ça nous mène aussi
00:55:42à l'armée rwandaise
00:55:45qui est surdotée
00:55:46par rapport à la taille du pays.
00:55:47On considère
00:55:48beaucoup d'autres pays africains.
00:55:49L'armée rwandaise
00:55:50est très bien dotée,
00:55:51très bien armée
00:55:52avec un équipement
00:55:54très moderne,
00:55:54des drones, etc.
00:55:55Et elle fait des exactions,
00:55:58elle fait du pillage,
00:55:58elle se livre du pillage
00:55:59au Congo.
00:56:00On en a parlé
00:56:00dans différentes émissions.
00:56:03Qu'est-ce que tu penses
00:56:04du rôle du Rwanda
00:56:05de Paul Kagame en Afrique ?
00:56:06Là, on débarque
00:56:06un petit peu
00:56:07le simple contexte
00:56:08de l'opération turquoise,
00:56:09mais c'est pour ouvrir
00:56:10peut-être un peu l'émission.
00:56:11Ce que je sais,
00:56:12c'est qu'en fait,
00:56:13et ce que j'ai découvert
00:56:14quand je faisais
00:56:15mon enquête
00:56:16et mes recherches,
00:56:17c'est qu'il est difficile
00:56:18de séparer
00:56:19les événements
00:56:21qui ont
00:56:22l'attentat
00:56:23contre l'avion
00:56:24du président,
00:56:25le génocide du Rwanda
00:56:26et l'invasion
00:56:27de la République démocratique
00:56:28du Congo.
00:56:29Ces éléments
00:56:30sont très liés,
00:56:30pourquoi ?
00:56:31Parce que l'opération turquoise
00:56:32s'est déployée à Goma,
00:56:33sur le territoire zahirois
00:56:35qui est aujourd'hui
00:56:35la République démocratique
00:56:36du Congo.
00:56:37À l'époque,
00:56:38parce que le premier ministre
00:56:40Balladur,
00:56:40qui voulait se présenter
00:56:41aux élections présidentielles
00:56:42en 1995,
00:56:43ne voulait pas
00:56:44qu'il y ait
00:56:45un affrontement
00:56:45entre les forces françaises
00:56:48et les forces
00:56:50de Kagame.
00:56:51Donc,
00:56:52en fait,
00:56:53pour clarifier un peu
00:56:54les choses
00:56:55aujourd'hui,
00:56:56il ne voulait pas
00:56:57avoir un affrontement
00:56:58politique
00:56:58ou diplomatique
00:56:59avec les anglo-américains
00:57:01qui soutenaient Kagame.
00:57:02Donc,
00:57:03il a demandé
00:57:03un déploiement
00:57:04de turquoise
00:57:05à Goma.
00:57:06Sauf que,
00:57:07au moment où il le fait,
00:57:09lui,
00:57:09il ne sait pas
00:57:09que Goma,
00:57:10où les forces de turquoise
00:57:12vont s'installer,
00:57:12va devenir
00:57:15la plaque tournante
00:57:17du trafic
00:57:18de diamants,
00:57:19de coltans
00:57:19et de tous
00:57:20les produits,
00:57:22des minéraux stratégiques
00:57:23qui ont permis,
00:57:24effectivement,
00:57:25de soutenir
00:57:26la prise de pouvoir
00:57:26au Rwanda
00:57:27de Paul Kagame
00:57:27par l'administration Clinton.
00:57:29Donc,
00:57:30ce sont ces éléments-là,
00:57:32quand on les met ensemble,
00:57:33on comprend d'abord,
00:57:34un,
00:57:34pourquoi la chute
00:57:36du pouvoir
00:57:37du président
00:57:38Abiyarimana
00:57:38a été aussi violente.
00:57:40On comprend
00:57:41pourquoi
00:57:41il y a eu
00:57:43massivement
00:57:43des populations
00:57:44poussées militairement
00:57:45parce que,
00:57:46contrairement à ce que
00:57:47M. Ancel
00:57:48et tous les autres
00:57:49des partis civils,
00:57:50tout ce qu'il raconte là,
00:57:51eh bien,
00:57:51moi,
00:57:52j'ai étudié,
00:57:52j'ai analysé
00:57:53la situation militaire.
00:57:54Donc,
00:57:54Kagame,
00:57:55quand il a attaqué
00:57:56le Rwanda
00:57:56pour prendre le pouvoir
00:57:57en 1994,
00:57:58il a poussé militairement
00:57:59toutes les populations
00:58:01du Rwanda,
00:58:01il a vidé quasiment
00:58:03le Rwanda
00:58:03sur le territoire
00:58:04congolais.
00:58:04Pourquoi ?
00:58:05Parce que,
00:58:06pour lui,
00:58:07il fallait attaquer
00:58:08ce pays-là
00:58:09pour prendre le contrôle
00:58:10des minerais
00:58:11qui sont à l'est du Congo.
00:58:13Et l'argument
00:58:13de Kagame
00:58:14était quoi ?
00:58:15C'était de dire
00:58:15que,
00:58:16en fait,
00:58:16la France a aidé
00:58:17les génocidaires
00:58:19à fuir sur le territoire
00:58:20congolais,
00:58:20alors que,
00:58:20sur le plan militaire,
00:58:22ce sont ces forces
00:58:23qui ont poussé
00:58:24les populations là-bas.
00:58:25Deuxième élément,
00:58:26il voulait dire
00:58:27que les gens
00:58:28qui ont commis
00:58:28le génocide
00:58:29se sont réfugiés
00:58:31sur le territoire
00:58:31congolais,
00:58:32donc il faut aller
00:58:33les déloger.
00:58:33Donc,
00:58:34il a bombardé
00:58:35non seulement
00:58:36les camps des réfugiés
00:58:37et personne n'a rien dit
00:58:39en violation
00:58:39du droit international
00:58:40humanitaire,
00:58:41mais plus grave,
00:58:42il a organisé
00:58:44sur son territoire
00:58:44les forces d'occupation
00:58:46qui sont allées
00:58:47renverser le président
00:58:48du Zahir
00:58:49en 1997
00:58:50pour prendre définitivement
00:58:52le contrôle
00:58:53de la République démocratique
00:58:54du Congo,
00:58:54en tout cas
00:58:55dans la partie est
00:58:56où,
00:58:56effectivement,
00:58:57les militaires
00:58:57de l'opération turquoise
00:58:58se trouvaient.
00:58:59C'est-à-dire que,
00:58:59tant que les militaires
00:59:00de l'opération turquoise
00:59:01étaient là,
00:59:01et bien Kagame a accentué
00:59:04la campagne
00:59:05contre la France
00:59:05parce qu'il savait,
00:59:06lui,
00:59:07à ce moment-là,
00:59:07tout comme l'administration
00:59:08Clinton qui le soutenait,
00:59:10que c'était à cet endroit-là
00:59:11qu'il y avait
00:59:12beaucoup de minerais
00:59:12et que c'était à cet endroit-là
00:59:14qu'on allait organiser
00:59:15le trafic des minerais
00:59:16qui fait aujourd'hui
00:59:17que tous les minerais
00:59:18qui sont volés
00:59:18en République démocratique
00:59:19du Congo
00:59:20sont exportés
00:59:21via Goma
00:59:24au Rwanda
00:59:25et actuellement,
00:59:26au moment où on parle,
00:59:27où on fait cette émission,
00:59:29Goma est toujours occupé
00:59:30par les forces rwandaises
00:59:31et les ministres
00:59:32envoyés par Paul Kagame.
00:59:33Donc voilà,
00:59:35en quelques mots,
00:59:36le schéma stratégique
00:59:38qui a été utilisé
00:59:40à la fois
00:59:41pour prendre le pouvoir
00:59:42au Rwanda,
00:59:43commettre le génocide,
00:59:44tuer deux chefs d'État,
00:59:45garder le silence
00:59:46sur cela
00:59:46et renverser
00:59:48un président en 97
00:59:49pour prendre le contrôle
00:59:50des minerais.
00:59:50Je vais essayer de le dire
00:59:52Charles,
00:59:52je vais essayer de le dire
00:59:53encore plus court
00:59:53et tu me corriges
00:59:54si je me trompe
00:59:55en résumant.
00:59:56En gros,
00:59:56le FPR de Paul Kagame
00:59:58s'est entraîné militairement
01:00:00en Ouganda
01:00:01si je ne me trompe pas
01:00:03avant de prendre le pouvoir
01:00:04au Rwanda
01:00:05avec la bienveillance
01:00:06de l'Angleterre
01:00:07et des États-Unis
01:00:09pour chasser
01:00:10l'influence française
01:00:11du Rwanda
01:00:12et pour in fine
01:00:13mettre la main
01:00:13sur beaucoup
01:00:15de ressources minières
01:00:15au Congo.
01:00:17Affirmatif
01:00:17et j'entends
01:00:18qu'on me démontre
01:00:19le contraire
01:00:19et il y a depuis
01:00:2032 ans
01:00:21personne n'a pu
01:00:21me démontrer le contraire.
01:00:23Merci beaucoup Charles
01:00:23et ce que je viens
01:00:24de résumer
01:00:24je l'ai compris
01:00:26beaucoup grâce à toi
01:00:27et aussi grâce à
01:00:28Patrick Mbeko
01:00:28que je salue au passage.
01:00:30Merci beaucoup
01:00:31pour cet entretien.
01:00:33Eric Montana
01:00:34si tu veux bien
01:00:35merci d'avoir assuré
01:00:36la régie d'ailleurs
01:00:36ce soir.
01:00:37Eric, merci beaucoup.
01:00:38Je ne pense jamais
01:00:39à te remercier
01:00:39et si tu peux montrer
01:00:41à nouveau mon écran
01:00:42s'il te plaît.
01:00:45Voilà
01:00:46donc ça c'est le livre
01:00:46dont j'ai parlé
01:00:47qui m'a beaucoup
01:00:48beaucoup beaucoup appris
01:00:49ce n'est pas le seul
01:00:49que tu as écrit
01:00:50sur le sujet
01:00:50du génocide de Rwanda
01:00:51mais à titre personnel
01:00:53je le trouvais
01:00:54encore une fois
01:00:54je réutilise le terme
01:00:55chirurgical
01:00:56parce que c'est vrai
01:00:56que tu as été fouillé
01:00:57dans ces cinq enquêtes
01:00:58avec aucun parti pris
01:01:00au départ
01:01:00et je salue vraiment
01:01:01ton travail
01:01:02la grande rigueur
01:01:03de ton travail journalistique.
01:01:04Il a été surtout préfacé
01:01:06par le prix Nobel
01:01:07de la paix argentin
01:01:08monsieur Adolfo Perez Esquivel
01:01:09qui a considéré
01:01:11effectivement
01:01:11que c'était un travail
01:01:13que lui personnellement
01:01:15avait salué
01:01:16parce qu'il était impliqué
01:01:17dans l'enquête
01:01:17du côté des Espagnols
01:01:18donc il a subi
01:01:19toutes les pressions
01:01:20anglo-américaines
01:01:21du côté
01:01:21de l'enquête espagnole.
01:01:23Et donc l'autre ouvrage
01:01:25paru il y a quelques jours
01:01:27Charles Nanna
01:01:28préfacé par Charles Millon
01:01:29donc aussi un ancien
01:01:30ministre de la Défense
01:01:32français
01:01:32Holocaust Congo
01:01:34le plus grand massacre
01:01:35d'êtres humains
01:01:35depuis 1947
01:01:36la vérité qui dérange
01:01:38l'Occident
01:01:38donc aux éditions
01:01:39L'Artilleur
01:01:40je vous engage vraiment
01:01:41à vous procurer
01:01:42ces deux ouvrages
01:01:43et je précise d'ailleurs
01:01:45qu'il y a une publicité
01:01:47pour ton ouvrage
01:01:50ton dernier ouvrage
01:01:51dans le numéro 1
01:01:51du magazine
01:01:52Réseau International
01:01:53donc qui je l'espère
01:01:55sera un des nouveaux
01:01:57une des nouvelles publications
01:01:58de références
01:01:59en matière de géopolitique
01:02:00en tout cas on y travaille
01:02:01et on a la chance
01:02:02d'être entouré
01:02:02de beaucoup d'auteurs
01:02:03de très très grande qualité
01:02:06dont toi
01:02:07dont Patrick Beko
01:02:07que j'ai cité
01:02:08mais bien d'autres
01:02:09tu connais peut-être
01:02:10le journaliste
01:02:11Thomas Dietrich
01:02:12ou pas du tout ?
01:02:13J'ai entendu parler beaucoup
01:02:14mais je ne l'ai jamais rencontré
01:02:18on espère aussi
01:02:20peut-être l'accueillir
01:02:21dans nos colonnes
01:02:21parce que je trouve
01:02:22qu'il fait un travail remarquable
01:02:23aussi sur
01:02:24ce qui se passe
01:02:25dans un certain nombre
01:02:26de pays d'Afrique francophone
01:02:28subsaharienne
01:02:28comme on les nomme
01:02:30voilà donc
01:02:31merci beaucoup Charles
01:02:33je te dis à bientôt
01:02:33j'espère qu'on aura bientôt
01:02:34le plaisir de te recevoir à nouveau
01:02:36Eric si tu veux bien
01:02:38peut-être cacher l'écran
01:02:38parfait
01:02:39j'en profite pour remercier
01:02:40tous les internautes
01:02:41qui étaient présents
01:02:42et notamment les habitués
01:02:43comme Sam Léo
01:02:44Caroline Ruby
01:02:45Thalys Macombo
01:02:46JL
01:02:47Habib de Vité
01:02:48Julien
01:02:48et bien d'autres
01:02:49je précise
01:02:50puisqu'on a parlé
01:02:50de Bernard Kouchner
01:02:51qui a un ouvrage
01:02:53très intéressant
01:02:53sur le contexte familial
01:02:55de cet homme
01:02:56qui s'appelle
01:02:57la Familia Grande
01:03:00qui a été écrite
01:03:01par une de ses filles
01:03:03dont le frère Jumeau
01:03:04s'est suicidé
01:03:05suite à des viols
01:03:06présumés
01:03:07de la part
01:03:08d'un ancien ponte
01:03:09de HEC
01:03:10qui est
01:03:11un de la famille
01:03:12du Hamel
01:03:13je n'ai plus son prénom
01:03:14en tête
01:03:14il y a un très bon livre
01:03:16aussi de Pierre Payan
01:03:17qui a été écrit
01:03:18il y a quelques années
01:03:19Monsieur K
01:03:20et c'est un super livre
01:03:22sur Bernard Kouchner
01:03:23Monsieur K
01:03:24de Payan
01:03:26merci beaucoup
01:03:26pour la référence
01:03:27Charles
01:03:29je t'embrasse
01:03:30j'embrasse tous les internautes
01:03:31j'embrasse Eric
01:03:32et je vous dis
01:03:32à très bientôt
01:03:33merci
01:03:43nous sommes
01:03:44en guerre
01:03:47nous sommes
01:03:47en guerre
01:03:49ou vous êtes
01:03:50avec les terroristes
01:03:51c'est une guerre
01:03:53entre le bon
01:03:54et l'ennemi
01:03:56on ira
01:03:57ensemble
01:03:58vers ce nouvel ordre mondial
01:03:59parce que
01:04:01c'est notre projet
01:04:03et personne
01:04:04je dis bien
01:04:05personne
01:04:06ne pourra
01:04:07s'y opposer
01:04:08dans une grande guerre
01:04:09entre l'Occident
01:04:10et l'Orient
01:04:11c'est vrai que
01:04:11tout le monde sent un peu
01:04:12que c'est pour bientôt
01:04:20par la tignesse
01:04:21de leur chevelure
01:04:22de force
01:04:23ils seront obligés
01:04:24de rentrer en guerre
01:04:32à la fin des temps
01:04:34les peuples
01:04:34vont faire la guerre
01:04:35entre eux
01:04:36ils verront que
01:04:37s'ils font la guerre
01:04:37entre eux
01:04:38le seul qui va en profiter
01:04:39en fait
01:04:39c'est le peuple d'Israël
01:04:49ayez peur
01:04:50du virus
01:04:51n'ayez surtout pas peur
01:04:53du vaccin
01:04:55c'était une façon aussi
01:04:56de honnêtement
01:04:57de prendre des gens
01:04:57pour des cons
01:04:58on va se parler franchement
01:05:00qui emmerde
01:05:00la vie de qui
01:05:01aujourd'hui
01:05:03paniqué
01:05:03on se met à quoi
01:05:04comme des
01:05:05poulets sans tête
01:05:06de partout
01:05:07la bête de l'événement
01:05:08est là
01:05:10et elle arrive
01:05:12mais je peux pas
01:05:12vous dire plus
01:05:13c'est le peuple